Biodiversité et changement climatique

L’escalade des effets du changement climatique sur les espèces Une publication scientifique réalisée par 18 experts de l’UICN a évalué la vulnérabilité des espèces face aux changements climatiques et indique que le temps est compté pour la survie de nombreuses espèces. La publication fournit également des conseils sur la réalisation d’évaluations rigoureuses, qui prennent en compte les différentes façons dont le changement climatique peut devenir une menace pour les espèces. Ces travaux contribueront à mieux intégrer les menaces liées aux changements climatiques dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. « Avec des espèces dans le monde de plus en plus touchées par le changement climatique, nous avons un besoin urgent de moyens fiables pour mesurer leur vulnérabilité – ce n’est qu’alors que nous pourrons identifier les plus menacées », affirme Wendy Foden, l’auteure principale et présidente du Groupe de spécialistes sur les changement climatiques de la Commission de Sauvegarde des espèces de l’UICN. « Les effets des changements climatiques sur les espèces varient considérablement ; ce document fournit des conseils pratiques sur la façon de mesurer leur vulnérabilité globale de manière précise et comparable, depuis celles vivant dans la toundra jusqu’à celles des forêts équatoriales. Comprendre ce qui rend les espèces vulnérables garantit que les efforts de conservation sont aussi ciblés et efficaces que possible. » Les effets du changement climatique sur les espèces vont de la hausse du niveau de la mer à la destruction des habitats jusqu’aux variations dans la disponibilité des ressources alimentaires, comme c’est le cas pour de nombreux oiseaux marins. Les auteurs soulignent que les évaluations devraient déterminer toutes les pressions auxquelles les plantes, les animaux et les champignons font face à cause du changement climatique, puis choisir les méthodes et données d’évaluation appropriées. Il existe de plus en plus de preuves sur les probabilités d’extinction des espèces due au changement climatique, avec la première disparition documentée du Rat à queue mosaïque de Bramble Cay (Melomys rubicola), enregistrée en 2016. Les changements climatiques anthropiques affectent déjà les espèces dans la plupart des latitudes et dans la plupart des types d’habitats naturels, y compris les récifs coralliens, les forêts, la toundra, les déserts, les prairies et les zones humides. Le changement climatique est une menace pour près d’un cinquième des espèces menacées de la Liste rouge de l’UICN. « Les sociétés du monde entier ont besoin d’écosystèmes sains et fonctionnels pour soutenir la vie humaine », affirme Sandeep Sengupta, Coordinateur mondial sur les changements climatiques de l’UICN. « Le changement climatique transforme de plus en plus les systèmes naturels du monde, et nous devons être en mesure de prédire avec précision comment cela se produira pour se préparer aux conséquences. Des évaluations approfondies sur la vulnérabilité au changement climatique sont essentielles pour que nous soyons aussi préparés que possible face aux changements spectaculaires prévus. » Selon le rapport, à ce jour, les évaluations sur la vulnérabilité au changement climatique ont eu tendance à négliger les espèces qui ont de petites répartitions, comme de nombreux amphibiens subsahariens, et à sous-estimer les risques pour celles qui déclinent en nombre ou en répartition. Les auteurs avertissent que cela est particulièrement préoccupant, car ces espèces sont aussi davantage exposées à un plus grand risque d’extinction. Les auteurs ont apporté leur expertise sur les six continents, pour la plupart des écosystèmes, des océans aux déserts, et à une large gamme d’espèces, de mammifères aux plantes et aux insectes. Les orientations qu’ils présentent reposent sur un consensus élaboré au moyen du document « Lignes directrices de la Commission de sauvegarde des espèces pour évaluer la vulnérabilité des espèces face au changement climatique.«  L’article scientifique intitulé « Évaluation de la vulnérabilité des espèces face aux changements climatiques » a été publié dans la revue WIREs Climate Change.   Le GIEC alerte de son côté sur les conséquences d’un réchauffement des températures au-delà de 1,5°C L’accord de Paris sur le Climat, adopté en décembre 2015 lors de la COP21, prévoit de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. A la demande des pays les plus vulnérables, comme les nations insulaires menacées de submersion par la montée des océans, a été ajoutée la nécessité de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5°C. Les Etats ont alors commandé au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) un rapport spécial sur « les impacts d’un réchauffement global de 1,5 °C et les trajectoires d’émissions mondiales de gaz à effet de serre associées ». Ce rapport de 400 pages, établi par près d’une centaine d’auteurs de 40 pays sur la base de plus de 6 000 études scientifiques, donne lieu à un « résumé à l’intention des décideurs » d’une vingtaine de pages, destiné à éclairer les gouvernements. Il les alertent sur les conséquences d’un réchauffement au-delà de 1,5°C. Vagues de chaleur, extinctions d’espèces, déstabilisation des calottes polaires, montée des océans sur le long terme… Toute augmentation des températures au-delà de 1,5 °C aggraverait ces impacts sur l’environnement. Pour les experts, limiter la hausse à 1,5 °C passe par une réduction massive des émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 et la réalisation d’une « neutralité carbone » en 2050.   Le WWF a aussi étudié l’impact du changement climatique sur la biodiversité au coeur des écorégions prioritaires Une récente étude du WWF, conduite en partenariat avec des experts du Tyndall Centre for Climate Change de l’Université d’East Anglia, modélise les conséquences du réchauffement climatique sur la biodiversité de 35 écorégions selon trois scénarios : un réchauffement à +2°C, un autre à +3,2°C et enfin un scénario à +4,5°C. Dans ce dernier scénario, la moitié des espèces qui peuplent actuellement les écorégions sont menacées d’extinction. Dans le scénario de +2°C, cette perte de biodiversité serait divisée par deux. La biodiversité a une valeur intrinsèque, et la perte de la vie sauvage au sein des aires naturelles les plus exceptionnelles de la planète nous appauvrissent tous. Au-delà des répercussions évidentes aux niveaux économique et social, nous nous exposons à de profonds changements impactant des écosystèmes fournissant des

