Concours Quarry Life Award : les lauréats français dévoilés

Le concours international Quarry Life award, organisé par HeildelbergCement, récompense les chercheurs, associations, étudiants, scolaires et citoyens qui mettent en œuvre des actions novatrices en faveur de la biodiversité sur ses carrières. Le Comité de l’UICN est partenaire des filiales françaises d’HeildebergCement, Ciments Calcia et GSM, depuis 11 ans. Il a contribué à l’organisation du concours et soutenu les projets, au côté des équipes de Ciments Calcia et de GSM. Le 14 novembre, le Jury national composé de représentants de l’entreprise et de personnalités externes (Agence française pour la biodiversité, Muséum national d’Histoire naturelle, association Entreprises pour l’Environnement et UNICEM), a décerné les prix du concours français.   Catégorie recherche : 1er prix : étude des papillons nocturnes sur une carrière calcaire – Marek Banasiak & Raphaël Bourigault 2eme prix : restauration d’un chenal en faveur d’espèces piscicoles, le Brochet et la Loche d’étang – Sébastien Cormont, Fédération de la Meuse pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique 3eme prix : aménagement d’un cours d’eau et création d’une frayère à brochets – Anne Brangeon et David Bouché, Syndicat Mixte des Vallées du Clain Sud     Catégorie initiatives sociétales : 1er prix : espace pédagogique et initiation à l’observation naturaliste – Marion Parisot, association ROSELIERE 2ème prix : sciences participatives pour les écoliers – Patrick Lapouyade, CPIE Médoc 3ème Prix : la biodiversité des carrières en bande dessinée – Virginie Leenknegt, Conservatoire d’espaces naturels d’Aquitaine       Les actions engagées par les porteurs de projets et les dynamiques créées avec les équipes de Ciments Calcia et GSM se poursuivront après le concours.   Ces six projets participent également au concours à l’international. Les prix internationaux seront décernés lors de la cérémonie du 5 décembre.   POUR PLUS D’INFORMATIONS – Communiqué de presse d’HeidelbergCement France – Précédents articles sur le concours – Blog des porteurs de projets – Page du partenariat UICN France/ Ciments Calcia-GSM

COP14 Biodiversité : 196 gouvernements acceptent d’intensifier leurs efforts pour la nature d’ici 2020 et au-delà

A l’issue de la 14ème conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP14 CDB) qui vient de se terminer à Sharm El-Sheikh, en Egypte, les 196 Etats signataires de la convention sur la diversité biologique ont pris les principales décisions suivantes : – La Déclaration de Charm El-Cheikh adopte et invite l’Assemblée générale des Nations Unies à convoquer un sommet sur la biodiversité pour les chefs d’État d’ici 2020 – Les gouvernements acceptent d’accélérer les actions pour atteindre les objectifs d’Aichi relatifs à la biodiversité d’ici 2020 – Un accord a été pris sur la mise en place d’un processus global et participatif visant à élaborer un cadre mondial sur la biodiversité pour l’après-2020 – De Sharm El Sheikh à Pékin, un Agenda pour la Nature et les Hommes a été lancé pour mobiliser largement les parties prenantes – De nombreuses décisions ont été prises sur des questions importantes telles que les pollinisateurs, la gestion durable de la faune sauvage, la santé, les espèces exotiques envahissantes ou la mobilisation de ressources financières   Cette conférence, organisée sous le thème « Investir dans la biodiversité pour les peuples et la planète », s‘est fermée avec un large accord international pour renverser la destruction globale de la nature et de la perte de biodiversité menaçant toutes les formes de la vie sur Terre. Pour combattre cette crise, les gouvernements ont accepté d‘accélérer leurs actions pour atteindre les objectifs d’Aichi relatifs à la biodiversité, adoptés en 2010, dès maintenant jusqu’en 2020. Le travail pour atteindre ces objectifs doit être mené à tous les niveaux : global, régional, national et sous–national. La réunion a également convenu d’un processus complet et participatif pour l’élaboration d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité post-2020, qui devrait être approuvé lors de la prochaine Conférence des Parties (COP 15) à Pékin en 2020. Ce cadre vise à sauvegarder la nature et la biodiversité pour les décennies à venir. Dr. Cristiana Paşca Palmer, Secrétaire exécutive de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), a remercié les délégations pour leur travail et leurs engagements lors de cette COP14. Tout au long de la conférence, elle a exposé les constats scientifiques indiquant que l’humanité est actuellement engagée sur une voie non durable qui implique une perte de biodiversité considérable et continue, avec des conséquences en cascade pour la nature et les humains, y compris dans l’économie mondiale, la disponibilité de nourriture et d’eau, et en matière de sécurité humaine, santé et bien-être. Elle a indiqué que « La nature est dynamique et interconnectée – comme doit l’être notre réponse. Nous devons passer du changement progressif que nous avons créé à un modèle qui continue à obtenir des victoires progressives tout en cherchant fondamentalement à opérer un changement transformationnel. Comme le montre cette COP, nous avons déjà commencé ce voyage. » Pour faire participer tous les secteurs et toutes les parties prenantes, le gouvernement de la République arabe d’Égypte, le gouvernement de la République populaire de Chine et le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique des Nations Unies ont annoncé le lancement de l’Agenda pour la Nature et les Hommes pour catalyser, rassembler et célébrer les actions prises en faveur de la conservation de la biodiversité et de son utilisation durable. Son excellence, Yasmine Fouad, Ministre de l‘environnement de la République Arabe d‘Egypte, et Présidente de la COP14, a rappelé que les ministres et les chefs de délégation se félicitaient de l’initiative prise par l’Égypte de promouvoir une approche coordonnée pour lutter contre la perte de biodiversité, les changements climatiques et la dégradation des sols et des écosystèmes. Elle a appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à organiser un sommet sur la diversité biologique pour les chefs d’État avant la COP15 de la CDB en 2020 et a invité les pays à mener à bien la réalisation du Plan stratégique de la CDB avant la fin de la décennie. « Nous devons réfléchir sérieusement à la transformation du système et à un nouveau contrat social visant à protéger le bien commun », a déclaré Naoko Ishii, Présidente du Fonds pour l’environnement mondial, à l’ouverture de la COP14.« La nature et les hommes méritent un nouvel accord », a déclaré Ishii. « 2020 offre une dernière chance à la communauté mondiale d’agir ensemble – ne le manquons pas! ».   D‘autres annonces et décisions prises à la conférence : – Un sommet ministériel africain tenu juste avant la COP 14 a produit une déclaration ministérielle ainsi qu’un Agenda d’actions panafricaines sur la restauration des écosystèmes pour accroître leur résilience ; – Un appel à l‘Assemblée générale de l‘ONU pour déclarer la période 2021–2030 comme décennie de la restauration des écosystèmes ; – Le Forum sur les entreprises et la biodiversité a produit des recommandations pour renforcer davantage l’engagement du secteur privé et des entreprises en faveur de la diversité biologique et son intégration dans différents secteurs économiques ; – S’appuyant sur le thème de la conférence, la COP14 a adopté une décision concernant une approche stratégique à long terme visant à intégrer la biodiversité dans les travaux d’un certain nombre de secteurs productifs, notamment l’énergie et les mines, les infrastructures, et la santé ; – Un Sommet sur la Nature et la Culture a proposé des activités visant à faire progresser les travaux sur la diversité biologique et culturelle en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), les peuples autochtones et les communautés locales; – Des directives volontaires ont été adoptées sur diverses questions, notamment sur la conception et la mise en œuvre efficace de solutions fondées sur la nature pour l’adaptation au changement climatique et la réduction des risques de catastrophes naturelles, sur les connaissances traditionnelles et sur l’intégration d’aires protégées et d’autres mesures de conservation dans les paysages terrestres et marins plus vastes ; – La Conférence a adopté d’importantes décisions sur des questions liées aux pollinisateurs, à la gestion durable des espèces sauvages, à la santé, aux espèces exotiques envahissantes, à la mobilisation des ressources financières, et l’accès aux ressources génétiques et au partage juste et équitable des bénéfices issus de leurs utilisations.   En savoir plus – Les résultats des négociations sont disponibles sur : www.cbd.int/conferences/2018 – Les streaming des vidéos sur les négociations, les conférences de presse et certains événements parallèles sont disponibles à l’adresse suivante: www.cbd.int/webcast/ – Les réseaux sociaux de la Conférence sont : Facebook, Twitter, Instagram et Linkedin Source : Cdb.int Photo bandeau © Andrzej Kryszpiniuk on Unsplash

