COP26 : Les positions de l’UICN pour la nature et le climat

La COP26 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tient du 31 octobre au 12 novembre 2021 à Glasgow dans un contexte de crises climatique et de la biodiversité. Les évènements météorologiques extrêmes de 2021, dont des inondations catastrophiques, des vagues de chaleur et des incendies de forêts, nous rappellent l’urgence d’agir sur le changement climatique qui genère des boulversements aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. La COP 26 sur le Climat doit prendre des décisions fortes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et s’appuyer davantage sur les solutions fondées sur la nature. « Nous savons qu’une partie de la réponse face au réchauffement climatique réside dans la régénération des écosystèmes. Notre message pour la Cop26 est le suivant : la nature est la solution à la majorité de nos problèmes » Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN – le 8 septembre 2021 au Congrès mondial de l’UICN à Marseille Pour cette COP26, l’UICN met l’accent sur les points suivants en s’appuyant sur les messages clés du Congrès mondial de l’UICN :  1. L’urgence du climat et de la biodiversité sont deux manifestations d’une même crise. L’UICN appelle les Etats à réduire d’urgence les émissions de GES dans tous les secteurs afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5° et à promouvoir les synergies avec les processus internationaux visant à lutter contre le changement climatique et la perte de la biodiversité. Le rapport du GIEC de 2018 indique que pour maintenir un réchauffement planétaire à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, il faut que les émissions anthropiques nettes mondiales de CO2 diminuent d’environ 45% par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030. Or les contributions actuelles des Etats entraineraient des émissions mondiales de GES d’environ 16% en 2030 par rapport aux niveaux de 2010. 2. Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) peuvent apporter une contribution essentielle à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique, tout en contribuant à la conservation de la biodiversité. L’UICN demande à toutes les Parties de reconnaître et de soutenir clairement la mise en œuvre renforcée des SfN, y compris par le biais d’un texte de décision officiel lors de la COP26, en se référant au standard mondial de l’UICN. Une étude scientifique récente parue dans Nature (Girardin et al. 2021) estime que les Solutions fondées sur la nature pourraient permettre d’économiser 10 gigatonnes de CO2e par an, soit plus que les émissions de l’ensemble du secteur mondial des transports. 3. L’UICN exhorte les Parties à renforcer l’ambition de leurs contributions nationalement déterminées (CND), de leurs plans d’adaptation nationaux (PNA) et de leurs stratégies à long terme de développement à faible émission (LT-LEDS) dans le cadre de l’Accord de Paris, notamment en y intégrant des solutions fondées sur la nature plus ambitieuses et plus concrètes. 4. L’UICN appelle les Parties à mobiliser des financements accrus, y compris par le biais de mécanismes innovants, afin de permettre la mise en œuvre réussie de solutions fondées sur la nature à grande échelle.  5. L’UICN souligne l’importance de garantir l’intégrité environnementale ainsi que des mesures de protection environnementales et sociales adéquates lors de la définition des règles, modalités, procédures et orientations de l’article 6 de l’Accord de Paris, y compris celles qui pourraient régir l’utilisation future de solutions fondées sur la nature pour atteindre les résultats d’atténuation prévus par cet article. 6. L’UICN se félicite des progrès réalisés dans la préparation du premier inventaire mondial au titre de l’article 14 de l’Accord de Paris et appelle à une prise en compte systématique des solutions fondées sur la nature dans le cadre de ce processus. 7. L’UICN se félicite des progrès réalisés à ce jour dans l’opérationnalisation de la Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones (LCIP) de la CCNUCC et souligne la nécessité de convenir d’un nouveau plan de travail triennal lors de la COP26.  8. L’UICN réaffirme son engagement à l’égard du Programme de travail de Lima relatif au genre (LWPG) et de son Plan d’action pour l’égalité entre les sexes (GAP), en notant leur rôle essentiel de facilitateur dans la politique de changement climatique tenant compte du genre, y compris pour l’apprentissage continu et le renforcement des approches du changement climatique tenant compte du genre et du respect des droits. Plus d’informations – Le document de position de l’UICN pour la COP26 détaillé– La COP26 de la CCNUCC– Les Solutions fondées sur la Nature

