Réaction à la révision du statut de protection du Loup en Europe

Le Conseil de l’Union européenne (UE) a adopté aujourd’hui la révision du statut de protection du Loup gris (Canis lupus), entérinant l’affaiblissement de la protection de l’espèce sur le sol européen. Après le vote du Parlement de l’UE en ce sens en mai dernier, le loup est désormais retiré de l’Annexe IV de la Directive Habitats Faune Flore qui lui conférait une protection stricte, pour être placé dans l’Annexe V qui autorise l’application de mesures de gestion. La gestion de l’espèce restant malgré tout encadrée dans l’UE, les Etat membres devront s’assurer de prendre les mesures nécessaires pour garantir que les tirs de loups dans la nature soient rigoureusement compatibles avec son maintien dans un état de conservation favorable. Cependant, selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, six des neuf populations de loups présentes dans l’Union européenne sont classées vulnérables ou quasi-menacées. L’espèce est également classée vulnérable en France. La priorité devrait donc être d’atteindre et de garantir à long terme l’état de conservation favorable du loup, avant d’envisager des mesures de contrôle de ses populations. Alors que le Comité permanent de la Convention de Berne et l’Union européenne avaient jusqu’ici toujours basé leurs décisions sur la réalité des données établies, ce déclassement sans précédent suscite la préoccupation du Comité français de l’UICN. Cette décision soulève des interrogations sur la place accordée aux connaissances scientifiques dans les décisions relatives à la préservation des espèces, faisant craindre une gestion inefficace pour réduire la prédation sur les troupeaux domestiques et constituant un recul supplémentaire dans les engagements en faveur de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN continue à plaider en faveur d’une cohabitation durable entre le loup et les activités humaines, notamment d’élevage, et appelle instamment à poursuivre la recherche déterminée d’une approche équilibrée. Il souligne pour cela la nécessité de fonder les décisions prises sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes, et d’appuyer les options retenues sur les expériences de terrain ayant fait la preuve de leur efficacité. À l’heure où les Etats membres préparent leur plan national dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature, le Comité français rappelle le rôle primordial des grands prédateurs, dont le loup, dans l’équilibre des écosystèmes. Une politique ambitieuse en matière de restauration de la nature devrait donc pleinement inclure le maintien de cette espèce essentielle et organiser sa coexistence durable avec les activités humaines. >> Consulter les recommandations du Comité français de l’UICN pour une cohabitation durable avec le loup Photo bandeau :Loup gris (Canis lupus) © Roland Clerc
Onze nouveaux projets soutenus par ProBioDev
English version available on this link Dans le cadre du Programme d’appui aux OSC de biodiversité actives dans les pays en développement (ProBioDev), le Comité de Sélection s’est réuni les 25 et 26 juin à Paris pour évaluer les propositions soumises suite à un appel à projets. Au total, 11 projets ont été retenus dans 10 pays pour un montant total de 1,9 M€. Le 9 avril dernier, le Comité Français de l’UICN lançait un appel à projets pour soutenir des projets de conservation de la biodiversité et/ou de Solutions fondées sur la nature (SfN) portés par des partenariats de la société civile (composés d’une OSC française et d’une OSC locale) dans les pays en développement. A la clôture de l’appel à projets, 126 candidatures ont été reçues. Un excellent résultat pour ce premier appel qui démontre l’intérêt et les besoins importants des OSC pour ce type de dispositif de financement afin de soutenir la biodiversité. Parmi les 126 candidatures, 37 ont été présentées en Comité de Sélection (les autres ayant été jugées inéligibles ou peu satisfaisantes au regard des critères de l’appel à projets). En amont du Comité de Sélection, chaque dossier a été étudié par 2 évaluateurs indépendants qui ont pu apprécier la qualité des projets soumis selon différents critères (enjeux et menaces sur la biodiversité, pertinence et cohérence des projets, capacités des organisations à mener des actions, cohérence du partenariat…). Organisé à Paris (avec quelques évaluateurs à distance), le Comité de Sélection s’est tenu les 25 et 26 juin 2024 et a permis de rassembler au total 44 expert(es) au total. Durant le Comité, chaque projet a été présenté puis discuté entre les évaluateurs de chaque dossier et les autres membres. Outre la sélection des projets, les échanges ont également été l’occasion de partager de l’expertise et des pistes d’améliorations pour chacune des propositions. A l’issue des deux jours du Comité, 11 projets ont été sélectionnés pour un montant total de 1 891 000 €, soit une moyenne d’environ 172 000 €/projet. A travers ces subventions d’une durée maximum de 2 ans, les partenariats d’organisations auront comme objectif commun de mettre en œuvre des projets locaux de conservation de la biodiversité et de solutions fondées sur la nature par des actions concrètes de terrain. Les projets vont également permettre de soutenir des activités en lien et au bénéfice des populations locales. Le Comité français de l’UICN remercie chaleureusement les membres du Comité de Sélection pour leur investissement et leur participation qui permet de garantir l’indépendance du processus, de renforcer le dialogue entre les organisations mais aussi d’enrichir la qualité des propositions et des projets soutenus par ProBioDev. Un grand bravo à tous les partenariats sélectionnés et bon courage à eux pour la réalisation de leurs projets ! Soutenu par une coalition de partenaires publics et privés dont l’Agence Française de Développement (AFD), l’Office Français de la Biodiversité (OFB), la Fondation Audemars Piguet pour les Arbres, la Fondation de France, la Fondation Manthano, la Fondation Egis et la Maisons du Monde Foundation, l’ambition du programme est d’améliorer l’état de la biodiversité dans les pays en développement grâce à l’action de la société civile et au renforcement des capacités et partenariats des OSC. Découvrez les projets sélectionnés ! MADAGASCAR – Association Française de Sauvegarde du Grand Hapalémur (Helpsimus) & IMPACT Madagascar : « Assurer la protection durable de la plus