Les zones humides sont notre « assurance-vie » face aux crises combinées du climat et de la biodiversité

A l’occasion des COP Climat et Ramsar qui se tiennent en Egypte et en Suisse, il est urgent de donner une nouvelle impulsion à la protection des zones humides qui sont de véritables solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. 2022 est en passe de battre tous les records – températures, vagues de chaleur, sécheresses – en Europe, révélant la vulnérabilité de notre agriculture, de notre gestion forestière, de notre mix énergétique et de nos économies face à ces phénomènes annoncés depuis longtemps par les scientifiques mais mal anticipés. Rhin, Loire, Pô, mais également Yangtsé ou Parana… autant de fleuves jusque-là puissants qui cet été n’étaient que des fantômes se faufilant dans un lit de sédiments craquelés par le soleil. Dans le même temps, les rapports s’accumulent attestant l’accélération de l’effondrement de la biodiversité, tissu vivant de la planète. Les effectifs des populations de vertébrés sur la planète ont diminué de 69% depuis 1970, et cet effondrement atteint 83% pour les espèces d’eau douce[1], signe de la destruction massive des zones humides. Ces deux crises, climat et biodiversité, sont intimement liées et s’alimentent l’une l’autre. Elles sont les deux facettes d’une crise systémique qui puise ses racines dans notre relation erronée au monde du vivant. Une relation “contre Nature”, contre ces millions d’espèces dont nous sommes partie intégrante, dépendante et solidaire. C’est dans ce contexte de tensions inégalées que se déploie en l’espace de seulement quelques semaines une série inédite d’évènements internationaux dédiés à la nature et au climat : les Conférences des parties (COP) des traités intergouvernementaux portant sur les zones humides[2], le climat[3], le commerce des espèces[4] et enfin la biodiversité[5]. Cette séquence est une occasion unique de faire un arrêt sur image, interroger les engagements, les ambitions et les articulations entre ces traités… et donner une nouvelle impulsion. Une transition urgente, mais entravée par de trop nombreuses résistances Les motifs d’inquiétude ne manquent pas à l’approche de ces rendez-vous internationaux : Le rythme de disparition des zones humides sur la planète ne faiblit pas malgré les engagements répétés des Etats ; un récent rapport du PNUE[6] sur le climat montre que les progrès de la communauté internationale sont « terriblement insuffisants » pour tracer un chemin crédible vers l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris ; côté biodiversité, après l’échec patent des objectifs d’Aïchi qui devaient engager la reconquête de la biodiversité au cours de la période 2011-2020, le nouveau cadre qui se dessine pour la décennie en cours s’annonce trop peu ambitieux et manque toujours cruellement d’un mécanisme de redevabilité des Etats. Inventer un nouveau partage de l’eau en plaçant le vivant au centre Accaparement de l’eau en plaine dans des méga-bassines ou en montagne pour produire de la neige de culture, « chant du cygne » d’acteurs agricoles ou touristiques qui refusent de s’adapter face à l’inéluctable. Arbitrages impossibles entre irrigation des cultures, production hydroélectrique, refroidissement des centrales nucléaires, usages domestiques ou industriels face à une eau trop rare pour satisfaire les divers besoins auxquels nos modèles de production et de consommation nous ont habitués. Il est urgent d’accepter l’évidence, de reconsidérer notre rapport à l’eau et au vivant, de changer nos comportements qui affectent profondément le grand cycle de l’eau. Face à des besoins grandissants et à une disponibilité en eau de moins en moins prévisible et pilotable, nous devons réinventer ses usages et son partage, en laissant sa juste part à la nature. Cette nature que nous ne devons plus considérer comme une variable d’ajustement de nos systèmes de production, mais bien comme leur socle, comme le fondement de nos vies et de nos économies. Les zones humides, pourvoyeuses de solutions face aux défis sociétaux croissants Les zones humides[7], longtemps perçues comme insalubres, constituent l’écosystème le plus détruit de la planète, connaissant un déclin trois fois plus rapide que la forêt. Mais au fil de leur disparition, elles se révèlent être l’écosystème qui contribue le plus à l’humanité. Plus d’un milliard de personnes en dépendent directement pour leur existence et bien plus encore bénéficient de leurs pouvoirs extraordinaires. Elles sont les « reins de la nature », purifiant l’eau que nous polluons. Gigantesques éponges, elles captent les précipitations de plus en plus irrégulières et souvent massives, atténuent les pics de crue, rechargent les nappes phréatiques et soutiennent les débits des rivières lors des sécheresses plus longues et intenses. Les hydrologues l’attestent : la façon la plus efficace et durable de stocker l’eau et de la rendre disponible pour divers usages est de s’assurer que les nappes phréatiques et les zones humides soient pleinement fonctionnelles et interconnectées. Alors que les défis sociétaux – sécurité alimentaire, changement climatique, approvisionnement en eau, santé humaine… – n’ont jamais été aussi intenses, il est urgent de protéger et restaurer massivement les zones humides. Ce sont des solutions très efficaces, peu coûteuses et offrant de multiples bénéfices collatéraux. Des Solutions fondées sur la Nature. Notre assurance-vie. Ce texte est soutenu par Francis Hallé, Botaniste Erik Orsenna, écrivain, membre de l’Académie frnçaise, Président de l’Initiative pour l’Avenir des Grands fleuves Françoise Nyssen, Editrice et ancienne ministre Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO Jean-Paul Capitani, Editeur Vincent Munier, Photographe Charlélie Couture, Artiste Emma Haziza, Hydrologue Jérôme Bignon, Président de RAMSAR France Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature André Hoffmann, Président de la Fondation Tour du Valat Maja Hoffmann, Fondation LUMA Arles Vera Michalski-Hoffmann, Fondation Tour du Valat Frédérique Tuffnell, Vice-Présidente de RAMSAR France Wolfgang Cramer, Biologiste CNRS, Institut Méditerranéen Patrick Duncan, Biologiste CNRS Marc-André Selosse, Biologiste Rémi Luglia, Président de la Société Nationale de Protection de la Nature Véronique Andrieux, Directrice Générale, WWF France Charlotte Meunier, Présidente des Réserves Naturelles de France Didier Babin, Président du comité français du programme Man and Biosphere Didier Réault, Président de Rivages de France Jean Jalbert, Directeur général de la Tour du Valat Jean-Marie Gilardeau, Président du Forum des Marais Atlantiques Luc Barbier, Vice-Président du CEN Hauts de France Laurent Godé, Secrétaire de Ramsar