Renforcement de la justice environnementale

Le Comité français de l’UICN salue la spécialisation des magistrats et des juridictions en matière d’environnement et appelle le gouvernement à réhausser ses propositions de nouvelles incriminations dans le projet de loi climat et convention citoyenne. La réponse pénale à la criminalité environnementale est très majoritairement constituée par des alternatives aux poursuites qui ne facilitent pas l’accès des victimes à la justice répressive et à la réparation du préjudice écologique au point où le procureur général près la Cour de cassation a pu évoquer « une dépénalisation de fait du droit de l’environnement ». La criminalité environnementale est pourtant loin d’être résiduelle. Le rapport de la mission d’inspection « Une justice pour l’environnement », publié en octobre 2019, recense entre 19 400 et 22 000 procès-verbaux d’infractions délictuelles transmis aux parquets liés aux atteintes à l’environnement sur la période 2012 à 2018. En 2018, les établissements ayant fusionné au sein de l’Office français de la biodiversité (Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et Agence française pour la biodiversité (AFB) ont constaté plus de 15 000 infractions, dont 6 336 liées à la chasse, 1 223 liées à la gestion et à la protection du gibier, 1 317 liées à la pêche, à l’eau et aux milieux aquatiques et 745 liées à la protection des espèces animales, végétales et des habitats. Le Comité français de l’UICN, avec sa commission du droit de l’environnement et des politiques environnementales (CDPE), avait lancé dès 2015 une réflexion sur ces questions en organisant un colloque à Montpellier sur « la protection de la nature par le droit pénal ». En 2016, les membres de l’UICN ont adopté une motion (085) lors du dernier Congrès mondial de la nature (Hawaï, USA) appelant les États membres à créer des cours et tribunaux spécialisés pour l’environnement. Afin de concrétiser cette recommandation, le Comité français de l’UICN avait lancé en 2017 un appel visant à spécialiser les juges pour l’environnement, partagé par une vingtaine d’organisations de protection de la nature ou des animaux. Depuis, le Comité français de l’UICN a été étroitement associé aux travaux de la mission d’inspection « Une justice pour l’environnement » destinés à formuler des propositions d’amélioration du traitement judiciaire des atteintes à l’environnement. Cet appel du Comité français de l’UICN aboutit ainsi favorablement puisque la loi du 24 décembre 2020 procède à une spécialisation des juridictions civiles et pénales en matière d’atteintes à l’environnement. Des juges spécialement formés et qualifiés traiteront désormais exclusivement ce contentieux à la fois complexe et technique, ce qui devrait permettre de remédier à ce phénomène de dépénalisation du droit de l’environnement et de relever le niveau des sanctions prononcées. Mais au-delà de ces importantes avancées, le Comité français de l’UICN estime que les premières propositions du gouvernement figurant dans le projet de loi climat et convention citoyenne qui sera discuté par le Parlement à partir de mars 2021 ne sont pas à la hauteur de la réforme institutionnelle ambitieuse qui découle de la loi du 24 décembre 2020. Le Comité français de l’UICN estime que cette réforme institutionnelle doit s’accompagner d’une refonte des principales incriminations en relevant le niveau des peines applicables aux infractions les plus graves, en consacrant un délit général d’atteinte à l’environnement et un délit de mise en danger de l’environnement. Plus d’informations – Commission Droit et politiques environnementales du Comité français de l’UICN– Rapport « Une justice pour l’environnement », page 19– Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, Flash’crim n°29, octobre 2020– Recommandation 85 adoptée en 2016 au Congrès mondial de la nature de l’UICN– Loi n° 2020-1672 du 24 décembre 2020 relative au Parquet européen, à la justice environnementale et à la justice pénale spécialisée– Contact : Florence Clap, Chargée de programme « Politiques de la biodiversité »

Relever le défi du changement climatique avec les Solutions fondées sur la Nature

