Avis sur la proposition de modification du statut de protection du loup en Europe

Avis sur l’adoption d’une proposition de l’Union européenne visant à modifier le statut de protection du loup d’« espèces de faune strictement protégées » à « espèces de faune protégées » par le Comité permanent de la Convention de Berne. Le Comité français de l’UICN regrette la décision annoncée cette semaine, qui n’apparaît pas fondée sur l’état actuel des connaissances scientifiques disponibles. S’agissant de la protection des espèces, le Comité permanent de la Convention de Berne et l’Union européenne avaient toujours jusque-là agit en basant leurs décisions sur la science et sur la réalité des données établie. Dans l’éventualité où cette proposition entrerait en vigueur, elle constituerait un dangereux précédent, ouvrant la voie à d’autres déclassements d’espèces possibles, s’affranchissant des connaissances sur l’état réel des populations. Selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, 6 des 9 populations de loups présentes dans l’Union européenne sont classées vulnérables ou quasi-menacées. L’espèce est également classée vulnérable en France. Le Groupe de spécialistes de la « Large Carnivore Initiative for Europe » de l’UICN – autorité scientifique reconnue qui éclaire habituellement les décisions européennes – a publié en novembre dernier une position détaillée dans laquelle il recommande de ne pas rétrograder le classement du loup et juge cette décision « prématurée et erronée ». Aussi, le Comité français de l’UICN rappelle sa position : Face à la difficulté du travail des éleveurs et des bergers et à la fragilité de leur modèle économique, s’ajoutent la pression et le désarroi qu’ils peuvent rencontrer face aux événements de prédation. L’exigence d’un accompagnement de la profession agricole est incontournable, parallèlement à l’exigence d’assurer la préservation du loup dans un bon état de conservation en France. En poursuivant la recherche déterminée d’une approche équilibrée, le Comité français de l’UICN soutient la mise en œuvre d’une cohabitation apaisée et durable entre le loup, comme toute autre espèce de la faune sauvage, et les activités humaines. Pour en savoir plus :  Le document de positionnement sur le loup en France du Comité français de l’UICN. La position du Groupe de spécialistes de la « Large Carnivore Initiative for Europe » de l’UICN Photo bandeau :Loup gris (Canis lupus) © Roland Clerc

Décryptage du rapport de l’IPBES sur les espèces exotiques envahissantes

La COP16 de la Convention sur la diversité biologique qui se tient ce mois à Cali en Colombie aborde l’enjeu des espèces exotiques envahissantes, l’une des 5 pressions majeures pesant sur la biodiversité. À cette occasion , le Comité français de l’UICN publie une note de décryptage du rapport de l’IPBES publié à ce sujet et de son résumé à l’intention des décideurs. Publié en septembre 2023, le rapport intitulé « Évaluation des espèces exotiques envahissantes et de leur contrôle » est le fruit du travail de 86 experts internationaux issus de 49 pays. S’appuyant sur plus de 13 000 références reflétant la diversité des connaissances existantes sur le sujet, il dresse l’évaluation la plus complète à ce jour du phénomène et souligne les énormes conséquences écologiques, économiques et sanitaires des invasions biologiques. Chiffres clés issus de l’évaluation Plus de 37 000 espèces exotiques ont été introduites de par le monde par les activités humaines et 3 500 de ces espèces ont des impacts négatifs documentés. Les espèces exotiques envahissantes sont impliquées dans 60 % des extinctions globales d’espèces recensées et 90 % de ces extinctions ont eu lieu dans les îles. Le coût économique mondial annuel des invasions biologiques a dépassé les 390 milliards d’euros en 2019. Ce coût a quadruplé chaque décennie depuis 1970 et devrait continuer d’augmenter. Alors qu’a débuté il y a quelques jours la 16ème COP de la Convention sur la diversité biologique, le Comité français de l’UICN publie une note de décryptage du rapport de l’IPBES et de son résumé à l’intention des décideurs. Rappelant les principaux constats et recommandations issus du rapport, cette note présente également la situation de la France par rapport à l’état des lieux mondial et identifie des priorités d’action pour l’atteinte des objectifs du cadre mondial pour la biodiversité. Face aux enjeux des espèces exotiques envahissantes et pour accompagner l’ensemble des acteurs mobilisés, le Comité français de l’UICN coordonne le Réseau consacré aux invasions biologiques en outre-mer impliquant l’ensemble des territoires ultra-marins, et co-pilote avec l’OFB le Centre de ressources national dédié. Documents et liens Découvrir la note de décryptage Accéder au rapport de l’IPBES et à son résumé à l’intention des décideurs Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes Réseau Espèces exotiques envahissantes en outre-mer Photo bandeau : Alain Dutartre

COP16 : le Comité français de l’UICN appelle à accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité

A l’approche de la COP 16 Biodiversité qui s’ouvre le 21 octobre 2024 à Cali en Colombie, le Comité français de l’UICN appelle la France et les autres Etats à renforcer la mise en œuvre du nouveau Cadre mondial de la biodiversité et ses 23 cibles, deux ans après son adoption. Ce renforcement doit se faire à travers des stratégies nationales pour la biodiversité conformes aux objectifs internationaux, des ressources financières augmentées, une réforme des financements néfastes, et avec un cadre de suivi et d’évaluation des actions commun et robuste. DECLINER LES ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX EN STRATEGIES ET OBJECTIFS NATIONAUX Le Comité français de l’UICN appelle à ce que les Etats accélèrent la déclinaison du Cadre mondial de la biodiversité en stratégies nationales pour la biodiversité et objectifs nationaux, à l’image de la stratégie française. Ces stratégies sont indispensables à la mise en œuvre d’actions permettant d’atteindre les 23 cibles(i) du cadre mondial dans les différents pays. Une dynamique est en cours mais elle est actuellement insuffisante car seuls 31 Etats et l’Union Européenne ont publié leurs stratégies et 99 d’entre eux ont publié des objectifs nationaux, sur les 196 Parties à la Convention sur la diversité biologique. Il est urgent que les Etats poursuivent la dynamique lancée à la COP15 à Montréal en 2022 car le déclin de la biodiversité se poursuit à un rythme alarmant et il ne reste que 6 ans pour inverser la tendance d’ici 2030. Selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, 28% des espèces sont toujours menacées dans le monde et près de 17% en France. ACCROITRE LES FINANCEMENTS POUR LA BIODIVERSITE ET REFORMER LES SUBVENTIONS NEFASTES Le Comité français de l’UICN demande à ce que les Etats adoptent une stratégie de mobilisation des ressources financières permettant d‘atteindre, d’ici 2030, une augmentation de 200 milliards de dollars par an des financements directs pour la biodiversité (cible 19) et une suppression progressive ou réforme des financements néfastes à hauteur de 500 milliards de dollars par an (cible 18). Ces financements doivent aboutir à combler le déficit évalué à 700 milliards de dollars par an. En France, le besoin d’augmentation des financements publics a été évalué à 372,4 millions d’euros pour la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la biodiversité en 2025(ii). Le montant des subventions publiques dommageables à la biodiversité a lui été chiffré à 10,2 milliards d’euros, soit plus de 4 fois supérieur celui des dépenses favorables. Ces subventions concernent surtout les aides à des pratiques agricoles dommageables (6,7 milliards d’euros, notamment au titre de la PAC) et celles favorisant l’artificialisation des sols (2,9 milliards d’euros). La réduction et la réorientation de ces dépenses permettraient à la fois de financer les politiques de la biodiversité, diminuer les pressions sur la nature, et réaliser des économies budgétaires. Plus largement, il est urgent de « verdir » la finance en alignant les flux fiscaux et financiers sur les objectifs du Cadre mondial (cible 14), sachant que les financements publics et privés néfastes à la nature ont été évalués à 6 700 milliards de dollars par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement dans son dernier rapport sur l’état des financements pour la nature(iii). SUIVRE ET EVALUER LES OBJECTIFS ADOPTES A LA COP15 EN 2022 Le Comité français de l’UICN appelle à finaliser le cadre de suivi pour rendre compte régulièrement des progrès réalisés dans la mise en œuvre des actions. Ce cadre propose des indicateurs pour les 23 cibles afin de vérifier si l’atteinte des objectifs est en bonne voie. Il doit être complété et adopté sur la base des connaissances disponibles pour ne pas prendre de retard, même s’il doit être amélioré par la suite. L’UICN propose déjà de nombreux outils de connaissance pour nourrir ces indicateurs. Les modalités d’organisation du rapportage de chaque Etat doivent également être précisées, ainsi que la possibilité d’inclure les contributions des acteurs non-étatiques (ONG, collectivités locales, peuples autochtones et communautés locales, entreprises…). Ceci est indispensable pour que le premier bilan mondial, basé sur tous les rapports des Etats, soit réalisé et présenté en 2026 à la prochaine COP17. ASSURER UN PARTAGE JUSTE ET EQUITABLE DES RESSOURCES GENETIQUES Le Comité français de l’UICN appelle à finaliser le mécanisme multilatéral assurant un partage juste et équitable des avantages tirés des Informations de Séquençage Numériques (ISN) des ressources génétiques, avec la création d’un fonds mondial. Ce mécanisme doit apporter des avantages financiers mais également non monétaires et les fonds doivent être affectés au soutien de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique, conformément aux objectifs de la Convention sur la diversité biologique. La COP16 Biodiversité doit permettre d’engager des modifications profondes pour renouveler nos relations et interagir autrement avec le vivant. Comme le Costa Rica qui a montré la voie, nous devons « faire la paix avec la nature » tel que le propose la Colombie, pays hôte de la conférence internationale. Le Comité français de l’UICN participera à la COP16 en Colombie avec la présence de Maud Lelièvre, présidente, Sébastien Moncorps, directeur, Florence Clap, responsable des politiques de la biodiversité, Nicolas Salaün, responsable coopération internationale, Magali Pausin, chargée de mission « pays en développement et biodiversité » et Manon Bourhis, assistante pour les relations internationales. Plusieurs de ses organisations membres seront également présentes. i https://www.cbd.int/gbf/targets ii rapport sur le financement de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) pour 2030. IGF, IGEDD, 2022.  iii https://www.unep.org/resources/state-finance-nature-2023 Photo bandeau : AUFORT JEROME

