Projet de loi biodiversité : les propositions de l’UICN France
Depuis ce lundi 16 mars 2015, l’Assemblée Nationale examine le projet de loi sur la biodiversité. Face aux enjeux croissants et préoccupants pour la biodiversité, cette loi constituera une avancée importante pour sa préservation, presque 40 ans après la loi de 1976 sur la protection de la nature. Avec son réseau d’organismes et d’experts, l’UICN France a analysé le projet de loi et proposé plusieurs amendements afin de la renforcer. Le Titre premier propose tout d’abord une définition de la biodiversité qui est celle de référence au niveau international, adoptée par la Convention sur la Diversité Biologique, comme le proposait l’UICN France. Ce titre a pour objectif de mettre en place des principes fondamentaux, tels une compensation obligatoire des impacts négatifs et intervenant en dernier recours ainsi qu’un principe de solidarité écologique. Il acte aussi la mise en œuvre par les régions de stratégies régionales pour la biodiversité, sujet depuis longtemps porté par l’UICN France et ses membres. L’UICN France a proposé que la compensation vise un objectif de non perte nette de biodiversité voire tende vers un gain net de biodiversité, amendement approuvé par les députés. L’UICN France a également proposé que soit intégré le principe de non-régression, excluant tout abaissement du niveau d’exigence de la protection de l’environnement, dans ses dispositions législatives et réglementaires. Les députés ont approuvé un amendement demandant que, dans un délai de deux ans à compter de la promulgation de la loi, le Gouvernement remette au Parlement un rapport sur l’opportunité d’inscrire le principe de non-régression dans le code de l’environnement. Ce projet de loi propose ensuite dans son titre II un nouveau système de gouvernanceavec la création de deux instances consultatives, l’une sociétale (le Comité national de la biodiversité), l’autre scientifique (le Conseil national de protection de la nature), ce que soutient l’UICN France, avec, pour chacune des instances, une capacité d’auto-saisine, ce qui a été approuvé par l’Assemblée nationale. Mesure phare du projet de loi, une Agence française pour la biodiversité sera créée et regroupera l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, l’Agence des Aires Marines Protégées, Parcs Nationaux de France et l’ATEN. Cependant, afin de garantir l’efficacité et la cohérence de l’Agence, l’UICN France continue de demander l’intégration de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) au sein de l’Agence, en particulier pour sa capacité d’action, ses moyens de police et son expertise sur les écosystèmes terrestres et la biodiversité ordinaire. Une mission spécifique de l’Agence a été ajoutée pour la lutte contre les espèces exotiques envahissantes, ce dont se félicite l’UICN France. Concernant le conseil d’administration de l’Agence, l’UICN France avait souligné 3 points majeurs à respecter : une représentativité des différents membres, une représentation ultramarine où les enjeux de biodiversité sont particulièrement importants, et une opérationnalité en le limitant à 30 membres maximum. Si les deux premiers critères ont été respectés, le nombre de membres du Conseil d’administration est passé de 39 à 44 membres. L’UICN France a enfin proposé que des comités thématiques puissent être crées au sein de l’Agence en complément de celui prévu pour les milieux marins, ce qui est notamment important pour traiter des questions de biodiversité en outre-mer, amendement accepté par les députés. Le titre IV de cette future loi défini des règles pour un accès et une utilisation justes et équitables des ressources génétiques qui sont définies, sur la base du règlement adopté par l’UE en avril dernier. A ce sujet, l’UICN France souhaite une meilleure association des communautés d’habitants dans ce processus. De nouveaux outils de gestion des espaces naturels, terrestres et marins vont également voir le jour. Ainsi, des zones de conservation halieutiques dans le but de préserver ou restaurer leur fonctionnalité halieutique, devraient être créées ; ainsi que la possibilité d’inscrire dans les plans locaux d’urbanismes des espaces de continuités écologiques, à l’instar des espaces boisés classés. Le projet de loi propose par ailleurs de mieux prendre en compte le paysage dans le cadre des projets de développement et d’aménagement. L’UICN France demande à ce sujet que les outils existants de protection, les sites inscrits, véritables compléments au dispositif de protection du patrimoine naturel en France, ne soient pas supprimés. Pour suivre les débats voir le site de l’Assemblée Nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/
Liste rouge de la faune vertébrée des Terres australes et antarctiques françaises