A l’occasion de la Journée mondiale du Climat, le 8 décembre, le Comité français de l’UICN rappelle que la nature est une alliée puissante face au changement climatique et soutient la mise en place de Solutions fondées sur la Nature. Le lien climat et biodiversité n’a jamais été aussi fort.   LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE : DES RÉPONSES ESSENTIELLES FACE AU DÉFI DU CHANGEMENT CLIMATIQUE Les actions de protection, de gestion durable et de restauration des écosystèmes sont des solutions concrètes pour lutter contre le changement climatique. Ce sont les Solutions fondées sur la Nature. C’est en effet en préservant et en restaurant nos milieux naturels que nous continuerons à capter et stocker le carbone de la planète et contribuerons à réduire l’impact des risques naturels tels que les inondations, les submersions marines, les avalanches ou l’érosion côtière. Protégeons davantage nos zones humides, nos mers et littoraux, nos forêts, nos mangroves et nos récifs coralliens ! C’est aussi en créant des espaces verts en ville que nous atténuerons l’effet des canicules qui permettent de refroidir l’air tout en captant les polluants et offrant des zones d’ombrage. « Les Solutions fondées sur la Nature représentent une alternative économique viable et durable souvent moins coûteuse à long terme que des investissements technologiques ou la construction et l’entretien d’infrastructures. » Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN. Solutions fondées sur la nature : les actions du Comité français de l’UICN Depuis la COP21, le Comité français de l’UICN soutient l’importance des SfN. Il s’appuie sur son réseau pour intégrer les SfN dans les stratégies de lutte contre les changements climatiques. Le Plan Climat, le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique et le Plan Biodiversité promeuvent aujourd’hui l’utilisation des Solutions fondées sur la Nature. Le Comité français de l’UICN accompagne également leur mise en œuvre auprès des acteurs. Il produit des publications avec des exemples concrets et intervient dans de nombreux colloques pour faire connaître les bénéfices des SfN afin de faciliter leur appropriation. Plus d’informations – Le communiqué de presse complet– Les Solutions fondées sur la Nature (publications, recommandations, etc.)– Le programme « Ecosystèmes » du Comité français de l’UICN

COP24 Climat : Les messages clés de l’UICN

Le rapport spécial sur un réchauffement climatique de 1,5°C publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en octobre 2018 souligne la gravité de la menace que le changement climatique fait peser sur les systèmes naturels et humains. Pourtant, comme le révèle le Rapport 2018 du PNUE sur les écarts d’émissions, une différence très importante subsiste entre les engagements actuels exprimés par les Parties dans leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) au titre de l’Accord de Paris, et ce qui serait nécessaire pour maintenir le réchauffement de la planète à un niveau bien inférieur à 2°C et 1,5°C. La nécessité d’une action mondiale urgente et ambitieuse visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) est plus évidente que jamais. Alors que les Parties se réunissent à Katowice pour finaliser les règles, procédures et lignes directrices nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord de Paris, c’est-à-dire le Programme de travail de l’Accord de Paris (PTAP), l’UICN tient à souligner le rôle crucial des écosystèmes mondiaux en tant que fournisseurs de solutions pratiques et efficaces, fondées sur la nature, tant pour l’atténuation du changement climatique comme pour l’adaptation à celui-ci. Ces solutions sont également directement pertinentes dans le cadre de la phase politique du Dialogue de Talanoa pendant la COP24, qui dressera un bilan des efforts collectifs des Parties vers les objectifs à long terme de l’Accord de Paris et informera la préparation des futures CDN.   