Une nouvelle étude montre l’importance de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN

Une nouvelle norme mondiale dans l’évaluation des risques pour l’environnement, la Liste rouge de l’UICN des écosystèmes, a été testée sur 20 écosystèmes dans les six continents et dans trois océans. « En sachant quels écosystèmes sont en bonne santé et quels sont ceux qui sont perturbés, les gouvernements, les collectivités locales et les entreprises pourront prendre les bonnes décisions d’investissement pour la gestion durable de l’environnement », explique David Keith, responsable d’une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique, PLoS ONE. Le développement de cette nouvelle méthode d’évaluation est considéré comme une percée scientifique majeure pour connaître l’état de l’environnement. Calquée sur l’influente Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, la Liste rouge de l’UICN des écosystèmes permettra de déterminer si un écosystème est vulnérable, en danger ou en danger critique. « Pour la première fois, nous avons une méthode d’évaluation des risques qui est applicable dans le monde entier pour les écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins », explique l’une des co-auteurs de l’étude, Emily Nicholson de l’Université de Melbourne. « Notre objectif est d’évaluer tous les écosystèmes du monde d’ici 2025 et l’UICN poursuivra son travail pour évaluer de grandes zones géographiques, comme les continents et les bassins océaniques. Mais notre base de données est conçue pour accueillir également des études réalisées au niveau d’une municipalité, d’un pays ou par type d’écosystème, comme le montrent les études de cas de l’article publié dans la revue PLoS ONE « , explique Jon Paul Rodriguez, chef de projet de la Liste rouge de l’UICN des Écosystèmes. Les écosystèmes reculés de montagne du Tepui vénézuélien sont parmi ceux les moins à risque d’effondrement, selon l’étude. À l’autre extrême, la mer d’Aral, en Asie centrale, s’est effondrée au cours des années 1980 et 1990. « Les leçons tirées de l’évaluation de la mer d’Aral font réfléchir », dit Richard Kingsford, directeur du Centre des zones humides (Wetlands Centre) et autre co-auteur de l’étude.« Non seulement une multitude d’espèces a été perdue à jamais, mais l’effondrement de l’écosystème a conduit à un désastre socio-économique. «  Les pêcheries de la mer d’Aral et l’industrie maritime se sont effondrées, et parallèlement les maladies respiratoires et digestives ont augmenté et l’espérance de vie a diminué, en raison des tempêtes de poussière générées par la désertification du fond de la mer. Huit écosystèmes australiens évalués dans l’étude se situent entre ces deux extrêmes. Certains d’entre eux sont déjà en rapide déclin, tandis que pour d’autres, les menaces en sont aux premiers stades et pourraient être plus facilement traitées par des décisions politiques et de gestion pour maintenir la diversité et les fonctions des écosystèmes. « Une gestion avisée de l’environnement est impérative pour maintenir des écosystèmes fonctionnels, leur diversité biologique et les services écosystémiques dont nos économies et notre bien-être social dépendent », dit Edmund Barrow, chef du Programme de gestion des écosystèmes de l’UICN. La Liste rouge de l’UICN des écosystèmes devrait devenir un outil précieux pour les autorités locales et nationales, les gestionnaires et d’autres acteurs qui pourront utiliser ces évaluations afin de mieux gérer les ressources limitées de notre planète. Le Comité français de l’UICN est partie prenante de l’élaboration de cette Liste rouge de l’UICN des écosystèmes. Il est membre du groupe de travail international de l’UICN et a assisté aux principaux ateliers de travail organisés aux USA, en France et au Sénégal. La méthodologie a été testée en 2012 sur les zones humides littorales de France métropolitaine et le sera en 2013 sur les forêts de métropole puis en 2014 sur les mangroves de Mayotte. Ces études vont fournir des résultats sur l’état des écosystèmes présents sur le territoire français et alimenter les études de cas réalisées ailleurs dans le monde, comme celles présentées dans l’article de la revue PLoS ONE. L’UICN cherche des soutiens pour compléter l’évaluation mondiale de l’état de conservation des écosystèmes terrestres, d’eau douce, marins et souterrains de la planète avant 2025.   En savoir plus Liste rouge mondiale des écosystèmes Commission on Ecosystem Management de l’UICN international La liste rouge France des écosystèmes

