Mallette Pédag’Eau : un outil pédagogique sur la thématique de l’eau

Le Pôle Relais Zones Humides Tropicales co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du littoral a créé à la demande de l’Office de l’Eau Guadeloupe – partenaire technique et financier du projet – une mallette pédagogique sur la thématique de l’eau. Cet outil ludique et complet, mis gracieusement à disposition des établissements scolaires et des associations locales, est conçu pour des activités se réalisant aussi bien en extérieur qu’en intérieur. Les âges concernés vont de 3 à 12 ans, et la durée des animations varie de 30 minutes à la demi-journée (voire la journée). La flexibilité des activités proposées s’adapte donc à tout type d’emploi du temps et de météo. Réfléchie et élaborée en partenariat avec le Rectorat de Guadeloupe, cette « Mallette Pédag’Eau » répond aux exigences du programme scolaire, et plus précisément à celles du module “Questionner le monde” qui sont pour rappel : – d’une part de permettre aux élèves de développer des connaissances nécessaires pour décrire et comprendre le monde qui les entoure et développer leur capacité à raisonner et ; – d’autre part de contribuer à leur formation de citoyens. Rapide coup d’oeil au contenu de la mallette Théâtre Butaï / Histoire évolutive : travailler l’imaginair Quatre histoires et un mini théâtre avec des personnages sympathiques et symboliques qui sensibiliseront les enfants à la connaissance des milieux humides. Age concerné : 3-5 ans et 6-7 ans (histoire similaire mais avec un vocabulaire adapté à chaque niveau) Durée : 5-10 min par conte Où ? Classe/salle ou extérieur ombragé Plateau de jeu “Rés’Eau collectif” : développer la cohésion de groupe Un plateau de jeu xxl, un dé, des pions et des méninges qui chauffent pour un jeu amusant et collaboratif ! L’objectif : reconstituer un puzzle des zones humides tout en découvrant la Guadeloupe au fil de l’eau. Age concerné : 7-10 ans Durée : de 30 min à 1h00 Où ? En intérieur ou extérieur Jé 5 fanmi / Qui suis-je ? : approfondir la connaissance Déclinaison du très populaire jeu des 7 familles, ce jeu de cartes sollicite la mémoire et l’observation ! Le but ici est au choix, car vous avez 2 façons de jouer : soit en classant la biodiversité par famille, soit en faisant deviner un maximum de cartes à votre (vos) partenaire(s) ! Age concerné : 7-11 ans Durée : de 30 min à 1h00 Où ? Classe/salle ou extérieur abrité Malle terrain du jeune naturaliste : explorer et comprendre Une malle pleine d’outils pour apprendre à déchiffrer son environnement Age concerné : de 3 à 11 ans Durée : de quelques minutes à plusieurs heures Où ? Intérieur / Extérieur Que trouve-t-on dans cette malle ? – Les 5 sens des zones humides (dès 3 ans) : Accompagner l’enfant à se concentrer sur soi et sur ses sens – Les fiches d’identification (dès 6 ans) : Rendre accessible l’identification de la biodiversité – Du matériel d’observation et d’analyse (dès 6 ans : jumelles, microscopes, boussoles, cartes IGN, amplificateurs de sons…etc) : Comprendre son environnement par des procédés scientifiques Maquette sur le grand cycle de l’eau (et aléas anthropiques) : le parcours d’une goutte Une maquette xxl pour comprendre et identifier les zones humides de l’archipel Guadeloupéen auxquelles vient s’ajouter ensuite, l’influence de l’Homme sur ces différents milieux ainsi que sur l’eau en général. Age concerné : dès 6 ans Durée : de 30 min à 45min Où ? classe/salle Attention : la maquette est uniquement disponible sur demande et sous l’animation d’un agent de l’Office de l’Eau ou du Pôle-Relais Zones Humides Tropicales Plus d’informations – Découvrir le guide d’utilisation de la mallette – Site internet du Pôle-Relais Zones Humides Tropicales – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN Pour tout renseignement sur cet outil, et notamment sa mise à disposition et son animation, vous pouvez prendre contact avec la coordinatrice du Pôle-relais (gaelle.vandersarren@uicn.fr) ou l’animatrice des activités pédagogiques (angeline.lollia@uicn.fr).
