L’ONU lance un avertissement : L’humanité est à la croisée des chemins en ce qui a trait à la nature

ONU – CDB, 15 septembre 2020. La nature souffre énormément et son état se détériore malgré les progrès encourageants réalisés dans plusieurs domaines d’intervention. Un rapport important des Nations Unies prévient que huit changements transformateurs doivent être effectués en toute urgence pour protéger le bien-être humain et sauver la planète. Le rapport est publié alors que la pandémie de la COVID-19 force les gens à réévaluer leur relation avec la nature et à examiner les conséquences profondes d’un appauvrissement continu de la biodiversité et de la dégradation continue des écosystèmes sur leur bien-être et leur survie. Le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique, publié par la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB), présente un aperçu faisant autorité de l’état de la nature. Il s’agit de la fiche de rendement finale des progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs mondiaux pour la biodiversité à l’horizon 2020 convenus en 2010, qui présente les enseignements tirés et les meilleures pratiques pour se mettre sur la bonne voie. « Ce rapport phare met en évidence le fait que « l’humanité est à la croisée des chemins en ce qui concerne l’héritage que nous voulons laisser aux futures générations », a déclaré Mme Elizabeth Maruma Mrema, Secrétaire exécutive de la CDB. « Il se passe de bonnes choses à l’échelle de la planète, et nous devons les célébrer et les encourager. Le taux d’appauvrissement de la diversité biologique atteint toutefois un niveau sans précédent dans l’histoire de l’humanité et la pression s’intensifie. Les systèmes vivants de la Terre sont compromis dans leur ensemble, et plus l’humanité exploite la nature de manière non durable et mine sa contribution aux populations, plus nous mettons en péril notre propre bien-être, notre sécurité et notre prospérité. » Mme Mrema poursuit : « De nouvelles occasions de transmission de maladies dévastatrices aux humains et aux animaux émergent, comme le coronavirus de cette année, pendant que la nature se dégrade. Bien que le temps presse, la pandémie nous a également démontré que les changements transformateurs peuvent être effectués lorsque la situation l’exige. » « Les décisions et le niveau des mesures que nous prendrons aujourd’hui auront d’importantes conséquences pour toutes les espèces, y compris la nôtre, pour le meilleur et pour le pire. » Quant aux Objectifs d’Aichi pour la biodiversité, établis en 2010, l’analyse des sixièmes rapports nationaux à la CDB et des plus récentes conclusions scientifiques révèle que sept des 60 « éléments » ou critères de succès des 20 objectifs ont été atteints et que des progrès ont été réalisés pour 38 autres. Le niveau de progrès demeure inconnu ou un éloignement par rapport à l’objectif a été constaté pour 13 éléments, et le niveau de progrès est inconnu pour deux autres éléments. Le rapport conclut que six des 20 objectifs (9, 11, 16, 17, 19 et 20) ont été partiellement atteints à l’échéance de 2020. Selon le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique, un objectif est partiellement atteint lorsqu’au moins un élément distinct a été réalisé. Par exemple, les éléments de l’objectif 11 liés à la proportion des terres et des océans protégés ont été réalisés, mais non les éléments liés à la qualité des aires protégées. De même, en ce qui concerne l’objectif 19, les connaissances relatives à la biodiversité se sont améliorées, mais n’ont pas été diffusées ni appliquées à grande échelle. En ce qui concerne l’objectif 20, les ressources financières allouées à la biodiversité par le biais des flux internationaux et l’aide publique au développement ont doublé. Cependant, l’augmentation de ces financements reste largement insuffisante par rapport aux besoins pour la protection de la biodiversité. Presque tous les Etats Parties à la Convention (87%) ont produit leurs rapports nationaux à la CDB qui présentent les actions réalisées. Cependant, ces plans nationaux d’actions (SPANB) sont mis en oeuvre de manière très variable. Le cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique cite plusieurs mesures nationales et programmes exemplaires sans lesquels les conditions seraient encore pires (par exemple, un taux d’extinction plus élevé). Le rapport fournit d’autres exemples : les taux de déboisement continuent à chuter, l’éradication des espèces exotiques envahissantes des îles est à la hausse et la sensibilisation à la biodiversité semble être à la hausse. « Les mesures prises doivent être intensifiées et passer de mesures propres aux projets à des mesures plus larges et systémiques », ajoute Mme Mrema. « De plus, il faut resserrer l’écart entre les ambitions nationales et les mesures prises. Les informations fournies à la partie III du cinquième rapport des Perspectives mondiales de la diversité biologique portent sur les mesures et le type d’actionsnécessaires à compter de maintenant. » Pistes d’actions Le rapport lance un appel à délaisser « statu quo » dans tout un éventail d’activités humaines. Il donne les grandes lignes de huit transitions qui reconnaissent la valeur de la biodiversité, le besoin de restaurer les écosystèmes desquels dépend toute l’activité humaine et l’urgence de réduire les impacts négatifs de ces activités : – La transition relative aux terres et forêts : Conserver les écosystèmes intacts, restaurer les écosystèmes, lutter contre la