Destruction de 3 tonnes d’ivoire illicite par la France

L’UICN France salue l’action du gouvernement français pour la destruction d’un stock de 3 tonnes d’ivoire illicite saisi en France et sa détermination à renforcer la lutte contre le commerce illégal de la faune sauvage. Ce matin, Philippe Martin, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, en présence de Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, a procédé à la destruction par concassage d’un stock de 3 tonnes d’ivoire illicite saisi en France entre 1987 et 2007 sur le champ de Mars, à Paris. Après avoir été concassés, les débris d’ivoire seront incinérés afin que plus rien n’en subsiste. Cette action spectaculaire concrétise l’engagement du Président de la République, pris lors de la table ronde organisée le 5 décembre dernier en marge du Sommet pour la Paix et la Sécurité en Afrique : détruire systématiquement l’ivoire saisi pour envoyer un message de fermeté et d’autorité sans équivoque aux trafiquants comme aux acheteurs et marquer la solidarité du gouvernement français aux pays africains. La France est le premier pays européen à détruire ses stocks depuis l’entrée en vigueur en 1989 du moratoire sur le commerce de l’ivoire. A l’avenir, toutes les pièces illégalement mises sur le marché seront confisquées puis détruites. Par ailleurs, le ministre a précisé que la multiplication par 10 des amendes encourues en cas d’infraction simple (passage de 15 000 à 150 000 euros) et par cinq en cas de trafic en bande organisée (passage de 150 000 à 750 000 euros) serait inscrite dans le projet de loi « Biodiversité ». Le Comité français de l’UICN salue cette action en faveur de l’Eléphant d’Afrique, espèce classée dans la Liste rouge mondiale des espèces menacées, à laquelle il a été associé. Son Groupe de spécialistes de l’Eléphant d’Afrique tient à jour les informations les plus récentes sur la situation de l’espèce et apporte son expertise pour assurer sa préservation. Avec 22000 éléphants abattus en 2012 et probablement plus en 2013, sur une population totale d’environ 500 000 individus, l’UICN estime qu’un cinquième des éléphants d’Afrique va disparaître dans les 10 prochaines années si rien n’est fait. En décembre dernier, l’UICN a convié au Botswana les principaux Etats et ONG concernés pour un Sommet sur l’Eléphant d’Afrique, à l’issu duquel 14 mesures d’urgence ont été adoptées pour renforcer la lutte contre le commerce illégal de l’ivoire et la protection des populations d’éléphants africains. Depuis 2007, le Comité français de l’UICN gère également le Programme de Petites Initiatives (PPI) du Fonds Français pour l’Environnement Mondial, destiné à renforcer les capacités de la société civile des pays d’Afrique occidentale et centrale, de Madagascar et du Mozambique en matière de conservation et de développement local. Ce programme se traduit par la mise en oeuvre d’environ 150 petits projets, qui portent notamment sur la protection des espèces menacées, les conflits homme/animal et la mise en application des lois sur la faune.

L’UICN approuve l’engagement de Total de ne pas mener d’opérations dans les sites du Patrimoine mondial

