La sauvegarde des océans nécessite une meilleure gestion et de meilleurs modes de financements
Pour garantir à long terme la vie des océans et le maintien des services vitaux qu’ils procurent aux populations, il est urgent de rendre la gestion des aires marines protégées plus efficace, et de les doter de moyens financiers plus importants. C’est ce que plaide l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à l’occasion du 3e Congrès international des aires marines protégées (IMPAC 3), qui ouvre ses portes aujourd’hui à Marseille. Organisé par l’UICN et l’Agence des aires marines protégées, IMPAC 3 rassemblera plus de 1200 gestionnaires d’aires marines protégées, spécialistes du milieu marin et autres acteurs clés du domaine, y compris des représentants gouvernementaux, venus du monde entier. En 2010, la plupart des gouvernements de la planète se sont mis d’accord sur l’objectif de protéger au moins 10 % des mers et des zones côtières du globe d’ici 2020 (1). L’objectif d’IMPAC 3 est de mesurer le chemin déjà parcouru et d’ouvrir de nouvelles pistes, notamment pour améliorer le financement, la gestion, les connaissances et le suivi des aires marines protégées. « A l’échelle globale, le chemin parcouru en termes de protection des océans est très encourageant. Nous sommes passés de moins de 0,5 % d’aires marines protégées, en 2000, à plus de 2 % aujourd’hui », analyse Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Pourtant, à ce rythme, il nous faudra encore 30 à 40 ans pour atteindre le seuil de 10 %. Répondre à l’engagement des gouvernements d’atteindre cet objectif en 2020 nécessitera un effort collectif considérable. » Selon le dernier rapport de l’UICN et du Programme international sur l’état de l’océan (IPSO), la santé des océans se détériore à un rythme beaucoup plus soutenu qu’on ne le pensait auparavant. Cette tendance est due à une baisse de la teneur des eaux marines en oxygène, causée par le changement climatique et par un enrichissement excessif en nitrates, combinés à d’autres pollutions chimiques et à une surpêche chronique. Selon François Simard, sous-directeur du Programme marin mondial de l’UICN, « Bientôt, nous ne pourrons plus infléchir la dégradation de la vie marine qui est en cours. Nous devons nous assurer d’avoir des ressources suffisantes, y compris sur le plan financier, pour que nos connaissances sur les aires marines protégées continue de s’améliorer, ainsi que la qualité de leur gestion. Si nous échouons, les effets pourraient être rapidement désastreux, pour chacun d’entre-nous. » Les eaux situées au-delà des zones sous juridiction nationale, qui représentent plus de 60 % de la surface mondiale de l’océan, nécessitent, selon l’UICN, une attention particulière. Un nouvel accord sur la biodiversité en haute mer poserait les bases juridiques pour une gestion plus intégrée de ces zones, et permettrait la création d’un réseau d’AMP à une échelle véritablement globale. Les océans couvrent plus de 70 % de la surface terrestre. Plus de 3,5 milliards de personnes vivent à moins de 100 km des côtes et puisent leurs moyens de subsistance dans la mer. Les aires marines protégées sont des zones délimitées où les ressources naturelles et culturelles bénéficient d’une protection spécifique. Elles jouent, à ce titre, un rôle central pour relever certains défis actuels, tels la sécurité alimentaire et énergétique des populations, la pauvreté et le changement climatique. Le 3e Congrès mondial des aires marines protégées se tiendra du 21 au 25 octobre. Il sera suivi par une conférence ministérielle, les 26 et 27 octobre à Ajaccio, en Corse. Les questions de gestion et de financement des aires marines protégées seront approfondies au Congrès mondial sur les parcs, un forum global sur les espaces protégés organisé par l’UICN tous les dix ans, qui se tiendra en novembre 2014 à Sydney, en Australie. (1) l’objectif de protéger au moins 10 % des zones marines et côtières à l’horizon 2020 a été approuvé à la dixième réunion de la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique qui s’est tenue à Nagoya, au Japon, en octobre 2010. Suivez le congrès sur Oceanplus.tv
La Mer, notre capital
Dans le cadre du 3ème Congrès mondial des aires marines protégées, le Comité français de l’UICN et la Ville de Marseille ont mis en place un programme d’éducation et de sensibilisation sur les enjeux de préservation de la mer. Le programme « la mer, notre capital » mis en place par le Comité français de l’UICN et la Ville de Marseille est aussi dense qu’ambitieux, à la hauteur des enjeux que représente la mer pour Marseille. Le programme permettra de célébrer le lien de la Ville de Marseille à la mer au travers d’animations valorisant son patrimoine naturel et culturel. A cet effet, sont organisés 90 rendez-vous de septembre à octobre dans Marseille et ses environs : balades, kayak, cafés des sciences, expos… 25 artistes seront présents pour le festival « la mer nous inspire » au Pavillon M, avec des conférences et des expositions. Découvrez le programme complet Ce programme est une campagne de sensibilisation du grand public, pour lui démontrer les bénéfices des aires marines protégées et le tourner vers l’océanité. Un dépliant « Protéger la mer, c’est tout bénéfice ! » réalisé dans le cadre du partenariat entre la Ville de Marseille et le Comité français de l’UICN sera largement diffusé. Découvrez le ici.