Mayotte : vers une stratégie Biodiversité pour le développement durable

Face aux enjeux de préservation d’un patrimoine naturel exceptionnel, les acteurs mahorais, réunis hier à l’initiative du Comité français de l’UICN, ont adopté une proposition de « Stratégie Biodiversité pour le développement durable de Mayotte » et signé l’Appel de Maoré soutenant sa mise en œuvre. Le département de Mayotte possède un patrimoine naturel d’importance mondiale : par exemple un lagon de 1500 km² qui abrite 24 espèces de mammifères marins et 130 espèces d’oiseaux. Les acteurs mahorais de l’environnement se sont rassemblés le 23 avril à Mamoudzou pour débattre et proposer des actions pour répondre aux enjeux du développement durable du territoire. Cette mobilisation, initiée par le Comité français de l’UICN et lancée officiellement le 2 octobre 2012 à Mamoudzou, s’est concrétisée par l’adoption d’une proposition de Stratégie Biodiversité et le lancement de l’Appel de Maoré. Ils permettront de disposer prochainement d’un projet de territoire respectant et valorisant la biodiversité, qui joue un rôle fondamental dans le bien-être de la population et dans les activités économiques et sociales. Cette proposition de stratégie a été établie sur la base d’un état des lieux du territoire, cadre commun de référence élaboré avec tous les acteurs. Grâce à ce diagnostic partagé, les grands enjeux pour le territoire ont été identifiés puis des ateliers thématiques ont permis de réfléchir aux actions prioritaires à mener. Le séminaire tenu hier a permis de débattre et de partager largement les propositions d’actions. La proposition de stratégie sera ensuite finalisée et soumise pour validation. Mayotte devient ainsi un département d’outre-mer pilote dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de la biodiversité, de la loi Grenelle 1 et des engagements de la conférence environnementale. Mayotte constitue aussi un exemple très instructif pour un futur schéma volontaire pour la biodiversité des Outre-mer européens. Préparant son accession au statut de région ultrapériphérique de l’Union européenne (RUP), Mayotte démontre la capacité de mobilisation des Outre-mer européens sur les enjeux de biodiversité. Pour le Comité français de l’UICN, cette stratégie va permettre de mieux répondre aux enjeux mondiaux de biodiversité présents à Mayotte, d’intégrer davantage sa préservation dans les politiques locales, nationales et européennes, et de renforcer le réseau des acteurs locaux. Cette initiative est soutenue par le Conseil général, la Préfecture, la DEAL, le programme TE ME UM et l’AFD. Pour répondre à la forte mobilisation des acteurs et maintenir cette dynamique collective, le Comité français de l’UICN va poursuivre sa mission. Une nouvelle phase consistera à accompagner les acteurs mahorais dans la mise en œuvre de la stratégie en soutenant des opérations concrètes et démonstratives et à apporter de nouvelles connaissances sur les espèces et les écosystèmes. Document joint Appel de Maoré