L’UICN France s’inquiète du projet de piste «supermotard» qui menace une zone humide en Guadeloupe

Un projet de piste dédié à la pratique des sports mécaniques (motos, karting..) menace directement une zone humide en Guadeloupe. Le projet, en gestation depuis 10 ans, se construit depuis 2016 sans que les procédures réglementaires soient achevées. L’UICN France souligne l’absence d’étude d’impact environnemental sur ce projet, et demande à ce qu’une enquête publique soit menée, dans le respect des procédures requises légalement pour ce type de projets.   L’origine du projet Ce projet de circuit moto date de 2008, lorsque la Ville de Baie-Mahault avait organisé des « Etats généraux de la jeunesse » dont était ressortie l’idée d’un « lieu dédié à la pratique des sports mécaniques, en toute légalité et sécurité ». Une zone humide en partie dégradée (mais en voie de cicatrisation) au milieu de la mangrove, à proximité du pont de la Gabarre, près de la Rivière Salée, avait été privilégiée pour ce circuit (voir images ci-dessous). L’accord de principe de l’Etat sur cet emplacement avait été donné par le Préfet dès 2012, à condition que l’emprise du projet ne dépasse pas 2 hectares et s’implante « sur la partie la plus dégradée du site». Le projet a évolué, ses ambitions revues à la baisse pour éviter l’épreuve de l’enquête publique, et les travaux de défrichage ont démarré dès 2016 (voir image aérienne de droite ci-dessous). Cependant la demande de concession sur le Domaine Public Maritime (DPM) de 30 ans n’a été déposée qu’en 2017, malgré un avis « très défavorable » du Conseil scientifique du Parc National de Guadeloupe, et le dossier complet en juillet 2018.   Un chantier en pleine zone humide, à l’emprise mal appréhendée Pour qu’un projet de telle ampleur puisse se construire en DPM, la loi exige de prouver qu’il répond à un service public nécessitant la proximité de la mer (loi pour les concessions sur le DPM, article L.2124-2 du CG3P) – ce qui n’est a priori pas le cas pour un circuit moto. D’autre part, ce type de projet doit comporter au titre de la loi sur l’eau « une analyse des avantages liés à l’aménagement de la zone humide au regard des dommages prévisibles et de l’absence de solutions alternatives dans des zones voisines », analyse qui n’a pas été faite ici alors que d’autres sites, aux enjeux écologiques moindres, auraient pu être étudiés. Enfin, le projet est incompatible avec les documents de planification territoriale, développés par la Région, que sont le Schéma d’Aménagement Régional (SAR) et son chapitre valant Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM), qui classent le site comme « espace naturel à forte protection ». Malgré ceci, en mars dernier (et donc après que les travaux de remblaiement aient déjà démarré) la DEAL a publié un arrêté dispensant le projet de réaliser une étude d’impact, considérant que « le projet n’est pas susceptible d’entraîner des impacts notables sur l’environnement », alors qu’il engendrera inévitablement des dommages conséquents sur un site à valeur écologique importante. Lorsque l’on se penche sur les détails du dossier, de nombreuses contradictions apparaissent : le projet, pourtant présenté comme accueillant des manifestations d’envergure nationale, ne prévoit ni voie d’accès, ni parking, ni de bâtiments type hangar, tribune, ou espaces de restauration. L’emprise réelle du projet une fois finalisé sera donc possiblement le double de ce qui est affiché dans le dossier du projet, et ce au sein d’une zone humide, inondable, parmi les plus emblématiques de Guadeloupe, à proximité immédiate d’un espace remarquable du littoral, au sein de l’aire maritime adjacente du Parc National de Guadeloupe et de la Réserve de Biosphère. Ce site est aussi l’un des derniers couloirs écologiques entre la Grande-Terre et la Basse-Terre, habitat important pour nombre d’espèces d’oiseaux protégées dont le Pic de la Guadeloupe (Melanerpes herminieri, localement nommé « toto bwa »), un oiseau endémique et classé Quasi menacé sur la Liste rouge des espèces menacées en France. Le projet, dont l’impact sonore (estimé entre 95 à 102 décibels) causera de profonds dérangements à la faune alentour, perturbera pendant la phase de construction, comme pendant la phase d’utilisation, certaines espèces migratrices comme les parulines, ainsi qu’un nombre important d’espèces protégées de mammifères comme les chauves-souris, de végétaux et de reptiles, tels que le Sphérodactyle bizarre (Sphaerodactylus fantasticus) et l’Anolis (Anolis marmoratus) qui ont été observées sur le site.               Les recommandations du Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN demande à ce que la Région Guadeloupe étudie la possibilité de construire ce circuit sur un site alternatif, aux enjeux environnementaux moindres. Si le choix du site est maintenu, il demande qu’une étude d’impact environnemental complète soit menée au regard des enjeux écologiques cités plus haut. Le dossier dans son intégralité doit être rendu disponible lors d’une enquête publique, nécessaire aux titres de la Loi du l’eau et de la convention d’utilisation du DPM, afin de permettre à tous de prendre officiellement connaissance du projet, et de pouvoir exprimer son point de vue. Le Comité français de l’UICN rappelle que la France se doit d’être exemplaire sur la gestion de zones humides sensibles et particulièrement en outre-mer, où elles rendent des services écosystémiques essentiels dans un contexte d’élévation du niveau de la mer et d’intensification des cyclones. Une convention internationale, ratifiée par la France, défend leur préservation. Les zones humides ne doivent pas être considérées comme des réserves foncières pour des projets d’intérêt public discutables et qui dans tous les cas, ne nécessitent pas d’être localisés en zone littorale. Le terrain concerné ici, qui relève du domaine public de l’Etat, est certes en partie dégradé mais il pourrait être intégralement restauré. A quelques centaines de mètres de là seulement, de nombreuses actions de restauration et de sensibilisation à l’importance des zones humides sont entreprises (zone humide de Jarry notamment), et il est contradictoire que l’Etat puisse investir dans ces projets de restauration et autoriser dans le même temps la dégradation d’une autre zone humide, sans suivre les procédures usuelles d’autorisation de projets

