Nature+ : Vers une nouvelle ère prônant la conservation, la durabilité et les solutions fondées sur la nature

A la fin de sa session, le 5ème Congrès mondial de la nature a adopté la déclaration de Jeju. 1. La conservation de la diversité biologique, à la base même de toute vie sur Terre, revêt une importance capitale pour la vie des êtres humains. Cependant, la diversité biologique, le climat et les autres limites de la planète sont menacés par les activités humaines et notamment notre croissance basée sur les énergies fossiles, gourmande en énergie, et non durable. Notre génération a la responsabilité morale et l’occasion d’empêcher une plus grande détérioration de la diversité biologique et de la biosphère de la Terre, et nous nous engageons à y contribuer activement. 2. Depuis sa création en 1948, l’UICN a participé à tous les principaux débats mondiaux sur l’environnement et le développement durable, occupant récemment un rôle de premier plan à la Conférence Rio+20. Le document final de la Conférence décrit « L’avenir que nous voulons » et préconise que les gouvernements du monde considèrent que « l’élimination de la pauvreté, l’abandon des modes de consommation et de production non viables en faveur de modes durables, ainsi que la protection et la gestion des ressources naturelles sur lesquelles repose le développement économique et social sont à la fois les objectifs premiers et les préalables indispensables du développement durable ». Ce document appelle également tous les pays à prendre des actions urgentes pour lutter contre « les effets néfastes des changements climatiques ». 3. L’UICN fournit des connaissances scientifiques et des conseils politiques afin de venir à bout des grands défis qui menacent l’ensemble de l’humanité. Lors des débats auxquels ont participé les gouvernements, les entreprises et la société civile au Forum mondial de la nature de l’UICN, organisé en septembre 2012 dans la Province autonome spéciale de Jeju, en République de Corée, les actions suivantes ont été identifiées pour conserver la diversité biologique de la Terre. Passer à l’échelle supérieure en matière de conservation 4. Tous les secteurs de la société doivent prendre des mesures fortes pour passer à l’échelle supérieure en matière de conservation de la diversité biologique et mettre un terme à son déclin rapide et continu. La perte de la diversité biologique (espèces, écosystèmes et gènes) a des conséquences néfastes pour l’humanité, ce qui ne peut être accepté. 5. La conservation de la nature prouve chaque jour davantage son efficacité. En conséquence, nous devons amplifier nos actions sur terre et sur mer grâce à des efforts de conservation ciblés. En particulier, nous devons veiller à ce que les aires protégées soient bien gérées ; créer des programmes de repeuplement pour les espèces en péril ; adopter des mesures pour restaurer et réhabiliter les habitats ; renforcer les programmes de reproduction pour la conservation et réduire ou atténuer la surexploitation des ressources naturelles. 6. Nous savons que la connaissance est le moteur de l’action, et qu’une action efficace et des mesures correctives requièrent de meilleures connaissances sur les dangers qui menacent la diversité biologique. Nous devons intensifier nos efforts pour rassembler des informations sur les espèces, les habitats, les écosystèmes, la gouvernance et la dépendance humaine différenciée selon les sexes envers la nature, et offrir ainsi aux décideurs les outils dont ils ont besoin pour une gestion efficace des paysages terrestres et marins qui conserve la nature et soutienne les moyens de subsistance des populations. Des solutions fondées sur la nature 7. La diversité biologique ne doit pas être considérée comme un problème, mais au contraire comme une occasion d’atteindre des objectifs sociétaux plus vastes. La nature est une grande part de la solution à certains des défis les plus urgents de notre planète, comme le changement climatique, l’énergie durable, la sécurité alimentaire et le développement économique et social. Les solutions fondées sur la nature s’appuient sur la contribution prouvée d’écosystèmes divers et bien gérés pour accroître la résilience des humains, et offrir aux femmes et aux hommes des communautés pauvres des opportunités de développement supplémentaires. Ainsi, nous devons encourager la prise de conscience, les connaissances, la bonne gouvernance et des investissements durables pour montrer que la protection de l’environnement est l’affaire de tous et que l’humanité est fondamentalement dépendante de la nature. 8. Valoriser la nature et les services écosystémiques est une première étape cruciale pour offrir des avantages, des paiements et une reconnaissance aux gardiens de la nature. Les solutions fondées sur la nature offrent une vaste gamme d’avantages sociétaux et peuvent attirer l’investissement public et privé. L’UICN prendra la tête d’un mouvement de la conservation qui rapproche les communautés, la société civile, les gouvernements et les investissements afin de négocier et de mettre en oeuvre les solutions pratiques que nous offre la nature pour faire face aux multiples défis du développement, démontrant ainsi leur rentabilité et mesurant et vérifiant leurs effets. La durabilité en action 9. Les gouvernements, la société civile, les entreprises et les autres parties prenantes doivent renforcer leur engagement envers la durabilité en prenant en compte ses trois dimensions : la croissance économique soutenue, inclusive et équitable, le développement et l’intégration sociaux équitables, et la gestion intégrée et durable des ressources naturelles et des écosystèmes. 10. Nous devons intégrer la durabilité dans toutes les décisions sociétales, et soutenir la mise en oeuvre totale des accords multilatéraux environnementaux, notamment les Conventions de Rio et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), récemment créée. 11. Nous devons travailler avec les secteurs privé et public pour accroître le transfert des technologies vertes et partager les connaissances, expériences et compétences afin d’intégrer la diversité biologique et les valeurs des écosystèmes dans la production et la consommation mondiales. Nous encourageons les gouvernements et les entreprises à rechercher une croissance verte inclusive et respectant la parité hommes-femmes qui garantisse l’intégration sociale des groupes vulnérables, éradique la pauvreté et maintienne l’empreinte de l’humanité dans des limites écologiques raisonnables. 12. Nous devons mobiliser les communautés oeuvrant pour la conservation de la diversité biologique, le développement durable et la réduction de la pauvreté dans des efforts communs, afin de mettre un terme à la perte de la

