Résoudre la crise du changement climatique naturellement

Avant le sommet de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Durban, l’UICN appelle les décideurs politiques à augmenter les financements consacrés à la lutte contre le changement climatique et à promouvoir des solutions basées sur la nature. L’UICN enverra une délégation d’experts à la 17ème Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui aura lieu à Durban, Afrique du Sud, du 28 Novembre au 9 Décembre 2011. Parmi les défis clés pour l’UICN lors de cette conférence figurent celui de l’adaptation basée sur les écosystèmes pour faire face aux impacts néfastes du changement climatique et celui de la mise en œuvre globale d’un mécanisme de réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD).   Les questions clés • La nature fournit une solution d’adaptation au changement climatique « L’adaptation basée sur les écosystèmes est une solution efficace que les gouvernements devraient incorporer de manière proactive dans les politiques nationales ; ils devraient prendre des mesures immédiates pour la mettre en œuvre sur le terrain », explique Stewart Maginnis, Directeur du programme Environnement et Développement de l’UICN. « Améliorer la gestion des systèmes fluviaux, les récifs coralliens, les mangroves et les forêts contribue directement à la résilience des communautés locales pour faire face aux conséquences, à la fois soudaines et à long terme, du changement climatique. »   • Une initiative majeure doit être prise pour promouvoir le développement et la mise en œuvre d’un mécanisme REDD+, écologique et équitable, au niveau national « Un outil qui, à la fois conserve et restaure les ressources forestières et réduit les émissions de gaz à effet de serre, est l’un des rares outils que nous avons d’immédiatement disponible pour diminuer les effets du changement climatique », explique Claire Parker, Conseillère principale de l’UICN des politiques sur les changements climatiques. « Toutefois, pour être efficace, la mise en œuvre doit avoir lieu au niveau national, inclure l’examen de questions telles que la répartition équitable des avantages, et permettre une participation égale de toutes les parties prenantes, y compris les femmes et les peuples autochtones. »   • Les gouvernements doivent reconnaître l’importance de la gestion des écosystèmes côtiers « Les gens ne réalisent souvent pas à quel point la nature peut être efficace dans la lutte contre les effets du changement climatique », dit Edmund Barrow, chef du Programme de gestion des écosystèmes de l’UICN.« Le défi est de trouver les moyens les plus appropriés et durables de le montrer. La gestion des écosystèmes côtiers offre un double avantage : non seulement elle permet de protéger les communautés de l’inévitable élévation du niveau de la mer, mais des systèmes côtiers en bonne santé permettent également de capturer et de stocker d’énormes quantités de carbone. »   • L’acidification des océans est un défi mondial « Le temps est venu d’agir », explique Dorothée Herr, Chargée du programme marin.« Les décideurs ont besoin de reconnaître et de traiter l’acidification des océans, comme il est maintenant clair que c’est un problème lié au changement climatique qui engendrera des conséquences dévastatrices si rien n’est fait. L’acidification des océans à l’échelle mondiale est causée uniquement par l’augmentation des concentrations de CO2 atmosphérique et représente une menace majeure non seulement pour la biodiversité marine, mais aussi pour la sécurité alimentaire mondiale. »   Pour en savoir plus : http://www.iucn.org/unfccc/

Liste rouge européenne : un déclin alarmant des plantes, des mollusques et des poissons d’eau douce