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts et les conséquences seront graves pour notre avenir à moins que des mesures ne soient prises de toute urgence pour les sauver : tel est le cri d’alarme lancé par le rapport mondial de la Convention de Ramsar sur les zones humides. Entre 1970 et 2015, environ 35% des zones humides de la planète ont disparu et le rythme de disparition s’est accéléré depuis 2000, selon les premières Perspectives mondiales pour les zones humides de la Convention de Ramsar, un traité mondial ratifié par 170 pays en vue de les protéger et de promouvoir leur utilisation rationnelle. Le rapport montre qu’aucune région dans le monde n’est épargnée. Cette disparition est le résultat de grandes tendances telles que les changements climatiques, la démographie galopante, l’urbanisation, en particulier des zones côtières et des deltas fluviaux, et de l’évolution des modèles de consommation responsables des changements intervenus dans l’utilisation des terres et de l’eau, ainsi que dans l’agriculture. On estime que les zones humides – lacs, cours d’eau, marais et tourbières mais aussi zones marines et côtières telles que les estuaires, les lagunes, les mangroves et les récifs coralliens – couvrent actuellement plus de 12,1 millions de km2, une superficie plus vaste que celle du Groenland. Entre 13 et 18% sont inscrites sur la Liste de Ramsar des zones humides d’importance internationale et sont des sites protégés. Les zones humides sont cruciales pour l’homme et pour la vie sur la planète. Directement ou indirectement, elles fournissent presque toute l’eau douce consommée dans le monde. Plus d’un milliard de personnes en dépendent pour leur subsistance et 40% des espèces vivent et se reproduisent dans les zones humides. Elles sont une source vitale d’aliments, de matières premières, de ressources génétiques pour la pharmacopée et d’énergie hydroélectrique. Elles atténuent les crues, protègent les littoraux et renforcent la résilience des communautés aux catastrophes et elles jouent un rôle important dans le transport, le tourisme et le bien‑être culturel et spirituel de tous les peuples. Des études montrent que la valeur économique des services fournis par les zones humides dépasse largement celle des écosystèmes terrestres. Ainsi, la valeur économique totale des zones humides intérieures est cinq fois plus élevée que celle des forêts tropicales, l’habitat terrestre le plus précieux. Les zones humides jouent aussi un rôle essentiel dans les efforts de régulation du climat mondial. Les tourbières, qui ne couvrent que 3% de la superficie de la planète, stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde et les marais, les herbiers marins et les mangroves sont aussi des écosystèmes riches en carbone. Toutefois, les zones humides produisent 20 à 25% des émissions mondiales de méthane et l’augmentation des températures due aux changements climatiques devrait augmenter les émissions de gaz à effet de serre des zones humides, en particulier dans les régions de permafrost. Et pourtant, les zones humides restent dangereusement sous-évaluées dans les plans nationaux des décideurs et législateurs. C’est une omission inexplicable si l’on en juge par le rôle pivot que jouent les zones humides en permettant la réalisation des engagements mondiaux relatifs aux changements climatiques, au développement durable, à la biodiversité et à la réduction des risques de catastrophe. En effet, à elles seules, les zones humides contribuent à 75 indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD). Les menaces persistantes et croissantes qui pèsent sur les zones humides de la planète sont le drainage de l’eau, la pollution, l’utilisation non durable, les espèces envahissantes, les flux interrompus par les barrages et le déversement de sédiments par le déboisement et l’érosion des sols en amont. Les tendances de la qualité de l’eau se détériorent et près de toutes les sources d’eau douce du monde sont plus ou moins altérées. La pollution de l’eau et la charge de matières nutritives provenant du ruissellement des engrais sont parmi les plus grands problèmes. Selon l’Organisation des Nations Unies, plus de 80% des eaux usées sont déversées dans les zones humides sans traitement adéquat tandis qu’en 2018, la quantité d’engrais utilisée sera supérieure de 25% à celle de 2008, ce qui exacerbera une croissance végétale excessive dans les zones humides et le taux de décomposition, privant la flore et la faune d’oxygène. La crise de la biodiversité est tout aussi alarmante. Plus de 25% de toutes les plantes et de tous les animaux des zones humides sont en danger d’extinction. L’indice de la Liste rouge de l’UICN, qui évalue la probabilité de survie en utilisant les données disponibles, a identifié des tendances négatives pour les mammifères, les oiseaux, les amphibiens et les coraux des zones humides, ce qui signifie que tous se dirigent vers l’extinction. Avec l’élévation des températures de la mer, les récifs coralliens subissent le déclin le plus rapide tandis que les amphibiens sont les moins nombreux et les plus menacés. Les poissons, les reptiles et les grands mammifères des zones humides sont également vulnérables : toutes les espèces de tortues sont menacées au plan mondial et un tiers d’entre elles sont en danger critique d’extinction. Le rapport insiste sur la nécessité de se doter de plans de gestion efficaces des zones humides et d’intégrer les zones humides dans la préparation et l’application de plans nationaux sur le développement durable, les changements climatiques et autres engagements mondiaux importants. Le rapport souligne aussi que la bonne gouvernance et des institutions efficaces aux niveaux local, national et régional sont des facteurs cruciaux pour prévenir la perte et la dégradation des zones humides, y mettre un terme et renverser les tendances. Prenant des exemples de succès obtenus à travers le monde, le rapport recommande notamment de mettre à profit les mécanismes de financement existants pour fournir des incitations économiques et financières aux communautés et aux entreprises et les engager à protéger les zones humides au moyen d’avantages fiscaux. Par ailleurs, il serait faudrait fin aux incitations perverses pour les agriculteurs et les entreprises, par exemple aux subventions à l’agriculture qui encouragent la transformation ou la pollution des zones humides.   Plus d’informations – Télécharger le rapport – Le programme « écosystèmes »

