Fête de la nature 2021 : « A travers mille et un regards »

En prémices au Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 (Septembre 2021 – Marseille), du 19 au 23 mai 2021 sur tout le territoire français, en métropole comme en Outre-mer, dans les villes comme à la campagne, se tiendra la 15e édition de Fête de la Nature. Cette dernière année 2020 est venue confirmer un constat jusqu’ici peu abordé en société : notre rapport à la nature doit être questionné pour être repensé. Pour pallier cette crise de notre relation au vivant, il apparaît plus que jamais essentiel que les passionnés et les professionnels s’unissent pour partager la connaissance et l’expérience de la nature. Partager votre vision de la nature avec la thématique « A travers mille et un regards » Cette édition propose de mettre l’accent sur les approches de la nature, aussi diverses soient-elles (une manière de la préserver, de l’observer, de l’étudier, de l’aimer…). Elle invite chacun à présenter son approche de la nature qu’il chérit et préserve. Espaces naturels gérés ou en libre évolution ? Nature sauvage ou cultivée ? Espèces alliées ou tenues à distance ? Paysages figés ou en mouvement ? Biodiversité sacralisée ou utilisée ? Selon que l’on soit de la ville ou de la campagne, biologiste ou agriculteur, artiste ou garde nature… la place accordée à la nature dans son quotidien et le rapport que l’on entretient avec diffèrent considérablement. Alors pourquoi ne pas partager ces divers points de vue, les expliquer, les questionner ? Il n’y a pas une nature mais des natures, à vous de montrer la vôtre ! Une fois votre projet programmé (lieu, date, déroulé…), annoncez votre manifestation dans la programmation de la Fête de la Nature. N’oubliez pas d’organiser un temps de célébration festif pour les participants (dans le respect des consignes sanitaires) Le respect (ou non) de la thématique n’influence en rien l’attribution du label. Celle-ci est imaginée pour encourager le renouvellement des manifestations, inspirer de nouvelles approches et insuffler un vent de nouveauté à chaque édition. Mais vous êtes parfaitement libres de suivre vos propres envies ! Plus d’informations – Le site internet de la Fête de la nature– Le programme Education et communication
Interview de Benjamin Bassono
Mr. Benjamin BASSONO vous êtes le Directeur Exécutif de l’association les Anges Gardiens de la Nature (Burkina-Faso) pouvez-vous nous présenter un peu votre association ? L’Association des Eco-Gardes du Burkina dénommée « LES ANGES GARDIENS DE LA NATURE » (AGN) est une association d’envergure nationale et à but non lucratif née officiellement en 2018. Elle découle de la reconversion de l’Association pour la Valorisation des Produits Locaux (AVPL) née en 2002. Elle a été créée en vue de regrouper au sein d’une même structure les personnes formées dans le cadre du décret présidentiel[1] portant modalités de recrutement des éco-gardes et conditions d’exercice de leur métier au Burkina Faso. AGN a pour objectif principal de protéger la faune, la flore et ceux qui la défendent : les éco-gardes. Pour ce faire, l’association a développé une expertise particulière en matière de professionnalisation des éco-gardes en mettant l’accent sur leur formation et leur équipement. AGN fait de l’éducation à l’environnement et travaille également à la promotion de l’éco-tourisme et des modes de consommation et de production durables. A quel moment et dans quelles circonstances avez-vous personnellement pris le parti de vous engager pour la Nature ? Issu d’une famille Gourounsi et originaire de la province du Sanguié, au Burkina Faso, je suis petit fils d’un grand éleveur de bovins et d’équidés ; dès l’âge de 6 ans, je passais mes vacances auprès de mes grands-parents dans le village de Réo (plus précisément à Goumédyr) qui m’a vu naître. Là-bas, mon plaisir était d’accompagner le plus régulièrement possible les bergers chargés de faire pâturer les troupeaux. Nous partions le matin et ne rentrions que le soir. Les pasteurs devaient chasser au quotidien pour assurer leur repas de midi. Jusqu’à l’âge de 12 ans, j’ai appris à leurs côtés. C’est avec eux que s’est forgée mon âme de broussard. Celle-ci ne m’a plus jamais quitté depuis. Quel est selon vous la plus grande victoire d’AGN ? La plus grande victoire d’AGN a été d’avoir réussi à élaborer et faire accepter le métier d’écogarde au Burkina Faso. Quelle est la personne qui est actuellement votre source d’inspiration et pourquoi ? Michel Vallier. Naturaliste taxidermiste français des Etablissements Vallier. Monsieur Vallier a donné 50 ans de sa vie à parcourir l’Afrique pour former les acteurs de la Faune dans le suivi écologique et la préparation des trophées de chasse. Il a mis en place en Afrique plusieurs éco musés pour l’éducation environnementale des élèves. Il a été pendant longtemps le défenseur de nos pays auprès des instances mondiales de gestion de la faune. Il nous quitté en 2019. Si vous étiez un animal vous seriez ? Expliquez-nous pourquoi ? Si j’étais un animal, je serais un LION. Le Lion dégage une aura certaine et exerce sur son entourage fascination, domination et autorité. Le natif du Lion a l’âme du chef, mais de ces chefs au grand cœur, à la loyauté indéfectible, comme le célèbre roi « Richard Cœur de Lion ». Très énergique, courageux et fort, et surtout optimiste, le Lion est souvent très entouré d’amis et de fidèles admirateurs. Le Lion jouit en général d’une santé robuste et d’un mental de fer. Si vous aviez un pouvoir magique que souhaiteriez-vous changer ? Faire un retour en arrière de 50 ans pour retrouver une biodiversité en meilleure santé. En effet, les pertes de biodiversité dues aux activités humaines se