Zones de protection forte en mer : nos propositions pour la métropole

Poursuivant son engagement en faveur de la mise en œuvre de zones de protection forte en mer, le Comité français de l’UICN publie des propositions pour identifier les sites à enjeux et poursuivre les désignations afin de créer un réseau efficace dans les quatre grandes façades maritimes métropolitaines. Ces propositions s’inscrivent dans la mise en œuvre de la stratégie natio­nale 2020-2030 pour les aires protégées, qui est fondée sur l’ambition portée par le Président de la République de protéger, d’ici 2030, au moins 30 % des espaces nationaux sous juridiction dont un tiers sous protection forte. Lors du Congrès mon­dial de la nature de l’UICN (Marseille, 2021), le Président de la République s’est par ailleurs engagé à protéger fortement 5 % de la façade méditerranéenne française d’ici 2027. Elles complètent la parution d’un premier rapport du Comité français de l’UICN qui formulait des recommandations sur la définition et la mise en œuvre des zones de protection forte en mer en accord avec les standards internationaux de l’UICN en matière d’aires marines protégées. Ce second rapport est une contribution aux travaux en cours pour l’identification et la création des zones de protection forte. Ainsi pour chacune des 4 quatre grandes façades maritimes métropolitaines, le rapport présente les enjeux de conservation décrits dans les documents stratégiques de façade (DSF), le réseau d’aires marines protégées en place, ainsi que les zones de protection forte, existantes et potentielles, qui ont été recensées. Sur la base de ce bilan et en s’appuyant sur l’expertise de son réseau, le Comité français de l’UICN émet des recommandations pour répondre efficacement aux enjeux de conservation de la biodiversité marine et progresser rapidement vers la mise en place d’un réseau cohérent et représentatif de zones de protection forte en mer. Il sera prochainement suivi de 2 autres rapports dédiés aux zones de protection forte dans les espaces maritimes français de l’océan Indien, des Antilles, et de la Guyane. Téléchargez la publication Pour aller plus loin Zones de protection forte en mer : état des lieux et recommandations (Publication) Programme Aires protégées 

Vigilance pour les poissons récifaux de La Réunion

Dans les eaux récifales de La Réunion, la situation des poissons marins appelle à une vigilance renforcée. Pour la première fois, l’examen complet réalisé montre que 36 espèces sont menacées et 23 autres quasi menacées. L’état des lieux indique également que 42 % des espèces ne sont pas encore assez connues pour déterminer leur situation. Les analyses menées ont porté sur l’ensemble des 732 espèces de poissons récifaux vivant dans les eaux peu profondes de La Réunion, jusqu’à 50 m de profondeur, à l’exclusion des espèces de haute mer, des requins et des raies. Le bilan fait apparaître une série de menaces, parmi lesquelles la surpêche, l’urbanisation croissante du littoral, les pollutions issues des terres et le réchauffement climatique.  Publiés dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, ces résultats sont issus d’analyses coordonnées par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), avec l’implication d’un groupe de spécialistes. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale     DOCUMENTS ET LIENS   • Communiqué de presse (octobre 2022)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB & MNHN (2022). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons récifaux de La Réunion. Paris, France.   Photo bandeau :Poisson-clown de Maurice © Julien Wickel