Lancement de Zones Humides Educatives en Guadeloupe 

Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-animé par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, lance pour cette année scolaire, en partenariat avec le Rectorat de Guadeloupe, les premières Zones Humides Educatives (ZHE). Ce dispositif, qui s’inspire du modèle des Aires Marines Educatives (AME), est une démarche citoyenne mettant les élèves au coeur d’une réflexion collective sur la protection et la gestion des zones humides (mangroves, forêts marécageuses, marais, salines, lagunes, cours d’eau) autour d’un site à la surface adaptée, géré de manière participative par des élèves de primaire ou secondaire et leurs enseignants. Une classe pilote, les CM1 de l’école Hippolyte COCLES de Lasserre sur la commune de Morne-à-L’eau, avait testé le concept l’année passée sur le site de Gédéon-Bambou, une ancienne décharge réhabilitée. Sous la houlette de leur enseignante et directrice de l’école, Madame Madly Maximin, les élèves ont ainsi pu se rendre à plusieurs reprises sur le site pour des actions d’entretien et de nettoyage ainsi que d’aménagement, conçu un kit terrain (mètre, corde, kit qualité de l’eau etc.), réalisé une vidéo et une application « petits gestionnaires de ZHE », et présenté leur projet à d’autres établissements et lors d’évènements divers en 2017-2018. Leur projet de gestion s’est articulé autour de trois piliers : un pilier « connaissances » (réalisation de panneaux, poèmes et contes, travaux manuels, dessins et réalisation de fiches identité espèces) ; un pilier « vivre » (sorties terrains, initiations aux relevés scientifiques, jeux ludiques, logo), et un pilier « transmettre et gérer » (page Facebook, tenue de conseils, élaboration du plan de gestion, kit terrain). Ce mois de septembre, le flambeau a été transmis aux nouveaux CM1 de cette école. Mais le concept a fait émule, et cette année scolaire 2018-2019, ce sont 8 nouvelles ZHE qui verront le jour sur le territoire guadeloupéen : trois sur la communauté d’agglomération Cap Excellence regroupant les villes de Pointe à Pitre, Baie Mahault et Abymes, et cinq sur la Communauté d’Agglomération du Nord Grande Terre regroupant les communes de Morne à l’Eau, Petit Canal, Port Louis, Anse Bertrand, et le Moule. Pour répondre aux besoins grandissants exprimés par les classes de ces communes, le Pôle-relais zones humides tropicales a recruté un coordinateur pédagogique, Florian Iglesias, dont le rôle est d’appuyer les enseignants dans la mise en œuvre et la labellisation  de ces nouvelles ZHE. Florian les aide ainsi à définir le programme d’activités des élèves, intervient en classe avec l’enseignant(e), et développe et anime le réseau d’acteurs impliqués dans ces démarches sur le territoire. Les ZHE ont de belles années devant elles, car un nombre croissant d’écoles sont séduites par le concept et souhaitent faire partie de cette démarche ludique, innovante, et citoyenne.  Les ZHE, qui ont pour ambition de déclencher une prise de conscience chez les enfants et à terme, de faire évoluer les mentalités sur la perception des zones humides, ont vocation a être reproduites à plus vaste échelle, non seulement  sur le territoire guadeloupéen mais aussi sur les autres territoires ultramarins tropicaux sur lesquels le Pôle-relais intervient. Les zones humides tropicales des outre-mer sont d’extraordinaires réservoirs de biodiversité, aux valeurs environnementales mais aussi sociales, économiques et culturelles importantes qui sont particulièrement menacées par l’industrialisation, l’urbanisation, l’agriculture et les activités minières, qui entraînent leur dégradation et leur destruction. Le Pôle-relais zones humides tropicales est convaincu qu’obtenir l’adhésion de tous – en particulier les jeunes générations – sur la nécessité de conserver ces écosystèmes, par le biais d’outils pédagogiques originaux et ludiques, est le meilleur moyen de faire émerger une volonté d’agir.     Qu’est-ce qu’une ZHE ? Inspirée par la définition de Ramsar, une ZHE est une « zone comportant des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée, saumâtre de façon permanente ou temporaire d’une superficie pédagogiquement adaptée, gérée de manière participative par les élèves et les enseignants d’une école primaire ou secondaire, suivants des principes définis par une charte. Elle constitue un projet pédagogique et éco-citoyen de connaissance et de protection du milieu humide par des jeunes publics. La classe est ainsi placée au cœur d’une dynamique territoriale faisant appel à l’expertise de l’école et de la commune concernée, mais aussi d’associations d’usagers ou de protection de l’environnement ».   Plus d’informations Intéressés par le concept des ZHE ? Contactez l’équipe du Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) : Gaëlle Vandersarren, coordinatrice : gaelle.vandersarren@uicn.fr Florian Iglesias, coordinateur pédagogique : florian.iglesias@uicn.fr Retrouvez les travaux de l’UICN France dans les Outre-mer sur ce lien et ceux du PRZHT sur sa page dédiée