Les espèces vivant dans les zones isolées de la planète ne sont pas à l’abri de l’impact des activités humaines. C’est ce que montrent les nouveaux résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France, consacrés aux oiseaux, aux mammifères et aux reptiles des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Les Terres australes françaises, la Terre Adélie et les îles Eparses sont des territoires relativement bien préservés, répartis de la zone tropicale aux latitudes polaires. Ces territoires inhabités représentent des sites majeurs pour la reproduction des tortues marines, des oiseaux et des mammifères marins. Mais le bilan réalisé met en évidence les menaces multiples qui pèsent sur cette biodiversité. Cet état des lieux a été établi par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la collectivité des TAAF. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (mars 2015)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Rapport d’évaluation• Publication : UICN France, MNHN & TAAF (2015). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Vertébrés des Terres australes et antarctiques françaises. Paris, France. Photo bandeau :Albatros d’Amsterdam © Jérémie Demay / CEBC CNRS IPEV
Les inscriptions pour le troisième colloque national des aires marines protégées sont ouvertes
Le troisième colloque national des aires marines protégées se tiendra à Brest du 6 au 8 octobre 2015. Organisé par l’Agence des aires marines protégées et le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, il vise à établir un bilan des actions menées pour la désignation et la gestion des aires marines protégées, et à définir des perspectives d’actions pour les cinq ans à venir. Positionné au cœur des dynamiques nationales et internationales pour la conservation et la gestion du milieu marin, cet évènement constituera un rendez-vous majeur pour tous les acteurs concernés par les enjeux de gestion des aires marines protégées françaises (gestionnaires, élus, socioprofessionnels). Le colloque est gratuit et ouvert à tous les participants intéressés par les questions en lien avec les aires marines protégées, leur mise en œuvre et leur évolution (acteurs socioprofessionnels, gestionnaires, associations, collectivités, …). Des places limitées sont aussi accessibles aux étudiants. Les inscriptions sont désormais ouvertes et ce jusqu’au 1er juillet. Pour vous inscrire suivez ce lien : Formulaire d’inscription Pour plus d’information sur le programme : http://www.aires-marines.fr/3e-colloque-national-des-aires-marines-protegees/Programmation
Premiers résultats sur les habitats forestiers pour la future « Liste rouge des écosystèmes en France »
Le Comité français de l’UICN publie des premiers résultats sur les habitats forestiers de France métropolitaine en application de la nouvelle méthodologie de la « Liste rouge des écosystèmes de l’UICN ». Les listes rouges mises en place par l’UICN sont des « outils de connaissance » qui informent les décideurs, les acteurs de l’environnement et le grand public sur les risques encourus par les espèces et la biodiversité. Elles sont maintenant largement utilisées pour faire évoluer les politiques, la réglementation et orienter les actions en matière de conservation de la nature. Après le succès de la Liste rouge des espèces menacées, une nouvelle démarche a été initiée en 2008 par l’UICN à l’échelle des écosystèmes, avec l’élaboration de la méthodologie pour une « Liste rouge des écosystèmes de l’UICN ». Le Comité français de l’UICN a contribué à l’élaboration et à la validation de cette méthodologie au niveau international et a réalisé des études de cas en France : une première sur des zones humides en partenariat avec la Tour du Valat une seconde sur des habitats forestiers, avec le soutien du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et de l’Office National des Forêts Cette deuxième étude est consacrée à l’application de la méthodologie de l’UICN à cinq habitats forestiers répondant à des niveaux hiérarchiques différents du système de classification européen EUNIS (niveau 3 & 4). Ce travail vise non seulement à dresser un bilan objectif de la vulnérabilité de ces habitats en France mais également à définir le cadre d’une évaluation nationale de l’ensemble des habitats forestiers de France métropolitaine. Le rendu se présente sous la forme de deux volumes : un « Recueil des études de cas » et un « Bilan de l’exercice d’application ». Un des constats de cette étude est que, sur le plan méthodologique, « La Liste rouge des écosystèmes en France » déclinée aux « habitats forestiers de France métropolitaine » apparaît plus pertinente pour une application à des entités qui correspondent au niveau 4 de la typologie EUNIS. En ce qui concerne l’évaluation de la vulnérabilité des écosystèmes forestiers en France métropolitaine, les principales conclusions de l’étude soulignent : (i) les effets majeurs des changements climatiques au cours des 50 prochaines années, (ii) l’importance des dégradations indirectes résultant des activités humaines au cours des 50 dernières années, (iii) les réponses rapides que peuvent avoir les écosystèmes forestiers face aux évolutions des pratiques et des usages, et (iv) la plus grande vulnérabilité des habitats forestiers marginaux. L’étude souligne également la complémentarité de cette évaluation avec celle des habitats forestiers listés dans l’Annexe I de la Directive « Habitats-Faune-Flore », réalisée par la France dans le cadre du rapportage auprès de la Commission Européenne (article 17).
