Congrès UICN : Les aires protégées françaises, des écrins de nature à surveiller

Fondée sur la méthodologie des rapports mondiaux de l’initiative Protected Planet, pilotée par le Centre de Surveillance Mondial de la Conservation, la synthèse du tableau de bord des aires protégées françaises 2021, accompagnée du Tableau de bord complet élaboré en 2018, proposent une série d’indicateurs d’atteinte des objectifs quantitatifs et qualitatifs de mise en œuvre des réseaux d’aires protégées à l’échelle internationale. Appliqué à l’échelle nationale, cet outil d’évaluation permet de pouvoir bénéficier d’un diagnostic complet du réseau d’aires protégées à un instant, puis de pouvoir mesurer les progrès réalisés pour chacune des composantes analysées. Déclinés en 8 thématiques, ce rapport complet et cette synthèse proposent d’évaluer l’atteinte des objectifs quantitatifs fixés en matière de répartition et de couverture surfacique en aires protégées, mais pas seulement. Des indicateurs et des analyses de la qualité du réseau sont en effet également proposés comme le recouvrement avec les zones identifiées comme importantes pour la biodiversité, la représentativité des espèces et des habitats à enjeux ou encore de connectivité entre ces espaces. Enfin, des diagnostics de la gouvernance, de la mise en œuvre d’autres mesures de conservation efficaces par zones (aires conservées ou AMCEZ) et l’intégration dans le contexte local de ces espaces protégés complètent ce travail. Plus d’informations – Télécharger le Tableau de bord des aires protégées françaises – Synthèse 2021– Tableau de bord des aires protégées françaises -Document complet, 2018– Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : © RNCM CEN74 – G. GARCEL

CartNat : Premier diagnostic national des aires à fort degré de naturalité

La cartographie du gradient de naturalité potentielle de France métropolitaine a pour la première fois été établie par les chercheurs Adrien Guetté, Jonathan Carruthers-Jones et Steve Carver, avec le soutien du Comité français de l’UICN et en particulier de son Groupe d’experts Wilderness et Nature férale, du WWF et de WildEurope Initiative. Elle permet de faire un état des lieux des zones a priori les moins exposées aux impacts des activités humaines et dont les caractéristiques naturelles ont été préservées. Ces travaux sont désormais à disposition de tout un chacun, accessibles notamment sur la page Wilderness du Comité français de l’UICN. Ils constituent également l’un des éléments de la Boîte à outils mise à disposition par l’Office Français de la Biodiversité et le Ministère de la Transition Ecologique à l’usage des Collectifs territoriaux qui auront pour responsabilité de décliner les objectifs de la Stratégie Nationale pour les Aires Protégées 2030 aux échelles territoriales. Ce diagnostic pourra servir à identifier les zones à fort degré de naturalité qui nécessitent d’être mieux protégées dans la mesure où elles peuvent constituer des réservoirs de biodiversité, connecter d’autres espaces naturels entre eux, faire office de refuge au sein de zones très urbanisées ou encore constituer un réseau d’espaces en libre évolution nous permettant de vérifier et de mieux comprendre comment la nature réagit, s’adapte et nous préserve des effets des changements globaux. Les perspectives qu’ouvrent ces travaux sont multiples et des discussions sont en cours pour répliquer et adapter la méthodologie aux milieux marins ainsi qu’aux territoires ultra-marins. Le groupe de travail Wilderness et Nature férale du Comité français de l’UICN et ses partenaires seront à pied d’œuvre pour assurer la valorisation et la déclinaison de ce travail dans les mois et les années à venir.  Plus d’informations –Wilderness du Comité français de l’UICN– Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN

Congrès UICN : Zones de protection forte en mer, un rapport inédit

La France s’est récemment engagée à protéger 30% de ses espaces maritimes dont un tiers sous protection forte. L’objectif de protection forte a été réaffirmé pendant le Congrès mondial de la nature de l’UICN et complété par un engagement du Président de la République de placer 5 % des eaux méditerranéennes sous protection forte d’ici 2027. Ce premier rapport du Comité français de l’UICN émet des recommandations pour la mise en oeuvre des zones de protection forte en mer en accord avec les standards internationaux en matière de conservation. Il sera suivi de 4 rapports dédiés aux zones de protection forte en Métropole, dans les Antilles, l’océan Indien et le Pacifique. Plus d’informations – Télécharger le rapport– Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : © Jean-François Sys, Comité français de l’UICN