sont accélérées depuis 50 ans. Malheureusement aujourd’hui, cette tendance s’accentue et avec elle, la disparition des écosystèmes. Selon plusieurs sources, 25 % des espèces mondiales auront disparu avant 2050 à cause de la combinaison du réchauffement climatique et des activités de l’Homme… Quels conseils donneriez-vous aux jeunes africains qui veulent s’engager dans la vie associative au profit de la Nature comme vous ? Eviter les erreurs de leurs ainés ! Je crois que ces jeunes devront avant tout penser à prendre en compte la biodiversité dans toutes les stratégies de développement. En effet, jusqu’à présent les systèmes d’enseignement continuent de morceler et disjoindre les connaissances qui devraient être reliées. Ainsi, on forme des esprits unidimensionnels et réducteurs, qui ne privilégient qu’une dimension et en occultent les autres. Lors des dernières grandes rencontres régionales en Afrique, les gouvernements ont fait part de leur échec à atteindre les objectifs de 2010 pour la biodiversité. Selon eux, les secteurs tels que l’agriculture, la pêche, l’économie et le tourisme n’intègrent pas suffisamment les enjeux de la biodiversité, ce qui est également le cas dans bon nombre d’autres secteurs, en dehors de ceux directement liés à la biodiversité et aux problématiques environnementales en général. De nos jours, la conception des politiques relatives à la conservation de la biodiversité, qu’elle se situe au niveau global, national ou local, dicte le préalable de ce que Morin et al. (2003) appellent « percevoir les interactions et rétroactions où se mêlent et interfèrent les processus économiques, politiques, sociaux, nationaux, ethniques, religieux, mythologiques qui tissent le destin planétaire… ». Malheureusement, les systèmes d’éducation qui ont formé la plupart des élites ayant actuellement la charge de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques relatives à la conservation de la biodiversité n’ont pas imaginé d’intégrer le besoin d’émergence d’esprits aptes à saisir des problèmes fondamentaux globaux, aptes à comprendre leur complexité dans le processus d’apprentissage.
RASTOMA and WATSCON organized the 1st regional congress on marine turtles of Central and West Africa

Faced with the growing threats to marine turtles, African civil society actors are organizing themselves into networks to strengthen the protection of these emblematic and endangered species. The five species of marine turtles found in Central and West Africa are classified from « vulnerable » to « critically endangered » on the IUCN Red List. Supported by the Small Initiatives Program (PPI) managed by the French Committee of IUCN, the two ‘brother’ networks for the conservation of marine turtles, RASTOMA (Network of Actors for the Protection of Marine Turtles in Central Africa) and WASTCON (West African Sea Turtle Conservation Network), organized from 9 to 13 November 2020, in Lomé, Togo, their first regional congress on marine turtles in West and Central Africa. This congress is a key step in building a concrete and effective regional marine turtle conservation strategy along the Atlantic coasts of Africa. The two networks are joining forces to put in place a « bottom-up » approach, innovative because it is supported by civil society with the support of African regional institutions and in partnership with the states of Central and West Africa. The RASTOMA WASTCON regional congress brought together more than 60 actors, from 13 countries, committed to the preservation of marine turtles and coastal habitats in Atlantic Africa. The objective was to strengthen the dynamic of collaboration and exchanges between civil societies working on marine turtles in Central and West Africa. Members of the two networks benefited from a capacity building program based on their expressed needs. RASTOMA and WASTCON also held their respective general meetings. The two networks then came together for a strategic working session, in order to define the priorities for action that will guide future collaborations. At the end of the strategic workshop, the two networks prioritized: In the short term (within one year): (1) harmonization of ecological monitoring and data collection methods to acquire the knowledge and indicators essential for the monitoring and conservation of marine turtles; (2) the capitalization and sharing of resources and tools for environmental education and awareness in the conservation of marine turtles and their habitats; (3) capitalization and exchange of experiences on Income Generating Activities including ecotourism. And in the medium term (3 years): (1) sharing of experiences on advocacy for the strengthening of the legislative arsenal and the application of laws favorable to marine turtles and their habitats; (2) the organization of an African Symposium on the Conservation of Marine Turtles; (3) the production and distribution of a regional newsletter which will highlight the actions and news of Civil Society Organizations of the two networks. Following the strategic workshop, the participants also benefited from training sessions, organized by RASTOMA, in response to the expectations expressed by the members of the two networks: a day on monitoring marine turtles on land and at sea, an introductory workshop on the QGIS geographic information system, a round table to boost and diversify the search for funding and partnerships. The training materials for these workshops are available online on the RASTOMA website and can be downloaded here. For more information, visit www.rastoma.org
Interview d’Ekwoge Abwe