La Ville de Niort élue « Capitale française de la biodiversité 2013 »
La Ville de Niort est la nouvelle « Capitale française de la biodiversité 2013 ». Le Comité français de l’UICN s’est une nouvelle fois associé à ce concours, organisé par Natureparif, qui récompense depuis 2010 les collectivités locales qui mettent en œuvre des démarches exemplaires en matière de protection et de restauration de la biodiversité. Pour cette quatrième édition, dont le thème était « L’eau, la ville, la vie », le jury a apprécié la volonté politique de la Ville de Niort de stopper l’étalement urbain, sa démarche stratégique sur la trame verte et bleue urbaine, ainsi que ses actions exemplaires pour préserver et restaurer les cours d’eau et zones humides en ville. Placé sous le haut patronage du Ministère de l’Ecologie et du Secrétariat exécutif de la Convention sur la Diversité Biologique, le concours est soutenu par de nombreuses associations et partenaires dont l’Office pour les Insectes et leur Environnement (Opie), l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), le Fond Mondial pour la Nature (WWF), Environnement magazine et Technicités, Plante & Cité, ETD , le réseau IDEAL Connaissances, les régions Aquitaine, Basse Normandie, Bretagne, Centre, Île-de-France, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte-D’azur et Rhône-Alpes, l’AFIE, l’AITF et le Comité français de l’UICN. L’appel à candidature était ouvert aux communes de plus de 2000 habitants, aux communautés de communes, aux communautés d’agglomération, communautés urbaines, syndicats d’agglomération nouvelle et métropoles. Aux côtés de Niort, Capitale française de la biodiversité 2013, qui succède à Grande-Synthe (2010), Montpellier (2011) et Lille (2012), cette quatrième édition a également distingué : Plérin (Côtes d’Armor), lauréate dans la catégorie des petites villes, pour son travail de diagnostic de la biodiversité communale ; Lorient (Morbihan), lauréate dans la catégorie des villes moyennes, pour son intégration de la trame verte et bleue dans son plan local d’urbanisme ; Paris, lauréate dans la catégorie des grandes villes, pour son action de protection de la ressource en eau en dehors des limites de la ville et le développement de milieux humides et de mares intra-muros ; Brest Métropole Océane (Finistère), lauréate dans la catégorie des intercommunalités, pour son programme d’amélioration de la qualité de l’eau et des milieux naturels à l’échelle du bassin versant et de la rade ; Marne-la-Vallée Val Maubuée (Seine-et-Marne), lauréate du « Prix Natureparif » décerné à une collectivité francilienne, pour son approche paysagère innovante ; Beaumont (Puy-de-Dôme), prix Coup de Cœur du Jury, pour la valorisation de sa rivière et des espaces attenants. L’évaluation des candidatures a été réalisée par un Comité scientifique et technique composé de chercheurs, de naturalistes, d’urbanistes, de praticiens et de spécialistes de la nature en ville, sur dossier et via des visites de terrain. Comme le précise Liliane Pays, présidente de Natureparif, les résultats de cette édition 2013, et la qualité des dossiers reçus, témoignent des avancées significatives des collectivités françaises pour restaurer le cycle de l’eau, support essentiel de la biodiversité et de nombreux services écosystémiques. La cérémonie de remise des prix se déroulera lundi 18 novembre 2013, au Conseil économique, social et environnemental, Palais d’Iéna à Paris, en présence de Liliane Pays, présidente de Natureparif, de Sandra Lagumina, Directeur Général de GrDF, et des représentants des partenaires du Concours. Contacts Presse Antoine Lagneau – Chargé de communication Natureparif – Tél. : 01 75 77 79 08 – 06 81 73 25 31 Anne-Isabelle Jolly – Relations presse GRDF
Les propositions de l’UICN France pour la conférence environnementale 2013
Dans la cadre de la 2ème conférence environnementale, le Comité français de l’UICN présente ses propositions pour renforcer la protection de l’environnement marin, l’un des 5 thèmes à l’ordre du jour des débats. La 2ème conférence environnementale aura lieu les 20 et 21 septembre 2013 et abordera cinq nouveaux sujets dont « la biodiversité marine, la mer et les océans dans la perspective de renforcement des connaissances et de la protection de l’environnement marin en métropole et en outre-mer ». Dans ce cadre, le Comité français de l’UICN a souhaité exprimer les recommandations suivantes. Axe 1 : Améliorer les connaissances et les protections des écosystèmes marins et littoraux ► Permettre la progression des connaissances, en particulier en créant des liens de solidarité entre sciences fondamentales et sciences appliquées, et favoriser l’accès à de nouvelles sources de financement, en : – Plaçant la mer et les océans dans les priorités de la recherche française des prochaines années (les progrès doivent pouvoir être évalués sur le nombre de projets de recherche financés et les montants alloués) – Mobilisant le secteur privé, usager des ressources marines renouvelables (pharmaceutique, cosmétique, diététique,….