grande population sauvage de grands hapalémurs à Madagascar » Le projet vise à protéger durablement la plus grande population sauvage de grands hapalémurs (Prolemur simus, CR) en renforçant la préservation de leur habitat près du Parc National de Ranomafana. Les actions incluent la réduction des défrichements et des coupes de bois, l’atténuation des conflits avec les agriculteurs, la restauration des forêts et la création d’une aire protégée de catégorie 5. Le projet se focalise également sur l’amélioration du suivi de plusieurs groupes de grands hapalémurs et au développement d’un programme scientifique pour la conservation. Cela inclut l’amélioration des connaissances sur les populations de lémuriens présentes, dont les résultats seront utilisés pour le processus de création de l’aire protégée. Parallèlement, le projet soutient le développement économique et social des communautés locales en promouvant une agriculture résiliente face aux changements climatiques, ainsi qu’en soutenant l’éducation des enfants. La subvention accordée par ProBioDev s’élève à 100 000 € pour une durée de 24 mois. INDONESIE – Small Islands Organisations (SMILO) & Blue Forests : « Tanakeke, vers une île durable » Le projet vise à renforcer la résilience de l’île de Tanakeke dans le sud du Sulawesi en améliorant la gestion de l’environnement et les conditions de vie de la communauté grâce à la labellisation « îles durables » de SMILO. Il a pour objectif de renforcer la gouvernance locale et inclusive en établissant un Comité opérationnel et en définissant un plan d’action participatif visant à renforcer les capacités communautaires dans la gestion environnementale. Le projet soutient des initiatives concrètes telles que la réhabilitation, la surveillance et la conservation des mangroves ainsi que d’autres espèces clés, tout en promouvant le développement durable de la culture d’algues pour améliorer les conditions de vie des habitants. Les expériences de Blue Forests sur l’île de Tanakeke seront intégrées et partagées au sein de la communauté SMILO, renforçant ainsi leurs contributions aux agendas nationaux et internationaux de la biodiversité. La subvention accordée par ProBioDev s’élève à 195 000 € pour une durée de 24 mois. GHANA – A Rocha Ghana & A Rocha France : « Conservation et gestion durable du site Ramsar de Keta Lagoon pour la résilience climatique des oiseaux et des communautés » Situé dans le paysage du site Ramsar de Keta Lagoon, le projet se focalise sur la conservation des espèces d’oiseaux et de leurs habitats, ainsi que sur l’éducation à l’importance des zones humides pour la biodiversité et les services écosystémiques, et sur la restauration et la gestion durable des forêts de mangroves. Le site joue un rôle crucial en tant qu’habitat essentiel pour les oiseaux migrateurs et comme lieu de nidification pour des espèces
Eleven new projects supported by ProBioDev
Version française disponible sur ce lien As part of the Support Programme for biodiversity Civil Society Organisations active in developing countries (ProBioDev), the Selection Committee met on June 25th and 26th in Paris to evaluate the proposals submitted following a call for proposals. In total, 11 projects were selected in 10 countries for a total amount of €1.9M. On April 9th, the IUCN French Committee launched a call for proposals to support biodiversity conservation projects and/or Nature-based Solutions (NbS) carried out by civil society partnerships (comprising a French CSO and a local CSO) in developing countries. By the end, 126 applications had been received. This is an excellent result for this first call, demonstrating the significant interest and need among CSOs for this type of funding mechanism to support biodiversity in developing countries. Out of the 126 applications, 37 were presented to the selection committee (the others were deemed ineligible or did not meet the criteria of the call for proposals). Prior to the Selection Committee meetings, each application was reviewed by two independent evaluators who assessed the quality of the submitted projects according to various criteria (biodiversity issues and threats, relevance and coherence of the projects, organizational capacity to carry out actions, partnership coherence, etc.). Held in Paris (with some evaluators participating remotely), the Selection Committee took place on June 25th and 26th , 2024, bringing together a total of 44 experts. During the Committee, each project was presented and then discussed among the evaluators and the other members. In addition to selecting the projects, the discussions also provided an opportunity to share expertise and suggestions for improvements for each proposal. At the end of the two-day committee meeting, 11 projects were selected for a total amount of €1 891 000, with an average of approximately €172 000 per project. Through these grants, with a maximum duration of 2 years, the civil society partnerships will have the common goal of implementing local biodiversity conservation projects and nature-based solutions through concrete on-the-ground actions. The projects will also support activities that benefit local populations. The IUCN French Committee warmly thanks the members of the Selection Committee for their dedication and participation, which ensures the independence of the process, strengthens dialogue between organizations, and enhances the quality of the proposals and projects supported by ProBioDev. Congratulations to all the selected partnerships, and best of luck with the implementation of their projects! Supported by a coalition of public and private partners including the French development agency (AFD), French Office for Biodiversity (OFB), Audemars Piguet Foundation for Trees, Fondation de France, Fondation Manthano, Fondation Egis, and Maisons du Monde Foundation, the programme’s ambition is to improve the state of biodiversity in developing countries through the action of civil society and the strengthening of capacities and partnerships of CSOs. Discover the selected projects! MADAGASCAR – Association Française de Sauvegarde du Grand Hapalémur (Helpsimus) & IMPACT Madagascar: « Ensuring the sustainable protection of the largest wild population of greater bamboo lemurs in Madagascar » The project aims to sustainably protect the largest wild population of greater bamboo lemurs (Prolemur simus, CR) by enhancing habitat conservation near Ranomafana