La Commission européenne s’attaque aux espèces envahissantes
La nouvelle proposition législative publiée hier par la Commission européenne vise à assurer une action coordonnée au niveau européen pour lutter contre les impacts des espèces exotiques envahissantes. L’UICN, réunissant certains des meilleurs experts en la matière en Europe, se félicite de cette nouvelle proposition mais souligne certaines préoccupations. « La proposition de la Commission européenne ouvre la voie vers une action plus importante et mieux coordonnée en Europe, incluant ses entités d’outre-mer, pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes », a déclaré Luc Bas, directeur du Bureau de représentation de l’UICN auprès de l’Union européenne (UE). « La prévention, les systèmes d’alerte précoce et de réaction rapide, l’éradication et les mesures de contrôle, sujets inclus dans la proposition et soutenus par les experts de l’UICN, vont dans la bonne direction. Cependant, il y a certains éléments qui doivent encore être précisés, tels que le processus d’identification des espèces prioritaires ». Selon la proposition législative, une liste d’espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’UE sera développée. Un plafond de 50 espèces à inclure dans cette liste est proposé. Un comité, composé de représentants des gouvernements de l’UE et d’institutions, doit être mis en place pour prendre des décisions sur les ajouts ou suppressions dans cette liste. « Le plafond proposé par la Commission européenne est beaucoup trop faible pour atteindre les objectifs en matière de biodiversité au niveau de l’UE et au niveau mondial. En outre, le calendrier proposé de cinq ans pour la révision éventuelle de cette liste ne garantit pas la flexibilité nécessaire pour réagir rapidement aux nouvelles menaces », a déclaré Piero Genovesi, Président du Groupe de spécialistes des espèces envahissantes de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN. « Le processus pour ajouter des espèces à la liste est d’une importance cruciale. Il doit être fondé sur la science et être réactif. Les décisions doivent être prises à la suite de recommandations sur l’évaluation des risques et de ne pas se baser sur des intérêts politiques. L’UICN appelle à l’implication des acteurs concernés et des scientifiques dans le comité proposé « . Il existe plus de 1500 espèces exotiques qui engendrent des impacts négatifs en Europe. Rien qu’à Londres, 76 espèces envahissantes ont été signalées. Les espèces exotiques envahissantes génèrent des coûts élevés et réduisent la biodiversité. Elles posent de sérieux défis pour la santé publique et l’économie, et peuvent endommager les infrastructures. Selon l’UICN, il est essentiel que des ressources financières soient disponibles aux niveaux européen et national pour mettre en œuvre les mesures prévues, en particulier pour les réponses d’urgence face aux invasions. Un certain nombre d’exemples d’échec à répondre rapidement en raison du manque de ressources existent déjà, comme le Frelon asiatique (Vespa velutina) en France, le Raton laveur (Procyon lotor) en Espagne, l’Ecureuil gris d’Amérique (Sciurus carolinensis) en Italie, la Limace espagnole (Arion vulgaris) en Suède et le Poisson-lion (genre Pterois) dans la région des Caraïbes. Avec les ressources nécessaires et l’implication de tous les acteurs clés, la réduction de l’impact des espèces envahissantes est possible. Par exemple, l’élimination des rats de la petite île méditerranéenne de Montecristo a augmenté le succès de reproduction des puffins indigènes, qui étaient menacés, à 90%. Une publication récente de l’UICN a mis en évidence des exemples d’actions locales efficaces dans les zones urbaines de plus de 15 pays européens. « Les villes sont voies importantes d’entrée des espèces envahissantes, par exemple à travers des arrivées accidentelles avec des navires ou avec le commerce d’animaux de compagnie et de plantes ornementales. Toutefois, tel que présenté lors de la récente conférence de l’UICN sur les espèces envahissantes dans les zones urbaines, les villes sont également essentielles pour empêcher de nouvelles introductions et sensibiliser les citoyens aux problèmes liés aux espèces envahissantes », a déclaré Chantal van Ham, Chargée du Programme européen de l’UICN. La proposition de la Commission européenne doit être adoptée par le Parlement européen et le Conseil avant de devenir opérationnelle. L’UICN espère que ce processus se traduira par un instrument législatif renforcé et concerté et qu’il ne sera pas reporté après les élections l’année prochaine. L’UICN continuera de fournir des informations scientifiques et de faciliter le dialogue entre les parties prenantes sur cette question très urgente. En particulier, le Comité français de l’UICN poursuit la mise en oeuvre de son Initiative sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer et envisage d’organiser l’année prochaine un colloque national sur ce thème.