Conférence environnementale : Le congrès mondial de la nature offre des solutions aux crises que nous vivons !

Le 5ème congrès mondial de la nature de l’UICN, qui réunit actuellement plus de 10 000 participants, appelle à de nouveaux engagements pour la biodiversité et affirme que des solutions basées sur la nature permettront de répondre aux défis de demain (développement économique et social, changement climatique, sécurité et qualité alimentaire). Depuis Jeju en Corée du Sud, le congrès mondial de l’UICN rappelle l’importance des services écologiques dans l’économie mondiale et le coût de la dégradation de la biodiversité pour nos sociétés. Un développement social et économique ne doit plus se faire au détriment de la nature mais en mettant, au contraire, la nature au cœur de tous nos choix de développement. « Les services rendus par la nature sont estimés à 23.500 milliards d’euros par an, soit environ un tiers du PIB mondial ! Osons l’idée d’une croissance économique basée sur la nature » déclare Christophe Lefebvre, Président du Comité français et Conseiller européen de l’UICN, en introduction de la journée dédiée au développement économique et social. A la veille de la conférence environnementale qui aura lieu les 14 et 15 septembre, le Comité français de l’UICN invite la conférence à prendre en compte les recommandations du Congrès mondial de la nature. Dans le domaine des financements, la suppression des subventions dommageables à la biodiversité, la taxation des transactions financières et le recours à des financements innovants devraient permettre de limiter les pressions sur la biodiversité et de dégager les investissements nécessaires dont la nature et l’homme ont besoin. L’élaboration d’une stratégie pour le financement de la conservation de la biodiversité en France doit être lancée. Dans le domaine de la gouvernance, l’implication plus forte des collectivités territoriales est nécessaire pour stopper le déclin de la biodiversité. L’un des enjeux majeurs du congrès, qui est en débat, est l’adhésion des collectivités locales à l’UICN, aux côtés des Etats et des ONG. Les partenariats avec le secteur privé doivent aussi être encouragés pour renforcer leur performance environnementale, ainsi que l’amélioration des normes et la généralisation des bonnes pratiques. La transition énergétique passe par une évolution déterminée des énergies fossiles vers les énergies renouvelables, tout en veillant à éviter et minimiser leurs impacts sur la biodiversité. Il faut sortir de notre dépendance au pétrole et, dans l’immédiat, suspendre ou encadrer beaucoup plus strictement les projets d’exploitation pétrolière offshore (Méditerranée, plateau des Guyanes) et des hydrocarbures non conventionnels (gaz de schistes notamment). Le rôle des écosystèmes dans la lutte contre le changement climatique doit être davantage reconnu et constituer un axe d’action fort avec les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables. La restauration et le maintien des écosystèmes et les services écologiques qu’ils fournissent, sont les piliers sur lesquels les actions des acteurs politiques, économiques et sociaux doivent reposer. Protéger et gérer les écosystèmes nécessitent le renforcement de la politique des aires protégées. Dans le domaine des océans, la constitution d’un grand réseau d’aires marines protégées efficacement gérées est la principale solution au défi du maintien et de la reconstitution des stocks halieutiques, et plus largement des écosystèmes marins. Le Comité français de l’UICN participera à la conférence environnementale les 14 et 15 septembre. Une contribution a été rédigée avec l’ensemble de son réseau, consultable ci-dessous.   Documents joints Contribution UICN France conférence environnementale Communiqué UICN France conférence environnementale