énergies marines) et non renouvelables (extractions de granulats marins,….), pour financer des programmes de recherche dans le cadre de partenariats publics/privés, notamment concernant les impacts de ces activités et la recherche de solutions de suppression ou de limitation de ces impacts, – Favorisant le développement des sciences participatives, avec les acteurs économiques et associatifs (mesures incitatives, avantages fiscaux, rémunérations, subventions…) ► Soutenir les travaux sur les Listes Rouges des espèces menacées et des écosystèmes, menés au niveau national, pour identifier les priorités et lancer des plans d’action et initiatives de protection, et améliorer les connaissances sur les espèces classées en « Données insuffisantes » de la Liste rouge des espèces menacées en France pour les groupes déjà évalués (mammifères marins, requins et raies,…) ► Renforcer les actions visant à promouvoir les actions de mobilisation, d’éducation et de sensibilisation pour la préservation de la biodiversité marine, comme l’initiative Blue Society, et sa prise en compte dans les formations aux métiers de la mer Axe 2 : Le renforcement de l’action de la France en ces domaines dans les outre-mer ► Mettre en œuvre rapidement, ou renforcer, les actions prioritaires approuvées lors de la 1ère conférence environnementale (Stratégies territoriales de la biodiversité par collectivité, inventaires du patrimoine naturel, réseau d’espaces protégés…) ► Développer une planification spatiale maritime en outre-mer pour atteindre un bon état écologique des milieux marins, adaptée à ces territoires et inspirée de la Directive-cadre « Stratégie pour le milieu marin » et du projet de DPSM/GIZC ► Renforcer la protection des mangroves dans les Départements (Guyane, Guadeloupe, Martinique, Mayotte) et Collectivités (Nouvelle-Calédonie) d’outre-mer principalement concernés, en valorisant les interactions mangroves/herbiers marins/récifs coralliens ► Assurer la mise en place pérenne de l’initiative BEST pour la préservation de la biodiversité de l’outre-mer européen ► Réglementer l’exploitation des ressources pétrolières et minérales en outre-mer en encadrant strictement le développement des projets, en appliquant le principe de précaution et en assurant une large concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile Axe 3 : Les conditions d’une valorisation durable des ressources du milieu marin ► Poursuivre la mise en place d’un réseau représentatif et efficacement géré d’aires marines protégées en réaffirmant l’objectif de couvrir 20% du domaine maritime français d’ici 2020 ► Evaluer, promouvoir et valoriser l’importance de la biodiversité marine dans une perspective de développement durable basé sur les ressources naturelles marines et de protection de l’environnement marin (secteurs d’activités, filières, formations, emplois), ► Mettre en application les résultats des travaux menés sur la fiscalité écologique et affecter ces ressources à la gestion des écosystèmes marins ► Intégrer la protection de la biodiversité marine dans les politiques et projets de développement des énergies marines ►Dynamiser la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la mer et le littoral et les instances de gouvernance (Conseil national de la mer et des littoraux, COMER) en favorisant une approche intégrée avec les différents acteurs de la mer, pour renforcer la politique maritime française ► Poursuivre la mise en œuvre du protocole APA ratifié par la France ► Renforcer le rôle et l’implication des collectivités portuaires et territoires maritimes dans les plans d’action pour la biodiversité marine et dans la gestion des aires marines protégées ► Encadrer davantage la pêche profonde et soutenir une pêche durable Axe 4 : L’action internationale de la France pour la protection juridique et la gouvernance de la haute mer ► Soutenir la signature d’un accord international sur la Haute Mer ► Influencer les Etats signataires des Conventions de Mers Régionales pour une meilleure prise en compte de la biodiversité marine dans des protocoles d’accord et en favorisant la collaboration avec les organisations régionales de pêche ► Annoncer la création de nouvelles AMP lors du Congrès IMPAC3 et engager de nouvelles initiatives régionales ► Appuyer l’initiative hollandaise de réduction des pollutions plastiques et développer des appels à projet pour l’effacement du 7eme continent plastique et autres zones d’agrégation des rejets plastiques Documents joints Propositions UICN France biodiversité marine (document complet) Propositions UICN France biodiversité marine (synthèse)
La Commission européenne s’attaque aux espèces envahissantes
