Biodiversité d’Outre-mer : une exceptionnelle richesse et une responsabilité mondiale de la France pour la protection de la planète
Le Comité français de l’UICN publie « Biodiversité d’Outre-mer » un ouvrage de référence présentant les dernières connaissances scientifiques sur la biodiversité terrestre et marine des collectivités françaises d’outre-mer ainsi que les actions mises en œuvre pour la protéger. Grâce à la contribution de plus de 150 experts, il permet de mesurer les efforts accomplis depuis dix ans et de souligner les défis restant à relever pour la conservation de la biodiversité. Un atout exceptionnel, des responsabilités internationales Les collectivités d’outre-mer abritent des richesses naturelles exceptionnelles : l’un des plus importants sites de ponte du monde pour les tortues luth en Guyane, des colonies de millions de manchots dans les archipels de Crozet et de Kerguelen (TAAF), des hauts lieux de reproduction pour les baleines à bosse à Mayotte, la deuxième plus grande barrière de récifs coralliens au monde en Nouvelle-Calédonie… Grâce aux outre-mer, la France possède le 2ème domaine maritime mondial incluant 55 000 km² de récifs coralliens et lagons, soit environ 10 % de la superficie mondiale. Les outre-mer sont caractérisés par leurs très forts niveaux d’endémisme : plus de 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires endémiques à la France sont ultramarins. Cette spécificité implique une responsabilité de premier plan pour la France : si les espèces disparaissent de ces territoires, elles disparaissent de la planète. Les Outre-mer aux premières loges de la crise mondiale de la biodiversité Revers de la médaille, la France se place au sixième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées selon la Liste rouge de l’UICN publiée en 2013. Cette situation est principalement due aux collectivités françaises d’outre-mer comme la Nouvelle-Calédonie, troisième place mondiale pour le nombre de reptiles menacés, ou la Polynésie française, territoire avec le plus grand pourcentage d’espèces d’oiseaux menacées ou éteintes. Des efforts de conservation en 10 ans… à poursuivre et amplifier Pour protéger ce patrimoine, de nombreuses aires protégées ont été créées : deux Parcs nationaux à La Réunion et en Guyane, la plus grande Réserve naturelle nationale dans les TAAF, deux Parcs naturels marins à Mayotte et dans les îles Glorieuses… Ainsi, en dix ans, la superficie cumulée totale des aires protégées en outre-mer a été multipliée par 10. De plus, les inscriptions du lagon de Nouvelle-Calédonie et des Pitons, cirques et remparts de La Réunion sur la liste des biens naturels au Patrimoine mondial de l’UNESCO témoignent de la reconnaissance internationale de ces hauts-lieux de biodiversité. Pour autant, le réseau des aires protégées, marines et terrestres, doit poursuivre son extension et les moyens nécessaires doivent être accordés pour assurer une gestion efficace de ces espaces. Depuis 2003, la prise en compte des enjeux ultramarins dans les politiques de la biodiversité s’est améliorée au niveau national, comme en témoigne la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité, et au niveau européen grâce au financement par la Commission européenne de trois récents appels à projets dédiés à la biodiversité des outre-mer dotés chacun de 2 millions d’euros. Malgré ces signes encourageants, il reste encore à construire une véritable politique européenne pour la biodiversité des outre-mer dotée d’un financement pérenne. Sur le territoire national, les défis de l’intégration de la biodiversité dans les autres politiques, comme celles liées à l’exploitation minière et pétrolière ou à la construction d’infrastructures et l’urbanisme restent majeurs. L’implication des collectivités locales est cruciale sur ces sujets et pour la mise en place de stratégies territoriales pour la biodiversité, comme c’est le cas en ce moment à Mayotte. Le réseau des acteurs de la biodiversité dans les collectivités d’outre-mer s’est structuré donnant lieu à la mise en place de nouveaux programmes de conservation mais les financements des associations de protection de la nature, acteurs