La journée mondiale des zones humides 2021 !

Chaque année, depuis 50 ans, le 2 février est célébrée l’adoption de la Convention internationale sur les zones humides, ou Convention de Ramsar, avec la Journée Mondiale des Zones Humides (JMZH). L’édition 2021 se déroulera du 30 janvier au 28 février, et aura pour thème « Zones humides et eau » choisi par le secrétariat de la convention de Ramsar. « L’eau est indispensable à la vie » Elle est l’une des composantes essentielles des êtres vivants et des écosystèmes. Il n’y a pas de zones humides sans eau et pas d’eau sans zones humides. Ainsi, il est important de préserver les zones humides pour garantir l’accès en quantité et en qualité à la ressource rare qu’est l’eau. Elles jouent un rôle de premier plan dans le cycle de l’eau. Elle stockent l’eau en période d’inondation et la restitue en période de sécheresse. Découvrir ici plus en détails en quoi les zones humides sont des éponges, des reins ou encore des amortisseurs face à l’augmentation des risques naturels liés au changement climatique. Des animations dans toute la France Cette journée est l’occasion pour les acteurs de l’eau et des espaces naturels, associations de protection de l’environnement, collectivités, entreprises, agriculteurs, pêcheurs, chasseurs, office de tourisme de partager avec le plus grand nombre leurs passions pour ces milieux entre terre et eau. Le programme ne rassemble pas seulement les animations (ballade nature, ateliers, etc.) du 2 février mais bien l’ensemble des manifestations gravitant autour de cette journée entre fin janvier et fin février. Vous pouvez connaitre les animations ou les centres d’accueil et d’éducation aux milieux humides le plus proche de chez vous en un clic ici pour sur l’application mobile “BaladOmarais”. Chaque année, dans les Outre-mer, le Pôle Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT), co-animé par le Comité français de l’UICN, prend part à cet événement en mobilisant les acteurs ultramarins. 1971-2021 : un demi-siècle de préservation des zones humides En 2021, la convention de Ramsar sur les zones humides fête ses 50 ans. Signée par 18 pays le 2 février 1971, en Iran, elle a depuis été ratifiée par de nombreux pays. Ce sont désormais 171 pays qui se sont engagés à préserver les zones humides en inscrivant plus de 2400 zones humides d’importance internationale sur la liste des sites Ramsar ; une surface cumulée équivalente à celle de l’Argentine. Cet anniversaire est l’occasion de rappeler que plus que jamais les zones humides sont importantes. La France a perdu 50 % de ses zones humides depuis 1960. Pourtant elles sont des écosystèmes abritant une biodiversité remarquable et souvent menacée, elles sont indispensables à la protection des ressources en eau, et elles fournissent des solutions concrètes pour lutter et nous adapter aux effets des changements climatiques.   2021, la super année pour la biodiversité Du 3 au 11 septembre 2021, la France accueillera le Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille (Parc Chanot). Il constitue le grand rendez-vous international avant la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique qui se tiendra en Chine, évènement majeur qui révisera les objectifs internationaux de la biodiversité (objectifs d’Aïchi) et l’engagement des 196 Etats Parties à la Convention pour la période 2021 – 2030. Face aux menaces, la préservation des milieux humides et leur utilisation durable devient un enjeu prioritaire pour garantir notre avenir. Plus d’informations – Site internet de la convention Ramsar– Accéder au Portail national des zones humides– Toutes les animations sont disponibles sur le moteur de recherche en ligne– Télécharger l’application mobile “BaladOmarais”– Le site internet du Pôle relais zones humides tropicales– Le Congrès mondial de la nature de l’UICN