National Park. Actions include reducing deforestation and wood cutting, mitigating conflicts with farmers, restoring forests, and creating a category 5 protected area. The project also focuses on improving the monitoring of several groups of greater bamboo lemurs and developing a scientific conservation program, enhancing knowledge of the lemur populations present, which will be used for the protected area creation process. Additionally, the project supports the economic and social development of local communities by promoting climate-resilient agriculture and supporting children’s education. The grant awarded by ProBioDev is €100 000 for a duration of 24 months. INDONESIA – Small Islands Organisations (SMILO) & Blue Forests: « Tanakeke, towards a sustainable island » The project aims to strengthen the resilience of Tanakeke Island in South Sulawesi by improving environmental management and community living conditions through SMILO’s Sustainable Island Labelling methodology. It aims to enhance local and inclusive governance by establishing an operational committee and defining a participatory action plan to build community capacity in environmental management. The project supports concrete initiatives such as the rehabilitation, monitoring, and conservation of mangroves and other key species, while promoting the sustainable development of seaweed cultivation to improve inhabitants’ living conditions. Blue Forests’ experiences on Tanakeke Island will be integrated and shared within the SMILO community, thereby strengthening their contributions to national and international biodiversity agendas. The grant awarded by ProBioDev is €195 000 for a duration of 24 months. GHANA – A Rocha Ghana & A Rocha France: « Conservation and sustainable management of the Keta Lagoon Ramsar site for the climate resilience of birds and communities » Located in the landscape of the Keta Lagoon Ramsar site, the project focuses on conserving bird species and their habitats, educating about the importance of wetlands for biodiversity and ecosystem services, and restoring and sustainably managing mangrove forests. The site plays a crucial role as an essential habitat for migratory birds and a nesting site for endangered marine turtle species. Planned actions include producing habitat maps and bird species lists, developing local capacity for bird identification and monitoring, and creating ecotourism opportunities benefiting local communities. The project will also train communities, especially women and youth, in sustainable management and restoration of degraded mangrove forests. The grant awarded by ProBioDev is €195 000 for a duration of 24 months. LAOS – Des Eléphants et Des Hommes & Lao Wildlife Conservation Trust: « WILDMED – Wildlife Mobile Emergency & Diagnostic Unit » Laos, a biodiversity hotspot, faces a significant biodiversity crisis with growing threats to its wildlife and ecosystems. The near-total lack of veterinary capacities, especially in conservation medicine, severely limits aid to wildlife facing increased human conflicts, illegal trafficking, and zoonotic risks. This project aims to strengthen the capacities of key Lao actors and establish an emergency response team for affected wildlife through the deployment of a mobile veterinary unit. The project team will also assess a population of semi-wild elephants using a One Health
Plus de la moitié des espèces menacées de disparition en France ne bénéficient pas d’un statut de protection
Pour renforcer la protection des espèces, le Comité français de l’UICN a mené une étude afin de déterminer la part des espèces menacées bénéficiant d’un statut de protection, en métropole et en outre-mer. Le croisement des résultats de la Liste rouge nationale des espèces menacées avec les arrêtés de protection d’espèces montre que plus de la moitié (56%) des quelque 2900 espèces menacées de disparition en France ne sont couvertes par aucun arrêté de protection, soit plus de 1600 espèces. Les constats dressés à partir de cette analyse mettent en évidence des lacunes importantes dans la protection des espèces menacées et appellent à renforcer significativement la couverture de la protection réglementaire. Cette démarche est essentielle pour que la France atteigne d’ici 2030 l’objectif de stopper l’extinction des espèces menacées connues sur son territoire, auquel elle s’est engagée dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique. Sur la base de cette analyse, le Comité français de l’UICN, appuyé par les experts de sa Commission de sauvegarde des espèces, formule une série de quatre recommandations et cinq priorités d’actions pour répondre au risque de disparition des espèces par la voie de la réglementation. La note de position détaillée et la fiche synthétique de décryptage des enjeux sont disponibles en téléchargement ci-dessous. DOCUMENTS ET LIENS • Lire le communiqué de presse (juin 2024)• Lire la note de position et les recommandations• Découvrir la fiche de décryptage synthétique• Consulter l’annexe listant les espèces menacées et de leur statut de protection (xls)• Accéder à la base de données de l’INPN• Parcourir les résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France Photo bandeau :Agrion joli (Coenagrion pulchellum) CC-BY-SA Gilles San Martin
Launch of the ProBioDev call for proposals
Version française disponible sur ce lien As part of the Support Programme for biodiversity Civil Society Organizations (CSOs) active in developing countries (ProBioDev), the IUCN French Committee is launching a call for proposals to support projects in developing countries led by civil society partnerships. This initiative aims to support projects focused on biodiversity conservation and Nature-based Solutions, addressing climate change mitigation and adaptation. Since February 1st, 2024, the IUCN French Committee has been implementing the Support Programme for biodiversity Civil Society Organizations (CSOs) active in developing countries, known as ProBioDev. Over the span of three years, ProBioDev aims to enhance biodiversity in developing countries by empowering civil society action and strengthening the capacities and partnerships of CSOs. Supported by a coalition of public and private partners, including the French Development Agency, the French Biodiversity Agency (OFB), the Audemars Piguet Foundation for Trees, the Fondation de France, the Manthano Foundation, the Egis Foundation, and