1 nouveau site français inscrit sur la Liste Verte des Aires protégées !
L’UICN a admis 3 nouvelles aires protégées sur la Liste verte des aires protégées et conservées le 18 septembre dernier. Un site français est ainsi mis à l’honneur pour la qualité de sa gestion et de sa gouvernance aux côtés du Parc Naturel National Chingaza en Colombie et de la Réserve Naturelle de Van Long au Vietnam, il s’agit d’un site protégé français ultra-marin : la réserve naturelle nationale de l’Ile du Grand Connétable en Guyane française. Ceci porte le nombre total de sites inscrits sur la Liste verte à 49 dans le monde, dont 15 aires protégées situées en France métropolitaine et en Outre-mer. La réserve naturelle de l’Ile du Grand Connétable située à 18 kilomètres des côtes de la Guyane au large de l’embouchure du fleuve Approuague est en fait composée de deux structures rocheuses : le Grand Connétable et l’îlot du Petit-Connétable. Toutefois, la grande majorité du périmètre de la réserve naturelle se situe en mer (environ 7 800 ha). Plus ancienne réserve naturelle de Guyane, elle a été créée en 1992 pour assurer initialement la protection des colonies d’oiseaux marins fréquentant le site. En effet, l’Ile joue un rôle majeur pour la reproduction des oiseaux marins en Guyane et plus largement à l’échelle régionale et/ou mondiale pour certaines espèces. Elle accueille notamment la plus importante colonie caribéenne de Sternes royales, la plus importante colonie de reproduction d’une sous-espèce de Sterne de Cayenne. Elle est également un lieu important de reproduction des Mouettes atricille et des Frégates superbes. Au niveau régional, le Noddi brun et la Sterne fuligineuse fréquentent le site. Considérant que le site héberge également des espèces marines emblématiques, le GEPOG (Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux de Guyane), gestionnaire du site s’est depuis plusieurs années penché sur l’étude et la conservation de la Sotalie ou dauphin de Guyane, du mérou géant, en danger critique d’extinction sur la liste rouge mondiale ou encore des tortues marines qui viennent bénéficier d’une zone d’alimentation aux abords des habitats rocheux de la réserve. Le bon état de conservation de ces espèces et de ces habitats bénéficiant de suivis depuis près de 30 ans et les succès notables en matière de lutte contre la pêche illégale grâce à une collaboration durable mise en place avec acteurs locaux de la pêche professionnelle et les Services de l’Etat sont autant de raisons pour lesquelles la réserve de l’Ile du Grand Connétable figure aujourd’hui sur la Liste verte des aires protégées et conservées. 9 aires protégées françaises sont toujours engagées dans le processus de candidature dont 8 d’entre elles verront leurs dossiers examinés par le Comité international prochainement. Plus d’informations – Site internet de la Réserve naturelle nationale de l’Ile du Grand Connétable – Le GEPOG – Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN – L’article international de l’UICN sur ce sujet (en anglais) – La Liste verte des aires protégées de l’UICN Photo bandeau : © ILe_Grand-Connetable_RNNC
L’UICN France défavorable au projet minier guyanais « Montagne d’Or »
L’UICN France a fait part de ses très vives inquiétudes sur le projet minier « Montagne d’Or» porté par les sociétés Nordgold et Columbus Gold en Guyane. Un courrier a été adressé au Président de la République fin décembre 2017 pour faire connaître la position défavorable de l’organisation à ce projet. Ce projet minier, le plus grand projet d’extraction aurifère jamais proposé en France, inquiète fortement l’UICN France à plusieurs titres : – l’empreinte du site d’extraction sur 2,5 km de long, 500 mètres de large et 400 mètres de profondeur va engendrer un impact majeur et durable sur la forêt guyanaise, reconnue pour sa très grande richesse écologique ; – le site est situé en limite des deux parties de la réserve biologique intégrale de Lucifer Dékou Dékou, la plus grande réserve biologique intégrale française, qui subira les impacts de l’exploitation ; – il mènera nécessairement à une forte perturbation hydraulique de la zone, avec des effets négatifs pérennes sur les réserves naturelles avoisinantes comme le drainage du mont Lucifer qui héberge de nombreuses espèces endémiques. Ceci est d’autant plus