Les négociations de l’ONU sur la biodiversité ont avancé, mais la nature a besoin de plus !

Malgré des progrès en vue d’atteindre les objectifs de 2020 pour stopper la perte de biodiversité, l’UICN demande que les efforts de conservation de la nature soient renforcés d’urgence pour respecter l’échéance de 2020 afin de sauver la diversité de la vie de notre planète. Les négociations de l’ONU sur la biodiversité, qui se terminent aujourd’hui à Hyderabad, en Inde, ont abouti à un consensus général sur le besoin urgent de disposer de financements plus importants et mieux gérés pour atteindre les objectifs validés en 2010, mais les pays n’ont pas réussi à s’entendre sur le montant exact nécessaire. La principale décision est de doubler les financements internationaux de la biodiversité, des pays du Nord vers les pays du Sud, d’ici 2015 (par rapport au niveau moyen de financement attribué entre 2006-2010) et de maintenir au moins ce niveau jusqu’à 2020. « L’absence d’accord chiffré sur les fonds publics nécessaires pour conserver la biodiversité met en évidence la nécessité de chercher de façon innovante des soutiens provenant d’autres sources », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Nous avons vu des progrès vers la réalisation les objectifs que nous avons fixés il y a deux ans. Ces efforts doivent maintenant être renforcés d’urgence par un financement adéquat, en explorant toutes les opportunités, si l’on veut éviter un échec. » En effet, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées ™ publié lors de la conférence, la situation de la biodiversité est toujours alarmante puisque 20.219 des 65.518 espèces évaluées sont menacées d’extinction. Les Parties à la Convention sur la diversité biologique se sont réunis à Hyderabad pour évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des décisions prises lors du Sommet de Nagoya sur la biodiversité en 2010, et notamment les Objectifs d’Aichi pour sauvegarder et restaurer la nature d’ici 2020. La réunion a mis en évidence des exemples de mesures de conservation concrètes et une attention forte à transformer les décisions prises à Nagoya en action sur le terrain. Quelques questions clés ont fait l’objet d’accords à Hyderabad, tels que la reconnaissance des zones marines écologiquement et biologiquement importantes, y compris celles recensées dans les eaux internationales, ce qui devrait largement augmenter leurs chances d’être protégées en vertu du droit international. S’adressant aux ministres réunis à Hyderabad, le Président de l’UICN, Zhang Xinsheng, a souligné la nécessité d’identifier de nouvelles sources de financements pour préserver la nature, tels que le secteur privé, et a souligné l’importance d’inclure la protection de l’environnement dans les politiques nationales de développement. « Le gouvernement de l’Inde a fait un travail fantastique dans l’organisation de cette réunion », a déclaré Zhang Xinsheng Président de l’UICN. « Dans deux ans, nous allons examiner à mi-parcours l’échéance de 2020. Nous sommes impatients de travailler avec le gouvernement de la Corée du Sud pour s’assurer qu’à la prochaine réunion de la Convention, nous constaterons plus de progrès. Nous sommes face à une crise qui menace toute la vie sur terre – nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer ». Pour en savoir plus, consultez les pages du site de l’UICN dédiées à la COP 11 de la CDB.

Les collectivités territoriales françaises et leurs associations, mobilisées pour préserver, restaurer et valoriser la biodiversité