La communauté internationale de la Liste verte au Parc marin de la Côte Bleue

A l’occasion du Congrès mondial de la Nature organisé à Marseille du 2 au 11 septembre 2021, le programme de la Liste verte des aires protégées a organisé la remise des labels pour les 22 espaces protégés inscrits depuis début 2019. Ce sont les élus gestionnaires du site Liste verte du Parc marin de la Côte Bleue, inscrit sur la Liste verte depuis 2018 qui ont accueilli les gestionnaires lauréats et les partenaires de la Liste verte, le temps d’une soirée de cérémonie de remise des labels le 6 septembre. La France y fut particulièrement à l’honneur puisque sur les 22 sites mondiaux récompensés, 12 sites (ou groupements de sites) français se sont vus remettre le label des mains du Président du Groupe d’experts français de la Liste verte, Jean-Philippe Siblet, impliqué dans le programme en France depuis ses débuts. Ce sont ainsi 9 réserves naturelles, 4 réserves biologiques dirigées, une réserve de chasse et de faune sauvage, un parc national, un espace naturel sensible et un site Natura 2000 qui ont reçu ce label de qualité et d’efficacité. Ces aires protégées françaises de métropole et d’Outre-mer ont à l’occasion de cet évènement pu siéger aux côtés de gestionnaires d’aires protégées suisse, coréennes, italiennes, chinoises, australiennes, vietnamienne, colombienne et mexicaine qui ont su démontrer la qualité de leur gouvernance, de leur gestion et des résultats de conservation. Ce moment de convivialité et d’échange s’est également prêté à l’officialisation de l’implication de nouveaux pays comme Madagascar, le Laos et l’Arabie Saoudite qui viendront prochainement grossir les rangs des pays engagés dans la Liste verte dans le monde et qui, pour certains, rejoindront le réseau francophone de la Liste verte. Nous félicitons ces 22 sites pour leur engagement et leur exemplarité, leur souhaitons longue vie sur la Liste verte, et nous réjouissons de l’arrivée de ces nouveaux membres au sein du réseau mondial de la Liste verte des aires protégées et conservées. C’est la promesse de futurs échanges internationaux fructueux pour le renforcement des réseaux d’aires protégées dans le monde. Plus d’informations –La Liste verte des aires protégées et conservées Photo bandeau : © Parc marin de la côte bleue

La Liste verte … en français, s’il vous plaît !

Réserve naturelle de la montagne Sainte-Victoire © T. Tortosa

Le Comité français de l’UICN et le Secrétariat international de l’UICN, avec le soutien du Département des Bouches-du-Rhône, ont organisé un atelier d’échanges techniques du réseau francophone de la Liste verte des aires protégées et conservées le 3 septembre dernier. Cet atelier a été accueilli par le conservateur et le Directeur de la Réserve naturelle géologique de la Sainte-Victoire au sein des locaux du Département des Bouches-du-Rhône, gestionnaire de ce site labellisé Liste verte en mars 2021. Au total, 54 participants sur place et en ligne ont contribué aux travaux préparatoires du réseau qui, rassemble aujourd’hui 200 membres provenant de plus de 15 pays. Les participants ont assisté à une présentation de la Réserve géologique de la Sainte-Victoire le matin. Ils ont ainsi pu se familiariser avec les caractéristiques singulières de cet espace protégé et bénéficier de retours d’expérience inspirants en matière de gestion et de planification de projets et d’actions envisagés depuis son engagement dans le Programme Liste verte. L’après-midi a permis de faire état des enjeux de conservation de la biodiversité dans l’espace francophone et de rendre compte de la place des pays et des experts francophones dans le programme de la Liste verte. Ces présentations ont mis l’accent sur les visions culturelles de la nature singulières que portent les pays francophones en plus de partager une langue commune, et qui viendront enrichir la communauté globale de la Liste verte. Elles ont été suivies de travaux en groupes pour identifier des pistes de travail prioritaires de développement du réseau, qui répondent aux attentes et aux besoins des acteurs de la Liste verte francophone : gestionnaires de sites candidats et lauréats, experts évaluateurs et accompagnateurs, partenaires du programme Liste verte dans les pays engagés. Des propositions concrètes ont émergé de ces discussions et poseront les jalons de la feuille de route du réseau, qui sera validée à l’occasion d’un prochain atelier technique. Elles concernent notamment le renforcement des capacités (formations, tutoriels, parrainages, guides, traduction de documents en français, plateforme en ligne, banque de données de l’expertise), l’établissement de groupes thématiques (enjeux biogéographiques communs, gouvernance, communication) ainsi que l’organisation d’échanges pour améliorer les procédures de la Liste verte (adaptation des indicateurs, échanges avec les têtes de réseaux d’aires protégées, relations avec les experts internationaux). Le réseau a été formellement lancé le 5 septembre 2021 à l’occasion du Congrès mondial de la Nature par la Présidente du Comité français de l’UICN, Maud Lelièvre, et le responsable du développement de la Liste verte au sein du Secrétariat international de l’UICN, Thierry Lefebvre, lors de la soirée « Pour sauver la biodiversité mondiale, parions sur la francophonie ». Plus d’informations – La Liste verte des aires protégées et conservées– La vidéo de la soirée francophone sur le Pavillon du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Réserve naturelle géologique de la Sainte-Victoire © T. Tortosa 