Bonjour Ekwoge. Vous êtes le responsable de l’ONG camerounaise EBO FOREST RESEARCH PROJECT. Pouvez-vous vous présenter et expliquer les motivations qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature au Cameroun? Quelle est la raison principale de votre engagement sur cette cause? Merci à l’équipe du PPI de nous donner l’opportunité de parler de notre travail et de l’importance de la biodiversité de la forêt d’Ebo au Cameroun. Je suis Ekwoge Abwe, un primatologue de formation. J’ai commencé ma carrière dans la conservation en 1998, d’abord en tant qu’opérateur de Systèmes d’Information Géographique (SIG). En 2003, j’ai commencé à travailler comme assistant de recherche sur les primates sous la direction du Dr Bethan Morgan et en août 2005, j’ai eu la chance d’observer des chimpanzés casser des noix de Coula edulis à Ebo à l’aide de pierres utilisées comme des marteaux. Ce fut la première observation de ce comportement et de l’utilisation de cet outil de subsistance en dehors des chimpanzés d’Afrique de l’Ouest, et cela a ravivé mon intérêt pour les primates et en particulier les grands singes. En 2010, j’ai terminé une maîtrise en conservation des primates à l’Université d’Oxford Brookes, au Royaume-Uni, et en 2018, j’ai terminé mon doctorat à l’Université de Drexel, aux États-Unis, avec un accent sur la diversité comportementale dans deux populations de chimpanzés du Nigéria-Cameroun génétiquement distinctes dans des habitats distincts (forêt tropicale et mosaïque forêt-bois-savane). Au fil du temps, j’ai compris la diversité des espèces de primates au Cameroun, mais plus important encore, les menaces auxquelles les différentes espèces étaient confrontées dans leurs habitats naturels dans le pays. Les premiers résultats de l’enquête dans la forêt d’Ebo, par exemple, ont montré que la diversité des espèces de primates, y compris les grands singes, les autres grands mammifères et les plantes, était très élevée. En outre, les cultures et les moyens de subsistance de plus de 40 communautés adjacentes à la forêt étaient intimement liés à cette riche biodiversité. Cette matrice homme-biodiversité a façonné ma philosophie d’inclusion (en particulier des communautés de base) dans la conservation de la biodiversité. Aujourd’hui, nous collaborons avec des groupes communautaires locaux autour de la forêt d’Ebo pour promouvoir des initiatives de conservation menées par la communauté. Ebo Forest, où votre organisation concentre ses travaux depuis une vingtaine d’années maintenant, constitue un enjeu de conservation important au Cameroun : quelles sont les spécificités qui font de cette zone forestière un hotspot pour la conservation de la nature dans votre pays, et plus généralement en Afrique Centrale? À juste titre, la forêt d’Ebo et sa riche biodiversité ont une importance mondiale. L’écosystème fait partie de la forêt tropicale du golfe de Guinée et, avec les forêts adjacentes de Makombe et de Ndokbou, elles constituent l’étendue de forêt la plus intacte de cette écorégion. La forêt constitue environ 50% de la zone clé pour la biodiversité de Yabassi et séquestre 35 millions de tonnes de carbone. En termes de biodiversité, la forêt abrite 11 espèces diurnes de primates, y compris des chimpanzés du Nigeria-Cameroun (~ 20% de la population de la sous-espèce vit à Ebo, et c’est la seule population sauvage qui utilise des outils pour pêcher les termites et craquer des noix), des gorilles de l’Ouest (une population géographiquement isolée dont la taxonomie est encore inconnue), des colobes roux du Cameroun, plusieurs grands mammifères, y compris les éléphants de forêt. La diversité botanique de la forêt est importante, et 29 nouvelles espèces y ont été décrites depuis 2005, dont beaucoup sont endémiques et en voie de disparition. Plus de 40 villages entourent la forêt et leurs moyens de subsistance, leur histoire et leurs cultures sont liés à la forêt. Malgré la diversité riche et unique, ainsi que l’importance socio-économique et culturelle de la forêt, il n’y a pas de statut de protection juridique pour la forêt. À partir de 2006, le gouvernement du Cameroun a lancé un processus de classement de la forêt en parc national. Ce processus a été bloqué en grande partie en raison d’un manque de volonté politique, et en 2020, le gouvernement a lancé un autre processus, cette fois-ci pour classer la forêt en deux Unités de gestion forestière (UFA) pour l’exploitation du bois. À la suite de vives protestations de la part d’un large éventail de parties prenantes, le gouvernement a par la suite suspendu le décret qui, en juillet 2020, avait classé l’UFA 07: 006 en concession forestière et a interrompu le processus de classification de l’UFA 07: 005. Outre ces menaces liées à l’exploitation forestière, les incertitudes relatives aux options d’utilisation de la forêt, la chasse et le commerce de viande de brousse, l’exploitation forestière illégale et la destruction de l’habitat liée à l’agriculture de subsistance et agro-industrielle sont monnaie courante. Beaucoup de gens ont entendu parler d’Ebo ces derniers temps à cause de la pression sur le massif: que s’est-il passé début 2020 et où est la situation aujourd’hui? Vous avez raison, la forêt d’Ebo est devenue un enjeu majeur de conservation pour le grand public depuis février 2020 lorsque le ministre camerounais des Forêts et de la Faune a publié deux avis publics pour le classement de la forêt en deux Unités Forestières d’Aménagement (UFA) pour être exploitée. Les avis publics ont été signés en février 2020 mais n’ont été rendus publics que la veille de la première réunion de sensibilisation à Yabassi le 9 mars 2020. Compte tenu de la riche diversité culturelle, de la biodiversité et de l’importance mondiale de la forêt, il y a eu une condamnation généralisée de la proposition de classification de la forêt en concessions d’exploitation à long terme. Malgré ces protestations d’un large éventail de parties prenantes, y compris les communautés de base, les chercheurs et les défenseurs de l’environnement, le gouvernement du Cameroun a signé un décret créant l’UFA 07: 006 en juillet 2020. La persistance et la nature inébranlable des manifestations ont exhorté le gouvernement à suspendre le décret de création de l’UFA trois semaines après la