Dix sites français reconnus internationalement pour la qualité de leur gestion

A l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP14) qui a lieu actuellement en Égypte, l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – a annoncé l’inscription de dix sites naturels français sur sa Liste verte des aires protégées. La France est aujourd’hui le pays qui compte le plus de sites naturels protégés avec cette certification mondiale, récompensant une gestion efficace. Avec au total 10 lauréats répartis sur l’ensemble de son territoire, la France est le pays abritant le plus de sites naturels sur la Liste verte mondiale de l’UICN, certains protégeant de petits espaces et d’autres de vastes superficies : l’Espace naturel sensible du Marais d’Episy (Département de Seine-et-Marne), le Parc national de Guadeloupe, le Parc national des Pyrénées, le Parc naturel marin d’Iroise, la Réserve naturelle nationale de Cerbères-Banyuls, la Réserve Biologique Intégrale Bois du Loc’h, le Parc marin de la Côte bleue, la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage d’Orlu, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Grâce à l’action du Comité français de l’UICN, les espaces protégés français ont pris une part active dans le développement de la Liste verte depuis son lancement en 2014. Un groupe d’experts présidé par Jean-Philippe Siblet, Directeur de l’expertise au Muséum national d’Histoire naturelle, a été mis en place pour promouvoir la Liste verte en France, assurer l’accompagnement de candidatures et contribuer à leur évaluation. L’approche française de la Liste verte a toujours été soucieuse de promouvoir la diversité des candidatures, qui sont représentatives à la fois de la richesse des espaces naturels et de la pluralité des outils de protection. Une attention particulière a été portée à l’équilibre entre les écosystèmes terrestres et marins, de plaine et de montagne, en métropole comme en outre-mer. Le classement de ces sites constitue une reconnaissance internationale de la qualité de la gestion et de la gouvernance de ces aires protégées françaises. Le label a également été attribué à des aires protégées en Italie, Espagne, Australie, Chine, Corée du Sud, Kenya, Égypte, Jordanie, Liban, Mexique, Pérou, Colombie et aux Emirats arabes unis. La Liste verte de l’UICN comporte actuellement 39 sites. Pour les prochaines années, environ 250 sites se sont engagés à atteindre le niveau des standards de la Liste verte. La Californie a par exemple engagé l’évaluation de 124 aires marines protégées et la Commission Européenne appuie un projet pour adapter la liste verte aux spécificités du réseau Natura 2000 dans 21 pays pilotes, dont la France. En plus de constituer une reconnaissance internationale, la liste verte rassemble une communauté d’experts et de gestionnaires soucieux d’améliorer les performances de l’ensemble des aires protégées. Les sites lauréats partagent une responsabilité de premier plan pour guider les autres sites dans la voie de l’excellence. C’est pourquoi le Comité français de l’UICN, avec l’appui du Ministère des affaires étrangères, a mis en place cette année un réseau francophone de la Liste verte, dont le lancement officiel est intervenu à l’occasion de la célébration des lauréats 2018. Ce réseau accompagnera le développement de la liste verte dans les pays francophones. Il compte aujourd’hui 72 membres répartis dans 17 pays. La Liste verte des aires protégées est à la fois une méthodologie et un label volontaire développé par l’UICN qui vise à accompagner et à reconnaître, à travers le monde, des aires protégées équitables et efficaces qui offrent aux populations et à la nature des résultats durables de conservation, et à en augmenter le nombre. Elle repose sur des standards qui permettent d’apprécier la bonne gouvernance, la planification, l’efficacité de la gestion et les réussites obtenues. La Liste verte de l’UICN permet également de mesurer et d’accélérer les avancées vers la réalisation de l’Objectif 11 d’Aichi pour la biodiversité des Nations Unies. Ce dernier comporte un engagement des Etats en termes de superficie d’aires protégées (17% des zones terrestres et 10% des zones marines) et un engagement pour qu’elles soient efficacement conservées et équitablement gérées d’ici à 2020.   Plus d’informations – Découvrir les 10 sites français labellisés dans la Liste Verte de l’UICN – Le communiqué de presse – La liste complète des sites labellisés dans La Liste Verte de l’UICN – Le programme Aire protégées de l’UICN France – Contact : Thierry Lefebvre, Chargé de Programme Aires protégées,  thierry.lefebvre@uicn.fr / 01 43 31 02 79 Photo bandeau : Parc naturel marin d’Iroise © F. le Mouillour