A l’occasion de la onzième conférence de la Convention sur la Diversité Biologique qui se tient actuellement à Hyderabad en Inde, les associations françaises d’élus et de collectivités territoriales se mobilisent en faveur de la biodiversité. Une déclaration commune, initiée et soutenue par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, sera présentée aujourd’hui pour faire connaître leurs engagements. Tous les grands réseaux d’élus et de collectivités territoriales françaises ont contribué et signé cette déclaration : l’Association des Régions de France (ARF), l’Assemblée des Départements de France (ADF), l’Assemblée des Communautés de France (ADCF), l’Association des Maires de France (AMF), l’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), la Fédération des Villes Moyennes (FVM), l’Association des Communautés Urbaines de France (ACUF), les Eco Maires et l’Association des Communes et Collectivités d’outre-mer (ACCDOM). Les collectivités mettent en place déjà de nombreuses actions mais elles reconnaissent toutefois la nécessité de renforcer leur implication pour la préservation de la biodiversité, compte tenu de l’urgence de la situation. Les réseaux de collectivités souhaitent ainsi participer à une mobilisation politique et sociétale plus forte. Ils s’engagent notamment à mobiliser leurs membres pour la réduction des pressions sur la biodiversité, la restauration des milieux naturels dégradés, la création et la gestion efficace d’un réseau d’aires protégées, le financement de nouvelles actions, ou encore la réforme des aides financières dommageables à la biodiversité. Par cette déclaration, les associations de collectivités françaises invitent également les Etats Parties à la Convention à soutenir les actions menées par les collectivités territoriales pour mieux évaluer, planifier et mettre en œuvre les actions et politiques de conservation de la biodiversité dans les territoires. Cette déclaration répond également à une résolution prise au Congrès mondial de la nature qui s’est tenu en République de Corée à Jeju, du 6 au 15 septembre 2012, demandant le renforcement de la collaboration entre les collectivités et le réseau de l’UICN. Elle sera présentée lors du Sommet des villes et des collectivités territoriales le mardi 16 octobre à Hyderabad.   Document joint Déclaration collectivités locales COP11 CDB

Conférence environnementale : Le congrès mondial de la nature offre des solutions aux crises que nous vivons !

Le 5ème congrès mondial de la nature de l’UICN, qui réunit actuellement plus de 10 000 participants, appelle à de nouveaux engagements pour la biodiversité et affirme que des solutions basées sur la nature permettront de répondre aux défis de demain (développement économique et social, changement climatique, sécurité et qualité alimentaire). Depuis Jeju en Corée du Sud, le congrès mondial de l’UICN rappelle l’importance des services écologiques dans l’économie mondiale et le coût de la dégradation de la biodiversité pour nos sociétés. Un développement social et économique ne doit plus se faire au détriment de la nature mais en mettant, au contraire, la nature au cœur de tous nos choix de développement. « Les services rendus par la nature sont estimés à 23.500 milliards d’euros par an, soit environ un tiers du PIB mondial ! Osons l’idée d’une croissance économique basée sur la nature » déclare Christophe Lefebvre, Président du Comité français et Conseiller européen de l’UICN, en introduction de la journée dédiée au développement économique et social. A la veille de la conférence environnementale qui aura lieu les 14 et 15 septembre, le Comité français de l’UICN invite la conférence à prendre en compte les recommandations du Congrès mondial de la nature. Dans le domaine des financements, la suppression des subventions dommageables à la biodiversité, la taxation des transactions financières et le recours à des financements innovants devraient permettre de limiter les pressions sur la biodiversité et de dégager les investissements nécessaires dont la nature et l’homme ont besoin. L’élaboration d’une stratégie pour le financement de la conservation de la biodiversité en France doit être lancée. Dans le domaine de la gouvernance, l’implication plus forte des collectivités territoriales est nécessaire pour stopper le déclin de la biodiversité. L’un des enjeux majeurs du congrès, qui est en débat, est l’adhésion des collectivités locales à l’UICN, aux côtés des Etats et des ONG. Les partenariats avec le secteur privé doivent aussi être encouragés pour renforcer leur performance environnementale, ainsi que l’amélioration des normes et la généralisation des bonnes pratiques. La transition énergétique passe par une évolution déterminée des énergies fossiles vers les énergies renouvelables, tout en veillant à éviter et minimiser leurs impacts sur la biodiversité. Il faut sortir de notre dépendance au pétrole et, dans l’immédiat, suspendre ou encadrer beaucoup plus strictement les projets d’exploitation pétrolière offshore (Méditerranée, plateau des Guyanes) et des hydrocarbures non conventionnels (gaz de schistes notamment). Le rôle des écosystèmes dans la lutte contre le changement climatique doit être davantage reconnu et constituer un axe d’action fort avec les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables. La restauration et le maintien des écosystèmes et les services écologiques qu’ils fournissent, sont les piliers sur lesquels les actions des acteurs politiques, économiques et sociaux doivent reposer. Protéger et gérer les écosystèmes nécessitent le renforcement de la politique des aires protégées. Dans le domaine des océans, la constitution d’un grand réseau d’aires marines protégées efficacement gérées est la principale solution au défi du maintien et de la reconstitution des stocks halieutiques, et plus largement des écosystèmes marins. Le Comité français de l’UICN participera à la conférence environnementale les 14 et 15 septembre. Une contribution a été rédigée avec l’ensemble de son réseau, consultable ci-dessous.   Documents joints Contribution UICN France conférence environnementale Communiqué UICN France conférence environnementale

Les 100 espèces les plus menacées du monde : sont-elles sans prix ou sans valeur ?