L’AFD et le Conseil général de Mayotte soutiennent l’action du Comité français de l’UICN
Le Comité français de l’UICN vient de signer une convention de partenariat avec l’AFD et le Conseil Général de Mayotte pour la deuxième phase de l’élaboration d’une stratégie biodiversité pour le développement durable de Mayotte. Cette stratégie doit permettre de renforcer la préservation de la biodiversité, dont dépendent les activités économiques et le bien-être des mahorais. Le Comité français de l’UICN a lancé en juin 2012 une dynamique collective pour élaborer une proposition de Stratégie biodiversité pour un développement durable de Mayotte. Cette première étape a bénéficié du soutien de TEMEUM, de la DEAL et du Conseil général de Mayotte. Sur la base d’un état des lieux du territoire (Diagnostic Biodiversité de Mayotte), cinq enjeux majeurs ont été dégagés, puis présentés lors d’ateliers thématiques tenus entre janvier et mars 2013 à l’occasion desquels un plan d’action pour la biodiversité s’est construit. Un séminaire de restitution, auquel l’AFD et le Conseil Général se sont associés, a été l’occasion de valider des propositions d’actions et de prendre une motion pour la biodiversité de Mayotte, l’Appel de Maoré, soutenant la mise en œuvre de la stratégie. Cette convention tripartite d’une année vise à lancer la seconde phase de la stratégie biodiversité pour le développement durable de Mayotte. Il s’agira, d’ici le mois de novembre 2013, de finaliser et faire valider par tous les acteurs la proposition de stratégie. L’UICN France proposera ensuite la mise en place d’un comité mahorais de la biodiversité, structure de gouvernance pour l’animation et le suivi de la mise en œuvre de la stratégie. Dans un second temps, il s’agira de créer un mécanisme d’appui et d’accès aux financements pour la société civile porteuse de projets répondant aux objectifs de la stratégie biodiversité, l’objectif étant de réaliser des actions démonstratives répondant aux priorités identifiées et de renforcer les capacités des acteurs locaux à formuler et mettre en œuvre des projets. L’effort de structuration entrepris à travers ce partenariat pourrait permettre aux acteurs de la biodiversité à Mayotte d’accéder notamment aux financements européens. Après le renouvellement du soutien de la DEAL Mayotte, l’appui apporté par l’AFD et le Conseil Général de Mayotte, ainsi que les fonds du Contrat de Projet Etat-Mayotte, vont permettre de concrétiser cette deuxième étape de finalisation et de mise en oeuvre de la Stratégie Biodiversité pour le développement durable de Mayotte.
Liste rouge mondiale 2013 : les plus anciennes et les plus grandes espèces du monde sont en déclin
La dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™ fait état du déclin inquiétant des conifères – les organismes les plus anciens et les plus grands du monde –, des crevettes d’eau douce, des cônes ou coquillages du genre Conus, et du marsouin aptère du Yang Tsé. Le scinque géant du Cap-Vert, le Cyprinodon de Santa Cruz et une espèce de crevette d’eau douce sont déclarés éteints. Cette mise à jour porte à 4807 le nombre d’espèces qui ont été ajoutées à la Liste rouge de l’UICN et à 70294 le nombre total d’espèces évaluées, dont 20934 sont menacées d’extinction. « Grâce à la Liste rouge de l’UICN, nous disposons d’un niveau de connaissance sur l’état de la biodiversité dans le monde jamais atteint auparavant », explique Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Mais le tableau d’ensemble est alarmant. Nous devons exploiter pleinement ces connaissances, en déployant des efforts de conservation ciblés et efficaces, si nous voulons vraiment juguler la crise de l’extinction qui continue à menacer la vie sur Terre. » Cette mise à jour comprend la première réévaluation mondiale des conifères. D’après les résultats de celle-ci, 34% des cèdres, cyprès, sapins et autres conifères sont actuellement menacés d’extinction, soit une augmentation de 4% depuis la dernière évaluation complète en 1998. Le statut de conservation de 33 espèces de conifères s’est dégradé, notamment celui du pin de Monterey (Pinus radiata), le pin le plus communément planté au monde, apprécié pour sa croissance rapide et pour les qualités de sa pulpe. Cet arbre est passé du statut « Préoccupation mineure », une catégorie utilisée pour les espèces ne courant qu’un risque d’extinction relativement faible, à « En danger », menacé principalement par des chèvres sauvages et par les attaques d’un agent pathogène invasif. Une autre espèce de conifère auparavant classée dans la catégorie « Préoccupation mineure », le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), originaire