Les recommandations spécifiques de l’UICN concernant le PTAP sont les suivantes : I. Atténuation / Contributions déterminées à l’échelle nationale – Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à la préparation et communication futures de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) devraient encourager et permettre une plus grande reconnaissance et intégration des solutions au changement climatique fondées sur la nature, en plus des mesures ambitieuses d’atténuation dans d’autres secteurs. – Ceci tient compte des principaux bénéfices en matière d’atténuation du changement climatique que la conservation, la restauration et la gestion durable des écosystèmes terrestres, côtiers et marins offrent en tant que puits et réservoirs pratiques et rentables de gaz à effet de serre, comme le reconnaît clairement l’Accord de Paris. Une analyse publiée dans les Actes de l’Académie nationale des sciences (PNAS) en 2017 estimait que les solutions climatiques naturelles peuvent fournir plus d’un tiers des mesures rentables d’atténuation climatique nécessaires d’ici 2030 pour stabiliser le réchauffement à moins de 2°C. Le Rapport 2017 du PNUE sur les écarts d’émissions estime que les options terrestres d’élimination du carbone, y compris les forêts, les zones humides et les sols, offrent un potentiel annuel total de réduction d’émissions de 4 à 12 GTCO2e. Ces options aident également à atteindre d’autres objectifs mondiaux en matière de durabilité, tels que l’amélioration de la qualité de l’eau, la conservation de la biodiversité et le renforcement de la sécurité alimentaire.   II. Communications en matière d’adaptation – Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à leurs Communications relatives à l’adaptation, que ce soit dans le cadre de leurs Plans nationaux d’adaptation (PNA), de leurs Communications nationales (CN) ou de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN), devraient également encourager et permettre une plus grande reconnaissance et inclusion du rôle essentiel que jouent les écosystèmes sains (forêts, mangroves, océans), au travers de l’adaptation basée sur les écosystèmes, en aidant les pays et les communautés vulnérables à mieux s’adapter aux effets néfastes du changement climatique. Une étude récente estime que les zones humides ont permit d’éviter 625 millions de dollars de dommages directs causés par les inondations lors de l’ouragan Sandy, en 2012. De façon plus générale, on estime que les zones humides côtières des États-Unis fournissent des services de protection contre les tempêtes d’une valeur annuelle de 23 milliards de dollars. – Ces directives devraient également encourager les Parties à évaluer systématiquement les risques que représente le changement climatique pour les communautés et les écosystèmes vulnérables, comme souligné dans le Rapport spécial du GIEC sur un réchauffement climatique de 1,5°C, et à en faire une priorité dans la planification et les mesures nationales d’adaptation, afin de renforcer la résilience des personnes comme des écosystèmes.   III. Bilan mondial – Les modalités du Bilan mondial (BM), prévu pour 2023 et par la suite, tous les cinq ans, devraient explicitement tenir compte de la contribution des solutions fondées sur la nature à la lutte contre le changement climatique, et évaluer et rapporter systématiquement le degré d’incorporation par les pays de mesures d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN. – Elles devraient également encourager les Parties à inclure des mesures plus ambitieuses d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN ultérieurs.   Plus d’informations – Télécharger les messages clés de l’UICN pour la COP24 Climat – Les Solutions fondées sur la Nature – Pour tout renseignement, veuillez contacter : Stewart Maginnis, Directeur mondial, Solutions basées sur la nature au siège de l’UICN stewart.maginnis@iucn.org / Cyrie Sendashonga, Directrice mondiale, Politiques et Programme au siège de l’UICN cyriaque.sendashonga@iucn.org / Sandeep Sengupta Coordonnateur mondial, Portefeuille Changement climatique au siège de l’UICN sandeep.sengupta@iucn.org – Le site internet dédié à la COP24 Climat Photo © Mariusz Prusaczyk on Unsplash