La nouvelle proposition législative publiée hier par la Commission européenne vise à assurer une action coordonnée au niveau européen pour lutter contre les impacts des espèces exotiques envahissantes. L’UICN, réunissant certains des meilleurs experts en la matière en Europe, se félicite de cette nouvelle proposition mais souligne certaines préoccupations. « La proposition de la Commission européenne ouvre la voie vers une action plus importante et mieux coordonnée en Europe, incluant ses entités d’outre-mer, pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes », a déclaré Luc Bas, directeur du Bureau de représentation de l’UICN auprès de l’Union européenne (UE). « La prévention, les systèmes d’alerte précoce et de réaction rapide, l’éradication et les mesures de contrôle, sujets inclus dans la proposition et soutenus par les experts de l’UICN, vont dans la bonne direction. Cependant, il y a certains éléments qui doivent encore être précisés, tels que le processus d’identification des espèces prioritaires ». Selon la proposition législative, une liste d’espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’UE sera développée. Un plafond de 50 espèces à inclure dans cette liste est proposé. Un comité, composé de représentants des gouvernements de l’UE et d’institutions, doit être mis en place pour prendre des décisions sur les ajouts ou suppressions dans cette liste. « Le plafond proposé par la Commission européenne est beaucoup trop faible pour atteindre les objectifs en matière de biodiversité au niveau de l’UE et au niveau mondial. En outre, le calendrier proposé de cinq ans pour la révision éventuelle de cette liste ne garantit pas la flexibilité nécessaire pour réagir rapidement aux nouvelles menaces », a déclaré Piero Genovesi, Président du Groupe de spécialistes des espèces envahissantes de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN. « Le processus pour ajouter des espèces à la liste est d’une importance cruciale. Il doit être fondé sur la science et être réactif. Les décisions doivent être prises à la suite de recommandations sur l’évaluation des risques et de ne pas se baser sur des intérêts politiques. L’UICN appelle à l’implication des acteurs concernés et des scientifiques dans le comité proposé « . Il existe plus de 1500 espèces exotiques qui engendrent des impacts négatifs en Europe. Rien qu’à Londres, 76 espèces envahissantes ont été signalées. Les espèces exotiques envahissantes génèrent des coûts élevés et réduisent la biodiversité. Elles posent de sérieux défis pour la santé publique et l’économie, et peuvent endommager les infrastructures. Selon l’UICN, il est essentiel que des ressources financières soient disponibles aux niveaux européen et national pour mettre en œuvre les mesures prévues, en particulier pour les réponses d’urgence face aux invasions. Un certain nombre d’exemples d’échec à répondre rapidement en raison du manque de ressources existent déjà, comme le Frelon asiatique (Vespa velutina) en France, le Raton laveur (Procyon lotor) en Espagne, l’Ecureuil gris d’Amérique (Sciurus carolinensis) en Italie, la Limace espagnole (Arion vulgaris) en Suède et le Poisson-lion (genre Pterois) dans la région des Caraïbes. Avec les ressources nécessaires et l’implication de tous les acteurs clés, la réduction de l’impact des espèces envahissantes est possible. Par exemple, l’élimination des rats de la petite île méditerranéenne de Montecristo a augmenté le succès de reproduction des puffins indigènes, qui étaient menacés, à 90%. Une publication récente de l’UICN a mis en évidence des exemples d’actions locales efficaces dans les zones urbaines de plus de 15 pays européens. « Les villes sont voies importantes d’entrée des espèces envahissantes, par exemple à travers des arrivées accidentelles avec des navires ou avec le commerce d’animaux de compagnie et de plantes ornementales. Toutefois, tel que présenté lors de la récente conférence de l’UICN sur les espèces envahissantes dans les zones urbaines, les villes sont également essentielles pour empêcher de nouvelles introductions et sensibiliser les citoyens aux problèmes liés aux espèces envahissantes », a déclaré Chantal van Ham, Chargée du Programme européen de l’UICN. La proposition de la Commission européenne doit être adoptée par le Parlement européen et le Conseil avant de devenir opérationnelle. L’UICN espère que ce processus se traduira par un instrument législatif renforcé et concerté et qu’il ne sera pas reporté après les élections l’année prochaine. L’UICN continuera de fournir des informations scientifiques et de faciliter le dialogue entre les parties prenantes sur cette question très urgente. En particulier, le Comité français de l’UICN poursuit la mise en oeuvre de son Initiative sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer et envisage d’organiser l’année prochaine un colloque national sur ce thème.