Interview of Ekwoge Abwe
Hello Ekwoge. You are the manager of the Cameroonian NGO EBO FOREST RESEARCH PROJECT. Can you introduce yourself and explain the motivations that led you to work in the protection of Nature in Cameroon? What is the main reason for your commitment to this cause? Thank you PPI for this opportunity to talk about our work and the significance of the biodiversity of the Ebo forest in Cameroon. I am Ekwoge Abwe, a primatologist by training. I began my conservation career in 1998, first as a geographic information system operator and in 2003, I started working as a research assistant on primate surveys under Dr. Bethan Morgan. In August 2005, I observed chimpanzees cracking nuts of Coula edulis in Ebo using stone hammers. This was the first observation of this subsistence tool use behavior outside western chimpanzees in west Africa, and it rekindled my interest in primates and especially great apes. In 2010, I completed an MSc in Primate Conservation at Oxford Brookes University, UK ,and in 2018, I completed my doctoral degree at Drexel University, USA with focus on behavioral diversity in two genetically distinct Nigeria-Cameroon chimpanzee populations in distinct habitats (rainforest and forest-woodland-savanna mosaic). In the course of time, I came to understand the diversity of primate species in Cameroon, but even more important, the threats the different species were facing across their natural habitats in the country. Initial survey results in the Ebo forest for example showed that the diversity of primate species including great apes, other large mammals and plants was very high. In addition, the cultures and livelihoods of more than 40 communities adjacent to the forest were intricately linked with this rich biodiversity. This human-biodiversity matrix has shaped my philosophy of inclusion (especially of grassroots communities) in biodiversity conservation. Today we collaborate with local community groups around the Ebo forest to promote community-led conservation initiatives. Ebo Forest, where your organization has been focusing its work for about twenty years now, constitutes an important conservation stake in Cameroon: what are the specificities that make this forest area a hotspot for nature conservation in your country? , and more generally in Central Africa? Rightly, the Ebo forest and it’s rich biodiversity are of global significance. The forest falls with the Gulf of Guinea rainforest, and with the adjacent Makombe and Ndokbou forests constitute the most intact tract of forest in this ecoregion. The forest constitutes ~50% of the Yabassi Key Biodiversity Area and sequesters 35 million tonnes of carbon. In terms of its biodiversity, the forest harbors 11 diurnal species of primates including Nigeria-Cameroon chimpanzees (~20% of the subspecies population lives in Ebo, and it is the only wild population that uses tools to both fish for termites and crack hard-shelled nuts), western gorilla (geographically isolated population whose taxonomic affinity is still unknown), drill, Preuss’s red colobus monkeys; several large mammals including forest elephants. The botanical diversity of the forest in high, and 29 new species to science have been described in the forest since 2005, many of which are endemic to the forest and are endangered. More than 40 villages surround the forest, and their livelihoods, ancestries and cultures are tied to the forest. Despite the rich and unique diversity, as well as the socioeconomic and cultural significance of the forest, there is no legal protection status for the forest. From 2006, the government of Cameroon initiated the process to gazette the forest into a national park. This process was stalled due largely to lack of political will, and in 2020, the government initiated another process, this time around to classify the forest into two Forest Management Units (FMU) for timber exploitation. Following staunch protests from a wide range of stakeholders, the government later suspended the decree that in July 2020 had classified FMU 07: 006 into a logging concession as well as halted the classification process of FMU 07: 005. Aside from these threats related to land use option uncertainties for the forest, hunting and bushmeat trade, illegal logging, and habitat destruction related to subsistence and agro-industrial farming are rife. A lot of people have heard about Ebo lately because of the pressure on the massif: what happened in early 2020 and where is the situation today? You are right, Ebo forest became a major focus from February 2020 when the Cameroon Minister of Forestry and Wildlife published two public notices for the classification of the forest into two Forest Management Units (FMU): FMU 07: 005 and FMU 07: 006. The public notices were signed in February 2020 but only made public on the eve the first sensitization meeting in Yabassi on March 9, 2020. Given the rich cultural- and bio-diversity, and global significance of the forest, there was widespread condemnation of the proposed classification of the forest into long term logging concessions. Despite these protests from a wide range of stakeholders including grassroots communities, researchers and conservationists, the government of Cameroon went