Journée mondiale des zones humides 2019

La journée mondiale des zones humides (JMZH) aura lieu le 2 février 2019. Pour cette nouvelle édition, le thème retenu est « zones humides et changement climatique ». La JMZH permettra de sensibiliser le public sur le rôle vital que jouent des zones humides dans la lutte contre le changement climatique.  La JMZH célèbre l’anniversaire de la convention sur les zones humides, la « Convention de Ramsar », du nom de la ville d’Iran où elle a été signée le 2 février 1971. Dans ce cadre, du 27 janvier 2019 au 28 février 2019, de nombreuses activités dans le monde entier feront découvrir au public l’importance de ces milieux aussi riches que variés : visites de terrain, expositions, conférences… Pour la France métropolitaine et outre-mer, il est désormais possible d’inscrire des animations « Journée Mondiale des Zones Humides » sur le portail national, afin de les labelliser. Dans les Outre-mer, le Pôle Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT), co-animé par l’UICN France, prend part à cet événement en mobilisant les acteurs ultramarins.   Le thème 2019 de la JMZH : « Zones humides et changement climatique » Le changement climatique se traduit localement par une augmentation et une intensification des évènements météorologiques extrêmes dont nous subissons directement les conséquences : ouragans, crues, inondations, sécheresses, érosion du littoral, etc. Les milieux humides  participent à la prévention de ces risques naturels et amortissent les impacts que subissent les populations en réduisant l’érosion du littoral, atténuant l’intensité des crues et en alimentant les cours d’eau pendant les sécheresses, entre autres. En outre, les zones humides sont les puits de carbone les plus efficaces sur Terre. Elles couvrent environ 3% des terres de notre planète et retiennent près de 30% de tout le carbone terrestre, soit deux fois plus que toutes les forêts du monde réunies. À la lumière de ces faits, la protection et la gestion durable des zones humides est cruciale. En effet, l’atténuation des changements climatiques fondées sur les écosystèmes est une solution pour répondre aux défis du changement climatique tout en préservant la biodiversité de ces milieux. Ce type de solution fait écho au concept des Solutions fondées sur la Nature de l’UICN.   Le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales Co-animé par le Comité français de l’UICN et par le Conservatoire du Littoral, le Pôle-relais zones humides tropicales a permis de mettre en réseau les acteurs des territoires ultramarins travaillant sur les zones humides, d’apporter des connaissances, de former des gestionnaires et et de créer une dynamique autour des zones humides en Outre-mer.   Plus d’informations – Site internet de la convention Ramsar – Accéder au Portail national des zones humides – Toutes les animations sont disponibles sur le moteur de recherche en ligne – Télécharger l’application mobile « BaladOmarais » – Télécharger la brochure « Les zones humides : la clé pour faire face au changement climatique » – Le site internet du Pôle relais zones humides tropicales Photo bandeau © Pôle relais zones humides tropicales

Revue Billebaude : « Affronter la sixième extinction »

A partir du constat alarmant de l’extinction des espèces, le dernier numéro de la revue Billebaude, réalisé en partenariat avec le Comité français de l’UICN, explore les enjeux de la crise du vivant et envisage de nouvelles façons de penser nos relations à la nature et d’affronter la sixième extinction. Pour croiser différents regards et interroger la crise écologique, cet opus réunit des spécialistes de la conservation de la nature, des artistes et des chercheurs en écologie et en sciences humaines. Il propose des histoires de conservation en France, sur l’ours, les papillons ou la réintroduction du vautour fauve par exemple, des récits d’extinction comme celle des escargots d’Hawaï, une réflexion sur les promesses évolutives d’une éponge de mer, ou des explorations artistiques et des entretiens sur les grands défis de la conservation. Quels sont les enjeux de la Liste rouge des espèces menacées ? Comment retisser des liens et une sensibilité à la biodiversité qui nous entoure ? Comment repenser nos relations au vivant et affronter la 6ème extinction ? Au fil des pages, alors que les données scientifiques sur la crise de la biodiversité sonnent l’alerte, les contributeurs apportent des clés pour comprendre les enjeux et ouvrent des chemins pour renouer avec le vivant et affronter la 6ème extinction. Billebaude est une revue d’exploration et de réflexion, située au croisement de la recherche, des arts graphiques et du terrain, éditée par la Fondation François Sommer et les Editions Glénat, disponible en librairie.   Plus d’informations – La revue Billebaude – Acheter en ligne le numéro 13 « Affronter la sixième extinction » – La Liste rouge mondiale des espèces menacées – La Liste rouge des espèces menacées en France Bandeau © Détail d’une oeuvre de Brandon Ballengée