Lancement de l’édition 2013 du concours Capitale française de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN s’associe à la quatrième édition du concours « Capitale française de la biodiversité » lancé par Natureparif et visant à récompenser les collectivités locales mettant en œuvre des démarches exemplaires en matière de protection et de restauration de la biodiversité. Après Grande-Synthe en 2010, Montpellier en 2011 et Lille en 2012, qui sera la nouvelle « Capitale française de la biodiversité » ? Comme les années précédentes, le Comité français de l’UICN s’associe à cette quatrième édition du concours « Capitale française de la biodiversité » lancé par Natureparif, qui vise à récompenser les collectivités locales mettant en œuvre des démarches exemplaires en matière de protection et de restauration de la biodiversité. Ce concours permet notamment d’identifier les bonnes pratiques réalisées, de valoriser les actions innovantes observées, et de promouvoir les politiques locales menées en faveur de la biodiversité, à la fois par l’attribution de prix, mais aussi par l’édition de recueils d’actions. En 2013, le concours a pour thème principal « L’eau, la ville, la vie ! ». Il récompensera les actions mises en place par les collectivités pour donner une véritable place à l’eau en ville en lien avec le vivant : protection de la ressource, renaturation des espaces, prise en compte du cycle de l’eau, adaptation au changement climatique, pédagogie et sensibilisation. L’appel à candidature 2013 est ouvert aux communes de plus de 2000 habitants, aux communautés de communes, aux communautés d’agglomération, communautés urbaines, syndicats d’agglomération nouvelle et métropoles jusqu’au 15 juin 2013. Un comité scientifique et technique composé de chercheurs, urbanistes, naturalistes, représentants d’associations et de collectivités, et professionnels de la biodiversité sera chargé d’évaluer les candidatures. Des ateliers seront organisés en régions sur le thème de la biodiversité urbaine : le 14 mai à Cherbourg, le 21 mai dans le parc départemental du Sausset en Seine-Saint-Denis et le 28 mai à Lille. D’autres ateliers sont en cours de préparation. Plusieurs rendez-vous sont également programmés en lien avec cette quatrième édition : une journée de lancement de la Charte « Vers une région sans pesticide, nos collectivités s’engagent », organisée par la Région PACA le 2 mai (sous réserve) et une Journée d’information et d’échanges « Gestion différenciée des espaces verts et plan de désherbage », organisée par l’ARPE le 23 mai 2013. Ce concours national bénéficie du soutien de la Convention sur la Diversité Biologique des Nations Unies, ainsi que de nombreux autres partenaires.   Pour participer : • Télécharger le dossier de candidature et le règlement du concours 2013 : http://www.natureparif.fr/agir/concours-capitale-francaise-de-la-biodiversite/presentation-2013 ; • Accéder au questionnaire à remplir et renvoyer avant le 15 juin 2013, date limite de dépôt des candidatures : http://www.natureparif.fr/agir/concours-capitale-francaise-de-la-biodiversite/presentation-2013   Plus d’informations : • Contact : 01 75 77 79 30 ou concours2013@natureparif.fr • Contacts Presse : Antoine Lagneau, Chargé de communication Natureparif, Tél. : 01 75 77 79 08 – 06 81 73 25 31 – Service presse de GrDF : 01 71 19 18 11

Acte III de la décentralisation : l’UICN France demande l’intégration de la biodiversité dans le projet de loi