ahead to sign a decree creating FMU 07: 006 in July 2020. The persistence and unwavering nature of protests urged the government to suspend the decree creating FMU 07: 006 three weeks after classification and to halt the process of classification of FMU 07: 005. This could be seen as a conservation victory for the Ebo forest and biodiversity protection in Cameroon as a whole. However, the threats persist, as there is no formal land use option for the forest till date. In April 2020, a group of conservationists and researchers who had or are working in Ebo forest wrote a letter to the Prime Minister of Cameroon urging the government to suspend plans to classify the forest into logging concessions, and to rather engage all stakeholders into an inclusive and transparent land use planning process to decide the best and most sustainable land use options that would cater for the socioeconomic and cultural wellbeing of local communities, as well as preserve the rich biodiversity of the area for posterity. This land use planning proposal has been supported by a
Interview de la Réserve Ornithologique de Kalissaye (ROK)
Interview auprès de M. Pathé Baldé, Conservateur de la Réserve Ornithologique de Kalissaye et de M. Jean Diassy, Président du Comité de gestion de la Réserve Ornithologique de Kalissaye. Pouvez-vous nous présentez en quelques mots la réserve : taille, intérêt écologique, types de paysages, date de création, gouvernance ? La Réserve Ornithologique de Kalissaye (ROK) est créée par décret N° 78- 809 du 28 Juillet 1978. Elle est située en Casamance, au sud du Sénégal. Elle couvrait, à sa création, une superficie de 16 ha et abrite deux ilots sableux encerclés par les eaux lors des marées hautes. Toutefois, les mouvements dunaires observés depuis quelques années ont entrainé une augmentation de la superficie de la ROK (220 ha). L’objectif principal de la création de la réserve est la conservation d’un écosystème fluviomarin complexe pour assurer une bonne reproduction des espèces côtières et marines. Il s’agit en particulier: – De protéger un écosystème complexe afin qu’il joue le rôle d’accueil des colonies nicheuses d’oiseaux et des tortues reproductrices ; – D’assurer les bonnes conditions de reproduction des oiseaux migrateurs ; – De promouvoir le tourisme et la recherche scientifique. La ROK est caractérisée par une diversité d’écosystèmes forestiers, de savanes insulaires, d’estuaires et d’une partie aquatique. La zone éco-géographique de la réserve est traversée par des bolongs et présente aussi des lagunes temporairement inondées, des marais et des vasières. Le mode de gouvernance de la réserve ornithologique implique tous les acteurs grâce à un comité de gestion : administration, communauté locale, écoles, centres d’éducation environnementales, pêcheurs, GIE des femmes, les jeunes. Ce qui lui confère une gouvernance partagée et inclusive. La réserve accueille une diversité d’espèces d’oiseaux et de tortues marines. Parmi les oiseaux, certains sont des migrateurs afrotropicaux, des migrateurs du paléarctique occidental. Ce groupe est composé de limicoles (barge à queue noire, becasseau sanderling, barge rousse, avocette élégante, bécasseau maubéche, courlis corlieu, courlis cendré, etc), les laridae (sternes royales, les sternes caspiennes, goelands railleurs, mouettes à tête grise, etc), des phalacrocoracidea (cormorans africain, grand cormoran, ), les pélicandiea (pélican gris, pélican blanc), les ardeidea (heron cendré, aigrette dimorphe, grande aigrette, etc. Côté tortues marines, on y trouve principalement des tortues vertes, mais aussi des tortue luth, tortue caouanne, tortue olivâtre, tortue imbriquée. Cette année 89 nids de tortues vertes ont été observés dans la ROK, un record ! Cette année a été particulière du fait du COVID, comment le comité de gestion et la ROK ont fait pour s’adapter et continuer à réaliser un certain nombre d’activités ? Quelles sont les leçons apprises de cette année ? En 2020, la réserve a reçu un appui du PPI à travers le projet de « consolidation de la remontée biologique des laridea et des tortues marines par le renforcement de la gouvernance de la réserve ornithologique de kalissaye au Sénégal ». Dans la mise en œuvre de ce projet, la première stratégie a été d’unifier tous les acteurs et les organes qui interviennent dans l’espace de la réserve. Ce qui a permis de formaliser un cadre unifié. Avec ce cadre unifié, les activités sont planifiées, mises en œuvre et évaluées dans un approche participatif et inclusif. Au cours de la mise en œuvre du projet, le Covid-19 est survenu. Cette pandémie a entrainé un retard dans l’exécution de certaines activités et surtout de la méfiance dans le contact avec les oiseaux migrateurs en raison du manque d’information sur les modes de transmission. Nous avons pris en compte les mesures barrières et des rencontres régulières ont permis de revoir la planification des activités pour être en phase avec le chronogramme du projet. Le COVID 19 a entrainé un confinement des pêcheurs dans leur localité. Ce qui a réduit les pressions sur les ressources marines au début de la crise. Mais rapidement, nous avons connu une arrivée forte des embarcations de pêcheurs d’autres zones. Une forte sensibilisation envers les pêcheurs est régulièrement faite par l’équipe de la ROK et le comité de gestion pour éviter l’augmentation des pressions pendant cette période. Nous prévoyons de poursuivre cette sensibilisation et de renforcer l’implication des habitants et usagers avec la constitution d’un comité Inter-villageois de suivi, de surveillance et de protection. Vous avez notamment réalisé une visite d’échange : qu’avez-vous visité et quelles ont été les leçons