Le monde a atteint l’objectif de couverture des aires protégées sur Terre, mais leur qualité doit être améliorée

Gland, le 19 mai 2021 – La communauté internationale a fait d’importants progrès pour atteindre l’objectif mondial de couverture des aires protégées et conservées, mais les engagements concernant la qualité de ces aires est loin d’avoir été respecté, selon un nouveau rapport du Centre mondial de surveillance pour la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE-WCMC) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), publié avec le soutien de la National Geographic Society. La dernière édition du rapport bisannuel « Planète Protégée » est le bilan final de l’objectif 11 d’Aichi, l’objectif décennal mondial relatif aux aires protégées et conservées, qui visait à fournir des avantages importants à la fois à la biodiversité et aux populations à l’horizon 2020. L’objectif 11 d’Aichi consistait à protéger au moins 17 % des terres et des eaux intérieures et 10 % du milieu marin. À ce jour, 22,5 millions de km2 (16,64 %) d’écosystèmes terrestres et d’eaux intérieures et 28,1 millions de km2 (7,74 %) d’eaux côtières et d’océans se trouvent dans des zones protégées et conservées documentées, soit une augmentation de plus de 21 millions de km2 (42 % de la couverture actuelle) depuis 2010, révèle le nouveau rapport. La couverture des aires protégées terrestres dépassera considérablement l’objectif de 17 % lorsque les données pour toutes les zones seront disponibles, car de nombreuses zones protégées et conservées n’ont pas encore été enregistrées. Le cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 doit être approuvé lors de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15 de la CDB) qui se tiendra à Kunming (Chine) en octobre et devrait inclure la volonté d’accroître la couverture et l’efficacité des aires protégées et conservées. Le rapport « Planète Protégée » conclut que le défi consistera à améliorer la qualité des aires existantes et à venir afin d’obtenir des changements positifs pour les personnes et la nature, la biodiversité continuant de décliner, même au sein de nombreuses aires protégées. Le standard de la liste verte de l’UICN est la seule mesure mondiale d’un changement global de la qualité. « Les aires protégées et conservées jouent un rôle crucial dans la lutte contre la perte de biodiversité. De grands progrès ont été réalisés ces dernières années pour renforcer le réseau mondial d’aires protégées et conservées. Cependant, il ne suffit pas de désigner et de comptabiliser davantage d’aires protégées et conservées : elles doivent être gérées efficacement et gouvernées de manière équitable pour qu’elles puissent fournir les nombreux avantages à l’échelle locale et mondiale et qu’elles assurent un avenir meilleur aux populations et à la planète », affirme Neville Ash, directeur du PNUE-WCMC. L’efficacité et l’équité sont cruciales pour l’après-2020 Pour être efficaces, les zones protégées et conservées doivent inclure des lieux importants pour la biodiversité. Pourtant, le rapport indique qu’un tiers des zones clés pour la biodiversité, qu’elles se trouvent sur terre, dans les eaux intérieures ou dans les océans, ne bénéficient d’aucune protection. Les zones protégées et conservées doivent également être mieux reliées entre elles, afin de permettre aux espèces de se déplacer et aux processus écologiques de fonctionner. Bien qu’il y ait eu des améliorations récentes, moins de 8 % des terres sont à la fois protégées et reliées entre elles, ce qui est bien inférieur aux près de 17 % de la superficie terrestre aujourd’hui protégée. Il est nécessaire de veiller à ce que les zones environnantes soient gérées de manière adéquate afin de maintenir les valeurs de la biodiversité. Outre la désignation de nouvelles zones, le rapport exhorte que les zones protégées et conservées existantes soient identifiées et reconnues, en tenant compte des efforts des populations autochtones, des communautés locales et des entités privées, tout en reconnaissant leurs droits et responsabilités. Les efforts de conservation de ces gardiens restent sous-évalués et sous-déclarés, alors que leurs contributions sont considérables pour assurer un avenir à la nature. Le rapport indique également qu’il faut prendre davantage de mesures pour gérer les zones protégées et conservées de manière équitable, afin que les coûts de la conservation ne soient pas supportés par les populations locales alors que d’autres en profitent. Il s’agit là d’un élément essentiel pour mettre en place des réseaux de conservation bénéficiant du soutien et de la participation des populations du monde entier. « L’UICN se félicite des énormes progrès réalisés, notamment au cours de la dernière décennie, les aires protégées couvrent une proportion croissante du globe. Alors que la biodiversité continue de décliner, nous exhortons maintenant les Parties à la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité à Kunming à fixer un objectif ambitieux qui garantira une couverture en aires protégées de 30% des terres, de l’eau douce et des océans d’ici 2030. Ces aires doivent être placées de manière optimale pour protéger la diversité de la vie sur Terre et être gérées efficacement et gouvernées équitablement », affirme le Directeur général de l’UICN, Dr Bruno Oberle. La protection et la restauration de la nature sont mutuellement dépendantes En protégeant les zones intactes et en restaurant les écosystèmes dégradés, les pays peuvent créer un réseau pour la nature qui contribuera à stopper et à inverser la perte de biodiversité, à maintenir les services écosystémiques essentiels, à aider la société à faire face et à s’adapter au changement climatique et à réduire le risque de futures pandémies. Gérées efficacement, les zones protégées et conservées peuvent contribuer à prévenir toute nouvelle dégradation des écosystèmes et consolider les progrès réalisés dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes. La Décennie sera officiellement lancée le 5 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2021. Dans de nombreux cas, les zones en cours de restauration seront elles-mêmes susceptibles d’être ajoutées au réseau d’aires protégées et conservées, afin de garantir que les avantages de la restauration soient durables.   Plus d’informations – Le rapport– Article original  

Evaluation environnementale des projets éoliens en mer : 18 recommandations pour la biodiversité

Dans le cadre de ses travaux sur la conciliation des énergies renouvelables avec la préservation de la biodiversité, le Comité français de l’UICN publie un rapport formulant 18 recommandations stratégiques pour une meilleure intégration de la biodiversité dans la démarche d’évaluation environnementale des projets éoliens en mer à destination des porteurs de projets et des autorités de régulation. Pour lutter contre les changements climatiques, l’Union Européenne s’est fixé comme objectif d’atteindre 32% d’énergie provenant de filières renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2030. En France, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à augmenter de 50% la capacité de production d’électricité renouvelable en 2023 par rapport à 2017. Les éoliennes en mer font partie des technologies ciblées par la PPE française. Huit consultations publiques portant sur la construction de parcs éoliens posés ont déjà eu lieu, et le premier parc devrait être mis en service à Saint-Nazaire en 2022. Quatre fermes pilotes d’éoliennes flottantes devraient aussi être installées d’ici 2023. Suite à la publication d’une première étude sur les impacts des énergies marines renouvelables sur la biodiversité, le Comité français de l’UICN a analysé les études d’impacts de 4 projets éoliens en mer posés et flottants français pour identifier les bonnes pratiques et les éventuelles faiblesses, et formuler des recommandations pour améliorer le processus d’évaluation environnementale de ces projets. Cette étude révèle tout d’abord un besoin de références méthodologiques communes entre les projets aussi bien concernant les protocoles d’acquisition de données que les méthodes d’évaluation des impacts et de suivi des mesures concernant leur évitement, leur réduction et leur compensation (ERC). Dans ce contexte, se référer aux descripteurs du Bon Etat Ecologique du milieu marin de la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM) permettrait d’avoir une référence partagée entre les projets éoliens mais aussi entre les différentes activités maritimes qui influent sur cet état écologique. Elle met ensuite en évidence que les impacts de ces parcs éoliens sur la biodiversité pourraient être, pour une part notable, évités ou réduits si une Evaluation Environnementale Stratégique complète à l’échelle des Documents Stratégiques de Façade avait été menée en incluant une évaluation des impacts propres et cumulés de l’ensemble des activités en mer. Cette démarche permettrait d’appliquer une séquence ERC intégrée à l’échelle des façades et de statuer en amont des projets sur la compatibilité entre les parcs éoliens et les aires marines protégées en fonction des enjeux écologiques identifiés sur la zone. Enfin, cette analyse souligne la nécessité d’améliorer sans tarder l’évaluation des impacts cumulés de toutes les activités humaines sur la biodiversité marine et littorale. Si elle confirme l’existence d’impacts réels des projets éoliens sur la biodiversité et la nécessité d’appliquer strictement à ces projets la démarche ERC, elle met aussi en évidence les limites des bénéfices attendus de cette démarche si elle n’est mise en œuvre, comme elle l’est actuellement, que sur quelques types de projets et non sur toutes les activités qui peuvent avoir des incidences sur l’environnement marin en général, et la biodiversité marine en particulier. Découvrez le rapport complet et ses recommandations ici. Plus d’informations – Analyse de l’intégration des enjeux de biodiversité dans l’évaluation environnementale des projets éoliens offshore (2020)– Développement des énergies marines renouvelables et préservation de la biodiversité » (2014)– Reconcile offshore wind energy development and marine biodiversity conservation in the context of global change » (FOWT, 2020)– Le programme « Ecosystèmes » du Comité français de l’UICN Photo bandeau © Nicolas   Doherty – Unsplash

Un rapport clé de l’IPBES sur la biodiversité et les pandémies

IPBES, 29 octobre 2020. Des pandémies futures vont apparaître plus souvent, se propageront plus rapidement, causeront plus de dommages à l’économie mondiale et tueront plus de personnes que la COVID-19, à moins que l’approche globale de la lutte contre les maladies infectieuses ne soit modifiée, avertit un nouveau rapport clé sur la biodiversité et les pandémies rédigé par 22 experts de premier plan du monde entier. Au terme d’un atelier virtuel organisé par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES de son acronyme anglais) sur les liens entre la dégradation de la nature et l’augmentation des risques de pandémie, les experts conviennent qu’il est possible d’échapper à l’ère des pandémies, mais que cela nécessite un profond changement d’approche pour passer de la réaction à la prévention. La pandémie de COVID-19 est au moins la sixième pandémie mondiale depuis la pandémie grippale de 1918, et bien qu’elle trouve son origine dans des microbes portés par des animaux, comme toutes les pandémies, son émergence a été entièrement déterminée par les activités humaines, indique le rapport publié ce jeudi. On estime à 1,7 million le nombre de virus « non découverts » actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux, dont 827 000 pourraient avoir la capacité d’infecter les êtres humains. « Il n’y a pas de grand mystère sur la cause de la pandémie de COVID-19, ou de toute autre pandémie moderne. Ce sont les mêmes activités humaines qui sont à l’origine du changement climatique, de la perte de biodiversité et, de par leurs impacts sur notre environnement, du risque de pandémie. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l’expansion et l’intensification de l’agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains. C’est un chemin qui conduit droit aux pandémies. » Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l’atelier d’IPBES. Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines entraînant la perte de biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées et par des mesures réduisant l’exploitation non durable dans les régions riches en biodiversité. Cela permettra de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, et aidera à prévenir la propagation de nouvelles maladies, indique le rapport. « Les preuves scientifiques conduisent à une conclusion encourageante. Nous avons la capacité croissante de prévenir les pandémies, mais la manière dont nous les abordons actuellement ignore largement cette capacité. Notre approche actuelle des pandémies stagne et consiste encore à essayer de contenir et de contrôler les maladies aprèsqu’elles sont apparues, par le biais de vaccins et de thérapies. Pour nous échapper de l’ère des pandémies, nous devons, en plus de la réaction, nous concentrer sur la prévention. Le fait que l’activité humaine ait pu modifier aussi fondamentalement notre environnement naturel ne doit pas nécessairement être vu comme négatif, mais prouve, au contraire, notre capacité à opérer les changements nécessaires pour réduire le risque de futures pandémies, tout en protégeant la nature et en réduisant les changements climatiques. » Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l’atelier d’IPBES. Le rapport propose également un certain nombre d’options politiques qui permettraient de faire face et de réduire le risque de pandémie. En voici quelques-unes : Un Conseil intergouvernemental de haut niveau sur la prévention des pandémies pourrait être créé afin de fournir aux décideurs les meilleures données scientifiques sur les maladies émergentes ; de prévoir les zones à haut risque ; et d’évaluer l’impact économique des pandémies potentielles et de mettre en évidence les lacunes en matière de recherche. Un tel conseil pourrait également coordonner la conception d’un cadre mondial de suivi. Les pays pourraient se fixer des objectifs dans le cadre d’un accord ou d’une entente internationale, avec des avantages évidents pour les êtres humains, les animaux et l’environnement. L’approche « Une seule santé » pourrait être institutionalisée par les Gouvernements nationaux afin de renforcer la préparation aux pandémies, d’améliorer les programmes de prévention des pandémies et d’enquêter sur les épidémies et de les contrôler dans tous les secteurs. Des évaluations de l’impact sur la santé des risques de pandémies et de maladies émergentes pourraient être développées et intégrées dans les grands projets de développement et d’aménagement du territoire, tout en réformant l’aide financière à l’aménagement du territoire afin que les avantages et les risques pour la biodiversité et la santé soient reconnus et explicitement ciblés. Le coût économique des pandémies devrait être pris en compte dans la consommation, la production et les politiques et budgets gouvernementaux. Une réduction des formes de consommation, d’expansion agricole mondialisée et de commerce qui ont conduit à des pandémies devrait être rendue possible, par exemple au travers de taxes ou d’impôts sur la consommation de viande, la production de bétail et d’autres d’activités à haut risque de pandémie. Les risques de zoonoses dans le commerce international d’animaux sauvages pourraient être réduits grâce à un nouveau partenariat intergouvernemental « santé et commerce » ; les espèces à haut risque de maladie devraient être retirées partiellement ou totalement du commerce des espèces sauvages ; l’application de la loi dans tous les aspects du commerce illégal d’animaux sauvages devrait être renforcée et l’éducation des communautés sur les risques sanitaires du commerce d’animaux sauvages devrait être améliorée, particulièrement dans les zones à haut risque de propagation de maladies. L’engagement et les connaissances des populations autochtones et des communautés locales dans les programmes de prévention des pandémies devraient être valorisés afin d’atteindre une plus grande sécurité alimentaire et de réduire la consommation d’animaux sauvages. D’importantes lacunes dans les connaissances seraient à combler au sujet des principaux comportements à risque, de l’importance relative dans le risque de maladie du commerce illégal, non réglementé et légal d’animaux sauvages, et de la relation entre la dégradation et la restauration des écosystèmes, la structure des paysages et le risque d’émergence de maladies. Plus d’informations –

L’ONU lance un avertissement : L’humanité est à la croisée des chemins en ce qui a trait à la nature