Palme IFRECOR 2018 : Et les lauréats sont…

Mardi 20 novembre, Annick Girardin, Ministre des Outre-mer a dévoilé les trois lauréats 2018 du concours Palme IFRECOR, organisé avec le soutien du Comité français de l’UICN. La cérémonie de remise de la Palme s’est déroulée au Ministère des Outre-mer, en présence d’élus ultramarins conviés par la Ministre à cette occasion. « La valorisation des projets en faveur des récifs coralliens, et plus généralement du développement durable, est aujourd’hui une nécessité », déclare Annick Girardin, ministre des Outre-mer. « C’est une excellente nouvelle que nous puissions aujourd’hui récompenser l’engagement de ces trois élus investis dans leurs territoires : la Martinique, la Nouvelle-Calédonie et La Réunion. Ces trois lauréats témoignent une nouvelle fois de l’investissement des territoires d’outre-mer pour la protection des récifs coralliens et les écosystèmes qui y sont associés. »   Cette année, la Palme IFRECOR prend une forme différente des précédentes éditions en récompensant pour la première fois un élu pour chacun des trois bassins océaniques (Indien, Pacifique et Atlantique). Le choix des lauréats 2018 s’est fait en étroite collaboration avec les Comités locaux de l’IFRECOR.   Les lauréats 2018 OCÉAN ATLANTIQUE « Protection de la Zone marine protégée du Pothuau », porté par Jean‐Marc CARDON, Conseiller municipal en charge de la pêche et des énergies renouvelables au sein de la Commune du Carbet, Martinique  « L’engagement de la ville du Carbet pour le respect de l’environnement et la protection de nos ressources naturelles est un objectif que nous voulons durable pour notre commune. La création de cette zone marine protégée s’intègre dans une politique de protection de notre littoral côtier, de nos fonds marins et de valorisation de la pêche et du tourisme. Ce projet innovant pour le Nord Caraïbe permettra d’améliorer la résilience des coraux et des herbiers, au large d’un site de nidification des tortues marines. Je tiens à remercier chaleureusement Madame la Ministre pour cette reconnaissance nationale qui est pour moi vraiment significative. Elle va nous permettre de redoubler d’efforts pour réduire les impacts sur nos précieux récifs coralliens, herbiers et mangroves », déclare Monsieur Cardon. La Ville du Carbet et des acteurs locaux s’engagent depuis près de deux ans pour protéger la biodiversité marine de la commune. Suite à des réunions de concertation avec les usagers de la caye Pothuau (pêcheurs, association des plaisanciers, clubs de plongée), un plan de balisage a été défini par consensus général. Le plan intègre une zone marine réglementée au Pothuau, où la pêche et le mouillage sont interdits. Le plan a également permis la mise en place d’un sentier sous-marin pédagogique à l’anse Turin, parcours ludique de découverte qui permet d’éduquer des groupes scolaires martiniquais ou les touristes sur la biodiversité des écosystèmes sous-marins.   OCÉAN INDIEN « Création et gestion de l’Aire Marine Educative (AME) de la Souris Blanche », porté par Brigitte ABSYTE, Conseillère municipale de la commune de Trois‐Bassins, La Réunion « Pour mettre en œuvre l’Aire Marine Educative de la Souris Blanche, il a fallu créer une dynamique de travail participative impliquant la société civile, les jeunes, la commune, mais aussi les associations d’usagers ou de protection de l’environnement ainsi que des professionnels de la mer et du littoral. Je reçois donc ce trophée avec gratitude au nom de tous les acteurs engagés dans ce beau projet. En formant les adultes de demain, cette initiative montre la volonté de la collectivité d’adopter une démarche territoriale et durable. Plus qu’une solution à court terme, c’est en effet sur le long terme que nous devons regarder pour préserver l’environnement et par conséquent le bien-être de tous les réunionnais. Ce projet d’AME représente une excellente leçon de citoyenneté, où les élèves sont acteurs et sources de propositions » annonce Madame Absyte. Tout au long de l’année scolaire 2017 – 2018, le projet d’Aire Marine Educative (AME) de la Souris Blanche a réunit la ville de Trois-Bassins, les acteurs locaux et les élèves de CM2 de l’école des Trois-Bassins autour d’une seule initiative pédagogique. Officiellement inaugurée en février 2018, cette AME a permis d’éduquer les enfants réunionnais à leurs patrimoines naturel et culturel et fédérer leur gestion durable en les impliquant pleinement. La classe a été placée ainsi au sein d’une dynamique territoriale faisant appel à l’expertise de l’école et de la commune, mais aussi d’associations d’usagers ou de protection de l’environnement ainsi que des professionnels de la mer et du littoral (les pêcheurs, les scientifiques…). Le projet sera poursuivi pour l’année scolaire 2018 – 2019 dans 3 nouvelles écoles de la Réunion.   OCÉAN PACIFIQUE « Protection forte du Parc Naturel de la Mer de Corail », porté par Philippe GERMAIN, Président du Gouvernement de la Nouvelle‐Calédonie « Je suis très honoré de recevoir ce trophée qui couronne un travail de longue haleine. Le Parc naturel de la mer de Corail est un véritable paradis de la biodiversité marine, notamment récifale. Notre devoir de protection nous projette aux niveaux régional et international, nous offrant ainsi l’opportunité de démontrer que la préservation peut aussi être une richesse ; qu’il est possible de valoriser notre espace marin, sans y porter atteinte. Il nous faut donc inventer un nouveau modèle économique qui consiste à observer plutôt qu’à prélever, à valoriser la biodiversité au lieu de l’exploiter. Pour cela, nous devons mobiliser la recherche et l’innovation, favoriser les activités durables et partager cette vision avec nos voisins. À l’avenir, c’est à ce patrimoine que la perception de la Nouvelle-Calédonie devra être associée. », affirme Monsieur Germain. En 2018, la Nouvelle-Calédonie célèbre les 10 ans d’inscription des lagons de Nouvelle-Calédonie, diversité récifale et écosystèmes associés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. En parallèle, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a annoncé une protection élevée de 28 000 km2 d’espaces marins au sein du Parc Naturel de la Mer de Corail en août, et il y a quelques semaines, à l’occasion de la conférence « Our Océan », le président Philippe Germain a annoncé qu’il s’engageait à placer sous protection élevée 200 000 à 400 000 kilomètres carrés supplémentaires d’ici fin 2019. Crée en 2014, ce parc naturel d’une surface de 1,3 million de kilomètres