La Liste rouge mondiale des espèces menacées a 50 ans
Aujourd’hui, une espèce de mammifère sur quatre est menacée d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour un oiseau sur huit, plus d’un amphibien sur trois, un tiers des requins et des coraux constructeurs de récifs, et plus d’une espèce de conifères sur trois. Comment le sait-on ? Grâce au travail des 9 000 experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui compilent les informations disponibles et alimentent en permanence la Liste rouge des espèces menacées, créée par l’UICN en 1964. Dans la dernière édition, qui vient d’être publiée, 76 199 espèces sont recensées, parmi lesquelles 22 413 sont menacées ! Pour faire de la Liste rouge un véritable « Baromètre de la Vie », il faut désormais accroître le nombre et la diversité des espèces évaluées pour obtenir un réel tableau de l’état de la biodiversité. Pour franchir un nouveau cap décisif, l’objectif fixé est d’atteindre 160 000 espèces évaluées à l’horizon 2020. La Liste rouge est l’outil de référence utilisé par les gouvernements et les ONG pour orienter les priorités de conservation. Ainsi, l’initiative internationale SOS (Sauvons nOs espèceS) porte secours aux espèces les plus menacées et aux habitats naturels dont elles dépendent. Piloté par l’UICN, SOS sélectionne et finance les meilleurs projets de terrain – 87 à ce jour – qui permettent de préserver des centaines d’espèces menacées à travers le monde. En France, la Liste rouge nationale identifie les plantes et les animaux menacés en métropole et en outre-mer. Pour sa réalisation, le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’histoire naturelle peuvent compter sur l’implication de nombreuses organisations et de plusieurs centaines de scientifiques et de naturalistes. Cet état des lieux est d’autant plus important que la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. A l’occasion du 50e anniversaire de la Liste rouge mondiale, Terre sauvage publie un numéro exceptionnel, entièrement consacré à la Liste rouge, aux espèces qui y sont recensées, et aux initiatives conduites pour les sauver. A travers le monde, les reporters et les photographes de Terre sauvage racontent comment on tente de sauver l’antilope saïga au Kazakhstan, le palissandre du Siam en Thaïlande, ou les vautours un peu partout ! Contacts Dora Godinho, UICN International, tel. +41 (0) 22 999 02 44 Florian Kirchner, UICN France, tel. 06 89 29 72 89 Emmanuelle Kerbati, Terre sauvage, tel. 04 79 26 27 60 Liens La Liste rouge mondiale Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale L’initiative SOS La Liste rouge nationale Le numéro spécial de Terre sauvage Documents joints Communiqué : La Liste rouge des espèces menacées a 50 ans
Position de l’UICN sur la COP20 de la Convention sur les changements climatiques
L’UICN participe à la 20ème Conférence des Parties (COP20) de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à Lima, Pérou, du 1 au 12 Décembre 2014, et publie à cette occasion sa position. Dans le cadre de son engagement politique sur le changement climatique, l’UICN a préparé un document de position qui présente ses recommandations sur les négociations de la COP Climat à Lima (en téléchargement ci-dessous). Le message principal de l’UICN est de souligner que la nature offre de nombreuses solutions pratiques dans la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses impacts, qui, lorsqu’elles sont mises en œuvre correctement, peuvent procurer des avantages immédiats et tangibles. En particulier, l’UICN alerte les gouvernements à Lima pour que le projet de texte de négociation de l’accord 2015 reconnaisse la valeur des écosystèmes et permette la mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation basées sur les écosystèmes. L’UICN demande que ces actions doivent être réalisées d’une manière qui protège la biodiversité, qu’elles soient socialement équitable et respectueuses des questions de genre, et qu’elles prennent en compte les connaissances locales, traditionnelles et autochtones ainsi que les besoins des communautés les plus vulnérables. L’UICN appelle également les gouvernements