essentiels, doivent être consolidés et accrus. Plus globalement, un renforcement des moyens humains et financiers pour la mise en œuvre des politiques de la biodiversité est nécessaire pour répondre efficacement aux enjeux de conservation. Grâce aux outre-mer, la France porte une responsabilité de premier plan au niveau mondial pour enrayer l’extinction de la biodiversité. Elle doit accentuer ses efforts dans ces territoires si elle veut atteindre les objectifs d’Aïchi en 2020 et respecter ses engagements internationaux auprès de la Convention sur la diversité biologique. Biodiversité d’Outre-mer ISBN : 978-2- 915964-06-6 Ouvrage coordonné par Olivier Gargominy et Aurélie Bocquet Coédité par les éditions Roger Le Guen et le Comité français de l’UICN avec le soutien du Ministère des Outre-mer, du Centre National du Livre, de l’Office National des Forêts et de la Fondation Nature et Découvertes. Prix de vente : 45 € En vente en librairie ou auprès du Comité français de l’UICN (uicn@uicn.fr) Document joint Communiqué de presse UICN France Publication de Biodiversité d’Outre-mer
Liste rouge nationale : les requins et raies de France métropolitaine menacés par une pêche non durable

D’après la Liste rouge des espèces menacées en France, au moins 11 espèces de requins et de raies sont menacées dans les eaux de France métropolitaine. L’état des lieux réalisé met en évidence l’impact de la pêche intensive, principale cause du déclin de ces espèces. Les analyses ont porté sur l’ensemble des poissons dits « cartilagineux », comprenant les requins, les raies et les chimères. Etabli avec la contribution d’un panel de spécialistes, ce bilan a été conduit par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (décembre 2013)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Rapport d’évaluation• Publication : UICN France, MNHN (2013). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Requins, raies et chimères de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Requin-pèlerin © François Würz – Les Aquanautes
Robert Barbault : une grande figure de la biodiversité nous a quittés
Le Comité français de l’UICN est profondément attristé par le décès de Robert Barbault l’un des plus grands spécialistes de l’écologie et rend hommage à son engagement pour la préservation de la biodiversité et la réconciliation de l’homme et de la nature. Robert Barbault est décédé le 12 décembre 2013 à Paris à l’âge de 70 ans. Il était professeur émérite à l’Université Paris VI et au Muséum national d’Histoire naturelle où il a dirigé le département « Ecologie et gestion de la biodiversité » de 2002 à 2012. Il avait auparavant dirigé le Programme national « dynamique de la biodiversité et environnement » du CNRS (lancé en 1992) et l’Institut fédératif d’écologie fondamentale et appliquée. De par la qualité de ses travaux et le rôle qu’ils ont joué dans la promotion des sciences de l’écologie, il avait reçu, conjointement avec Bernard Delay, le « Grand prix de la Société Française d’Écologie » le 4 septembre 2010. Engagé dans la préservation de la biodiversité, il présidait le comité français du programme MAB (Man and Biosphere) de l’UNESCO et le conseil scientifique de Parcs Nationaux de France. Il était également Vice-Président de l’association Humanité & Biodiversité et membre du Groupe « Patrimoine mondial » du Comité français de l’UICN. Il a publié des ouvrages de référence sur l’écologie (Ecologie générale : structure et fonctionnement de la biosphère) et la biodiversité (Des baleines des bactéries et des hommes, Un éléphant dans un jeu de quilles, La vie quelle entreprise !, et dernièrementAvant que nature meure, pour que nature vive à l’occasion de la réédition du livre de Jean Dorst). A la fois grand scientifique et excellent pédagogue, il a su démontrer et expliquer les interactions et les liens étroits entre les hommes et les autres éléments du vivant, alerter sur les dangers de l’érosion de la biodiversité et l’importance de sa protection, et plaider pour une réconciliation des hommes et de la nature, en parfaite adéquation avec la vision de l’UICN : « un monde juste qui valorise et conserve la nature ».