Selon de nouvelles recherches publiées le 21 novembre 2011, le patrimoine naturel européen montre un déclin alarmant. La Liste rouge européenne, qui fait partie de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, a évalué une part importante de la faune et de la flore indigènes d’Europe et découvert qu’une grande proportion des mollusques, des poissons d’eau douce et des plantes vasculaires se classent désormais dans l’une des catégories menacées. L’évaluation de quelque 6000 espèces révèle que 44% de tous les mollusques d’eau douce, 37% des poissons d’eau douce, 23% des amphibiens, 20% d’une sélection de mollusques terrestres, 19% des reptiles, 15% des mammifères et des libellules, 13% des oiseaux, 11% des coléoptères saproxyliques, 9% des papillons et 467 espèces de plantes vasculaires sont maintenant menacées. Janez Potočnik, Commissaire européen à l’Environnement, indique : « Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n’agissons pas d’urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. » Les mollusques d’eau douce sont le groupe le plus menacé de ceux qui ont été étudiés jusqu’à présent. La grande mulette (Margaritifera auricularia), qui était jadis assez répandue, se limite désormais à quelques rivières de France et d’Espagne. Actuellement classée En danger critique d’extinction, elle était considérée comme quasi éteinte dans les années 1980. Cette espèce est l’une des deux pour lesquelles un Plan d’action a été conçu à l’échelle européenne, et des programmes de conservation en cours permettent d’espérer en son avenir. « Ces résultats confirment l’état inquiétant des mollusques européens » indique Annabelle Cuttelod, Coordinatrice de la Liste rouge européenne à l’UICN. « Lorsqu’on les combine au niveau élevé des menaces qui pèsent sur les poissons et les amphibiens d’eau douce, nous pouvons constater que les écosystèmes d’eau douce européens sont vraiment soumis à de graves menaces qui exigent des mesures de conservation urgentes. » Les poissons d’eau douce sont aussi très menacés, spécialement à cause de la pollution, de la surpêche, de la perte d’habitats et de l’introduction d’espèces invasives. Les esturgeons courent un risque particulier : sept des huit espèces européennes sont aujourd’hui En danger critique d’extinction. Dans la catégorie des plantes vasculaires, nous trouvons toutes les parentes sauvages des plantes cultivées ; elles sont vitales pour la sécurité alimentaire et pourtant leur conservation est souvent négligée. L’espèce Beta patula est une proche parente sauvage des betteraves cultivées et une source génétique importante pour l’amélioration de la résistance aux virus. Parmi les autres plantes qui présentent des niveaux de menaces inquiétants citons, entre autres, les parentes sauvages de la betterave sucrière, du blé, de l’avoine et de la laitue qui sont des cultures économiquement importantes en Europe. Mais il y a aussi des nouvelles positives, et les évaluations mettent en évidence la réussite de mesures de conservation bien conçues. De nombreuses espèces protégées en vertu de la Directive Habitats de l’UE et incluses dans le réseau d’aires protégées Natura 2000 ont maintenant de meilleures chances de survie. Centranthus trinervis, une plante endémique de Corse, est passée de En danger critique d’extinction à En danger grâce à la protection stricte dont bénéficie son seul site connu. De plus, le contrôle, depuis une dizaine d’années, d’espèces envahissantes telles que certaines plantes, les chèvres et les rats, a été bénéfique pour la plupart des escargots terrestres de Madère. « Ce sont des signes encourageants qui montrent les bénéfices d’actions de conservation étayées par des politiques fermes » indique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial de l’UICN pour les espèces, « La poursuite de la mise en oeuvre de la législation européenne actuelle, combinée à de nouveaux programmes de conservation, est essentielle pour préserver ces importantes espèces indigènes et leurs habitats. »`   Pour plus d’informations Liza Drius, responsable des communications, UICN Europe, tel +32 2 739 0318 Maggie Roth, relations avec les médias, UICN, tel +1 202 262 5313 Lynne Labanne, responsable des communications, Programme mondial de l’UICN pour les espèces, tel +41 22 999 0153 Pour en savoir plus sur ces résultats Le site mondial de l’UICN >> voir ici Le site de la Liste rouge de l’UICN >> ici