dégradation et l’inverser, et utiliser l’aménagement du territoire au niveau des paysages pour éviter, réduire et atténuer le changement d’affectation des terres. – La transition à l’agriculture durable : Reconception des systèmes agricoles en utilisant des approches agroécologiques ou autres approches innovantes afin d’augmenter la productivité tout en réduisant au minimum les effets néfastes sur la biodiversité. – La transition à des systèmes alimentaires durables : Favoriser les régimes alimentaires durables et sains mettant l’accent sur une diversité d’aliments, principalement à base de plantes, et une consommation plus modérée de viande et de poisson, ainsi qu’une réduction considérable des déchets et du gaspillage dans la chaîne alimentaire et la consommation. – La transition à la pêche et des océans durables : Protéger et restaurer les écosystèmes marins et côtiers, rebâtir la pêche et gérer l’aquaculture et les autres utilisations des océans, afin de garantir la durabilité et d’accroître
Le concours Capitale française de la biodiversité 2021 est lancé !

Le concours « Capitale française de la Biodiversité » 2021 sur le thème « eau et biodiversité » est lancé. Le Comité français de l’UICN s’associe une nouvelle fois à ce concours national qui met en lumière, chaque année depuis 2010, des actions exemplaires de préservation de la biodiversité par des communes et intercommunalités. Cette édition récompensera les collectivités qui agissent dans la gestion écologique de la ressource en eau. Qui sera élue « Capitale française de la Biodiversité » 2021 ? Pour cette nouvelle édition, les collectivités peuvent candidater en mettant en avant leurs actions de préservation des zones humides, de restauration de la continuité écologique des cours d’eau et du littoral. Les initiatives de gestion des eaux pluviales, de désimperméabilisation, de lutte contre le risque d’inondation ou contre les conséquences du changement climatique via des Solutions fondées sur la Nature peuvent également être valorisées, tout comme la protection de la ressource en eau potable. Les collectivités ont jusqu’au 31 décembre 2020 pour remplir le dossier de candidature. Au printemps 2021, le concours désignera la Capitale française de la Biodiversité 2021 et les meilleures collectivités par catégorie (villages, petites villes, villes moyennes, grandes villes, intercommunalités). Un dispositif de sensibilisation et de formation des acteurs locaux Au-delà du concours, Capitale française de la Biodiversité est un dispositif de sensibilisation et de formation pour les collectivités. Le dispositif valorise les bonnes pratiques, les dispositifs d’animation territoriale et favorise des échanges entre acteurs locaux. Que ce soit pour une collectivité pionnière et déjà largement engagée dans des politiques publiques de préservation et de restauration de la biodiversité ou pour une ville ou intercommunalité simplement au début d’une démarche, l’opération Capitale française de la Biodiversité est un outil performant de sensibilisation, d’accompagnement dans le changement, d’émulation et de soutien collectif. Un accompagnement des collectivités pour candidater Plusieurs outils sont mis à la disposition des collectivités qui souhaitent candidater : – Un cycle de webinaires pour informer et sensibiliser les collectivités – Des événements en présentiel (ateliers locaux et régionaux, visites inspirantes…) dès septembre partout en France, dans le respect des mesures sanitaires en vigueur. – Un questionnaire simplifié est proposé aux collectivités reconnues ou candidates à l’initiative « Territoires engagés pour la nature » pour participer au concours (mutualisation des dossiers de candidature). En 2019, 148 communes et intercommunalités ont participé au concours. La Métropole de Lyon avait été élue « Capitale française de la Biodiversité 2019 » pour ses actions exemplaires sur le thème « Climat : la nature source de solutions ». Le calendrier – 31 décembre 2020 : clôture des candidatures – Hiver 2021 : évaluation des candidatures par le comité scientifique et technique du concours – Printemps 2021 : organisation de visites de terrain pour les dossiers retenus – Mi-mai 2021 : annonce du palmarès et cérémonie de remise des prix Les Ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, l’Office français de la biodiversité (OFB), l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB îdF), l’association Plante & Cité centre d’ingénierie sur la nature en ville, et le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) sont les organisateurs de ce concours national, auquel sont associés de nombreux partenaires. Le concours Capitale française de la Biodiversité est placé sous le haut patronage du secrétariat exécutif de la Convention sur la diversité biologique et contribue à l’agenda de l’action pour la nature et les peuples en vue de la COP15 en Chine. Pour en savoir plus : www.capitale-biodiversite.fr PLUS D’INFORMATIONS – Déposez votre candidature sur le site de Capitale française de la biodiversité – Consulter le communiqué de presse du 1er septembre 2021 – Le site internet du Comité français de l’UICN dédié aux collectivités – Le programme « Politiques de la biodiversité »
Nos podcasts avec RFI

En amont du Congrès mondial de la nature de l’UICN, une série d’émissions décryptant les enjeux de biodiversité, en partenariat avec le Comité français de l’UICN, est diffusée sur Radio France International (RFI) dans l’émission “C’est pas du Vent” d’Anne-Cécile Bras.