the Maisons du Monde Foundation, the programme also aims to support alliance strategies and the development of equitable and supportive partnerships to address biodiversity challenges in developing countries. For this purpose, a grant initiative for meso-projects has been established. The first call for proposals is open from April 9th to May 26th, 2024. This call aims to support approximately ten field projects, offering grants ranging from €100 000 to €250 000 for a maximum duration of 24 months. Co-financing provided through these grants will represent up to 90% of the total project budget. Projects must be carried out in a country eligible for official development assistance (ODA) according to the OECD DAC list (with a priority given to the African continent) and led by civil society partnerships. These partnerships must include a French civil society organization (CSO) and a local CSO registered in a developing country. The main objective of the project should be biodiversity conservation and/or Nature-based Solutions focused on climate change mitigation and adaptation, aligning with the objectives of the Kunming-Montreal Global Biodiversity Framework. All details regarding the call for proposals can be found in the competition regulations available on this page. To respond to the call for proposals, the grant application form and its annexes must be completed in French or English and sent by email to probiodev@uicn.fr by May 26th, 2024 (11:59 PM CEST). Requests for clarification can be submitted until May 21st, 2024. To obtain further details, the IUCN French Committee is organising an online information session to address your questions regarding the call for proposals. To participate, please register using the following links: Here for the French session on April 25th at 3:00 PM (CEST) Here for the English session on April 26th at 3:00 PM (CEST) CSOs eligible to respond to this call for proposals are invited to express their interest as soon as possible by sending an email to probiodev@uicn.fr. Frequently Asked Questions : (regularly updated based on clarification requests) Can the local CSO be the project leader within the partnership? Absolutely! Partnerships, consisting of a French Civil Society Organization (CSO) and a local CSO, should also designate a project leader (primary contact) and a main partner. In the grant application, the local CSO has the option to serve as either the project leader or the main partner. Similarly, the French CSO has the same flexibility. Is it possible to form a partnership with more than 2 CSOs? Exceptionally, partnerships may involve three CSOs, provided that the relevance of this collaboration, the complementarity of expertise and support, and the alignment with the project’s objectives are clearly demonstrated. Is it necessary to apply in partnership ? The two CSOs comprising the partnership must be independent, with their own legal status, decision-making bodies, and governance. Therefore, two branches or offices of the same organisation will not be eligible to form a partnership under this call for proposals. They must not be subordinate to each other and must have their own autonomy in decision-making and management of their internal affairs. We recommend carefully reviewing the eligibility criteria for CSOs in the competition regulations, including the different statuses for French and local CSOs, to be fully eligible. Is a French and local offices from the same organisation can be eligible for partnership ? We recommend that you carefully read the eligibility criteria for CSOs in the competition regulations, including the different statuses for French and local CSOs, in order to be fully eligible. As a reminder, the two CSOs making up the partnership must be independent, with their own governance. Thus, two branches of the same organization will not be eligible to form a partnership under this call for proposals. What is a secondary technical partner and does it need to meet the same eligibility criteria as the French or local CSOs? A secondary technical partner can be involved in the project (and not as part of the partnership), possibly with co-financing or retrocessions of part of the funds for the implementation of certain activities. The legal status of a secondary technical partner is flexible and may include organisations from different sectors such as private, nonprofit, governmental (e.g. local authorities), research institutions, and more. Is a research center, a governmental or lucrative organisation eligible ? No. The grants are awarded to CSOs established under the following legal statuses: For French CSOs: A French association operating under the law of 1901, or a non-profit association governed by the local law in Alsace Moselle involved in international solidarity actions; A trade union under French law (law of 21 March 1884), engaged in international solidarity actions; A French foundation recognised as serving the public interest, implementing international solidarity initiatives. For local CSOs: A non-profit association or non-governmental organisation, established in compliance with the prevailing national legislation of a country eligible for official development assistance (ODA), with autonomous governance, independent of national governments, the private sector and any international organisation. Note : It is possible to include the participation of other secondary technical partners in the project, possibly with co-financing or retrocession of part of the
Lancement de l’appel à projets ProBioDev