de l’Atlas algérien et marocain, est actuellement « En danger » en raison de sa surexploitation. Et sa population réduite est menacée par différents parasites. D’un autre côté, des mesures de conservation ont permis d’améliorer le statut du cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana). Cet arbre, qui a fait l’objet d’un commerce important à un moment donné, est actuellement classé espèce « Quasi menacée », grâce à l’amélioration des pratiques de gestion en Californie et dans l’Oregon, avec entre autres la plantation d’individus résistants aux maladies. Si les mesures de conservation se poursuivent, ce conifère pourrait être classé dans la catégorie « Préoccupation mineure » d’ici 10 ans. « Les efforts de conservation portent leurs fruits et les résultats obtenus pour le cyprès de Lawson sont rassurants », précise Aljos Farjon, président du Groupe de spécialistes des conifères au sein de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) à l’UICN. « Néanmoins, il est clair que cela ne suffit pas. Nous devons d’urgence effectuer des recherches plus poussées sur le statut et la distribution de nombreuses espèces. Nous supposons qu’il y a encore de nombreuses nouvelles espèces qui n’ont pas été décrites à ce jour, mais elles ne seront probablement jamais découvertes vu le rythme auquel la déforestation progresse et auquel leur habitat est converti en plantations destinées à la production d’huile de palme. » Les conifères sont les plus anciennes et les plus grandes espèces de notre planète. Le pin Bristlecone (Pinus longaeva), par exemple, peut vivre près de 5000 ans, et le séquoia (Sequoia sempervirens) atteint une hauteur de 110 mètres. A l’exception des zones humides, les forêts de conifères capturent plus de carbone que tout autre biome – trois fois plus que les forêts tempérées et tropicales. Leur valeur économique est immense : les résineux sont utilisés pour la production de bois et de papier, et l’agent anti-cancéreux Taxol® est dérivé de l’écorce de nombreuses espèces d’ifs. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN fournit les résultats de la toute première évaluation mondiale des crevettes d’eau douce, dont 28% des espèces sont menacées d’extinction. Dix pour cent sont utilisées pour la consommation humaine, notamment la chevrette, ou crevette géante d’eau douce (Macrobrachium rosenbergii), et elles jouent un rôle important dans les réseaux trophiques d’eau douce. La pollution, la modification de leur habitat et le commerce aquariophile sont quelques-unes des grandes menaces auxquelles l’espèce est confrontée. Les conidés, présents dans les milieux marins tropicaux, ont eux aussi fait l’objet d’une évaluation pour la première fois, et 8% sont menacés d’extinction. En tant que prédateurs, ils constituent un élément important des écosystèmes marins. De plus, leurs toxines mortelles sont très précieuses, car elles servent à l’élaboration de nouveaux médicaments destinés au traitement de la douleur irréductible. Enfin, les belles coquilles de ces animaux sont prisées par les collectionneurs depuis des siècles, certains spécimens rares ayant été vendus pour des milliers de dollars. La perte de leur habitat et la pollution représentent les plus grandes menaces qui pèsent sur ces espèces. « Cette évaluation marque un tournant rendu possible par la collaboration innovante entre les négociants en coquillages et les experts scientifiques », explique Howard Peters de l’Université de York, membre du Groupe de spécialistes des mollusques au sein de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) à l’UICN. « Leur travail conjoint a permis de mieux connaître la distribution, le commerce et les menaces qui pèsent sur chaque espèce. Ces informations seront capitales pour nos futurs efforts de conservation. » Le marsouin aptère du Yang Tsé (Neophocaena asiaeorientalis asiaeorientalis), une sous-espèce du marsouin aptère et l’un des derniers cétacés d’eau douce au monde, qui vit dans le fleuve Yang Tsé en Chine et dans deux lacs adjacents, les lacs Poyang et Donting, a également été évalué. Sa population, estimée à environ 1800 individus en 2006, baisse de plus de 5% par an depuis les années 1980 et est considérée comme « En danger critique d’extinction ». Ces marsouins sont de plus en plus menacés, entre autres par la pêche clandestine, la circulation de nombreux navires, l’exploitation du sable et la pollution. Le pécari à lèvres blanches (Tayassu pecari), un membre de la famille du
Recommandations sur le projet d’Agence française pour la biodiversité