Liste rouge mondiale 2011 : un autre pas vers le baromètre de la vie

Rendue publique le 10 novembre 2011, la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées illustre les efforts entrepris par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et par ses partenaires pour accroître le nombre et la diversité des espèces évaluées, en améliorant la qualité des informations afin de dresser un meilleur tableau de l’état de la biodiversité. Avec plus de 61 900 espèces étudiées à ce jour, un autre pas de géant a été franchi pour faire de la Liste rouge un véritable « Baromètre de la Vie », que d’éminents experts appelaient de leurs vœux dans le magazine Science de 2010. « Cette mise à jour nous apporte de bonnes et de mauvaises nouvelles sur le statut de nombreuses espèces du monde entier » dit Jane Smart, Directrice du Programme mondial de l’UICN pour les espèces. « Nous savons que les efforts de conservation donnent des résultat s’ils sont mis en oeuvre à temps, mais sans un ferme soutien politique associé à des efforts ciblés et à des ressources suffisantes, les merveilles de la nature et les services qu’elle nous offre pourraient être perdus pour toujours. » Malgré les actions des programmes de conservation, 25% des mammifères sont menacés d’extinction. Par exemple, la réévaluation de plusieurs espèces de rhinocéros révèle que la sous-espèce de rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest (Diceros bicornis longipes) est désormais officiellement déclarée Eteinte. La sous-espèce de rhinocéros blanc d’Afrique centrale, le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni), est aujourd’hui à la limite de l’extinction et a été classée parmi les espèces Peut-être éteintes à l’état sauvage. Le rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus) livre lui aussi sa dernière bataille : la sous-espèce Rhinoceros sondaicus annasmiticus s’est probablement Eteinte au Vietnam, en 2010, suite au braconnage de ce que l’on pense avoir été le dernier spécimen. Même si cela ne signe pas la fin du rhinocéros de Java, cela réduit néanmoins l’espèce à une unique population minuscule et toujours en déclin sur l’île de Java. Les menaces majeures qui pèsent sur ces animaux sont le manque de volonté et de soutien politique en faveur des efforts de conservation dans de nombreux habitats de rhinocéros, les groupes criminels internationaux organisés qui les ciblent, la demande illégale sans cesse croissante de corne de rhinocéros et le braconnage. « Les hommes sont les gardiens de la terre, et nous sommes responsables de la protection des espèces qui partagent notre environnement » dit Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.« Dans les cas du rhino noir de l’Ouest et du rhino blanc du Nord, la situation aurait pu avoir des résultats très différents si les mesures de conservation suggérées avaient été mises en place. Il faut renforcer ces mesures maintenant, et particulièrement gérer les habitats de façon à améliorer les résultats de la reproduction, pour empêcher que d’autres, tel le rhinocéros de Java, disparaissent à leur tour. » La conservation a déjà connu plusieurs succès, comme celui de la sous-espèce de rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) dont on estime que la population sauvage est passée de moins de 100 individus à la fin du 19ème siècle à plus de 20 000 aujourd’hui. Le cheval de Prjevalski (Equus ferus) est aussi une belle réussite : il a vu passer son statut de En danger critique d’extinction à En danger. Au départ, en 1996, il était classé comme Eteint à l’état sauvage, mais grâce à un programme de reproduction en captivité et à un programme réussi de réintroduction, on estime que la population sauvage compte aujourd’hui plus de 300 individus. Les reptiles constituent une composante importante de la biodiversité, particulièrement dans les habitats arides et sur les îles un peu partout dans le monde. Ces dernières années, de nombreuses nouvelles espèces de reptiles ont été évaluées, notamment la plupart de ceux que l’on trouve à Madagascar. Les résultats, alarmants, révèlent que 40% des reptiles terrestres de Madagascar sont menacés. Les 22 espèces identifiées comme étant En danger critique d’extinction, une catégorie comprenant des caméléons, des geckos, des scinques et des serpents, sont aujourd’hui un vrai défi pour la conservation de la nature. Ces nouvelles informations aident à guider la planification de la préservation de la biodiversité et permettent de faire une évaluation de la protection que les réserves naturelles malgaches offrent aux reptiles. Il est encourageant de savoir que de nouvelles zones de conservation sont créées à Madagascar et qu’elles aideront à préserver une proportion significative des espèces En danger critique d’extinction, comme le caméléon Tarzan (Calumma tarzan), le caméléon au nez bizarre (Calumma hafahafa) et le scinque apode (Paracontias fasika). En raison de leur statut sur la Liste rouge, des espèces qui, de tout temps, ont été ignorées par les efforts de conservation, comme les geckos En dangerParoedura masobe et Uroplatus pietschmanni, figureront de façon plus voyante dans les nouveaux plans. Les plantes sont des ressources essentielles pour le bien-être des hommes ; elles sont des composantes critiques des habitats sauvages. Elles sont pourtant sous-représentées dans la Liste rouge de l’UICN. Le travail actuellement en cours pour améliorer leur connaissance inclut une évaluation de tous les conifères. A ce stade, les résultats révèlent certaines tendances troublantes. Le sapin d’eau chinois (Glyptostrobus pensilis), par exemple, qui était jadis très répandu en Chine et au Vietnam, est passé de En danger à En danger critique d’extinction. La principale cause de déclin est la perte d’habitat au profit de l’agriculture intensive, et il semble bien qu’en Chine, il ne subsiste aucun plant sauvage. La plus grande des populations récemment découverte au Laos a été détruite par l’inondation créée par la construction d’un projet hydraulique et très peu d’arbres sur le sol vietnamien, s’il en reste, produisent encore des semences viables, ce qui signifie que cette espèce se dirige rapidement vers le statut Eteint à l’état sauvage. Un autre exemple, le Taxus contorta, qui est utilisé pour la production de Taxol, un médicament utilisé en chimiothérapie, est passé de Vulnérable à En danger à cause de sa surexploitation à des fins médicinales