En dépit de la croissance des aires protégées, les Etats ne sont pas à la hauteur dans la conservation de la biodiversité

Selon une nouvelle analyse publiée dans Nature, les gouvernements nationaux n’ont pas tenu leurs engagements de conservation des aires protégées et conservées en vertu de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB), malgré l’expansion des aires protégées au cours de la dernière décennie. Dirigé par le Dr Sean Maxwell de l’Université du Queensland et co-écrit par des membres de la Commission mondiale sur les aires protégées de l’UICN, le document analyse si la croissance des aires protégées entre 2010 et 2019 a conduit à une meilleure protection des écosystèmes naturels, des espèces menacées et des services écosystémiques. Au cours de cette période, le pourcentage de la surface de la Terre couverte par des aires protégées est passé de 14,1 % à 15,3 % sur terre et de 2,9 % à 7,5 % dans le domaine marin. Les auteurs constatent que cette croissance a eu un succès limité dans la protection de la biodiversité et des services écosystémiques à l’échelle mondiale. Par exemple, seulement 21,7 % des espèces considérées comme menacées d’extinction sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN étaient suffisamment représentées dans les aires protégées en 2019, comparativement à 18,9% en 2010. Un tiers des zones clés de biodiversité et plus de la moitié de tous les écosystèmes terrestres et marins sont restés sans protection adéquate en 2019, selon le document. « Nous avons examiné les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs de conservation de la CDB en superposant les cartes des aires protégées sur les écosystèmes naturels, les espèces menacées, les services liés au carbone sur terre et en mer et la productivité des pêcheries dans les océans du monde. Nos résultats prouvent de façon concluante la nécessité de se concentrer non seulement sur ce que nous protégeons, où et comment nous le faisons, mais également sur la taille de la zone que nous protégeons », a déclaré le Dr Sean Maxwell de l’Université du Queensland, principal auteur de l’étude. « Presque tous les pays sur Terre ont convenu qu’en 2020, les aires protégées et conservées doivent couvrir au moins 17% des terres et 10% des océans, et être situées dans des zones importantes pour la biodiversité et les services écosystémiques, conformément aux engagements de la CDB. Nos résultats montrent de façon concluante qu’une simple augmentation de superficie gérée et conservée ne suffit pas. Les aires protégées et conservées doivent protéger efficacement les milieux importants pour les espèces menacées ; et malgré une couverture terrestre de près de 17 %, ce n’est clairement pas le cas pour le moment », a déclaré le Dr Stephen Woodley, vice-président de la Commission mondiale sur les aires protégées pour la science et la biodiversité de l’UICN, l’un des co-auteurs de l’étude. Depuis que les objectifs environnementaux mondiaux ont été convenus dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique en 2010, des progrès encourageants ont été constatés avec l’expansion des aires protégées, en particulier dans le domaine marin, avec une protection accrue des coraux et de nombreuses autres espèces marines. Toutefois, l’étude a conclu que les sept régions pélagiques les plus productives pour les pêches ne disposaient pas de couverture officielle en aires protégées et a constaté des insuffisances significatives dans la « représentativité écologique » (protection des espèces menacées), l’efficacité de la gestion et l’atteinte de résultats mesurables pour la biodiversité dans les aires protégées et conservées à l’échelle mondiale. « La plupart des gouvernements reconnaissent le rôle essentiel des aires protégées et conservées dans la lutte contre la crise de la biodiversité », a déclaré le Dr Kathy MacKinnon, présidente de la Commission mondiale sur les aires protégées de l’UICN. « Cette étude globale montre que, malgré les efforts considérables déployés par les pays de la CDB pour atteindre les objectifs 2020 en matière d’ aires protégées et conservées, beaucoup reste à faire. C’est pourquoi nous demandons de nouveaux objectifs de conservation mondiaux ambitieux pour la biodiversité pour l’après 2020. Les aires protégées et conservées ont besoin d’investissements, de soutien juridique et d’être considérées comme des outils de développement durable généralisés grâce à la fourniture de services écosystémiques vitaux. Cela s’applique aux aires gérées par le gouvernement et par les communautés autochtones et locales, ainsi que celles gérées par le secteur privé. » Les auteurs recommandent qu’après 2020, la conservation des aires protégées et conservées devra contribuer plus efficacement à l’atteinte des objectifs mondiaux pour la biodiversité, ainsi qu’à une meilleure collaboration avec les peuples autochtones, les groupes communautaires et les initiatives privées. Plus d’informations – L’article original (en anglais) – Contact : IUCN Media Relations, Tel: +41229990392, Email: press@iucn.org – L’étude complète (en anglais) – La Commission mondiale sur les Aires protégées de l’UICN – Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Parc national de la Vanoise
La 14ème édition de la Fête de la nature est lancée!