grave que la disparition des grands blocs forestiers en périphérie immédiate de la Guyane française s’accélère, et qu’il reste très peu de grands blocs forestiers non fragmentés en Amazonie ; – il présente des risques sociaux et environnementaux significatifs sur le long terme, notamment du fait de l’utilisation d’explosifs et du stockage par bassins digués de cinquante millions de tonnes de déchets cyanurés, dont la sécurité n’est jamais parfaitement avérée – en particulier avec l’augmentation de l’intensité des impacts des inondations lié au changement climatique (voir exemple de Samarco au Brésil en novembre 2015) ; – il sera nécessairement accompagné d’impacts bien au delà de la zone, avec la construction envisagée d’un port industriel à Coswine et d’une centrale thermique à Saint-Laurent du Maroni ; – il mènera à une augmentation de 20% de la consommation annuelle de la Guyane en énergie, et s’appuiera sur des énergies combustibles pour cela, contribuant ainsi au réchauffement climatique, en contradiction avec l’Accord de Paris sur le climat. En plus de ces considérations écologiques, le modèle économique de ce projet apparaît contestable et fragile puisque celui-ci nécessite des subventions publiques estimées à plus de 420 millions d’euros (rapport du WWF France) et que sa rentabilité reste dépendante du cours du taux de change euro/dollar dont la volatilité n’est pas exclue dans les décennies années à venir. Le soutien public devrait se concentrer sur des filières contribuant directement au développement durable de la Guyane telles que le tourisme, les énergies renouvelables, la valorisation des ressources génétiques, ainsi que la pêche, l’agriculture et la forêt. Le développement de ces filières permettrait de générer des nombreux emplois locaux sur le long terme tout en préservant la très grande richesse écologique du territoire. Par ailleurs, ce projet de la Montagne d’Or ne permettra pas d’endiguer les impacts de l’orpaillage illégal, actuellement en recrudescence y compris au sein de réserves naturelles et du Parc amazonien de Guyane. Le Président de la République a annoncé, lors d’un récent déplacement en Guyane, une augmentation des moyens de surveillance et de détection des chantiers illégaux mais il est aussi primordial de renforcer les moyens de lutte et notamment les interventions de l’armée dont l’efficacité sera améliorée si celles-ci se font dans le cadre de missions conjointes avec la gendarmerie, l’Office National des Forêts et le Parc Amazonien de Guyane. Plus d’informations : – Les travaux du Groupe Outre-mer du Comité français de l’UICN
Conférence de Carthagène : la région Caraïbe au chevet des océans
La France accueille cette semaine la 14ème Conférence des Parties (COP) de la Convention de Carthagène, qui regroupe 25 Etats riverains de la Grande Caraïbe autour de la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région. Les travaux ont débuté ce lundi 13 mars à Cayenne en Guyane : le Comité français de l’UICN participe aux travaux et négociations. Les délégués des 25 Etats signataires de la convention de Carthagène pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (signée en Colombie en 1983) se sont retrouvés à Cayenne, en Guyane, lundi 13 mars. L’objectif principal est de s’accorder sur une nouvelle feuille de route autour des 3 protocoles de la convention: le protocole SPAW (Specially Protected Areas and Wildlife) qui liste des espèces et aires marines à protéger ; le protocole LBS (Land-Based Sources and Activities) qui vise à lutter contre les pollutions d’origine terrestre déversées dans les océans ; et le protocole Oil Spill pour renforcer les mesures de prévention des risques de marées noires par le biais d’une coopération régionale (consulter les documents de la conférence). La Convention de Carthagène et ses protocoles, placés sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), sont contraignants pour ses Parties : les décisions prises engagent véritablement les Etats de la région qui s’étend a Guyane à la Floride, et du Belize à la Barbade. Une première décision prise dès le début de la conférence est l’inscription de 8 espèces de requins dans le protocole SPAW, qui seront dorénavant protégés. Compte-tenu de ses enjeux pour la biodiversité d’outre-mer, le Comité français de l’UICN est présent