Covid-19 : Un fonds d’urgence du PPI aide 6 projets de conservation en Afrique

Le Programme de Petites Initiatives (PPI), géré par le Comité français de l’UICN a créé un fonds d’urgence pour limiter les impacts de la crise sanitaire et sécuriser les acquis pour la conservation de la biodiversité en Afrique Subsaharienne. En effet, lors de la pandémie mondiale certains espaces naturels et certaines espèces ont pu profiter de la réduction des pressions liées aux activités humaines, mais cela n’a pas été toujours le cas dans certaines régions d’Afrique. Le retour des habitants des grandes métropoles dans leur village d’origine, le ralentissement de l’économie ayant provoqué une baisse de leurs revenus, et la réduction des moyens pour la gestion des aires protégées (liée en partie à l’absence de revenus issus du tourisme) n’ont fait qu’accroitre la pression sur les ressources naturelles et les espèces menacées, comme les grands singes ou les tortues marines. Pour ce fonds d’urgence, un appel à proposition lancé par le PPI a permis de sélectionner 6 projets, financés à une hauteur de 3500€ Ces projets se dérouleront au Bénin, au Cap-Vert, au Gabon, au Niger, en République Démocratique du Congo et au Sénégal principalement pour faire face à une recrudescence du braconnage ou encore mettre en place des mesures qui réduisent le risque potentiel de transmission du virus aux populations de Grands Singes. « C’est la première fois que nous mettons en place un tel dispositif de réponse à la crise actuelle. Il est important d’accompagner les organisations locales en leur apportant rapidement des moyens matériels et humains qui vont leur permettre de reprendre le contrôle et ne pas compromettre les résultats acquis jusque-là pour la préservation de la biodiversité ». Nicolas Salaün, Chargé de programme « Coopération internationale » du Comité français de l’UICN     Une réponse urgence permettant de financer des actions concrètes et rapides Ce projet vient répondre à la situation inattendue due à la pandémie mondiale. Lors de l’élaboration de notre projet nous n’avions pas prévu de mesures particulières afin de prévenir la propagation de la maladie. Elle pourrait cependant menacer la survie des gorilles des Grauer et des chimpanzés présents dans les concessions forestières des communautés locales avec lesquelles nous travaillons » Maurice Nsase de l’ONG FODI en RDC Au Sénégal, la fermeture des frontières a contraint les pêcheurs de concentrer leurs efforts de pêche sur la côte nationale notamment dans des zones habituellement protégées comme la réserve ornithologique de Kalissaye : « La forte concentration d’acteurs, d’embarcations et d’engins entraine une surexploitation des ressources halieutiques qui doit à tout prix être contrôlée et encadrée rapidement avant que la situation ne devienne irréversible », souligne le conservateur de la réserve.   Plus d’informations – Lire le communiqué de presse– Le Programme Coopération internationale du Comité français de l’UICN– Le Programme de Petites Initiatives