Un kit pédagogique sur le climat et la biodiversité : « A nous d’agir pour la Terre »

Dans la continuité des kits sur la biodiversité, l’Adphile une association qui a pour objet de promouvoir le loisir philatélique, a de nouveau souhaité sensibiliser la jeunesse à l’érosion de la biodiversité en développant cette année des kits pédagogiques sur le climat et la biodiversité. Destinés aux élèves du CP à la 5ième, ils ont été élaboré en partenariat avec le Comité français de l’UICN, le Conservatoire du Littoral et d’autres organisations. Diffusé à près de 60 000 enfants, le kit scolaire pour la rentrée 2020 « A nous d’agir pour la Terre » a pour objectif de donner à ces classes les clés pour comprendre l’interdépendance entre le climat, la biodiversité et les activités humaines. Le kit est composé de 4 chapitres : • s’interroger sur la formation du climat et l’effet de serre • s’interroger sur les conséquences des activités humaines • comprendre les interactions entre climat et biodiversité • s’interroger sur les actions à mener Chaque activité pédagogique de ce kit permet d’engager des échanges et des débats. L’objectif est de conduire les élèves à s’interroger sur les liens entre le dérèglement climatique et la biodiversité en relation avec les objectifs de développement durable et d’identifier les actions à mettre en oeuvre en s’appuyant sur la nature. Les Solutions fondées sur la Nature, actions qui s’appuient sur les écosystèmes afin de relever les défis globaux comme la lutte contre les changements climatiques, la gestion des risques naturels, la santé, l’accès à l’eau, la sécurité alimentaire, y sont à l’honneur. Plus d’informations – Télécharger le kit « A nous d’agir pour la Terre » – Le kit « Connaître, comprendre et agir pour la biodiversité » et les plaidoyers pour la biodiversité rédigés par les élèves – Site internet de l’Adphile – Adphile email : philcom.adphile@laposte.net / tél. : 01 41 87 42 21 – Programme Education et communication – Programme Ecosystèmes
Fête de la nature : Dernier mois pour inscrire son évènement

La Fête de la Nature, c’est cinq jours de manifestations gratuites pour permettre à tous les publics de vivre une expérience de la nature à son contact. Les 300 premières manifestations pour l’édition 2020 sont désormais visibles du public avec de très beaux exemples d’actions positives à découvrir dans le cadre de la thématique « Prenons-en de la graine ! », mais aussi des rendez-vous dans les espaces naturels protégés, des ouvertures de jardins de particuliers. Envie d’intégrer cette programmation ? Il reste un mois pour inscrire ses propositions sur fetedelanature.com – la date limite est fixée au 30 septembre Les évènements inscrits dans le cadre de la la Fête de la Science ou du Jour de la Nuit qui se tiendront en même temps que la 14e édition de la Fête de la Nature, du 7 au 11 octobre peuvent être compatibles avec la Fête. Si les animations imaginées répondent à la charte de la Fête de la Nature, il est possible de les inscrire sur fetedelanature.com pour démultiplier leur promotion ! Des outils pour guider les organisateurs Des tutoriels vidéos donnant toutes les étapes à suivre pour concrétiser la mise en ligne d’une manifestation sont disponibles ainsi qu’un guide pour l’organisateur et un kit réseaux sociaux pour promouvoir sa manifestation. Pour contacter les médias locaux, un kit presse est également mis à disposition. Plus d’informations – Tutoriels vidéos – Guide de l’organisateur – Kit réseaux sociaux – Site internet de la Fête de la nature – La Fête de la nature et le Comité français de l’UICN – Le programme Education et Communication
Un webinaire pour sensibiliser aux enjeux de biodiversité en méditerranée

Du 7 au 15 janvier 2021, le Congrès mondial de la nature de l’UICN se tiendra en France. Il s’agit d’un évènement majeur qui va contribuer à définir les prochains objectifs pour la planète jusqu’à 2030. Le bassin méditerranéen est un des 36 hotspots de biodiversité identifiés dans le monde. En amont de cet évènement, le Comité français de l’UICN a organisé le 7 août, un webinaire sur les enjeux biodiversité auxquels doit faire face le bassin méditerranéen et a présenté des solutions : les actions de lutte contre la pollution plastique et les Solutions fondées sur la Nature. Jean Jalbert, Directeur de la Fondation Tour du Valat et Patrick Deixonne, Navigateur explorateur et fondateur d’Expédition 7e Continent sont intervenus dans cette rencontre virtuelle. « La lutte contre la pollution plastique » et « les Solutions fondées sur la Nature en