apprises de cette visite ? Nous remercions le PPI d’avoir soutenu cette visite d’échange qui a permis de couvrir la réserve naturelle de Popenguine, La Réserve Naturelle d’intérêt Communautaire de la Somone, L’aire Marine Protégée de Joal Fadjouth, Le Parc National de la Langue de Barbarie (St-Louis). Nous avons visités divers aspects que l’on peut résumer en 3. Il s’agit de : – La gouvernance notamment l’implication des populations locales dans les domaines de la gestion, de la planification, de la prise de décision, de la mise en œuvre, de l’évaluation et de la réorientation. – La valorisation touristique notamment la facturation des entrées dans les sites, l’hébergement des touristes. Les ressources générées par la valorisation touristique sont réparties dans les différents secteurs socio-économiques de la localité. Il s’agit de l’appui à la santé, à l’éducation, au culte, les infrastructures. Les ressources tirées de la valorisation touristique permettent aussi d’instaurer une mutuelle d’épargne et de crédit au profit des différents groupements d’intérêt – économique. – L’instauration et le respect des périodes de repos biologique. Ce qui permet à la ressource de se régénérer et de grandir. La participation et l’engouement des populations dans les activités de conservation, de suivi et de surveillance sont des aspects qui nous ont marqués au cours des échanges. Ce qui permet à la population d’acquérir des renforcements de capacités sur des domaines de la vie associative, de la biologie, de la gouvernance, du plaidoyer, de la gestion, de la communication, etc. Comment prévoyez de mettre en œuvre ces leçons par la suite dans la ROK ? Après cette visite, nous avons organisé une réunion de partage et rédigé un plan d’action pour améliorer nos capacités techniques, organisationnelles. Ce qui nous permettra d’intégrer toutes les composantes apprises dans notre vécu quotidien. L’administration de la réserve a
RASTOMA et WATSON ont organisé le 1er congrès régional sur les tortues marines d’Afrique Centrale et de l’Ouest

Face aux menaces grandissantes qui pèsent sur les tortues marines, les acteurs de la société civile africaine s’organisent en réseaux pour renforcer la protection de ces espèces emblématiques et menacées de disparition. Les cinq espèces de tortues marines présentes en Afrique Centrale et de l’Ouest sont classées de « vulnérable » à « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN. Soutenus par le Programme de Petites Initiatives (PPI) géré par le Comité français de l’UICN, les deux réseaux frères de la sauvegarde des tortues marines, RASTOMA (Réseau des Acteurs de la Sauvegarde des Tortues Marines en Afrique centrale) et WASTCON (West African Sea Turtle Conservation Network), ont organisé du 9 au 13 novembre 2020, à Lomé au Togo, leur premier congrès régional sur les tortues marines en Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce congrès est une étape clé pour la construction d’une stratégie régionale de conservation des tortues marines concrète et efficace le long des côtes atlantiques de l’Afrique. Les deux réseaux frères s’allient pour mettre en place une approche « bottom-up », innovante car portée par la société civile avec l’appui des institutions régionales africaines et en partenariat avec les états d’Afrique Centrale et de l’Ouest. Le congrès régional RASTOMA WASTCON a réuni plus de 60 acteurs, de 13 pays, engagés dans la préservation des tortues marines et des habitats côtiers en Afrique atlantique. L’objectif était de renforcer la dynamique de collaboration et les échanges entre les sociétés civiles travaillant sur les tortues marines en Afrique centrale et de l’ouest. Les membres des deux réseaux ont bénéficié d’un programme de renforcement des capacités établi en fonction des besoins qu’ils avaient exprimés. RASTOMA et WASTCON ont également tenu leurs assemblées générales respectives. Les deux réseaux se sont ensuite rassemblés pour une séance de travail stratégique, afin de définir les priorités d’action qui guideront les collaborations futures. A l’issue de l’atelier stratégique, les deux réseaux ont priorisé : A court terme (dans un délai d’un an) : (1) l’harmonisation des méthodes en matière de suivi écologique et de collecte de données pour acquérir les connaissances et les indicateurs indispensables au suivi et à la conservation des tortues marines ; (2) la capitalisation et le partage des ressources et des outils d’éducation environnementale et de sensibilisation en matière de conservation des tortues marines et de leurs habitats ; (3) la capitalisation et les échanges d’expériences sur les Activités Génératrices de Revenus dont l’écotourisme. Et à moyen terme (3 ans) : (1) le partage d’expériences sur le plaidoyer pour le renforcement de l’arsenal législatif et l’application des lois favorables aux tortues marines et à leurs habitats ; (2) l’organisation d’un Symposium Africain sur la Conservation des tortues marines ; (3) la production et la diffusion d’une Newsletter régionale qui mettra en lumière les actions et actualités des Organisations de la Société Civile des deux réseaux. A la suite de l’atelier stratégique, Les participants ont aussi bénéficier de sessions de formation, organisées par le RASTOMA, en réponse aux attentes exprimées par les membres des deux réseaux : une journée sur le suivi des tortues marines en terre et en mer, un atelier d’initiation au système d’information géographique QGIS, une table ronde pour dynamiser et diversifier les recherches de financements et de partenariats. Les supports de formation de ces ateliers sont disponibles en ligne sur le site du RASTOMA et téléchargeables ici. Pour plus d’infos, visiter le site www.rastoma.org.