Un nouveau guide pour la pisciculture durable

Le Comité français de l’UICN et le Secrétariat de l’UICN viennent d’éditer en partenariat un nouvel ouvrage intitulé « Réflexions et recommandations pour la pisciculture de truites ». L’UICN travaille depuis plusieurs années sur le thème de l’aquaculture durable. Faisant suite à trois précédentes publications sur ce sujet, cette nouvelle et quatrième étude concerne plus spécifiquement la pisciculture de la truite arc-en-ciel, qui représente plus de 95% du tonnage produit en France. L’aquaculture connait un fort développement au niveau mondial (représentant aujourd’hui environ la moitié de la production de ressources aquatiques pour la consommation humaine selon la FAO), et doit apporter des réponses aux enjeux environnementaux. Ce guide est destiné aux acteurs de la filière, mais aussi aux autres parties prenantes : associations, établissements publics, services de l’Etat et des collectivités locales, ainsi qu’au grand public intéressé par ce sujet. Son objectif est de sensibiliser sur les enjeux liés à cette filière et d’informer sur les réflexions et efforts qui sont développés en matière de durabilité par les acteurs professionnels. Le guide, qui propose au final un ensemble de recommandations, est construit sur 3 niveaux d’approche spatiale (filière, territoire et site), et décliné sur 3 approches thématiques (environnementale, économique et sociétale). Des focus sont également menés sur des points particuliers. Par exemple, 37 recommandations sont développées au niveau de la filière, basées sur 3 messages-clés : la filière est à l’origine de services écologiques, la filière est à la base de pollutions à gérer, et la filière connait le milieu et l’écologie des espèces. Ce guide a bénéficié du soutien du Ministère chargé de l’agriculture et de la pêche (Direction de la Pêche Maritime et de l’Aquaculture – DPMA) et a été réalisé grâce à la contribution de plusieurs experts de la filière (ITAVI, CIPA, FFA, FEAP, INRA) et de l’UICN. Le guide est téléchargeable sur le lien suivant : https://www.iucn.org/sites/dev/files/import/downloads/reflexions_et_recommandations_pour_la_pisciculture_de_truites.pdf

Wangari Maathai : la nature perd une héroïne

L’UICN est profondément attristée par le décès de Wangari Maathai, qui figure parmi les plus grands militants de l’environnement et défenseurs de la justice sociale, des droits humains, de la paix et de la démocratie. Wangari Maathai, est décédée à Nairobi, à l’âge de 71 ans. Le Professeur Wangari Muta Maathai était internationalement reconnue pour sa lutte permanente en faveur de la démocratie, des droits humains et de l’environnement. Elle a été la première femme africaine à remporter le Nobel de la Paix. En 1977, Wangari Maathai a lancé le mouvement de la ceinture verte « Green Belt Movement », pour encourager les femmes dans le Kenya rural à planter des arbres afin d’améliorer leurs conditions de vies (meilleur accès à une eau de qualité, fourniture de bois de chauffage, et autres ressources). Le mouvement a apporté des changements positifs pour les femmes des zones rurales et inspiré de très nombreuses autres femmes à travers le monde. « L’UICN a perdu une grande amie et un modèle », a indiqué la Directrice générale de l’UICN, Julia Marton-Lefèvre. « Une femme qui n’avait jamais peur de mettre sa propre vie en danger au nom des valeurs qu’elle défendait. Elle avait le pouvoir d’inspirer les femmes de son Afrique natale mais aussi de toucher les communautés dans les régions les plus reculées du monde ». En Décembre 2002, le professeur Wangari Muta Maathai a été élue au parlement kenyan et fut nommée Ministre adjoint de l’Environnement et des Ressources naturelles. Elle était également la première femme à obtenir un doctorat en Afrique de l’Est. En 2004, elle a remporté le Nobel de la Paix pour sa contribution au développement durable, à la démocratie et à la paix. « La vie de Wangari Maathai est un exemple parfait montrant comment, avec beaucoup de courage et de détermination, il est possible de dépasser toutes les limites possibles, fixées par la société », dit Julia Marton-Lefèvre. « Elle va nous manquer son mais son héritage continuera d’inspirer les gens à travers le monde ». En 2005, lors de la conférence internationale sur la biodiversité organisée à Paris, le Comité français de l’UICN avait organisé une rencontre unique entre les représentants des organismes membres de l’UICN et Wangari Maathai qui avait notamment déclaré : « Pour réussir un projet environnemental, il faut réunir trois conditions : s’engager, persévérer et faire preuve de patience ! ».