Les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui un rapport sur les Autres mesures de conservation efficace par zone – appelées aussi “Aires conservées”. Ce rapport présente, pour la première fois en France, ce concept qui se développe dans le monde et propose des recommandations pour une possible déclinaison en France.  Les AMCEZ (OECM pour Other Effective Conservation Measures en anglais) sont apparues pour la première fois à Nagoya lors de la Conférence de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) de 2010. Elles avaient alors été intégrées aux côtés des réseaux d’aires protégées pour concourir à l’atteinte de l’objectif 11 d’Aichi visant la conservation d’au moins 17% d’espaces terrestres et de 10% d’espaces côtiers et marins d’ici 2020. Ceci dans l’objectif de faire connaître et de valoriser les expériences de gestion qui ont pour résultat de conserver efficacement la nature, dans des sites qui ne sont pas des aires protégées.  Les AMCEZ ont une définition officielle depuis 2014 au sein de la Convention sur la Diversité Biologique, et figureront vraisemblablement également dans les moyens d’atteindre la cible 2 du futur cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020. L’UICN a publié, en 2019 des lignes directrices pour les identifier et depuis, plusieurs pays dans le monde ont adapté le concept à leurs contextes nationaux et ont reconnus des AMCEZ, rapportées au même titre que les aires protégées, au sein de la Base Mondiale des Aires Protégées.  Que sont ces outils existants, autres que des aires protégées, qui pour autant contribuent à la conservation de la nature? Quels sont les intérêts de mettre en place ce système de reconnaissance en France et dans le monde ? Quelle procédure pourrait être mise en place pour formaliser cette reconnaissance ? Quels types de sites et de formes de gouvernance y correspondent potentiellement en métropole et dans les territoires ultra-marins ?  C’est à ces questionnements, entre autres interrogations soulevées par ce nouveau concept, que le rapport du Comité français de l’UICN : Aires conservées françaises – Recommandations pour une future déclinaison du concept d’AMCEZ en France et sa brochure de synthèse apportent des éléments de compréhension et des recommandations pour y répondre.  TÉLÉCHARGEZ LE RAPPORT C’est sur la base de retours d’expérience de 4 pays - Afrique du sud, Canada, Colombie et Malaisie – mais également d’ateliers de travail et d’échanges avec les experts internationaux dont certains sont à l’origine du concept, et d’experts du Comité français de l’UICN, que ces documents ont été élaborés, dans l’objectif de proposer des pistes pour leur déclinaison dans le contexte français. Ces travaux ont été soutenus financièrement par le Ministère de la transition écologique et l’Office français de la biodiversité. TÉLÉCHARGEZ LA BROCHURE POUR ALLER PLUS LOIN Programme « Aires protégées »  Liste verte des aires protégées et conservées

Les solutions fondées sur la nature : un concept dont les entreprises doivent s’emparer

Fortes d’une expertise en ingénierie, en gestion de projets, mais aussi dotées de ressources foncières et financières, les entreprises ont un rôle clé à jouer dans le déploiement des SfN. Mettre en œuvre des SfN – notamment en lieu et place ou en complément d’infrastructures grises « traditionnelles » – peut permettre aux entreprises de démontrer leur volonté d’agir concrètement en faveur, d’une part, des enjeux propres à leurs territoires d’implantation et, d’autre part, de la lutte contre l’érosion globale de la biodiversité. C’est donc pour accompagner les entreprises à se saisir des SfN que le Comité français de l’UICN, dans le cadre de son groupe de travail Entreprises & Biodiversité, publie : « Entreprises et Solutions fondées sur la nature : s’emparer du concept pour passer à l’action ». Cette étude s’adresse à tous les acteurs du secteur privé qui souhaitent mieux appréhender le concept en vue de les développer au sein de leurs activités : Responsables stratégiques de l’entreprise, Techniciens sur le terrain, Responsables RSE, développement durable, biodiversité et leurs équipes, etc. Un état des lieux et des fiches recommandations Qu’est-ce qu’une SfN ? Qu’est-ce qui n’en est pas une ? Pourquoi et comment s’engager dans les SfN en tant qu’entreprise ? A l’aide de 8 fiches recommandations, la publication fournit des réponses étape par étape aux questions les plus fréquentes des entreprises pour les aider à se saisir efficacement des SfN : Identifier un défi sociétal  Intégrer son projet de SfN au territoire  Assurer un gain net pour la biodiversité  Mobiliser les parties prenantes  Concevoir une SfN efficace et économiquement viable  Financer sa SfN  Améliorer et adapter son projet de SfN au cours du temps  Intégrer les SfN à sa stratégie d’entreprises  Des retours d’expérience portés par le secteur privé La publication présente 11 retours d’expériences de projets de SfN, conformes au Standard mondial de l’UICN, portés par le secteur privé dans le monde  : Réaliser une Sfn liée à son cœur de métier : l’exemple de la gestion durable du champ de captage de Crépieux-Charmy Veolia et Eau du Grand Lyon, Crépieux-Charmy (Rhône-Alpes) Afin de préserver la ressource en eau tout en garantissant l’approvisionnement en eau de la Métropole de Lyon, Veolia et sa filiale Eau du Grand Lyon ont mis en place une gestion durable sur le champ captant de Crépieux-Charmy. Développer une SfN pour améliorer ses pratiques sur sa chaîne de valeur : l’exemple du réaménagement de la carrières de Martot selon les principes de la permaculture SPS (HeidelebergCement France et Cemex), Martot (Normandie) Ce projet innovant de réaménagement de carrière vise à favoriser la coexistence de divers systèmes de production plus vertueux pour la santé et l’environnement, promouvoir l’ancrage de la production, notamment maraîchère qui tend à décroître au profit d’exploitations céréalières sur le territoire, et développer des circuits courts de distribution pour permettre aux habitants d’avoir accès à des produits alimentaires locaux de qualité. Soutenir financièrement un projet de sfn : l’exemple de la réhabilitation de mangroves pour lutter contre le changement climatique et les risques naturels ENGIE, Mirfa (Abu Dhabi) Afin de contribuer à la résilience du territoire face aux effets du changement climatique et de renforcer la capacité des mangroves à jouer leur rôle de puits de carbone, l’Agence de l’environnement d’Abu Dhabi a semé 10 000 plants de mangroves à partir de semences locales de palétuviers. Cette opération a été réalisée avec le soutien de l’entreprise ENGIE qui possède un site à proximité. Télécharger la publication Pour en savoir plus : Le travail du Comité français de l’UICN avec les entreprises Les travaux du Comité français de l’UICN sur les Solutions fondées sur la nature Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui « Solutions fondées sur la nature et entreprises : s’emparer du concept pour passer à l’action », un guide à destination du secteur privé et de ses parties prenantes pour faciliter le déploiement des Solutions fondées sur la nature auprès des entreprises. Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) invitent à intégrer davantage la biodiversité dans des projets de territoire répondant aux enjeux du développement durable (climat, risques naturels, approvisionnement en eau, alimentation, santé, développement socioéconomique), en investissant dans la préservation et la restauration des écosystèmes. Le Comité français de l’UICN est engagé dans le déploiement des SfN en France, et est également partenaire d’entreprises volontaires et désireuses de renforcer leur implication en faveur de la biodiversité. Fortes d’une expertise en ingénierie, en gestion de projets, mais aussi dotées de ressources foncières et financières, les entreprises ont un rôle clé à jouer dans le déploiement des SfN. Mettre en œuvre des SfN – notamment en lieu et place ou en complément d’infrastructures grises « traditionnelles » – peut permettre aux entreprises de démontrer leur volonté d’agir concrètement en faveur, d’une part, des enjeux propres à leurs territoires d’implantation et, d’autre part, de la lutte contre l’érosion globale de la biodiversité. C’est donc pour accompagner les entreprises à se saisir des SfN que le Comité français de l’UICN, dans le cadre de son groupe de travail Entreprises & Biodiversité, publie : « Entreprises et Solutions fondées sur la nature : s’emparer du concept pour passer à l’action ». Cette étude s’adresse à tous les acteurs du secteur privé qui souhaitent mieux appréhender le concept en vue de les développer au sein de leurs activités : Responsables stratégiques de l’entreprise, Techniciens sur le terrain, Responsables RSE, développement durable, biodiversité et leurs équipes, etc. Un état des lieux et des fiches recommandations Qu’est-ce qu’une SfN ? Qu’est-ce qui n’en est pas une ? Pourquoi et comment s’engager dans les SfN en tant qu’entreprise ? A l’aide de 8 fiches recommandations, la publication fournit des réponses étape par étape aux questions les plus fréquentes des entreprises pour les aider à se saisir efficacement des SfN : Identifier un défi sociétal  Intégrer son projet de SfN au territoire  Assurer un gain net pour la biodiversité  Mobiliser les parties prenantes  Concevoir une SfN efficace et économiquement viable  Financer sa SfN  Améliorer et adapter son