Bilan de l’Atelier international #Nature4climate

Retour sur l’Atelier international Eau & Climat – « Génie écologique et risques climatiques » 220 participants des 5 continents ont participé à l’atelier international Eau & Climat sur le thème « Génie écologique et risques climatiques » organisé par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et l’Agence Française de développement en partenariat avec le Comité français de l’UICN, le Partenariat Français pour l’Eau, l’Institut du développement durable et des relations internationales et l’Agence française pour la biodiversité, les 20, 21 et 22 septembre 2017 à Paris. Les présentations, échanges et groupes de travail ont permis de souligner l’importance de s’appuyer sur les écosystèmes pour s’adapter au changement climatique et les avantages apportés par ces solutions fondées sur la nature, grâce à des retours d’expériences diversifiés. Les débats ont également mis en lumière la nécessité d’intégrer ces solutions dans les politiques et projets d’aménagement du territoire, d’assurer un portage institutionnel et une appropriation de ces solutions par les populations locales.   Sous l’effet du changement climatique, la raréfaction des ressources en eau, la multiplication des événements extrêmes et la montée du niveau de la mer menacent les écosystèmes et les populations. Favoriser les solutions fondées sur la nature, « sans regret » et multifonctionnelles, permettant de protéger à la fois les populations et les écosystèmes, et les services écologiques qu’ils procurent, sont des défis essentiels pour faire face aux changements climatiques.  Face aux enjeux des risques naturels et dans un contexte de changement climatique, cet atelier a su montrer la nécessité de : Faire de la nature une alliée, de s’inspirer et s’appuyer sur des écosystèmes en bon état pour mieux s’adapter aux changements climatiques, tout en restant humble face aux dynamiques naturelles. Développer un dialogue, permettant de partager des éléments de diagnostic qui vont permettre aux acteurs, praticiens, décideurs de s’en inspirer pour proposer des réponses à la hauteur des enjeux.   Des réflexions qui seront portées sur la scène internationale Les échanges issus de cet atelier seront portés à la COP23 et au Forum Mondial de l’Eau Brasilia 2018 et contribueront à enrichir la dynamique lancée dans les bassins français pour s’adapter aux changements climatiques en cohérence avec la mise en oeuvre des Objectifs de développement durable des Nations Unies. Des écosystèmes sains pour s’adapter au changement climatique Préserver des écosystèmes sains et fonctionnels permet de les rendre plus résilients face aux changements globaux et de favoriser l’adaptation de nos économies et nos modes de vie qui en sont bien plus dépendants que nous le pensons. Des solutions multifonctionnelles Les solutions fondées sur la nature sont multifonctionnelles (comme l’agroforesterie ou la restauration de zones humides) et apportent des co-bénéfices pour l’emploi, les rendements agricoles, l’environnement, les ressources en eau, la biodiversité… Ces solutions nécessitent une réflexion sur l’aménagement du territoire Faire de la place au vivant, accepter des espaces de liberté le long de nos côtes, pour les cours d’eau, pour les dynamiques écologiques de la biodiversité sont autant de « nouvelles » façons de gérer les risques naturels liés à l’eau. Les politiques publiques et d’aménagement doivent intégrer les solutions fondées sur la nature dans le panel des solutions de gestion des risques naturels. Les zones humides, urbaines ou en milieux ruraux, par exemple en Chine ou sur la vallée de l’Oise, supposent un aménagement radicalement différent de l’espace associé à une redistribution des ressources et des priorités. Les solutions fondées sur la nature doivent être de plus en plus considérées, explorées et utilisées tout en sachant qu’il n’y a pas de solution unique mais plusieurs solutions adaptées à un territoire et à sa population. Elles n’excluent pas le recours aux solutions plus classiques de génie civil qui peuvent être combinées dans les territoires à ces solutions douces en fonction des enjeux. Des retours d’expériences diversifiés Nous avons maintenant de nombreux exemples de toutes natures qui sont autant de démonstrateurs qu’il est possible d’avoir recours à la restauration et/ou la protection des écosystèmes dans la gestion des risques liés à l’eau et de leur pertinence dans un contexte de changement climatique. Il s’agit aujourd’hui d’encourager leur mise en œuvre, au-delà de la réalisation technique de ces solutions.   La conduite des politiques et acceptabilité sociale Un certain nombre de pistes ont été évoquées, parmi lesquelles l’importance et l’efficacité de la participation, qui suggèrent qu’il faut des politiques non seulement participatives, mais plus encore inclusives, qui s’appuient sur des diagnostics clairs des besoins des populations locales, comme l’a souligné l’exemple brésilien. Les projets ont pu pointer les insuffisances ou les limites à la mise en œuvre des solutions fondées sur la nature : acceptabilité sociale, portage politique, financement spécifique, manque de données à la fois hydrologique mais aussi sur les écosystèmes, maîtrise du foncier, mais aussi un retour sur l’efficacité des solutions choisies et des bénéfices pour la biodiversité. Nous bénéficions en effet de plusieurs décennies d’expérience de génie écologique, dans des domaines aussi divers que la gestion du trait de côte, de l’érosion, de l’agroforesterie, des trames vertes et bleues en zone urbaine. L’enjeu aujourd’hui est de faire sortir ces expériences, ces savoir-faire techniques, de leur domaine spécialisé et d’en faire les bases de politiques publiques qui répondent à ces défis.   Ils l’ont dit durant l’atelier « Nous n’arriverons pas à relever les défis du climat sans prendre en compte les écosystèmes » Sébastien MONCORPS, Directeur de l’UICN France « Notre responsabilité de décideur politique c’est d’agir, au plan local, par bassin et au plan international. La stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie, partagée par l’ensemble des acteurs rassemblent nos forces et actions pour relever le défi du changement climatique. » François SAUVADET, Président du Comité de bassin Seine-Normandie « Rendre la ville plus perméable, infiltrer la pluie là où elle tombe, rendre nos milieux naturels plus résistants aux impacts du changement climatiques sont des solutions mises en œuvre par les acteurs du bassin et soutenus par l’Agence de l’eau Seine-Normandie » Patricia BLANC, Directrice générale de l’Agence de l’eau Seine-Normandie « Les pays partenaires de l’Agence Française de Développement sont des pays en