Publication de la brochure sur les services rendus par les écosystèmes urbains
Après la publication d’un premier volume présentant le contexte et les enjeux des services écologiques (ou écosystémiques) puis d’une brochure sur les services rendus par les écosystèmes forestiers, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une nouvelle brochure sur les services écologiques fournis par les écosystèmes urbains. Ces brochures visent, sur la base des connaissances scientifiques et d’exemples concrets, à mieux connaître les services rendus par les écosystèmes pour sensibiliser les différents acteurs à l’importance de préserver la biodiversité sur notre territoire. Après les écosystèmes forestiers, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une nouvelle brochure sur les services écologiques fournis par les écosystèmes urbains français (métropole et outre-mer). Après une présentation de l’écosystème concerné et de ses spécificités, sont illustrés l’ensemble des services selon la typologie définie dans le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) : support, approvisionnement, régulation, culturel. L’urbanisation et l’artificialisation du territoire ont conduit à une diminution et une dégradation des milieux naturels, mais le retour de la nature en ville permet de mettre en avant les bénéfices fournis par les écosystèmes urbains : régulation des inondations, régulation climatique, régulation de la qualité de l’eau, de l’air et des sols, pollinisation, services culturels… Ces derniers, correspondant aux loisirs et aux aspects esthétiques et patrimoniaux que représentent les espaces naturels en ville, prennent aujourd’hui une importance majeure car ils font l’objet d’une demande sociale importante. De plus, les preuves scientifiques s’accumulent sur la relation positive entre bien-être, santé et espaces verts. A suivre prochainement : la brochure sur les écosystèmes marins et côtiers. Contact Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques » Documents joints UICN France – Services Ecosystèmes urbains
Des mesures d’urgence adoptées pour les éléphants d’Afrique
Des Etats clés concernés par le commerce illégal de l’ivoire se sont engagés à prendre des mesures urgentes pour y mettre fin et sécuriser les populations d’éléphants à travers l’Afrique. L’accord a été conclu lors du Sommet de l’Eléphant d’Afrique convoqué par le gouvernement du Botswana et l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Le sommet est la toute première réunion consacrée aux dynamiques en cours sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’ivoire. Les mesures ont été décidées par des Etats clés de l’aire de répartition de l’Eléphant d’Afrique clés comprenant le Gabon, le Kenya, le Niger et la Zambie, des Etats de transit de l’ivoire comme le Vietnam, les Philippines et la Malaisie et des Etats de destination de l’ivoire, comme la Chine et la Thaïlande. « Notre fenêtre d’opportunité pour lutter contre le commerce illégal de l’ivoire se ferme et si nous n’endiguons pas la marée, les générations futures condamneront notre manque de volonté à agir », a déclaré Seretse Khama Ian Khama, Président de la République du Botswana. « Il est maintenant temps que l’Afrique et l’Asie unissent leurs forces pour protéger cette espèce universellement appréciée et indispensable ». L’une des 14 mesures approuvées par les délégués (voir document complet ci-dessous) consiste à classer le trafic d’espèces sauvages comme un « crime grave ». Cela débloquera la coopération pour l’application du droit international prévue dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre le crime organisé transnational, comprenant de l’entraide judiciaire, la saisie et la confiscation des biens, l’extradition et d’autres outils pour tenir les criminels responsables de la criminalité de la faune sauvage. D’autres mesures comprennent l’engagement des communautés vivant avec les éléphants en faveur de leur conservation, le renforcement des législations nationales pour assurer des peines maximales envers la criminalité liée à la faune, la mobilisation des ressources financières et techniques pour lutter contre cette criminalité et la réduction de la demande pour l’ivoire illicite. « Nous sommes très heureux du résultat du Sommet, surtout parce qu’il a impliqué certains des pays les plus importants le long de la chaîne de valeur de l’ivoire illégal » a déclaré la Directrice générale de l’UICN Julia Marton-Lefèvre. « Nous espérons que ces résultats de ce Sommet iront au-delà de la situation des éléphants d’Afrique et permettront d’accroître les efforts pour lutter contre le commerce illégal d’autres espèces