La nouvelle édition de la Fête de la nature débute aujourd’hui ! Exceptionnellement, cette 14ème édition se tient du 7 au 11 octobre sur tout le territoire français, en métropole comme en outre-mer, en ville comme à la campagne. L’automne sera donc cette année le terrain de jeu des passionnés de nature qui vous feront découvrir ses différentes facettes. Une édition en prémices du Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tiendra à Marseille en 2021. Le thème 2020 : Prenons-en de la graine ! Le thème de cette nouvelle édition met à l’honneur tous ceux qui œuvrent positivement pour l’environnement et la biodiversité. Découvrez les résultats positifs et visibles de nombreuses actions tels que le retour des sauterelles et papillons dans les jardins ou celui d’espèces menacées ou oubliées reprenant vie au cœur de grands espaces naturels et cultivés. L’objectif est de montrer que des solutions existent pour redonner vie à notre précieuse nature. Trouvez une manifestation près de chez en découvrant le programme complet par date ou par thématique (Les espaces naturels protégées, Prenons-en de la graine, Agriculture et biodiversité, Ouvertures de jardins, La nature se fête dans les prisons et Parcours biodiversité géolocalisés) en vous rendant sur le site internet. Retour sur l’évènement avant-première Mardi 6 octobre mai se tenait la journée avant-première de la Fête de la Nature 2019 qui lançait les festivités de cette 14eédition sur la thématique « Prenons-en de la graine ». Débutant par un jeu de piste naturaliste dans le parc de Bercy, ponctué par des explications d’experts de l’ARB (Institut Paris Région), de Noé, de la LPO et de l’Opie, la matinée s’est suivie d’une conférence de presse animée par François Letourneux, président d’honneur du Comité français de l’UICN et président de la Fête de la nature, avec Fabien Chenel et Julie Paillard respectivement directeur et chargée de mission de la Fête de la Nature. Lors ce lancement officiel de l’édition 2020, Thomas Delage, chef de département Mobilisation Citoyenne à l’Office français de la biodiversité est également intervenus pour présenter l’événement. Bonne fête de la nature à tous ! PLUS D’INFORMATIONS – Site internet de la Fête de la Nature – Page dédiée à la Fête de la Nature – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN – Le programme Education et Communication du Comité français de l’UICN
1 nouveau site français inscrit sur la Liste Verte des Aires protégées !