English version available on this link Dans le cadre du Programme d’appui aux OSC de biodiversité actives dans les pays en développement (ProBioDev), le Comité Français de l’UICN lance un appel à projets pour soutenir des projets dans les pays en développement portés par des partenariats de la société civile. Ce premier appel vise le financement et la mise en oeuvre de projets de terrain axés sur la conservation de la biodiversité et/ou les Solutions fondées sur la nature (SfN) répondant de manière spécifique aux enjeux d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques. Depuis le 1er février 2024, le Comité français de l’UICN met en œuvre le Programme d’appui aux OSC de biodiversité actives dans les pays en développement (ProBioDev). D’une durée de 3 ans, l’objectif de ProBioDev sera d’améliorer l’état de la biodiversité dans les pays en développement grâce à l’action de la société civile et au renforcement des capacités et partenariats des OSC. Soutenu par une coalition de partenaires publics et privés dont l’Agence française de développement, l’Office Français de la Biodiversité, la Fondation Audemars Piguet pour les Arbres, la Fondation de France, la Fondation Manthano, la Fondation Egis et la Maisons du Monde Foundation, l’ambition du programme est également de soutenir des stratégies d’alliance et le développement de partenariats équitables et solidaires pour répondre aux enjeux de biodiversité dans les pays en développement. Pour cela, un dispositif de financement de mésoprojets est mis en place et un premier appel à projets s’ouvre du 9 avril au 26 mai 2024. Cet appel à projets permettra de financer une dizaine de projets de terrain pour des montants de subventions compris entre 100 000 € – 250 000 € sur une durée de 24 mois maximum. Le cofinancement apporté via ces subventions représentera au maximum 90 % du budget total du projet. Les projets devront être réalisés dans un pays éligible à l’aide publique au développement selon la liste du CAD de l’OCDE (avec une priorité donnée au continent Africain) et portés par des partenariats de la société civile. Ces partenariats devront obligatoirement être composés d’une organisation de la société civile (OSC) française et d’une OSC locale enregistrée dans un pays en développement. Le projet devra avoir pour objectif principal la préservation de la biodiversité et/ou les Solutions fondées sur la Nature axées sur l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques, s’alignant avec les objectifs du Cadre Mondial de la Nature de Kunming-Montréal. Retrouvez tous les détails de l’appel à projets dans le règlement du concours disponible sur cette page. Pour répondre à cet appel à projets, le formulaire de candidature ainsi que ses annexes doivent être complétés en français ou en anglais et envoyés par mail à l’adresse probiodev@uicn.fr d’ici le 26 mai 2024 (23h59 CEST). Des demandes de clarification pourront être apportées jusqu’au 21 mai 2024. Pour obtenir des informations supplémentaires, le Comité français de l’UICN organise une session d’information en ligne pour répondre à vos questions à propos de l’appel à projets. Pour y participer, veuillez-vous inscrire en utilisant les liens suivants : Ici pour la session en français du 25 avril à 15h00 (CEST) Ici pour la session en anglais du 26 avril à 15h00 (CEST) Les OSC susceptibles de répondre à cet appel à projets sont invitées à manifester leur intérêt dès que possible en envoyant un email à probiodev@uicn.fr Foire aux questions (mise à jour régulièrement en fonction des demandes de clarifications effectuées) L’OSC locale peut-elle être le porteur de projet dans le cadre du partenariat ? Tout à fait ! Les partenariats, composés d’une OSC française et d’une OSC locale, devront être également définis avec un porteur de projet (interlocuteur principal) et d’un partenaire principal. L’OSC locale peut être le porteur de projet ou le partenaire principal dans la demande de financement. De même pour l’OSC française. Est-il possible de former un partenariat à plus de 2 OSC ? De manière exceptionnelle, les partenariats pourront être constitués de trois OSC sous réserve qu’une expertise complémentaire et additionnelle soit apportée et que la pertinence de cette collaboration à plusieurs soit clairement démontrée. Est-il indispensable de candidater en partenariat ? Oui ! Conformément aux directives établies dans le règlement, la qualité et la cohérence du partenariat entre deux OSC sont des critères essentiels lors de la sélection des projets. Il est important que le partenariat entre l’OSC locale et l’OSC française soit bien établi et pertinent pour le projet que vous envisagez de proposer. Nous ne pouvons donc pas directement vous jumeler avec une OSC française ni vous guider dans le processus de recherche et d’établissement de partenariats, qui doivent être adaptés à vos besoins et objectifs spécifiques. Cependant, nous encourageons néanmoins la formation de partenariats solides et complémentaires, où la valeur ajoutée de chaque organisation est clairement démontrée. Est-ce qu’un bureau français et local de la même organisation peuvent-être éligibles en tant que partenariat ? Les deux OSC composant le partenariat doivent être indépendantes, avec leur propre statut, leurs propres organes de décision et leur propre gouvernance. Donc deux antennes ou deux bureaux de la même organisation ne seront pas éligibles pour former un partenariat dans le cadre de cet appel à projets. Elles ne doivent pas être subordonnées l’une à l’autre et doivent avoir leur propre autonomie dans la prise de décisions et la gestion de leurs affaires internes. Nous vous recommandons de consulter attentivement les critères d’éligibilité pour les OSC dans le règlement de concours, y compris les différents statuts pour les OSC françaises et locales, afin d’être pleinement éligibles. Qu’est-ce qu’un partenaire technique secondaire et doit-il respecter les mêmes critères d’éligibilité que l’OSC française ou l’OSC locale ? Un partenaire technique secondaire peut être impliqué dans le projet (et non dans le cadre du partenariat), éventuellement avec des cofinancements ou des rétrocessions d’une partie des fonds pour la mise en œuvre de certaines activités. Le statut d’un partenaire technique secondaire est flexible et peut inclure une entité du secteur privé, associatif, gouvernemental (par exemple, une collectivité locale), de la recherche, etc. Est-ce qu’un centre de
Pour une cohabitation durable avec le loup en France
Alors qu’un nouveau projet de plan national d’actions (PNA) 2024-2029 est en préparation et qu’une première version a été rendue publique en novembre dernier, le Comité français de l’UICN rappelle l’objectif essentiel d’atteindre une cohabitation durable entre le loup et les activités humaines, en particulier d’élevage. Depuis le retour du loup sur notre territoire, les conflits d’objectifs ou d’usage entre la protection de l’espèce et l’élevage ont tendance à se multiplier. Alors que l’identification et l’expérimentation de solutions pour une coexistence durable sont une impérieuse nécessité, la concertation entre les différents acteurs concernés reste jusque-là difficile. Pour identifier des orientations partagées, la complexité du sujet impose un processus de dialogue exigeant, à l’écoute des points de vue et des propositions de toutes les parties prenantes. A cet égard, le Comité français de l’UICN salue les discussions nourries ayant eu lieu dans le cadre du Groupe national loup et activités d’élevage. Mais il se montre très préoccupé par le fait que les constats et les nombreuses propositions des associations de protection de la nature et des gestionnaires d’espaces protégés siégeant au sein de ce groupe n’aient pas été entendus ni pris en compte dans les arbitrages du projet de PNA, et que celui-ci reçoive finalement un accueil critique de tous les acteurs. Dans sa position sur le projet de PNA 2024-2029, le Comité français de l’UICN : Préconise, comme pour toute démarche en matière de conservation des espèces et des écosystèmes, de fonder les décisions prises sur la base des enseignements de la science et des meilleures connaissances disponibles. Regrette qu’aucune véritable évaluation du précédent PNA n’ait été réalisée, alors qu’elle permettrait de tirer les enseignements des mesures qui ont fonctionné et d’identifier les améliorations à apporter. Considère que la simplification du recours aux tirs létaux d’une espèce protégée devrait nécessairement s’appuyer sur les connaissances objectives concernant l’effet de ces tirs sur les populations de loups et sur les niveaux de prédation qui en résultent pour les troupeaux. Demande, concernant le recours à ces tirs, de prendre en compte les différentes configurations dans lesquelles évoluent les loups et les troupeaux d’élevage, et de penser des stratégies et des solutions locales adaptées à chaque contexte, définies par l’Etat avec les acteurs locaux. Demande d’approfondir la recherche sur l’espèce et particulièrement sur ses bénéfices attendus dans les écosystèmes. Demande l’ajout au projet de PNA de « fiches action » détaillées, d’objectifs mesurables, des partenaires impliqués, d’un calendrier et d’un budget prévisionnel alloué à chaque mesure pour en faire un document stratégique concrètement applicable. Demande à ce que le projet de plan, très largement axé sur la gestion de la population de loup au sens d’une extension des possibilités de tirs d’individus, soit davantage orienté sur la préservation du loup. Face au besoin d’une stratégie globale, comprise et acceptée, le Comité français de l’UICN soutient la recherche déterminée d’une approche équilibrée et souligne l’objectif essentiel de mettre en œuvre une cohabitation durable et apaisée entre le loup, comme toute autre espèce de la faune sauvage, et les activités humaines, en particulier d’élevage. >> Lire la position complète du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Loup gris (Canis lupus) © Roland Clerc
Colloque biodiversité et développement
Le Comité français de l’UICN a organisé Mercredi 18 octobre 2023 un colloque sur la conciliation des enjeux de préservation de la biodiversité et de développement des populations dans le cadre des actions de coopération internationale des acteurs français, en particulier des organisations de la société civile. Si cette réflexion date des années 80-90, notamment avec l’émergence du concept de développement durable, il s’avère encore aujourd’hui difficile d’obtenir des synergies sur les terrains d’intervention. En effet, la conservation de la biodiversité et le développement socio-économique des populations humaines sont des objectifs qui peuvent être recherchés sur des mêmes territoires mais par des acteurs différents, avec des approches pas toujours compatibles. Organisé avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), ce colloque avait pour objectif de favoriser une compréhension commune des enjeux, de stimuler les échanges et de promouvoir les synergies grâce à des temps de débat, d’interconnaissance et d’acculturation à ces deux domaines pour envisager de futures collaborations. CONTEXTE Cet évènement s’inscrit dans la continuité des travaux menés par le Comité français de l’UICN depuis 2021, dans la mise en oeuvre du projet d’appui à la Structuration du réseau des Organisations de la Société Civile françaises actives dans les Pays en développement (SOBioDev) avec le soutien financier de l’AFD et de l’OFB. Il doit permettre de contribuer à l’amélioration des pratiques des acteurs de la conservation de la nature en faveur du développement des populations sur les territoires d’intervention et, inversement, de l’amélioration des pratiques des acteurs du développement en faveur d’une meilleure intégration des enjeux de biodiversité (cible 14 du cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité). Des discussions à ce sujet avait en effet déjà pris place lors d’un atelier mené conjointement par l’AFD, le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF) et le Comité français de l’UICN en 2018 sur les stratégies pour renforcer l’action internationale des ONG françaises en matière de biodiversité dont l’une des conclusions et pistes d’actions était la suivante : « Mettre en place un groupe de travail sur les articulations action biodiversité / action de développement, sur l’amélioration des approches territoriales, et sur la possibilité de lancer une initiative pour encourager la mobilisation à partir des géographies. Ce vaste domaine couvrirait notamment la mise en discussion : des théories d’action très variées des différents opérateurs ; des modes de diagnostics qui permettent d’adapter l’action au territoire ; des expériences réussies dans l’optique de leur montée en échelle ; des modalités d’évaluation des projets. L’échange d’idées et d’expériences serait au centre d’un tel groupe de réflexion et d’échange, avec une implication des ONG biodiversité, d’ONG de développement intéressées, des bailleurs, mais aussi de chercheurs ou de consultants. On attendrait d’un tel groupe de travail des éclairages pour améliorer le pilotage de l’action biodiversité avec la montée en puissance de celle- ci et des échanges favorisant la montée en échelle. L’organisation d’un colloque public serait par exemple envisageable dans ce cadre. » Par ce colloque, l’objectif est de lancer cette initiative pour organiser des rencontres géographiques en faveur de l’articulation biodiversité/développement dès 2024. Résumé de l’évènement Ce colloque a été structuré autour de 3 séquences : Comment renforcer les synergies entre les acteurs de solidarité internationale dans les territoires d’intervention ? Agir pour/avec/par les populations locales ? La crise