Méditerranée » font l’objet de recommandations politiques, proposées par les membres français de l’UICN et discutées au niveau international. Elles seront votées et officiellement adoptées au Congrès Mondial de l’UICN et contribueront à définir les prochains objectifs de protection de la nature pour 2030. Le Comité français de l’UICN proposera des évènements sur ces sujets sur son Pavillon au Congrès. Plus d’informations – Site internet de la Tour du Valat – Site internet d’Expédition 7e continent – Les Solutions fondés sur la Nature – Le Rapport du WWF « Guide décideurs, stoppons le torrent de plastique » – La Liste rouge des écosystèmes en France : Chapitre sur les dunes côtières et les rivages sableux méditerranéens / Chapitre sur les forêts méditerranéennes de France métropolitaine – Coopération internationale et Méditerranée – Le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN – Le Congrès Mondial de la Nature de l’UICN
Journée internationale des mangroves 2020 : Découvrez-les sous un nouveau jour

A l’occasion de la Journée Internationale des Mangroves – célébrée le 26 juillet de chaque année depuis 2015, le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT) lance 2 produits phares : les visites virtuelles des mangroves de Mayotte, et la cartographie des mangroves d’outre-mer à un degré de précision encore jamais atteint. VISITES VIRTUELLES : PARTEZ A LA DÉCOUVERTE DES MANGROVES DE MAYOTTE ! Après les mangroves de Guadeloupe, le PRZHT vous invite à partir à la découverte des mangroves de Mayotte en visite virtuelle ! Immergez-vous au sein de ce milieu étonnant pour y découvrir les espèces qui y vivent, apprendre les astuces des palétuviers (arbres qui constituent la mangrove) pour survivre aux conditions extrêmes, ou encore comprendre les services essentiels que les mangroves nous rendent au quotidien. Laissez vous surprendre par d’étonnantes informations : saviez-vous par exemple que des sépultures vieilles de mille ans se dissimulent dans la vasière des Badamiers, un site connu sur Petite-Terre? Qu’il existe 7 espèces différentes de palétuviers à Mayotte avec une organisation spatiale spécifique ? Que deux sentiers de découverte ont été aménagés à Mayotte pour découvrir les mangroves ? Que vous habitiez à Mayotte ou ailleurs, vous pouvez dès à présent partir à la découverte des mangroves de Mayotte : elles se révéleront à vous comme vous ne les avez jamais vues ! CARNAMA: LES MANGROVES D’OUTRE-MER CARTOGRAPHIéES AVEC UNE PRéCISION JAMAIS ATTEINTE à CETTE ÉCHELLE Le PRZHT lance également à l’occasion de la Journée Internationale des Mangroves la première mise à jour de la cartographie harmonisée des mangroves françaises (projet CARNAMA). Cette mise à jour a pu être réalisée dans le cadre de l’IFRECOR grâce aux nouvelles technologies satellites d’une précision 9 fois supérieure à celles qui étaient disponibles lors de l’évaluation initiale, il y a 4 ans. Ce nouveau travail cartographique, réalisé par Florent Taureau, représente une avancée très importante, car il permet de répondre aux impératifs de conservation en offrant aux utilisateurs une base de données spatialisée la plus précise et la plus juste possible, incluant les mangroves situées le long des estuaires. Et maintenant ? Ce travail cartographique n’est qu’une première étape : il s’agit désormais de faire appel au Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves (ROM) pour vérifier sur le terrain la justesse de ses délimitations. Les gestionnaires, riverains, scolaires et toute personne intéressée par les mangroves sont appelés à signaler toute contradiction avec la carte, qui a été intégrée à l’application mobile ROM, dans une démarche de co-construction de cet outil cartographique. Pour rappel, l’application permet également de signaler des perturbations, ce qui peut être utile aux gestionnaires de mangroves ! La France est engagée dans un effort significatif de protection des mangroves depuis plusieurs années, avec la mise en protection de plus 35 000 ha de mangroves dans les Départements et Régions d’Outre-mer (DROM) à l’heure actuelle. En Nouvelle-Calédonie et à Wallis, les tribus locales sont également très investies dans la protection des mangroves grâce à une gestion coutumière. Les nouveaux chiffres surfaciques de mangroves vont donc permettre à la France et aux collectivités de mieux évaluer l’efficacité des actions de protection en suivant l’évolution des surfaces de mangroves, que ce soit par des mises à jour régulières de la cartographie ou des remontées de terrain par le biais du ROM. Des indicateurs