In memoriam

Le Comité français de l’UICN a la tristesse de vous faire part de la disparition de Jean-Claude Lefeuvre le 12 octobre dernier. Conseiller régional de l’UICN pour l’Europe de l’Ouest de 1988 à 1990, Jean-Claude Lefeuvre a été élu membre d’honneur par le Comité français de l’UICN, après la création de celui-ci en 1992. Il joua un rôle majeur dans la protection de l’environnement et la recherche en écologie fondamentale et appliquée au niveau national et international, particulièrement sur l’écologie des landes et des zones humides. Il fut professeur à l’Université de Rennes et au Muséum national d’Histoire naturelle. Il fut également le premier directeur de la station biologique de Paimpont qu’il créa avec le Pr. Gaston Richard. Il ne cessa de promouvoir l’interdisciplinarité entre sciences de la nature et sciences humaines, tout particulièrement dans le cadre du Programme interdisciplinaire de recherches sur l’environnement et des programmes qui ont suivi, contribuant ainsi à l’émergence de nouvelles façons de penser la protection de la nature. Son investissement auprès du ministère chargé de l’environnement ou d’organismes environnementaux fut considérable. Pendant de longues années, il présida entre autres le Comité d’écologie et de gestion du patrimoine naturel du ministère, le Comité scientifique de l’IFEN, l’Institut français de la biodiversité, le Conseil scientifique du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres. Il fut également président du Comité permanent du Conseil national de la protection de la nature de 2009 à 2015 et du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Bretagne de 1999 à 2011, de FNE, des conseils scientifiques du WWF et de la Fondation du Banc d’Arguin en Mauritanie et administrateur de la Tour du Valat. Il est officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’Ordre National du Mérite et a reçu de très nombreuses distinctions françaises et internationales. Photo bandeau : Thibault Lefeuvre

Conservation de la biodiversité dans les territoires d’outre-mer : le programme BESTLIFE2030 annonce les lauréats de son premier appel à projets

Le programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne accorde 5,57 millions d’euros de subventions pour la conservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer. Ce financement, qui prendra la forme de 58 subventions dans le cadre du premier des quatre appels à projets prévus, vise des initiatives à petite échelle essentielles à la protection des écosystèmes uniques mais fragiles de ces régions. Ces actions permettront aux acteurs locaux de mettre en oeuvre des projets de conservation ciblés, renforçant ainsi l’engagement de l’Union européenne en faveur du cadre mondial pour la biodiversité (CMB) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), et notamment de l’objectif 3, qui vise à assurer une conservation équitable et efficace par zone de 30 % de la planète d’ici à 2030, également connu sous le nom d’objectif « 30×30 ». Soutien régional ciblé Les subventions seront réparties entre sept régions clés, chacune étant confrontée à des défis distincts en matière de biodiversité : Pacifique (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna) : L’allocation la plus importante, soit 1,39 million d’euros, sera consacrée à la conservation des espèces, à la restauration des écosystèmes, à la gestion des espèces envahissantes, à la gestion durable et aux zones protégées, avec des projets sur la gestion du trafic océanique et l’adaptation au changement climatique. Amazonie : 420 000 euros seront consacrés à la conservation des espèces et aux zones protégées en Guyane française, afin de résoudre des problèmes cruciaux tels que la coexistence entre l’homme et la faune et la perte d’habitat. Caraïbes néerlandaises : 551 000 euros soutiendront la gestion durable, la conservation des espèces et la restauration des écosystèmes, y compris les solutions fondées sur la nature et les pratiques agroforestières durables. Caraïbes françaises : avec 989 000 euros, cette région donnera la priorité à la restauration des écosystèmes, à la conservation des espèces et à la gestion des espèces exotiques envahissantes, en s’attaquant à la dégradation des habitats et en renforçant les stratégies de conservation. Océan Indien : Avec 1,18 million d’euros, les subventions financeront la restauration des écosystèmes, la conservation des espèces, la gestion durable et la gestion des espèces envahissantes, y compris les infrastructures agroécologiques et la pollution côtière. Macaronésie : 697 000 euros seront consacrés à la conservation des espèces, à la gestion des espèces envahissantes et aux zones protégées, avec des efforts de contrôle des prédateurs et de sensibilisation du public. Atlantique Nord : 299 000 euros, dont 100 000 euros pour Saint-Pierre-et-Miquelon, seront consacrés à la conservation des espèces, à la gestion des espèces envahissantes et à la restauration des écosystèmes, dans le cadre d’une pêche durable et de la lutte contre l’eutrophisation. L’évolution de l’initiative BEST Depuis 2011, l’Initiative BEST (Biodiversity and Ecosystem Services in Territories of European Overseas) a renforcé la conservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les territoires d’outre-mer de l’UE, en octroyant plus de 17,73 millions d’euros par le biais de 153 subventions. L’initiative est née du « Message de l’île de la Réunion » et a débuté par l’action préparatoire BEST, qui a jeté les bases de stratégies de conservation régionales. Elle a depuis évolué vers les programmes BEST 2.0, BEST RUP, LIFE4BEST et BEST 2.0+, élargissant le soutien aux efforts de conservation sur le terrain. Le Comité français de l’UICN, activement impliqué dans la mise en oeuvre de l’Initiative BEST, a notamment coordonné le hub régional Pacifique de l’Initiative de 2014 à 2020.  Il continue aujourd’hui à jouer ce rôle dans le cadre de BESTLIFE2030. Dans la région Pacifique, le programme BESTLIFE2030  bénéficie du soutien de la Socredo. Un deuxième appel à propositions devrait être lancé au cours du premier trimestre 2025, afin de renforcer l’implication locale dans les efforts mondiaux en faveur de la biodiversité. Photo bandeau : JeanKape