socio-environnementale : comment réduire les inégalités sociales/sociétales pour contribuer à la lutte contre l’érosion de la biodiversité ? Après quelques mots d’ouverture de la part de Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN, Valérie Boisvert, Professeure d’économie écologique à l’Université de Lausanne, a introduit le colloque en dressant l’historique des tensions entre la conservation de la biodiversité et le développement. Si au départ, la conservation apparaissait à l’opposé de l’exploitation des ressources naturelles, l’émergence du concept de développement durable a contribué à voir la conservation comme un levier pour le développement et à écologiser les pratiques de développement. La séquence 1 a permis d’approfondir cette demande de synergies sur le terrain par l’échange entre des représentants d’organisations de la société civile de développement et de conservation de la biodiversité. Après une courte présentation du mode d’action de chacune des organisations, les échanges se sont focalisés sur les bénéfices à travailler ensemble (pool de compétences et d’expériences), des modalités et difficultés sur la construction d’un projet commun à partir d’une diversité de points de vue (chronophage, temporalité) ainsi que des options envisageables pour faciliter les synergies (cadre de concertation multi-acteurs, alliances). Ensuite, la séquence 2 a permis d’aller plus loin sur les questions de concertation multi-acteurs en questionnant la place et le rôle des populations locales dans les projets de solidarité internationale : en tant que bénéficiaires, parties prenantes ou acteurs principaux. Les différentes approches présentées par les intervenants ont donné lieu à une discussion dynamique et engagée entre les participants sur la nécessité d’associer les communautés locales dès l’élaboration des projets dans une logique de co-construction afin de favoriser leur appropriation et limiter les conflits. La séquence 3 a ouvert l’après-midi avec une prise de hauteur sur ces enjeux en évoquant la crise socio-environnementale et les liens entre les inégalités sociales et l’érosion de la biodiversité. Les différents scénarios ont été évoqués dont celui de la « demi-terre » (protéger 50% de la planète) ou celui de « partager la planète ». Les injonctions contradictoires actuelles comme le souhait de mettre en oeuvre des projets complexes avec des résultats rapides ont été évoquées comme les freins à surpasser, notamment concernant le CLIP (Consentement Libre, Informé et Préalable) mal mis en oeuvre et pas encore assez satisfaisant, le consentement étant à différencier de l’accord. Quelques solutions ont été évoquées comme la remontée de données sur la plateforme GBIF (Global Biodiversity Information Facility) ou l’interpellation de députés afin de se saisir de ces sujets et de porter des recommandations. Enfin, cette journée a été conclue par Christophe Le Page, chercheur au CIRAD, qui a présenté les principales conclusions et recommandations issues des échanges (voir ci-dessous) et a ouvert sur quelques perspectives dont les jeux sérieux. Ces derniers sont des outils pour
Protéger les mangroves : à vos smartphones avec l’application ROM !
A l’occasion de la Journée mondiale des zones humides 2022, le Comité français de l’UICN appelle à agir pour la protection des mangroves avec le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves et une nouvelle application mobile. Une nouvelle version (V2) de l’application ‘ROM’ (Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves) est lancée aujourd’hui 2 février, à l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides. L’application a fait peau neuve avec une interface intuitive, de nouvelles fonctionnalités comme la possibilité de signaler des espèces de faune (poissons, crabes, mammifères, oiseaux, mollusques…) ou de consulter toutes les observations depuis son téléphone – en plus de pouvoir signaler des perturbations en mangrove type déchets, pollutions, remblais etc. Cet outil digital a été développé par le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT), piloté par le Comité français de l’UICN en partenariat avec le Conservatoire du Littoral, avec le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) et le concours de partenaires associatifs et scientifiques des différents territoires d’outre-mer. Un nouveau souffle pour les mangroves Cette nouvelle version de l’application ROM est l’occasion de donner un nouveau souffle au réseau d’observateurs des mangroves, qui n’a pu se rendre sur le terrain aussi souvent qu’espéré depuis 2 ans du fait de la crise sanitaire et des mouvements sociaux qui ont ébranlé les Antilles fin 2021. Grâce à l’organisation de formations et de sorties terrain avec les gardes du littoral, la police de l’environnement, les gestionnaires et toute personne intéressée par l’outil tout au long de l’année 2022, il est espéré que l’application mobile soit largement utilisée dans tous les territoires ultramarins où la mangrove est naturellement présente, c’est à dire les Antilles, la Guyane, Mayotte et les îles éparses dans l’océan indien, et la Nouvelle-Calédonie et Wallis dans le Pacifique. En Polynésie française, où la mangrove est introduite, l’application permet de signaler la présence de palétuviers à Tahiti, Moorea, Huahine, Bora-Bora, Raiatea et Tahaa et d’apprendre à reconnaître les espèces de ‘sub-mangrove’ indigènes, qu’il s’agit de protéger car fortement menacées par l’urbanisation galopante. Téléchargez, observez, signalez ! L’application ROM peut se télécharger gratuitement depuis les Stores sour le nom ‘ROM mangrove’. Plusieurs modules sont à retrouver : – Des guides « espèces » sur les palétuviers des différents territoires d’outre-mer, les espèces de sub-mangrove de Polynésie française, et les espèces de faune associée aux mangroves. Pour chaque espèce, des informations détaillées agrémentées d’une ou plusieurs photos permettent d’apprendre à mieux les reconnaître : devenez incollable sur les espèces de votre territoire !