durant toute la conférence à Cayenne, représenté par son Président, Bernard Cressens, et par sa coordinatrice du Pôle-relais zones humides tropicales, Gaëlle Vandersarren. Les enjeux de protection de la biodiversité des territoires ultra-marins français que sont la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane française, d’une exceptionnelle richesse, sont très élevés : le capital naturel de ses territoires est indispensable à leur économie, qui repose notamment sur le tourisme, sujet sur lequel l’UICN France anime un atelier ce jeudi 16 mars. La Ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, préside vendredi 17 mars le segment ministériel de la Conférence, dans le but d’aboutir à une déclaration commune : l’appel de Guyane. Le document proposé appelle à une « reconquête de la biodiversité exceptionnelle de la Grande Région Caraïbe », notamment grâce aux aires marines protégées, à la mise en place de mesures de lutte contre les espèces exotiques envahissantes (notamment par la gestion des eaux de ballast), et des mesures chiffrées de protection des récifs coralliens, mangroves et herbiers dans le cadre de l’Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens (ICRI – actuellement présidée par la France) à l’horizon 2020. Le Comité français de l’UICN se félicite ainsi des décisions annoncées cette semaine par Ségolène Royal pour l’affectation de 658 hectares de mangroves en Martinique au Conservatoire du littoral, notre partenaire dans l’animation du Pôle-relais sur les zones humides tropicales, la création imminente du nouveau parc naturel marin de Martinique, et l’avancement du projet d’inscription des « volcans et forêts du nord de la Martinique » au patrimoine mondial de l’Unesco qui sera présenté en février 2018. S’il existe déjà de nombreux parcs, réserves et sanctuaires contribuant à protéger la biodiversité exceptionnelle de la Caraïbe, il est important que des moyens plus importants, à la fois humains et financiers, soit alloués à leur gestion. Pour assurer une gestion efficace des aires protégées, des mesures de financement innovantes pourraient être mises en place au niveau régional, s’appuyant sur des sources de financement qui n’ont pas encore été assez exploitées : une contribution des croisiéristes, évoqué dans l’appel de Guyane, semble s’imposer. On peut aussi penser à d’autres pistes comme les taxes aéroportuaires, des charges d’entrée dans les parcs…il serait en effet logique que ceux qui viennent profiter des richesses écologiques de la région participent au financement de sa préservation. Des financements solides, pérennes, allant aux acteurs de terrain et consolidant les réseaux régionaux en place tels que Caribea initiative, CariWet et le Pôle-Relais pour les zones humides tropicales ou CaMPAM pour les aires marines protégées permettraient que de véritables actions soient prises pour protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes dont la bonne santé nous permet de relever directement d’autres défis de société comme le changement climatique, la santé ou la sécurité alimentaire – ce que nous appelons les Solutions Fondées sur la Nature. Le Comité français de l’UICN souhaite ainsi que cette conférence soit celle de l’action et que l’engagement des Etats, à travers l’appel de la Guyane, soit renforcé et opérationnel sur la biodiversité. Le Comité français soutient des propositions additionnelles pour améliorer le texte de l’appel avec des actions sur 1/ la restauration des populations de poissons-perroquets par des stratégies de conservation et gestion des pêches, qui correspond à une recommandation adoptée par l’Assemblée générale de l’ICRI en 2013, 2/ l’intégration des enjeux de biodiversité dans le développement de la transition énergétique, par une planification adéquate des projets d’ENR et en évitant, réduisant et compensant les impacts (application du triptyque ERC inscrit dans la loi biodiversité), 3/ le lancement et renforcement de plans d’actions sur les espèces les plus menacées, 4/ la restauration de 15% des écosystèmes dégradés d’ici 2020 et 5/ la lutte contres les pollutions d’origine terrestre (nitrates, phosphates, pesticides). CONTACT Anne Caillaud, Chargée de programme Outre-Mer
Guyane : pour l’intérêt général, le Gouvernement doit retirer le permis REXMA