Le 26 juillet, le monde célèbre la journée internationale des mangroves, un écosystème unique et vital !

Les mangroves sont des forêts évoluant entre la terre et la mer et qui sont composées d’arbres adaptés à vivre en bord de mer où la salinité est élevée et les sols pauvres en oxygène : les palétuviers. Parmi leurs nombreuses adaptations, certaines espèces de palétuviers développent des racines aériennes afin de capter l’oxygène alors que pour faire face à l’excès de sel, certaines espèces bloquent le passage du sel directement au niveau des racines, tandis que d’autres le rejettent via des glandes spécialisées au niveau de leurs feuilles… Pourquoi les mangroves sont essentielles ? Boucliers naturels : Grâce aux racines aériennes des palétuviers qui fixent les sols, les mangroves protègent les côtes de l’érosion, de la houle et des phénomènes cycloniques extrêmes. Refuges de biodiversité : Les eaux calmes et les apports nutritifs provenant des mangroves favorisent la présence d’une biodiversité importante : poissons, crustacés, oiseaux…  Purificateurs d’eau : Les mangroves purifient l’eau en piégeant les sédiments des eaux provenant des bassins versants, ce qui permet de réduire la turbidité de l’eau et ainsi protéger les récifs coralliens mais aussi de filtrer les quantités excessives de polluants. Réservoirs de carbone : Les mangroves font partie des forêts qui stockent le plus de carbone, grâce à la matière organique présente dans les feuilles, troncs, branches, et racines des palétuviers mais aussi grâce à la matière organique morte présente dans le sol. Créatrices d’emplois : Les mangroves génèrent également des emplois pour les populations locales, notamment via le développement de la pêche et du tourisme.  Les mangroves en danger ! De nombreuses menaces pèsent sur les mangroves qu’elles soient d’origine naturelle (cyclones, tempêtes…) ou causées par les activités humaines (urbanisation, déforestation, agriculture/aquaculture, pollution, dérèglement climatique…). L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a publié récemment la rouge mondiale des mangroves faisant un constat alarmant : 50 % des mangroves évaluées sont menacées dont 19,6 % sont classées à haut risque. L’évaluation a également mis en avant l’impact grandissant du changement climatique par l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la fréquence des tempêtes violentes. Selon ce rapport, le changement climatique menacerait ainsi 33 % des écosystèmes de mangroves évalués. Le Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) En France, les mangroves sont présentes dans des territoires d’outre-mer situés dans les régions des Caraïbes, de l’Amazonie, de l’océan Indien et du Pacifique, faisant de la France le seul pays au monde à posséder des mangroves dans les trois océans !                                                    