Cri d’alarme sur les dégradations de la biodiversité à Mayotte

Les défrichements de la forêt de Mayotte provoquent une disparition de la biodiversité, une érosion des sols, une réduction de la ressource en eau et une sédimentation accrue d’un des plus beaux lagons du monde : ce sont l’ensemble de ces dégradations que pointent du doigt le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) et le Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel (CSPN) de Mayotte dans une motion conjointe publiée le 5 janvier 2O21. Ce cri d’alarme sur la destruction de la biodiversité et du patrimoine naturel de Mayotte est lancé six mois après celui du Comité français de l’UICN, qui alertait en juin dernier sur la déforestation galopante suite à la publication de nouvelles données sur le couvert forestier. Une lettre ouverte largement relayée dans les médias faisait alors état d’un défrichement forestier de 1500 ha au cours de la période 2011-2016, hissant Mayotte au triste rang du département le plus déforesté de France- à des niveaux similaires à ceux de l’Indonésie ou de l’Argentine ! La motion du CNPN souligne les conséquences catastrophiques de pratiques agricoles incontrôlées sur la forêt et d’autres milieux ou  espèces végétales et animales iconiques du territoire (crabier blanc, tortues marines, dugong, plantes endémiques), mais aussi sur les services rendus par les forêts en matière de ressource en eau et de rétention des sédiments.  « Ces profondes dégradations impactent directement la vie des mahorais et contribuent chaque jour à réduire la qualité des services rendus par la nature », souligne la motion. « Ces fragiles équilibres ne tiennent plus qu’à un fil ». Afin de renverser cette tendance dramatique, le CNPN propose une mobilisation forte de l’ensemble des acteurs pour arrêter le saccage de la biodiversité de Mayotte. Le Comité français de l’UICN avait proposé en juin dernier de créer rapidement la Réserve Naturelle Nationale des forêts de Mayotte, de réviser le code forestier et d’augmenter l’effort de surveillance des forêts publiques et privées. La protection des forêts au sein des documents d’urbanisme et d’aménagement du territoire, le développement de l’agroforesterie de manière adaptée au contexte de Mayotte, et la généralisation des actions de restauration des milieux naturels sont également nécessaires. Un projet a été proposé en ce sens par le Comité français en partenariat avec Mayotte Nature Environnement et le département de Mayotte, visant à sensibiliser les scolaires, échanger sur des pratique culturales innovantes, et restaurer la forêt au sein des zones agricoles et urbaines, en lien avec des associations locales. La Réserve Naturelle Nationale des forêts de Mayotte protégera 2 800 hectares, et la soumission récente de 1 500 ha supplémentaires en forêt publique est une avancée à concrétiser au plus vite.  Le territoire français de Mayotte, situé au sein d’un point chaud de la biodiversité associant Madagascar et des îles alentour, abrite sur 370 km² seulement de surface terrestre plus de 700 espèces indigènes, dont 59 qu’on ne trouve qu’à Mayotte. Au vu de la destruction dramatique des écosystèmes des autres îles de l’archipel des Comores, il est particulièrement important de préserver ce patrimoine naturel exceptionnel.   Plus d’informations – La motion conjointe du CNPN et du CSPN (janvier 2021)– Retour l’article « Alerte sur la déforestation à Mayotte »– La lettre ouverte du Comité français de l’UICN alertant sur la déforestation à Mayotte (juin 2020) – Nos actions à Mayotte Photos  © CD976/SRF 

Bonne année 2021 !

Au nom du Comité français de l’UICN, nous vous adressons tous nos meilleurs vœux pour cette année 2021 que nous espérons décisive pour la biodiversité !Outre les avancées des nombreuses actions engagées au sein de nos programmes, commissions et groupes de travail, nous poursuivons notre mobilisation pour la réussite du Congrès mondial de la nature de l’UICN et de la COP15 Biodiversité.Nous devons faire progresser ensemble la conservation de la biodiversité, après une année 2020 qui nous a rappelé combien nous avions besoin d’une planète davantage préservée, résiliente et durable !Maud Lelièvre, Présidente & Sébastien Moncorps, Directeur

Nos podcasts avec « La Terre au Carré »

En amont du Congrès mondial de la nature de l’UICN, une série d’émissions mensuelles décryptant les enjeux de biodiversité et les solutions pour renforcer sa conservation, en partenariat avec le Comité français de l’UICN, est diffusée sur France Inter dans l’émission “La Terre au Carré” de Mathieu Vidard. Le premier numéro a été diffusée le 15 décembre 2020.

Des nouvelles dates pour le Congrès mondial de la nature de l’UICN

Les nouvelles dates du Congrès mondial de la nature de l’UICN ont été officiellement annoncées par la France et l’UICN. Il se tiendra à Marseille au Parc Chanot, du 3 au 11 septembre 2021. L’événement, initialement prévu pour juin 2020, a été reporté en raison de la pandémie de COVID-19.  Les différentes composantes du Congrès auront lieu les jours suivants :– Le Forum aura lieu du 4 au 7 septembre– L’Exposition se tiendra du 4 au 9 septembre– L’Assemblée des Membres de l’UICN se réunira du 8 au 10 septembre– Les Espaces Générations Nature seront ouverts du 4 au 11 septembre Une partie des décisions prévues à l’ordre du jour de l’Assemblée générale, comme l’adoption du nouveau programme et le plan financier 2021-2024 de l’UICN, les motions de gouvernance et les mandats des commissions, seront votées électroniquement début 2021. Le Comité français de l’UICN reste mobilisé pour faire de cet événement un succès pour la préservation de la biodiversité. Grâce à son réseau d’organisations membres et d’experts, le 2ème dans le monde, une intense préparation a été mise en place pour être au rendez-vous et être force de propositions : plus de 100 évènements préparés, des recommandations politiques rédigées, un pavillon organisé avec toute une programmation valorisant l’expertise des membres français, une mobilisation des différents acteurs engagée, des actions de sensibilisation lancées sur les enjeux de la biodiversité. Des décisions fortes sont attendues pour renverser la tendance de l’érosion de la biodiversité. Au total 128 recommandations proposant des solutions concrètes pour renforcer la protection de la biodiversité ont été retenues pour le Congrès mondial. 109 d’entre elles ont été votées octobre 2020. Les 19 recommandations restantes seront soumises à débat lors du Congrès à Marseille en septembre 2021. Le Comité français de l’UICN a coordonné l’élaboration de 18 recommandations sur les 128, dont 14 ont été votées (voir document ci-dessous) et 4 feront partie du débat des 19 recommandations restantes (motions n°021, 067,118 et 125). Par ailleurs, le gouvernement français avait soumis directement 6 recommandations dont 4  (n°008, 017, 068 et 127) ont été adoptées et 2 seront débattues à Marseille (n°034 et 084), et le Centre International de Droit Comparé de l’Environnement, membre du Comité français de l’UICN, a été le sponsor principal de 2 autres recommandations qui ont été votées (n°011 et 060). Le Congrès de l’UICN sera une étape clé pour la conservation de la nature et le développement d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité qui sera adopté par la COP15 Biodiversité de l’ONU. Le Comité français de l’UICN, avec ses 62 organismes et 250 experts, appelle à poursuivre la mobilisation mondiale et nationale pour la biodiversité. Plus d’informations – Communiqué de presse officiel– Questions/Réponses sur le Congrès mondial de la nature de l’UICN– Site internet du Congrès mondial de l’UICN– Le document synthétique sur les 14 recommandations des membres du Comité français de l’UICN – Les recommandations du Congrès mondial de l’UICN – La mobilisation du Comité français de l’UICN pour le Congrès

Liste rouge de l’UICN : Le bison d’Europe en bonne voie de rétablissement et 31 espèces déclarées éteintes