L’UICN a admis 3 nouvelles aires protégées sur la Liste verte des aires protégées et conservées le 18 septembre dernier. Un site français est ainsi mis à l’honneur pour la qualité de sa gestion et de sa gouvernance aux côtés du Parc Naturel National Chingaza en Colombie et de la Réserve Naturelle de Van Long au Vietnam, il s’agit d’un site protégé français ultra-marin : la réserve naturelle nationale de l’Ile du Grand Connétable en Guyane française. Ceci porte le nombre total de sites inscrits sur la Liste verte à 49 dans le monde, dont 15 aires protégées situées en France métropolitaine et en Outre-mer. La réserve naturelle de l’Ile du Grand Connétable située à 18 kilomètres des côtes de la Guyane au large de l’embouchure du fleuve Approuague est en fait composée de deux structures rocheuses : le Grand Connétable et l’îlot du Petit-Connétable. Toutefois, la grande majorité du périmètre de la réserve naturelle se situe en mer (environ 7 800 ha). Plus ancienne réserve naturelle de Guyane, elle a été créée en 1992 pour assurer initialement la protection des colonies d’oiseaux marins fréquentant le site. En effet, l’Ile joue un rôle majeur pour la reproduction des oiseaux marins en Guyane et plus largement à l’échelle régionale et/ou mondiale pour certaines espèces. Elle accueille notamment la plus importante colonie caribéenne de Sternes royales, la plus importante colonie de reproduction d’une sous-espèce de Sterne de Cayenne. Elle est également un lieu important de reproduction des Mouettes atricille et des Frégates superbes. Au niveau régional, le Noddi brun et la Sterne fuligineuse fréquentent le site. Considérant que le site héberge également des espèces marines emblématiques, le GEPOG (Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux de Guyane), gestionnaire du site s’est depuis plusieurs années penché sur l’étude et la conservation de la Sotalie ou dauphin de Guyane, du mérou géant, en danger critique d’extinction sur la liste rouge mondiale ou encore des tortues marines qui viennent bénéficier d’une zone d’alimentation aux abords des habitats rocheux de la réserve. Le bon état de conservation de ces espèces et de ces habitats bénéficiant de suivis depuis près de 30 ans et les succès notables en matière de lutte contre la pêche illégale grâce à une collaboration durable mise en place avec acteurs locaux de la pêche professionnelle et les Services de l’Etat sont autant de raisons pour lesquelles la réserve de l’Ile du Grand Connétable figure aujourd’hui sur la Liste verte des aires protégées et conservées. 9 aires protégées françaises sont toujours engagées dans le processus de candidature dont 8 d’entre elles verront leurs dossiers examinés par le Comité international prochainement. Plus d’informations – Site internet de la Réserve naturelle nationale de l’Ile du Grand Connétable – Le GEPOG – Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN – L’article international de l’UICN sur ce sujet (en anglais) – La Liste verte des aires protégées de l’UICN Photo bandeau : © ILe_Grand-Connetable_RNNC
Act4nature international : 16 nouveaux engagements d’entreprises pour la biodiversité

Ce sont aujourd’hui 16 entreprises internationales qui ont rendu publics leurs engagements pour lutter contre l’érosion de la biodiversité, parmi elles deux entreprises partenaires du Comité français de l’UICN : Ciments Calcia – GSM et Veolia. Elles rejoignent les 11 entreprises qui avaient dévoilé leurs engagements le 15 juin dernier, dont EDF, une autre de nos entreprises partenaires. Ce dispositif, destiné aux groupes internationaux est la poursuite de act4nature lancé en 2018. Il est animé et coordonné par l’association française Entreprises pour l’Environnement (EpE) dans le cadre d’un comité de pilotage dont le Comité français de l’UICN est membre. Ce dernier évalue le caractère SMART (« spécifique, mesurable, additionnel, réaliste et temporellement encadré ») des engagements proposés par les entreprises avant leur publication, avec une gouvernance qui garantit la transparence de la procédure en cas de désaccord. Ainsi, lors de cette nouvelle session, deux entreprises partenaires du Comité français de l’UICN ont déposé des engagements individuels reconnus SMART par le comité de pilotage : Ciments Calcia et GSM, filiales françaises du Groupe HeidelbergCement, ont inscrit, dès les années 90, la biodiversité dans leur stratégie d’entreprise et ont été parmi les premières à s’engager dans des dispositifs nationaux (SNB, act4nature…). Le