La société Total a confirmé qu’elle ne mènera pas d’opérations extractives dans les sites naturels du Patrimoine mondial, comprenant le parc national des Virunga. L’UICN approuve cette décision et demande à toutes les sociétés pétrolières et gazières de suivre cet engagement. L’UICN, qui est l’organisme consultatif officiel auprès de l’UNESCO sur les sites naturels du Patrimoine mondial, a lancé des appels répétés dans le passé auprès des industries extractives et des gouvernements qui délivrent des permis miniers afin d’arrêter les activités d’exploration et de l’exploitation du pétrole et du gaz dans les sites du Patrimoine mondial. Le Comité français de l’UICN avait alerté le PDG de Total en mai 2012 sur la cette situation et demandé à l’entreprise de s’engager à respecter les limites du parc national et plus largement les sites du Patrimoine mondial. Jusqu’à présent, la société Royal Dutch Shell était la seule entreprise pétrolière et gazière à avoir pris un tel engagement. L’engagement de Total a été officiellement communiqué dans un courrier adressé au Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO. « L’engagement de Total montre clairement que de telles activités dans les sites du patrimoine mondial n’est pas une option pour des industries extractives responsables », dit Julia Marton- Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Il nous donne l’espoir que les secteurs du pétrole, du gaz et des mines, dans leur ensemble, s’engagent à assumer pleinement leur responsabilité partagée pour la conservation des endroits les plus précieux et irremplaçables de notre planète. Nous appelons toutes les entreprises extractives et les gouvernements qui régulent ce secteur, à déclarer les sites du Patrimoine mondial comme des zones « interdites » ». Les menaces générées par l’industrie extractive sont particulièrement graves en Afrique, où un site naturel sur quatre est affecté. Le parc national des Virunga en République Démocratique du Congo a été le site soumis aux risques les plus élevés au cours des dernières années, après que le gouvernement congolais ait accordé des permis pour procéder à l’exploration dans le parc. L’engagement de Total relâche une partie de la pression sur le parc national des Virunga. Il indique également que l’entreprise respectera les limites actuelles du parc, même si une partie de la protection du parc est retirée. Malgré l’annonce de Total, une autre entreprise basée au Royaume-Uni, SOCO, poursuit des activités extractives dans une zone chevauchant celle du parc des Virunga. « Les États Parties à la Convention du Patrimoine mondial et les entreprises privées doivent respecter le principe établi de longue date statuant que les sites du patrimoine mondial doivent rester hors d’atteinte de l’industrie extractive », dit Tim Badman, Directeur du Programme du patrimoine mondial de l’UICN. « Nous nous félicitons de l’étape positive franchie par Total en faveur de la protection du patrimoine naturel mondial et en particulier pour le parc national des Virunga et sa faune et flore spectaculaires. » Le parc national des Virunga abrite quelque 100 individus des derniers gorilles de montagne et se place parmi les plus grands sites de biodiversité en Afrique. Il a été établi en 1925 comme le premier parc national de l’Afrique et en 1979 il est devenu l’un des premiers sites du Patrimoine mondial. Il figure également sur la liste des zones humides d’importance internationale de la Convention de Ramsar. En dépit d’être répertorié comme un site du Patrimoine mondial en péril depuis 20 ans, les menaces sur le parc restent très critiques et comprennent l’exploration pétrolière, les conflits armés, le commerce illégal d’espèces sauvages et l’occupation illicite. La réponse globale à apporter aux menaces qui pèsent sur les sites du Patrimoine mondial et d’autres aires protégées à travers le monde sera discutée lors du prochain Congrès mondial des parcs de l’UICN, qui se tiendra du 12 au 19 novembre 2014 à Sydney, en Australie.