sauvages qui les menace également, telles que les rhinocéros et les pangolins ». L’année 2011 a enregistré les plus hauts niveaux de braconnage et de commerce illégal de l’ivoire depuis au moins 16 ans et l’année 2012 ne montre aucun signe de ralentissement. Selon les données préliminaires, des niveaux encore plus élevés de trafic illégal pourraient être atteints en 2013. Dix-huit saisies majeures concernant plus de 40 tonnes d’ivoire ont été enregistrées depuis le début de l’année, ce qui représente la plus grande quantité d’ivoire saisis au cours des 25 dernières années. La pauvreté et la corruption, ainsi que la demande croissante de l’Asie sont les principaux moteurs du braconnage et du commerce illégal de l’ivoire. L’Eléphant d’Afrique (Loxodonta africana), le plus grand mammifère terrestre du monde, est actuellement considéré comme « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN ™, avec une estimation de sa population totalisant environ 500 000 animaux. Le Sommet de l’Eléphant d’Afrique a été organisé avec le soutien financier du ministère britannique de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales, le gouvernement allemand, l’Agence américaine pour le développement international, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale. Documents joints Sommet Eléphant d’Afrique – les mesures d’urgence African Elephant Summit – urgent measures
Le commerce illégal de l’ivoire pourrait faire disparaître un cinquième des éléphants d’Afrique dans la prochaine décennie
D’après de nouvelles études rendues publiques aujourd’hui, à l’occasion d’un sommet organisé par le gouvernement du Botswana et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) afin d’examiner la situation inquiétante de l’Éléphant d’Afrique, si les taux de braconnage se poursuivent au niveau actuel, le continent africain pourrait perdre un cinquième de ses éléphants dans les dix années à venir. Les dernières études relatives au braconnage estiment en effet qu’en 2012, près de 15 000 éléphants ont été abattus de façon illicite sur 42 sites, dans 27 pays africains participant au programme MIKE (Système de suivi de l’abattage illégal des éléphants), un programme de la CITES (la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) bénéficiant d’un soutien financier de l’Union européenne. Selon les analyses de MIKE, ces chiffres signifient qu’à l’échelle de l’ensemble du continent, 22 000 éléphants environ auraient été abattus illégalement en 2012, légèrement moins que l’estimation de 25 000 pour 2011. « Avec 22 000 éléphants d’Afrique abattus illégalement en 2012, la situation reste critique. Le braconnage de l’espèce en Afrique atteint toujours des chiffres très élevés, et pourrait entraîner des extinctions locales s’il se poursuit au rythme actuel. La situation est particulièrement préoccupante en Afrique centrale, où le taux estimé de braconnage double la moyenne continentale », précise John E. Scanlon, Secrétaire général de la CITES. Le Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique de l’UICN estime que la population de l’espèce (Loxodonta africana) est de 500 000 individus environ. En Afrique centrale, les éléphants subissent de plein fouet les effets du braconnage, mais, eu égard à l’importance de l’abattage illégal dans toutes les sous-régions, même les populations plus nombreuses d’Afrique australe et de l’est sont confrontées à un risque si la tendance n’est pas inversée. L’escalade du braconnage ces dernières années semble être principalement due à la pauvreté et aux insuffisances de la gouvernance dans les pays de l’aire de répartition de l’éléphant, associées à une demande croissante d’ivoire illégal dans les pays consommateurs. L’importance du braconnage trouve son pendant dans les chiffres élevés du commerce de l’ivoire tirés de la base de données du Système d’information sur le commerce des produits de l’éléphant (ETIS), gérée par TRAFFIC au nom de la Conférence des Parties à la CITES. D’après des données de l’ETIS corrigées des biais, le commerce illégal de l’ivoire a atteint en 2011 son niveau le plus élevé depuis au moins 16 ans et ces niveaux inadmissibles persistent en 2012. D’après des indicateurs préliminaires, le commerce illicite pourrait atteindre des chiffres encore plus élevés en 2013. Bien qu’encore incomplètes, les données brutes des saisies importantes d’ivoire en 2013 (portant sur 500 kg d’ivoire au moins en une seule transaction) représentent d’ores et déjà la plus grande quantité d’ivoire confisquée depuis 25 ans pour ce type de saisie. Des saisies d’ivoire à très grande échelle signalent l’implication de la criminalité organisée ; dans le