Interview of Benjamin Bassono
Mr. Benjamin BASSONO you are the Executive Director of the association « Les Anges Gardiens de la Nature » (Burkina-Faso) can you present us a little bit your association? The Association of the Eco-Guards of Burkina Faso called » LES ANGES GARDIENS DE LA NATURE » (AGN) is a national non-profit association officially born in 2018. It results from the reconversion of the Association for the Valorization of Local Products (AVPL) born in 2002. It was created in order to bring together within the same structure the people trained within the framework of the presidential decree on the terms and conditions for the recruitment of eco-guards and the conditions for exercising their profession in Burkina Faso. AGN’s main objective is to protect the fauna, flora and those who defend it: the eco-guards. To do this, the association has developed particular expertise in the professionalization of eco-guards, with a focus on their training and equipment. AGN provides environmental education and also works to promote eco-tourism and sustainable modes of consumption and production. When and under what circumstances did you personally make the commitment to Nature? I come from a Gourounsi family from the province of Sanguié, Burkina Faso. I am the grandson of a great cattle and horse breeder; from the age of 6, I spent my vacations with my grandparents in the village of Réo (more precisely in Goumédyr) where I was born. There, my pleasure was to accompany as regularly as possible the shepherds in charge of grazing the herds. We would leave in the morning and only return in the evening. The shepherds had to hunt every day to ensure their midday meal. Until the age of 12, I learned at their side. It was with them that my bush soul was forged. It has never left me since. What do you think is AGN’s greatest victory? AGN’s greatest victory was to have succeeded in developing and accepting the ecoguard profession in Burkina Faso. Who is the person who is currently your source of inspiration and why? Michel Vallier. French taxidermist naturalist of Etablissements Vallier. Mr. Vallier gave 50 years of his life to travel through Africa to train wildlife actors in ecological monitoring and preparation of hunting trophies. He has set up several eco-museums in Africa for the environmental education of students. He was for a long time the defender of our countries with the world authorities of wildlife management. He leaves us in 2019. If you were an animal you would be? Tell us why? If I were an animal I would be a LION. The Lion exudes a certain aura and exerts fascination, domination and authority over his entourage. The native of the Lion has the soul of a leader, but of those leaders with a big heart and unfailing loyalty, like the famous king « Richard the Lionheart ». Very energetic, courageous and strong, and above all optimistic, the Lion is often surrounded by friends and loyal admirers. Leo generally enjoys robust health and an iron mind. If you had a magical power, what would you want to change? Go back 50 years to find a healthier biodiversity. Indeed, the loss of biodiversity due to human activities has accelerated over the past 50 years. Unfortunately today, this trend is increasing and with it the disappearance of ecosystems. According to several sources, 25% of the world’s species will have disappeared before 2050 due to the combination of global warming and human activities . What advice would you give to young Africans who want to get involved in community life for the benefit of Nature like you? Avoid the mistakes of their elders! I believe that these young people will first and foremost have to think about taking biodiversity into account in all development strategies. Indeed, until now, education systems continue to fragment and disjoin the knowledge that should be linked. Thus, we form one-dimensional and reducing minds, which privilege only one dimension and obscure the others. At recent major regional meetings in Africa, governments have expressed their failure to meet the 2010 biodiversity targets. According to them, sectors such as agriculture, fisheries, economy and tourism do not sufficiently integrate biodiversity issues, which is also the case in many other sectors, apart from those directly related to biodiversity and environmental issues in general. Nowadays, the design of policies relating to biodiversity conservation, whether at the global, national or local level, dictates the precondition for what Morin et al. (2003) call « perceiving the interactions and feedbacks where economic, political, social, national, ethnic, religious, mythological processes that weave the planetary destiny are mixed and interfered with ». Unfortunately, the education systems that have trained most of the elites currently in charge of developing and implementing biodiversity conservation policies have not imagined integrating the need for the emergence of minds capable of grasping fundamental global problems and understanding their complexity into the learning process.
Interview of Pathé BALDE, ROK
Interview with M. Pathé Baldé, Conservateur of the Kalissaye Bird Reserve and with M. Jean Diassy, President of the management comittee of the Kalissaye Bird Reserve Can you briefly tell us about the Kilassaye Bird Reserve : size, ecological interest, types of landscapes, date of creation, governance ? The Kalissaye Bird Reserve (ROK) was created by decree No. 78-809 of July 28, 1978. It is located in Casamance, in the south of Senegal. When it was created, it covered an area of 16 ha and had two sandy islands surrounded by water during high tides. However, the dune movements observed in recent years have resulted in an increase in the size of the area of the ROK (220 ha). The main objective of the creation of the reserve is the conservation of a complex ecosystem to ensure good reproduction of coastal and marine species. It concerns in particular: – To protect a complex ecosystem so that it plays the role of hosting nesting bird colonies and breeding turtles, – To ensure good breeding conditions for migratory birds, – To promote tourism and scientific research. The ROK is characterized by a diversity of forest ecosystems, island savannas, estuaries and an aquatic part. The eco-geographical zone of the reserve is crossed by bolongs and also presents temporarily flooded lagoons, marshes and mudflats. The mode of governance of the bird reserve involves all the stakeholders thanks to a management committee: administration, local community, schools, environmental education centers, fishermen, women’s economic groups, young people. It allows a shared and inclusive governance. The reserve is home to a diversity of species of birds and sea turtles. Among the birds, some are Afrotropical migrants, Western Palaearctic migrants. This group is composed of shorebirds (black-tailed godwit, sanderling, red-haired godwit, elegant avocet, red knot, whimbrel, ash curlew, etc.), laridae (king terns, caspian terns, mocking gulls, gray-headed gulls, etc), phalacrocoracidea (African cormorants, great cormorants,), pelicandiea (gray pelican, white pelican), ardeidea (gray heron, dimorphic egret, great egret, etc). On the sea turtle side, we find mainly green turtles there, but also leatherback turtle, loggerhead turtle, olive ridley turtle, hawksbill turtle. This year 89 green turtle nests were observed in the ROK, a record! This year has been special due to COVID, how have the management committee and the ROK managed to adapt and continue to carry out a number of activites ? What are the lessons learned from this year ? In 2020, the reserve received support from the PPI through the project “Consolidation of the biological recovery of laridea and marine turtles by strengthening the governance of the kalissaye bird reserve in Senegal”. By implementing this project, the first strategy has been to unify all the stakeholders that intervene in the reserve area. This made it possible to formalize a unified committee. With this unified committee, activities are planned, implemented and evaluated in a participatory and inclusive approach.During the implementation of the project, the Covid-19 occurred. This pandemic has resulted in a delay in the execution of certain activities and especially mistrust in contact with migratory birds due to the lack of information on the modes of transmission. Thus, taken into account the barrier measures and regular meetings which made it possible to review the planning of activities to be in line with the project schedule.COVID 19 has resulted in the confinement of fishermen in their locality. This reduced the pressure on marine resources at the start of the crisis. But quickly, we saw a strong influx of fishing boats from other areas. Strong sensitization towards fishermen is regularly made by the ROK team and the management committee to avoid increasing pressure during this period. We plan to continue this sensitization and strengthen the involvement of residents and users with the establishment of an inter-village committee for monitoring, surveillance and protection. You also made an exchange visit: what did you visit and what were the lessons learned form this visit ? We would like to thank the PPI for supporting this exchange visit which made it possible to cover the Popenguine nature reserve, the Somone Nature Reserve of Community Interest, the Joal Fadjouth Marine Protected Area, the Language National Park de Barbarie (St-Louis). We visited various aspects that can be summarized in 3. These are: – Governance, particularly the involvement of local populations in the areas of management, planning, decision-making, implementation, evaluation and reorientation. – Tourism promotion, in particular the paiement of entry fees to sites, tourist accommodation. The resources generated by tourism development are distributed among the different socio-economic sectors of the locality. It is about support for health, education, worship, infrastructure. The resources drawn from tourism development also make it possible to set up a savings and credit mutual society for the benefit of various interest groups – economic. – The establishment and respect of periods of biological rest. This allows the resource to regenerate and grow.The participation and enthusiasm of the populations in conservation, monitoring and surveillance activities are aspects that stood out during the discussions. This allows the population to acquire capacity building in areas of community life, biology, governance, advocacy, management, communication, etc. How do you plan to implement these lessons later in the ROK? After this visit, we organized a sharing meeting and drafted an action plan to improve our technical and organizational capacities. This will allow us to integrate all the learned components into our daily life. The administration of the reserve has already conceded openness and involvement in planning, development. This process will lead to more inclusive and responsible governance of the population in the management of the reserve. The process started in 2011 with the creation of the management committee. It is accentuated with the PPI and appears to be in its consolidation phase with the completion of this exchange visit.The exchange visit also helped to understand that community action must be based on volunteering and selflessness. We have undertaken a large campaign to inform and share these experiences in order to convince as many young people as possible about
COVID-19: PPI RAPID ACTION GRANTS FUNDS 6 CONSERVATION PROJECTS IN AFRICA

The Small-Scale Initiatives Program (PPI), managed by the French Committee of IUCN has created a rapid action grant to limit the impacts of the health crisis and secure the gains for the conservation of biodiversity in Sub-Saharan Africa. Indeed, during the global pandemic, some natural areas and some species benefited from the reduction in threats linked to human activities, but this was not always the case in certain regions of Africa. The return of the inhabitants of large metropolises to their villages of origin and a slowdown in the economy has caused a drop in their income as well as a reduction in resources for the management of protected areas. These circumstances have only increased the pressure on natural resources and endangered species, such as great apes and marine turtles. For this rapid action grant, a call for proposals launched by the PPI and 6 projects were selected for a maximum grant of € 3,500. They will take place in Benin, Cape Verde, Gabon, Niger, Democratic Republic of Congo and Senegal mainly to deal with an upsurge in poaching or to put in place measures that reduce the potential risk of transmission of the virus to Great Apes. « This is the first time that we have put in place such a response to the current crisis. It is important to support local organizations by quickly providing them with material and human resources that will allow them to regain control and not compromise the results achieved so far for the preservation of biodiversity.». Nicolas Salaün, « International Cooperation » Program Manager of the French Committee of IUCN AN EMERGENCY RESPONSE ALLOWING THE FINANCING OF CONCRETE AND RAPID ACTIONS This project responds to the unexpected situation due to the global pandemic. When developing our project we did not plan for any specific measures to prevent the spread of the disease. However, it could threaten the survival of the Grauer gorillas and chimpanzees present in the forest concessions of the local communities with which we work » Maurice Nsase from the NGO in DRC In Senegal, the closure of borders has forced fishermen to concentrate their fishing efforts on the national coast, in particular in areas usually protected such as the ornithological reserve of Kalissaye: “The high concentration of actors, boats and gear lead to an overexploitation of fishery resources which must at all costs be controlled and supervised quickly before the situation becomes irreversible ”, underlines the conservator of the reserve. More informations – Read the press release– The International Cooperation program of french Committee of IUCN– The small Initiatives Program