L’UICN France obtient la reconnaissance de son engagement pour la Stratégie nationale de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN a obtenu la reconnaissance de son projet d’engagement volontaire pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité. Une cérémonie est organisée ce 30 janvier 2014, en présence du Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, pour la remise officielle de cette reconnaissance. Adhérant pleinement à cette nouvelle stratégie et ayant joué un rôle actif dans son élaboration, l’UICN France avait salué le processus participatif qui a été mis en place pour réviser la stratégie, en soulignant que les clés de la réussite seraient l’intégration concrète et efficace de la biodiversité dans toutes les politiques à toutes les échelles du territoire et la large mobilisation de tous les acteurs. Depuis, près de 400 acteurs ont adhéré à l’ambition de cette nouvelle SNB qui consiste à préserver, restaurer, renforcer, valoriser la biodiversité et en assurer l’usage durable et équitable par une mobilisation du plus grand nombre. En 2012, 22 engagements en faveur de la stratégie avaient été reconnus. En 2013, pour cette seconde phase, 47 acteurs ont déposé un dossier d’engagement volontaire. Ces dossiers ont fait l’objet d’une évaluation réalisée par des représentants du comité de suivi de la SNB. A l’issue de cet examen, le statut « d’engagement reconnu SNB » a été attribué aux projets portés par 33 acteurs (17 entreprises, 8 associations, 4 collectivités et 4 syndicats). La reconnaissance reçue par l’UICN France pour son engagement pour les 3 prochaines années, correspond aux actions phares de son programme 2013-2015, approuvé l’année dernière par son Conseil d’administration. Son engagement est constitué de 12 actions phares représentant une contribution nouvelle et majeure aux objectifs de la SNB dans les domaines suivants : Politiques de la biodiversité, Aires protégées, Espèces, Gestion des écosystèmes, Outre-mer, Education et communication et Coopération internationale. Les actions présentées sont les suivantes : Action 1 : Effectivité des normes environnementales intéressant la biodiversité Action 2 : Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales Action 3 : Le reporting biodiversité des entreprises et ses indicateurs Action 4 : Stratégie biodiversité pour un développement durable de Mayotte Action 5 : Renforcement et durabilité de la gestion des aires protégées Action 6 : Protection des écosystèmes par la mise en évidence des services écologiques qu’ils fournissent application à la Région Centre Action 7 : Accompagner le développement des énergies marines renouvelables pour une meilleure prise en compte de la biodiversité Action 8 : Contribution à l’élaboration de la méthodologie internationale de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN – application aux écosystèmes forestiers métropolitains Action 9 : Développement de la Liste rouge des espèces menacées en France pour les espèces marines et l’outre-mer Action 10 : Renforcement de la détection précoce et de la réaction rapide face aux espèces exotiques envahissantes en outre-mer Action 11 : La Fête de la Nature : un rendez-vous annuel avec la nature Action 12 : Soutenir la conservation et le développement local en Afrique, via le renforcement de la société civile Les évaluateurs ont souligné avoir apprécié la cohérence du projet vis-à-vis des compétences de l’UICN France, son impact potentiel sur les différents acteurs (collectivités et entreprises en particulier) et sur les différents périmètres géographiques (métropole, outre-mer, international) ainsi que la précision de la gouvernance qui associe des parties prenantes internes au plus haut niveau. Les projets de 6 organismes membres du Comité français de l’UICN ont également reçu la reconnaissance SNB : l’Office National des Forêts, la Fédération des Parcs Naturels Régionaux, l’Association Française des Ingénieurs Ecologues, Parcs Nationaux de France, Noé Conservation et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ; tout comme 2 de ses partenaires entreprises : Ciments Calcia et Holcim France. La mise en œuvre de cette nouvelle SNB reposant sur une implication de tous les acteurs, l’UICN France invite ainsi les organismes à adhérer nombreux à la SNB, puis à proposer des engagements volontaires constitué d’actions significatives, cohérentes, proportionnées et additionnelles.   Pour en savoir plus, consultez le site internet du Ministère de l’Ecologie   Contacts Sébastien MONCORPS – Directeur – 01 47 07 78 58 Florence CLAP – Chargée de Programme ’Politiques de la Biodiversité’ – 01 40 79 38 58 Document joint Projet engagement UICN France_SNB

En route vers le sixième congrès mondial des parcs !