Congrès français de la nature : le Comité français de l’UICN appelle à une plus grande mobilisation pour la sauvegarde de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN, qui a réuni 150 de ses membres et experts en Congrès les 10 et 11 octobre 2022 en présence de la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, demande de prendre des décisions fortes pour la protection de la biodiversité tant au niveau national que lors des prochaines conférences internationales qui vont se tenir d’ici la fin de l’année. Ce Congrès français de la nature, organisé au ZooParc de Beauval, s’inscrit à la suite des événements climatiques de cet été (incendies géants, sécheresse historique, canicules…), et de leurs conséquences graves sur les populations et la nature, ainsi que dans la crise énergétique en cours. Le Comité français de l’UICN renouvelle un message clair : il est urgent d’accélérer les efforts pour protéger conjointement la biodiversité et le climat, et éviter la “maladapatation”. Au-delà de l’indispensable sobriété énergétique – qui ne doit pas simplement être conjoncturelle, mais bien une politique volontariste de long terme -, il est nécessaire de mieux prendre en compte la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables et de favoriser la résilience et la diversité des écosystèmes, tant dans le renouvellement des forêts que dans la préservation des zones humides et des ressources en eau. Ce Congrès a aussi dressé le bilan un an après la tenue du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseilleen septembre 2021 où les 1500 membres de l’UICN ont adopté des résolutions sur les grands enjeux de la préservation de la nature. Le Comité français de l’UICN, 2ème plus grand comité national de l’UICN dans le monde par le nombre de ses membres, est depuis mobilisé pour leur mise en œuvre. Plusieurs avancées ont été présentées au congrès : La préparation d’un projet de loi “Une seule santé”pour conjuguer santé humaine, santé animale et santé environnementale, et éviter l’apparition de nouvelles maladies émergentes ; La protection des vieilles forêts inscrites comme une priorité aux niveaux national et européen et qui font l’objet d’un nouveau plan national d’action “vieux bois et forêts subnaturelles” suite aux Assises nationales de la forêt ; La proposition de 10 recommandations pour mieux lutter contre le trafic d’espèces sauvages et la criminalité organisée, diffusées auprès de tous les députés dont plusieurs soutiennent un projet de loi et ont formulé des questions écrites au gouvernement ; L’identification de solutions fondées sur la nature pour la réduction des risques littoraux en France et aider à leur déploiement dans les territoires ; Le moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds marins et l’adoption d’un traité sur la haute merambitieux et opérationnel, que le Président de la République a soutenu à la conférence de l’ONU sur les océans à Lisbonne. Le Comité français de l’UICN demande au gouvernement, aux parlementaires, aux collectivités territoriales, aux entreprises et aux ONG de poursuivre et amplifier les efforts engagés pour prendre des décisions fortes et obtenir des résultats concrets. Lors du congrès, la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Bérangère Couillard, a annoncé que 150 millions d’euros seront consacrés à la protection et la restauration de la biodiversité dans le cadre du fonds vert d’accélération de la transition écologique dans les territoires. Aussi, une séquence internationale importante va s’ouvrir d’ici la fin de l’année avec la COP14 Ramsar sur les zones humides, la COP27 Climat, la COP19 CITES sur le commerce des espèces menacées et se conclura avec la tant attendue COP15 Biodiversité, qui approuvera la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité. Cette séquence offre une occasion unique de prendre des décisions fortes pour stopper et inverser d’ici 2030 la courbe du déclin de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN appelle la France à jouer un rôle clé pour prendre des engagements ambitieux et les traduire rapidement par des actions concrètes, en particulier au sein de la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité. Parmi les attentes du Comité français de l’UICN figurent des objectifs chiffrés pour la conservation et la restauration des écosystèmes, incluant le renforcement des aires protégées (zones de protection forte, efficacité de gestion, connectivité) et des autres mesures de conservation efficace par zone – que le Comité français de l’UICN a commencé à identifier en France -, la réduction des pressions sur la biodiversité et l’augmentation des financements pour la biodiversité dans les pays du Nord et du Sud. A l’occasion de son Congrès français de la nature, le Comité français de l’UICN invite ainsi l’ensemble des acteurs de la société à repenser autrement nos façons d’interagir avec le monde vivant et mettre en œuvre une transition écologique ambitieuse. Précédent Suivant Crédits photos : Fabien Kufel le congrès français de la nature en ligne sur youtube Lire Lire Lire Précédent Suivant