Guyane : vers une annulation du Permis d’exploitation aurifère REXMA à Saül ?
Le Comité français de l’UICN et les organisations environnementales continuent de se mobiliser contre le Permis d’exploitation aurifère REXMA à Saül. Ils ont adressé un courrier au Ministre de l’Écologie Philippe Martin à ce sujet. Au même moment, le parquet de Cayenne a ouvert une enquête sur ce dossier pour « faux et usages de faux ». Dès la publication au Journal officiel du Permis délivré le 26 octobre 2012 par le Ministre du Redressement Productif à la société REXMA, visant à exploiter l’or de la Crique (rivière) Limonade à Saül en Guyane, le Comité français de l’UICN, avec les associations guyanaises de protection de la nature, Guyane Nature Environnement, Gepog et Sepanguy, et les organisations nationales, France Nature Environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux et la Fondation Nicolas Hulot se sont mobilisés contre cette décision. A plusieurs reprises, ils ont alerté le gouvernement et se sont prononcés en défaveur de cette décision (voir ici et ici), et encore le 24 juillet par un courrier adressé au Ministre chargé de l’Écologie Philippe Martin. Les raisons principales sont : la localisation du Permis (dans l’aire d’adhésion du Parc amazonien de Guyane et en amont direct de sa zone cœur, dans le bassin de vie des populations locales, dans un secteur à fort enjeu touristique), l’exceptionnelle richesse naturelle du site reconnue notamment par l’inventaire national du patrimoine naturel, et les impacts prévisibles sur la faune, la flore et sur la qualité des eaux. Le Comité français de l’UICN et les organisations environnementales signataires du courrier rappellent que le projet industriel de la société REXMA n’est pas durable et qu’il vient compromettre les efforts consentis par la commune de Saül de fonder son développement sur un projet de territoire basé sur la promotion de l’écotourisme et sur la valorisation du patrimoine naturel. Ils soulignent par ailleurs que le Permis est en contradiction avec les objectifs poursuivis dans le cadre de la réforme du Code minier, ceux qui président à la charte du Parc Amazonien de Guyane, l’engagement vers la transition écologique porté par le gouvernement et les positions de la plupart des élus guyanais et de la population locale. Ce permis très controversé fait, depuis le 1er août, l’objet d’une enquête ouverte par le parquet de Cayenne pour « faux et usages de faux ». L’enquête vise à définir s’il y a eu une malversation des documents, en particulier les conclusions de l’inventaire « faune-flore », versés à l’enquête publique qui avait conclu en 2009 à un avis favorable au permis minier.