partenariat avec le Comité français de l’UICN signé en 2008 a accompagné leurs démarches, notamment avec la mise en place d’un Système de Management de la Biodiversité. Le SMBio, structure opérationnelle de la stratégie biodiversité de Ciments Calcia et GSM, permet d’intervenir à tous les stades du cycle de vie des carrières afin de limiter les pressions sur la biodiversité et de la favoriser. Dans une volonté de cohérence et de déploiement plus large des actions, la stratégie biodiversité se décline désormais au sein de deux autres filiales du Groupe en France, Unibeton et Tratel sur lesquelles portent ce nouvel engagement. Documents disponibles plus bas Les métiers de Veolia (eau, déchets, énergie) sont directement connectés aux milieux naturels et contribuent à préserver l’environnement dans les territoires, notamment en traitant les eaux usées ou en limitant la pollution des sols. En 2019, le Groupe, présent dans plus de 40 pays dans le monde, s’est doté d’une raison d’être dont l’ambition en matière d’environnement est de combattre les pollutions et d’accélérer la transformation écologique de ses activités et de celles de ses clients, selon quatre priorités : lutter contre le dérèglement climatique, favoriser l’économie circulaire, protéger les milieux et la biodiversité et préserver la ressource en eau. Le Comité français de l’UICN accompagne le groupe depuis son partenariat signé en 2008 et dans son engagement Act4Nature international. Documents disponibles plus bas En cette rentrée également, à l’échelle mondiale plus de 560 entreprises (avec des revenus combinés de 4 billions US$) soutiennent un Appel à l’action pour exhorter les gouvernements à adopter dès maintenant des politiques pour inverser la perte de nature au cours de cette décennie. Cet Appel lancé en 2020 par la coalition Business for Nature a pour but d’enrayer l’érosion de la biodiversité et de restaurer les systèmes vitaux planétaires. Plus d’informations – Site internet act4nature international – More than 560 companies back global ‘Call to Action’ for nature –Le programme Entreprises et Biodiversité du Comité français de l’UICN Ciments Calcia et GSM : – Engagement Act4Nature international – Engagements biodiversité de Ciments Calcia – Engagement biodiversité de GSM – 10 ans de partenariat avec le Comité français de l’UICN VEOLIA : – Engagement Act4Nature international – Raison d’être de Veolia – Responsabilité sociétale de l’entreprise Veolia – Corporate social responsability of Veolia Contact : Florence CLAP, Chargée de Programme ‘Politiques de la Biodiversité‘ +33 (0)1 47 07 78 58
Nouveau standard de l’UICN pour évaluer les impacts des espèces exotiques envahissantes

L’UICN a publié le 15 septembre un nouveau standard baptisé EICAT « Environmental Impact Classification of Alien Taxa ». Cette nouvelle méthodologie, développée avec l’appui du Groupe de spécialistes de l’UICN sur les espèces exotiques envahissantes (ISSG/SSC), propose un cadre normalisé pour évaluer et prioriser ces espèces selon l’ampleur de leurs impacts environnementaux. Ce nouveau standard mondial de l’UICN doit contribuer à alerter les acteurs de la conservation et les décideurs politiques sur les impacts des espèces exotiques envahissantes, et à guider la mise en œuvre des mesures de prévention et de gestion nécessaires pour faire face aux défis des invasions biologiques. « Il est essentiel de répondre aux impacts des espèces exotiques envahissantes pour lutter contre l’érosion croissante de la biodiversité et la crise d’extinction, et leurs conséquences importantes sur l’économie, les moyens de subsistance et le bien-être des populations », a déclaré le Dr Jane Smart, directrice mondiale du groupe sur la conservation de la biodiversité de l’UICN. La circulation à un rythme toujours croissant des biens et des personnes dans le monde est à l’origine de l’introduction d’animaux, de plantes, de champignons et d’agents pathogènes dans des zones situées en dehors de leur aire de répartition naturelle. Certaines de ces espèces exotiques peuvent devenir envahissantes et avoir un impact négatif sur leur nouvel environnement. Selon la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN et le récent rapport de l’IPBES sur l’état de la biodiversité (2019), les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales pressions directes à l’origine de l’érosion de la biodiversité et de l’extinction des espèces. Ce nouveau cadre mondial de l’UICN sur les espèces exotiques envahissantes poursuit 5 objectifs : – Identifier les espèces ayant différents niveaux d’impacts environnementaux ; – Faciliter les comparaisons d’impacts en fonction des régions et des groupes taxonomiques ; – Faciliter les prévisions d’impacts potentiels futurs d’espèces dans la région cible et ailleurs ; – Aider à la priorisation des actions de gestion ; – Aider à l’évaluation des méthodes de gestion. « Des informations standardisées sur les espèces exotiques envahissantes sont essentielles pour comprendre et gérer les défis qu’elles posent », a déclaré le Dr Piero Genovesi, président du groupe de spécialistes des espèces exotiques envahissantes de l’UICN (ISSG/SSC), qui a développé l’EICAT. « L’EICAT est un outil qui permet de catégoriser et de comparer les différents impacts des espèces exotiques envahissantes dans le monde, afin d’orienter les politiques et les actions ». La méthodologie EICAT s’inspire de celle développée pour la Liste rouge des espèces menacées. Elle permet de classer, de façon simple et objective, les espèces exotiques dans des catégories d’impacts selon les dommages documentés qu’elles causent. Cinq catégories d’impacts sont définies, par ordre croissant : peu préoccupant, léger, modéré, grave et majeur. Les espèces appartenant aux trois dernières catégories sont considérées comme « problématiques ». La méthodologie est applicable aux niveaux national, régional et mondial. Toutes les évaluations EICAT entreprises au niveau mondial seront disponibles dans la base de données mondiale sur les espèces exotiques envahissantes de l’UICN (GISD). Un besoin exprimé à l’échelle mondial Sur la base du constat qu’il n’existe pas de processus mondial, normalisé et systématique pour évaluer et prioriser les espèces exotiques envahissantes, les Parties à la Convention sur la diversité biologique ont appelé l’UICN à développer un système de classification de ces espèces basé sur la nature et l’ampleur de leurs impacts. Une résolution prise lors du Congrès mondial de la nature de 2016 demandait spécifiquement à la Commission de sauvegarde des espèces de développer une méthodologie de classification des espèces exotiques envahissantes. Après la publication initiale de la méthodologie dans une revue scientifique (Blackburn et al. 2014), des lignes directrices ont été élaborées pour faciliter sa mise en œuvre. Cette première version de la méthodologie a été ensuite testée pour classer les impacts environnementaux des EEE dans différents groupes taxonomiques, mettant le protocole à l’épreuve. Pour qu’une méthodologie devienne un standard de l’UICN, elle devait ensuite passer par un processus de consultation mondiale impliquant le réseau de l’UICN. A l’issue de ces phases de consultation (2017 et 2019), l’intégration des propositions visant à améliorer la méthodologie a donné lieu à la version finale des Catégories et Critères EICAT de l’UICN, ainsi qu’aux Lignes directrices pour son application. En complément à ce nouveau standard, les impacts socio-économiques de ces espèces n’étant pas évalués par celui-ci, une méthodologie complémentaire s’appuyant sur la démarche EICAT a été développée par la même équipe de chercheurs pour la classification des impacts socio-économiques des espèces exotiques envahissantes (Socio-economic impact classification of alien taxa, SEICAT) (voir l’article du Centre de ressources EEE sur ce sujet). L’action du Comité français sur les espèces exotiques envahissantes Le Comité français de l’UICN s’investit depuis plusieurs années pour renforcer la prévention et la gestion des invasions biologiques en France. Grâce à l’initiative sur les EEE en outre-mer et le Centre de ressources sur les EEE (ce dernier étant co-piloté avec l’OFB), le Comité français de l’UICN accompagne l’ensemble des acteurs dans leur réponse à ce phénomène. Il produit, capitalise et met à disposition de nombreuses ressources techniques, méthodologiques et scientifiques sur les EEE, propose des formations, fournit des conseils techniques aux acteurs et favorise le partage d’expériences et le transfert de savoir faire au sein des réseaux d’experts qu’il anime. Plus d’informations – Catégories et Critères EICAT – Lignes directrices pour l’application d’EICAT – Site internet du Centre de ressources sur les EEE – Site internet de l’initiative sur les EEE en outre-mer – Programme espèces du Comité français de l’UICN Bandeau photo : Grenouille taureau (Lithobates catesbeianus) BY-NC-ND Diana Robinson
Visites virtuelles : découvrez les mares de Guadeloupe et Martinique !