L’UICN organise tous les dix ans depuis 1962 les Congrès mondiaux des parcs afin de faire un bilan du développement des aires protégées et de contribuer à définir leur agenda international pour la décennie à venir. La sixième édition du congrès se tiendra en novembre 2014. Le Comité français de l’UICN a lancé, au niveau national, un processus de préparation, avec ses membres et ses experts, pour valoriser l’expertise française. Le sixième Congrès mondial des parcs de l’UICN se déroulera du 12 au 19 novembre 2014 à Sydney (Australie) et aura pour thème général « Des parcs, la planète et nous : des solutions sources d’inspiration ». Il se déclinera en trois priorités stratégiques : (a) valoriser et conserver la nature (les parcs) ; (b) trouver des solutions « naturelles » face aux changements globaux (la planète), et (c) une gouvernance efficace et équitable des services rendus par la nature (nous). Le principal enjeu consiste à valoriser la contribution des aires protégées pour la conservation de la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques, la santé et le bien être des populations, la gouvernance des territoires et plus globalement pour répondre aux défis du développement. C’est également à cette occasion que sera lancée officiellement la liste verte des aires protégées. Ce congrès constitue une occasion majeure pour valoriser l’expertise française en matière de conservation de la biodiversité, présenter les savoir-faire et les bonnes pratiques de nos réseaux d’aires protégées, et influer sur les orientations de la politique mondiale des aires protégées. Le Comité français de l’UICN a donc souhaité mettre en place dans le cadre de sa Commission des aires protégées, en coordination avec le GIP Aten, une plateforme pour faciliter la coordination des initiatives françaises et valoriser l’ingénierie des réseaux de gestionnaires d’aires protégées. La participation est ouverte à l’ensemble des membres de l’UICN et de l’Aten (ONG, établissements publics, ministères), aux experts des commissions et des groupes de travail, et plus globalement aux acteurs impliqués dans la création et la gestion des aires protégées. Pour plus d’informations sur le Congrès mondial des parcs et sa préparation en France : • Site Internet officiel du Congrès mondial des Parcs : http://www.worldparkscongress.org • Site Internet de la plateforme française (10 février) : http://congres.airesprotegees.fr • Contact : Thierry Lefebvre (UICN France) / Naïk Faucon (Aten)

Un quart des requins et des raies menacés d’extinction au niveau mondial

Un quart des requins et des raies sont menacés d’extinction au niveau mondial selon la Liste rouge des espèces menacées ™ de l’UICN, les raies étant à un niveau de risque plus élevé que les requins. Ces résultats font partie de la première analyse mondiale de ces espèces effectuée par le Groupe de spécialistes des requins de l’UICN. Cette étude, qui marque le début de l’année du 50e anniversaire de la Liste rouge de l’UICN, a été publiée dans la revue eLIFE. Elle inclut l’analyse de l’état de conservation de 1041 espèces de requins, raies et chimères (groupe d’espèces proche des requins et raies). Selon les résultats, les requins, les raies et les chimères présentent un risque d’extinction considérablement plus élevé que la plupart des autres groupes d’animaux. Ce groupe présente la plus faible proportion d’espèces considérées comme étant en bonne situation – seulement 23 % des espèces sont classées en catégorie « Préoccupation mineure ». « Notre analyse montre que les requins et les espèces qui leur sont proches sont confrontés à un risque alarmant d’extinction », a déclaré le Dr Nick Dulvy, co-président du Groupe de spécialistes des requins de l’UICN et titulaire d’une chaire de recherche du Canada à l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique.« Les grandes espèces de raies et de requins sont les espèces les plus en péril, en particulier celles qui vivent dans des eaux peu profondes, accessibles à la pêche. «  L’article indique également que la surpêche est la principale menace pesant sur ces espèces. Les captures déclarées de requins, raies et chimères ont atteint un pic en 2003, les raies représentant la part la plus importante sur les 40 dernières années. De plus, les captures réelles sont susceptibles d’être largement sous-évaluées. Les prises non-intentionnelles représentent une grande partie des captures de requins et de raies, mais le développement des marchés émergents et la diminution des stocks des espèces ciblées par les pêcheries font de ces « prises accessoires » des prises de plus en plus convoitées. L’abattage intentionnel des requins et des raies lié au fait qu’ils sont perçus comme un risque pour les personnes, l’impact des engins de pêche et les captures ciblées sont les causes du classement en catégories menacées d’au moins 12 espèces. « Étonnamment, nous avons constaté que les raies, y compris les poissons-scie, les raies guitare et les raies pastenagues, sont généralement moins bien loties que les requins, les raies représentant cinq des sept familles les plus menacées » a déclaré le Dr Colin Simpfendorfer, co – président du Groupe de spécialistes des requins de l’UICN et professeur en sciences de l’environnement à l’Université James Cook du Queensland en Australie.« Alors que l’attention du public, des médias et des gouvernements se penche de plus en plus sur le sort des requins, le déclin généralisé des raies passe totalement inaperçu. Les mesures de conservation en faveur des raies sont très en retard, ce qui accroît notre inquiétude sur la situation de ce groupe d’espèces « . Le marché mondial des ailerons de requins, pour la préparation de soupe d’ailerons, est un facteur important du déclin des requins, mais aussi de certaines raies à ailerons valorisables, comme les raies guitare. Les requins, raies et chimères sont également recherchés pour leur viande. D’autres produits sont fabriqués à partir de ces espèces : fortifiant chinois à base de branchies de raies manta, ou produits pharmaceutiques à base de foie de requins de profondeur. L’Indo-Pacifique, en particulier le golfe de Thaïlande, et la mer Méditerranée sont les deux « points chauds » où le déclin des requins et des raies est le plus alarmant. Selon les experts, la mer Rouge abrite également un nombre relativement élevé de requins et de raies menacés. « Les requins, les raies et les chimères se développent généralement lentement et produisent peu de petits, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la surpêche », affirme Sonja Fordham, vice-présidente du Groupe de spécialistes des requins de l’UICN et présidente de « Shark Advocates International », un projet de « The Ocean Fondation », basée à Washington DC.« Des progrès politiques significatifs ont été accomplis au cours des deux dernières décennies, mais pour une conservation efficace de ces espèces, une accélération importante de la dynamique et un élargissement de la portée des mesures sont nécessaires pour prendre en compte toute la diversité de ces espèces exceptionnelles. Notre analyse démontre clairement que la nécessité d’une telle action est urgente ». Les requins, raies et chimères sont appelés « poissons cartilagineux » en raison de leurs squelettes constitués de cartilage plutôt que d’os. Ils sont l’un des groupes d’animaux les plus anciens et les plus écologiquement diversifiés au monde. L’étude est le résultat d’une collaboration de 302 experts de 64 pays différents. Toutes les informations sur la situation mondiale des requins, raies et chimères : http://www.iucn.org/fr/ ?14311/A-quarter-of-sharks-and-rays-threatened-with-extinction Plus d’informations sur la situation en France métropolitaine de ces espèces : http://uicn.fr/liste-rouge-nationale-les-requins-et-raies-de-france-metropolitaine-menaces-par-une-peche-non-durable/