complémentaires viendront également compléter ces informations afin de qualifier l’état de conservation des mangroves associé à ces surfaces. Plus d’informations – La visite virtuelle dans les mangroves de Mayotte – Communiqué de presse sur la nouvelle cartographie – le projet Carnama (attention! certains chiffres ont été mis à jour depuis le 23 juillet 2020) – Les fichiers .kml (à utiliser avec Google Earth) et les shape files de chaque territoire concerné par CARNAMA sont disponibles en téléchargement – L’application mobile ROM – En savoir sur le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales Photo bandeau : Mirereni, Baie de Bouéni à Mayotte © Comité français de l’UICN_Geo-Graphique_L.Juhel
Le Standard de l’UICN pour renforcer l’impact des Solutions fondées sur la Nature face aux défis sociétaux

Gland, Suisse, le 23 juillet 2020 (UICN) – Aujourd’hui, l’UICN lance un Standard mondial, offrant le tout premier référentiel pour les Solutions fondées sur la Nature face aux défis mondiaux. Le nouveau Standard mondial de l’UICN aidera les gouvernements, les entreprises et la société civile à garantir l’efficacité des Solutions fondées sur la Nature, ainsi qu’à maximiser leur potentiel pour aider à faire face au changement climatique, à la perte de la biodiversité et à d’autres défis sociétaux à l’échelle mondiale. « Le monde recherche des options durables et efficaces pour relever les défis mondiaux tels que le changement climatique, la sécurité alimentaire, la sécurité de l’approvisionnement en eau, et maintenant, la relance économique suite à la pandémie mondiale. Pour cela, le nouveau Standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature fournit un cadre idéal pour mettre à contribution et accélérer l’utilisation durable de la nature », a déclaré Stewart Maginnis, Directeur mondial du Groupe sur les Solutions fondées sur la Nature de l’UICN. « Pour que les Solutions fondées sur la Nature atteignent leur potentiel, nous devons nous assurer que les actions mises en place aujourd’hui apportent les bénéfices souhaités pour la société et la biodiversité. Ce Standard mondial offre un cadre rigoureux, cohérent et responsable qui aidera à éviter toute utilisation abusive du concept et à faire passer les Solutions fondées sur la Nature de l’échelle locale à l’échelle mondiale. » Le concept de Solutions fondées sur la Nature (SfN) – soit les actions répondant aux principaux défis sociétaux à travers la protection, la gestion durable et la restauration des écosystèmes, au bénéfice à la fois de la biodiversité et du bien-être humain – est de plus en plus appliqué dans le monde. Plus de 130 pays ont déjà inclus des actions basées sur ce concept – telles que le reboisement, les infrastructures vertes, l’agriculture et l’aquaculture durables ou la protection des côtes – dans leurs plans climatiques nationaux dans le cadre de l’Accord de Paris. Cependant, toutes les actions qualifiées de « Solutions fondées sur la Nature » ne procurent pas les bénéfices anticipés tant pour la société que pour la biodiversité et le potentiel mondial des SfN est loin d’être pleinement exploité. « Jusqu’à présent, il n’y avait pas de consensus ni d’orientation cohérente sur la manière de concevoir et de mettre en œuvre des Solutions fondées sur la Nature, qui sont capables de fournir des bénéfices cohérents pour les personnes et la nature », a déclaré Angela Andrade, Présidente de la Commission de l’UICN sur la Gestion des Ecosystèmes, qui a aidé à mener le développement du Standard mondial. « La contribution de la Commission, en plus des contributions de plus de 800 experts et acteurs de terrain de 100 pays différents, a été de guider le Standard mondial de l’UICN, tout en veillant à ce qu’il soit scientifiquement robuste et applicable dans un large éventail de régions et de scénarios. » Le Standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature comporte huit critères et des indicateurs associés, qui permettent aux utilisateurs d’évaluer la pertinence, l’échelle, la viabilité économique, environnementale et sociale d’un projet ; de prendre en compte ses compromis éventuels ; d’assurer la transparence et la gestion adaptative des projets; et d’explorer les liens possibles avec les objectifs et engagements internationaux. Il se compose d’un guide pour l’utilisateur et d’un outil d’auto-évaluation qui identifie les domaines d’apprentissage et ceux à améliorer. En 2016, le Congrès mondial de la nature de l’UICN à Hawaï a adopté une résolution (WCC-2016-Res-069-FR) qui, pour la première fois, a définit