Le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT), co-piloté par le Comité français de l’UICN, vous invite à partir à la découverte des mares de Guadeloupe et de Martinique grâce à une visite virtuelle ! LES MARES, UN MILIEU MECONNU MAIS PRECIEUX A BIEN DES EGARDS Après les mangroves de Guadeloupe (« Mangwov » en créole antillais) et les mangroves de Mayotte, (« M’hoko » en shimaoré), le PRZHT vous invite cette fois à découvrir les mares de Martinique et de Guadeloupe (« Autour des mares ») en visite virtuelle ! A l’interface entre l’aquatique et le terrestre, les mares sont des infrastructures naturelles qui fonctionnent en réseau et participent à la régulation et au filtrage des eaux. D’une richesse écologique exceptionnelle, il fait bon de les sillonner pour partir à la découverte de la nature. Malheureusement, les mares ne cessent de régresser depuis plus d’un siècle, victimes de l’urbanisation continue qui cause des remblaiements, des assèchements ou des pollutions. Elles sont également envahies par des espèces exotiques animales (grenouille Scinax, Trachémyde à tempes rouge) ou végétale (jacinthes d’eau) qui contribuent à accélérer leur dégradation : ainsi, elles sont aujourd’hui fortement menacées. Il est urgent de prendre conscience de leur utilité et de leur beauté pour mieux les protéger ; particulièrement en Guadeloupe et en Martinique où l’insularité tend à aggraver la situation. Avec cette visite virtuelle, découvrez 5 mares en Guadeloupe à Grande-Terre (Anse Colas, Fidélin), Basse-Terre (Pointe Allègre, Houëlmont) et aux Saintes (Grand Trou) et 3 mares en Martinique : Domaine de Grand Macabou, Pont Café et Baie des Anglais. Ces mares sont représentatives de tous les milieux : littoral, agricole, urbain, de prairie, forestier. Que vous habitiez aux Antilles, en métropole ou ailleurs, vous pouvez dès à présent partir à la découverte des mares de Martinique et de Guadeloupe : elles se révéleront à vous comme vous ne les avez jamais vues ! Ces visites virtuelles ont pu être réalisées par Géographique grâce au soutien de la DEAL Guadeloupe, l’Office de l’Eau de Martinique, la parc national de Guadeloupe, le parc naturel régional de la Martinique et la Commune des Abymes. Plus d’informations – La visite virtuelle dans les mares de Martinique et de Guadeloupe – Toutes les visites virtuelles du Pôle-relais Zones Humides Tropicales – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN – En savoir plus sur le PRZHT Photo bandeau : mare de Houëlmont à Basse-Terre, Guadeloupe © Laurent Juhel
La Fête de la nature 2020 arrive bientôt !

La 14e édition de la Fête de la Nature se tiendra cette année du 7 au 11 octobre ! A cette occasion, des milliers de manifestations sont organisées par les réseaux publics et associatifs de protection et d’éducation à la nature, les collectivités locales, les établissements scolaires, les entreprises, les particuliers… sur tout le territoire français, en métropole et en Outre-mer, dans les villes comme à la campagne. Quel thème en 2020 ? : Prenons-en de la graine ! Partout en France, des citoyens, des associations, des mairies, des écoles, des entreprises… agissent concrètement pour préserver et favoriser la biodiversité. Ces acteurs expérimentent, échouent parfois, recommencent puis finissent un jour par récolter les fruits de leur engagement. Car la nature est généreuse, elle nous rend chaque petit geste en bonheur. Du 7 au 11 octobre, en partenariat avec le Congrès mondial de la nature (UICN) qui se tiendra à Marseille (dates en cours de révision), la Fête de la Nature 2020 propose de vivre dans toute la France, sur le terrain, les résultats positifs et visibles de ces milliers d’actions : des sauterelles et papillons de retour au jardin, aux espèces menacées ou oubliées reprenant vie au cœur de grands espaces naturels et cultivés, découvrons-les en compagnie de tous ces « faiseurs de nature » qui font germer des idées et pousser des initiatives. « Prenons-en de la graine » pour, à notre tour, semer l’envie d’agir ! ENVIE DE PARTICIPER À LA 14ÈME ÉDITION ? Trouvez une manifestation près de chez en découvrant le programme complet par date ou par thématique (Les espaces naturels protégées, Prenons-en de la graine, Agriculture et biodiversité, Ouvertures de jardins, La nature se fête dans les prisons et Parcours biodiversité géolocalisés) en vous rendant sur le site internet. Plus d’informations – Site internet de la Fête de la nature – La Fête de la nature et le Comité français de l’UICN – Le programme Education et Communication