courant de cette année, 41,6 tonnes d’ivoire ont été saisies lors d’opérations de ce genre, mais nous ne savons pas encore si ces résultats reflètent un progrès dans la lutte contre la criminalité ou une escalade du commerce ; il faudra pour cela attendre l’analyse complète des résultats de 2013, qui sera disponible l’année prochaine. « Entre 2000 et 2013, on observe un accroissement du trafic de l’ivoire à grande échelle, en termes du nombre d’expéditions et de la quantité d’ivoire échangée illégalement. En 2013, nous constatons une augmentation de 20% par rapport aux chiffres record de 2011 ; nous sommes très inquiets », dit Tom Milliken, spécialiste du commerce de l’ivoire chez TRAFFIC et responsable de la base de données ETIS. Depuis 2009, les routes commerciales ont changé, privilégiant maintenant l’Afrique de l’est au lieu de l’Afrique occidentale et centrale. La Tanzanie et le Kenya sont maintenant les points de sortie les plus importants pour l’ivoire illicite quittant le continent. La Malaisie, le Vietnam et Hong Kong sont les lieux de transit principaux, avec la Chine pour destination principale, et parfois la Thaïlande. Depuis deux ans, toutefois, d’autres évolutions se dessinent : le Togo et la Côte d’Ivoire semblent ainsi devenir de nouveaux points de sortie sur le continent africain, et l’Indonésie, l’Espagne, le Sri Lanka, la Turquie et les Émirats Arabes Unis de nouveaux pays de transit. Les chiffres les plus récents du braconnage et du trafic sont publiés au moment où les représentants des pays de l’aire de répartition de l’Éléphant d’Afrique, ainsi que des principaux pays de transit et de destination du commerce illégal de l’ivoire se réunissent au Botswana. Les participants devraient s’engager à prendre des mesures concrètes pour enrayer le commerce illégal et préserver des populations viables dans l’ensemble du continent africain, notamment en renforçant la législation nationale de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et en améliorant la coopération entre les différents pays et à l’intérieur de chacun d’entre eux. L’UICN, par le biais du Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique de sa Commission de la sauvegarde des espèces (CSE), fournit des données scientifiques qui sous-tendent le Programme de suivi de l’abattage illégal de l’éléphant et le Système d’information sur le commerce des produits de l’éléphant. « Ces systèmes de suivi fournissent aux décideurs des données vitales et fiables, et nous sommes très heureux de pouvoir présenter des informations actualisées au Sommet de l’Éléphant d’Afrique », dit Mme Holly Dublin, Présidente du Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique de l’UICN. « Le tableau d’ensemble dessiné par ces nouveaux éléments devrait inciter tous les délégués à ce Sommet à se mettre d’accord sur les mesures nécessaires qui doivent être prises d’urgence pour préserver les éléphants d’Afrique ». « Confrontés à ce sombre tableau, nous devons rester vigilants, mais pour la première fois depuis des années il y a quelques signes encourageants indiquant une stabilisation possible en matière de braconnage. Ceci nous permet d’espérer que, si nous renforçons nos actions de lutte contre la criminalité et de sensibilisation du public dans l’ensemble de la chaîne du trafic illégal, si nous appuyons la mise en place de moyens d’existence
L’Okapi, la « girafe des forêts », rejoint le nombre croissant d’espèces menacées de la Liste rouge de l’UICN
L’Okapi – un symbole national de la République démocratique du Congo, également connu sous le nom de « girafe des forêts » – et le Râle à miroir – l’un des oiseaux les plus rares d’Afrique – sont maintenant proches de l’extinction, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées™ de l’UICN. Deux espèces d’albatros, la Tortue luth et le Renard gris insulaire des Îles Channel de Californie montrent quant à eux des signes d’amélioration. Un total de 71 576 espèces ont été évaluées, dont 21 286 sont menacées d’extinction. La mise à jour met en évidence un sérieux déclin de la population de l’Okapi (Okapia johnstoni), un proche parent de la girafe, vivant uniquement dans les forêts tropicales de la République démocratique du Congo (RDC). L’espèce est aujourd’hui « En danger », proche de la catégorie la plus élevée de risque d’extinction, avec des effectifs en baisse dans son aire de répartition. Le braconnage et la perte des habitats naturels, ainsi que la présence de rebelles, de braconniers d’éléphants et de mineurs illégaux, sont les principales menaces à sa survie. « L’Okapi est vénéré au Congo comme un symbole national – il figure même sur les billets de banque en francs congolais, » déclare le Dr Noëlle Kümpel, co-présidente du Groupe de spécialistes des Girafes et de l’Okapi de l’UICN, et gestionnaire du projet de conservation de l’Okapi de la Société Zoologique de Londres.