Congrès français de la nature : le Comité français toujours mobilisé pour la protection de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN organise le Congrès français de la Nature les 10 et 11 octobre prochains au ZooParc de Beauval. Cet événement rassemblera les représentants des organismes membres, les experts du Comité français de l’UICN et ses partenaires. Cet événement constituera le dernier temps fort de mobilisation et de présentation des travaux et principaux messages du Comité français de l’UICN pour la biodiversité, avant la COP15 Biodiversité qui se tiendra à Montréal du 5 au 17 décembre. Il sera également l’occasion de dresser un bilan du Congrès Mondial de la nature à Marseille en septembre 2021, où les 1500 membres de l’UICN ont adopté des résolutions sur les grands enjeux de la préservation de la nature. 2 journées pour planifier la protection de la biodiversité La journée du 10 sera dédiée aux membres du Comité français et aux échanges informels entre les différents programmes. La journée du 11 octobre sera consacrée au Congrès en lui-même. Le Congrès français de la nature sera ouvert par Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN, suivi d’un message de Bruno Oberle, Directeur Général de l’UICN.  Erik Orsenna, Membre de l’Académie Française et Président d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves fera une intervention. L’ouverture se clôturera par une allocution de Bérangère Couillard, Secrétaire d’Etat à l’Écologie. programme Partie 1 : COP15 biodiversité – qu’attendre de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité Qu’attendre de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité ? 9h45 – 9h55 – Les négociations internationales sur le nouveau cadre mondial pour l’après 2020 9h55 – 10h05 – La stratégie européenne de la biodiversité et le règlement européen sur la restauration de la nature 10h05 – 10h15 : Attentes et perspectives méditerranéennes sur la nouvelle stratégie mondiale 10h15 – 10h25 – La nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité pour la mise en oeuvre du cadre post 2020 Partie 2 : 1 an après le Congrès mondial de l’UICN à Marseille Quelle mise en oeuvre des résolutions et quelles perspectives ? 10h40-10h50 – Retour sur le bilan du Congrès mondial de l’UICN à Marseille et la mobilisation française Sessions parallèles 11h00-11h40 – Session « Droit et politiques de la biodiversité 11h00-11h05 – Introduction et animation   11h05-11h15 – Focus sur les avancées dans la généralisation des pratiques alternatives aux pesticides de synthèse   11h15-11h25 – Focus sur un projet de loi « Une seule santé »    11h25-11h40 – Questions/réponses avec la salle 11h00-11h40 – Session « Outre-mer » 11h00-11h05 – Introduction et animation 11h05-11h10 – Focus sur les enjeux de l’exploitation du sable 11h10 -11h15 – Focus sur la protection des zones humides d’outre mer 11h15-11h25 – Focus sur les enjeux miniers dont l’exploitation des grands fonds marins 11h25-11h40 – Questions/réponses avec la salle  11h45 – 12h25 – Session « Espèces » 11h45-11h50 – Introduction et animation 11h50-12h00 – Focus sur la lutte contre le trafic des espèces sauvages 12h00-12h10 – Focus sur la gestion des espèces exotiques envahissantes pour préserver la biodiversité exceptionnelle des outre mer 12h10-12h25 – Questions/réponses avec la salle 11h45 – 12h25 – Session « Aires Protégées » 11h45-11h50 – Introduction et animation 11h50-12h00 – Focus sur les zones de haute naturalité et les enjeux de leur gestion 12h00-12h10 – Focus sur les Autres mesures de conservation efficace par zone (AMCEZ)  12h10-12h25 – Questions/réponses avec la salle. 14h00-14h50 – Session « Écosystèmes » 14h00-14h05 – Introduction et animation 14h05-14h15 – Focus sur les océans : planification maritime, haute mer et pollution plastique 14h15-14h25 – Focus sur la protection des vieilles forêts  14h25-14h35 – Focus sur les Solutions fondées sur la nature  14h35-14h50 – Questions/réponses avec la salle  14h00-14h50 – Session « Coopération internationale » 14h00-14h10 – Introduction et animation  Focus sur le financement de la conservation de la biodiversité dans les pays du Sud 14h10-14h20 – Focus sur la lutte contre la déforestation importée 14h20-14h30 – Focus sur le renforcement de la coopération internationale pour atteindre l’objectif mondial 30×30 14h30-14h40 – Focus sur la biodiversité et le changement climatique en Afrique  14h40-14h50 – Questions/réponses avec la salle Partie 3 : Après le congrès mondial de l’UICN et avant la COP15 Quelles attentes des acteurs pour la conservation de la nature ? 15h05-15h10 – Introduction et animation 15h10-15h20 – Le point de vue d’un établissement public 15h20-15h30 – Le point de vue d’une ONG  15h30-15h40 – Le point de vue d’une collectivité territoriale 15h40-15h50 – Le point de vue d’entreprises  15h50-15h55 – Conclusion Téléchargez le programme complet Lire Lire Lire Précédent Suivant