Gland, Suisse, 10 décembre 2020 (UICN) – Le bison d’Europe (Bison bonasus), le plus grand mammifère terrestre d’Europe, est passé de la catégorie d’espèce « Vulnérable » à celle de « Quasi menacée » grâce aux efforts continus de conservation, selon la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ publiée aujourd’hui. Avec cette mise à jour, 31 espèces entrent également dans la catégorie d’espèce « Éteinte », et toutes les espèces de dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui menacées d’extinction. La Liste rouge de l’UICN compte aujourd’hui 128 918 espèces, dont 35 765 sont menacées d’extinction. « Les rétablissements du bison d’Europe et de vingt-cinq autres espèces documentées aujourd’hui dans la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN démontrent le pouvoir de la conservation. Pourtant, la liste croissante d’espèces disparues est un rappel brutal que les efforts de conservation doivent s’intensifier de toute urgence. Afin de faire face aux menaces mondiales telles que la pêche non durable, le défrichement des terres pour l’agriculture et les espèces envahissantes, la conservation doit être mise en œuvre dans le monde entier et intégrée à tous les secteurs de l’économie. » Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN « Les succès de la conservation reflétés dans la mise à jour de la Liste rouge publiée aujourd’hui fournissent une preuve tangible que le monde peut se fixer et atteindre des objectifs ambitieux en matière de biodiversité. Ils soulignent également la nécessité d’engagements réels et mesurables, à l’heure où nous formulons et mettons en œuvre le cadre mondial pour la biodiversité pour l’après 2020 » Dr Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN La conservation favorise le rétablissement du bison d’Europe Grâce à une gestion à long terme pour la conservation, les populations sauvages de bisons d’Europe (Bison bonasus) ont augmenté d’environ 1 800 individus en 2003 à plus de 6 200 en 2019, ce qui justifie le passage de l’espèce de la catégorie « Vulnérable » à celle de « Quasi menacée ». L’espèce ne survivait plus qu’en captivité au début du XXe siècle et a été réintroduite à l’état sauvage dans les années 1950. Les plus grandes sous-populations se trouvent aujourd’hui en Pologne, en Biélorussie et en Russie. Il existe actuellement 47 troupeaux de bisons d’Europe en liberté. Cependant, ces troupeaux sont en grande partie isolés les uns des autres et confinés dans des habitats forestiers non optimaux, et seulement huit d’entre eux sont assez grands pour être génétiquement viables à long terme. L’espèce reste tributaire des mesures de conservation en cours, telles que le déplacement de bisons vers des habitats ouverts plus optimaux et la réduction des conflits humains-bisons. « Historiquement, les bisons d’Europe ont été réintroduits principalement dans des habitats forestiers, où ils ne trouvent pas assez de nourriture en hiver. Cependant, lorsqu’ils quittent la forêt pour des zones agricoles, ils se retrouvent souvent en conflit avec les humains. Afin de réduire le risque de conflits et la dépendance des bisons à l’égard de l’alimentation complémentaire, il sera important de créer des aires protégées incluant des prairies ouvertes où ils puissent paître » Dr Rafał Kowalczyk, co-auteur de la nouvelle évaluation et membre du Groupe de spécialistes des bisons de la CSE-UICN Tous les dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui menacés Avec le passage du tuxuci ou sotalie de l’Amazone (Sotalia fluviatilis) de la catégorie « Données insuffisantes » à celle de « En danger », toutes les espèces de dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui considérées comme menacées, selon la Liste rouge de l’UICN. Cette petite espèce de dauphin gris du système fluvial amazonien a été gravement affectée par une mortalité accidentelle due aux engins de pêche, à l’endiguement des cours d’eau et à la pollution. L’interdiction d’utilisation de filets maillants (des « rideaux » de filets de pêche qui pendent dans l’eau) et la réduction du nombre de barrages dans l’habitat des tucuxis sont des priorités pour permettre aux populations de se rétablir. Il est également essentiel de faire respecter l’interdiction d’abattage délibéré de tucuxis. Extinctions Le requin perdu (Carcharhinus obsoletus), qui n’a été officiellement décrit que l’an dernier, entre dans la Liste rouge dans la catégorie « En danger critique (Probablement éteint) ». L’espèce a été observée pour la dernière fois en 1934. Son habitat, dans la mer de Chine Méridionale, a subi une pêche importante pendant plus d’un siècle et reste l’une des régions marines les plus surexploitées au monde. Il est peu probable que l’espèce ait pu résister à cette forte pression, et le requin perdu est peut-être déjà éteint. L’ensemble des 17 espèces de poissons d’eau douce endémiques du Lac Lanao et de son déversoir, aux Philippines, sont aujourd’hui « Éteintes » (15 espèces) ou « En danger critique (Probablement éteintes) » (deux espèces). Ces extinctions ont été causées par des espèces prédatrices introduites, et aggravées par la surexploitation et des méthodes de pêche destructrices. Trois espèces de grenouilles d’Amérique centrale ont récemment été déclarées « Éteintes ». En outre, vingt-deux espèces de grenouilles ont été répertoriées comme « En danger critique (Probablement éteintes) » en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Le principal facteur de ces diminutions drastiques est la chytridiomycose. Les efforts de conservation visant à protéger les habitats essentiels aident les populations de plusieurs autres espèces d’amphibiens à se rétablir. Parmi elles, la grenouille arboricole de Oaxaca (Sarcohyla celata), qui est passée du statut d’espèce « En danger critique » à celui de « Quasi menacée » grâce aux actions de communautés locales au Mexique.   Plantes : les protéas et les chênes sous pression La famille des protéas a été évaluée de façon exhaustive dans cette mise à jour, révélant que 45% (637 des 1 464 espèces) de ces étonnantes plantes à fleurs, présentes principalement dans l’hémisphère sud, sont « Vulnérables », « En danger » ou « En danger critique ». La plupart de ces espèces ont une aire de répartition très restreinte, ce qui les rend plus vulnérables à la propagation d’espèces exotiques envahissantes, aux changements dans les cycles naturels d’incendies causés par l’homme ou liés aux changements climatiques, ainsi qu’à la perte d’habitats pour l’agriculture. La famille des protéas comprend trois espèces de Macadamia, les mêmes espèces qui produisent les