« Malheureusement, la RDC a été prise dans la guerre civile et ravagée par la pauvreté pendant près de deux décennies, conduisant à une dégradation généralisée de l’habitat de l’Okapi et à l’augmentation de la chasse pour sa viande et sa peau. Soutenir les efforts du gouvernement pour lutter contre la guerre civile et l’extrême pauvreté dans la région est essentiel pour assurer sa survie ». Selon la mise à jour de la Liste rouge, près de 200 espèces d’oiseaux sont maintenant « En danger critique », rencontrant le risque le plus élevé d’extinction. Le Râle à miroir (Sarothrura ayresi), un petit oiseau discret qui se reproduit en Ethiopie, au Zimbabwe et en Afrique du Sud, est la dernière espèce à rejoindre cette catégorie. La destruction et la dégradation de son habitat, comprenant le drainage des zones humides, la conversion des terres pour l’agriculture, l’extraction d’eau, le surpâturage par le bétail et la coupe de végétation dans les marais, l’ont conduit à cet état précaire. Une action urgente est maintenant nécessaire pour mieux comprendre l’écologie de l’espèce et répondre à ces menaces. Bien que la situation de la population mondiale de la Tortue luth (Dermochelys coriacea) – la plus grande de toutes les tortues vivantes – se soit améliorée, passant de la catégorie « En danger critique » à « Vulnérable », l’espèce continue à faire face à de graves menaces au niveau de plusieurs de ses sous-populations. La Tortue luth est une espèce unique, comportant globalement sept sous-populations biologiquement et géographiquement distinctes. La sous-population de l’océan Atlantique Nord-Ouest est abondante et en augmentation grâce à des initiatives de conservation réussies dans la région. En revanche, la sous-population de l’océan Pacifique Est, qui pond le long de la côte Pacifique des Amériques, et la sous-population de l’océan Pacifique Ouest, présente en Malaisie, en Indonésie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans les Îles Salomon, sont toutes deux en forte baisse en raison d’importantes récoltes des œufs et des captures accidentelles par les engins de pêche. Des efforts de conservation ciblés sont nécessaires pour éviter leur effondrement. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN apporte aussi de bonnes nouvelles pour certaines des espèces évaluées. Deux espèces d’albatros – l’une des familles d’oiseaux les plus menacées de la planète – sont maintenant à un plus faible risque d’extinction en raison de l’augmentation de leurs populations.L’Albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophrys) est passé de la catégorie « En danger » à « Quasi menacé » et l’Albatros à pieds noirs (Phoebastria nigripes) est passé de « Vulnérable » à « Quasi menacé ». Les prises accessoires par les pêcheries sont la principale menace pour ces espèces. Le Renard gris insulaire (Urocyon littoralis), auparavant « En danger critique », a également vu son statut s’améliorer et est maintenant classé comme « Quasi menacé ». Présent sur six des îles Channel de Californie, au large de la côte sud de la Californie, quatre sous-espèces de ce renard ont subi des baisses catastrophiques au milieu des années 1990, principalement en raison de maladies et de la prédation par des espèces non indigènes, comme l’Aigle royal. Les quatre sous-espèces ont maintenant récupéré ou approchent du seuil de récupération. Ceci est principalement dû à des actions de conservation réussies, engagées par le National Park Service des USA, membre de l’UICN, qui comprenaient l’élevage en captivité, la réintroduction, la vaccination contre les maladies canines et la relocalisation des aigles royaux. « Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN montre quelques réussites de conservation fantastiques, dont nous devons nous inspirer pour les futurs efforts de conservation », indique Jane Smart, Directrice mondiale du groupe de Conservation de la Biodiversité de l’UICN.« Cependant, le message global reste sombre. Avec chaque mise à jour, tandis que nous voyons certaines espèces améliorer leur statut, un nombre beaucoup plus grand d’espèces apparaissent dans les catégories menacées. Le monde doit de manière urgente décupler ses efforts pour éviter cette dégradation ». Pour en savoir plus http://www.iucnredlist.org Liste rouge mondiale des espèces menacées Contacts Florian Kirchner, Chargé de programme « espèces », UICN France, +33 1 40 79 48 09 Ewa Magiera, IUCN Media Relations, tel +41 22 999 0346, mobile +41 79 856 76 26 Lynne Labanne, IUCN Species Programme Communications Officer, tel +41 22 999 0153, mobile +41 79 527 7221 Jonathan Hulson, IUCN Species Programme Communications, tel +41 22 999 0154