Zhang Xinsheng, élu nouveau Président de l’UICN

Les membres de l’UICN ont élu Mr Zhang Xinsheng (Chine) comme Président ainsi que leur nouveau Conseil d’administration. M. Zhang Xinsheng, nouveau Président de l’UICN, est Président Co-fondateur et directeur exécutif de l’Eco-Forum mondial, une organisation indépendante fondée en 2009 dont le but est d’établir un consensus parmi toutes les parties prenantes en faveur de la protection de l’environnement et du développement durable. Il est également président de l’Association chinoise de l’éducation pour les échanges internationaux, vice-président de la Fédération Internationale du Sport Universitaire, membre du conseil de l’Institut international de planification de l’éducation, du Conseil exécutif de l’UNESCO et de la 11e Conférence politique consultative du peuple chinois. Le Congrès a également élu un nouveau conseil composé d’un Trésorier, des Présidents des six Commissions de l’UICN et les conseillers régionaux. Le Conseil de l’UICN est le principal organe directeur de l’UICN. Trésorier Patrick de Heney, Suisse / Royaume-Uni Présidents des Commissions Commission de gestion des écosystèmes Piet Wit, Pays-Bas Commission de l’éducation et de la communication Juliane Zeidler, Allemagne Commission du droit de l’environnement Antonio Herman Benjamin, Brésil Commission des politiques environnementales, économiques et sociales Aroha Te Pareake Mead, Nouvelle-Zélande Commission de la sauvegarde des espèces Simon Stuart, Royaume-Uni Commission mondiale sur les aires protégées Ernesto Enkerlin Hoeflich, Mexique Conseillers régionaux Afrique Mamadou Diallo, Sénégal Brahim Haddane, Maroc Eriyo Jesca Osuna, Ouganda Méso-Amérique et Amérique du Sud Jenny Gruenberger Pérez, Bolivie Miguel Pellerano, Argentine Ramón Pérez Gil Salcido, Mexique Amérique du Nord et dans les Caraïbes George Greene, Canada John Robinson, États-Unis d’Amérique Spencer Thomas, Grenade Sud et Asie de l’Est Arzu Rana Deuba, Népal Meena Gupta, Inde Shinichi Kitajima, Japon Asie de l’Ouest Malik Amin Aslam Khan, Pakistan Samira Omar Asem, Koweït Mohammad Shahbaz, Jordanie Océanie Andrew Bignell, Nouvelle-Zélande Brendan Mackey, Australie Anna Elizabeth Tiraa, Îles Cook Europe de l’Est, du Nord et en Asie centrale Amirkhan Amirkhanov, Russie Michael Hošek, République tchèque Tamar Pataridze, Géorgie Europe de l’Ouest Marina von Weissenberg, Finlande Jonathan Hughes, Royaume-Uni Nilufer Oral, Turquie

Les 100 espèces les plus menacées du monde : sont-elles sans prix ou sans valeur ?