Découvrez 4 aires protégées méditerranéennes françaises inscrites sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN 

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui, en partenariat avec The Dreamer, 4 vidéos mettant à l’honneur des espaces naturels protégés en zone méditerranéenne inscrits sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN. Du Parc marin de la Côte Bleue à la Réserve Naturelle marine de Cerbère-Banyuls, en passant par la Tour du Valat et la Sainte-Victoire, découvrez ces sites qui allient bonne gouvernance, gestion équitable et efficace. QU’EST-CE QUE LA LISTE VERTE DE L’UICN ? La Liste verte est un programme mondial de l’UICN qui vise à reconnaître et à valoriser les aires protégées et conservées qui sont équitablement et efficacement gérées, et qui offrent à la nature et aux populations des résultats durables de conservation. Il s’agit à la fois d’un label portant sur la qualité de gouvernance et de gestion des aires protégées et d’une méthodologie reposant sur une procédure et des standards définis à l’échelle internationale et adaptables dans tous les pays. La Liste verte vise autant à valoriser les sites exemplaires qu’à aider ceux qui n’atteignent pas immédiatement le standard de la Liste verte en appuyant leur engagement dans la démarche. En France, 22 sites sont aujourd’hui inscrits sur la Liste verte et 3 sont actuellement candidats. LA LISTE VERTE EN MEDITERRANEE FRANCAISE Le bassin méditerranéen constitue l’un des 36 points chauds de la biodiversité dans le monde, définis comme les zones de la planète où la biodiversité est à la fois particulièrement riche et menacée, et les eaux sous juridiction française se trouvent dans une « aire marine d’importance écologique et biologique » au titre de la Convention sur la diversité biologique. La façade méditerranéenne française compte 94 aires marines protégées couvrant ainsi un peu plus de 52% de sa zone économique exclusive, dont quasiment la moitié est constituée par le sanctuaire Pelagos. Au niveau continental, ce sont 45% de l’écorégion terrestre méditerranéenne française qui sont couverts par un statut de protection (UNEP-WCMC 2018 et UICN 2018). Aujourd’hui, en France, 5 sites méditerranéens sont inscrits sur la Liste verte et 1 site est actuellement candidat. Nous vous proposons ici de découvrir les témoignages et expériences inspirantes de quatre d’entre eux ayant justifié, entre autres, de leur inscription sur la Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN. https://youtu.be/m_5FGWQyP9U Pilier I de la Liste verte Bonne gouvernance Entre la rade de Marseille et le Golfe de Fos, le Parc marin de la Côte bleue est une aire protégée née de l’initiative des Collectivités locales et des organisations professionnelles de pêche locales, et est aujourd’hui un exemple, entre autres, de gouvernance collaborative réussie. Labellisation en 2018 Pilier II de la Liste verte Conception et planification solides Le Domaine de la Tour du Valat a opté pour une conception et planification stratégiques et partagées de cette portion de la Camargue. Le site est composé d’une réserve naturelle régionale et de systèmes de gestion alentours permettant la coexistence d’usages et d’activités durables et compatibles avec les enjeux de conservation du milieu naturel concourant ainsi au bien-être social, économique et culturel local. Labellisation en 2021 https://youtu.be/WpI8oRLxsUUhttps://youtu.be/FEzy-v-oV24 Pilier III de la Liste verte Gestion efficace Au nord-est d’Aix-en-Provence, au pied de la célèbre montagne éponyme, la réserve naturelle de Sainte-Victoire, gérée par le département des Bouches du Rhône, démontre que grâce à l’efficacité de la gestion et de la protection de son patrimoine géologique, les enjeux relatifs au patrimoine naturel le sont également. La Réserve a, depuis son engagement dans la Liste verte, intégré les enjeux relatifs au patrimoine vivant au sein de ses objectifs de gestion Labellisation en 2021 Pilier IV de la Liste verte Conservation réussie La Réserve Naturelle marine de Cerbère-Banyuls, est un exemple de réussite d’atteinte de ses objectifs de conservation. L’effet réserve mis en évidence par la réaugmentation de la population de Mérous bruns depuis la création du site est une illustration de l’atteinte des objectifs de conservation de cette aire protégée située dans les Pyrénées orientales.   Labellisation en 2014 https://youtu.be/01hCeCaXMOQ Pour aller plus loin La Liste Verte des aires protégées et conservées Le Guide du candidat à la Liste Verte