Les thonidés nécessitent une protection accrue

Pour la première fois, toutes les espèces de scombridés (thons, bonites, maquereaux et thazards) et de marlins (espadons et marlins) ont été évaluées pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™. Sur les 61 espèces connues, sept se trouvent dans l’une des catégories du groupe « menacés » et leur risque d’extinction est élevé. Quatre espèces sont classées comme étant « Quasi menacées » et près des deux tiers se trouvent dans la catégorie « Préoccupation mineure ». Les résultats montrent que les thons sont particulièrement menacés. Sur les huit espèces de thons, cinq sont classées dans l’une des catégories « menacées » de la Liste rouge ou sont « quasi menacées ». Il s’agit du Thon rouge du Sud (Thunnus maccoyii), En danger critique d’extinction ; du Thon rouge du Nord ou Thon rouge de l’Atlantique (T. thynnus), En danger ; du Thon obèse (T. obesus), Vulnérable ; du Thon jaune (T. albacares), Quasi menacé ; et du Germon ou Thon blanc (T. alalunga), Quasi menacé. Ces nouvelles données aideront considérablement les autorités gouvernementales à prendre des décisions susceptibles de sauvegarder l’avenir de ces espèces, dont beaucoup sont d’une grande valeur économique. Elles apportent une contribution très opportune à la 3e Réunion conjointe des organisations régionales de gestion de la pêche des thonidés, qui se tient à La Jolla, Californie, du 11 au 15 juillet. « C’est la première fois que des scientifiques spécialistes des pêcheries, des ichtyologistes et des défenseurs de l’environnement se réunissent pour évaluer conjointement les menaces qui pèsent sur un groupe d’espèces de poissons d’importance commerciale », précise Bruce B. Collette, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN (CSE) Groupe de spécialistes des thonidés et des marlins, responsable scientifique du NOAA’s Service national des pêches maritimes et auteur principal du document. Malgré la bonne santé de plusieurs stocks de poissons épipélagiques (ceux qui vivent près de la surface), l’importante surexploitation de certaines espèces de scombridés et de marlins suscite une préoccupation croissante ; en outre, il n’y a pas suffisamment de détermination à protéger ces espèces contre la surexploitation entraînée par des prix élevés. De nombreuses populations sont exploitées par des pêcheries multinationales, qu’il est extrêmement difficile de réglementer d’un point de vue politique. « Les trois espèces de thon rouge sont susceptibles de s’effondrer en raison de la pression de la surpêche continue. C’est déjà essentiellement le cas pour le Thon rouge du Sud, avec peu d’espoir de rétablissement », explique le Dr Kent Carpenter, professeur à l’Université Old Dominion, directeur de l’Unité de l’UICN sur la biodiversité marine et l’un des auteurs du document. « Si aucun changement n’est apporté aux pratiques de pêche actuelles, les stocks de Thon rouge de l’Atlantique risquent de s’effondrer aussi, car il y a peu de signes de reconstitution de la population après une réduction significative dans les années 1970. » Trois espèces de marlins sont classées dans des catégories menacées ou quasi menacées : le Marlin bleu (Makaira nigricans), Vulnérable ; le Marlin blanc (Kajikia albida), Vulnérable, et le Marlin rayé (Kajikia audax), Quasi menacé. La plupart des espèces à longue vie ayant une valeur économique sont considérées comme menacées. Elles atteignent la maturité plus tard que les espèces à vie courte et leur cycle de reproduction est plus long ; en conséquence, le rétablissement de la population après une période de déclin prend plus longtemps. Comme ces scombridés et marlins sont au sommet de la chaîne alimentaire pélagique, la réduction des populations de ces prédateurs peut porter atteinte à d’autres espèces essentielles à l’équilibre de l’écosystème marin et économiquement importantes comme sources de nourriture. L’avenir des scombridés et des marlins menacés repose sur la capacité des Organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) et des pays pratiquant la pêche à bien gérer ces espèces. Les populations de Thon rouge du Sud et de Thon rouge de l’Atlantique ont été tellement réduites que la façon la plus efficace pour éviter l’effondrement est de fermer la pêche jusqu’à ce que les stocks soient reconstitués à des niveaux sains. Cependant, une telle mesure entraînerait de grandes difficultés économiques et porterait atteinte aux capacités de contrôle de la pêche par les ORGP, en raison de l’incitation accrue à la pêche illégale qui serait créée dans ces circonstances. « La fermeture temporaire de la pêche au thon ne serait qu’une partie d’un programme plus vaste de rétablissement dont on a très besoin. Afin d’empêcher la pêche illégale, de fortes mesures dissuasives doivent être mises en place », explique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial de l’UICN sur les espèces. « Cette nouvelle étude montre qu’il existe un besoin urgent d’une gestion efficace. Les découvertes scientifiques ne doivent pas être laissées de côté dans le but de sauvegarder des profits à court terme. La vie marine et les emplois des générations futures sont en jeu ». La reconstitution des stocks halieutiques est possible en réduisant les taux de mortalité dus à la pêche très en dessous du rendement maximal durable (RMD), comme le montre le cas de la population orientale, très appréciée, du Thon rouge de l’Atlantique. Récemment encore exploitée à un niveau équivalant à trois fois le RMD, une diminution du total des captures admissibles et des mesures plus strictes de surveillance et de conformité ont conduit à des réductions de près de 75% dans les captures au cours des dernières années. Cela permettra à l’espèce de se rétablir à un niveau durable tant que les contrôles actuels de la pêche sont maintenus.   Notes pour les rédacteurs Vous pouvez demander au Bureau des programmes publics de l’AAAS des exemplaires de l’article de Science (sous embargo) “High Value and Long-Lived : Double Jeopardy for Tuna and Billfishes” Veuillez contacter +1 202 326 6440 or scipak@aaas.org Porte-paroles disponibles pour des interviews : Bruce Collette (à Minneapolis) +1 612 397 4962 ; +1 410 369 8466 (cell) collettb@si.edu Kent Carpenter (aux Philippines) 63 949 313 5649 Kcarpent@odu.edu Maria Jose Juan Jorda (en Espagne) +34 981167000 ext. 2204 +34 671072900 (mobile) mjuanjorda@gmail.com Beth Polidoro (à Hawaii) +1 240 446 5183 bpolidor@odu.edu Bill Fox (à San Diego) +1 202 495 4397 +1 571 205 8845 (mobile) ; bill.fox@wwfus.org