Position du Comité français de l’UICN sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Les zones humides abritent un très grand nombre d’espèces animales et végétales adaptées et caractéristiques de ces milieux. Elles rendent de nombreux services à notre société, tels que la production de nourriture et de matériaux divers, la régulation de la ressource en eau ou encore le contrôle des pollutions. Pourtant, près de 67% des zones humides métropolitaines ont disparu depuis le début du XXème siècle : leur conservation est donc un enjeu prioritaire et le lancement d’un nouveau plan national d’actions en 2014 a été annoncé par le gouvernement lors de la 2ème conférence environnementale. Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est né en 1967 et les associations de protection de l’environnement s’y sont montrées réticentes dès les premières phases, contestant ce choix d’aménagement du territoire et constatant les très forts impacts écologiques de ce projet. Il a récemment déclenché de vives réactions et manifestations citoyennes et associatives, dont l’ampleur est souvent comparée à la mobilisation contre l’extension du camp militaire sur le plateau du Larzac ou contre le projet d’implantation de la centrale nucléaire dans le Cap Sizun du début des années 1970 à 1981. Le site concerné, d’une superficie d’environ 1600 hectares, est en effet constitué à 98 % de zones humides. Il s’agit d’un espace bocager de landes et de prairies humides, ainsi que de prairies mésophiles et de forêts de feuillus. L’équilibre entre les activités agricoles extensives et une artificialisation très limitée des sols a permis le maintien d’un réseau hydrographique dense caractérisé par une eau de très bonne qualité, qui de fait, joue un rôle important vis-à-vis des bassins versants avals de la Loire et de la Vilaine. En raison de la déclaration en Zone d’Aménagement Différé de 1974, l’agriculture extensive de proximité s’est maintenue. Beaucoup de milieux similaires ont déjà été drainés ou modifiés en Loire-Atlantique, département classé comme l’un des plus artificialisés de France avec un taux supérieur à 16% de sa superficie. Ce site est d’une grande importance écologique, au sens large. En effet, il englobe deux ZNIEFF et accueille une quarantaine d’espèces d’intérêt national et/ou communautaire, pour certaines protégées par les Directives « Oiseaux » et « Habitats », au même titre que plusieurs communautés végétales. Mais surtout, de par la configuration topographique, leur situation géographique, et leurs conditions d’usages, ces zones humides jouent un rôle clé dans la régulation de la ressource en eau, dont l’écrêtement des crues. La destruction de cet écosystème, même accompagnée de mesures compensatoires adéquates, aura des impacts autant quantitatifs que qualitatifs sur les masses d’eaux de surface, souterraines et de transition à une échelle bien plus large que celle du site, sans oublier l’augmentation du risque d’inondation pour les habitants des villes alentours. Enfin, la mise en œuvre de ce projet créera en l’état un précédent dommageable pour de nombreux sites naturels en France. La mise en œuvre de la doctrine « Eviter-Réduire-Compenser » apparaît en effet insuffisante dans la méthodologie proposée par les maîtres d’ouvrages, de par la globalisation des fonctions à compenser, les ajustements réalisés en termes de surfaces de zones humides impactées et la conversion en « Unité de Compensation Globale » de l’évaluation des impacts résiduels sur ces zones humides. Le manque de justification de cette méthode a été avancé par de nombreux experts et par le Conseil National de la Protection de la Nature. Le Comité français de l’UICN estime donc qu’il est nécessaire, avant le lancement de tout travaux, de compléter les connaissances par la réalisation d’études permettant d’aboutir à une connaissance approfondie des impacts du projet sur les systèmes écologiques du site et de ses alentours. Il est notamment indispensable de disposer de données précises sur les fonctions liées à la gestion de la ressource en eau et sur les risques potentiels engendrés par la disparition d’une telle superficie de zones humides fonctionnelles. Ces études doivent être réalisées pour définir et mettre en oeuvre toutes les actions nécessaires pour éviter, réduire et compenser les impacts sur les services rendus par les zones humides et les espèces présentes dans une démarche d’exemplarité et d’excellence environnementale.

Biodiversité d’Outre-mer : une exceptionnelle richesse et une responsabilité mondiale de la France pour la protection de la planète

Le Comité français de l’UICN publie « Biodiversité d’Outre-mer » un ouvrage de référence présentant les dernières connaissances scientifiques sur la biodiversité terrestre et marine des collectivités françaises d’outre-mer ainsi que les actions mises en œuvre pour la protéger. Grâce à la contribution de plus de 150 experts, il permet de mesurer les efforts accomplis depuis dix ans et de souligner les défis restant à relever pour la conservation de la biodiversité. Un atout exceptionnel, des responsabilités internationales Les collectivités d’outre-mer abritent des richesses naturelles exceptionnelles : l’un des plus importants sites de ponte du monde pour les tortues luth en Guyane, des colonies de millions de manchots dans les archipels de Crozet et de Kerguelen (TAAF), des hauts lieux de reproduction pour les baleines à bosse à Mayotte, la deuxième plus grande barrière de récifs coralliens au monde en Nouvelle-Calédonie… Grâce aux outre-mer, la France possède le 2ème domaine maritime mondial incluant 55 000 km² de récifs coralliens et lagons, soit environ 10 % de la superficie mondiale. Les outre-mer sont caractérisés par leurs très forts niveaux d’endémisme : plus de 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires endémiques à la France sont ultramarins. Cette spécificité implique une responsabilité de premier plan pour la France : si les espèces disparaissent de ces territoires, elles disparaissent de la planète. Les Outre-mer aux premières loges de la crise mondiale de la biodiversité Revers de la médaille, la France se place au sixième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées selon la Liste rouge de l’UICN publiée en 2013. Cette situation est principalement due aux collectivités françaises d’outre-mer comme la Nouvelle-Calédonie, troisième place mondiale pour le nombre de reptiles menacés, ou la Polynésie française, territoire avec le plus grand pourcentage d’espèces d’oiseaux menacées ou éteintes. Des efforts de conservation en 10 ans… à poursuivre et amplifier Pour protéger ce patrimoine, de nombreuses aires protégées ont été créées : deux Parcs nationaux à La Réunion et en Guyane, la plus grande Réserve naturelle nationale dans les TAAF, deux Parcs naturels marins à Mayotte et dans les îles Glorieuses… Ainsi, en dix ans, la superficie cumulée totale des aires protégées en outre-mer a été multipliée par 10. De plus, les inscriptions du lagon de Nouvelle-Calédonie et des Pitons, cirques et remparts de La Réunion sur la liste des biens naturels au Patrimoine mondial de l’UNESCO témoignent de la reconnaissance internationale de ces hauts-lieux de biodiversité. Pour autant, le réseau des aires protégées, marines et terrestres, doit poursuivre son extension et les moyens nécessaires doivent être accordés pour assurer une gestion efficace de ces espaces. Depuis 2003, la prise en compte des enjeux ultramarins dans les politiques de la biodiversité s’est améliorée au niveau national, comme en témoigne la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité, et au niveau européen grâce au financement par la Commission européenne de trois récents appels à projets dédiés à la biodiversité des outre-mer dotés chacun de 2 millions d’euros. Malgré ces signes encourageants, il reste encore à construire une véritable politique européenne pour la biodiversité des outre-mer dotée d’un financement pérenne. Sur le territoire national, les défis de l’intégration de la biodiversité dans les autres politiques, comme celles liées à l’exploitation minière et pétrolière ou à la construction d’infrastructures et l’urbanisme restent majeurs. L’implication des collectivités locales est cruciale sur ces sujets et pour la mise en place de stratégies territoriales pour la biodiversité, comme c’est le cas en ce moment à Mayotte. Le réseau des acteurs de la biodiversité dans les collectivités d’outre-mer s’est structuré donnant lieu à la mise en place de nouveaux programmes de conservation mais les financements des associations de protection de la nature, acteurs essentiels, doivent être consolidés et accrus. Plus globalement, un renforcement des moyens humains et financiers pour la mise en œuvre des politiques de la biodiversité est nécessaire pour répondre efficacement aux enjeux de conservation. Grâce aux outre-mer, la France porte une responsabilité de premier plan au niveau mondial pour enrayer l’extinction de la biodiversité. Elle doit accentuer ses efforts dans ces territoires si elle veut atteindre les objectifs d’Aïchi en 2020 et respecter ses engagements internationaux auprès de la Convention sur la diversité biologique.   Biodiversité d’Outre-mer ISBN : 978-2- 915964-06-6 Ouvrage coordonné par Olivier Gargominy et Aurélie Bocquet Coédité par les éditions Roger Le Guen et le Comité français de l’UICN avec le soutien du Ministère des Outre-mer, du Centre National du Livre, de l’Office National des Forêts et de la Fondation Nature et Découvertes. Prix de vente : 45 € En vente en librairie ou auprès du Comité français de l’UICN (uicn@uicn.fr) Document joint Communiqué de presse UICN France Publication de Biodiversité d’Outre-mer

Liste rouge nationale : les requins et raies de France métropolitaine menacés par une pêche non durable

D’après la Liste rouge des espèces menacées en France, au moins 11 espèces de requins et de raies sont menacées dans les eaux de France métropolitaine. L’état des lieux réalisé met en évidence l’impact de la pêche intensive, principale cause du déclin de ces espèces. Les analyses ont porté sur l’ensemble des poissons dits « cartilagineux », comprenant les requins, les raies et les chimères. Etabli avec la contribution d’un panel de spécialistes, ce bilan a été conduit par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale   DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (décembre 2013)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Rapport d’évaluation• Publication : UICN France, MNHN (2013). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Requins, raies et chimères de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Requin-pèlerin © François Würz – Les Aquanautes