Suite à la publication du deuxième rapport de préfiguration sur le projet d’Agence française pour la biodiversité, le Comité français de l’UICN exprime ses recommandations sur les propositions qui sont formulées pour la création de cette agence. Contexte Le Comité français de l’UICN a mené, avec ses membres et ses experts, de nombreuses réflexions sur la gouvernance de la biodiversité en France, qui l’ont conduit à proposer, avec d’autres, dès 2007, la création d’une agence nationale. Il s’est félicité de la décision du Président de la République, à la Conférence environnementale de 2012, d’en engager la mise en place. Le Comité français de l’UICN a pris connaissance avec intérêt du premier rapport des préfigurateurs (janvier 2013). Les grandes orientations qui y sont exprimées, assorties d’hypothèses alternatives de mise en œuvre, rejoignaient globalement les positions et les espoirs de son bureau et de ses membres. L’examen attentif qu’il a fait du rapport de la phase II (diffusé en avril 2013) le conduit à préciser et à expliciter sa position. En effet, ce document ne répond pas pleinement aux orientations du premier rapport, ni à l’ensemble des aspirations de l’UICN France et de ses membres. Au moment où est annoncé un troisième rapport des préfigurateurs, le Comité français de l’UICN estime indispensable de souligner trois points qui lui paraissent devoir être profondément réexaminés pour réorienter, corriger et compléter le projet dans son état actuel, et lui permettre de répondre aux ambitions affichées par le Président de la République lui-même. 1) Le projet politique : des ambitions limitées, une organisation peu innovante, une mobilisation trop limitée de l’ensemble des acteurs de la biodiversité L’agence doit répondre aux carences, aux insuffisances et aux besoins dans la mise en œuvre de la politique nationale de la biodiversité afin que la France soit exemplaire dans le respect de ses engagements nationaux, européens et internationaux. Sa création doit constituer une valeur ajoutée claire pour progresser dans la connaissance, la sensibilisation et l’action en faveur de la préservation et de la reconquête de la biodiversité sur l’ensemble du territoire français. Sa mission doit concerner l’ensemble de la biodiversité terrestre, aquatique ou marine, ordinaire ou remarquable, de métropole et d’outre-mer. Parmi ses chantiers prioritaires figurent notamment la mise en œuvre de la Trame verte et bleue, des plans nationaux d’action pour les espèces menacées, des stratégies de création d’aires protégées terrestres et marines, du plan national d’action pour les zones humides, des atlas de la biodiversité communale, du réseau Natura 2000 (directives Habitats et Oiseaux), des directives cadre sur l’eau et sur les milieux marins. L’agence doit contribuer à la mise en œuvre des engagements du gouvernement sur la Stratégie nationale pour la biodiversité, en application du plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique. Elle doit aussi renforcer la cohérence de la politique nationale de la biodiversité avec les autres politiques publiques (agriculture et pêche, transports, urbanisme, etc.) dans les territoires. Le projet développé dans le rapport de phase II se borne à envisager le regroupement de tout ou partie de structures institutionnelles de l’Etat et de leurs moyens financiers et humains déjà consacrés à la biodiversité. L’analyse des « bénéfices à en attendre pour les politiques de reconquête de la biodiversité et de la qualité des ressources naturelles », est reportée, dans la conclusion de ce rapport, à la phase III, alors qu’elle nous semble devoir être un préalable. Cela renforce la perception que l’on peut avoir du projet dans son état actuel : un « meccano » assemblant des structures existantes dans un établissement public de l’Etat sans que les conditions dans les quelles pourraient être parties au projet les autres acteurs publics et privés soient évoquées. Cette solution, juridiquement très peu imaginative, est par exemple un recul par rapport à l’ouverture fructueuse qu’avait permise le choix d’une structure plus souple et plus moderne (un GIP en l’occurrence) pour l’Atelier technique des espaces naturels. Le rapport constate d’ailleurs ce recul : les collectivités locales et les organismes de droit privé, dont certaines associations de conservation de la nature, aujourd’hui engagés dans une action commune à l’ATEN ne pourraient poursuivre cette collaboration dans les mêmes conditions d’engagement et de participation aux décisions. Le Comité français de l’UICN souligne qu’à ses yeux, la reconquête de la biodiversité et de la qualité des ressources naturelles justifie que la future Agence française de la biodiversité s’ouvre, au-delà