Encore beaucoup de poissons dans la Méditerranée ? Plus pour très longtemps…

Plus de 40 espèces de poissons marins présentes actuellement dans la Méditerranée pourraient disparaître dans les quelques prochaines années. Selon une étude réalisée pour la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées ™ sur le statut des poissons marins dans la mer Méditerranée, près de la moitié des espèces de requins et de raies (poissons cartilagineux) et au moins 12 espèces de poissons osseux sont menacées d’extinction en raison de la surpêche, de la dégradation des habitats marins et de la pollution. Des espèces commerciales comme le Thon rouge (Thunnus thynnus), le Mérou brun (Epinephelus marginatus), le Bar commun (Dicentrarchus labrax) ou le Merlu commun (Merluccius merluccius) sont considérées comme menacées ou quasi menacées d’extinction au niveau régional en raison principalement de la surpêche. « L’état de la population de Méditerranée et de l’Atlantique Est du Thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) est particulièrement préoccupant. Il ya eu une baisse estimée de 50% dans le potentiel de reproduction de cette espèce au cours des 40 dernières années en raison de la surpêche intensive« , explique Kent Carpenter, coordonnateur de l’évaluation. « Le manque de respect des quotas actuels combiné avec la sous-déclaration généralisée des captures aurait sapé les efforts de conservation pour cette espèce en Méditerranée. » L’utilisation d’engins de pêche, telles que les lignes de pêche, filets maillants ou de chalutage, et l’utilisation illégale de filets dérivants signifie que des centaines d’animaux marins sans valeur commerciale sont capturés, menaçant les populations de nombreuses espèces de requins, raies et autres poissons, ainsi que d’autres animaux marins, dont les dauphins, les baleines, les tortues et les oiseaux. « L’utilisation de chaluts est l’un des principaux problèmes pour la conservation et le maintien de nombreuses espèces marines« , explique Maria del Mar Otero, Chargée du programme marin de l’UICN en Méditerranée. « Parce ce qu’elle n’est pas sélective, cette technique de pêche permet de capturer les poissons recherchés mais également celle d’un grand nombre d’autres espèces, tout en détruisant les fonds marins, où de nombreux poissons vivent, se reproduisent et se nourrissent.«  L’étude souligne la nécessité de renforcer la réglementation sur la pêche, de créer de nouvelles réserves marines, de réduire la pollution et de revoir les quotas de pêche, en particulier le nombre de captures autorisées pour les espèces menacées. « La consommation responsable est une des façons dont nous pouvons tous contribuer à la conservation de nombreuses espèces marines », explique Catherine Numa, Chargée du programme pour les espèces de l’UICN Méditerranée.« Sur la base des conclusions de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, nous espérons que les politiciens prendront les décisions appropriées pour sécuriser cette source importante de nourriture à l’avenir, tout en protégeant et en valorisant la diversité biologique de la planète en même temps. » C’est la première évaluation régionale complète réalisée pour la Liste Rouge de l’UICN portant sur les espèces indigènes de poissons marins d’une mer entière. Le rapport souligne également le manque substantiel d’informations sur l’état de conservation de près d’un tiers de ces poissons marins de la Méditerranée (qui ont été évalués comme « données insuffisantes »), sachant qu’une proportion importante d’entre eux sont endémiques de la région. De futures recherches pourraient montrer que les espèces classées en « données insuffisantes » seraient en fait menacées pour une grande proportion d’entre elles. De nouveaux financements et de nouvelles recherches doivent donc être focalisés vers ces espèces classées en données insuffisantes. Pour en savoir plus, consultez le document complet.   Pour plus d’informations, vous pouvez contacter : Nicki Chadwick, Chargée des relations avec les médias, t +41 22 999 0229, m +41 79 528 3486 ; Lynne Labanne, Chargée de communication du Programme de l’UICN sur les espèces, t +41 22 999 0153 ;