l’utilisation de la nature pour des bénéfices simultanés pour la biodiversité et le bien-être de la société. Selon cette résolution, les Solutions fondées sur la Nature (SfN) sont des « actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés, pour relever directement les enjeux de société de manière efficace et adaptative tout en assurant le bien-être humain et des bénéfices pour la biodiversité. » Citations de référence: Bertrand Walckenaer, directeur général délégué, Agence Française de Développement (AFD) : « Les solutions fondées sur la nature sont essentielles pour la transition vers un développement réconcilié avec la planète. A l’AFD, nous en sommes convaincus. Nous mobilisons ces approches autant que possible car elles répondent à des besoins très concrets des populations au niveau local, et bien souvent à moindre coût. L’enjeu est aujourd’hui de passer de l’expérimentation à une mise en œuvre à grande échelle. La norme développée par l’UICN et que nous avons soutenue est une opportunité pour avancer. Il s’agit maintenant de la diffuser au sein de la communauté des banques de développement pour que le plus grand nombre recoure aux SFN et que l’on puise en mesurer les impacts. » Yann Wehrling, Ambassadeur à l’environnement, France : « La publication du standard de l’UICN est dans le contexte actuel tout à fait opportun et nous sommes persuadés que cet outil offrira une méthodologie et une grille de lecture qui vont, non seulement renforcer la mise en œuvre des projets utilisant les solutions fondées sur la nature, mais aussi assoir leur crédibilité et leur légitimité. Il est également indispensable que ce standard soit porté au niveau politique et la France est de ce fait engagée pour poursuivre la promotion des Solutions fondées sur la nature et les travaux de l’UICN dans ce domaine. » Teresa Ribera – Quatrième vice-président et Ministre de la Transition écologique et du Défi démographique, Espagne : « L’Espagne est convaincue du grand potentiel de la nature en matière d’action climatique et est déjà activement engagée à ce que les Solutions fondées sur la Nature soient intégrées dans ses politiques de lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité. » Les Solutions fondées sur la Nature et le Comité français de l’UICN Depuis 2015, le Comité français de l’UICN se mobilise pour promouvoir les Solutions fondées sur la Nature en particulier pour la lutte contre les changements climatiques et la gestion
Classement « En danger critique d’extinction » du Hamster d’Europe, de Lémuriens et de la Baleine franche de l’Atlantique Nord sur la Liste rouge mondiale

Gland, Suisse, 9 juillet 2020 (UICN) – Près d’un tiers (31%) de toutes les espèces de lémuriens de Madagascar sont aujourd’hui « En danger critique », à seulement un pas de l’extinction, et 98% d’entre elles sont menacées, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées. Cette mise à jour conclut une révision de toutes les évaluations de primates africains, indiquant que plus de la moitié de toutes les espèces de primates dans le reste de l’Afrique sont menacées. Cette mise à jour révèle également que la Baleine franche de l’Atlantique Nord et le Hamster européen sont tous deux En danger critique d’extinction, et que le champignon le plus cher du monde est menacé d’extinction. La Liste rouge de l’UICN dépasse aujourd’hui les 120 000 espèces, avec 120 372 évaluations. Parmi elles, 32 441 correspondent à des espèces menacées d’extinction. « Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle l’ampleur réelle des menaces auxquelles sont confrontés les primates dans toute l’Afrique. Elle montre également que l’Homo sapiens doit changer radicalement sa relation avec les autres primates et avec la nature dans son ensemble », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice générale par intérim de l’UICN. « Au cœur de cette crise se trouve un besoin urgent de moyens de subsistance alternatifs et durables pour remplacer notre dépendance actuelle à la déforestation et à l’utilisation non durable de la faune et la flore sauvages. Ces résultats mettent formellement en évidence le besoin urgent d’un cadre de biodiversité ambitieux pour l’après-2020, qui canalise des actions de conservation efficaces. » « Les déclins spectaculaires d’espèces telles que la Baleine franche de l’Atlantique Nord figurant dans la présente mise à jour de la Liste rouge de l’UICN soulignent la gravité de la crise de l’extinction”, a déclaré la Dr Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Sauver le nombre croissant d’espèces menacées