Convaincus que les enjeux relatifs à la biodiversité doivent être pris en compte par tous les échelons de collectivités, l’UICN France a demandé à Madame Marylise Lebranchu et à Madame Delphine Batho que la préservation et la valorisation de la biodiversité soient intégrées au projet de Loi de décentralisation comme une compétence à part entière des collectivités territoriales. Le rôle majeur des collectivités territoriales pour contribuer à stopper l’érosion de la biodiversité est reconnu aux niveaux international (Convention sur la diversité biologique) et national (Stratégie Nationale pour la Biodiversité). D’autre part, lors de sa campagne présidentielle, le Président de la République a annoncé que la biodiversité serait une des grandes priorités de son agenda environnemental. Il a souhaité mettre en place une politique nationale ambitieuse et promouvoir une action internationale exemplaire de la France dans ce domaine. Comme le précise la feuille de route pour la transition écologique issue de la conférence environnementale de septembre 2012, cet engagement ne saurait être tenu sans le concours actif des collectivités territoriales aux cotés de l’Etat, des associations et des autres acteurs de l’environnement. Une des actions phares du gouvernement, actuellement à l’étude, est la création d’une agence nationale de la biodiversité dont l’un des rôles sera de venir en appui aux collectivités locales pour les aider à réaliser leurs missions dans ce domaine. Or, l’avant-projet de loi portant décentralisation et réforme de l’action publique n’intègre pas cet enjeu majeur. Le Comité français de l’UICN – rassemblant les membres et experts français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature – demande ainsi à ce que la préservation de la biodiversité puisse y être pleinement prise en compte. Les actions que mène l’UICN France depuis de nombreuses années au sein de son Groupe de travail national « Collectivités & Biodiversité », témoignent de l’importance de l’échelle territoriale et de l’implication croissante de tous les échelons de collectivités territoriales pour la préservation et la valorisation de la biodiversité. Ainsi, du fait de leur rôle clé en matière de planification et d’aménagement du territoire, on constate depuis de nombreuses années une dynamique globale de mobilisation des Régions françaises sur la biodiversité, notamment à travers la création de réserves naturelles régionales (119 RNR) et de parcs naturels régionaux (48 PNR), ou l’agrément des Conservatoires d’Espaces naturels. Les Lois Grenelle sont récemment venues renforcer ces compétences réglementaires en confiant aux Régions le copilotage avec l’Etat des futurs Schémas Régionaux de Cohérence Ecologique (SRCE). Ce positionnement régional se traduit également de façon plus volontariste par l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies régionales pour la biodiversité, véritable stratégie commune d’intervention en faveur de la biodiversité à l’échelle du territoire régional, par plus de la moitié des Régions françaises. Les Départements jouent quant à eux un rôle essentiel, en particulier via la mise en œuvre par la quasi-totalité d’entre eux de la politique sur les espaces naturels sensibles (3 050 sites acquis et gérés dans le cadre de cette politique). L’échelon local, les communes et les intercommunalités (EPCI) en particulier, s’engagent également de plus en plus en faveur de la biodiversité à travers l’élaboration des atlas de biodiversité communale, la prise en compte de la biodiversité au sein des documents d’urbanisme ou la mise en place de plans de biodiversité locaux. L’échelle territoriale est donc celle de l’action, indispensable pour identifier et mettre en œuvre les mesures de préservation et de valorisation de la biodiversité les plus adaptées aux spécificités et aux enjeux des territoires. Les collectivités territoriales pourraient jouer également un rôle plus important en favorisant une meilleure prise en compte des enjeux de biodiversité dans les politiques publiques et garantir une plus grande cohérence de celles-ci au niveau des territoires, grâce à un dialogue et une coopération renforcés avec l’Etat et l’ensemble des acteurs concernés, au sein d’instances de concertation. La volonté croissante des collectivités territoriales françaises et de leurs réseaux pour s’engager en faveur de la préservation de notre patrimoine naturel s’est traduite par une déclaration commune des associations françaises d’élus et de collectivités territoriales pour la biodiversité, présentée lors de la onzième réunion de la conférence des Parties de la CDB (COP 11) qui s’est tenu en octobre 2012 à Hyderabad. Le Président du Comité français de l’UICN a donc demandé à Madame Delphine Batho et à Madame Marylise Lebranchu que la préservation et la valorisation de la biodiversité soient intégrées au projet de Loi de décentralisation comme une compétence à part entière des collectivités territoriales, en clarifiant le rôle et les compétences des différents échelons territoriaux. Il a aussi précisé que cette mobilisation, qui peut s’appuyer sur les spécificités et les dispositifs propres à chaque niveau territorial, doit s’accompagner d’une orientation adéquate des ressources financières et de la fiscalité visant une amélioration de l’efficacité des fonds publics pour la biodiversité et un renforcement des capacités d’intervention des collectivités sur les plans réglementaires et financiers.