Lancement du « Nature Images Awards 2011 »

L’UICN et le magazine « Terre Sauvage » s’associent pour lancer un nouveau concours international d’images et de reportages sur la nature. “Parce que le bien-être le plus accessible qui soit est la nature, nous croyons à l’importance de permettre à tous d’en retrouver le chemin. Nous croyons qu’elle est source d’émerveillement, de dépassement de soi, qu’elle permet de multiples activités intergénérationnelles, qu’elle participe à la réparation de l’homme blessé comme à son ressourcement et qu’elle appelle chacun à plus de responsabilité dans sa manière d’habiter la Terre. Et parce que nous pensons que l’image de nature est porteuse de toutes ces valeurs, nous vous proposons ce nouveau défi !” Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) Éric de Kermel, directeur général du magazine Terre Sauvage Lʼimage au service de lʼhomme et de la nature Le magazine français Terre sauvage et l’UICN (Union internationale de conservation de la Nature) parient sur la force de l’image, photo et vidéo, et proposent à tous ceux qui le souhaitent de montrer les merveilles de la nature et les réalisations de ceux qui la protègent en protégeant ainsi l’homme. Jusqu’au 15 juillet, tous les photographes, professionnels ou amateurs sont invités à participer à la première édition du concours international Nature Images Awards 2011. Ce concours récompensera les plus belles images de nature, mais surtout les reportages les plus porteurs de beauté et de sens sur les relations entre l’homme et la nature. Nature Images Awards 2011 vise aussi à repérer les talents nouveaux. Les lauréats des catégories « reportages » pourront ensuite raconter de nouveaux sujets, par le biais de bourses destinées à financer des productions à venir. Un concours centré sur le reportage et les séries dʼimages Pour un magazine comme Terre sauvage, il paraît naturel de privilégier les photographes capables de raconter une histoire, de structurer une narration en plusieurs images, d’exprimer sa vision artistique à travers de multiples images. Ainsi, sur les 9 catégories proposées, 5 catégories seront consacrées aux reportages et aux séries. Faire émerger des talents nouveaux, 3 bourses de 3 000 à 5 000 € pour réaliser de nouveaux reportages L’ambition de Nature Images Awards est de déceler des talents nouveaux et de leur permettre de produire un sujet complet. Ainsi, 3 bourses seront attribuées pour la réalisation d’un nouveau reportage. Le jury A partir du 20 septembre, le public sera appelé à participer à la sélection finale des lauréats et choisir les images et les reportages qui seront distingués. Comment participer ? La compétition est ouverte jusqu’au 15 juillet 2011 minuit. La participation se fait entièrement sur internet, sur www.natureimagesawards.com où sont détaillées les catégories, le règlement complet et les conditions de participation.