La Palme IFRECOR 2013 est lancée
Pour la troisième année, l’IFRECOR – Initiative française pour les récifs coralliens – a lancé le concours de la Palme IFRECOR à destination des élus des collectivités d’outre-mer, organisé par le Comité français de l’UICN. Ce concours a pour objectif de valoriser les actions et politiques exemplaires mises en œuvre pour la préservation et la gestion durable des récifs coralliens et leurs écosystèmes associés (herbiers et mangroves). Pour faire connaître la biodiversité des récifs coralliens, des herbiers et des mangroves, et pour sensibiliser le grand public aux enjeux de ces écosystèmes, l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR) a mis en place le concours de la Palme IFRECOR, organisé par le Comité français de l’UICN. Le maintien en bon état écologique de ces écosystèmes littoraux dépend des décisions des élus locaux. Ce concours a été créé pour récompenser les élus d’Outre-mer et valoriser les politiques et les actions exemplaires qu’ils mènent pour la protection et la gestion durable des récifs coralliens et des écosystèmes associés (mangroves et herbiers). Chaque année, à l’occasion de la cérémonie de remise des prix, la Palme IFRECOR met en lumière les bonnes pratiques mises en œuvre par les collectivités pour la préservation de la biodiversité en Outre-mer. 1 concours, 2 gagnants ! A partir du 1er août et jusqu’au 18 octobre 2013, les collectivités d’Outre-mer peuvent s’inscrire et présenter leurs projets dans l’une des catégories suivantes : • Catégorie « Protection, valorisation et restauration écologique » des récifs coralliens, herbiers et mangroves • Catégorie « Éducation et sensibilisation » Les élus peuvent présenter un projet pour chacune des deux catégories. Le jury, présidé par le Professeur Bernard Salvat, examinera l’ensemble des projets reçus et sélectionnera un lauréat par catégorie. Les élus lauréats seront invités par l’IFRECOR à la cérémonie officielle de remise des trophées qui se tiendra le 18 novembre à Paris. Comment participer ? Ce concours est ouvert à tous les élus (Maires, membres élus des Conseils généraux, Conseils régionaux, Conseils territoriaux, Assemblées provinciales, Assemblées territoriales) des collectivités d’Outre-mer abritant des récifs coralliens, mangroves et herbiers, représentées au sein de l’IFRECOR par un comité local : Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française, et également Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Les élus souhaitant participer devront compléter une fiche de candidature téléchargeable : ici-> pour la catégorie Éducation et sensibilisation ici-> pour la catégorie Protection, Valorisation et Restauration et la renvoyer à l’adresse du concours : concours2013@ifrecor.org Retour sur la Palme IFRECOR 2012 Pour sa seconde édition en 2012, le concours a connu un franc succès : le jury a longuement étudié et débattu avant de retenir les deux lauréats. Les palmes ont été remises à l’occasion de la journée Outre-mer du congrès des Maires par M. Pélissard, président de l’association des Maires de France (AMF), M. Victorin Lurel, Ministre des Outre-mer et Mme Delphine Batho, Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. Une exposition photo présentant l’ensemble des projets s’est tenue dans la prestigieuse salle de l’Hôtel de Ville à l’occasion de la journée dédiée à l’Outre-mer. Près de 1000 élus ont ainsi pu découvrir les enjeux de la Palme IFRECOR et les spécificités de chacun des projets candidats. En 2013, l’AMF reconduit son partenariat avec l’IFRECOR et accueillera de nouveau la cérémonie de remise des récompenses aux deux élus lauréats. Documents joints Fiche de candidature Palme IFRECOR 2013. Catégorie Protection, valorisation, restauration écologique Fiche de candidature Palme IFRECOR 2013. Catégorie Education et sensibilisation
Découvrez les services écologiques fournis par les forêts
Dans le cadre de ses travaux menés sur les services écologiques, le Comité français de l’UICN lance une série de brochures qui vont présenter les services fournis par 6 grands types d’écosystèmes présents sur le territoire français : voici la première consacrée aux écosystèmes forestiers. Après une première publication présentant les services écologiques (définition, contexte et enjeux – volume 1) en 2012, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui la première brochure d’une série (volume 2) sur les services écologiques fournis par les différents écosystèmes : elle concerne les écosystèmes forestiers français (métropole et outre-mer). Après une présentation de ces écosystèmes, l’ensemble des services sont détaillés selon la typologie définie dans le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) : support, approvisionnement, régulation, culturels et récréatifs. Cette publication met en avant la multiplicité des services produits par les forêts françaises qui, outre un approvisionnement en bois, contribuent plus largement à la régulation de la qualité des eaux, des phénomènes d’érosion et du climat. Ce dernier service