Portrait biodiversité de l’ONCFS

Nirmala Séon-Massin Directrice adjointe de la recherche et de l’expertise à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS)   Qu’est ce que l’ONCFS ? L’ONCFS est un établissement public de l’état sous la double tutelle des ministères de l’écologie et de l’agriculture. Ses missions sont la police de l’environnement, l’acquisition de connaissances, la recherche et l’expertise sur la faune sauvage, l’appui aux politiques publiques, et l’organisation et la délivrance du permis de chasser.   Quelles sont vos missions au service de la biodiversité ? L’ONCFS est souvent positionné à l’interface entre activités humaines et faune sauvage, dès lors que ces interactions engendrent des difficultés : espèces protégées menacées à forts enjeux (PNAs grand hamster, vison d’Europe, tortues marines en Guyane, lutte contre les trafics d’espèces…), impacts sur les activités humaines (crises sanitaires impliquant la faune, atteintes aux cultures et aux élevages…), pratiques agricoles favorables à la biodiversité, durabilité des pratiques cynégétiques… Ses différentes missions (police et expertise) sont complémentaires pour aider les pouvoirs publics à concilier ces activités et la préservation de la biodiversité.   Pouvez-vous nous présenter une action phare de votre organisme ? Nous venons d’obtenir un financement Life pour lutter contre l’érismature rousse, un petit canard exotique qui menace par hybridation l’érismature à tête blanche (en danger d’extinction sur la liste rouge). C’est un vrai coup de pouce pour la lutte sur le terrain, mais aussi pour la sensibilisation de tous les acteurs, dont les détenteurs. La police est en effet une approche indispensable pour éviter les introductions dans le milieu naturel et la lutte coûteuse qui s’ensuit. Nous comptons sur le comité français, acteur majeur de la problématique, et tous ses membres et experts pour contribuer au succès de ce projet.   Pourquoi avez-vous adhéré au Comité français de l’UICN ? L’ONCFS dans l’ensemble de ses missions travaille beaucoup en réseau avec tous les acteurs et partenaires concernés (scientifiques, techniques, gestionnaires…). L’UICN est un bel exemple de ces travaux collaboratifs, avec une diversité de points de vue et d’approches, et un regard guidé par la connaissance sur les différents sujets liés à la biodiversité, tant au niveau français qu’international.   Quelle est votre priorité pour les années à venir ? L’ONCFS a construit une expertise reconnue sur la gestion de nombreuses espèces animales, et nous souhaitons maintenant les rassembler pour mobiliser les acteurs de la gestion des milieux, notamment agricoles. Depuis plus de 10 ans, le programme Agrifaune (avec l’APCA, la FNSEA et la FNC) a posé des bases solides, et la fusion annoncée de notre établissement avec l’AFB pourrait être le levier pour enfin changer d’échelle. http://www.agrifaune.fr/ http://www.polebocage.fr/   Plus d’informations – Article du Code l’Environnement sur l’ONCFS – Site internet de l’ONCFS : http://www.oncfs.gouv.fr