Un nouveau programme de soutien à la société civile africaine

Après 10 ans de succès, un nouveau programme de soutien à la la société civile africaine est lancé par le FFEM et l’UICN France pour renforcer l’action sur la biodiversité et le climat Le Programme de Petites Initiatives (PPI) renouvelle pour les 3 prochaines années son appui à la société civile africaine active dans la protection de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique. Une nouvelle convention est signée aujourd’hui entre le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN France), pour la mise en œuvre de ce programme, au moment où il célèbre ses 10 années d’existence.   De petits projets pour de grands enjeux Depuis 2006, le Programme de Petites Initiatives, financé par le FFEM, accompagne directement les organisations de la société civile (OSC) des pays d’Afrique subsaharienne actives dans la préservation de la biodiversité grâce à des subventions d’un montant maximum de 50 000 €. En 10 ans, 144 organisations ont reçu une aide de ce programme dont la gestion est assurée par l’UICN France et le programme Afrique Centrale et de l’Ouest de l’UICN (UICN-PACO). Les projets apportent des résultats concrets pour la conservation de la nature en Afrique et intègrent le plus souvent, dans leurs actions, des activités génératrices de revenus qui bénéficient directement aux populations locales et à leur développement socio-économique (par ex. plus de 60 projets de développement de filières de commercialisation de produits naturels ont été financés). Le PPI constitue aujourd’hui le principal outil de la coopération française finançant directement les OSC de pays du sud pour des actions spécifiques de conservation.   Une société civile africaine renforcée pour répondre aux défis environnementaux Le PPI contribue à renforcer les capacités des organisations africaines grâce à un accompagnement de proximité mis en œuvre par l’UICN-PACO. Progressivement certaines de ces OSC sont devenues des acteurs majeurs au sein de leurs pays respectifs. Elles participent aujourd’hui à des commissions nationales, mènent des actions de plaidoyer auprès des responsables politiques, partagent leur expertise, etc. Le PPI a permis la constitution et la structuration de réseaux et d’alliances entre acteurs travaillant sur les mêmes thématiques ou/et au sein d’une même région. Ces partenariats se sont même parfois étendus à l’international, aboutissant à la création de synergies et coopérations entre acteurs de la société civile au Nord et au Sud.   Une nouvelle phase PPI pour consolider les actions et encourager les dynamiques régionales L’objectif de cette nouvelle phase, est de continuer à soutenir les OSC afin de favoriser l’émergence d’une masse critique d’organisations capables de mener des actions concrètes sur le terrain, de travailler ensemble et d’influencer les politiques publiques et les acteurs du secteur privé. A titre d’exemple, le PPI va poursuivre son accompagnement à l’Alliance pour la conservation des Grands Singes en Afrique Centrale (GSAC), qui regroupe six OSC de quatre pays d’Afrique Centrale (Gabon, Congo Brazzaville, RDC et Cameroun) et dont l’objectif est de contribuer à la conservation des grands singes et de leurs habitats tout en appuyant le développement des communautés locales. Leur mise en réseau permettra de mutualiser les efforts, de valoriser les travaux des membres et de communiquer et porter des messages au niveau régional et international en faveur des grands singes d’Afrique (le Gorille de l’Est, le Gorille de l’Ouest, le Chimpanzé et le Bonobo), tous menacés d’extinction.   Pour en savoir plus Page dédiée au PPI Site internet du FFEM   Documents joints Communiqué de presse Dossier de presse sur les 10 ans du PPI