Le caméléon de Tarzan, le bécasseau à spatule et le paresseux pygmé à trois doigts se situent tous en tête d’une nouvelle liste des espèces les plus proches de l’extinction, publiée aujourd’hui par la Société zoologique de Londres (ZSL) et l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature. Pour la toute première fois, plus de 8 000 scientifiques appartenant à la Commission de sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN se sont rassemblés pour identifier 100 espèces d’animaux, de plantes et de champignons parmi les plus menacées de la planète. Cependant, les écologistes craignent qu’on ne fera rien pour empêcher leur extinction parce qu’aucune de ces espèces ne procure des avantages évidents à l’humanité. « De plus en plus, la communauté des donateurs et le mouvement écologiste ont tendance à épouser la thèse de « l’utilité de la nature pour les humains », selon laquelle les espèces et les habitats sauvages sont appréciés et hiérarchisés en fonction des services qu’ils peuvent rendre aux populations », déclare le professeur Jonathan Baillie, directeur de la conservation de la Société Zoologique de Londres (ZSL). « De ce fait, il est devenu toujours plus difficile pour les écologistes de protéger les espèces les plus menacées de la planète. Il nous incombe de prendre une décision morale et éthique importante : Ces espèces ont-elles le droit de survivre, ou pouvons-nous nous permettre de les laisser aller jusqu’à l’extinction » ? Tel est le thème du rapport Priceless or Worthless (« Sans prix ou Sans valeur ? ») présenté aujourd’hui au Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tient actuellement en Corée. Cette publication vise à rehausser l’intérêt accordé à la protection de ces créatures « sans valeur » dans les programmes de conservation établis par l’ensemble des ONG actives dans ce domaine. « Toutes les espèces figurant sur la liste sont uniques et irremplaçables. Si elles disparaissent, aucune somme d’argent ne les fera renaître », déclare Ellen Butcher de la ZSL, co-auteur du rapport. « Cependant, si nous prenons des mesures immédiates, nous pouvons leur donner de bonnes chances de survie. Mais pour cela, nous avons besoin d’une société qui souscrive à la position éthique voulant que toutes les espèces ont le droit inhérent d’exister ». Leur déclin a pour l’essentiel été causé par les humains, mais dans presque tous les cas, la communauté scientifique estime que leur extinction peut encore être évitée si on leur consacre des efforts de conservation bien ciblés. Les actions de conservation ont produit des résultats dans le cas de nombreuses espèces, telles que le cheval de Przewalski (Equus ferus) et la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), qui ont été sauvés de l’extinction. Ces 100 espèces se trouvant dans 48 pays seront les premières à disparaître complètement si rien n’est fait pour les protéger. Le paresseux pygmé à trois doigts (Bradypus pygmaeus) fait partie des animaux qui sont voués à un sombre avenir. L’île d’Escudo, à 17 km au large du Panama, est le seul lieu au monde où l’on peut encore trouver ces minuscules paresseux. Moitié plus petits que leurs cousins vivant sur le continent sud-américain, ces animaux ont le poids approximatif d’un bébé nouveau-né. Ils sont les paresseux les plus petits et les plus lents du monde, et ils restent en situation de danger critique. De même, le saola (Pseudoryx nghetinhensis) est l’un des mammifères les plus gravement menacés du Sud-Est de l’Asie. La population de ces antilopes connues sous le nom d’unicorne asiatique en raison de leur rareté ne s’élève probablement plus qu’à quelques dizaines d’individus aujourd’hui. Au Royaume-Uni, une petite région du Pays de Galles est l’unique endroit au monde où l’on trouve encore la galle colorée du saule (Cryptomyces maximus). La population des champignons émetteurs de spores est actuellement en déclin, et il suffirait d’un seul événement catastrophique pour entraîner sa destruction totale. « Si nous considérons que ces espèces n’ont pas de prix, il est temps que la communauté écologique, le gouvernement et l’industrie agissent en conséquence et montrent aux générations de demain que nous attachons de la valeur à toute vie », ajoute le professeur Baillie. Bien que la monétisation de la nature demeure une nécessité valable pour les écologistes, il ne faut pas pour autant négliger la grande valeur des espèces qui se trouvent au bord de l’extinction, déclare le rapport. « Toutes les espèces ont une valeur pour la nature, et donc pour les humains », déclare Simon Stuart, président de la Commission de sauvegarde des espèces. « Même si la valeur de certaines espèces pourrait ne pas paraître évidente à première vue, toutes les espèces contribuent en fait, à leurs façons respectives, au bon fonctionnement de la planète ». SOS – Save Our Species, est un partenariat mondial animé par les principales organisations de la conservation en vue de mobiliser de nouvelles sources de financement pour protéger des espèces menacées, leurs habitats et les populations qui en dépendent. En adhérant à SOS, des gouvernements, des fondations, des entreprises et des mécènes peuvent unir leurs forces et faire en sorte que les espèces mentionnées dans cet ouvrage puissent prospérer à nouveau. Pour lire la publication en ligne, cliquez ici