Premiers résultats de la Liste rouge nationale pour la flore de Martinique
Au terme d’un état des lieux établi avec les compétences d’une douzaine de botanistes, les analyses réalisées permettent de connaître le risque de disparition de 162 espèces de la flore de Martinique. Ces résultats constituent une première étape vers l’évaluation de l’ensemble des plantes supérieures de l’île. Parmi les espèces menacées, la Liane à canots (Tanaecium crucigerum) et le Banga (Acrocomia karukerana) sont classés « En danger critique ». Le Bois chandelle (Zanthoxylum spinifex) et l’orchidée Oncidium altissimumsont en catégorie « Vulnérable ». Le Caca-ravet (Cybianthus dussii) et le Bois-moussara (Drypetes dussii), tous deux endémiques de l’île, ont été classés « En danger ». Ces évaluations ont été menées par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec le Conservatoire botanique de Martinique (CBMQ) et la Fédération des conservatoires botaniques nationaux (FCBN). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale Documents et liens • Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf) • Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN) Photo bandeau : Banga (Acrocomia karukerana) © CBIG
Les lauréats de la Palme IFRECOR 2013 sont…
Pour la troisième année, l’IFRECOR – Initiative française pour les récifs coralliens – a lancé le concours de la Palme IFRECOR à destination des élus des collectivités d’outre-mer. Ce concours, organisé par le Comité français de l’UICN, a pour objectif de valoriser les actions et politiques locales exemplaires mises en œuvre pour la préservation et la gestion durable des récifs coralliens et de leurs écosystèmes associés (herbiers et mangroves). Pour sa troisième édition, le jury, présidé par le Professeur Bernard Salvat (directeur émérite de l’EPHE– École Pratique des Hautes Études) a examiné 9 projets et a choisi de récompenser pour la Palme IFRECOR 2013 : Dans la catégorie « Protection, valorisation, restauration écologique » M. Ary CHALUS, député-maire de Baie-Mahault en Guadeloupe, pour le projet « KOUDMEN POUR LA MANGROVE ». Ce projet présente le programme de restauration écologique de la mangrove aux abords de la Rivière Salée. Il a consisté à : – la destruction de 12 cases de pêcheurs insalubres et l’évacuation de 125 tonnes de déchets. – un nettoyage des fonds sous-marins et une plantation de jeunes palétuviers (pour favoriser le retour des herbiers et mangroves). – la revalorisation du site aux abords de la Rivière Salée pour sensibiliser les populations et de leur permettre de se réapproprier le site. Le projet comporte aussi un volet social puisque des gardes du littoral ont été embauchés par la commune pour assurer une veille sur le site et sensibiliser les habitants aux bénéfices de la mangrove pour les récifs coralliens. Dans la catégorie « Éducation et sensibilisation » Mme Fabienne COUAPEL-SAURET, vice-présidente de la Région Réunion, pour le projet « SENTIER SOUS-MARIN DE L’ERMITAGE À SAINT-PAUL ». Le sentier sous-marin a été créé en 2003 dans le périmètre de la Réserve nationale marine créée en 2007. Il permet aux visiteurs de constater l’effet positif de la Réserve sur la biodiversité. Il est aussi devenu un véritable outil pédagogique, indispensable à la sensibilisation des collégiens et lycéens, ainsi qu’à la formation de futurs professeurs des écoles. Une remise des trophées à l’Hôtel de Montmorin du Ministère des Outre-mer Lundi 18 novembre, à l’occasion de la journée Outre-Mer du Congrès de l’Association des Maires de France (AMF) qui se tenait à l’Hôtel de Ville de Paris, une grande exposition photographique de l’IFRECOR a présenté les enjeux de préservation des récifs coralliens et écosystèmes associés. La cérémonie de remise des trophées s’est tenue au Ministère des Outre-Mer à l’issue de cette journée, en présence de la Ministre déléguée chargée de la Réussite éducative, George Pau-Langevin, du Ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, du Directeur du Comité français de l’UICN, Sébastien Moncorps, et de 500 élus ultramarins. > Découvrez également le livret de la Palme IFRECOR 2013 > Site internet de l’IFRECOR
Des scientifiques identifient les aires protégées les plus irremplaçables dans le monde