Liste rouge : le rorqual commun et le gorille des montagnes en voie de récupération

Les efforts de conservation apportent un nouvel espoir pour le rorqual commun et le gorille de montagne, selon la dernière mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN des espèces menacées publiée aujourd’hui. Le rorqual commun a bénéficié des interdictions de chasse à la baleine et passe de la catégorie « En Danger » à la catégorie « Vulnérable », tandis que la sous-espèce de gorille des montagnes passe de « En Danger Critique » à « En Danger » grâce aux efforts concertés de conservation. La mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN publiée le 14 novembre révèle également que la surpêche provoque un déclin des espèces de poissons dans certaines parties du monde en voie de développement, 13% des espèces mondiales de mérous et 9% des poissons du lac Malawi étant ainsi menacés d’extinction. La surexploitation menace également le Vène (Pterocarpus erinaceus), source importante de bois, qui fait son entrée dans la Liste Rouge de l’UICN dans la catégorie « En Danger ». La Liste Rouge de l’UICN couvre maintenant 96 951 espèces dont 26 840 sont menacées d’extinction. « Cette nouvelle mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN illustre la portée des actions de conservation, à travers les améliorations de statut constatées pour le rorqual commun et le gorille des montagnes », selon Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Ces succès de conservation sont la preuve que les efforts ambitieux et concertés des gouvernements, des entreprises et de la société civile peuvent inverser la tendance de la perte d’espèces. Malheureusement, cette dernière mise à jour illustre également comment les menaces à la biodiversité continuent de freiner les avancées vers certains des objectifs les plus importants de la société, comme la sécurité alimentaire. Il est urgent de voir les mesures de conservation efficaces renforcées et soutenues. Le sommet de l’ONU sur la biodiversité qui se tient actuellement en Égypte constitue une occasion précieuse pour une action décisive pour protéger la diversité de la vie sur notre planète ».   Augmentation des effectifs de baleines Autrefois « En Danger », le rorqual commun (Balaenoptera physalus) est désormais considéré comme « Vulnérable », la population mondiale de l’espèce ayant presque doublé depuis les années 1970. Cette augmentation fait suite aux interdictions internationales de chasse commerciale à la baleine dans le Pacifique Nord et dans l’hémisphère Sud, en vigueur depuis 1976, ainsi qu’à des réductions importantes des captures dans l’Atlantique Nord depuis 1990. Le statut de la sous-population occidentale de baleines grises (Eschrichtius robustus) s’est également amélioré, passant de « En Danger Critique » à « En Danger ». Ces deux espèces de baleines étaient historiquement menacées par la surexploitation de leur graisse, de leur huile et de leur viande. « Les populations de rorquals communs et de baleines grises occidentales ont été gravement réduites par la chasse, et c’est un grand soulagement de voir enfin leurs effectifs repartir à la hausse. Ces baleines se rétablissent en grande partie grâce aux interdictions de chasse commerciale, aux accords internationaux et à diverses mesures de protection. Les efforts de conservation doivent continuer jusqu’à ce que les populations ne soient plus menacées », indique Randall Reeves, Président du groupe de spécialistes des cétacés de la CSE de l’UICN. « Ces exemples de gouvernements, industries et société civile agissant de concert pour la conservation devraient inspirer les Parties réunies en Égypte, cette semaine, pour la conférence de la Convention sur la diversité biologique ». La protection presque complète des rorquals communs sur l’ensemble de leur aire de répartition a permis à la population mondiale d’atteindre environ 100 000 individus matures. Les baleines grises occidentales sont protégées de la chasse à la baleine dans presque tous les États de leur aire de répartition depuis 1980, mais ce n’est que récemment que l’on a clairement constaté une augmentation de leur nombre dans le Pacifique occidental, en particulier au large de l’île de Sakhalin, en Russie. La différence entre les effets des mesures de conservation et la détection du rétablissement des populations de baleines est en partie due au faible taux de reproduction de ces animaux. Cinq États de l’aire de répartition de la baleine grise occidentale (le Japon, la Fédération de Russie, la République de Corée, les États-Unis et le Mexique) ont signé un mémorandum de coopération concernant les mesures de conservation des populations de cette espèce. L’activité industrielle, y compris l’exploitation pétrolière et gazière et la pêche commerciale, représente également une menace potentielle pour les baleines grises. Depuis 2004, un groupe de scientifiques indépendants dirigé par l’UICN conseille Sakhalin Energy, l’une des plus grandes sociétés opérant en offshore dans l’Extrême-Orient russe, sur comment gérer les impacts potentiels de ses activités sur les baleines.   Un espoir pour le gorille des montagnes Cette mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN apporte également un espoir concernant le gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei), dont le statut de conservation s’est amélioré de « En Danger Critique » à « En danger » grâce aux efforts de conservation concertés, par-delà les frontières nationales, et à l’engagement positif des communautés vivant autour de l’habitat des gorilles. Le gorille des montagnes est l’une des deux sous-espèces de gorille oriental (Gorilla beringei). Celui-ci reste « En Danger Critique ». Des mesures conséquentes de conservation, y compris des patrouilles anti-braconnage et des interventions vétérinaires in-situ telles que l’élimination des pièges, ont contribué à la croissance des populations de gorilles des montagnes depuis leur précédente évaluation par la Liste Rouge de l’UICN, en 2008. Alors que les populations de gorilles des montagne n’étaient estimées qu’à environ 680 individus en 2008, les estimations de 2018 montrent qu’elles sont passées à plus de 1 000 individus, chiffre le plus élevé jamais enregistré pour la sous-espèce. La croissance des populations a été confirmée par des méthodes de comptage coordonnées et améliorées. L’habitat des gorilles des montagnes est limité à des aires protégées couvrant environ 792 Km2 dans deux régions de la République démocratique du Congo, du Rwanda et de l’Ouganda: le