Les forêts de la planète sont indispensables à la vie

L’UICN appelle à consacrer plus de ressources à la protection de l’extraordinaire richesse des forêts et à la restauration des milieux forestiers dégradés. À l’occasion de l’Année internationale des forêts, la plus grande union environnementale du monde veut sensibiliser la communauté internationale à l’importance des forêts. « L’air que nous respirons, la nourriture, l’eau et les médicaments dont nous avons besoin pour survivre, la diversité de la vie sur la planète, le climat qui façonne notre présent et notre avenir : tout cela dépend des forêts. En 2011, la communauté internationale doit prendre conscience de l’importance vitale des forêts et de leur remise en état pour le maintien de la vie sur la Terre ; elle doit aussi reconnaître le rôle des humains pour leur protection et leur utilisation durable », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. Les forêts contribuent à la stabilité du climat ; de ce fait, elles jouent un rôle central dans les réponses au changement climatique, explique l’UICN. « Les forêts représentent le moyen le plus rapide et le plus rentable, à l’échelle la plus large, pour réduire les émissions mondiales », dit Stewart Maginnis, Directeur de l’environnement et du développement à l’UICN.« Si nous réduisons de moitié les émissions émanant des forêts d’ici 2020, cela peut représenter déjà 40% des réductions de gaz à effet de serre requises pour la prochaine décennie. » Les forêts contribuent considérablement à la croissance économique, tant sur le plan national que mondial. Près de 25% des revenus des communautés dépendant des forêts proviennent des biens et des services fournis par ces dernières. D’après les données les plus récentes de l’UICN, la production des forêts gérées localement apporte chaque année 130 milliards de dollars aux populations pauvres. « Des populations du monde entier souffrent ou sont privées de moyens de subsistance et de bien-être à cause de la destruction et de la dégradation des forêts », rappelle Carole Saint-Laurent, conseillère principale pour les politiques des forêts à l’UICN. « Il s’agit de restaurer des milieux forestiers dégradés qui à l’heure actuelle n’apportent rien à personne, ou très peu, pour qu’ils retrouvent toute leur valeur », ajoute Mme Saint-Laurent, que le journal britannique The Observer a qualifiée de « gourou du reboisement 2011 ». L’Année internationale des forêts sera lancée officiellement lors de la 9e session du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF), qui se tiendra du 24 janvier au 4 février à New York. À cette occasion, l’UICN annoncera de nouvelles initiatives de restauration des forêts d’importance mondiale, ainsi que de nouveaux éléments sur la valeur économique des forêts.   Porte-paroles : Stewart Maginnis, Directeur de l’environnement et du développement, UICN, stewart.maginnis@iucn.org Stephen Kelleher, Directeur adjoint du Programme de conservation des forêts, UICN, stephen.kelleher@iucn.org Consuelo Espinosa, Responsable forêts et changement climatique, UICN, consuelo.espinosa@iucn.org Carole Saint-Laurent, Conseillère principale pour les politiques de la forêt, UICN, carsaintl@bellnet.ca   Pour plus d’informations ou pour des entretiens, veuillez contacter : Borjana Pervan, Relations médias UICN, tél +41 798574072, borjana.pervan@iucn.org Brian Thomson, Relations médias UICN, tél+41 797218326, brian.thomson@iucn.org Daniel Shaw, Communication Forêts UICN, tél+41229990168, daniel.shaw@iucn.org Nouvelles /Photos/ Matériel audio/vidéo :www.iucn.org/iyf

L’ONU donne un feu vert à la création de l’IPBES

Lors de sa session pleinière du 21 décembre 2010, l’Assemblée Générale de l’ONU a approuvé la création de la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, en anglais). L’UICN salue cette décision attendue qui permet de clore l’année internationale de la biodiversité sur une avancée importante et de confirmer le nouvel élan mondial lancé à Nagoya. La plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a pour but d’améliorer l’interface entre les connaissances scientifiques et les décisions politiques sur les enjeux de la biodiversité. Elle devrait jouer un rôle comparable à celui du Groupe intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC) qui a permis de renforcer la compréhension et l’action mondiale sur le réchauffement climatique. L’IPBES fournira des expertises collectives sur l’état et les évolutions de la biodiversité, basées sur les travaux de recherche réalisées dans le monde. Elle sera chargée d’éclairer les gouvernements, en leur fournissant les meilleures connaissances disponibles et identifiant les scénarios possibles, pour prendre les décisions nécessaires. L’idée de la création de l’IPBES a été proposée par la France lors de la conférence internationale « Biodiversité, science et gouvernance » tenue à Paris en janvier 2005. Elle a été reprise par l’Union Européenne puis longuement débattue au sein des Nations Unies. L’UICN a soutenu fortement cette initiative et a joué un rôle important dans son processus de création, notamment à travers ses commissions d’experts. Pour en savoir plus sur l’IPBES, consultez le site www.ipbes.net