Le Réseau d’observation et d’aide à la gestion des mangroves, coordonné par le Pôle-relais zones humides tropicales, lui-même porté par le Comité français de l’UICN, a pour objectif de soutenir tous les efforts de conservation des mangroves des territoires ultramarins français. A cet effet, le ROM a développé, avec le soutien financier de l’IFRECOR, de la Fondation de la mer et du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (MTECT), de nombreux outils à l’attention de tous les acteurs œuvrant pour leur préservation : Application mobile ROM : L’application mobile ROM permet à toute personne intéressée par les mangroves de s’entraîner à reconnaître les différentes espèces de palétuviers et de signaler des perturbations ou des observations d’espèces de faune. Cartographie nationale des mangroves : La cartographie CARNAMA  a permis de calculer en 2023 la surface nationale des mangroves qui totalise 87 945 hectares. Environ 62% des mangroves sont présentes en Guyane et 32% en Nouvelle-Calédonie. Cartographie des mangroves à travers le temps : Dans le cadre des travaux sur la Liste Rouge des écosystèmes piloté par le Comité français de l’UICN, le ROM a mené une analyse de l’évolution des surfaces des mangroves à travers le temps dans différents territoires (résultats phase 1). Indicateurs surfaciques : Le ROM collecte également des données dans chaque territoire pour renseigner des indicateurs nationaux transmis à l’Observatoire National de la Biodiversité. Ainsi lors de la dernière campagne de 2021-2022, 61% surface des mangroves étaient déclarées protégées et 57% gérées. Guides techniques : Le ROM favorise les bonnes pratiques et les échanges d’expertise en organisant des formations pour les gestionnaires et en élaborant des guides pratiques pour orienter les actions. C’est ainsi qu’a été élaboré le guide technique sur la restauration des mangroves, qui est le premier guide publié en français et adapté au contexte ultramarin. Sensibilisation : En plus de ses activités à l’intention des gestionnaires, le ROM sensibilise le grand public, les scolaires et les décideurs politiques à l’importance de préserver les mangroves. Parmi ses outils de sensibilisation phares, le ROM propose des visites virtuelles des mangroves aujourd’hui accessibles à tous sur le site du PRZHT ! Zoom sur le suivi de santé des mangroves ! Le ROM est en train de tester un nouveau protocole de suivi, développé par le GIE MAREX et le laboratoire LAGAM (UPMV) dans le cadre de travaux de l’IFRECOR : le protocole MANRAM. Etant basé sur une méthode d’évaluation rapide, MANRAM se veut un outil simple d’utilisation par l’ensemble des gestionnaires. De nombreux partenaires sont actuellement mobilisés dans chaque territoire afin de tester le protocole et recueillir des données nécessaires à son ajustement dans chacun des territoires. Une fois finalisé, ce protocole sera disponible sur l’application mobile ROM. Zoom sur l’évaluation nationale des mangroves selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN Le Comité français de l’UICN développe un projet d’évaluation des écosystèmes en France selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN, en partenariat avec l’UAR PatriNat (OFB, MNHN, CNRS, IRD). Les mangroves font l’objet d’un cycle d’évaluations, initié en 2017 avec les mangroves de Mayotte, et qui se poursuit actuellement avec l’évaluation des mangroves des Antilles françaises (publication prévue en 2025) avec le soutien financier de l’IFRECOR, du MTECT et de la CTM, et le soutien technique du ROM. Ces évaluations sont bâties sur les connaissances et données disponibles, et s’appuient sur des experts indépendants et des structures scientifiques, gestionnaires,