Dénoncé par l’ensemble de la communauté associative et scientifique, le permis minier REXMA, accordé dernièrement par Arnaud MONTEBOURG, ministre du redressement productif au sein du Parc National de Guyane, continue de fédérer contre lui, sauf semble-t-il au Ministère du Redressement productif. A la veille d’être auditionnées à l’Assemblée Nationale sur la réforme du code minier, les organisations environnementales demandent fermement au Gouvernement le retrait du Permis REXMA, pour l’intérêt général, par souci de cohérence des politiques publiques et par respect de la démocratie locale. Les organisations environnementales contestent ce permis sur quatre points : La rivière que la société REXMA souhaite exploiter est incluse dans le Parc national de Guyane, dans une zone où la biodiversité est riche et où sont présentes des espèces menacées et protégées au niveau national. Les impacts de l’exploitation alluvionnaire qui créera des chenaux de dérivation et modifiera le régime hydrique du cours d’eau seront préjudiciables à la qualité de l’eau, ce qui est contradictoire avec le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE). Le permis est contesté depuis 2005 par les habitants et le Maire de la commune concernée, Saül, et par la députée de Guyane, Mme Chantal BERTHELOT. Le permis ne pourra pas être prorogé au-delà de 5 années d’exploitation. Dès lors pourquoi privilégier l’exploitation éphémère de l’or jaune au détriment de l’or vert durable qui sera détruit sur le site, remettant en cause les efforts de la commune de Saül pour le développement de l’écotourisme ? Le projet industriel de la société REXMA, avec 15 emplois créés sur cinq ans, n’est pas un projet socio-économique durable contrairement à l’activité écotouristique qui génèrerait plus d’emplois à long terme dans le Parc national et sur le territoire guyanais. Le Président de la République a placé la protection de la biodiversité comme une des priorités du gouvernement. Le Premier ministre l’a rappelé à la Conférence environnementale en affirmant que « chaque politique publique doit en effet prendre en compte l’exigence environnementale ». Ce principe doit s’appliquer sur l’ensemble du territoire national. C’est ce que viennent de rappeler nos organisations dans un courrier adressé au chef du Gouvernement. Document joint CP REXMA ONG 20 03 2013
Exploitation aurifère en Guyane : l’UICN France demande l’annulation du permis Rexma
Le Comité français de l’UICN a demandé au Premier ministre d’annuler le permis d’exploitation aurifère accordé par le Ministre du Redressement productif à la société REXMA sur le territoire de la commune de Saül, situé dans un secteur du Parc amazonien de Guyane et dans une zone interdite à l’exploitation dans le schéma départemental d’orientation minière. Un arrêté ministériel du 26 octobre 2012, paru au JORF n°0288 du 11 décembre 2012 et signé par le Ministre du Redressement productif, accorde un permis d’exploitation de mines d’or et substances connexes, dénommé « Permis Limonade », à la société REXMA sur le territoire de la commune de Saül en Guyane. Ce permis concerne une zone interdite à l’exploitation minière du Schéma Départemental d’Orientation Minière de la Guyane qui est entré en vigueur depuis le 1er janvier 2012 et qui avait l’objet d’une large concertation à laquelle le Comité français de l’UICN avait participé. Ce secteur est également inclus dans la zone d’adhésion du Parc amazonien de Guyane et aura des impacts dans la zone cœur de ce parc national, puisque l’exploitation sera réalisée en amont et à proximité immédiate du bassin versant de la Crique Limonade qui en est partie intégrante (pollution au mercure, perturbation des cours d’eaux par les sédiments, etc…). Cette décision a suscité des oppositions parmi les élus guyanais et les habitants de la commune de Saül, située tout près de l’exploitation, qui se sont engagés dans une politique de développement durable du territoire basée notamment sur la valorisation touristique du patrimoine naturel. Cette décision est enfin en contradiction avec les objectifs des concertations actuellement menées sur la réforme du Code minier et la charte du Parc amazonien de Guyane. Le Président du Comité français de l’UICN a ainsi demandé au Premier Ministre, par un courrier en date du 19 décembre 2012, l’annulation de ce permis.
Guyane : permis accordés pour l’exploration pétrolière profonde
La satisfaction du Comité français de l’UICN concernant l’arrêt des forages pétroliers en Guyane, en accord avec sa demande de moratoire adoptée en 2011, aura été de courte durée. Le gouvernement français est revenu sur la décision de la Ministre de l’écologie de suspendre les permis, et les autorisations pour la poursuite des forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane ont été accordées. Alors que la communauté internationale était rassemblée à Rio pour la conférence du vingtième anniversaire du Sommet de la Terre, à quelques kilomètres, la Préfecture de Guyane signait l’autorisation des forages exploratoires au large de la Guyane. Plusieurs organisations environnementales avaient pourtant souligné les lacunes sur la notice d’impact, la consultation publique, les rejets d’hydrocarbures et la gestion des risques de pollution. Les documents fournis par les pétroliers ne proposent notamment pas de solution pour minimiser les impacts des études sismiques sur les nombreux mammifères marins qui fréquentent les eaux guyanaises. Aucun dispositif efficace n’est également prévu en cas de marée noire qui, en plus des impacts sur les écosystèmes marins et littoraux, engendrerait de graves conséquences économiques pour les pêcheries guyanaises. Plus largement, ces projets à hauts risques ne placent pas la France sur la voie de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique. Les élus guyanais ont joué également un rôle important en soutenant, auprès du gouvernement, la poursuite de l’exploration pétrolière. Le développement durable de la collectivité doit cependant être basé sur la valorisation de ses ressources renouvelables et de ses richesses écologiques. La Guyane a en effet des atouts pour développer d’autres leviers économiques comme les énergies renouvelables, l’écotourisme, la pêche durable ou la recherche. Ce potentiel économique pour la collectivité permettrait d’enclencher la transition écologique, thème central de la campagne présidentielle française et de la Conférence de Rio+20. Photo bandeau : © Arria Belli – Flickr – CC BY-SA 2.0
Guyane : après le pétrole, la transition écologique ?
Faisant suite à la motion adoptée en juin 2011 par ses membres au Congrès français de la nature et après des mois de mobilisation des organisations environnementales en Guyane, le Comité français de l’UICN accueille avec satisfaction la décision de la ministre de l’écologie, Nicole Bricq, de suspendre les permis de forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane. Le patrimoine naturel de la Guyane est remarquable. Le littoral est bordé de mangroves sur un linéaire parmi les plus étendus au monde. Les côtes guyanaises abritent la plus grande population d’oiseaux limicoles d’Amérique du sud et les plages sont l’un des plus importants lieux de ponte pour les tortues marines, en particulier les tortues luth, une espèce en danger critique d’extinction selon la Liste rouge de l’UICN. Récemment, une étude conduite par l’Agence des aires marines protégées a révélé la présence de 12 nouvelles espèces de cétacés, toutes protégées au niveau national, soit un total de 27 espèces fréquentant les eaux guyanaises. La ministre de l’Ecologie a annoncé mercredi 13 juin 2012 sa décision de suspendre jusqu’à nouvel ordre ’tous les permis’ de forages exploratoires d’hydrocarbures, notamment celui de la société Shell. Les permis ont été suspendus dans l’attente de plus fortes garanties environnementales. Le Comité français de l’UICN salue cette décision mais souhaite que l’exploration et l’exploitation pétrolière, en particulier en eau profonde, soient abandonnées pour plusieurs raisons : Le pétrole est une énergie fossile dont la combustion contribue massivement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre et à leurs conséquences sur le climat. De plus l’exploitation du pétrole en Guyane est principalement envisagée pour alimenter la demande mondiale en hydrocarbures et non pour répondre aux besoins énergétiques locaux. Les stocks de pétrole sont en diminution constante dans le monde et l’exploitation se fait désormais à des profondeurs très importantes avec des risques technologiques croissants comme le montrent les accidents récents liés à des plateformes pétrolières dans le Golfe du Mexique en avril 2010, au large de Rio en novembre 2011, ou encore au large des côtes nigérianes en décembre 2011. La prospection sismique a des incidences néfastes sur les écosystèmes et la faune marine, en particulier sur les cétacés. La Guyane a toutes les qualités pour devenir le premier département à enclencher une transition écologique en plaçant ses richesses naturelles au coeur de son développement. Par exemple, la création d’un réseau d’aires marines protégées bien gérées permettrait le développement d’activités économiques profitant directement aux populations locales à travers la pêche, l’écotourisme, et les énergies renouvelables. Ces dispositions confirmeraient l’ambition du gouvernement français de définir un nouveau modèle de développement écologique basé sur une gestion durable des ressources naturelles, et la mise en place d’une véritable « économie verte ». Motion sur les forages pétroliers offshore en Guyane (27 juin 2011) Document joint Forages pétroliers offshore en Guyane
Schéma minier de Guyane : fin de la consultation publique
Le schéma minier de Guyane, que les ONG appelaient de leurs vœux, est en cours de finalisation. Le Comité français de l’UICN, France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot et le WWF rendent publiques les recommandations, présentées dans le cadre de la consultation publique ouverte en Guyane sur ce dossier. France Nature Environnement, le Comité français de l’UICN et le Gepog sont à l’origine d’une étude intitulée « Or vert contre Or jaune » publiée en février 2007, qui a posé les bases d’un document de planification de l’exploitation minière en Guyane. Les tables rondes du Grenelle de l’environnement, et notamment le groupe « activités extractives » du Comité opérationnel outre-mer, ont arrêté en janvier 2008 la réalisation d’un schéma de zonage et de planification des activités extractives en Guyane. Le préfet Yves Mansillon a été nommé, par le Président de la République, Commissaire de la réalisation du schéma départemental de Guyane, lequel devait être adopté dans le courant de l’année 2008. Le Comité français de l’UICN, France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot, le WWF France, la LPO et les ONG guyanaises, se sont mobilisés en fin d’année 2009, pour rappeler au gouvernement ses engagements concernant l’encadrement de l’orpaillage en Guyane. Les ONG se mobilisent à nouveau à l’occasion de la consultation publique pour que le schéma minier intègre trois fondamentaux qui restent à clarifier. Les incontournables du SDOM Trois points sont déterminants pour un schéma départemental d’orientation minière cohérent. 1. Le respect de toutes les zones disposant d’un statut de protection réglementaire ou faisant l’objet d’inventaires d’intérêts écologiques (telles que les ZNIEFF de type 1 et les séries d’intérêt écologique définies par l’ONF) ; Afin d’être compatible avec les préconisations du Grenelle, les activités minières devront respecter les secteurs riches en biodiversité. Il est ainsi nécessaire d’interdire la conduite d’activités minières dans des zones disposant d’un statut de protection réglementaire quel qu’il soit ou ayant fait l’objet d’inventaires d’intérêt écologique (ZNIEFF de type 1 et les séries d’intérêt écologique définies par l’ONF). 2. L’encadrement de l’orpaillage alluvionnaire ; Même si les effluents sont contenus et traités, l’orpaillage alluvionnaire engendre des perturbations importantes pour les milieux naturels et les espèces comme les poissons et les batraciens. La concertation menée dans le cadre de la préparation du SDOM ayant défini les conditions d’un compromis jugé acceptable entre activité socioéconomique et impacts environnementaux, il importe de renforcer la réglementation afin de limiter les effets des exploitations alluvionnaires sur le régime et la qualité des eaux. Les dispositions relatives aux exploitations en lit mineur et majeur des cours d’eau, ainsi que les normes de rejet, devront être définies par un arrêté préfectoral et respecter les prescriptions du SDAGE. 3. L’adoption d’une gouvernance adaptée pour la commission départementale des mines (avec un droit de vote attribué au PAG). Le Grenelle de l’environnement a, pour la première fois, adopté une gouvernance intégrant toutes les parties prenantes. Cette logique de décision a été recommandée par le Président de la République. La Commission départementale des mines devra respecter le mode de gouvernance grenellien et intégrer, avec les mêmes droits de vote, toutes les parties prenantes de la question de l’orpaillage en Guyane. En conséquence, et du fait de leur expertise ou des contraintes que l’activité pourrait leur faire subir, un siège et un droit de vote devrait a minima être accordé au conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN), au Parc amazonien de Guyane, et aux communautés indigènes. Documents à télécharger : Communiqué de presse Or vert contre or jaune – Quel avenir pour la Guyane ? Document joint CP SDOM Guyane 2010
Or vert contre or jaune : quel avenir pour la Guyane ?