Récifs coralliens : un enjeu pour l’humanité

Dans le cadre de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018), une exposition unique sur les récifs coralliens va être installée à Paris, Gare de Lyon, du 15 septembre au 9 novembre 2018. L’exposition « Récifs coralliens : un enjeu pour l’humanité » en visite libre offre aux visiteurs la possibilité de s’immerger visuellement dans l’univers merveilleux et peu connu des récifs coralliens.   Les récifs coralliens, des écosystèmes exceptionnels Les récifs coralliens, grandioses et pourtant fragiles, font partie des écosystèmes les plus menacés. Les spécialistes estiment qu’aujourd’hui plus de la moitié sont en situation critique. Les coraux sont en effet très sensibles aux modifications de leur milieu naturel. Ils supportent mal la hausse des températures, l’acidification des océans et les pollutions liées aux diverses activités humaines. Et quand le corail succombe, les espèces animales et végétales qui composent les communautés récifales sont en danger. Or celles-ci représentent un tiers de la biodiversité marine dans le monde. Et il y en a encore beaucoup à découvrir. Les détruire revient à perdre un patrimoine naturel inestimable, à menacer toute la chaîne alimentaire marine et mettre en péril la vie des populations humaines actuelles et à venir. En effet, la vie d’un demi-milliard de personnes dépend de la bonne santé des récifs coralliens. Ces nurseries géantes qu’ils constituent sont essentielles aux poissons, et donc aux hommes qui s’en nourrissent. Plus largement, l’économie littorale des zones tropicales est directement tributaire de la protection des barrières de corail (tourisme, protection des côtes contre les cyclones…). Afin de mettre à l’honneur ces écosystèmes, Alexis ROSENFELD a utilisé une technique d’images pour restituer ces paysages sous-marins dans toute leur beauté et révéler leur importance pour chacun de nous. Jamais les récifs coralliens n’ont été montrés de cette façon.   L’année internationale pour les récifs coralliens et la France La France abrite près de 10 % des récifs et 20% des atolls du monde dans ses collectivités d’Outre-mer. La biodiversité de ces écosystèmes est unique : 1km2 de récifs coralliens abrite autant d’espèces que l’ensemble des côtes littorales de France métropolitaine. La France détient ainsi une responsabilité locale, nationale et mondiale en matière de conservation des récifs et des mangroves et herbiers qui leur sont associés. L’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018) est une opportunité pour la France de sensibiliser le grand public, notamment métropolitain, sur cette responsabilité, et d’encourager tous les acteurs – qu’ils soient en métropole ou en outre-mer – à s’engager pour les préserver. L’initiative Internationale pour les Récifs coralliens (ICRI) a déclaré 2018 l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018) pour la troisième fois. L’objectif de cette célébration internationale est double : premièrement, sensibiliser le grand public sur la valeur des écosystèmes coralliens et leurs écosystèmes associés (mangroves et herbiers), et sur les menaces qui pèsent sur eux. Ensuite, faciliter les échanges entre porteurs d’enjeux pour favoriser l’émergence de stratégies efficaces de conservation de ces écosystèmes exceptionnels. A cette fin, tout au long de l’année, de nombreuses actions de sensibilisation répondant à cet objectif seront rassemblées sous le label IYOR 2018. Le Comité français de l’UICN participe à la promotion et l’organisation d’événements tout au long de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens.   Plus d’informations – Dossier de presse de l’exposition – Site internet d’Alexis Rosenfeld – Les actions du Comité français de l’UICN dans les Outre-mer – Le site internet de l’IFRECOR – Le site internet de l’IYOR2018 crédit photo © Alexis Rosenfeld

3ème édition de la Journée internationale des mangroves en Guadeloupe

Cette troisième édition guadeloupéenne a rassemblé plus de 100 personnes, ce jeudi 26 juillet, pour partir à la découverte de l’écosystème et des croyances magico-religieuses qui lui sont liées. À la fois zone d’ultime refuge et lieu emprunt d’un réalisme fantastique parfois inquiétant, cette forêt difficilement pénétrable nourrit depuis longtemps l’imaginaire des sociétés qui la côtoie. Mais avant d’aborder le kenbwa an Gwada, an nou gadé mangrov la ! Guidés par M. Éric Léopold, garde du littoral de la commune de Morne-à-l’Eau, les visiteurs ont pu découvrir la mangrove et la forêt marécageuse du site de Babin. Opportunité parfaite pour découvrir la transition entre ces deux écosystèmes, du point de vue de la succession des espèces d’arbres par exemple. Palétuviers rouges aux racines courbées, palétuviers noirs aux drôles de « tubas » qui sortent de terre, mangles médailles ou « Sang-Dragon », fromagers abritant des Soukougnans, diversité des crabes… un beau parcours émaillé d’anecdotes enrichissantes sur la nature, un plaisir pour les yeux. À la fin du parcours, le sociologue et historien M. Franck Garain a pris le relais pour évoquer  le thème des pratiques magico-religieuses en Guadeloupe et dans les Antilles de manière générale, puis autour de la mangrove en particulier. Le terme kenbwa désigne une forme de magie utilisée dans les Antilles pour apporter bonheur et protection ou pour lutter contre des forces malveillantes, des ennemis. Cette magie repose sur l’accumulation de croyances aux origines diverses – de l’Afrique à l’Inde en passant par l’Europe – ce qui est caractéristique de ces territoires. Une exposition photographique sur ces rites magiques ont permis aux visiteurs, le long d’un cheminement sur le site, de découvrir leur signification et leur application concrète : assemblages d’objets, de matières, d’un autel… autant de formes incantatrices qui parfois passent inaperçues pour celui qui n’y est pas initié ! Après un Bik à pawol final où les participants se sont exprimés sur leurs interrogations et même leurs propres expériences, cette matinée a tenu toutes ces promesses… La deuxième partie de cette journée a été dédiée à l’accueil des enfants du centre de loisir sans hébergements (CLSH) Paradi à timoun. Au programme : fabrication de masques magiques et conte sur la mangrove ! L’atelier « masques », permettant aux enfants de manipuler des matériaux naturels tout en appelant à leur sens artistique, s’est donc effectué en continuité avec le thème de la journée. Tout comme l’intervention interactive de M. Pascal Solvé, à la fois contée et chantée, accompagné de son musicien aux instruments évocateurs des bruits de la mangrove et qui a partagé avec les enfants le message important de la respecter, point d’orgue final de cette journée haute en couleur !   En savoir plus – Le Pôle Relais Zones Humides Tropicales

L’UICN France fait connaitre les pratiques d’éducation et de communication sur la nature de ses membres

Afin de valoriser les initiatives de celles et ceux qui agissent pour la biodiversité, l’UICN France publie aujourd’hui un inventaire des principales actions de communication et des projets éducatifs en faveur et de la biodiversité de ses membres. La Commission Education et Communication de l’UICN France qui réunit les experts français en la matière a piloté en 2017 un recueil d’actions de communication et de projets éducatifs en faveur de la biodiversité mis en oeuvre par ses membres. Le panel d’acteurs ayant contribué à ce recueil concerne aussi bien les associations de protection de la nature tels que les Conservatoires d’espaces naturels, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Fédération des française d’étude et de sports sous-marins (FFESSM) ou encore le WWF France, que les établissements publics comme l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB), le Conservatoire du littoral, ou le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN).  Ce sont au total 46 initiatives ayant une portée locale et nationale qui ont été analysées dégageant ainsi des tendances communicationnelles et des pistes de stratégies à adopter pour mettre en place des actions en faveur de la biodiversité à destination principalement du grand public. A titre d’exemple on peut citer : « La Nuit internationale de la chauve-souris » de la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères « La forêt s’invite à l’école » de l’Office National des forêts « Aires protégées : halte aux idées reçues ! » du réseau France Nature Environnement  » Les Jardins de Noé Junior » de l’association Noé « Le Festival des Images de Mer » de Nausicaa « Un coin de nature pour tous » du Réseau Ecole et Nature « Honu récré » de l’association Te mana o te moana Le recueil réalisé pour cette étude n’est pas exhaustif et représentatif de l’ensemble des initiatives en faveur de la biodiversité mises en place par les membres du Comité français de l’UICN. Il permet toutefois d’identifier plusieurs enseignements et processus commun pour informer et sensibiliser dans la durée. Le Comité français de l’UICN invite son réseau à partager ce travail pour favoriser l’échange et le partage des pratiques d’éducation à la nature de ses membres avec le plus grand nombre et susciter l’envie de devenir des acteurs de la sensibilisation.   Plus d’informations – Télécharger l’étude : Inventaire Tome 1 analyse  –  Inventaire Tome 2 panorama – Le programme Education et Communication – Contacts : Florence Clap, responsable du programme « Politiques de la biodiversité » et Emilie Dupouy, Chargée de communication

Lancement réussi d’Act4Nature pour la mobilisation des entreprises sur la biodiversité