Sensibilisation et éducation : l’intervention du Comité français de l’UICN à l’Université des Antilles

À l’occasion de la journée internationale des mangroves, le 26 juillet prochain, zoom sur l’intervention de représentants du Comité français de l’UICN auprès des étudiants de l’antenne martiniquaise de l’Université des Antilles. Le 26 juillet est aussi une journée pour célébrer le partage et le transfert de connaissances autour de cet écosystème à enjeux !   Qu’est-ce qu’un écosystème ? Pourquoi est-il différent des autres ? Comment fonctionne-t-il ?   Quelles sont les pressions menaçant sa capacité à soutenir la communauté écologique qui y vit ? À quelles conditions les services écologiques existant grâce au bon fonctionnement de l’écosystème peuvent se maintenir ? Quels sont les indicateurs des impacts de ces pressions ? Quelles sont les actions mises en place pour limiter, voire inverser ces tendances ?   Autant de questions qu’il convient d’examiner pour comprendre le risque d’effondrement des écosystèmes. C’est autour de ces réflexions et dans le cadre des actions du Réseau national d’observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM) et de l’évaluation des mangroves des Antilles françaises selon les critères de la Liste rouge des écosystèmes (LRE) de l’UICN, que le Comité français de l’UICN est intervenu le mardi 16 janvier dernier auprès des étudiants martiniquais de l’Université des Antilles. Invité par de l’équipe pédagogique de l’Université des Antilles du parcours « Écologie et environnement » au sein de l’UFR « Sciences, Technologies, Environnement », les représentantes du Comité français de l’UICN ont œuvré à la sensibilisation à la connaissance du risque pour la biodiversité à toutes les échelles et ainsi contribué à la formation des étudiants de 3ème année de licence.   Cette journée visait à :   familiariser les étudiants aux enjeux et principes d’une évaluation du risque de perdre la biodiversité à l’échelle des écosystèmes ;   les initier au diagnostic des pressions et menaces et favoriser leur appropriation des enjeux biodiversité de leur territoire ;   leur faire découvrir sur le terrain les mangroves et écosystèmes d’arrière-mangroves du territoire martiniquais.   A travers cette journée, les étudiants ont suivi le parcours des connaissances produites sur les écosystèmes de mangroves :   Première étape : avec un focus sur les mangroves et les critères d’évaluation de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN, les étudiants ont été sensibilisés à l’enjeu de qualifier le niveau de risque pour la biodiversité à l’échelle des écosystèmes en s’appuyant sur des approches standardisées.   Deuxième étape : à partir de leur travail de synthèse bibliographique, les étudiants ont dû mobiliser les connaissances produites par les chercheurs, les naturalistes et les gestionnaires pour décrire les mangroves, les prairies humides et les forêts marécageuses – trois formations végétales rencontrées sur le littoral antillais. Ce travail collectif, par lequel les étudiants ont fait l’expérience de la mutualisation de leurs savoirs et de leurs compétences, a abouti à la conception de posters qui ont été présentés au reste du groupe.   Troisième étape : visite de différents sites de mangroves et d’écosystèmes d’arrière-mangroves sur les communes du Lamentin et de la Trinité pour découvrir ces écosystèmes. Ces visites ont été l’occasion pour les étudiants d’observer et analyser les impacts de l’aménagement du territoire (modification du fonctionnement hydrologique, modification de la végétation par l’installation d’espèces végétales exotiques envahissantes, fragmentation de l’écosystème, défrichage), des changements climatiques (élévation du niveau marin et érosion) et des perturbations du fonctionnement des mangroves et des écosystèmes en contact (blooms algaux, prolifération et échouages de sargasses), mais aussi de découvrir des projets de restauration développés localement.   Ce parcours accéléré, de la connaissance théorique à la découverte d’action de gestion sur le terrain en passant par l’évaluation de risque, est un indispensable des professionnels de l’environnement de demain. Sortir des portes de l’université, aller à la rencontre des écosystèmes présents sur les territoires où ces formations s’ancrent, rencontrer des professionnels de la conservation : autant d’activités essentielles au développement d’un secteur professionnel dont le rôle est central au regard des enjeux écologiques auxquels les territoires font face, en particulier dans les espaces des petites îles – aux premières lignes des changements globaux. À l’occasion de cette journée internationale des mangroves, écosystèmes côtiers dont la conservation est essentielle, nous avons le plaisir de partager l’un des posters élaborés par les étudiants de 3e année de licence de l’Université des Antilles. Ce poster présente les mangroves, les enjeux auxquels est confronté cet écosystème et les actions de préservation, de valorisation et de restauration mises en place sur le territoire martiniquais. Le Comité français remercie Mélanie Herteman, experte au Comité français de l’UICN et enseignante à l’Université des Antilles à l’initiative de ce projet pédagogique et de rencontre entre le Comité et les étudiants ; Olivia Urity, professeure agrégée à l’Université des Antilles et responsable du parcours « Écologie et environnement » et la promotion 2024 de la troisième année de licence de l’UFR « Sciences, Technologies, Environnement » (STE), parcours « Écologie et environnement » à l’antenne « Martinique  » de l’Université des Antilles.   Cette intervention s’inscrit dans les actions du ROM et de la Liste rouge des écosystèmes portées par le Comité français de l’UICN et soutenues financièrement par l’Office français de la biodiversité, l’IFRECOR, le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, le ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, l’Union internationale pour la conservation de la nature et la Collectivité territoriale de Martinique.  Photo bandeau : Alix Sauve

Promouvoir les Solutions fondées sur la Nature pour l’adaptation au changement climatique