Guyane : pour l’intérêt général, le Gouvernement doit retirer le permis REXMA

Dénoncé par l’ensemble de la communauté associative et scientifique, le permis minier REXMA, accordé dernièrement par Arnaud MONTEBOURG, ministre du redressement productif au sein du Parc National de Guyane, continue de fédérer contre lui, sauf semble-t-il au Ministère du Redressement productif. A la veille d’être auditionnées à l’Assemblée Nationale sur la réforme du code minier, les organisations environnementales demandent fermement au Gouvernement le retrait du Permis REXMA, pour l’intérêt général, par souci de cohérence des politiques publiques et par respect de la démocratie locale. Les organisations environnementales contestent ce permis sur quatre points : La rivière que la société REXMA souhaite exploiter est incluse dans le Parc national de Guyane, dans une zone où la biodiversité est riche et où sont présentes des espèces menacées et protégées au niveau national. Les impacts de l’exploitation alluvionnaire qui créera des chenaux de dérivation et modifiera le régime hydrique du cours d’eau seront préjudiciables à la qualité de l’eau, ce qui est contradictoire avec le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE). Le permis est contesté depuis 2005 par les habitants et le Maire de la commune concernée, Saül, et par la députée de Guyane, Mme Chantal BERTHELOT. Le permis ne pourra pas être prorogé au-delà de 5 années d’exploitation. Dès lors pourquoi privilégier l’exploitation éphémère de l’or jaune au détriment de l’or vert durable qui sera détruit sur le site, remettant en cause les efforts de la commune de Saül pour le développement de l’écotourisme ? Le projet industriel de la société REXMA, avec 15 emplois créés sur cinq ans, n’est pas un projet socio-économique durable contrairement à l’activité écotouristique qui génèrerait plus d’emplois à long terme dans le Parc national et sur le territoire guyanais.   Le Président de la République a placé la protection de la biodiversité comme une des priorités du gouvernement. Le Premier ministre l’a rappelé à la Conférence environnementale en affirmant que « chaque politique publique doit en effet prendre en compte l’exigence environnementale ». Ce principe doit s’appliquer sur l’ensemble du territoire national. C’est ce que viennent de rappeler nos organisations dans un courrier adressé au chef du Gouvernement.   Document joint CP REXMA ONG 20 03 2013

Les requins, les rhinocéros et les éléphants ressortent gagnants du sommet de la CITES sur le commerce des espèces sauvages

Un vote historique pour améliorer la durabilité du commerce international de huit espèces de requins et de raies, inscrites dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, est l’une des principales décisions prises lors de la conférence de la CITES sur le commerce des espèces sauvages qui s’est tenue à Bangkok. Parmi les autres décisions prises lors de la 16e réunion de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), certaines concernent aussi des mesures pour réduire le braconnage et le commerce illégal de l’ivoire et des cornes de rhinocéros, qui ont augmenté de façon dramatique ces dernières années. « Les décisions prises à la CITES permettront d’améliorer la survie de nombreuses espèces menacées dans la nature », explique la Directrice générale de l’UICN, Julia