L’initiative Act4Nature a lancé avec succès le 10 juillet 2018 une nouvelle mobilisation des entreprises sur les enjeux de biodiversité. 65 entreprises ont en effet présenté leurs engagements pour répondre aux enjeux urgents d’érosion du tissu vivant de la planète. Le Comité français de l’UICN est partenaire de cette initiative pilotée par l’Association Française des Entreprises pour l’Environnement (EpE) et espère qu’elle va se poursuivre pour prendre de l’ampleur d’ici 2020. Les entreprises mobilisées au sein d’Act4nature ont souscrit à 10 engagements communs et ont présenté des engagements individuels (voir lien ci-dessous). Parmi ces entreprises, le Comité français de l’UICN salue en particulier l’engagement de ses entreprises partenaires Ciments Calcia – GSM, EDF, Engie, Storengy et Veolia. Il salue également la signature par Eqiom et L’Occitane, ses deux autres entreprises partenaires, des engagements communs d’Act4Nature et de leur volonté de déposer un engagement individuel avant la fin de l’année 2018. Le Comité français de l’UICN attend que les engagements pris soient régulièrement évalués et améliorés pour répondre aux défis de plus en plus pressants de la disparition accélérée de la biodiversité. Il invite également toutes les entreprises à rejoindre l’initiative pour que l’ensemble du secteur privé se mobilise sur cette grande cause.   #act4nature#act4nature Plus d’informations – Site internet  de l’initiative : www.act4nature.com – Découvrir les engagements des 65 entreprises sur ce lien – Découvrir les engagements des entreprises partenaires de l’UICN France :  Engagement de Ciments Calcia – GSM Engagement de EDF Engagement de Engie Engagement de Storengy Engagement de Veolia – Contacts : Florence CLAP, Chargée de Programme ‘Politiques de la Biodiversité’ +33 (0)1 47 07 78 58

L’UICN France appelle les entreprises à mobiliser leurs salariés pour la biodiversité

L’UICN France publie aujourd’hui un rapport montrant comment les entreprises peuvent mobiliser leurs salariés dans leurs stratégies et actions pour la biodiversité. Face à son érosion qui continue à un rythme alarmant, les entreprises doivent prendre de nouveaux engagements tout en sensibilisant et en impliquant davantage leurs salariés. Adopter une stratégie ambitieuse pour limiter ses impacts sur la biodiversité et agir directement pour la préserver constitue un objectif majeur que toute entreprise doit se fixer. Mais l’efficacité d’une stratégie biodiversité repose avant tout sur des acteurs essentiels, les salariés, pour mettre en œuvre des opérations concrètes et adaptées sur les sites et à l’échelle de l’entreprise. Ainsi, la sensibilisation et la mobilisation des collaborateurs constituent une étape indispensable pour passer à l’action, et progresser vers un changement des comportements des salariés et donc de l’entreprise. C’est pour répondre à cet enjeu que le groupe de travail « Entreprises et biodiversité » de l’UICN France a analysé les pratiques réussies de ses partenaires entreprises et de ses organismes membres : visites naturalistes sur sites, réalisation d’un chantier nature, systèmes d’affichage présentant les enjeux biodiversité des sites, identification d’un référent biodiversité, sessions de formation ou encore l’organisation de concours. L’analyse apporte un éclairage sur les catégories de salariés concernés par les démarches ainsi que les succès et les freins rencontrés lors de leur mise en place. Onze exemples concrets illustrent les dynamiques engagées. Elle explore également les messages utilisés pour encourager les salariés à agir et leur pertinence. Il est souligné la nécessité d’un discours adapté au public ciblé pour lui permettre de mieux appréhender les enjeux ainsi que l’importance des expériences de nature et du dialogue avec des experts, comme des catalyseurs pour passer à l’action L’UICN France complète cet état des lieux par des recommandations et développe deux aspects fondamentaux pour mobiliser efficacement les salariés. D’une part, la nécessité l’élaborer une démarche sociale engageante portée par le plus haut niveau de l’entreprise. D’autre part, l’importance de favoriser un dispositif menant à l’action avec un discours valorisant les expériences.   Plus d’informations – Télécharger la publication « Sensibiliser et mobiliser les salariés d’entreprises en faveur de la biodiversité » – Le programme « Politiques de la biodiversité » – Contacts : Florence Clap, Chargée de « Programme Politiques de la biodiversité » et Elodie Russier-Decoster, Chargée de mission « Entreprises et biodiversité » Photo bandeau © Elodie Russier-Decoster

Dire « non » à l’huile de palme ne ferait que déplacer la perte des espèces, sans y mettre un terme, selon l’UICN