L’accord de Paris sur le climat accroît les espoirs pour un avenir durable

L’UICN se félicite du nouvel accord sur le climat adopté par les gouvernements du monde entier lors du sommet climatique de l’ONU à Paris (COP21) et sa reconnaissance du rôle crucial de la nature dans la lutte contre le changement climatique.   Le rôle des forêts, des océans et des autres écosystèmes naturels pour absorber les émissions de carbone et aider les nations à s’adapter au changement climatique a été clairement reconnu dans le nouvel accord, qui a été adopté par près de 200 pays, après deux semaines de négociations intenses. L’accord souligne l’importance d’assurer l’intégrité de tous les écosystèmes et la protection de la biodiversité lorsque des actions sont conduites pour lutter contre le changement climatique. « La nature est une alliée puissante dans notre lutte contre le changement climatique », explique Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Nous sommes encouragés par le fort accent mis sur les solutions basées sur la nature dans le nouvel accord, qui établit une base solide pour que le monde avance vers un avenir plus durable, résilient et à faible émission de carbone. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser la nature hors de l’équation ; aucune action climatique ne peut véritablement réussir sans elle « . Alors que la biodiversité et les écosystèmes sont menacés par le changement climatique, leur conservation, leur restauration et leur gestion durable génèrent des solutions basées sur la nature significatives et pratiques pour répondre au changement climatique. Les écosystèmes terrestres stockent près de trois fois la quantité de carbone présente dans l’atmosphère, tandis que des océans en bonne santé absorbent plus de 25% des émissions annuelles de dioxyde de carbone. L’accord de Paris montre la volonté de la communauté internationale de mobiliser tous les secteurs et les parties prenantes à contenir l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 ° C par rapport aux niveaux préindustriels, et de poursuivre les efforts visant à le limiter à 1,5 ° C. L’accord ouvre la voie à une action accélérée sur le changement climatique à tous les niveaux, tout en favorisant l’intégrité environnementale et en respectant l’égalité des sexes, l’équité intergénérationnelle et les droits humains – y compris ceux des peuples autochtones. « Nous félicitons toutes les Parties, et en particulier le gouvernement français, pour la réussite de l’organisation et de la conclusion de ce sommet historique« , déclare le Président de l’UICN, M. Zhang Xinsheng. « Le monde a finalement réalisé que ce qui était en jeu ici à Paris était un accord qui définira l’avenir de notre planète. Nos yeux se tournent maintenant vers Hawaii, où le Congrès mondial de l’UICN se tiendra l’année prochaine, qui rassemblera la communauté mondiale de la conservation pour s’assurer que les promesses ambitieuses faites aujourd’hui seront traduites en actions encore plus ambitieuses sur le terrain ». Pour en savoir plus : L’UICN à la COP21 Des solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques – UICN France L’accord de Paris sur le climat

Lancement de la plateforme océan et climat 2015

Le Comité français de l’UICN s’associe au lancement à l’UNESCO de la Plateforme Océan et Climat 2015 à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan. Paris, 3 juin –La Journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année le 8 juin, donnera lieu à une série d’événements organisés le 10 juin au siège de l’UNESCO, sur le thème « Ensemble nous avons le pouvoir de protéger l’océan ». A cette occasion, l’UNESCO annoncera le lancement de la Plateforme Océan et climat 2015, qui réunit les acteurs de la société civile et de la recherche avec un objectif : placer l’océan au coeur des discussions internationales relatives au climat. Cette annonce intervient en amont de la Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui se tiendra à Paris en novembre 2015. Une conférence de presse aura lieu à 9h00 le 10 juin à l’UNESCO (salle XI) pour détailler les enjeux et les objectifs de la Plateforme Océan et climat 2015* ainsi que la collaboration entre l’UNESCO et le gouvernement français en vue de l’organisation d’évènements préparatoires à la COP21 de Paris. Interviendront au cours de cette conférence de presse la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova ; Philippe Lalliot, Ambassadeur, Délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO ; Romain Troublé, Secrétaire général de Tara Expéditions et représentant des ONG au sein de la plateforme ; Ludovic Frère Escoffier, Président du groupe mer du Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature et Françoise Gaill, Directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Premier fournisseur d’oxygène, l’océan joue un rôle aussi important que les forêts en tant que « poumon » de la planète. En absorbant près d’un quart des émissions de carbone rejetées dans l’atmosphère par l’activité humaine, il joue également un rôle régulateur déterminant dans le changement climatique. Mais l’augmentation des émissions de CO2 –qui se traduit par une acidification des eaux-, la surexploitation des ressources et la pollution diminuent la capacité des écosystèmes marins à s’adapter aux changements climatiques présents et futurs. Lancée conjointement par des organismes de recherche, des ONG et la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, la Plateforme entend éclairer les débats de la COP21 relatifs à l’interaction océan-climat. Le fait que changement climatique signifie changement océanique doit être pris en compte lors des négociations. Or jusqu’ici, l’océan a occupé une place relativement marginale dans les négociations internationales relatives au climat, surtout concentrées sur les émissions terrestres de CO2 par l’homme, sur le rôle de captage du CO2 par les forêts et sur les mesures d’adaptation nécessaires au changement climatique. La COP 21 se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Son objectif est de parvenir à un nouvel accord international sur le climat en vue de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C. Plus d’information sur la plateforme : ici et dans le document en téléchargement (ci-dessous)   *Liste des membres fondateurs de la Plateforme : Agence française des Aires Marines Protégées ; Association Innovations Bleues ; CNRS ; Comité français de l’Union internationale de conservation de la nature ; Green Cross France et Territoires ; Fondation Prince Albert II de Monaco ; Institut Océanographique – Fondation Albert Ier Prince de Monaco ; Institut du Développement Durable et Relations Internationales ; Institut Ecologie et Environnement ; Institut Océanographique Paul Ricard ; NASF ; Nausicaá-Centre National de la Mer ; The Pew Charity Trusts / France ; Réseau MEDPAN ; Réseau Océan Mondial ; Surfrider Foundation Europe ; Tara Expéditions ; UNESCO/COI. Contact médias Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO, +33 (0) 1 45 68 17 64 Document joint Présentation plateforme océan et climat 2015