de l’Etat lui-même, à tous ceux, collectivités territoriales, ONG, etc.qui agissent déjà et souhaitent s’impliquer plus encore dans ce projet commun. Sans remettre en cause l’intérêt d’une réorganisation et d’une rationalisation des moyens de l’Etat, et le principe de la création pour cela d’un établissement public dédié, il souhaite que soit créée, avec lui et autour de lui, une structure plus souple, plus ouverte, plus évolutive, permettant de rassembler les forces vives de la nation. La forme juridique du GIP a été évoquée, mais d’autres formes de groupement, de consortium (c’est le terme utilisé dans la note du Comité français remise aux préfigurateurs en novembre 2012), ou de fédération peuvent être imaginées. 2) L’organisation et la gouvernance du projet d’établissement public : une cohérence et une lisibilité à améliorer Le projet propose une organisation dans laquelle certains organismes sont fusionnés dans l’Etablissement public, d’autres partiellement intégrés, d’autres étant maintenus en dehors, et n’étant liés à lui que par des conventions par essence précaires. Les choix proposés sont parfois surprenants. Alors qu’une organisation plus rationnelle des fonctions de police de l’environnement s’impose, l’ONEMA est par exemple intégré, quand l’ONCFS, dont les compétences et les actions en matière de biodiversité sont incontestables, est exclus. En outre, en limitant l’Agence à un établissement public de l’Etat fermé, on se prive de l’opportunité d’inventer une gouvernance plus souple et plus équilibrée, des responsabilités mieux partagées, des coopérations plus adaptées à chaque problématique et à chaque territoire (connaissance de la biodiversité, biodiversité marine, Outre-mer par exemple), et des interventions plus lisibles pour les citoyens, en ménageant l’identité et l’efficacité des structures participantes (création et gestion des aires marines protégées, ou positionnement des parcs nationaux
Colloque « L’UICN et les collectivités territoriales se mobilisent ensemble pour la biodiversité » Mardi 11 juin 2013
Le Comité français de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – organise un colloque intitulé « L’UICN et les collectivités territoriales se mobilisent ensemble pour la biodiversité » Le Colloque se tiendra le mardi 11 juin 2013 dans l’Hémicycle du Conseil régional d’Île-de-France (57, rue de Babylone – Paris 7ème). Il a pour but de renforcer les collaborations entre l’UICN France et les collectivités territoriales pour mieux répondre aux enjeux de biodiversité. Si vous souhaitez participer, nous vous remercions de faire une demande d’inscription avant le 31 mai 2013 par e-mail à l’adresse suivante : colloqueCT@uicn.fr. Votre inscription sera ensuite confirmée par e-mail dans la limite des places disponibles. Ce colloque est organisé avec le soutien du Conseil régional d’Ile-de-France. Document joint programme colloque UICN & collectivités 11 juin
La Fête de la Nature 2013 est lancée !
Après plusieurs mois de préparation, la septième édition de la Fête de la Nature s’ouvre ce mercredi 22 mai, Journée internationale de la biodiversité, pour 5 jours de festivités partout en France… et dans d’autres pays ! Du 22 au 26 mai, une multitude d’activités gratuites sont ainsi proposées sur près de 1 500 lieux : balades, visites guidées, ateliers… sur le thème des petites bêtes et de bien d’autres sujets de découverte et d’émotion. Plus de 1 000 acteurs passionnés ou professionnels vous accompagnent chaque jour pour vous faire découvrir les merveilles de la nature et vous offrir le plaisir d’observer, de découvrir, de sentir, de partager…. Un investissement et un accueil bénévole qu’il convient de saluer largement ! Alors un mot d’ordre pour ces 5 jours à venir : Sortez ! Les Acteurs de la Fête de la Nature vous attendent… : Découvrir le programme Consultez également le journal de la Fête de la Nature qui présente, en 8 pages, les ingrédients qui font l’événement 2013 : sélection officielle de manifestations, portraits de petites bêtes stars de l’édition 2013, témoignages d’acteurs de tous horizons… L’édition nationale est complétée par une édition francilienne réalisée avec Natureparif, partenaire en région de la Fête de la Nature. En 7 ans, la Fête de la Nature s’est imposée comme l’événement de référence sur la nature en France. Cet événement unique au monde suscite des idées dans d’autres pays, en Suisse romande où il s’organise depuis 3 ans. Et maintenant aux Pays-Bas où il sera célébré dès 2014 sous le nom français la « Fête de la Nature », avec dès cette année, le 25 mai, un événement de préfiguration. Bonne Fête de la Nature 2013 à tous !