est particulièrement important dans le contexte du changement climatique. Les services culturels et récréatifs, intégrant les loisirs et le tourisme, ainsi que les aspects esthétiques, patrimoniaux et spirituels que représentent les forêts sont également importants à prendre en compte car ils font l’objet d’une forte demande sociale. La forêt est également l’un des principaux réservoirs de biodiversité et accueille ainsi une faune et une flore diversifiées. Cette publication a pour objectif de mieux faire connaître les différents services fournis par les écosystèmes en France et à favoriser leur prise en compte par les différents acteurs, notamment les décideurs, pour améliorer la préservation de la biodiversité. A suivre prochainement, les brochures sur les écosystèmes marins et côtiers et les écosystèmes urbains. Contact Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques » Document joint UICN France – services écologiques forestiers
L’AFD et le Conseil général de Mayotte soutiennent l’action du Comité français de l’UICN
Le Comité français de l’UICN vient de signer une convention de partenariat avec l’AFD et le Conseil Général de Mayotte pour la deuxième phase de l’élaboration d’une stratégie biodiversité pour le développement durable de Mayotte. Cette stratégie doit permettre de renforcer la préservation de la biodiversité, dont dépendent les activités économiques et le bien-être des mahorais. Le Comité français de l’UICN a lancé en juin 2012 une dynamique collective pour élaborer une proposition de Stratégie biodiversité pour un développement durable de Mayotte. Cette première étape a bénéficié du soutien de TEMEUM, de la DEAL et du Conseil général de Mayotte. Sur la base d’un état des lieux du territoire (Diagnostic Biodiversité de Mayotte), cinq enjeux majeurs ont été dégagés, puis présentés lors d’ateliers thématiques tenus entre janvier et mars 2013 à l’occasion desquels un plan d’action pour la biodiversité s’est construit. Un séminaire de restitution, auquel l’AFD et le Conseil Général se sont associés, a été l’occasion de valider des propositions d’actions et de prendre une motion pour la biodiversité de Mayotte, l’Appel de Maoré, soutenant la mise en œuvre de la stratégie. Cette convention tripartite d’une année vise à lancer la seconde phase de la stratégie biodiversité pour le développement durable de Mayotte. Il s’agira, d’ici le mois de novembre 2013, de finaliser et faire valider par tous les acteurs la proposition de stratégie. L’UICN France proposera ensuite la mise en place d’un comité mahorais de la biodiversité, structure de gouvernance pour l’animation et le suivi de la mise en œuvre de la stratégie. Dans un second temps, il s’agira de créer un mécanisme d’appui et d’accès aux financements pour la société civile porteuse de projets répondant aux objectifs de la stratégie biodiversité, l’objectif étant de réaliser des actions démonstratives répondant aux priorités identifiées et de renforcer les capacités des acteurs locaux à formuler et mettre en œuvre des projets. L’effort de structuration entrepris à travers ce partenariat pourrait permettre aux acteurs de la biodiversité à Mayotte d’accéder notamment aux financements européens. Après le renouvellement du soutien de la DEAL Mayotte, l’appui apporté par l’AFD et le Conseil Général de Mayotte, ainsi que les fonds du Contrat de Projet Etat-Mayotte, vont permettre de concrétiser cette deuxième étape de finalisation et de mise en oeuvre de la Stratégie Biodiversité pour le développement durable de Mayotte.
Liste rouge mondiale 2013 : les plus anciennes et les plus grandes espèces du monde sont en déclin
La dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™ fait état du déclin inquiétant des conifères – les organismes les plus anciens et les plus grands du monde –, des crevettes d’eau douce, des cônes ou coquillages du genre Conus, et du marsouin aptère du Yang Tsé. Le scinque géant du Cap-Vert, le Cyprinodon de Santa Cruz et une espèce de crevette d’eau douce sont déclarés éteints. Cette mise à jour porte à 4807 le nombre d’espèces qui ont été ajoutées à la Liste rouge de l’UICN et à 70294 le nombre total d’espèces évaluées, dont 20934 sont menacées d’extinction. « Grâce à la Liste rouge de l’UICN, nous disposons d’un niveau de connaissance sur l’état de la biodiversité dans le monde jamais atteint auparavant », explique Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Mais le tableau d’ensemble est alarmant. Nous devons exploiter pleinement ces connaissances, en déployant des efforts de conservation ciblés et efficaces, si nous voulons vraiment juguler la crise de l’extinction qui continue à menacer la vie sur Terre. » Cette mise à jour comprend la première réévaluation mondiale des conifères. D’après les résultats de celle-ci, 34% des cèdres, cyprès, sapins et autres conifères sont actuellement menacés d’extinction, soit une augmentation de 4% depuis la dernière évaluation complète en 1998. Le statut de conservation de 33 espèces de conifères s’est dégradé, notamment celui du pin