Le caméléon de Tarzan, le bécasseau à spatule et le paresseux pygmé à trois doigts se situent tous en tête d’une nouvelle liste des espèces les plus proches de l’extinction, publiée aujourd’hui par la Société zoologique de Londres (ZSL) et l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature. Pour la toute première fois, plus de 8 000 scientifiques appartenant à la Commission de sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN se sont rassemblés pour identifier 100 espèces d’animaux, de plantes et de champignons parmi les plus menacées de la planète. Cependant, les écologistes craignent qu’on ne fera rien pour empêcher leur extinction parce qu’aucune de ces espèces ne procure des avantages évidents à l’humanité. « De plus en plus, la communauté des donateurs et le mouvement écologiste ont tendance à épouser la thèse de « l’utilité de la nature pour les humains », selon laquelle les espèces et les habitats sauvages sont appréciés et hiérarchisés en fonction des services qu’ils peuvent rendre aux populations », déclare le professeur Jonathan Baillie, directeur de la conservation de la Société Zoologique de Londres (ZSL). « De ce fait, il est devenu toujours plus difficile pour les écologistes de protéger les espèces les plus menacées de la planète. Il nous incombe de prendre une décision morale et éthique importante : Ces espèces ont-elles le droit de survivre, ou pouvons-nous nous permettre de les laisser aller jusqu’à l’extinction » ? Tel est le thème du rapport Priceless or Worthless (« Sans prix ou Sans valeur ? ») présenté aujourd’hui au Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tient actuellement en Corée. Cette publication vise à rehausser l’intérêt accordé à la protection de ces créatures « sans valeur » dans les programmes de conservation établis par l’ensemble des ONG actives dans ce domaine. « Toutes les espèces figurant sur la liste sont uniques et irremplaçables. Si elles disparaissent, aucune somme d’argent ne les fera renaître », déclare Ellen Butcher de la ZSL, co-auteur du rapport. « Cependant, si nous prenons des mesures immédiates, nous pouvons leur donner de bonnes chances de survie. Mais pour cela, nous avons besoin d’une société qui souscrive à la position éthique voulant que toutes les espèces ont le droit inhérent d’exister ». Leur déclin a pour l’essentiel été causé par les humains, mais dans presque tous les cas, la communauté scientifique estime que leur extinction peut encore être évitée si on leur consacre des efforts de conservation bien ciblés. Les actions de conservation ont produit des résultats dans le cas de nombreuses espèces, telles que le cheval de Przewalski (Equus ferus) et la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), qui ont été sauvés de l’extinction. Ces 100 espèces se trouvant dans 48 pays seront les premières à disparaître complètement si rien n’est fait pour les protéger. Le paresseux pygmé à trois doigts (Bradypus pygmaeus) fait partie des animaux qui sont voués à un sombre avenir. L’île d’Escudo, à 17 km au large du Panama, est le seul lieu au monde où l’on peut encore trouver ces minuscules paresseux. Moitié plus petits que leurs cousins vivant sur le continent sud-américain, ces animaux ont le poids approximatif d’un bébé nouveau-né. Ils sont les paresseux les plus petits et les plus lents du monde, et ils restent en situation de danger critique. De même, le saola (Pseudoryx nghetinhensis) est l’un des mammifères les plus gravement menacés du Sud-Est de l’Asie. La population de ces antilopes connues sous le nom d’unicorne asiatique en raison de leur rareté ne s’élève probablement plus qu’à quelques dizaines d’individus aujourd’hui. Au Royaume-Uni, une petite région du Pays de Galles est l’unique endroit au monde où l’on trouve encore la galle colorée du saule (Cryptomyces maximus). La population des champignons émetteurs de spores est actuellement en déclin, et il suffirait d’un seul événement catastrophique pour entraîner sa destruction totale. « Si nous considérons que ces espèces n’ont pas de prix, il est temps que la communauté écologique, le gouvernement et l’industrie agissent en conséquence et montrent aux générations de demain que nous attachons de la valeur à toute vie », ajoute le professeur Baillie. Bien que la monétisation de la nature demeure une nécessité valable pour les écologistes, il ne faut pas pour autant négliger la grande valeur des espèces qui se trouvent au bord de l’extinction, déclare le rapport. « Toutes les espèces ont une valeur pour la nature, et donc pour les humains », déclare Simon Stuart, président de la Commission de sauvegarde des espèces. « Même si la valeur de certaines espèces pourrait ne pas paraître évidente à première vue, toutes les espèces contribuent en fait, à leurs façons respectives, au bon fonctionnement de la planète ». SOS – Save Our Species, est un partenariat mondial animé par les principales organisations de la conservation en vue de mobiliser de nouvelles sources de financement pour protéger des espèces menacées, leurs habitats et les populations qui en dépendent. En adhérant à SOS, des gouvernements, des fondations, des entreprises et des mécènes peuvent unir leurs forces et faire en sorte que les espèces mentionnées dans cet ouvrage puissent prospérer à nouveau. Pour lire la publication en ligne, cliquez ici