ONU – CDB, 15 septembre 2020. La nature souffre énormément et son état se détériore malgré les progrès encourageants réalisés dans plusieurs domaines d’intervention. Un rapport important des Nations Unies prévient que huit changements transformateurs doivent être effectués en toute urgence pour protéger le bien-être humain et sauver la planète. Le rapport est publié alors que la pandémie de la COVID-19 force les gens à réévaluer leur relation avec la nature et à examiner les conséquences profondes d’un appauvrissement continu de la biodiversité et de la dégradation continue des écosystèmes sur leur bien-être et leur survie. Le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique, publié par la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB), présente un aperçu faisant autorité de l’état de la nature. Il s’agit de la fiche de rendement finale des progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs mondiaux pour la biodiversité à l’horizon 2020 convenus en 2010, qui présente les enseignements tirés et les meilleures pratiques pour se mettre sur la bonne voie. « Ce rapport phare met en évidence le fait que « l’humanité est à la croisée des chemins en ce qui concerne l’héritage que nous voulons laisser aux futures générations », a déclaré Mme Elizabeth Maruma Mrema, Secrétaire exécutive de la CDB. « Il se passe de bonnes choses à l’échelle de la planète, et nous devons les célébrer et les encourager. Le taux d’appauvrissement de la diversité biologique atteint toutefois un niveau sans précédent dans l’histoire de l’humanité et la pression s’intensifie. Les systèmes vivants de la Terre sont compromis dans leur ensemble, et plus l’humanité exploite la nature de manière non durable et mine sa contribution aux populations, plus nous mettons en péril notre propre bien-être, notre sécurité et notre prospérité. » Mme Mrema poursuit : « De nouvelles occasions de transmission de maladies dévastatrices aux humains et aux animaux émergent, comme le coronavirus de cette année, pendant que la nature se dégrade. Bien que le temps presse, la pandémie nous a également démontré que les changements transformateurs peuvent être effectués lorsque la situation l’exige. » « Les décisions et le niveau des mesures que nous prendrons aujourd’hui auront d’importantes conséquences pour toutes les espèces, y compris la nôtre, pour le meilleur et pour le pire. » Quant aux Objectifs d’Aichi pour la biodiversité, établis en 2010, l’analyse des sixièmes rapports nationaux à la CDB et des plus récentes conclusions scientifiques révèle que sept des 60 « éléments » ou critères de succès des 20 objectifs ont été atteints et que des progrès ont été réalisés pour 38 autres. Le niveau de progrès demeure inconnu ou un éloignement par rapport à l’objectif a été constaté pour 13 éléments, et le niveau de progrès est inconnu pour deux autres éléments. Le rapport conclut que six des 20 objectifs (9, 11, 16, 17, 19 et 20) ont été partiellement atteints à l’échéance de 2020. Selon le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique, un objectif est partiellement atteint lorsqu’au moins un élément distinct a été réalisé. Par exemple, les éléments de l’objectif 11 liés à