Palme IFRECOR 2018 : 3 élu(e)s des Outre-mer seront récompensés

A l’occasion de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018), 3 élu(e)s des Outre‐mer seront récompensés pour leurs actions exemplaires L’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens), un réseau d’acteurs engagés pour la préservation de ces écosystèmes, organise la 7ème édition de son grand concours PALME IFRECOR 2018 à destination des élus d’Outre-mer. A l’occasion de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018), la Palme IFRECOR prend une forme différente des précédentes éditions en récompensant pour la première fois un élu pour chacun des trois bassins océaniques (Indien, Pacifique et Atlantique) où des territoires ultramarins sont présents. Représentés par leurs élus, les Outre-mer français seront mis en lumière à l’échelle internationale dans le cadre de l’IYOR 2018 !   Les Outre-mer français, un réservoir de biodiversité exceptionnel ! La France dispose de la deuxième plus vaste Zone Economique Exclusive du monde avec plus de 11 millions de km2. Ses Outre-mer représentent plus de 90% de l’espace maritime national et abritent près de 10 % des récifs et 20% des atolls du monde. La biodiversité de ces écosystèmes est unique ; 1km2 de récifs coralliens équivaut à la concentration en biodiversité de l’ensemble des côtes littorales de France métropolitaine. La France détient ainsi une responsabilité locale, nationale et mondiale en matière de conservation et de gestion durable de ses récifs, mangroves et herbiers.   2018 déclarée Année Internationale pour les Récifs Coralliens L’initiative Internationale pour les Récifs coralliens (ICRI) a déclaré 2018 troisième édition de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018). L’objectif de cette célébration internationale est double : premièrement, sensibiliser le grand public sur la valeur des écosystèmes coralliens et leurs écosystèmes associés (mangroves et herbiers), et les menaces qui pèsent sur eux. Ensuite, faciliter les échanges entre acteurs pour favoriser l’émergence de stratégies ef caces de conservation de ces écosystèmes exceptionnels. Cette célébration est une réelle opportunité de mettre en avant internationalement l’engagement et l’investissement des élus en matière de protection des récifs coralliens et/ou mangroves et herbier. Ils méritent d’être récompensés   Les élus pour ambassadeurs Des récifs en bonne santé ont démontré avoir des retombées positives sur les économies locales, notamment grâce à l’augmentation des recettes du tourisme et du nombre de poissons ; et la restauration de services écosystémiques prodigués par les récifs tels que la protection côtière. Mais le maintien d’une bonne fonctionnalité écologique des écosystèmes littoraux et marins nécessite que des mesures soient prises : les élus d’Outre-mer peuvent faire la différence ! Leur connaissance du terrain et des besoins associés à leur collectivité, leur capacité à pouvoir impulser localement des actions concrètes en font des ambassadeurs de choix dans la protection des récifs coralliens et écosystèmes associés. Les élus d’Outre-mer ont un rôle à jouer ! L’annonce des lauréats se déroulera lors de la cérémonie de remise de la Palme à Paris fin novembre. La cérémonie de remise de la Palme IFRECOR s’organisera en marge du Congrès des maires qui se tiendra du 19 au 22 novembre 2018, lors de la réception des élus ultra-marins par Madame la Ministre des Outre-mer à l’Hôtel de Montmorin du ministère.   Depuis 19 ans l’IFRECOR (Initiative Française pour les Récifs Coralliens) agit pour la préservation et la gestion durable des récifs coralliens, herbiers et mangroves dans les collectivités françaises d’Outre-mer. Soutenue financièrement par le Ministère de la Transition écologique et solidaire et le Ministère des Outre-mer, l’IFRECOR s’applique à sensibiliser les élus et le grand public à l’importance des récifs coralliens. La mise en œuvre du concours « Palme IFRECOR » est assurée par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).   Plus d’informations – La page dédiée au concours sur le site internet de l’IFRECOR – Le communiqué de presse du 12 novembre 2018 – L’action de l’IFRECOR en infographie – Le programme Outre-mer de l’UICN France – Contacts : Bernardo Sanchez – Presse et Coordination française IYOR 2018 : 01 44 05 73 68 / 06 51 85 62 70 – concours2018@ifrecor.com / Emilie Dupouy – Chargée de communication : emilie.dupouy@uicn.fr / Anne Caillaud – Chargée du Programme Outre-mer : anne.caillaud@uicn.fr photo bandeau © The Ocean Agency / Xl Catlin Seaview Survey – Nouvelle-Calédonie (coraux en  phase de blanchissement)