Mayotte : vers une stratégie Biodiversité pour le développement durable
Face aux enjeux de préservation d’un patrimoine naturel exceptionnel, les acteurs mahorais, réunis hier à l’initiative du Comité français de l’UICN, ont adopté une proposition de « Stratégie Biodiversité pour le développement durable de Mayotte » et signé l’Appel de Maoré soutenant sa mise en œuvre. Le département de Mayotte possède un patrimoine naturel d’importance mondiale : par exemple un lagon de 1500 km² qui abrite 24 espèces de mammifères marins et 130 espèces d’oiseaux. Les acteurs mahorais de l’environnement se sont rassemblés le 23 avril à Mamoudzou pour débattre et proposer des actions pour répondre aux enjeux du développement durable du territoire. Cette mobilisation, initiée par le Comité français de l’UICN et lancée officiellement le 2 octobre 2012 à Mamoudzou, s’est concrétisée par l’adoption d’une proposition de Stratégie Biodiversité et le lancement de l’Appel de Maoré. Ils permettront de disposer prochainement d’un projet de territoire respectant et valorisant la biodiversité, qui joue un rôle fondamental dans le bien-être de la population et dans les activités économiques et sociales. Cette proposition de stratégie a été établie sur la base d’un état des lieux du territoire, cadre commun de référence élaboré avec tous les acteurs. Grâce à ce diagnostic partagé, les grands enjeux pour le territoire ont été identifiés puis des ateliers thématiques ont permis de réfléchir aux actions prioritaires à mener. Le séminaire tenu hier a permis de débattre et de partager largement les propositions d’actions. La proposition de stratégie sera ensuite finalisée et soumise pour validation. Mayotte devient ainsi un département d’outre-mer pilote dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de la biodiversité, de la loi Grenelle 1 et des engagements de la conférence environnementale. Mayotte constitue aussi un exemple très instructif pour un futur schéma volontaire pour la biodiversité des Outre-mer européens. Préparant son accession au statut de région ultrapériphérique de l’Union européenne (RUP), Mayotte démontre la capacité de mobilisation des Outre-mer européens sur les enjeux de biodiversité. Pour le Comité français de l’UICN, cette stratégie va permettre de mieux répondre aux enjeux mondiaux de biodiversité présents à Mayotte, d’intégrer davantage sa préservation dans les politiques locales, nationales et européennes, et de renforcer le réseau des acteurs locaux. Cette initiative est soutenue par le Conseil général, la Préfecture, la DEAL, le programme TE ME UM et l’AFD. Pour répondre à la forte mobilisation des acteurs et maintenir cette dynamique collective, le Comité français de l’UICN va poursuivre sa mission. Une nouvelle phase consistera à accompagner les acteurs mahorais dans la mise en œuvre de la stratégie en soutenant des opérations concrètes et démonstratives et à apporter de nouvelles connaissances sur les espèces et les écosystèmes. Document joint Appel de Maoré
Fête de la Nature 2013 J-‐37 ! Du 22 au 26 mai 2013, des milliers de manifestations partout en France
Lundi 15 avril, à l’occasion d’un point presse qui s’est tenu dans le Parc des Buttes Chaumont à Paris, François Letourneux, président de la Fête de la Nature, a présenté les nouveautés de l’édition 2013 de cet événement de référence sur la nature. Le coup d’envoi de l’édition 2013 de la Fête de la Nature sera donné le 22 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité. Cet événement national et grand public de référence sur la nature propose aux Français de métropole et d’Outre-Mer, de célébrer la nature durant cinq jours, à travers des milliers de manifestations gratuites, organisées dans la nature et sur l’ensemble du territoire. Une thématique fédératrice : En 2013, cherchons les petites bêtes ! Cette année, la Fête de la Nature invite petits et grands à partir à la découverte des petites bêtes en tous genres ; celles qui volent, rampent ou sautent, qu’elles soient terrestres ou marines, nocturnes ou diurnes… De nombreuses manifestations les mettront à l’honneur. Retrouvez dès à présent une sélection de manifestations sur ce thème dans le programme thématique « 100 manifestations petites bêtes à ne pas rater » en pièce jointe. Un grand défi citoyen : 5 000 mini-coins de nature pour les petites bêtes Dans le cadre de sa thématique 2013, la Fête de la Nature lance un grand défi à tous les amoureux de la nature : réaliser d’ici le mois de juin, 5 000 mini-coins de nature pour accueillir et préserver les petites bêtes, et la biodiversité en général. L’occasion de faire un geste en faveur de la nature, à l’échelle de son lieu d’habitation, de son école, de son entreprise… Sur son site Internet, la Fête de la Nature propose de nombreux conseils, astuces et modes d’emploi pour aménager son mini-coin de nature. Dès à présent, direction www.fetedelanature.com pour participer à ce grand défi citoyen ! L’édition 2012 de la Fête de la Nature avait réuni 1 500 000 participants à travers 4000 manifestations. En 2013, cet événement qui au fil des ans prend de plus en plus d’ampleur a bien l’attention de battre de nouveaux records ! CONTACTS PRESSE – AGENCE 914 Claire Altemir – claire@agence914.fr – 06 20 03 92 06 Juliette Laniray – juliette@agence914.fr – 06 11 76 22 09 Interviews et visuels disponibles sur simple demande.
Acte III de la décentralisation : l’UICN France demande l’intégration de la biodiversité dans le projet de loi
Convaincus que les enjeux relatifs à la biodiversité doivent être pris en compte par tous les échelons de collectivités, l’UICN France a demandé à Madame Marylise Lebranchu et à Madame Delphine Batho que la préservation et la valorisation de la biodiversité soient intégrées au projet de Loi de décentralisation comme une compétence à part entière des collectivités territoriales. Le rôle majeur des collectivités territoriales pour contribuer à stopper l’érosion de la biodiversité est reconnu aux niveaux international (Convention sur la diversité biologique) et national (Stratégie Nationale pour la Biodiversité). D’autre part, lors de sa campagne présidentielle, le Président de la République a annoncé que la biodiversité serait une des grandes priorités de son agenda environnemental. Il a souhaité mettre en place une politique nationale ambitieuse et promouvoir une action internationale exemplaire de la France dans ce domaine. Comme le précise la feuille de route pour la transition écologique issue de la conférence environnementale de septembre 2012, cet engagement ne saurait être tenu sans le concours actif des collectivités territoriales aux cotés de l’Etat, des associations et des autres acteurs de l’environnement. Une des actions phares du gouvernement, actuellement à l’étude, est la création d’une agence nationale de la biodiversité dont l’un des rôles sera de venir en appui aux collectivités locales pour les aider à réaliser leurs missions dans ce domaine. Or, l’avant-projet de loi portant décentralisation et réforme de l’action publique n’intègre pas cet enjeu majeur. Le Comité français de l’UICN – rassemblant les membres et experts français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature – demande ainsi à ce que la préservation de la biodiversité puisse y être pleinement prise en compte. Les actions que mène l’UICN France depuis de nombreuses années au sein de son Groupe de travail national « Collectivités & Biodiversité », témoignent de l’importance de l’échelle territoriale et de l’implication croissante de tous les échelons de collectivités territoriales pour la préservation et la valorisation de la biodiversité. Ainsi, du fait de leur rôle clé en matière de planification et d’aménagement du territoire, on constate depuis de nombreuses années une dynamique globale de mobilisation des Régions françaises sur la biodiversité, notamment à travers la création de réserves naturelles régionales (119 RNR) et de parcs naturels régionaux (48 PNR), ou l’agrément des Conservatoires d’Espaces naturels. Les Lois Grenelle sont récemment venues renforcer ces compétences réglementaires en confiant aux Régions le copilotage avec l’Etat des futurs Schémas Régionaux de Cohérence Ecologique (SRCE). Ce positionnement régional se traduit également de façon plus volontariste par l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies régionales pour la biodiversité, véritable stratégie commune d’intervention en faveur de la biodiversité à l’échelle du territoire régional, par plus de la moitié des Régions françaises. Les Départements jouent quant à eux un rôle essentiel, en particulier via la mise en œuvre par la quasi-totalité d’entre eux de la politique sur les espaces naturels sensibles (3 050 sites acquis et gérés dans le cadre de cette politique). L’échelon local, les communes et les intercommunalités (EPCI) en particulier, s’engagent également de plus en plus en faveur de la