Les travaux de la Liste rouge des écosystemes l’UICN prennent de la vitesse

De l’Australie à la Patagonie, des récifs coralliens aux forêts tropicales et aux déserts, la nouvelle Liste rouge des écosystèmes de l’UICN établira la situation des écosystèmes du monde entier afin de préciser les risques auxquels ils sont exposés et ses conséquences pour la biodiversité et le bien-être humain. Calquée sur l’influente Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™, la Liste rouge des écosystèmes établira, sur la base d’un ensemble de critères d’évaluation adoptés au plan international, si un écosystème est vulnérable, menacé ou en danger critique. Outre qu’elle offrira une norme mondiale pour l’évaluation de l’état d’un écosystème, la Liste rouge des écosystèmes fournira également des données permettant de mieux connaître les menaces présentes et futures aux services qu’assurent ces écosystèmes, tels que l’approvisionnement en eau potable, la régulation du climat et la fourniture de ressources naturelles. « Les environnements naturels sont soumis à des pressions croissantes en raison des usages non durables dont ils sont l’objet », déclare Jon Paul Rodriguez, chef du Groupe thématique sur la Liste rouge des écosystèmes, qui fait partie de la Commission de l’UICN sur la gestion des écosystèmes. « La présence d’écosystèmes fonctionnels est indispensable pour nos moyens de subsistance et notre bien-être. Nous allons évaluer la situation d’écosystèmes marins, terrestres, d’eau douce et souterrains aux niveaux local, régional et mondial. Cela nous fournira des renseignements sur les liens entre ces différents systèmes et les moyens de subsistance des populations qui en dépendent. L’évaluation pourra alors servir de base pour une action concertée ». La Liste rouge des écosystèmes aidera à orienter les actions de conservation sur le terrain, y compris les priorités de planification et d’investissements en matière d’utilisation des sols, en évaluant les risques de disparition d’écosystèmes et de pertes subséquentes de services écosystémiques. Ce travail pourra servir de base à une analyse des paysages et du contexte économique sur lesquels des actions concrètes, touchant par exemple à la restauration ou à une gestion améliorée des écosystèmes, pourront être entreprises. « Nous entendons voir la Liste rouge des écosystèmes servir de guichet unique pour des économistes, des communautés rurales et des autorités locales et nationales qui pourront s’en servir afin de mieux gérer les ressources finies de notre planète », déclare Edmund Barrow, chef du Programme de gestion des écosystèmes de l’UICN. De l’avis de l’UICN, la Liste rouge des écosystèmes influencera également les processus politiques liés aux conventions internationales, telles que la Convention sur la diversité biologique, tout en orientant les investissements visant à la réalisation de plusieurs objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier la réduction de la pauvreté et les améliorations de la santé, lesquelles dépendent d’un environnement naturel préservé. Le processus d’élaboration de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN a été lancé lors de l’édition 2008 du Congrès mondial de la nature de l’UICN. Depuis, la Commission sur la gestion des écosystèmes de l’UICN s’est employée à consolider les critères d’évaluation pour la classification des écosystèmes en fonction de leur risque de disparition, et à piloter ce travail dans différents pays, tels que le Venezuela, la France et le Sénégal. Ce travail d’évaluation se poursuit actuellement de manière continue et les évaluations régionales seront publiées à mesure qu’elles deviendront disponibles. Il a été programmé que la couverture totale de l’ensemble des écosystèmes marins, terrestres, d’eau douce et souterrains de la planète sera achevée en 2025.