la proportion des terres et des océans protégés ont été réalisés, mais non les éléments liés à la qualité des aires protégées. De même, en ce qui concerne l’objectif 19, les connaissances relatives à la biodiversité se sont améliorées, mais n’ont pas été diffusées ni appliquées à grande échelle. En ce qui concerne l’objectif 20, les ressources financières allouées à la biodiversité par le biais des flux internationaux et l’aide publique au développement ont doublé. Cependant, l’augmentation de ces financements reste largement insuffisante par rapport aux besoins pour la protection de la biodiversité. Presque tous les Etats Parties à la Convention (87%) ont produit leurs rapports nationaux à la CDB qui présentent les actions réalisées. Cependant, ces plans nationaux d’actions (SPANB) sont mis en oeuvre de manière très variable. Le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique cite plusieurs mesures nationales et programmes exemplaires sans lesquels les conditions seraient encore pires (par exemple, un taux d’extinction plus élevé). Le rapport fournit d’autres exemples : les taux de déboisement continuent à chuter, l’éradication des espèces exotiques envahissantes des îles est à la hausse et la sensibilisation à la biodiversité semble être à la hausse. « Les mesures prises doivent être intensifiées et passer de mesures propres aux projets à des mesures plus larges et systémiques », ajoute Mme Mrema. « De plus, il faut resserrer l’écart entre les ambitions nationales et les mesures prises. Les informations fournies à la partie III du cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique portent sur les mesures et le type d’actionsnécessaires à compter de maintenant. »   Pistes d’actions Le rapport lance un appel à délaisser « statu quo » dans tout un éventail d’activités humaines. Il donne les grandes lignes de huit transitions qui reconnaissent la valeur de la biodiversité, le besoin de restaurer les écosystèmes desquels dépend toute l’activité humaine et l’urgence de réduire les impacts négatifs de ces activités : – La transition relative aux terres et forêts : Conserver les écosystèmes intacts, restaurer les écosystèmes, lutter contre la dégradation et l’inverser, et utiliser l’aménagement du territoire au niveau des paysages pour éviter, réduire et atténuer le changement d’affectation des terres. – La transition à l’agriculture durable : Reconception des systèmes agricoles en utilisant des approches agroécologiques ou autres approches innovantes afin d’augmenter la productivité tout en réduisant au minimum les effets néfastes sur la biodiversité. – La transition à des systèmes alimentaires durables : Favoriser les régimes alimentaires durables et sains mettant l’accent sur une diversité d’aliments, principalement à base de plantes, et une consommation plus modérée de viande et de poisson, ainsi qu’une réduction considérable des déchets et du gaspillage dans la chaîne alimentaire et la consommation. – La transition à la pêche et des océans durables : Protéger et restaurer les écosystèmes marins et côtiers, rebâtir la pêche et gérer l’aquaculture et les autres utilisations des océans, afin de garantir la durabilité et d’accroître