Liste rouge des écosystèmes en France : Les rivages rocheux du littoral méditerranéen sous pression

Suite à la publication en 2020 d’un premier volume de la Liste rouge des écosystèmes côtiers méditerranéens dédié aux dunes côtières et rivages sableux, le Comité français de l’UICN, l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) publient aujourd’hui un second volume sur les rivages rocheux du littoral méditerranéen. Cette évaluation, qui a mobilisé de nombreux experts (universités, Conservatoires botaniques nationaux, Conservatoire du littoral), montre que deux tiers des écosystèmes identifiés sont menacés ou quasi-menacés du fait de l’urbanisation du littoral, de la fréquentation ou encore de la présence d’espèces végétales exotiques envahissantes. Des actions sont nécessaires pour protéger ce patrimoine écologique exceptionnel, avec des cortèges d’espèces que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en France. En France, les rivages rocheux représentent près des deux tiers du trait de côte méditerranéen, pour l’essentiel situé en Corse et dans la région PACA. A l’interface entre terre et mer, ils abritent une flore et une microfaune particulières très riches, adaptées à des conditions écologiques contraignantes, liées à l’influence de la mer. Ils constituent également des espaces de haltes migratoires, d’hivernage et de reproduction pour les oiseaux marins, pour la plupart protégés et dont certains sont menacés à l’échelle nationale ou régionale. Leur configuration spatiale, souvent restreinte et fragmentée, les rend particulièrement sensibles aux pressions anthropiques. Dans le cadre de cette étude, ce sont 6 écosystèmes qui ont été évalués : 4 relèvent strictement des côtes rocheuses – des rivages rocheux aux maquis bas littoraux, en passant par les garrigues basses et les phryganes, et 2 sont des cordons et plages de galets. Le bassin méditerranéen, un point chaud de pressions Un cocktail de menaces affecte ces écosystèmes et sont à l’origine de leur dégradation. Ils subissent dans l’ensemble les conséquences d’une forte artificialisation du territoire. Au-delà de pertes de surface, la densité urbaine et l’attractivité touristique du littoral entraînent une forte fréquentation de ces milieux qui perturbe la faune et déstructure les milieux. À cela s’ajoute les effets d’une implantation d’espèces exotiques localement envahissantes et qui contribuent à perturber ces écosystèmes. Enfin, ils sont également menacés par les effets des changements climatiques en cours et à venir, en particulier l’élévation du niveau marin qui entraîne une modification de l’interface terre-mer qu’il est essentiel d’anticiper. Quatre écosystèmes menacés ou quasi-menacés sur les 6 évalués Les écosystèmes de plages et cordons de galets sont les plus menacés de cette liste. Avec leurs distributions restreintes et fragmentées, ils sont particulièrement fragiles face aux pressions : « En danger », c’est la catégorie retenue pour les plages de galets et graviers à végétation vivace, écosystème que l’on observe plus que très rarement en arrière des plages et cordons de galets ; Plus près de la mer, on observe à la limite du milieu terrestre les plages de galets et graviers à végétation pionnière où une végétation temporaire parvient à s’installer à la faveur des apports de laisses de mer et des rares impacts de la mer. Un peu plus commun sur le littoral, cet écosystème est classé dans la catégorie « vulnérable ». Les falaises et rivages rocheux méditerranéens et les garrigues basses et phryganes du littoral sont également identifiés comme « quasi-menacés ». Les maquis bas et fourrés des côtes rocheuses méditerranéennes sont quant à eux classés en « préoccupation mineure ». Ce statut ne signifie cependant pas que l’écosystème est à l’abri des menaces, car il nécessite une vigilance pour maintenir son bon état écologique. Les résultats de cette évaluation font écho à ceux de la Liste rouge des dunes côtières et rivages sableux méditerranéens qui a établi que 7 de ces écosystèmes sur les 9 évalués étaient menacés du fait de l’urbanisation, du recul du trait de côte et de la fréquentation touristique. Ils appellent ainsi à la mise en place d’actions de protection et restauration de ces milieux, dans des régions particulièrement marquées par une forte densité de population et un haut niveau d’artificialisation du littoral. Téléchargez la publication Pour aller plus loin La Liste rouge des écosystèmes en France Littoraux méditerranéens de France métropolitaine Vol. 1 : Dunes côtières et rivages sableux 