Des parlementaires engagés pour la protection des récifs coralliens

Dans le cadre de l’Année Internationale pour les Récifs Coralliens (IYOR 2018), deux évènements à destination des parlementaires se sont tenus respectivement à l’Assemblée Nationale le 17 octobre et au Sénat le 6 novembre. Ces deux évènements « miroirs » avaient pour but de sensibiliser les parlementaires sur la valeur des récifs coralliens, des mangroves et des herbiers, et de les interpeller sur leur influence pour mieux les protéger par le biais des outils juridiques existants ou d’autres formes d’engagement. Organisées par le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN, ces petits-déjeuners débats IYOR 2018 ont été préparés en collaboration avec deux co-hôtes pour chaque chambre du parlement : Maïna Sage, députée de la Polynésie française et Philippe Gomès, député de la Nouvelle-Calédonie pour l’Assemblée Nationale le 17 octobre ; Jérôme Bignon, sénateur de la Somme et Michel Magras, sénateur de Saint Barthélemy pour le Sénat le 6 novembre.   Afin de sensibiliser les élus, un court film sur les récifs coralliens a été diffusé puis des interventions divisées en 3 blocs de sujets ont permis de poser le socle avant les discussions avec les parlementaires :   Une expertise scientifique pour éclairer les décideurs politiques Un premier bloc scientifique a permis de présenter les enjeux liés aux récifs coralliens, depuis les divers services écosystémiques fournis par les coraux jusqu’aux différentes menaces pesant sur eux. Deux spécialistes de la conservation des écosystèmes coralliens se sont chargées de cette contextualisation scientifique : Pascale Joannot, directrice des expéditions du Muséum national d’Histoire naturelle et spécialiste des récifs coralliens, et Serge Planes, Directeur du LabEx CORAIL. Ils ont tous les deux rappelé ce qu’est le corail. La France abritant près de 10 % des récifs, lagons et atolls du monde dans ses collectivités d’Outre-mer, ils ont souligné la responsabilité locale, nationale et mondiale de la France en matière de conservation et de gestion durable de ses récifs coralliens et leurs écosystèmes associés (mangroves et herbiers). Ils ont insisté sur l’importance des dangers liés au réchauffement climatique et sur la nécessité d’une véritable politique de gestion intégrée du littoral.   L’action gouvernementale pour la protection des récifs coralliens Dans un deuxième temps, un représentant ministériel a présenté l’action gouvernementale en faveur des récifs coralliens dans le cadre de l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR). Sous la tutelle des ministères en charge de l’environnement et des Outre-mer, cette initiative, dont l’UICN France est membre, agit pour la protection et la gestion durable des récifs coralliens, mangroves et herbiers dans les collectivités françaises d’outre-mer depuis sa création en 1999. Les parlementaires présents ont été appelés à s’investir dans l’IFRECOR à travers le collège des parlementaires de l’initiative.   Les récifs coralliens : du droit global au droit local Le troisième bloc a été dédié aux outils et leviers juridiques pour la protection des récifs coralliens. Sébastien Mabile, président de la Commission Droit et Politiques Environnementales de l’UICN France, a présenté les différents cadres légaux touchant à la protection des récifs coralliens, en citant les principales conventions internationales, les traités régionaux et les directives européennes pour aboutir sur le droit interne français. Il s’est notamment penché sur la loi sur la Biodiversité (2016) qui prévoit l’élaboration d’un plan d’action pour protéger 75% des récifs coralliens dans les Outre-mer français d’ici 2021. Il a aussi souligné l’importance de l’examen du projet de Loi de Finance (PLF) 2019 d’octobre à novembre 2018, une excellente opportunité pour solliciter un meilleur soutien financier de l’Etat en faveur de  la protection des récifs coralliens en votant l’augmentation du budget alloué : A la biodiversité (programme 113) ; A l’IFRECOR (programme 123) ; A l’action de l’Etat en mer (programme 205).   Un espace de débat axé sur la conservation des récifs coralliens Le débat qui s’est tenu après les présentations a été l’occasion pour les parlementaires de se rencontrer, de partager leurs expériences personnelles et d’échanger sur les perspectives futures pour la conservation des récifs coralliens, mangroves et herbiers. Comment s’investir dans leur protection ? Comment concilier cette protection avec le développement du tourisme ? D’autres idées ont été évoquées telles la formation de groupes d’amitié autour de la biodiversité marine, l’importance d’agir au niveau européen, l’intérêt de la  création d’un ministère de la mer… Grâce à des casques de réalité virtuelle (VR), les parlementaires ont pu faire une plongée sous-marine et découvrir les récifs coralliens de la Nouvelle Calédonie. Les casques VR, composés de lunettes apposées sur un Smartphone ordinaire, sont une proposition de The Ocean Agency en partenariat avec Google Street View. Ces lunettes VR ont été distribuées aux parlementaires intéressés. Voici les instructions pour accéder à ces plongées virtuelles.   Des résultats encourageants Suite à ces rencontres, les députés calédoniens Philipe Dunoyer (UDI) et Philippe Gomès (UDI) ont déposé un amendement sur le PLF 2019 pour augmenter les crédits de l’IFRECOR de 500 000 € dans le budget de l’année prochaine et accompagner son plan d’action pour protéger 75% des récifs coralliens d’ici à 2021. Son examen est en cours et il a été soutenu par des députés de l’UDI, Les républicains, la France Insoumise et LREM. En attendant la décision finale quant à son adoption, cette mobilisation encourage à poursuivre les efforts de sensibilisation des parlementaires pour la protection des récifs coralliens.   Les présentations des intervenants (format pdf) – Pascale Joannot : télécharger sa présentation – Serge Planes : télécharger sa présentation – Intervention ministérielle : télécharger sa présentation – Sébastien Mabile : télécharger sa présentation / télécharger le « précis » – Le court film diffusé aux parlementaires : Dans le cadre de l’Année internationale pour les récifs coralliens IYOR 2018, découvrez ces écosystèmes uniques sous un angle macroscopique étonnant. Partagez et agissons pour les préserver ! @IYOR2018 @ifrecor 🎥 BioQuest studios pic.twitter.com/aQDNoBH32a — UICN France (@UICNfrance) 7 novembre 2018   Plus d’informations et liens utiles – Assemblée Nationale : programme / page web sur le site web de l’IYOR 2018 – Sénat : programme / page web sur le site web de l’IYOR 2018 – Le site web de l’IFRECOR Contacts : Bernardo Sanchez, coordinateur de l’IYOR 2018 en France : iyorfrance2018@ifrecor.com Emilie