Dans le cadre de la concertation en cours pour l’élaboration du Schéma départemental d’orientation minière de la Guyane (SDOM), la fédération France Nature Environnement (FNE), le Groupe d’étude et de protection des oiseaux en Guyane (GEPOG) et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publient le résultat de leur expertise commune. Appartenant à l’une des trois dernières grandes forêts tropicales primaires de la planète, la Guyane française abrite une biodiversité extrêmement riche. Mais les potentialités aurifères du sous-sol guyanais et les cours mondiaux de l’or qui flambent attisent les convoitises. L’exploitation de l’or gagne du terrain, sans aucune vision raisonnée ni raisonnable, bien souvent au détriment de la biodiversité et de la santé des populations. Convaincus qu’il existe des solutions pour combiner la protection des richesses biologiques et la mise en place d’activités économiques responsables et durables, FNE, le GEPOG et le Comité français de l’UICN ont été au rang des premiers à exiger un schéma minier pour la Guyane. Les trois organisations, soutenues par la Fondation Nature et Découvertes et Patagonia, jettent les bases d’une réflexion sur l’exploitation de l’or en Guyane baptisée « Or vert contre or jaune – Quel avenir pour la Guyane ? ». Le rapport élaboré dresse un état des lieux des impacts de l’exploitation aurifère en Guyane, recense les blocages réglementaires et juridiques pour une meilleure prise en compte de l’environnement, et analyse le croisement spatial des différents enjeux. Par un important travail cartographique, les secteurs essentiels pour la protection des ressources en eau, des milieux naturels et des espèces, des lieux de vie des Amérindiens et des activités économiques comme le tourisme et l’agriculture, ont été croisés avec les secteurs à forts enjeux miniers. Au final, deux grands types de secteurs « à conflits » sont identifiés : ceux où des permis miniers déjà attribués se superposent avec d’autres enjeux, ceux où des gisements miniers non encore ouverts à l’exploitation coïncident avec d’autres enjeux Des recommandations sont tirées de cette expertise, dont la mise en oeuvre apparaît essentielle dans le cadre de l’établissement du schéma d’orientation minière. FNE, le GEPOG et le Comité français de l’UICN espèrent que leur contribution nourrira un débat constructif, nécessaire à l’élaboration d’un schéma d’orientation minière à la hauteur des enjeux qu’il a pour objet de concilier. Mais les trois organisations rappellent avec force que seul un schéma opposable aux titres et autorisations miniers sera une réponse adéquate aux engagements du Grenelle et à la promesse du président de la République… pour que la fièvre de l’or ne ronge plus la Guyane. Document joint Rapport Or vert contre or jaune – Septembre 08
La mine d’or de Kaw ne verra pas le jour
L’annonce attendue est tombée ce mercredi 30 janvier : le Président de la République a décidé de ne pas donner suite au projet d’exploitation aurifère sur la montagne de Kaw en Guyane. Le Comité français de l’UICN salue cette décision importante pour l’avenir de la Guyane. Le projet très controversé de la société CBJ Caïman, filiale du groupe Iamgold, d’ouvrir une mine d’or à ciel ouvert au coeur de l’un des haut-lieux de la biodiversité guyanaise avait mobilisé contre lui de larges secteurs de la société civile locale. La décision annoncée est le fruit de l’action conjointe de nombreux acteurs, aux premiers rangs desquels les associations guyanaises de protection de la nature Kwata, Gepog et Sepanguy, soutenues par les organisations nationales France Nature Environnement, WWF France, la Fondation Nicolas Hulot, la Ligue ROC et le Comité français de l’UICN. A de nombreuses reprises, le Comité français de l’UICN s’était prononcé en défaveur du projet, en raison notamment de l’exceptionnelle richesse naturelle du site, des lacunes dans l’évaluation des impacts environnementaux, de la faiblesse des compensations proposées et des garanties insuffisantes apportées quant aux risques de pollution par les effluents cyanurés (voir la position détaillée). Nous espérons que cette décision importante ouvre la voie à une planification cohérente et à un réel encadrement des activités d’exploitation aurifère légales, ainsi qu’à la promotion de projets de développement durable pour la Guyane. Quant à l’autre enjeu majeur de Guyane, le Comité français de l’UICN réaffirme l’urgence d’une réponse appropriée aux ravages écologiques, sanitaires et sociaux de l’orpaillage illégal.