d’extinction nécessite un changement transformationnel, soutenu par des mesures visant à mettre en œuvre les accords nationaux et internationaux. Le monde doit agir rapidement pour arrêter le déclin des populations d’espèces et prévenir les extinctions causées par l’homme, avec un cadre de biodiversité ambitieux pour l’après-2020 que le prochain Congrès de l’UICN aidera à définir. » Près d’un tiers des espèces de lémuriens sont au bord de l’extinction La présente mise à jour montre que 33 espèces de lémuriens sont En danger critique d’extinction, 103 des 107 espèces encore en vie étant menacées d’extinction, principalement en raison de la déforestation et de la chasse à Madagascar. Treize espèces de lémuriens ont été placées dans des catégories de menaces plus élevées en raison de l’intensification des pressions humaines. Parmi celles nouvellement classées En danger critique d’extinction, on trouve le Sifaka de Verreaux (Propithecus verreauxi) et le Microcèbe mignon (Microcebus berthae), le plus petit primate du monde, tous deux précédemment considérés comme En danger d’extinction. Ces espèces connaissent un déclin important au fur et à mesure que leurs habitats forestiers sont détruits par l’agriculture sur brûlis, ainsi que par l’exploitation forestière pour le charbon de bois et le bois de chauffage. La chasse constitue une menace supplémentaire pour le Sifaka, bien qu’elle soit illégale et considérée comme tabou ou « fady » dans de nombreuses parties de l’aire de répartition de l’espèce. Dans le reste de l’Afrique, on estime à 53% le pourcentage des espèces de primates (54 sur 103) aujourd’hui menacées d’extinction. Cela inclut les 17 espèces de Colobes rouges, faisant de ce genre de singes le plus menacé du continent. Parmi les primates passant aujourd’hui à un statut de menace plus élevé figure le Colobe à longs poils (Colobus polykomos), vivant sur la côte occidentale d’Afrique, qui est passé de Vulnérable à En danger d’extinction. La chasse à la viande de brousse, en grande partie illégale, et la perte d’habitats constituent toujours les principales menaces pour les primates, sur l’ensemble du continent. « Grâce à une Stratégie de l’UICN pour la conservation des lémuriens très efficace, développée par notre Groupe de spécialistes des primates de la CSE de l’UICN, nous avons pu collecter plus de 7,5 millions de dollars pour l’initiative Lémuriens de l’IUCN Save Our Species. Grâce à ces fonds, les organisations locales travaillent aujourd’hui sans relâche pour promouvoir l’écotourisme, créer de nouvelles aires protégées communautaires, patrouiller, reboiser et sensibiliser les écoles et les communautés locales à la nécessité de protéger les lémuriens, le trésor de Madagascar. Bien que la situation reste très préoccupante pour la majorité des espèces de lémuriens, il faut cepandant souligner que certaines d’entre elles, comme le Lépilémur du Sahafary (Lepilemur septentrionalis), dont les populations ont été gravement réduites, seraient sans doute déjà éteintes sans cet investissement », a déclaré Russ Mittermeier, Président du Groupe de spécialistes des primates de la Commission de survie des espèces (CSE) de l’UICN. La Baleine franche de l’Atlantique Nord à un pas de l’extinction La Baleine franche de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis) est passée de la catégorie En danger à la catégorie En danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN. On estime qu’il restait moins de 250 individus matures de cette espèce fin 2018 ; la population totale ayant diminué d’environ 15% depuis 2011. Ce déclin est dû à la combinaison d’une mortalité accrue due aux enchevêtrements dans les engins de pêche et aux collisions avec les navires et d’un taux de reproduction plus faible par rapport aux années précédentes. Sur les 30 décès ou blessures graves de Baleines franches de l’Atlantique Nord d’origine humaine confirmés entre 2012 et 2016, 26 étaient dus à un enchevêtrement. Les changements climatiques semblent exacerber les menaces qui pèsent sur les Baleines franches de l’Atlantique Nord. Des températures plus élevées de l’eau de mer ont probablement poussé leurs principales proies plus au nord pendant l’été, dans le golfe du Saint-Laurent, où les baleines sont plus exposées à des collisions accidentelles avec les navires et à un risque élevé d’enchevêtrement dans les câbles des casiers à crabes. Le Hamster européen est maintenant En danger critique d’extinction Le Hamster européen (Cricetus cricetus), autrefois abondant dans toute
Mangrove rose en Martinique : un phénomène naturel ?

Etude réalisée par Mélanie Herteman, Écologue / Photos de Laurent Juhel, photographe éco-interprète Magnifique, féérique, splendide, « fout sa bel » en créole martiniquais… sont autant de qualificatifs employés à la vue de ce fabuleux phénomène de mangrove rose, la Mangrose. Il s’est produit fin juin en Martinique, marigot de la Taupinière, dans un étang littoral saumâtre très peu profond, caractéristique des îles des caraïbes, dans la commune du Diamant. Mais à quoi cela est-il dû ? Est-ce naturel ? La mangrove s’en remettra-t-elle ? Ce phénomène existe-t-il en d’autres endroits sur la planète ? Autant de questions méritaient éclaircissement et vérification. Un manque d’eau en 2020 Bien que récurrent, ce phénomène tout à fait naturel a déjà été observé sur plusieurs sites en Martinique, mais il a fortement marqué cette année 2020 en raison des conditions climatiques. Traditionnellement, les pluies repartent à la hausse en mai. Cette année, elles se sont fait attendre et par endroits elles n’ont presque rien donné. En 40 ans de mesure c’est la 2ème fois que cette commune recueille aussi peu de pluie en un mois. A ce manque d’eau s’est ajouté une autre caractéristique remarquable en avril et mars : l’atmosphère a été particulièrement claire et limpide en l’absence d’épisode de brume de sable. Ces conditions favorisent la photosynthèse des plantes et des algues. « Bloom Algal » de Dunaliella salina, un phénomène naturel La période longue et sèche a augmenté la salinité, la température (34°C) et le pH de l’eau, entraînant une baisse de l’oxygène et de l’azote présents dans l’eau. Ces conditions stressantes associées à l’augmentation de l’intensité lumineuse ont provoqué ce bloom algal. Pour bien définir ce phénomène de mangrose et surtout identifier l’organisme à l’origine de cette coloration, des experts du Comité français de l’UICN se sont rendus sur place pour effectuer des prélèvements d’eau. Les observations au microscope confirment que cette couleur surprenante et rare dans la nature est due à ce que l’on appelle un « bloom algal » c’est-à-dire une multiplication explosive de microalgues. Les analyses ont également révélé qu’il s’agissait de la microalgue Dunaliella salina (microalgue verte unicellulaire de la classe des Chlorophycées). Une microalgue particulière Elle est constituée d’éléments communs à d’autres cellules végétales. Cependant, elle ne possède pas de paroi polysaccharidique mais une membrane fine et souple qui contrairement à la plupart des végétaux lui permet de faire des échanges avec l’extérieur plus rapidement. Son système de transport des ions Na+ est également efficace pour s’adapter à la pression osmotique extérieure due à la forte salinité. Le pigment donnant cette couleur rose à l’algue et à l’eau pendant un bloom algal est due à un grand nombre de globules à carotène. Enfin grâce à l’accumulation de glycérol, Dunaliella salina parvient a équilibrer la salinité de son plasma. Peu d’organismes sont capables de vivre dans de telles conditions de salinité. Quels impacts à plus long terme ? Ce changement de couleur lié à la présence de cette algue est un phénomène ponctuel et tout à fait réversible. Au retour de la saison des pluies, la salinité de l’eau baissera, l’équilibre de cet écosystème reviendra à la normale, et la couleur rose disparaîtra. Les organismes vivant dans le plan d’eau et autour de ce marigot tels que les crabes (notamment les crabes violonistes, Minuca rapax) se sont eux aussi adaptés à cet habitat. Ils ont une capacité de tolérance à de fortes salinités ponctuelles. Les palétuviers supportent aussi des taux de salinité élevés. Néanmoins toutes les espèces ne réagissent pas de la même façon. Cependant, dans un contexte de changement climatique, on peut se demander si ce phénomène ne va pas aller en s’accentuant ou ne sera pas plus récurrent. Plus d’informations – L’étude complète de Mélanie Herteman, Écologue / Photos de Laurent Juhel, Photographe éco-interprète – Le Pôle relais zones humides tropicales – Le programme outre-mer du Comité français de l’UICN Photo bandeau © Laurent Juhel