Marton-Lefèvre. « Nous sommes ravis de voir que l’expertise scientifique sur la biologie, la conservation et le commerce des espèces fournie à la Convention par la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN et par TRAFFIC a été précieuse pour les prises de décision de la réunion de Bangkok. » La conférence a vu un nombre record de pays voter pour réglementer le commerce international du Requin Océanique, de trois espèces de requins-marteaux, du Requin-taupe commun et des deux espèces existantes de raies Manta. Les parties ont également voté pour l’interdiction du commerce international du Poisson-scie (Pristis microdon), qui est classé en Danger critique d’extinction. La demande croissante d’ailerons, de viande et de plaques branchiales de requins, ainsi que d’individus pour les aquariums, menace sérieusement la survie de ces espèces. Près de 1,2 millions de requins océaniques, pêchés pour leurs grandes nageoires, transitent à travers les marchés de l’Asie du Sud Est chaque année et plus de 4000 raies Manta sont harponnées pour prélever leurs branchies. « Il s’agit d’une étape historique vers une meilleure protection de ces espèces marines », explique Nick Dulvy, co-président du Groupe de spécialistes des requins de l’UICN. « Maintenant, après presque deux décennies de progrès lents et fragmentaires, les Parties ont convenu que la CITES peut compléter les mesures nationales de pêche afin de s’assurer que le commerce mondial est durable et légal. » Pour faire face à la hausse des niveaux de braconnage des éléphants d’Afrique et du commerce illégal de l’ivoire, les Parties ont convenu de mesures pour améliorer le contrôle du commerce illégal mondial de l’ivoire, comprenant le développement d’actions spécifiques par pays. Un soutien a également été réaffirmé pour les systèmes mondiaux de surveillance qui permettent d’appuyer les décisions prises dans le cadre de la Convention, ainsi que pour le Plan d’action pour l’Eléphant d’Afrique. La conservation des éléphants d’Asie a également été abordée, notamment à travers une plus grande reconnaissance du commerce illégal d’éléphants vivants et le développement d’une stratégie de conservation de l’Eléphant d’Asie avec tous les pays de son aire de répartition d’ici novembre 2013. La conférence a identifié le commerce illégal des cornes de rhinocéros comme un enjeu nécessitant des actions urgentes de la part de plusieurs pays. Selon le Groupe de spécialistes des rhinocéros d’Afrique de l’UICN, leur braconnage a augmenté de 43% entre 2011 et 2012 et le commerce illicite des cornes continue de constituer une menace sérieuse pour les rhinocéros dans le monde entier. Les délégués à Bangkok sont également entendus sur des contrôles plus stricts du commerce international d’espèces de bois à Madagascar, tels que bois de rose (Dalbergia spp.) et d’ébène (Disopyros spp.). Ils ont aussi adopté des mesures pour réduire l’impact du commerce sur certaines espèces de tortues d’eau douce et terrestres de façon à augmenter leurs chances de survie. D’autres décisions concernent plusieurs espèces de crocodiles et de serpents, la surveillance du commerce des pangolins et l’engagement renouvelé de gérer durablement la pêche au Napoléon, une espèce en danger qui fut l’une des premières espèces de poissons faisant l’objet d’une pêche commerciale à être considérée par la CITES.