Forêts françaises en crise : 21 recommandations pour mieux les préserver

A l’occasion de la mission parlementaire menée sur les enjeux des forêts françaises, en métropole et en outre-mer, le Comité français de l’UICN et 5 autres ONG membres (FNE, WWF France, LPO, RNF, Humanité & Biodiversité), s’est mobilisé pour formuler 21 recommandations sur l’avenir de nos forêts face aux crises climatique, écologique et sociale.  Les forêts françaises couvrent aujourd’hui 16,9 millions d’hectares en métropole et 9,4 millions d’hectares en outre-mer. La France présente des écosystèmes forestiers d’une grande diversité couvrant toutes les principales écorégions forestières de la planète (tempérée, méditerranéenne, tropicale sèche et humide, boréale et sans oublier les mangroves). Elles abritent une large part de la biodiversité de notre territoire. Elles fournissent par ailleurs des services écosystémiques essentiels à notre société comme la régulation du climat, du cycle de l’eau, le contrôle de l’érosion des sols, la prévention des risques naturels, ou encore les loisirs. Avec les changements climatiques, la forêt fait face depuis plusieurs années à une succession de catastrophes naturelles, souvent de grande ampleur, comme les tempêtes, les incendies et des crises sanitaires (dépérissements liés aux infestations de pathogènes et de ravageurs comme par exemple la propagation de la chalarose du frêne ou encore des attaques de scolytes sur les forêts d’épicéas de la moitié nord de la France). Pour préserver la santé et la diversité des forêts, il est donc urgent d’intégrer les fonctions écologiques et sociétales des forêts au même titre que les fonctions économiques liées à la production de bois dans les stratégies de gestion forestière. Mettre la biodiversité au cœur de la politique des forêts La biodiversité, remarquable comme ordinaire, a un rôle clé à jouer en temps de crise climatique.  Une gestion favorable à la biodiversité forestière, avec en particulier des peuplements d’âges et d’essences forestières variés, va contribuer non seulement à la préservation des espèces mais aussi à la résilience des forêts vis-à-vis des changements globaux. Se relier aux Solutions fondées sur la Nature Les Solutions fondées sur la Nature permettent de contribuer de façon directe à un défi de société (changement climatique, risques naturels, …) tout en apportant des bénéfices pour la biodiversité. Ce type d’approche est essentiel pour restaurer un équilibre optimal des bénéfices écologiques, sociaux et économiques des forêts pour les besoins présents et futurs. Permettre à tous d’être acteurs de la vie des forêts La société nourrit de fortes inquiétudes sur l’avenir des forêts françaises. Il est donc nécessaire de construire un dialogue ouvert, approfondi et intégré entre les forestiers et les citoyens pour prévenir les conflits locaux et régionaux. Les forêts ont une place essentielle dans notre environnement comme dans la vie économique et sociale de notre pays, et dans notre perception de la nature. Ce rapport propose donc une vision ouverte et des principes pour s’adapter aux mutations écologiques rapides des forêts dans le siècle à venir. Plus d’informations – Le rapport « Forêts françaises en crise » – Le programme « Ecosystèmes » du Comité français de l’UICN – Le groupe de travail « Forêts » – Les Solutions fondées sur la Nature Photo bandeau : Paysage du Jura © F. Kirchner