Feu vert pour la Liste verte des aires protégées de l’UICN !

Avec la poursuite de plusieurs projets pilotes, les préparatifs de la Liste verte des aires protégées efficacement gérées de l’UICN progressent bien, dans la perspective de l’inauguration officielle de cette Liste au Congrès mondial des parcs de 2014, qui aura lieu en Australie. La Liste verte de l’UICN célébrera les succès des aires protégées. Elle servira d’étalon de mesure des progrès vers une gestion efficiente et équitable, et permettra de récompenser l’innovation, l’excellence et l’esprit d’initiative. Pour être inscrite à la Liste verte de l’UICN, une aire protégée devra atteindre un seuil convenu en matière d’application des critères, et notamment remplir ses objectifs de conservation, bénéficier d’une gestion efficace et favoriser une gouvernance équitable. « La Liste verte de l’UICN apportera une contribution précieuse aux améliorations de la conservation d’aires protégées », déclare Trevor Sandwith, directeur du Programme mondial des aires protégées de l’UICN, qui assure la supervision de l’initiative en partenariat avec la Commission mondiale des aires protégées. « La Liste verte aura un effet de motivation puissant, aidant les gestionnaires des aires protégées à appliquer les normes et à offrir des exemples démonstratifs sur les meilleures pratiques de gestion ». L’inscription d’une aire protégée à la Liste verte de l’UICN aura notamment pour avantage de lui attirer plus de reconnaissance internationale, de soutien politique et de tourisme de qualité. Elle aura également pour effet de motiver les responsables et les autres membres du personnel. L’initiative est actuellement testée dans le cadre de projets entrepris par Parques Nacionales Naturales en Colombie, par le Service coréen des parcs nationaux, et par CA/TS (Conservation Assured/Tiger Standards), un programme de conservation des tigres géré par le WWF dans les États de l’aire de répartition du tigre. « J’ai décidé d’accepter l’invitation généreuse à ce que la Colombie soit l’un des pays à accueillir cette initiative innovante parce que je juge très utile pour notre pays de pouvoir déterminer lequel de ses parcs nationaux s’acquitte bien de toutes les tâches qui sont liées à l’efficacité de la gestion des aires protégées », déclare Julia Miranda Londoño, directrice de Parques Nationales Naturales Colombia. « Le partage de bonnes pratiques est un très bon moyen de relever les normes de gestion des aires protégées, ce qui ne pourra qu’aboutir à améliorer la conservation de la nature en Colombie ». La Liste verte de l’UICN aidera également les gouvernements nationaux et leurs partenaires engagés dans la conservation à atteindre les objectifs prévus par la Convention d’Aichi sur la diversité biologique, et en particulier la Cible 11, qui stipule que d’ici à 2020, au moins 17 pour cent des terres émergées de la planète et 10 pour cent des zones marines devront faire l’objet d’une gestion effective et équitable.