Interview d’Aliénor Scrizzi

Membre du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Aliénor, vous travaillez aujourd’hui en tant que consultante indépendante. Pouvez-vous présenter les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la conservation de la nature, en particulier dans les pays en développement ? Originaire de Bretagne, j’ai grandi à la campagne et passé mon enfance à jouer dehors. La nature représentait pour moi une source inépuisable d’aventures possibles et de choses à découvrir. En même temps j’ai pris très tôt conscience de la disparition des espèces, de notre impact en tant qu’humains sur l’environnement. Je pense que mon envie de préserver la nature remonte à cette époque. Plus tard, j’ai compris que protéger les espèces sauvages voulait aussi dire considérer les besoins des humains qui vivent avec, et qui dépendent des mêmes ressources. Depuis 2022, je propose, en tant que consultante indépendante, d’accompagner les acteurs de terrain dans le développement, le suivi et l’évaluation d’approches visant à réduire les conflits Homme-faune auxquels ils font face. En plaçant l’humain au cœur de mon approche, j’aborde la question des conflits entre groupes d’acteurs autour de la gestion de la faune, centrale dans la résolution des problèmes de coexistence sur le long terme. Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? En parallèle d’une formation initiale en biologie et en agronomie, j’ai d’abord abordé les questions de conservation à travers l’écotourisme, en tant que guide de safari au Botswana et en Afrique du Sud. J’ai complété mon diplôme d’ingénieure en agronomie en 2015, en contribuant à un programme de recherche sur l’atténuation des conflits humains-éléphants mené par le Cirad au Zimbabwe. En 2017, j’ai rejoint l’ONG française Awely. J’y ai d’abord coordonné une étude commanditée par l’IUCN/KfW, sur les pratiques mises en œuvre par les organisations bénéficiaires du programme tigre ITHCP – Integrated Tiger Habitat Programme – afin d’améliorer la coexistence humains-tigres/léopards. Entre 2019 et 2022, j’ai travaillé pour Awely comme responsable des programmes, où j’ai coordonné les projets de conservation des grands singes (RD Congo, Cameroun) et d’atténuation des conflits Homme-faune (France, Népal). Mes plus belles expériences… difficile de choisir ! Je crois que la plus instructive d’entre elles a été la réalisation de l’étude sur les conflits Homme-tigre pour l’IUCN. J’ai eu la chance de visiter de nombreux projets sur le terrain, interrogeant plus d’une centaine de personnes sur place… cela a été une expérience très riche ! Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? Au départ, je voulais travailler pour la conservation des grands mammifères en Afrique australe. J’ai toujours adoré le bush… après mon expérience dans le monde du safari, j’avais envie d’y retourner pour faire quelque chose pour la conservation. Aujourd’hui, mon engagement pour la conservation dans les pays en développement me permet de sortir de notre système occidental, de m’ouvrir à d’autres cultures, à d’autres rapports à la nature, et au vivant. Les pays en développement sont ceux qui souffrent le plus des effets du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité, et j’ai la sensation que nous avons une part de responsabilité, ou en tout cas un rôle à jouer pour la conservation et le développement dans ces pays. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui et quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontée dans le cadre de vos actions ? Les réalisations dont vous êtes la plus fière ? La période actuelle est pour moi une période de « transition », car j’ai quitté mon poste au sein d’Awely tout récemment. A présent, je développe mon activité de consultante indépendante, et j’ai en parallèle repris un Master de recherche en écologie et en dynamique des populations. Je n’en suis qu’au début, mais mon premier défi va être de trouver ma place en tant que consultante, auprès des organisations qui œuvrent sur le terrain. En parallèle, je réfléchis à la meilleure manière de pouvoir orienter mes actions de recherche pour qu’elles servent au mieux la conservation. Les réalisations dont je suis la plus fière… et bien je dirais que je suis plutôt fière de mon parcours, qui n’est pas très linéaire mais qui finalement me ressemble pas mal. Quel est votre espèce favorite et pourquoi ? Difficile de n’en choisir qu’une… mais spontanément je réponds le tigre. D’abord pour une raison très personnelle, car c’est avec cette espèce que j’ai fait mes premiers vrais pas dans la conservation. Aussi car le tigre et plus largement les grands prédateurs et l’homme entretiennent une relation particulière : ce sont des bêtes féroces dans notre imaginaire, mais timides et discrètes en réalité. Je trouve qu’ils cristallisent le problème de partage de l’habitat et de cohabitation avec la faune. Si, dans nos sociétés, nous parvenions à cohabiter avec eux, cela voudrait dire que nous aurions fait un sacré pas en avant dans notre acceptation de la présence des autres êtres vivants ! Comment voyez-vous l’avenir de la planète et le nombreux défis qui se posent aujourd’hui pour concilier à la fois les enjeux de protection de la nature et de développement ? Si je me laisse aller, je suis un peu inquiète. J’ai du mal à imaginer comment il nous sera possible de concilier la demande en énergie et en matières premières des sociétés humaines avec la protection de la biodiversité, quand on voit à quel point les ressources se font rares… Mais le pessimisme ne pousse pas à l’action, et j’ai plutôt envie d’être à fond dans tout ce que je peux faire pour apporter ma pierre à l’édifice. Et j’ai confiance en la prise de conscience actuelle, en tous les mouvements de contestations et toutes les initiatives qui sont nées pour que cela change.   Que vous apporte votre participation au groupe de travail Pays en développement et Biodiversité et vers quelles actions le collectif doit se tourner aujourd’hui ? J’aime l’idée de partage et d’échanges. Je suis convaincue que l’on peut aller très