Robert Barbault : une grande figure de la biodiversité nous a quittés

Le Comité français de l’UICN est profondément attristé par le décès de Robert Barbault l’un des plus grands spécialistes de l’écologie et rend hommage à son engagement pour la préservation de la biodiversité et la réconciliation de l’homme et de la nature. Robert Barbault est décédé le 12 décembre 2013 à Paris à l’âge de 70 ans. Il était professeur émérite à l’Université Paris VI et au Muséum national d’Histoire naturelle où il a dirigé le département « Ecologie et gestion de la biodiversité » de 2002 à 2012. Il avait auparavant dirigé le Programme national « dynamique de la biodiversité et environnement » du CNRS (lancé en 1992) et l’Institut fédératif d’écologie fondamentale et appliquée. De par la qualité de ses travaux et le rôle qu’ils ont joué dans la promotion des sciences de l’écologie, il avait reçu, conjointement avec Bernard Delay, le « Grand prix de la Société Française d’Écologie » le 4 septembre 2010. Engagé dans la préservation de la biodiversité, il présidait le comité français du programme MAB (Man and Biosphere) de l’UNESCO et le conseil scientifique de Parcs Nationaux de France. Il était également Vice-Président de l’association Humanité & Biodiversité et membre du Groupe « Patrimoine mondial » du Comité français de l’UICN. Il a publié des ouvrages de référence sur l’écologie (Ecologie générale : structure et fonctionnement de la biosphère) et la biodiversité (Des baleines des bactéries et des hommes, Un éléphant dans un jeu de quilles, La vie quelle entreprise !, et dernièrementAvant que nature meure, pour que nature vive à l’occasion de la réédition du livre de Jean Dorst). A la fois grand scientifique et excellent pédagogue, il a su démontrer et expliquer les interactions et les liens étroits entre les hommes et les autres éléments du vivant, alerter sur les dangers de l’érosion de la biodiversité et l’importance de sa protection, et plaider pour une réconciliation des hommes et de la nature, en parfaite adéquation avec la vision de l’UICN : « un monde juste qui valorise et conserve la nature ».

Publication de la brochure sur les services rendus par les écosystèmes urbains

Après la publication d’un premier volume présentant le contexte et les enjeux des services écologiques (ou écosystémiques) puis d’une brochure sur les services rendus par les écosystèmes forestiers, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une nouvelle brochure sur les services écologiques fournis par les écosystèmes urbains. Ces brochures visent, sur la base des connaissances scientifiques et d’exemples concrets, à mieux connaître les services rendus par les écosystèmes pour sensibiliser les différents acteurs à l’importance de préserver la biodiversité sur notre territoire. Après les écosystèmes forestiers, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une nouvelle brochure sur les services écologiques fournis par les écosystèmes urbains français (métropole et outre-mer). Après une présentation de l’écosystème concerné et de ses spécificités, sont illustrés l’ensemble des services selon la typologie définie dans le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) : support, approvisionnement, régulation, culturel. L’urbanisation et l’artificialisation du territoire ont conduit à une diminution et une dégradation des milieux naturels, mais le retour de la nature en ville permet de mettre en avant les bénéfices fournis par les écosystèmes urbains : régulation des inondations, régulation climatique, régulation de la qualité de l’eau, de l’air et des sols, pollinisation, services culturels… Ces derniers, correspondant aux loisirs et aux aspects esthétiques et patrimoniaux que représentent les espaces naturels en ville, prennent aujourd’hui une importance majeure car ils font l’objet d’une demande sociale importante. De plus, les preuves scientifiques s’accumulent sur la relation positive entre bien-être, santé et espaces verts. A suivre prochainement : la brochure sur les écosystèmes marins et côtiers. Contact Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques » Documents joints UICN France – Services Ecosystèmes urbains