Le temps presse pour les coraux des Caraïbes

Il reste ne reste plus beaucoup de temps pour sauver les récifs coralliens des Caraïbes. Des mesures d’urgence s’imposent pour limiter la pollution et réglementer les pratiques de pêche agressives qui menacent l’existence des récifs coralliens dans les Caraïbes, souligne l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans un nouveau rapport. La couverture moyenne des récifs caribéens par du corail vivant a considérablement baissé et n’est plus que de 8 % aujourd’hui, contre plus de 50 % dans les années 1970, constate ce rapport. De plus, le taux de déclin sur la plupart des récifs ne montre aucun signe de ralentissement, bien que la détérioration du corail vivant au large des Antilles néerlandaises et des Iles Caïman notamment, soit moins prononcée, une superficie pouvant atteindre jusqu’à 30 % y subsistant encore selon les îles. Celles-ci sont moins exposées aux impacts humains ainsi qu’aux catastrophes naturelles telles que les ouragans. « Les causes principales de ce déclin des coraux sont bien connues et comprennent la surpêche, la pollution, les maladies et l’effet blanchissant causé par l’élévation des températures due à l’usage de combustibles fossiles », déclare Carl Gustaf Lundin, directeur du Programme marin et polaire mondial de l’UICN. « Pour le futur, il sera impératif de réduire dès que possible et drastiquement la totalité des impacts humains si l’on veut garantir la survie des récifs coralliens et des pêches vitales qui en dépendent pour les décennies à venir ». L’UICN appelle à la stricte mise en vigueur d’actions locales destinées à améliorer la santé des coraux, y compris une limitation des prises par l’application de quotas, une extension des aires marines protégées, l’arrêt des ruissellements d’origine terrestre, et une réduction de la dépendance mondiale à l’égard de combustibles fossiles. Par le biais du Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens coordonné par l’UICN, des initiatives ont été lancées pour renforcer la collecte de données sur le déclin des coraux au niveau mondial. « Il nous faut élaborer des paramètres universels simples pour mesurer l’état et l’évolution des récifs coralliens partout dans le monde, et mettre sur pied une base mondiale de données qui soit librement et aisément disponible à tous », déclare Jeremy Jackson, directeur scientifique du Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens. « Nous entendons relever ce défi en étendant la méthodologie de nos analyses dans les Caraïbes sur l’ensemble des mers tropicales. Les résultats de ces études distinctes seront affichées en ligne au fur et à mesure de leur exécution et dégageront une synthèse globale d’ici à 2016 ». Télécharger le rapport

Lancement d’un nouveau rapport mondial sur les aires protégées

Les aires protégées (parcs, réserves, et autres espaces naturels) contribuent à réduire la déforestation et la perte d’habitats et d’espèces ainsi qu’à appuyer les moyens de subsistance de plus d’un milliard de personnes, tout en assurant le maintien de 15 % des stocks de carbone du monde, indique un nouveau rapport présenté aujourd’hui au Congrès mondial de la nature 2012 de l’UICN. Le rapport « Planète protégée 2012 » (Protected Planet 2012) indique que le nombre et la superficie des aires protégées sont en progression. Celles-ci s’étendent aujourd’hui sur 12,7 % des terres émergées et 1,6 % des mers de la planète. « Les aires protégées ont apporté une contribution significative à la conservation de la biodiversité de la planète et il est vital, pour la prospérité du monde et des communautés de demain, d’en accroître la superficie et l’efficacité », déclare Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Ces riches zones naturelles ont une grande importance pour les populations qui en dépendent pour tirer leur nourriture et leur eau potable, pour la régulation du climat, et pour la réduction des impacts des catastrophes naturelles ». Ce nouveau rapport mesure les progrès réalisés par rapport aux objectifs d’Aichi, promulgués il y a deux ans par la Convention sur la diversité biologique (CBD) et visant à porter à au moins 17 % et 10 % respectivement la part des superficies terrestres et marines sous gestion et conservation équitables d’ici à 2020. Ce document est le fruit d’une collaboration entre l’UICN, le Centre mondial de surveillance pour la conservation du PNUE (CMSC) et d’autres partenaires. Il montre que de 1990 à 2010, la couverture globale des aires protégées est passée de 8,8 % à 12,7 % sur les terres émergées (eaux intérieures comprises) et de 0,9 % à 4 % dans les zones marines sous juridiction nationale. Cependant tout juste 1,6 % de la superficie marine totale sont actuellement protégés. Pour remplir les objectifs d’Aichi en matière d’aires protégées, il faudrait que des étendues de terres et d’eaux intérieures totalisant le double de la superficie de l’Argentine, c’est-à-dire plus de 6 millions de kilomètres carrés, soient identifiées et protégées. En ce qui concerne les océans, il faudrait porter la superficie des aires protégées à celle de l’Australie, soit 8 millions de kilomètres carrés. Les efforts de création des espaces protégés doivent donc être poursuivis tout en assurant leur gestion efficace. Les aires protégées connaissent aujourd’hui une diversification rapide sous certains aspects qui sont cruciaux pour leur succès, en particulier au niveau des dispositions relatives à leur gestion et leur gouvernance. Selon le rapport, près de la moitié des aires protégées du monde est située dans des zones à utilisations durables (catégorie VI de l’UICN) et à paysages terrestres/marins protégés (catégorie V de l’UICN), et près du quart d’entre elles sont gérées par des acteurs non gouvernementaux ou suivant des dispositions de cogestion, celles-ci impliquant fréquemment des populations autochtones ou des communautés locales. Il s’agit de la première édition du Rapport Planète Protégée. Il est prévu de le publier tous les deux ans, la prochaine édition devant sortir avant le Congrès mondial des parcs de l’UICN et la 12ème Conférence des parties à la CDB de 2014. Les futures éditions présenteront une information actualisée sur les progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs d’Aichi ainsi que des données sur les indicateurs existants concernant les aires protégées et les travaux visant à en réaliser la connectivité.   Pour télécharger le rapport  https://cmsdata.iucn.org/downloads/protected_planet_report.pdf