Liste rouge mondiale : près d’un reptile sur cinq lutte pour survivre

On estime que 19% des reptiles de la planète sont menacés d’extinction, d’après un document publié aujourd’hui par la Société zoologique de Londres (ZSL) en collaboration avec des experts de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. L’étude, publiée dans la revue Biological Conservation, est la première en son genre à présenter l’état de conservation des reptiles dans le monde. Plus de 200 experts de renommée mondiale ont évalué le risque d’extinction de 1500 reptiles de toutes les régions du monde sélectionnés aléatoirement. Sur les 19% de reptiles menacés d’extinction, 12% sont classés dans la catégorie « En danger critique d’extinction », 41% « En danger » et 47% « Vulnérable ». « Il s’agit d’une avancée très importante pour évaluer le statut de conservation des reptiles dans le monde entier », indique Philip Bowles, Coordinateur de l’Autorité de la Liste rouge pour les sauriens et les ophidiens de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. « Les résultats de l’étude sonnent l’alarme sur l’état de ces espèces et les menaces croissantes auxquelles elles sont confrontées. Il est essentiel de répondre en priorité à ces menaces, notamment la destruction des habitats et la surexploitation, pour réussir à inverser le déclin de ces espèces ». Trois espèces classées « En danger critique d’extinction » pourraient être déjà éteintes. L’une d’entre elles, le lézard coureur Ameiva vittata, n’a été observée que dans une région de la Bolivie. La menace est particulièrement forte dans les régions tropicales, surtout en raison de la conversion d’habitats naturels à des usages agricoles et de l’exploitation forestière. L’habitat du lézard est pratiquement détruit et deux missions récentes de recherche de l’espèce n’ont pas eu de succès. « On associe souvent les reptiles à des habitats extrêmes et à des conditions environnementales très dures, et on suppose qu’ils s’en sortiront malgré les changements de la planète », indique Monika Böhm, auteur principale de l’étude. « Or, de nombreuses espèces sont très spécialisées quant à l’usage de leurs habitats et aux conditions climatiques dont elles ont besoin pour leur vie quotidienne. Elles sont donc particulièrement sensibles aux modifications de l’environnement ». Le risque d’extinction n’est pas également réparti dans ce groupe très divers : les tortues d’eau douce sont particulièrement en danger, à l’instar de l’ensemble de la biodiversité d’eau douce partout dans le monde. Dans l’ensemble, l’étude estime que 30% des reptiles d’eau douce sont proches de l’extinction ; ce pourcentage atteint 50% pour les tortues, car elles sont aussi touchées par le commerce national et international. Bien que les menaces soient moins graves pour les reptiles terrestres, leurs aires de répartition souvent restreintes, leur faible mobilité et les conditions biologiques et environnementales spécifiques dont ils ont besoin, les rendent particulièrement vulnérables à la pression anthropique. En Haïti, six des neuf espèces étudiées du lézard Anolis sont confrontées à un risque élevé d’extinction, en raison de la déforestation intensive du pays. Regroupés sous le nom de « reptiles », les serpents, les lézards, les amphisbéniens (parfois appelés lézards-vers), les crocodiliens, les tortues terrestres et marines et les tuataras ou sphénodons (reptiles semblables aux lézards, endémiques de la Nouvelle-Zélande) ont une histoire longue et complexe, depuis leur apparition sur la planète il y a près de 300 millions d’années. Ils remplissent un certain nombre de fonctions importantes dans les écosystèmes mondiaux, que ce soit comme prédateurs ou comme proies. « Il faut remédier aux lacunes des connaissances et aux insuffisances des mesures de conservation, pour que celles-ci soient efficaces et que les reptiles survivent et prospèrent partout dans le monde », indique Ben Collen, directeur de l’Unité indicateurs et évaluations de la Société zoologique de Londres.« Les résultats de cette étude facilitent et accélèrent la prise de décisions importantes pour la conservation et situent clairement les reptiles sur la carte de la conservation ». Les informations tirées de cette étude feront partie de l’évaluation mondiale des reptiles entreprise par l’UICN et actuellement en cours.   Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site mondial de l’UICN >> ici Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées >> voir ici

Position sur l’agence nationale de la biodiversité

Dans le cadre de la mission de préfiguration sur l’agence nationale de la biodiversité, lancée par la Ministre de l’Ecologie, le Comité français de l’UICN a précisé ses attentes et ses positions. Annoncée par le Président de la République lors de la conférence environnementale en septembre 2012, la création de l’agence nationale de la biodiversité fait actuellement l’objet d’une mission de préfiguration. Cette mission a été confiée par la Ministre de l’Ecologie à M. Bernard Chevassus et M. Jean-Marc Michel, qui doivent rendre leur rapport le 31 janvier 2013. Dans le cadre de cette mission, le Comité français de l’UICN a précisé ses attentes et ses positions sur les missions, l’organisation territoriale et le financement de cette nouvelle agence. Ces éléments ont été présentés à la mission de préfiguration le 22 janvier 2013. La note de position, consultable ci-dessous, complète ainsi la recommandation adoptée par le Congrès français de la nature le 27 juin 2011, issue des études réalisées sur le thème « gouvernance et biodiversité ». Document joint Note position UICN France ANB

Conseil de la mer et des littoraux, traçons un cap pour les océans !