Une nouvelle étude scientifique a identifié les aires protégées les plus importantes pour empêcher l’extinction d’espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens dans le monde. Issue d’une collaboration internationale, cette analyse fournit des conseils pratiques pour améliorer l’efficacité des aires protégées dans la conservation de la biodiversité à l’échelle mondiale. L’étude, publiée dans la dernière édition de la revue internationale Science, calcule l’irremplaçabilité de chaque aire protégée individuellement à partir d’une base de données comprenant 173 000 aires protégées terrestres et 21 500 espèces évaluées par la Liste Rouge des Espèces Menacées de l’UICN. L’analyse compare la contribution de chaque aire protégée pour la survie des espèces sur le long terme. Soixante-dix-huit sites (comprenant 137 aires protégées dans 34 pays) ont été identifiés comme des sites exceptionnellement irremplaçables. Tous réunis, ces sites hébergent la majorité des populations de plus de 600 espèces d’oiseaux, d’amphibiens et de mammifères, dont la moitié est menacée dans le monde. Dans la plupart des cas, ces aires protègent des espèces qui ne peuvent être trouvées nulle part ailleurs, comme par exemple le Canard de Laysan (Anas laysanensis), une espèce en danger critique d’extinction endémique du Refuge National de la Faune et de la Flore des îles Hawaiiennes (Hawaiian Islands National Wildlife Refuge) aux Etats-Unis, ou les 13 espèces d’amphibiens présent uniquement dans le Parc National de Canaima au Venezuela. Plusieurs de ces aires irremplaçables sont déjà reconnues comme étant de “Valeur Universelle Exceptionnelle” selon la Convention du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Ces sites comprennent entre autres les célèbres Iles Galápagos en Equateur, le Parc National de Manú au Pérou et les Ghats Occidentaux en Inde. Cependant, la moitié de la surface recouverte par ces aires protégées n’est pas reconnue au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Tel est le cas, par exemple, du Parc National des Montagnes Udzungwa en Tanzanie, des Zones Humides d’Importance Internationale de la Péninsule de Zapata à Cuba, et du Parc Naturel National de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, le site le plus irremplaçable du monde pour les espèces menacées. “Ces lieux exceptionnels seraient tous de bons candidats pour être classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO”, dit Soizic Le Saout, premier auteur de l’étude. “Une telle reconnaissance pourrait assurer une protection plus efficace de l’exceptionnelle biodiversité de ces aires du fait des normes exigées pour les sites inscrits au Patrimoine Mondial”. Contrairement aux précédentes évaluations qui se concentraient sur l’augmentation du nombre de sites protégés, cette étude souligne le besoin d’améliorer la gestion, souvent insuffisante, des aires protégées déjà existantes et propose une ligne de conduite pour mettre en œuvre ces améliorations. “Par exemple, les Réserves Forestières Nationales de Páramo Urrao en Colombie, n’existent pas vraiment sur le terrain” dit Paul Salaman, un expert en biodiversité de la Colombie et directeur général de Rainforest Trust. “Elles furent crées légalement en 1975 mais n’ont jamais fait l’objet d’une réelle gestion de protection”. “Les aires protégées peuvent remplir leur rôle pour réduire la perte de biodiversité uniquement si elles sont gérées efficacement” dit Simon Stuart, président de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN.“Puisque les budgets pour la conservation sont limités, les gouvernements devrait donc prêter une attention tout particulière à l’efficacité de la gestion des aires protégées les plus irremplaçables.” Cette étude s’appuie sur le travail d’un large réseau d’experts qui collectent et analysent des données pour la Liste Rouge des Espèces Menacées de l’UICN™ et pour la Base de Données Mondiales sur les Aires Protégées. Elle est le résultat d’une collaboration internationale entre le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE, CNRS Montpellier) en France, l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) via sa Commission de Sauvegarde des Espèces et via sa Commission Mondiale sur les Aires Protégées, le Centre Mondial de Surveillance de la Conservation (UNEP-WCMC) et BirdLife International. La publication de cette étude se produit exactement un an avant le Congrès mondial sur les parcs, le rendez-vous incontournable pour les aires protégées, qui se tiendra à Sydney et fixera l’ordre du jour de leur conservation pour la prochaine décennie. L’article peut être commandé sur http://www.sciencemag.org/content/342/6160/803.summary Pour en savoir plus, consultez la base de données mondiales des aires protégées et la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN