La conférence internationale de Guadeloupe renouvelle l’engagement des outre-mer européens sur la biodiversité et le changement climatique

Le Comité français de l’UICN a participé à la Conférence Internationale sur la Biodiversité et le Changement climatique dans les Outre-mer européens, organisée par le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, la Commission européenne, le gouvernement français, le Conseil Régional de la Guadeloupe, le gouvernement des îles Vierges britanniques, l’association des Pays et Territoires d’Outre-mer et l’UICN, qui s’est tenue en Guadeloupe du 22 au 25 octobre 2014. Six ans après le « Message de La Réunion », les 250 experts et représentants de haut niveau ont adopté le « Message de Guadeloupe », une feuille de route pour guider les efforts en matière de lutte contre la perte de biodiversité et les effets du changement climatique pour les 5 prochaines années. Les ateliers thématiques ont porté sur la résilience au changement climatique, la lutte contre la perte de la biodiversité, le développement des économies verte et bleue, l’avancement de la recherche sur la biodiversité et le changement climatique et la facilitation de la mobilisation des financements et l’accès aux ressources. « L’adoption du Message de la Guadeloupe est d’une importance particulière pour les entités de l’outre-mer européen et pour leurs pays voisins car ils sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique », déclara Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président de la République française pour la protection de la planète. Parmi les actions définies dans la feuille de route du Message de la Guadeloupe, le Comité français de l’UICN salue en particulier : la mise en place d’observatoires du changement climatique, le développement de stratégies d’adaptation et d’atténuation au changement climatique qui s’appuient sur des solutions fondées sur la nature, le renforcement de la gestion des aires protégées, le développement de stratégies régionales de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, la mise en œuvre de plans d’actions sur les espèces menacées, la meilleure prise en compte des services rendus par la nature, l’amélioration de l’éco-conditionnalité des financements publics, la poursuite de la mise en œuvre du dispositif BEST avec une gouvernance représentative et un mécanisme financier spécifique. Le Comité français de l’UICN accueille favorablement les engagements pris par la France, présentés par la Ministre de l’écologie, Ségolène Royal, en particulier la création du Parc naturel marin de Martinique, l’étude d’un projet de parc national pour les marais de Kaw en Guyane, la finalisation du Réseau écologique des départements d’outre-mer (REDOM), le soutien à la poursuite des chapitres outre-mer de la Liste rouge nationale des espèces menacées ainsi que du programme TEMEUM. Madame George Pau-Langevin, Ministre des Outre-mer se félicita de la qualité des travaux ainsi que de la dynamique enclenchée. Elle indiqua que le processus d’engagements devait se poursuivre et s’amplifier, en particulier sur le milieu marin et qu’elle apportera son soutien total pour porter le Message de Guadeloupe. Associé à ses membres et experts, le Comité français de l’UICN sera un partenaire de la mise en œuvre du « Message de la Guadeloupe » et suivra la réalisation des engagements pris. « Le Message de Guadeloupe démontre un haut niveau d’ambition et une voie à suivre pour la mise en œuvre d’objectifs concrets, qui, nous l’espérons, permettra aux entités d’outre-mer de l’Union Européenne d’atteindre, – et même de précéder – les objectifs internationaux de biodiversité d’Aichi en 2020 », déclara Julia Marton- Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. Document joint Message from Guadeloupe

Les gouvernements en retard dans la mise en œuvre de leurs engagements pour la biodiversité

Quatre ans après l’adoption des 20 objectifs d’Aichi, les Etats signataires de la Convention sur la Diversité Biologique ont évalué les progrès réalisés dans leur mise en œuvre. S’ils ont réaffirmé leurs engagements et obtenu des avancées, des efforts supplémentaires importants sont nécessaires pour répondre à la crise d’extinction de la biodiversité.                   La quatrième édition des Perspectives mondiales de la diversité biologique qui a évalué à mi-parcours les résultats obtenus dans la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité́ biologique 2011-2020, montre que malgré les progrès réalisés, les pays doivent clairement renforcer leurs actions et accélérer leur mise en œuvre. « Beaucoup de réponses innovantes et intéressantes à la crise de la biodiversité ont été présentées, en soulignant comment la nature peut offrir des solutions aux nombreux défis de la société. Cependant, nous aurons besoin de voir une augmentation massive du travail entrepris dans les années restantes de cette Décennie des Nations Unies pour la diversité biologique afin d’avoir un impact » a déclaré la Directrice générale de l’UICN, Julia Marton-Lefèvre.   PRINCIPAUX RÉSULTATS Le principal résultat de cette conférence internationale est l’entrée en vigueur du Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable de leur utilisation, le 12 octobre 2014, grâce à sa ratification par 53 pays et l’Union Européenne. Un comité de conformité, instrument de mise en œuvre du Protocole, a également été créé. Un autre résultat important est la réaffirmation de l’accord pris à Hyderabad (11ème Conférence des Parties) sur le doublement des flux financiers internationaux alloués à la biodiversité pour les pays en développement d’ici à 2015 et leur maintien jusqu’en 2020, en prenant comme référence la moyenne des fonds consacrés à la diversité biologique au cours de la période 2006-2010. Les gouvernements se sont aussi engagés à augmenter leurs financements nationaux en faveur de la biodiversité. En matière de biodiversité marine, la Conférence des Parties a reconnu 150 zones à travers le monde comme répondant aux critères scientifiques « d’aires marines d’importance écologique ou biologique » (EBSA suivant leur acronyme anglais). Par ailleurs, la Conférence a adopté une décision comprenant : des recommandations relatives aux impacts négatifs du bruit sous-marin d’origine anthropique sur la biodiversité marine et côtière ; une liste d’actions prioritaires à entreprendre pour réduire les pressions exercées sur les récifs coralliens et les écosystèmes associés ; un appel au renforcement des capacités des pays du Sud en matière de planification spatiale marine. Par ailleurs, les Parties ont adopté la Feuille de route de Pyeonchang pour la mise en œuvre renforcée du plan stratégique et la réalisation des objectifs d’Aichi. Ces actions portent sur la mobilisation des ressources, le renforcement des capacités, la coopération scientifique et technique, le lien entre la biodiversité et l’éradication de la pauvreté, et le suivi du Plan stratégique pour la biodiversité. Enfin, les décisions ont en outre été renforcées par l’appel lancé dans la Déclaration ministérielle de Gangwon (province de Pyeonchang), pour intégrer les objectifs d’Aichi comme contribution essentielle au programme de développement post-2015 des Nations Unies et à ses objectifs de développement durable.   AUTRES RÉSULTATS La République de Corée, hôte de la Conférence a annoncé quatre nouvelles initiatives : l’initiative BioBridge pour la coopération technique et scientifique, l’Initiative de restauration des écosystèmes forestiers (FERI), l’initiative Paix et Biodiversité pour la coopération transfrontalière, ainsi qu’un soutien supplémentaire pour l’initiative Océan Durable. D’autres décisions ont été prises notamment sur la santé et la biodiversité, laréduction des risques naturels et la restauration des écosystèmes. De nouvelles étapes ont été adoptées pour atteindre l’objectif 3 d’Aichi : un calendrier et des activités concrètes pour l’élimination progressive et la réforme des subventions néfastes à la biodiversité, ainsi que pour la promotion d’une fiscalité incitative en faveur de la conservation et de l’utilisation durable des la diversité biologique. En matière de biologie de synthèse, la Conférence des Parties rappelle la pertinence de « l’approche de précaution » et prévoit la mise en place d’un groupe de travail technique chargé d’éclairer les débats de la prochaine Conférence sur le sujet.   ENGAGEMENT DU SECTEUR PRIVE ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES Les Parties ont également adopté des décisions pour renforcer le rôle du secteur privé et des collectivités territoriales pour l’atteinte des objectifs d’Aichi ; et deux événements qui se sont tenus en parallèles ont permis de progresser dans cette voie : le Forum sur les entreprises et la biodiversité et le Sommet de la biodiversité pour les villes et les gouvernements infranationaux.   Une conférence dédiée aux collectivités territoriales Le 13 et le 14 octobre 2014 s’est déroulé le Sommet de la biodiversité pour les villes et les gouvernements infranationaux qui a conclu au besoin d’une plus grande coopération entre les collectivités territoriales, les gouvernement et autres acteurs et la poursuite des travaux sur la promotion de la biodiversité pour le développement durable. Organisé par ICLEI – Local Governments for Sustainability et le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB), en collaboration avec le gouvernement de la province de Gangwon, le Sommet a réuni plus de 200 représentants des collectivités locales, dont 40 élus de villes et gouvernement locaux (gouverneurs, maires, commissaires ou Vice-Présidents de Régions). Le Sommet a fait le point sur les progrès accomplis depuis le Sommet précédent à la COP 11 à Hyderabad et a présenté les derniers outils et initiatives sur des sujets tels que les stratégies locales pour la biodiversité, l’économie verte et créative, la planification et l’aménagement du territoire, illustrant l’importance de la biodiversité et des services qu’elle rend dans les territoires. Le Comité français de l’UICN a participé à un atelier organisé par le Secrétariat de la CDB sur les stratégies régionales pour la biodiversité en présentant les Lignes directrices pour l’élaboration et la mise en œuvre des SRB. Un des principaux résultats du Sommet est la Résolution de Gangwon / Pyeongchang pour les villes et les gouvernements infranationaux, qui a été soumise au nom des gouvernements locaux et sous-nationaux à la CDB et adoptée par les Parties. On pourra noter que

Energies marines renouvelables et préservation de la biodiversité

Dans le cadre de ses travaux menés sur les énergies renouvelables et la biodiversité, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une seconde brochure consacrée aux énergies marines renouvelables, après celle consacrée aux énergies renouvelables en montagne. Face aux impacts engendrés par l’utilisation des énergies fossiles, les énergies renouvelables sont de plus en plus mobilisées pour assurer un rééquilibrage des modes de production et contribuer à une meilleure protection de l’environnement, notamment en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Les changements climatiques représentent une menace croissante pour la biodiversité et l’énergie produite grâce à la mer peut permettre d’éviter une quantité substantielle d’émissions de gaz à effet de serre. De plus, grâce au développement de ces énergies, il serait possible d’éviter par exemple les polluants toxiques liés à l’extraction, au transport et au raffinage des combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, schistes bitumineux et gaz de schiste) et les impacts environnementaux locaux dus à des installations de grandes dimensions. Ces avantages mondiaux et locaux (impacts positifs) doivent cependant être mis en balance avec les effets négatifs spécifiques que ces technologies peuvent avoir sur les écosystèmes marins. L’objectif visé par l’UICN France sur cette problématique est de concilier le développement des énergies renouvelables avec la préservation de la biodiversité, deux politiques qui concourent à la protection de l’environnement. Cette synthèse, fondée sur de nombreuses références scientifiques et économiques, s’efforce pour chacune des sources d’énergie étudiées (l’éolien offshore fixé et flottant, l’hydrolien, l’énergie houlomotrice, l’énergie thermique des mers ainsi que l’énergie marémotrice) de souligner les potentialités et les risques que représentent ces énergies. Cette analyse insiste sur la nécessité de l’implication des territoires sur les problématiques environnementales compte tenu des enjeux de préservation des écosystèmes marins et côtiers.   Ce travail vise notamment à : Constituer un panorama de référence sur les interactions entre énergies marines renouvelables et écosystèmes marins et côtiers en France (état des lieux des pressions, menaces et opportunités), Fournir une base solide pour guider les décisions afin de concilier politiques de protection des écosystèmes et de développement des énergies renouvelables, Aider à sensibiliser les acteurs de l’énergie et les décideurs à l’importance de la diversité biologique marine et à sa protection.   Vous pouvez également consulter la brochure sur les montagnes et la transition énergétique   A suivre prochainement, la brochure sur le bois énergie Contact Pauline Teillac-Deschamps, Chargée du programme « écosystèmes » Document joint Développement des énergies marines renouvelables et préservation de la biodiversité

L’UICN France propose aux collectivités un cadre d’analyse et de réflexion pour définir leurs indicateurs de biodiversité

Afin de renforcer l’implication des collectivités en faveur de la biodiversité, l’UICN France publie aujourd’hui un rapport leur proposant un cadre d’analyse et de réflexion pour définir leurs indicateurs de biodiversité. Afin de renforcer leurs actions en matière de biodiversité, et dans une perspective d’amélioration continue, il est nécessaire que les collectivités suivent et évaluent régulièrement leurs politiques pour mesurer et rendre compte des progrès établis. Pour cela, les indicateurs sont les outils adéquats. Ils vont en effet leur permettre de : Mieux connaître et suivre l’état de la biodiversité sur leur territoire (caractéristiques de la biodiversité, pressions qui s’exercent sur elle, impacts sur les services qu’elle fournit), et ses enjeux ; Suivre et évaluer les dispositifs et moyens qu’elles mettent en œuvre pour y répondre ; Rapporter et communiquer sur leur implication pour préserver la biodiversité et les progrès accomplis ; Pour accompagner les collectivités dans cette démarche, l’UICN France a élaboré avec son groupe de travail « collectivités & biodiversité » rassemblant de nombreuses collectivités, leurs réseaux et les membres de l’UICN France, un cadre d’analyse et de réflexion permettant de faciliter l’identification d’indicateurs de biodiversité à l’échelle territoriale. Cette étude dresse un panorama des principaux jeux d’indicateurs de biodiversité aux niveaux mondial, européen, national et local et propose ensuite une synthèse des questionnements stratégiques qui s’y rattachent. Chaque territoire (régions, départements, communes et intercommunalités) est ainsi invité à se saisir de ce travail pour identifier ses propres indicateurs de biodiversité. L’UICN France poursuivra cette première étude en identifiant pour l’échelon régional un jeu commun et synthétique d’indicateurs de biodiversité. Grâce à ce jeu de référence, les régions disposeront d’un outil commun d’auto-évaluation leur permettant également de rendre compte de leur contribution aux objectifs d’Aichi et au Plan d’action sur les gouvernements infranationaux, les villes, et les autres autorités locales pour la biodiversité, adoptés en octobre 2010 à Nagoya par la Convention sur la Diversité Biologique, et à la Stratégie nationale pour la biodiversité.   Pour consulter l’étude : UICN France (2014). Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales : cadre de réflexion et d’analyse pour les territoires. Paris, France. Pour plus d’information sur le travail de l’UICN France avec les collectivités, veuillez consulter la page dédiée.   Contacts Florence Clap, Chargée de Programme ‘Politiques de la biodiversité’ Tél : 01 47 07 71 78 Valérie Moral, Chargée de mission ‘Collectivités et biodiversité’ Tél : 01 40 79 37 49 L’UICN France est le réseau des organismes et des experts de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature en France (www.uicn.fr). Reconnaissant l’importance de responsabiliser et de mobiliser les collectivités territoriales pour répondre aux défis de la conservation de la biodiversité, l’UICN France a mis en place un groupe de travail « Collectivités territoriales & Biodiversité », lieu d’échanges et de travail entre les collectivités françaises volontaires (Régions, Départements, Communes et Intercommunalités), leurs regroupements (ARF, ADF, AMF…), la Fédération des Parcs Naturels Régionaux ainsi que les autres membres du réseau français de l’UICN. L’objectif de cette plateforme est de valoriser et de renforcer le travail engagé par les collectivités territoriales en faveur de la biodiversité, en favorisant les échanges et le partage d’expériences autour de thèmes fédérateurs portés par l’UICN. Documents joints communiqué de presse UICN_Indicateurs_collectivités_I

Seconde Conférence sur la biodiversité et le changement climatique dans les outre-mer européens

Du 22 au 25 octobre 2014 se tiendra la Conférence de Guadeloupe sur la biodiversité et les changements climatiques dans les outre mer européens. Six ans après la Conférence de La Réunion, elle a pour but de fixer la feuille de route opérationnelle pour répondre aux enjeux de biodiversité et des changements climatiques dans les collectivités d’outre-mer européennes (RUP et PTOM). Six ans après la Conférence de La Réunion de 2008, et alors que de nombreux chantiers ont été engagés, 200 représentants des 34 collectivités européennes d’outre-mer plancheront sur cinq thèmes : améliorer la résilience, stopper la perte de biodiversité, favoriser l’économie verte et bleue, améliorer la connaissance, mobiliser de nouvelles sources de financements. Leur objectif : apporter des propositions concrètes et opérationnelles qui constitueront la feuille de route des prochaines années pour la biodiversité et pour faire face à la problématique des changements climatiques dans les régions ultrapériphériques (RUP) et les pays et territoires d’outre-mer (PTOM). Cette Conférence intervient dans un contexte politique favorable : la Commission européenne s’investit particulièrement depuis trois ans (deux appels à projets BEST en 2011 et 2012, le financement du projet BEST 3 coordonné par l’UICN pour 4 ans), l’année a été dédiée aux Petits Etats insulaires par l’ONU, la COP12 de la Convention sur la diversité biologique (CDB) réunira les Etats le même mois, la France accueillera en 2015 la COP 21 de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La Conférence est organisée par l’UICN, le Conseil régional de Guadeloupe, le Ministère des outre-mer, la Commission européenne, les RUP et les PTOM. Elle se clôturera le 24 octobre par un segment politique qui entérinera la feuille de route. Pour le programme et pour les inscriptions, vous pouvez consulter le site dédié ici. Retour sur la Conférence de La Réunion En juillet 2008, l’UICN a organisé en partenariat avec l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), le Conseil régional de La Réunion et les Ministères en charge de l’Écologie et des Outre-mer, la Conférence de La Réunion, première conférence sur le changement climatique et la perte de biodiversité à l’échelle de l’outre-mer européen. Cet évènement faisait partie du calendrier officiel de la Présidence française de l’Union européenne. A l’issue de la conférence, les 400 participants ont adopté le Message de l’île de La Réunion qui contient l’ensemble des conclusions et recommandations issues des ateliers.

Publication de la Liste rouge des reptiles et amphibiens de Mayotte

Les évaluations menées dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France établissent le risque de disparition des 14 espèces de reptiles et d’amphibiens de Mayotte. D’après les analyses réalisées, 5 reptiles parmi les 12 espèces indigènes sont menacés. C’est le cas de la Couleuvre de Mayotte, un serpent endémique de l’île classé « En danger critique », ou du Gecko diurne à bandes noires, classé en catégorie « Vulnérable ». Mayotte héberge également deux espèces d’amphibiens, toutes deux endémiques et figurant en catégorie « Quasi-menacée ». Cet état des lieux a été mené par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, avec la contribution de spécialistes. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale Documents et liens • Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf) • Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN) • Rapport d’évaluation  Photo bandeau : Gecko terrestre de Mayotte © Olivier Hawlitschek

L’édition 2014 du concours Capitale française de la biodiversité est lancée

Comme les années précédentes, le Comité français de l’UICN s’associe à cette cinquième édition du concours « Capitale française de la biodiversité » qui vise à récompenser les collectivités locales mettant en œuvre des démarches exemplaires en matière de protection et de restauration de la biodiversité. Après Grande-Synthe en 2010, Montpellier en 2011, Lille en 2012, puis Niort en 2013, quelle sera la nouvelle « Capitale française de la biodiversité » ? Lancé par Natureparif, l’ARPE PACA et Plante & Cité le mardi 15 avril, ce concours permet de valoriser les actions innovantes, d’identifier les bonnes pratiques, et de promouvoir les politiques menées en faveur de la biodiversité à l’échelle locale par les collectivités, à la fois par l’attribution de trophées et par l’édition de recueils d’actions. Cette nouvelle édition est organisée avec le soutien du Comité français de l’UICN dont l’un des objectifs est de promouvoir une implication plus forte des collectivités locales en faveur de la biodiversité (en savoir plus). En 2014, le concours a pour thème principal « Agriculture urbaine et biodiversité ». En choisissant ce thème, le concours vise à promouvoir les démarches que les collectivités mettent en œuvre en faveur de la nature et de la biodiversité en ville : rôle et intégration de l’agriculture urbaine dans les documents d’urbanisme, reconnexion des citadins avec la nature, pratiques et techniques du jardinage au naturel, réintroduction de la biodiversité potagère, adaptation au changement climatique… Les actions sont multiples tout comme les formes prises par l’agriculture en ville. L’appel à candidature 2014 est ouvert aux communes de plus de 2000 habitants, aux communautés de communes, aux communautés d’agglomération, communautés urbaines, syndicats d’agglomération nouvelle et métropoles jusqu’au 30 juin 2014. En 2014, des Capitales régionales de la biodiversité seront de plus récompensées dans les quatre régions partenaires : Aquitaine, Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes. Un comité scientifique et technique composé de chercheurs, urbanistes, naturalistes, représentants d’associations et de collectivités et professionnels de la biodiversité est chargé d’évaluer les candidatures. Ce concours national est organisé en partenariat avec les régions Aquitaine, Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes. Il bénéficie du soutien de la Convention sur la Diversité Biologique ainsi que de nombreux autres partenaires, dont le Comité français de l’UICN.   Pour participer : Télécharger le dossier de candidature et le règlement du concours 2014 Contact : 01 75 77 79 06 ou louise.seguin@natureparif.fr – Service presse GrDF : 01 71 19 18 11

L’UICN France obtient la reconnaissance de son engagement pour la Stratégie nationale de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN a obtenu la reconnaissance de son projet d’engagement volontaire pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité. Une cérémonie est organisée ce 30 janvier 2014, en présence du Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, pour la remise officielle de cette reconnaissance. Adhérant pleinement à cette nouvelle stratégie et ayant joué un rôle actif dans son élaboration, l’UICN France avait salué le processus participatif qui a été mis en place pour réviser la stratégie, en soulignant que les clés de la réussite seraient l’intégration concrète et efficace de la biodiversité dans toutes les politiques à toutes les échelles du territoire et la large mobilisation de tous les acteurs. Depuis, près de 400 acteurs ont adhéré à l’ambition de cette nouvelle SNB qui consiste à préserver, restaurer, renforcer, valoriser la biodiversité et en assurer l’usage durable et équitable par une mobilisation du plus grand nombre. En 2012, 22 engagements en faveur de la stratégie avaient été reconnus. En 2013, pour cette seconde phase, 47 acteurs ont déposé un dossier d’engagement volontaire. Ces dossiers ont fait l’objet d’une évaluation réalisée par des représentants du comité de suivi de la SNB. A l’issue de cet examen, le statut « d’engagement reconnu SNB » a été attribué aux projets portés par 33 acteurs (17 entreprises, 8 associations, 4 collectivités et 4 syndicats). La reconnaissance reçue par l’UICN France pour son engagement pour les 3 prochaines années, correspond aux actions phares de son programme 2013-2015, approuvé l’année dernière par son Conseil d’administration. Son engagement est constitué de 12 actions phares représentant une contribution nouvelle et majeure aux objectifs de la SNB dans les domaines suivants : Politiques de la biodiversité, Aires protégées, Espèces, Gestion des écosystèmes, Outre-mer, Education et communication et Coopération internationale. Les actions présentées sont les suivantes : Action 1 : Effectivité des normes environnementales intéressant la biodiversité Action 2 : Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales Action 3 : Le reporting biodiversité des entreprises et ses indicateurs Action 4 : Stratégie biodiversité pour un développement durable de Mayotte Action 5 : Renforcement et durabilité de la gestion des aires protégées Action 6 : Protection des écosystèmes par la mise en évidence des services écologiques qu’ils fournissent application à la Région Centre Action 7 : Accompagner le développement des énergies marines renouvelables pour une meilleure prise en compte de la biodiversité Action 8 : Contribution à l’élaboration de la méthodologie internationale de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN – application aux écosystèmes forestiers métropolitains Action 9 : Développement de la Liste rouge des espèces menacées en France pour les espèces marines et l’outre-mer Action 10 : Renforcement de la détection précoce et de la réaction rapide face aux espèces exotiques envahissantes en outre-mer Action 11 : La Fête de la Nature : un rendez-vous annuel avec la nature Action 12 : Soutenir la conservation et le développement local en Afrique, via le renforcement de la société civile Les évaluateurs ont souligné avoir apprécié la cohérence du projet vis-à-vis des compétences de l’UICN France, son impact potentiel sur les différents acteurs (collectivités et entreprises en particulier) et sur les différents périmètres géographiques (métropole, outre-mer, international) ainsi que la précision de la gouvernance qui associe des parties prenantes internes au plus haut niveau. Les projets de 6 organismes membres du Comité français de l’UICN ont également reçu la reconnaissance SNB : l’Office National des Forêts, la Fédération des Parcs Naturels Régionaux, l’Association Française des Ingénieurs Ecologues, Parcs Nationaux de France, Noé Conservation et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ; tout comme 2 de ses partenaires entreprises : Ciments Calcia et Holcim France. La mise en œuvre de cette nouvelle SNB reposant sur une implication de tous les acteurs, l’UICN France invite ainsi les organismes à adhérer nombreux à la SNB, puis à proposer des engagements volontaires constitué d’actions significatives, cohérentes, proportionnées et additionnelles.   Pour en savoir plus, consultez le site internet du Ministère de l’Ecologie   Contacts Sébastien MONCORPS – Directeur – 01 47 07 78 58 Florence CLAP – Chargée de Programme ’Politiques de la Biodiversité’ – 01 40 79 38 58 Document joint Projet engagement UICN France_SNB

Biodiversité d’Outre-mer : une exceptionnelle richesse et une responsabilité mondiale de la France pour la protection de la planète

Le Comité français de l’UICN publie « Biodiversité d’Outre-mer » un ouvrage de référence présentant les dernières connaissances scientifiques sur la biodiversité terrestre et marine des collectivités françaises d’outre-mer ainsi que les actions mises en œuvre pour la protéger. Grâce à la contribution de plus de 150 experts, il permet de mesurer les efforts accomplis depuis dix ans et de souligner les défis restant à relever pour la conservation de la biodiversité. Un atout exceptionnel, des responsabilités internationales Les collectivités d’outre-mer abritent des richesses naturelles exceptionnelles : l’un des plus importants sites de ponte du monde pour les tortues luth en Guyane, des colonies de millions de manchots dans les archipels de Crozet et de Kerguelen (TAAF), des hauts lieux de reproduction pour les baleines à bosse à Mayotte, la deuxième plus grande barrière de récifs coralliens au monde en Nouvelle-Calédonie… Grâce aux outre-mer, la France possède le 2ème domaine maritime mondial incluant 55 000 km² de récifs coralliens et lagons, soit environ 10 % de la superficie mondiale. Les outre-mer sont caractérisés par leurs très forts niveaux d’endémisme : plus de 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires endémiques à la France sont ultramarins. Cette spécificité implique une responsabilité de premier plan pour la France : si les espèces disparaissent de ces territoires, elles disparaissent de la planète. Les Outre-mer aux premières loges de la crise mondiale de la biodiversité Revers de la médaille, la France se place au sixième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées selon la Liste rouge de l’UICN publiée en 2013. Cette situation est principalement due aux collectivités françaises d’outre-mer comme la Nouvelle-Calédonie, troisième place mondiale pour le nombre de reptiles menacés, ou la Polynésie française, territoire avec le plus grand pourcentage d’espèces d’oiseaux menacées ou éteintes. Des efforts de conservation en 10 ans… à poursuivre et amplifier Pour protéger ce patrimoine, de nombreuses aires protégées ont été créées : deux Parcs nationaux à La Réunion et en Guyane, la plus grande Réserve naturelle nationale dans les TAAF, deux Parcs naturels marins à Mayotte et dans les îles Glorieuses… Ainsi, en dix ans, la superficie cumulée totale des aires protégées en outre-mer a été multipliée par 10. De plus, les inscriptions du lagon de Nouvelle-Calédonie et des Pitons, cirques et remparts de La Réunion sur la liste des biens naturels au Patrimoine mondial de l’UNESCO témoignent de la reconnaissance internationale de ces hauts-lieux de biodiversité. Pour autant, le réseau des aires protégées, marines et terrestres, doit poursuivre son extension et les moyens nécessaires doivent être accordés pour assurer une gestion efficace de ces espaces. Depuis 2003, la prise en compte des enjeux ultramarins dans les politiques de la biodiversité s’est améliorée au niveau national, comme en témoigne la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité, et au niveau européen grâce au financement par la Commission européenne de trois récents appels à projets dédiés à la biodiversité des outre-mer dotés chacun de 2 millions d’euros. Malgré ces signes encourageants, il reste encore à construire une véritable politique européenne pour la biodiversité des outre-mer dotée d’un financement pérenne. Sur le territoire national, les défis de l’intégration de la biodiversité dans les autres politiques, comme celles liées à l’exploitation minière et pétrolière ou à la construction d’infrastructures et l’urbanisme restent majeurs. L’implication des collectivités locales est cruciale sur ces sujets et pour la mise en place de stratégies territoriales pour la biodiversité, comme c’est le cas en ce moment à Mayotte. Le réseau des acteurs de la biodiversité dans les collectivités d’outre-mer s’est structuré donnant lieu à la mise en place de nouveaux programmes de conservation mais les financements des associations de protection de la nature, acteurs essentiels, doivent être consolidés et accrus. Plus globalement, un renforcement des moyens humains et financiers pour la mise en œuvre des politiques de la biodiversité est nécessaire pour répondre efficacement aux enjeux de conservation. Grâce aux outre-mer, la France porte une responsabilité de premier plan au niveau mondial pour enrayer l’extinction de la biodiversité. Elle doit accentuer ses efforts dans ces territoires si elle veut atteindre les objectifs d’Aïchi en 2020 et respecter ses engagements internationaux auprès de la Convention sur la diversité biologique.   Biodiversité d’Outre-mer ISBN : 978-2- 915964-06-6 Ouvrage coordonné par Olivier Gargominy et Aurélie Bocquet Coédité par les éditions Roger Le Guen et le Comité français de l’UICN avec le soutien du Ministère des Outre-mer, du Centre National du Livre, de l’Office National des Forêts et de la Fondation Nature et Découvertes. Prix de vente : 45 € En vente en librairie ou auprès du Comité français de l’UICN (uicn@uicn.fr) Document joint Communiqué de presse UICN France Publication de Biodiversité d’Outre-mer

Robert Barbault : une grande figure de la biodiversité nous a quittés

Le Comité français de l’UICN est profondément attristé par le décès de Robert Barbault l’un des plus grands spécialistes de l’écologie et rend hommage à son engagement pour la préservation de la biodiversité et la réconciliation de l’homme et de la nature. Robert Barbault est décédé le 12 décembre 2013 à Paris à l’âge de 70 ans. Il était professeur émérite à l’Université Paris VI et au Muséum national d’Histoire naturelle où il a dirigé le département « Ecologie et gestion de la biodiversité » de 2002 à 2012. Il avait auparavant dirigé le Programme national « dynamique de la biodiversité et environnement » du CNRS (lancé en 1992) et l’Institut fédératif d’écologie fondamentale et appliquée. De par la qualité de ses travaux et le rôle qu’ils ont joué dans la promotion des sciences de l’écologie, il avait reçu, conjointement avec Bernard Delay, le « Grand prix de la Société Française d’Écologie » le 4 septembre 2010. Engagé dans la préservation de la biodiversité, il présidait le comité français du programme MAB (Man and Biosphere) de l’UNESCO et le conseil scientifique de Parcs Nationaux de France. Il était également Vice-Président de l’association Humanité & Biodiversité et membre du Groupe « Patrimoine mondial » du Comité français de l’UICN. Il a publié des ouvrages de référence sur l’écologie (Ecologie générale : structure et fonctionnement de la biosphère) et la biodiversité (Des baleines des bactéries et des hommes, Un éléphant dans un jeu de quilles, La vie quelle entreprise !, et dernièrementAvant que nature meure, pour que nature vive à l’occasion de la réédition du livre de Jean Dorst). A la fois grand scientifique et excellent pédagogue, il a su démontrer et expliquer les interactions et les liens étroits entre les hommes et les autres éléments du vivant, alerter sur les dangers de l’érosion de la biodiversité et l’importance de sa protection, et plaider pour une réconciliation des hommes et de la nature, en parfaite adéquation avec la vision de l’UICN : « un monde juste qui valorise et conserve la nature ».