Biodiversité, transition énergétique, réforme du code minier, fiscalité écologique… Pour chacun des grands chantiers lancés par le gouvernement à la suite de la conférence environnementale, la dimension maritime doit être prise compte. Pourtant, la mer est la grande absente des débats. Demain, la première réunion du Conseil National de la Mer et des Littoraux (CNML), créé à l’initiative du Grenelle de la Mer, est l’occasion de mettre les océans au cœur de la politique environnementale de la France. Parviendra-t-il à le faire ? Le CNML doit être porteur d’une politique maritime environnementale ambitieuse Pour certains, la mer est le nouvel « eldorado ». On connaît malheureusement les travers d’un développement économique sauvage. Pour ne pas répéter en mer les erreurs commises à terre, il est impératif de réintégrer la protection de la mer à l’agenda du Gouvernement. Créé pour assurer le suivi du Grenelle de la mer et rendre son avis sur tous les domaines intéressant la mer, le CNML doit donner une dimension environnementale réelle à la politique maritime de la France. Demandez le programme ! Biodiversité, transition énergétique, réforme du code minier, fiscalité écologique… Le CNML doit insuffler une dynamique marine aux chantiers ouverts par le Gouvernement. La transition énergétique devra passer par le développement des énergies marines renouvelables, notamment dans les outre-mer, où la France s’est engagée pour le développement de projets pilotes. La réforme du code minier, quant à elle, doit intégrer les enjeux de l’exploitation minière en mer et la protection des milieux. Enfin, le volet marin de la fiscalité écologique doit impérativement être développé si nous voulons nous donner les moyens de respecter nos engagements européens et internationaux (qualité de l’eau, bon état écologique en 2020, atteinte du rendement maximum durable pour les stocks de poissons, création d’aires marines protégées…). Océans : la France doit être chef de file La France devra également s’atteler au chantier de la gouvernance des océans. Lors du Sommet de Rio+20, de juin dernier, les Etats membres des Nations unies se sont engagés à « s’occuper en urgence » et ce avant 2014, de la préservation et de la gestion de la biodiversité marine en haute mer. Malheureusement, l’agenda et les propositions restent toujours aussi flous. Avec 11 millions de km² d’espaces maritimes, la France doit être force de propositions dès maintenant ! Le Conseil National de la Mer et des Littoraux doit être porteur d’une nouvelle ambition pour la mer. C’est en réussissant à mettre les océans au cœur des priorités environnementales de la France qu’il légitimera son existence et démontrera son utilité. La mer est notre patrimoine commun et il est grand temps de la connaître et de la sauver pour faire mentir l’adage « la mer c’est ce que les gens ont dans le dos quand ils regardent la plage »* Communiqué de presse en pdf en téléchargement ci-dessous. * Eric Tabarly Document joint Communiqué de presse CNML

Exploitation aurifère en Guyane : l’UICN France demande l’annulation du permis Rexma

Le Comité français de l’UICN a demandé au Premier ministre d’annuler le permis d’exploitation aurifère accordé par le Ministre du Redressement productif à la société REXMA sur le territoire de la commune de Saül, situé dans un secteur du Parc amazonien de Guyane et dans une zone interdite à l’exploitation dans le schéma départemental d’orientation minière. Un arrêté ministériel du 26 octobre 2012, paru au JORF n°0288 du 11 décembre 2012 et signé par le Ministre du Redressement productif, accorde un permis d’exploitation de mines d’or et substances connexes, dénommé « Permis Limonade », à la société REXMA sur le territoire de la commune de Saül en Guyane. Ce permis concerne une zone interdite à l’exploitation minière du Schéma Départemental d’Orientation Minière de la Guyane qui est entré en vigueur depuis le 1er janvier 2012 et qui avait l’objet d’une large concertation à laquelle le Comité français de l’UICN avait participé. Ce secteur est également inclus dans la zone d’adhésion du Parc amazonien de Guyane et aura des impacts dans la zone cœur de ce parc national, puisque l’exploitation sera réalisée en amont et à proximité immédiate du bassin versant de la Crique Limonade qui en est partie intégrante (pollution au mercure, perturbation des cours d’eaux par les sédiments, etc…). Cette décision a suscité des oppositions parmi les élus guyanais et les habitants de la commune de Saül, située tout près de l’exploitation, qui se sont engagés dans une politique de développement durable du territoire basée notamment sur la valorisation touristique du patrimoine naturel. Cette décision est enfin en contradiction avec les objectifs des concertations actuellement menées sur la réforme du Code minier et la charte du Parc amazonien de Guyane. Le Président du Comité français de l’UICN a ainsi demandé au Premier Ministre, par un courrier en date du 19 décembre 2012, l’annulation de ce permis.