Congrès français de la nature 2010

Le Comité français de l’UICN organise aujourd’hui à Paris son Congrès français de la nature et lance un appel à une nouvelle mobilisation en faveur de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN – Union internationale pour la conservation de la nature – organise aujourd’hui, à Paris, son Congrès français de la nature, premier grand événement de l’Année internationale de la biodiversité en France. Un état des lieux sera établi sur l’érosion de la biodiversité qui se poursuit, alors que les pays européens s’étaient engagés à la stopper avant 2010. Le Comité français de l’UICN lancera un appel à une nouvelle mobilisation, à la fois au niveau national et au niveau international où la conférence de Nagoya sur la biodiversité succèdera à celle de Copenhague sur le climat. En 2001, l’Union Européenne et la France s’engageaient à stopper l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2010. Force est de constater aujourd’hui que l’objectif fixé n’a pas été atteint. La biodiversité continue de disparaître. Les derniers chiffres de la Liste rouge des espèces menacées en France le montrent : 1 espèce d’oiseaux sur 4, 1 espèce d’amphibiens et de reptiles sur 5, 1 espèce de mammifères sur 10 ou encore 1 espèce d’orchidées sur 6 risquent de disparaître de métropole. L’équivalent d’un département français est artificialisé tous les 10 ans, soit 60 000 ha/an. Outre-mer, 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde sont présentes et nos récifs coralliens sont endommagés de 10 à 80 % selon les territoires. Pour autant des progrès ont été accomplis et la prise en compte de la biodiversité s’est améliorée. La Stratégie nationale pour la biodiversité a permis de commencer à intégrer les enjeux de biodiversité dans les grandes politiques publiques : agriculture, infrastructures, mer, tourisme… Le Grenelle de l’Environnement et celui de la Mer ont permis de renforcer ces engagements, d’en prendre de nouveaux et d’associer l’ensemble des acteurs de la société à la définition et la mise en œuvre des actions. Les enjeux de la biodiversité sont également de plus en plus partagés : l’implication des collectivités locales et des entreprises est grandissante. Un nouvel objectif plus ambitieux et un nouveau cadre d’action, tant au niveau international qu’au niveau national, doivent être définis. Le Comité français de l’UICN présentera une résolution avec ses propositions et attentes pour 2010 en ce sens. L’année 2010 représente une opportunité unique de renforcer la mobilisation de tous les acteurs sur la biodiversité. C’est la première fois que les Nations Unies dédient une année à la biodiversité. En octobre 2010 à Nagoya, la conférence de la Convention sur la diversité biologique succèdera à celle sur le changement climatique de Copenhague. La France et l’ensemble des pays présents devront défendre une nouvelle ambition mondiale et un nouveau plan d’actions, précis et opérationnel, pour répondre à la crise de disparition de la biodiversité.   Documents joints communiqué de presse programme