Relever le défi du changement climatique avec les Solutions fondées sur la Nature

A l’occasion de la Journée mondiale du Climat, le 8 décembre, le Comité français de l’UICN rappelle que la nature est une alliée puissante face au changement climatique et soutient la mise en place de Solutions fondées sur la Nature. Le lien climat et biodiversité n’a jamais été aussi fort.   LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE : DES RÉPONSES ESSENTIELLES FACE AU DÉFI DU CHANGEMENT CLIMATIQUE Les actions de protection, de gestion durable et de restauration des écosystèmes sont des solutions concrètes pour lutter contre le changement climatique. Ce sont les Solutions fondées sur la Nature. C’est en effet en préservant et en restaurant nos milieux naturels que nous continuerons à capter et stocker le carbone de la planète et contribuerons à réduire l’impact des risques naturels tels que les inondations, les submersions marines, les avalanches ou l’érosion côtière. Protégeons davantage nos zones humides, nos mers et littoraux, nos forêts, nos mangroves et nos récifs coralliens ! C’est aussi en créant des espaces verts en ville que nous atténuerons l’effet des canicules qui permettent de refroidir l’air tout en captant les polluants et offrant des zones d’ombrage. « Les Solutions fondées sur la Nature représentent une alternative économique viable et durable souvent moins coûteuse à long terme que des investissements technologiques ou la construction et l’entretien d’infrastructures. » Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN. Solutions fondées sur la nature : les actions du Comité français de l’UICN Depuis la COP21, le Comité français de l’UICN soutient l’importance des SfN. Il s’appuie sur son réseau pour intégrer les SfN dans les stratégies de lutte contre les changements climatiques. Le Plan Climat, le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique et le Plan Biodiversité promeuvent aujourd’hui l’utilisation des Solutions fondées sur la Nature. Le Comité français de l’UICN accompagne également leur mise en œuvre auprès des acteurs. Il produit des publications avec des exemples concrets et intervient dans de nombreux colloques pour faire connaître les bénéfices des SfN afin de faciliter leur appropriation. Plus d’informations – Le communiqué de presse complet– Les Solutions fondées sur la Nature (publications, recommandations, etc.)– Le programme « Ecosystèmes » du Comité français de l’UICN

Le Comité français de l’UICN participe à la journée de la générosité, le Giving Tuesday

Le 1er décembre aura lieu la Journée mondiale de la générosité, le Giving Tuesday. Le Comité français de l’UICN s’y associe et vous propose de soutenir ses actions pour la biodiversité.   L’urgence d’agir n’a jamais été aussi forte Aujourd’hui, la sixième extinction est en cours et, contrairement aux crises précédentes, elle est due aux activités humaines. La biodiversité disparait à un rythme alarmant dans le monde et la France n’est pas épargnée. Si un oiseau sur huit est menacé au niveau mondial, en France, c’est un oiseau sur trois. Si des espèces emblématiques sont concernées comme l’ours brun, en danger critique d’extinction, de plus en plus d’espèces communes le sont également comme le chardonneret, la vipère péliade ou le brochet. La faune et la flore disparaissent du territoire hexagonal mais aussi en Outre-mer où la situation est critique pour les tortues marines et nombre d’espèces. Ainsi, plus de 2 300 espèces ont été évaluées comme menacées sur la Liste rouge des espèces menacées en France. Depuis 28 ans, le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) apporte des solutions pour protéger la biodiversité. – En évaluant l’état de santé des espèces au sein de la Liste rouge des espèces menacées, nous identifions celles à protéger en priorité– Pour lutter contre le changement climatique, nous appuyons la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature qui s’appuient sur des écosystèmes préservés– Avec la Liste verte des aires protégées, nous accompagnons une protection plus efficace de précieux milieux naturels LA CONSERVATION DE LA NATURE ÇA MARCHE MAIS IL FAUT AMPLIFIER LE MOUVEMENT ! Agissons ensemble pour stopper l’érosion de la biodiversité et inverser la courbe de sa dégradation. Grâce à votre don, nous renforcerons nos actions et défendrons un monde juste qui valorise et conserve la nature. Plus d’informations – Le Giving Tuesday– Faire un don– Nos membres– Nos 25 ans d’actions

Avis sur le projet de Stratégie nationale des aires protégées

Le Comité français de l’UICN a émis un avis sur le projet de Stratégie Nationale pour les Aires Protégées 2020-2030 (SAP), se félicitant de l’établissement, pour la première fois, d’un cadre commun aux contextes ultra-marin et métropolitain, terrestre et marin. Il a salué la volonté d’atteindre, en plus des objectifs d’extension des surfaces d’aires protégées visant à couvrir 30% du territoire dont 1/3 en protection forte d’ici à 2022, des objectifs d’efficacité de gestion du réseau, de priorisation des zones à haute valeur en matière de biodiversité, de connectivité entre les aires protégées et l’accent mis sur la protection et la restauration des écosystèmes tropicaux et subtropicaux présents dans les outre mer français. Cet avis propose une série de recommandations pour améliorer la version finale du projet de stratégie avant son adoption. La première vise la mise en cohérence des objectifs fixés par ce cadre national avec les cadres européen et mondial. La Stratégie en faveur de la biodiversité de l’Union Européenne pour 2030, approuvée par le Conseil de l’UE le 23 octobre 2020, distingue une couverture de 30% des terres et 30% des mers en aires protégées et conservées de l’Union, dont 10% en protection stricte (la stratégie parle de protection forte), déclinée en écorégions (régions biogéographiques et des bassins maritimes de l’Union).   Pour atteindre l’objectif européen et probablement mondial de 30% d’aires protégées, qui sera une moyenne entre les pays, le Comité français de l’UICN encourage le gouvernement français à définir après 2022 un objectif plus ambitieux pour 2030 et à s’appuyer sur la Liste verte des aires protégées de l’UICN pour améliorer l’efficacité de leur gestion. Le Comité français de l’UICN a également tenu à souligner que la définition d’une aire protégée, telle qu’adoptée par la Convention sur la Diversité Biologique et l’UICN, détermine un objectif prioritaire de protection de la nature auquel des objectifs complémentaires, compatibles avec celui-ci, peuvent être associés, comme cela est décrit dans la classification en 6 catégories de gestion de l’UICN, reconnue par l’ONU. Les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone (AMCEZ) enconstituent le complément dans la mesure où elles concernent les zones au sein desquels la nature est effectivement préservée qui, pour autant, n’ont pas cet objectif prioritaire ou n’ont pas le statut d’aires protégées. Le Comité français recommande d’établir un bilan et un processus permettant d’évaluer l’ensemble des aires protégées et des AMCEZ par rapport aux définitions internationales et à ces catégories, pour assurer le rapportage international de la France sur son réseau et identifier les opportunités et marges de progrès pour améliorer le réseau existant. Le Comité français de l’UICN considère que le renforcement du niveau de protection de la biodiversité est un enjeu crucial de la stratégie, qui doit se traduire par la création de nouvelles aires protégées (dont la relance du projet de parc national de zones humides et du précédent dispositif de création de réserves naturelles volontaires) et la création de zones de protection forte au sein même du réseau existant. A cet effet, le Comité a proposé au travers de sa Commission Aires Protégées, de réunir ses experts autour du concept de protection forte afin de contribuer à une définition partagée. Le Comité français demande aussi d’intégrer un objectif de pleine naturalité, tel qu’il figurait dans l’engagement du Président de la République et en réponse à la Résolution du Parlement européen invitant les Etats membres à développer des réseaux de zones de nature vierge en Europe. Il a donc appelé à l’inscription d’une nouvelle mesure pour le soutien au développement et à la valorisation d’un réseau de sites naturels en libre évolution. Les travaux du Comité français en la matière seront très prochainement publiés sous la forme d’une cartographie de la naturalité en France métropolitaine. Enfin, le Comité français de l’UICN soutient les réseaux d’aires protégées françaises dans leur demande de mise en place d’un plan de financement adapté et suffisant, à la hauteur des objectifs fixés par cette stratégie. Plus d’informations – Lire l’avis complet– Le programme « Aires protégées » du Comité français de l’UICN