Interdire l’huile de palme augmenterait très certainement la production d’autres cultures oléagineuses pour répondre à la demande d’huile, et ne ferait ainsi que déplacer, sans arrêter, l’appauvrissement significatif de la biodiversité à l’échelle mondiale causé par l’huile de palme, met en garde un rapport de l’UICN.  Le rapport de l’UICN, intitulé Huile de palme et biodiversité, est une analyse objective des impacts de l’huile de palme sur la biodiversité mondiale et les solutions possibles. Sachant que les autres cultures oléagineuses requièrent jusqu’à neuf fois plus de terres que l’huile de palme pour la même production, le remplacement de cette dernière par d’autres cultures augmenterait significativement la surface terrestre totale utilisée pour la production d’huiles végétales afin de satisfaire la demande mondiale. Selon le rapport, c’est en évitant davantage de déforestation liée à l’huile de palme que l’on obtiendrait, de loin, les plus gros gains pour la biodiversité.  Selon le rapport, l’huile de palme nuit à la biodiversité mondiale : 193 espèces considérées comme menacées par la Liste rouge de l’UICN sont concernées – les orangs-outans, les gibbons et les tigres étant parmi les espèces les plus affectées. Toujours selon le rapport, les impacts de l’huile de palme sur la biodiversité convergent en Malaisie et en Indonésie, mais ils pourraient s’étendre à l’Afrique tropicale et à l’Amérique si la production se développait pour répondre à la demande. L’huile de palme est cultivée dans les régions tropicales riches en espèces, c’est pourquoi son développement peut avoir des effets catastrophiques sur la biodiversité mondiale. Les zones où la culture de l’huile de palme pourrait potentiellement s’étendre abritent plus de la moitié (54%) des mammifères menacés dans le monde, et presque les deux tiers (64%) de tous les oiseaux menacés, selon le rapport. Si d’autres cultures oléagineuses remplaçaient l’huile de palme, les dommages pourraient se déplacer vers des écosystèmes comme les forêts tropicales d’Amérique du Sud ou la savane. Les palmiers à huile produisent 35% de toute l’huile végétale produite dans le monde, sur moins de 10% des terres affectées aux cultures oléagineuses – la plus grande partie de cette huile de palme étant consommée en Inde, en Chine et en Indonésie. Les trois quarts de toute l’huile de palme sont utilisés pour l’alimentation, l’huile de cuisson et dans les aliments transformés. Le reste est utilisé dans les cosmétiques, les produits de nettoyage et les biocarburants. Les auteurs de l’étude ont utilisé des données satellites pour estimer la zone totale plantée, qui est de 18,7 millions d’hectares uniquement pour l’huile de palme industrielle, soit au moins 25 millions d’hectares en incluant les petites plantations. C’est plus que la zone rapportée par les pays producteurs – 21 millions d’hectares pour toute l’huile de palme. « L’huile de palme décime la riche diversité d’espèces de l’Asie du Sud-Est, car elle dévore des pans entiers de forêt tropicale. Cependant, si elle était remplacée par des zones bien plus vastes de champs de colza, de soja ou de tournesol, d’autres écosystèmes et d’autres espèces en subiraient les conséquences. Pour mettre un terme à la destruction, nous devons chercher à avoir une huile de palme exempte de déforestation, et veiller à ce que toutes les tentatives pour limiter l’utilisation de l’huile de palme soient renseignées par une compréhension scientifique solide des conséquences » déclare le principal auteur du rapport et Président du Groupe d’études sur l’huile de palme de l’UICN, Erik Meijaard. Les solutions doivent se focaliser sur l’amélioration de la planification des nouvelles plantations de palmiers à huile, afin d’éviter le déboisement des forêts tropicales ou des zones de tourbières, et sur l’amélioration de la gestion des pans de forêts encore intacts dans les plantations, que l’on appelle « zones mises en réserve ». Au final, l’huile de palme certifiée s’est avérée, jusqu’à présent, à peine plus efficace pour empêcher la déforestation que son équivalente non-certifiée, mais l’approche est encore relativement nouvelle et possède un potentiel pour améliorer la durabilité. Il convient d’accentuer les efforts pour garantir que les engagements en faveur de la durabilité soient respectés et que leur signalement soit transparent, et qu’il reste une demande pour l’huile de palme certifiée. Les auteurs recommandent que les politiques gouvernementales protègent les forêts dans les pays produisant de l’huile de palme et d’autres huiles, et limitent la demande pour les utilisations non-alimentaires d’huile de palme, comme les biocarburants. Enfin, une plus grande sensibilisation des consommateurs dans les principaux pays consommateurs – Inde, Chine et Indonésie – pourrait fortement accroître la demande en huile de palme certifiée.  Écrit par le Groupe d’études sur l’huile de palme de l’UICN, en réponse à une résolution de 2016 adoptée par les Membres gouvernementaux et non-gouvernementaux de l’UICN, le rapport vise à fournir une solution constructive pour améliorer la durabilité dans l’industrie de l’huile de palme. Ce rapport ne s’intéresse qu’aux impacts de l’huile de palme sur la biodiversité, et ne prend pas en compte les impacts socio-économiques, que le Groupe d’études étudiera en 2019. Vous pouvez lire le rapport en entier ici.   Plus d’informations – Goska Bonnaveira, Relations avec les médias UICN, tél.: +41 79 276 01 85, goska.bonnaveira@iucn.org ; – Ewa Magiera, Relations avec les médias UICN, tél.: +41 76 505 33 78, ewa.magiera@iucn.org