biodiversité à travers l’élaboration des atlas de biodiversité communale, la prise en compte de la biodiversité au sein des documents d’urbanisme ou la mise en place de plans de biodiversité locaux. L’échelle territoriale est donc celle de l’action, indispensable pour identifier et mettre en œuvre les mesures de préservation et de valorisation de la biodiversité les plus adaptées aux spécificités et aux enjeux des territoires. Les collectivités territoriales pourraient jouer également un rôle plus important en favorisant une meilleure prise en compte des enjeux de biodiversité dans les politiques publiques et garantir une plus grande cohérence de celles-ci au niveau des territoires, grâce à un dialogue et une coopération renforcés avec l’Etat et l’ensemble des acteurs concernés, au sein d’instances de concertation. La volonté croissante des collectivités territoriales françaises et de leurs réseaux pour s’engager en faveur de la préservation de notre patrimoine naturel s’est traduite par une déclaration commune des associations françaises d’élus et de collectivités territoriales pour la biodiversité, présentée lors de la onzième réunion de la conférence des Parties de la CDB (COP 11) qui s’est tenu en octobre 2012 à Hyderabad. Le Président du Comité français de l’UICN a donc demandé à Madame Delphine Batho et à Madame Marylise Lebranchu que la préservation et la valorisation de la biodiversité soient intégrées au projet de Loi de décentralisation comme une compétence à part entière des collectivités territoriales, en clarifiant le rôle et les compétences des différents échelons territoriaux. Il a aussi précisé que cette mobilisation, qui peut s’appuyer sur les spécificités et les dispositifs propres à chaque niveau territorial, doit s’accompagner d’une orientation adéquate des ressources financières et de la fiscalité visant une amélioration de l’efficacité des fonds publics pour la biodiversité et un renforcement des capacités d’intervention des collectivités sur les plans réglementaires et financiers.
Guyane : pour l’intérêt général, le Gouvernement doit retirer le permis REXMA
Dénoncé par l’ensemble de la communauté associative et scientifique, le permis minier REXMA, accordé dernièrement par Arnaud MONTEBOURG, ministre du redressement productif au sein du Parc National de Guyane, continue de fédérer contre lui, sauf semble-t-il au Ministère du Redressement productif. A la veille d’être auditionnées à l’Assemblée Nationale sur la réforme du code minier, les organisations environnementales demandent fermement au Gouvernement le retrait du Permis REXMA, pour l’intérêt général, par souci de cohérence des politiques publiques et par respect de la démocratie locale. Les organisations environnementales contestent ce permis sur quatre points : La rivière que la société REXMA souhaite exploiter est incluse dans le Parc national de Guyane, dans une zone où la biodiversité est riche et où sont présentes des espèces menacées et protégées au niveau national. Les impacts de l’exploitation alluvionnaire qui créera des chenaux de dérivation et modifiera le régime hydrique du cours d’eau seront préjudiciables à la qualité de l’eau, ce qui est contradictoire avec le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE). Le permis est contesté depuis 2005 par les habitants et le Maire de la commune concernée, Saül, et par la députée de Guyane, Mme Chantal BERTHELOT. Le permis ne pourra pas être prorogé au-delà de 5 années d’exploitation. Dès lors pourquoi privilégier l’exploitation éphémère de l’or jaune au détriment de l’or vert durable qui sera détruit sur le site, remettant en cause les efforts de la commune de Saül pour le développement de l’écotourisme ? Le projet industriel de la société REXMA, avec 15 emplois créés sur cinq ans, n’est pas un projet socio-économique durable contrairement à l’activité écotouristique qui génèrerait plus d’emplois à long terme dans le Parc national et sur le territoire guyanais. Le Président de la République a placé la protection de la biodiversité comme une des priorités du gouvernement. Le Premier ministre l’a rappelé à la Conférence environnementale en affirmant que « chaque politique publique doit en effet prendre en compte l’exigence environnementale ». Ce principe doit s’appliquer sur l’ensemble du territoire national. C’est ce que viennent de rappeler nos organisations dans un courrier adressé au chef du Gouvernement. Document joint CP REXMA ONG 20 03 2013