En tant que partenaire du Projet Life ARTISAN, le Comité français de l’UICN a apporté son expertise sur la définition et la mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature (SfN) au forum « Alliance Nature et Adaptation ». Cet événement, coorganisé par l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’agence de l’eau Adour-Garonne, s’est tenu les 10 et 11 juin 2024 à Toulouse. Outre la participation à deux tables rondes, le Comité français de l’UICN a animé, lors de la deuxième journée, deux ateliers marqués par des échanges riches et des propositions inspirantes. Le premier atelier, centré sur la solidarité amont-aval en zones littorales, était un exercice prospectif. Les participants, regroupés par équipes de 3 ou 4, ont imaginé un avenir positif et souhaitable pour les milieux littoraux, abordant des thématiques propres telles que l’agriculture littorale, les villes côtières de demain, la gestion des risques de submersion et l’érosion du trait de côte. Cet exercice a été une réussite, tous les participants se sont prêtés au jeu avec enthousiasme. Il en est ressorti sept récits de formats différents (saynète, reportage radio, lettre à un proche, etc.) comprenant plusieurs éléments communs. En effet tous ont insisté sur la dimension de co-construction, de solidarité et de reconnexion à la nature afin de pouvoir s’adapter correctement aux défis de demain, notamment ceux engendrés par le réchauffement climatique. Le deuxième atelier consistait en une prise en main du nouvel outil d’accompagnement du Comité français de l’UICN pour la mise en œuvre et l’évaluation des SfN, qui est en cours de finalisation. À travers de l’évaluation de deux projets, les participants ont pu tester l’outil et fournir des retours quant à sa facilité de prise en main. Les retours ont été très positifs, et les suggestions d’amélioration constructives. Le Comité français de l’UICN va continuer à améliorer cet outil avant de le diffuser aux porteurs de projets. En conclusion, cet événement réunissant tous les acteurs œuvrant autour des SfN, démontre une nouvelle fois l’engouement croissant pour cette thématique et l’importance de l’engagement collectif nécessaire pour s’adapter aux changements climatiques. Grâce à des échanges enrichissants et des propositions innovantes, des avancées significatives ont été réalisées dans la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature. Ces initiatives sont cruciales pour répondre aux défis environnementaux actuels et futurs, et le Comité français de l’UICN continue de jouer un rôle déterminant dans la promotion de ces solutions durables et résilientes, conformément au standard mondial de l’UICN. Le projet Life intégré ARTISAN (Accroître la Résilience des Territoires aux changements climatiques par l’Incitation aux Solutions d’Adaptation fondées sur la Nature) est financé par le Programme LIFE de l’’Union européenne, le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Piloté par l’Office français de la biodiversité, il s’appuie sur 28 bénéficiaires associés (dont le comité français de l’UICN). Il participe à la mise en œuvre du deuxième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-2) et du Plan biodiversité de la France. Le projet ARTISAN se consacre ainsi à : démontrer et valoriser le potentiel des Solutions fondées (SfN) sur la Nature pour l’adaptation au changement climatique; sensibiliser et faire monter en compétences les acteurs sur cette thématique ; accompagner et amplifier les projets de SfN sur tout le territoire national (dont l’Outre-mer). Photo bandeau : Hélène Ressayres, OFB

9 sites naturels français lauréats du Label « Liste verte de l’UICN »

Le Comité français de l’UICN et le Groupe d’experts français de la Liste verte félicitent les gestionnaires de la Réserve naturelle régionale du Val Suzon pour l’obtention du label “Liste verte de l’UICN”. la Réserve naturelle régionale du Val Suzon  Nous saluons également les 8 sites naturels français qui viennent d’obtenir le renouvellement de leur label “Liste verte de l’UICN” : La Réserve naturelle nationale de Cerbère-Banyuls Le Parc marin de la Côte bleue Le Parc national de la Guadeloupe Le Parc national des Pyrénées La Réserve nationale de chasse et de faune sauvage (RNCFS) d’Orlu La Réserve biologique intégrale (RBI) du Bois du Loc’h Le Marais d’Episy La Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises La Liste verte est à la fois un standard d’évaluation de l’efficacité de gestion des aires protégées et un label international reconnaissant la qualité de leur gestion. Elle s’appuie sur quatre piliers : une bonne gouvernance, une conception et une planification solides, une gestion efficace et une conservation réussie. Lancée officiellement en 2014 à l’occasion du Congrès mondial des parcs, la Liste verte constitue désormais une référence mondiale pour l’ensemble de la communauté de la conservation de la nature. En France, elle est déployée par le Programme aires protégées du Comité français de l’UICN et un groupe d’experts dédié : le Groupe d’experts français de la Liste verte (GELIV), présidé par Jean-Philippe Siblet. La France est le pays qui compte le plus grand nombre de sites labellisés dans la Liste verte, avec 24 sites au total. Cela témoigne de l’implication forte des gestionnaires français d’aires protégées et de la qualité de leur travail qui est récompensée à travers cette labellisation internationale. Nous vous invitons à consulter notre page dédiée pour obtenir plus d’informations : La Liste verte des aires protégées Publication Télécharger le communiqué de presse Le programme de la Liste verte des aires protégées et conservées du Comité français de l’UICN bénéficie du soutien financier de l’Office français de la biodiversité et du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Découvrez deux sites naturels francais qui viennent d’OBTENIR LE RENOUVELLEMENT DE LEUR LABEL « LISTE VERTE de l’UICN » :  La Réserve naturelle nationale de Cerbère-Banyuls https://youtu.be/01hCeCaXMOQ?si=Y6hRTkT1MUUSyIMr Le Parc marin de la Côte bleue https://youtu.be/m_5FGWQyP9U?si=aFVrVt_BCPht_gPN Photo bandeau : Réserve naturelle régionale et Forêt d’Exception® du Val Suzon, © Giada Connestari, société 16 prod