Ouverture du congrès mondial de l’UICN en Corée

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, la plus grande et plus importante manifestation mondiale sur la conservation, commence ses travaux aujourd’hui sur l’île de Jeju, en Corée du Sud Plus de 8000 personnes venant de 170 pays vont participer au 5ème Congrès mondial de la nature en vue de discuter et de s’accorder sur les solutions à apporter aux problématiques les plus pressantes en matière d’environnement et de développement. Le Congrès mondial de l’UICN se tient tous les quatre ans. Ce 5ème Congrès, qui prendra fin le 15 septembre 2012, rassemble des organisations gouvernementales et non gouvernementales, des scientifiques et des représentants d’entreprises et de collectivités locales du monde entier qui examineront ensemble les solutions que la nature est en mesure d’apporter à un grand nombre de nos problèmes. « En soi, la nature est forte, mais nous devons améliorer son aptitude à s’adapter rapidement au changement », déclare Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Si nous parvenons à rendre la nature plus résistante, nous constaterons que les écosystèmes deviendront plus résilients, et que les personnes, les communautés et les économies humaines seront en meilleure santé ». Un large éventail de questions est prévu à l’ordre du jour. On abordera notamment la situation actuelle des espèces menacées et des espaces protégés, la menace grandissante pesant sur les populations de thons, l’état des récifs coralliens et la nécessité urgente pour les pays de ne plus émettre de déclarations erronées sur l’état de protection des océans. Le Congrès sera également marqué par l’annonce de plusieurs initiatives, partenariats, et nouveaux engagements financiers. On y parlera également de changement climatique, de sécurité alimentaire, de développement et de gouvernance. Alors que les thèmes relatifs à la conservation seront principalement abordés sous leur dimension planétaire, plusieurs enjeux locaux seront également examinés. Des spécialistes coréens et allemands débattront des meilleurs moyens de valoriser la zone démilitarisée, située entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui présente une nature étonnamment intacte, pour y promouvoir la paix, en se servant de l’expérience menée sur la zone de l’ancien Rideau de Fer en Europe. Il sera également question de replantation et de restauration des forêts qui ont été détruites en Corée du Nord, le long de la frontière. Les délégués auront l’occasion d’accueillir de nombreuses personnalités prestigieuses, et notamment le Président Sud-Coréen Lee Myung-bak, la militante des droits de l’homme Bianca Jagger, l’écrivaine et océanographe Sylvia Earle, la chanteuse/auteur-compositeur japonaise Iruka et le prince Carl Philip de Suède, ainsi que de nombreux dirigeants d’entreprises, des ministres et des responsables d’importantes ONG ou agences des Nations Unies. Suivez le Congrès mondial de la nature de l’UICN sur www.iucn.org/congress