« Outre-Mer Grandeur Nature » une exposition photographique inédite au Sénat

Pour la première fois, les 13 territoires français d’outre-mer sont mis à l’honneur sur les grilles du Jardin du Luxembourg à travers une exposition photographique inédite présentée par OcéIndia en collaboration avec le Comité Français de l’UICN du 19 septembre 2020 au 17 janvier 2021. « Outre Mer Grandeur Nature » présente un collectif de 30 photographes de tous les horizons et territoires, comme Laurent Ballesta, Gaby Barathieu ou encore Fabien Lefebvre. Grâce aux collectivités d’outre-mer, la France est présente dans 4 des 36 points chauds de la biodiversité mondiale (Caraïbes, Amazonie, Océan Indien, Pacifique) et constituent des lieux sensibles et prioritaires pour la conservation de la biodiversité. Cette exposition propose au public une immersion dans l’exceptionnel patrimoine naturel des outre-mer français, de la forêt tropicale luxuriante de Guyane, aux manchots des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), en passant par les mangroves, les cétacés, les oiseaux et les mammifères des territoires ultramarins. Au delà de ces découverte, elle mettra l’accent sur les aires protégées dont l’enjeu fondamental est le maintien de la biodiversité. Plus d’informations – Le programme « Outre-mer » du Comité Français de l’UICN – Site internet du Sénat – Le dossier de presse de l’exposition
Second report du Congrès mondial de la nature de l’UICN

L’UICN et le gouvernement français viennent d’annoncer un deuxième report du Congrès mondial de la nature en raison de la crise sanitaire mondiale. Il se tiendra à Marseille au Parc Chanot, normalement plus tard dans l’année 2021. Les nouvelles dates ne sont pas encore connues et seront confirmées prochainement. Le communiqué officiel est consultable sur le site du congrès mondial ainsi que de nouvelles informations (questions/réponses) sur la réorganisation du congrès. Une partie des décisions prévues à l’ordre du jour de l’Assemblée générale, comme l’adoption du nouveau programme et le plan financier 2021-2024 de l’UICN, les motions de gouvernance et les mandats des commissions, seront votées électroniquement début 2021. – Les dates du Congrès seront fixées dès que possible. Celles-ci devraient se situer plus tard dans l’année 2021, mais la décision finale dépendra de la disponibilité du site du Congrès, de l’agenda international de travail sur la biodiversité, ainsi que d’un certain nombre d’autres facteurs. Avant tout, les nouvelles dates devront permettre à un maximum de participants du monde entier de se rendre à Marseille en toute sécurité. Le site du Congrès reste le même – Parc Chanot. – En principe, le Congrès reporté maintiendra les mêmes éléments qui avaient été prévus pour janvier 2021. Les Pitchs des intervenants continueront d’être organisés de façon virtuelle, et un certain nombre d’autres sessions adopteront un format hybride, qui comprendra des fonctionnalités interactives telles que des fonctions de chat, par exemple. – Un certain nombre de décisions clés de l’Assemblée des Membres, indispensables à la stabilité institutionnelle de l’UICN, seront prises par vote électronique au début de 2021. Toutes les autres décisions seront approuvées lors de l’Assemblée des Membres, qui aura lieu conjointement avec le Forum et l’Exposition lors du Congrès lui-même. – Les inscriptions sont temporairement fermées et les inscriptions existantes seront transférées aux nouvelles dates. Plus d’informations – Communiqué de presse officiel – Questions/Réponses sur le Congrès mondial de la nature de l’UICN – Site internet du Congrès – La mobilisation du Comité français de l’UICN pour le Congrès