Services écologiques en France : publication du 1er volume (contexte et enjeux)

L’UICN France publie un panorama sur les services écologiques fournis par les écosystèmes en France afin renforcer leur connaissance et, dans une seconde étape, leur intégration dans les politiques et projets sur tout le territoire français. Un premier volume fait le point sur leur définition, caractérisation et évaluation aux niveau international et national. Le Comité français de l’UICN mène des travaux depuis 2008 sur les services rendus par les écosystèmes, en lien avec divers travaux produits au niveau international. Ces travaux visent à fournir une base scientifique solide pour guider la décision politique et aider à sensibiliser les décideurs à l’importance de préserver les services écologiques rendus par les écosystèmes en France. Le Comité français de l’UICN propose ainsi de : synthétiser et rendre accessibles les connaissances sur cette thématique, favoriser les échanges entre les acteurs, renforcer la prise en compte des services écologiques dans les politiques et les actions. L’objectif de ces travaux est de parvenir à l’élaboration de recommandations pour guider les politiques publiques afin que les services écologiques fournis par les écosystèmes puissent être préservés, à toutes les échelles, du niveau national au niveau local. Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui le premier volume qui présente le contexte et les enjeux : Qu’est-ce qu’un service écologique ? Comment se caractérise-t-il par rapport à une fonction écologique ? Quelles sont les grandes catégories de services fournis ? Quelles sont les principales menaces pesant sur les écosystèmes et les services qu’ils fournissent ? Dans une seconde partie, les premiers pas du concept sont retracés et les principaux temps forts qu’ont constitués la sortie du MEA (Millennium Ecosystem Assessment), l’étude TEEB (Économie des écosystèmes et de la biodiversité), et les réflexions et travaux qu’ils ont engendrés aux niveaux européen et national. Enfin, la responsabilité française est rappelée, en raison de l’importante richesse en milieux naturels de son territoire et des menaces pesant sur eux, ainsi que les premières questions méthodologiques, liées notamment à la classification. Contact Pauline Teillac-Deschamps, Chargée de Programme Justine Delangue, Chargée de mission Document joint UICN France – Services écologiques (volume 1)

Menaces pétrolières sur le Parc des Virunga

L’UICN France s’inquiète de l’avenir du Parc national des Virunga, en République Démocratique du Congo, menacé par des projets d’exploitation pétrolière. Créé en 1925, le Parc national des Virunga est le plus ancien des parcs nationaux d’Afrique et figure, depuis 1979, sur la liste des sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Parc national des Virunga se distingue par sa chaîne de volcans actifs et la grande richesse et diversité de ses habitats qui surpasse celle de tout autre parc africain, allant des marécages et des steppes jusqu’aux neiges éternelles du Rwenzori, à plus de 5 000 m d’altitude, en passant par les plaines de lave et les savanes sur les pentes des volcans. Le Parc national des Virunga abrite une très grande diversité d’espèces végétales et animales : plus de 2000 espèces de plantes supérieures, 218 espèces de mammifères, 706 espèces d’oiseaux, 109 espèces de reptiles et 78 espèces d’amphibiens y ont été recensées. Ces espèces comprennent notamment 3 espèces de grands singes, dont un tiers de la population mondiale du Gorille de montagne. Le parc national est aujourd’hui menacé par des projets d’exploitation pétrolière menés par les compagnies TOTAL et SOCO qui ont obtenu des concessions de la part du gouvernement de la République Démocratique du Congo à l’intérieur et aux abords du parc. L’exploration et l’exploitation pétrolières et minières sont pourtant interdites dans les aires protégées de ce pays en vertu de l’Ordonnance-loi n°69-041 du 22 Août 1969 sur la conservation de la nature et de la loi n°007/2002 du 11 juillet 2002 portant code minier. Le Comité du Patrimoine mondial, organe de décision de la Convention, et l’UICN rappellent également que l’exploration et l’exploitation minières, pétrolières et gazières sont incompatibles avec le statut de site du Patrimoine mondial, dont la valeur universelle exceptionnelle doit être strictement préservée. Suite aux fortes préoccupations exprimées par l’UNESCO vis-à-vis de ce projet, le Premier ministre congolais s’est engagé, en signant la Déclaration de Kinshasa en janvier 2011, à renforcer l’application de la loi et le ministre congolais de l’Environnement, de la Conservation de la nature et du Tourisme a annoncé la suspension des activités de prospection pétrolière dans le parc des Virunga. Il avait, par la même occasion, proposé le lancement d’une « Evaluation environnementale stratégique, exhaustive, transparente et inclusive », y compris pour la périphérie du parc. L’UNESCO et l’UICN demandent en effet à ce que toute activité prévue autour des sites du Patrimoine mondial fasse l’objet d’une étude d’impact environnementale exhaustive, réalisée selon les meilleurs standards internationaux et ouverte à consultation publique. Toute activité doit être proscrite avant que les résultats de cette étude démontrent que les impacts pourront être maîtrisés et évités afin de ne pas affecter la valeur exceptionnelle du site. L’UICN France et de nombreuses autres organisations comme le WWF sont actuellement fortement préoccupées par le fait que cette étude ne tienne compte, pour l’essentiel, ni des effets négatifs éventuels à moyen et long termes de la prospection et de la fermeture de l’exploitation, ni de la mise en œuvre de mesures de réparation et de restauration, y compris des routes d’exploitation des sites vers les ports de départ des matériaux et produits finis. De plus, des prospections aériennes ont été récemment autorisées par le gouvernement. Considérant que les entreprises françaises ont un rôle très important à jouer dans la préservation de la biodiversité et qu’elles doivent s’impliquer davantage pour remplir l’objectif d’enrayer la perte de biodiversité mondiale, réaffirmé par les Nations Unies en 2010, l’UICN France a adressé un courrier au Directeur Général de TOTAL lui demandant de :   – s’engager à ne jamais mener d’exploration ou d’exploitation gazière et pétrolière au sein du Parc National des Virunga, conformément à la réglementation du pays et à la Convention du Patrimoine mondial de l’UNESCO ;   – suspendre toute activité d’exploration ou d’exploitation gazière et pétrolière en périphérie du parc national jusqu’à ce que l’Evaluation Environnementale Stratégique soit disponible et complète, et qu’elle confirme qu’il n’existe aucun risque pour le site du Patrimoine mondial ;   – prendre une position similaire aux entreprises membres du Conseil International sur les Mines et les Métaux (ICMM) qui se sont engagés à respecter les aires protégées désignées légalement, à ne pas conduire d’exploration ou d’exploitation dans les sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO, et à ce que des opérations menées en périphérie ne menacent pas l’intégrité des sites. De tels engagements confirmeraient l’ambition affichée de TOTAL pour le développement durable, le respect des accords internationaux et la préservation des sites naturels les plus emblématiques de la planète, dont le Parc national des Virunga fait partie.

Les lauréats 2011 de la Palme IFRECOR sont…

Le 14 décembre, les résultats de la première édition du concours de la Palme IFRECOR à destination des élus ont été communiqués. Pierre Aliotti, vice-président de la collectivité de Saint-Martin et Ronald Tumahai, maire de la commune de Punaauia en Polynésie française, ont reçu la Palme IFRECOR sur l’île de la Réunion qui accueillait la 26ème Assemblée Générale de l’ICRI. L’appel à projets lancé le 27 juin auprès des territoires d’outre-mer du réseau IFRECOR (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, Polynésie française, ainsi que Saint-Barthélemy et Saint-Martin) a suscité l’intérêt des élus d’outre-mer. Le jury a délibéré et distingué deux lauréats auxquels le Président du Conseil Régional de la Réunion a remis la Palme IFRECOR.   Dans la catégorie « Éducation et sensibilisation », la Palme a été attribuée au projet « Création d’un sentier sous-marin éducatif audio-équipé dans la Réserve naturelle nationale de Saint Martin » Un sentier sous-marin ponctué de stations de découverte commentées ? C’est le projet réalisé sur l’îlet Pinel, au sein de la Réserve naturelle nationale de Saint-Martin. Grâce à un équipement FM installé sur les tubas, le visiteur peut tout au long de sa progression écouter des messages décrivant les herbiers de phanérogames, coraux et faune sous-marine visibles le long du sentier et expliquant les fonctionnalités écologiques. Pierre Aliotti, vice-président de la collectivité de Saint-Martin, a déclaré : « Je suis touché d’être récompensé par ce trophée qui valorise tout le travail réalisé depuis de nombreuses années : la création de la réserve, les arrêtés de protection forte pris pour tous les étangs, la publication de la loi de 1996 et l’intervention du Conservatoire du littoral, le suivi des projets d’acquisition foncière (Galion et Redrock)… autant de projets réalisés pour la qualité de vie de nos concitoyens, pour nos visiteurs touristes, poumons de l’économie. »   Dans la catégorie « Protection, valorisation et restauration », la Palme a été attribuée au projet  » Réhabilitation d’un espace lagonaire impacté par la prolifération du poisson jardinier Stegastes nigricans  » dans la commune de Punaauia en Polynésie française Le poisson jardinier Stegastes nigricans est une espèce indigène qui connaît un développement « explosif » depuis une quinzaine d’années, suite à la très forte réduction de ses compétiteurs (oursins, gastéropodes). Le Stegastes nigricans colonise certains pinacles du lagon et « interdit » alors l’accès aux autres espèces de poissons. Avec ce projet de restauration, la commune souhaite aboutir à la mise en place d’un PGEM qui assurera une gestion concertée du lagon. Ronald Tumahai, le maire de Punaauai, a déclaré : « Ce trophée vient récompenser les actions de réhabilitation écologique du lagon de Punaauia conduites avec Pae Tai Pae Uta, projet qui s’inscrit plus largement dans une démarche de développement durable pour notre commune avec l’objectif de faire aboutir rapidement le PGEM (Plan de Gestion de l’Espace Maritime) que nous conduisons en étroite collaboration avec les associations de protection de l’environnement »     Madame Sandrine Turquem, 3ème adjointe au Maire de Punaauia, représentait Monsieur le maire Ronald Tumahai pour la remise de la Palme IFRECOR.       Le trophée, une création de l’artiste réunionnais Claude Berlie-Caillat, symbolise la beauté et la fragilité des récifs coralliens. Il dirige l’association « Art Sud », Centre des Arts du feu, sur les pentes du Piton de la Fournaise. Spécialiste des techniques de fusion et d’émaillage autour du basalte, il a créé pour l’IFRECOR deux trophées originaux représentant chacun la beauté, l’équilibre et la fragilité des récifs coralliens à travers une gorgone éventail en porcelaine apposée sur un socle en basalte. ©Berlie-Caillat | www.artsud.org   Organisateurs et Partenaires Le concours était lancé dans le cadre de l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens) ; initiative portée par le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement (MEDDTL) et par le Ministère chargé de l’Outre-mer (MOM). Le Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la nature), pilote de la thématique « communication » de l’IFRECOR, état en charge de l’organisation de ce concours. La Palme IFRECOR 2011 a été réalisée grâce au soutien financier du Fonds Biome et au soutien média du magazine Terre Sauvage. > En savoir plus sur l’ ICRI (International Coral Reef Initiative) : www.icriforum.org > En savoir plus sur l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens) :www.ifrecor.com   Dossier de presse Télécharger ici le dossier de presse avec plus d’informations et le descriptif complet des projets inscrits à la Palme IFRECOR.   Contacts Presse Agence RendezVous RP Stéphanie Gentilhomme stephaniegentilhomme@rendezvous-rp.com +33 (0)1 45 41 19 37 +33(0)6 84 61 62 68 Contact pour l’IFRECOR Comité français de l’UICN Aurélie Bocquet 06.23.65.76.18 contact@ifrecor.org

Les ONG africaines bénéficiaires de 2,2 millions d’euros sur 2011-2013 pour de nouvelles actions sur l’environnement

Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN France) renouvellent leur partenariat dans le cadre du programme de petites initiatives. La mobilisation des acteurs locaux de la société civile africaine est essentielle pour faire progresser la protection de l’environnement. C’est pour accompagner le renforcement de leurs capacités à répondre aux enjeux de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique que le FFEM et l’UICN France engagent la troisième phase du Programme Petites Initiatives (PPI 3). Un financement de 2.2 millions d’euros pour la période 2011-2013 permettra de soutenir 40 nouveaux projets, avec une priorité sur cinq pays : Burkina Faso, Ghana, Togo, Cameroun et République Démocratique du Congo. Chaque projet est une histoire originale qui répond à des réalités de terrain et à une demande des communautés locales qui montre ainsi l’engagement de la société civile africaine à s’investir dans la préservation de l’environnement. Les actions réalisées concernent différentes thématiques comme : la conservation et la valorisation de zones humides, côtières ou marines à travers la protection des habitats (forêts littorales à Madagascar, mangroves au Ghana), l’amélioration des ressources halieutiques lacustres (RDC), le développement d’activités éco-touristiques liées à l’avifaune (Bénin), la création d’espaces protégés (Madagascar) ; le suivi scientifique et la protection d’espèces menacées comme les gorilles de plaines et de montagne, les baleines, les tortues marines ou les hippopotames ; la gestion de forêts tropicales communautaires et le développement de filières durables de commercialisation des produits forestiers non ligneux ; le traitement des déchets avec une valorisation des crédits carbone (Cameroun, Madagascar, Mozambique et Togo). Ces ONG ont développé de nombreuses expériences et méthodes permettant d’apporter des solutions concrètes aux défis de l’environnement, montrant toute la richesse des initiatives locales. Entre 2006 et 2011, environ 100 projets ont été subventionnés dans 25 pays. Tous les renseignements sur le programme et les critères de sélection des projets sont disponibles sur www.ffem.fr et sur la page dédié au Programme de Petites Initiatives (PPI). Le programme de Petites Initiatives du Fonds Français pour l’Environnement Mondial est soutenu, depuis sa création, par le Ministère du développement durable et le Ministère des Affaires étrangères et européennes.

La France signe le protocole de Nagoya

La France a signé le 22 septembre 2011 le protocole de Nagoya, adopté l’année dernière lors de la 10ème conférence de la Convention sur la Diversité Biologique. Ce protocole a pour but de réglementer l’accès aux ressources génétiques et de promouvoir le partage juste et équitable des avantages issus de leur utilisation. Huit ans de négociations ont été nécessaires pour que les Etats, parties à la la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), s’entendent sur un « régime international » concernant l’accès et le partage des avantages issus de l’exploitation des ressources génétiques. La dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention (CBD COP10), qui a eu lieu en octobre 2010 à Nagoya, au Japon, a approuvé le texte du protocole après d’intenses négociations. Parfois critiqué en raison de l’ambiguïté et la généralité d’un certain nombre de ses dispositions, la suppression de références litigieuses et l’utilisation de termes vagues, le protocole constitue néanmoins un cadre solide pour réglementer l’accès et le partage des avantages issus de l’utilisation de la biodiversité. Le protocole vise à assurer une sécurité juridique tant pour les fournisseurs (principalement les pays riches en biodiversité) que pour les utilisateurs (entreprises pharmaceutiques, entreprises de bio-prospection et institutions de recherche principalement localisées dans les pays industrialisés) vis-à-vis des ressources génétiques et des savoirs traditionnels associés. Il aura notamment pour effet de lutter contre la bio-piraterie. Ainsi, lorsqu’un « utilisateur » souhaitera exploiter les ressources génétiques issues de la biodiversité d’un pays « fournisseur » (ex : développement d’un médicament ou d’un produit cosmétique), il devra obtenir un permis d’accès auprès des autorités du pays et définir les conditions de partage des bénéfices découlant de leur utilisation. En cas de défaillance et de non respect des engagements pris, le protocole prévoit la possibilité de poursuite et de sanctions. L’adoption de ce protocole est une étape majeure dans la réponse au troisième objectif de la Convention, le « partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques » et l’application de la Convention elle-même. Le Protocole de Nagoya entrera en vigueur 90 jours après la 50ème ratification par les Etats. La onzième réunion de la Conférence des Parties à la CDB, qui se tiendra en Inde du 8 au 19 octobre 2012, pourrait accueillir la première réunion des Parties au Protocole, à condition que les 50 ratifications aient eu lieu avant le 10 Juillet 2012. Le Secrétaire général de l’ONU et le Secrétaire exécutif de la CDB ont appelé les Parties à accélérer le processus de ratification du Protocole et a souligné sa contribution importante au développement durable, à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et à la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Au 22 septembre 2011, 54 Etats ont signé le protocole de Nagoya mais aucune ratification n’est encore enregistrée.

J-7 avant la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité : les engagements seront-ils à la hauteur des enjeux ?

Dans 7 jours, la France adoptera sa nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité en réponse aux engagements internationaux de Nagoya. L’UICN France adhère pleinement à son ambition et salue le processus participatif qui a été mis en place pour réviser la stratégie. Les clés de la réussite seront la large mobilisation de tous les acteurs et l’intégration concrète et efficace de la biodiversité dans toutes les politiques à toutes les échelles du territoire. L’UICN France attend des engagements exemplaires de l’Etat, à la hauteur des enjeux, lors du lancement de la stratégie le 19 mai prochain. La première stratégie nationale, adoptée en 2004 par le gouvernement, a donné lieu à des actions conduites par plusieurs ministères. Elles ont été renforcées par le Grenelle de l’environnement à partir de 2009, mais sont restées largement insuffisantes pour freiner les pressions qui s’exercent sur la biodiversité. L’objectif de stopper la perte de biodiversité en 2010 n’a pas été atteint. En métropole, l’équivalent d’un département français est artificialisé tous les 10 ans, les populations d’oiseaux communs des milieux agricoles ont régressé de 25% en 20 ans, et 10 à 25% des principaux groupes d’espèces évaluées dans la Liste rouge sont menacés. Outre-mer, 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde y sont présentes et les récifs coralliens sont endommagés sur des surfaces de 10 à 80 % selon les collectivités. La France, qui a une forte responsabilité pour la protection de la biodiversité, notamment grâce à l’outre-mer, mérite d’avoir une politique ambitieuse. Elle est située dans 5 des 34 points chauds de la biodiversité mondiale et possède le 2ème domaine maritime avec 10% des récifs coralliens et 20% des atolls de la planète. Son influence et son action à l’international doivent se renforcer pour faire de la conservation de la biodiversité un enjeu stratégique des négociations internationales et aider les pays du Sud à fonder leur développement sur la préservation de leurs richesses naturelles. A ce titre, la mise en œuvre de l’engagement de la France, pris devant les 193 Etats réunis à Nagoya, de doubler ses fonds consacrés à la biodiversité dans l’aide publique au développement d’ici 2012, est particulièrement attendue. Fortement investie depuis 2004 dans l’élaboration, puis le suivi et l’évaluation de la stratégie nationale, l’UICN France a participé activement à sa révision. Le processus de co-construction mis en place par le Ministère de l’Ecologie a été l’occasion d’échanges fructueux et de contributions importantes. En accord avec ses recommandations, l’UICN France considère qu’il s’agit d’une véritable stratégie nationale s’adressant à tous les acteurs mais estime qu’il faudrait aller plus loin en définissant des objectifs précis et chiffrés à atteindre ainsi que les moyens à mobiliser. La réussite de la stratégie dépendra principalement des engagements de tous : associations, collectivités territoriales, entreprises, syndicats, citoyens … et en premier lieu ceux de l’Etat qui les annoncera le 19 mai prochain. L’UICN France attend que le gouvernement, représenté par tous ses ministères, soit exemplaire et propose des mesures importantes, concrètes et opérationnelles, avec des moyens nouveaux, pour faire de la biodiversité une grande politique nationale.   Communiqué de presse disponible en téléchargement.   Contacts Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN 01 47 07 78 58 Florence Clap, Chargée de programme « politiques de la biodiversité » 01 40 79 38 58 Document joint Communiqué UICN France SNB 2011