– Des modules « signalement » qui permettent, soit de signaler une perturbation (dépotoir sauvage, défrichement, remblai, maladies ou phénomènes inhabituels sur les palétuviers), soit de rapporter une observation de faune, qui peut donner des indications sur l’état de santé de la mangrove. Ainsi, chaque utilisateur peut devenir pleinement acteur de la gestion des mangroves, et accéder rapidement à l’ensemble des observations sur tous les territoires d’outre-mer. L’application inclut une partie ‘Forum’ qui permet de lancer une discussion, poser une question technique et échanger – un atout précieux pour les gestionnaires ! Alors, à vos smartphones… L’application mobile a reçu le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens, de l’Office de l’Eau de Martinique, de l’Office français de la Biodiversité par le biais de l’initiative Terres et mers ultramarines (TeMeUm) et de la Fondation Veolia. Plus d’informations – Télécharger l’application (gratuite) sur l’App Store et Google Play ou retrouvez là en version Web sur ce lien– Communiqué de presse– Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN– Le Pôle-relais zones humides tropicales– La Journée Mondiale des Zones Humides 2022`– Le portail français sur les zones humides avec toutes les célébrations JMZH 2022 : les activités en métropole et en outre-mer Photo bandeau : Mangrove à Port-Louis, Guadeloupe © Magalie Daco
Une nouvelle application pour protéger les mangroves
Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, lance sa nouvelle application dédiée aux mangroves des outre-mer. Baptisé « ROM » – le nom du Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves – cet outil digital permet aux gestionnaires, opérateurs, étudiants et toute personne intéressée par les mangroves de s’entraîner à reconnaître les différentes espèces de palétuviers qui constituent la mangrove, et de signaler des dégradations sur ces milieux fragiles. Un lancement conjoint à Mayotte et en Polynésie Française à l’occasion de la Fête de la science et en Guadeloupe pour la semaine de l’environnement A Mayotte et en Guadeloupe, où la mangrove et fait l’objet d’actions de protection par les autorités et les associations locales, l’application est présentée aux participants de la Fête de la science. Elle a vocation à être utilisée par les membres du ROM situés sur ces territoires ainsi qu’à Saint‑Martin, en Martinique, en Guyane et en Nouvelle-Calédonie où la mangrove est également importante. En Polynésie française, où la mangrove est introduite, l’application a été lancée lors de réunions publiques à Taravao (Tahiti), Huahine et Raiatea en octobre. Cela a été l’occasion de présenter les résultats du projet « Surveillons la mangrove de Polynésie française ensemble » porté par Te Ora Naho, la Fédération des Associations de Protection de l’Environnement de Polynésie française (FAPE) qui a permis de cartographie les mangroves à Tahiti, Moorea, Huahine, Bora-Bora, Raiatea et Tahaa, et mis en place un réseau d’observateurs sur ces îles. A vos observations ! Avec l’application ROM, chaque utilisateur peut, qu’il soit habitant, acteur de la protection de l’environnement ou passionné par les mangroves, devenir pleinement acteur de leur gestion au sein de son territoire, et accéder rapidement à l’ensemble des observations sur tous les territoires d’outre-mer. L’application permet de signaler une décharge sauvage, un défrichement, un remblai, ou encore de partager l’observation d’espèces rares, de maladies ou de phénomènes inhabituels sur les palétuviers. Une fiche de saisie spécifique à la Polynésie est disponible pour prendre en compte la spécificité des mangroves du territoire qui ne sont pas présentes naturellement. L’application mobile a reçu le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens, de l’Office de l’Eau de Martinique, de l’Agence française pour la Biodiversité par le biais de l’initiative Terres et mers ultramarines (TeMeUm) et l’Observatoire National pour la Biodiversité (ONB), et de la DEAL de Guadeloupe. Le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM) Le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM), initié par l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR), a pour objectif de répondre aux principales questions nécessitant un suivi des mangroves en outre-mer. Le ROM repose sur un réseau d’observateurs dont les données permettent de détecter les changements, d’identifier les menaces et leurs sources, et de fournir des outils d’aide à la décision aux gestionnaires. Ces données permettent également de renseigner de manière homogène et partagée les indicateurs dans le cadre de l’Observatoire National sur la Biodiversité (ONB) afin d’évaluer l’adéquation des mesures de protection et de gestion aux menaces qui pèsent sur la mangrove. L’importance des mangroves en outre-mer et dans le monde La mangrove est un écosystème remarquable présent dans tous les territoires tropicaux d’outre-mer à l’exception de La Réunion, et sur 70% des côtes tropicales du monde. On dénombre entre 40 et 50 espèces de palétuviers à l’échelle mondiale, dont une trentaine en outre-mer qui comptabilise 91 055 hectares de mangroves (données 2016). Longtemps déconsidérées, les mangroves ont fait l’objet d’une attention croissante à partir des années 2000 du fait de nombreux services qu’elles fournissent : protection des côtes contre la houle et l’érosion, purification de l’eau, nurserie pour les poissons, habitat essentiel pour l’avifaune et les crustacés ou encore stockage de carbone. Dans les territoires où il est présent, c’est à cette période que le Conservatoire du Littoral a commencé à acquérir les mangroves les plus importantes écologiquement afin de mieux les protéger : aujourd’hui, il détient la quasi totalité des mangroves de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et de Mayotte et près de la moitié des mangroves de Guyane, moins menacées. C’est également le moment où l’IFRECOR a décidé de suivre l’état des mangroves, ce qui a donné par la suite naissance au ROM. Les mangroves françaises restent néanmoins la cible de nombreuses menaces : constructions illégales, remblais, drainage, dépôts d’ordures, réceptacle des eaux usées, élévation du niveau de la mer, tempêtes… C’est pour ces raisons qu’il est important de contribuer à leur protection, et celle-ci passe notamment par la reconnaissance des espèces de flore et de faune présentes et le signalement participatif des problèmes rencontrés sur le terrain. Plus d’informations – Télécharger l’application (gratuite) sur iOS et Android ou sur ce lien – Communiqué de presse – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN – Le Pôle-relais zones humides tropicales – Contact presse : Anne Caillaud, Chargée de programme Outre-mer, 06 63 46 44 34 / Standard 01 47 07 78 58 Photo bandeau : Mangroves à Wallis © Chloé Desmots