de Monterey (Pinus radiata), le pin le plus communément planté au monde, apprécié pour sa croissance rapide et pour les qualités de sa pulpe. Cet arbre est passé du statut « Préoccupation mineure », une catégorie utilisée pour les espèces ne courant qu’un risque d’extinction relativement faible, à « En danger », menacé principalement par des chèvres sauvages et par les attaques d’un agent pathogène invasif. Une autre espèce de conifère auparavant classée dans la catégorie « Préoccupation mineure », le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), originaire de l’Atlas algérien et marocain, est actuellement « En danger » en raison de sa surexploitation. Et sa population réduite est menacée par différents parasites. D’un autre côté, des mesures de conservation ont permis d’améliorer le statut du cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana). Cet arbre, qui a fait l’objet d’un commerce important à un moment donné, est actuellement classé espèce « Quasi menacée », grâce à l’amélioration des pratiques de gestion en Californie et dans l’Oregon, avec entre autres la plantation d’individus résistants aux maladies. Si les mesures de conservation se poursuivent, ce conifère pourrait être classé dans la catégorie « Préoccupation mineure » d’ici 10 ans. « Les efforts de conservation portent leurs fruits et les résultats obtenus pour le cyprès de Lawson sont rassurants », précise Aljos Farjon, président du Groupe de spécialistes des conifères au sein de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) à l’UICN. « Néanmoins, il est clair que cela ne suffit pas. Nous devons d’urgence effectuer des recherches plus poussées sur le statut et la distribution de nombreuses espèces. Nous supposons qu’il y a encore de nombreuses nouvelles espèces qui n’ont pas été décrites à ce jour, mais elles ne seront probablement jamais découvertes vu le rythme auquel la déforestation progresse et auquel leur habitat est converti en plantations destinées à la production d’huile de palme. » Les conifères sont les plus anciennes et les plus grandes espèces de notre planète. Le pin Bristlecone (Pinus longaeva), par exemple, peut vivre près de 5000 ans, et le séquoia (Sequoia sempervirens) atteint une hauteur de 110 mètres. A l’exception des zones humides, les forêts de conifères capturent plus de carbone que tout autre biome – trois fois plus que les forêts tempérées et tropicales. Leur valeur économique est immense : les résineux sont utilisés pour la production de bois et de papier, et l’agent anti-cancéreux Taxol® est dérivé de l’écorce de nombreuses espèces d’ifs. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN fournit les résultats de la toute première évaluation mondiale des crevettes d’eau douce, dont 28% des espèces sont menacées d’extinction. Dix pour cent sont utilisées pour la consommation humaine, notamment la chevrette, ou crevette géante d’eau douce (Macrobrachium rosenbergii), et elles jouent un rôle important dans les réseaux trophiques d’eau douce. La pollution, la modification de leur habitat et le commerce aquariophile sont quelques-unes des grandes menaces auxquelles l’espèce est confrontée. Les conidés, présents dans les milieux marins tropicaux, ont eux aussi fait l’objet d’une évaluation pour la première fois, et 8% sont menacés d’extinction. En tant que prédateurs, ils constituent un élément important des écosystèmes marins. De plus, leurs toxines mortelles sont très précieuses, car elles servent à l’élaboration de nouveaux médicaments destinés au traitement de la douleur irréductible. Enfin, les belles coquilles de ces animaux sont prisées par les collectionneurs depuis des siècles, certains spécimens rares ayant été vendus pour des milliers de dollars. La perte de leur habitat et la pollution représentent les plus grandes menaces qui pèsent sur ces espèces. « Cette évaluation marque un tournant rendu possible par la collaboration innovante entre les négociants en coquillages et les experts scientifiques », explique Howard Peters de l’Université de York, membre du Groupe de spécialistes des mollusques au sein de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) à l’UICN. « Leur travail conjoint a permis de mieux connaître la distribution, le commerce et les menaces qui pèsent sur chaque espèce. Ces informations seront capitales pour nos futurs efforts de conservation. » Le marsouin aptère du Yang Tsé (Neophocaena asiaeorientalis asiaeorientalis), une sous-espèce du marsouin aptère et l’un des derniers cétacés d’eau douce au monde, qui vit dans le fleuve Yang Tsé en Chine et dans deux lacs adjacents, les lacs Poyang et Donting, a également été évalué. Sa population, estimée à environ 1800 individus en 2006, baisse de plus de 5% par an depuis les années 1980 et est considérée comme « En danger critique d’extinction ». Ces marsouins sont de plus en plus menacés, entre autres par la pêche clandestine, la circulation de nombreux navires, l’exploitation du sable et la pollution. Le pécari à lèvres blanches (Tayassu pecari), un membre de la famille du