Biodiversité et chaîne de valeur amont des entreprises : le cas de l’aluminium

Le Comité français de l’UICN a initié une étude sur la chaîne de valeur amont des entreprises*, pour identifier leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la biodiversité et des services écosystémiques, liés à leurs achats de différentes matières premières, et pour formuler des recommandations. Une première fiche publiée aujourd’hui, concerne les produits en aluminium ou contenant de l’aluminium. Elle offre une synthèse des impacts et des dépendances, présente les principales certifications et initiatives existantes, et propose des recommandations à intégrer dans les stratégies biodiversité, les chartes RSE ou en matière d’achats responsables des entreprises. Pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires (Corporate Sustainable Reporting Directive) et aux demandes des initiatives volontaires (Science Based Targets Network, Taskforce on Nature-related Financial Disclosures), les entreprises vont devoir progressivement collecter et publier plus d’informations et de données afférentes aux impacts de la chaîne de valeur de leurs produits et services sur la biodiversité. Ces données doivent conduire à une amélioration des pratiques, notamment d’achat, des entreprises. En effet, toutes les directions d’une entreprise sont concernées par les enjeux de biodiversité et pas seulement les directions développement durable ou RSE. Les directions achats tiennent un rôle important, et leur travail doit s’articuler avec celui des directions où sont pilotées les actions liées à l’environnement. Ainsi, la biodiversité, doit être pleinement intégrée dans les achats de matières premières et dans le choix de fournitures ou produits, donc dans la chaîne de valeur amont d’une entreprise, pour avoir des modèles économiques plus durables. La stratégie biodiversité d’une entreprise doit nécessairement s’appliquer dans les choix des achats, et cela peut se traduire de différentes manières : arrêter l’achat de matériaux à fort et très fort impact sur la biodiversité, choisir des matériaux à faible ou moindre impact à travers le recours à des produits certifiés ou labellisés, ou l’adoption de chartes d’achats intégrant des critères biodiversité, remplacer un matériau par un autre qui sera moins impactant sur la biodiversité, privilégier le choix de matériaux recyclés et recyclables. Cependant, ce sujet d’étude reste relativement peu exploré, du fait des difficultés qu’expriment les entreprises à recueillir les données de leurs fournisseurs. Pour adresser cette problématique, le Comité français de l’UICN a entrepris une étude avec son groupe de travail « Entreprises et biodiversité », réunissant ses entreprises partenaires, ses membres et ses experts, afin de permettre aux entreprises d’identifier les actions prioritaires à mener auprès de leurs fournisseurs de matières premières stratégiques. Trois matières premières stratégiques ont été sélectionnées pour cette première phase d’étude : l’aluminium, le bois d’œuvre et d’industrie, et l’acier. La fiche « aluminium » publiée aujourd’hui, constitue une ressource essentielle pour accompagner les entreprises dans : L’identification de leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la biodiversité et des services écosystémiques liés à leurs achats de produits en aluminium ou contenant de l’aluminium, L’établissement d’une vue d’ensemble des principaux mécanismes de certification existants, L’intégration de cet enjeu dans leurs stratégies biodiversité, leur charte RSE ou en matière d’achats responsables, en lien avec leurs fournisseurs. L’ensemble du cycle de vie de l’aluminium a de très forts impacts sur la biodiversité et tout particulièrement dans la chaîne de valeur amont : depuis l’extraction de la bauxite jusqu’à la fabrication des produits de consommation, en passant par la production de l’alumine, puis la production de l’aluminium pour la fabrication des alliages. Ainsi, la déforestation, l’artificialisation des sols, la surexploitation de la ressource en eau, la pollution de l’eau et des sols avec les boues rouges et la pollution de l’air sont les pressions mesurées les plus importantes. Pour encourager des pratiques minières moins impactantes sur la biodiversité, nous identifions principalement l’existence de la certification internationale, Aluminium Stewardship Initiative (ASI) et des principes d’exploitation durable de l’International Council on Mining and Metals (ICMM). Nous encourageons toutefois ces référentiels à définir des critères de durabilité plus ambitieux pour garantir une production d’aluminium de moindre impact sur la biodiversité. Au regard des besoins en aluminium pour assurer la transition énergétique de nos sociétés, le Comité français de l’UICN propose ainsi trois recommandations aux entreprises : Privilégier les produits fabriqués à partir d’aluminium recyclé. Privilégier les produits en aluminium certifiés ASI. Définir des critères de durabilité ambitieux pour réduire les impacts de la production d’aluminium primaire sur la biodiversité. Pour les autres usages, la priorité doit être la réduction de l’utilisation d’aluminium. Ce travail a été soutenu par les huit entreprises partenaires du Comité français de l’UICN : Heidelberg Materials France, EDF, Veolia, ENGIE, Storengy France, EQIOM, Primagaz et Nestlé Waters France. * La notion de chaîne de valeur d’une entreprise désigne l’ensemble des processus et des interactions qui ont pour objectifs de générer une certaine valeur (à travers la création de produits et de services) à destination de ses clients. Au sein de ces processus, la chaîne de valeur amont concerne toutes les activités liées à l’approvisionnement en matières premières pour la fabrication des produits et par conséquent les interactions entre l’entreprise et ses fournisseurs. A travers l’achat de matières premières extraites des milieux naturels, les entreprises ont ainsi un impact indirect sur la biodiversité. PUBLICATION Les chaînes de valeur amont des entreprises – Fiche aluminium (2024) © Photo bandeau : Vladimir Zapletin