à inclure des objectifs spécifiques et ambitieux sur l’atténuation et l’adaptation basées sur les écosystèmes et l’adaptation à la fois dans leurs engagements post-2020 et ceux pré-2020. Ceux-ci pourraient inclure, par exemple, les engagements suivants : – Rejoindre efforts internationaux lancés au titre de la Déclaration de New York sur les forêts pour réduire de moitié la perte globale des forêts naturelles d’ici 2020, et y mettre fin en 2030 – Contribuer à la restauration de 150 millions d’hectares de paysages et de terres forestières dégradés d’ici 2020 à travers le Défi de Bonn, et la restauration de 200 autres millions d’hectares d’ici 2030 – Étendre la couverture existante des aires protégées terrestres, côtières et marines en accord avec l’objectif 11 d’Aichi – Assurer la conservation des autres réservoirs naturels de carbone tels que les zones humides, même si elles ne sont pas comptabilisées dans les mécanismes existants Notant les récentes conclusions du 5ème rapport d’évaluation du GIEC, l’UICN appelle également les pays à réduire leur dépendance aux combustibles fossiles, à étendre leurs choix énergétiques vers les énergies renouvelables, et à élever leurs niveaux d’ambition pré-2020 et post-2020. Document joint Position UICN COP 20 Climat
L’UICN France propose aux régions françaises 25 indicateurs de biodiversité
Pour accompagner les collectivités dans le renforcement de leurs actions en faveur de la biodiversité, l’UICN France publie aujourd’hui un jeu commun et synthétique de 25 indicateurs de biodiversité destiné aux régions françaises. Ce jeu vient compléter le cadre de réflexion et d’analyse que l’UICN France a proposé aux territoires pour définir leurs indicateurs de biodiversité. Dans une perspective d’amélioration continue, et afin de renforcer leur mobilisation en faveur de la biodiversité, il est nécessaire que les collectivités suivent et évaluent régulièrement leurs actions. Pour mesurer et rendre compte des progrès établis, les indicateurs sont des outils adéquats. L’échelon régional est particulièrement concerné par cette problématique compte tenu de sa montée en puissance sur les compétences relatives à la préservation de la biodiversité (schéma régional de cohérence écologique, chef de filât…). C’est pourquoi, l’UICN France a identifié avec son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité », rassemblant les membres français de l’UICN et de nombreuses collectivités, un jeu synthétique d’indicateurs de biodiversité à destination des régions françaises. L’utilisation de cet outil commun d’auto-évaluation permettra à toutes les régions qui le souhaitent de suivre l’évolution de la biodiversité sur leur territoire (son état, les pressions qui s’exercent sur elle, les impacts sur les services écologiques bénéficiant aux acteurs du territoire) et les réponses apportées pour sa préservation. Elles pourront également se situer dans le contexte international et national, en valorisant leur contribution à l’atteinte des objectifs d’Aichi et à ceux de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), favorisant ainsi la cohérence entre ces différents niveaux d’objectifs. Cet outil « clé en main » se présente sous la forme d’un porte-folio de 25 fiches indicateurs présentant pour chaque indicateur le questionnement stratégique auquel il se rattache, ses modalités de calcul, des éléments pour son analyse et interprétation, et des références utilisées, ainsi que d’un guide pratique pour accompagner leur utilisation. L’UICN France invite toutes les régions françaises à renseigner périodiquement ce jeu de 25 indicateurs et à le compléter en fonction notamment de leurs spécificités propres (géographiques, écosystémiques, liées aux pratiques…), de leurs enjeux prioritaires, et de l’évolution des données disponibles, en concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire. Pour consulter l’étude : UICN France (2014). Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales : jeu commun et synthétique d’indicateurs de biodiversité pour l’échelon régional. Paris, France. Pour plus d’information sur le travail de l’UICN France avec les collectivités, veuillez consulter la page dédiée Contacts • Florence Clap, Chargée de Programme « Politiques de la biodiversité » – Tél : 01 47 07 71 78 • Valérie Moral, Chargée de mission « Collectivités et biodiversité » – Tél : 01 40 79 37 49 L’UICN France est le réseau des organismes et des experts de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature en France (www.uicn.fr). Reconnaissant l’importance de responsabiliser et de mobiliser les collectivités territoriales pour répondre aux défis de la conservation de la biodiversité, l’UICN France a mis en place un groupe de travail « Collectivités territoriales & Biodiversité », lieu d’échanges et de travail entre les collectivités françaises volontaires (Régions, Départements, Communes et Intercommunalités), leurs regroupements (ARF, ADF, AMF…), la Fédération des Parcs Naturels Régionaux ainsi que les autres membres du réseau français de l’UICN. L’objectif de cette plateforme est de valoriser et de renforcer le travail engagé par les collectivités territoriales en faveur de la biodiversité, en favorisant les échanges et le partage d’expériences autour de thèmes fédérateurs portés par l’UICN. Documents joints UICN France (2014). Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales : jeu commun et synthétique d’indicateurs de biodiversité pour l’échelon régional. Paris, France. UICN France – communiqué jeu indicateurs biodiversité régional
D’importants engagements pris au sommet de l’UICN pour sauver les espaces naturels les plus précieux de la planète
Le Congrès mondial des parcs de l’UICN 2014, le grand forum décennal mondial sur les aires protégées, se termine aujourd’hui avec la publication de la Promesse de Sydney. La Promesse établit un programme ambitieux visant à sauvegarder les biens naturels de la planète, décliné dans des actions telles que l’arrêt de la perte des forêts humides d’Asie-Pacifique, le triplement de la protection des océans au large des côtes africaines ou encore la plantation, par le secteur privé, de 1,3 milliards d’arbres le long de l’historique Route de la Soie. La Promesse comprend des engagements pris par des gouvernements, des organisations internationales, le secteur privé, des dirigeants autochtones, des groupes communautaires et des particuliers ; un grand nombre continue de s’ajouter à ceux déjà enregistrés. Le document souligne le besoin d’intensifier les efforts mondiaux pour protéger les espaces naturels, y compris par le biais d’une protection des paysages et des océans à plus grande échelle. Il comprend des engagements portant sur des investissements dans des solutions axées sur la nature et visant à arrêter la perte de biodiversité, répondre au changement climatique, réduire le risque et les effets des catastrophes, améliorer la sécurité alimentaire et de l’eau et promouvoir la santé humaine. Il vise aussi à inciter les habitants de la planète, de toutes les générations et de toutes les cultures, à bénéficier des merveilles de la nature à travers les aires protégées. « Les aires protégées sont, de loin, le meilleur investissement que l’on puisse faire à l’heure actuelle pour répondre à certains des grands défis du développement », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Le Congrès a catalysé d’importants engagements des décideurs à tous les niveaux de la société, afin de sauvegarder les bienfaits que les aires protégées apportent à l’humanité et d’assurer un avenir durable. Établie sur la base des connaissances collectives de plus de cinq mille spécialistes des aires protégées de tout premier plan, plus beaucoup d’autres qui ont à cœur l’avenir de notre planète, la Promesse de Sydney recueille des stratégies novatrices pour protéger ces espaces exceptionnels. » Organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et ayant pour hôtes le gouvernement australien et celui de la Nouvelle-Galles du Sud, le Congrès a réuni plus de 6000 participants de plus de 170 pays. « L’Australie se réjouit d’avoir accueilli un Congrès si réussi et pris des engagements dans le cadre de la Promesse de Sydney », dit le Ministre australien de l’Environnement, Greg Hunt. « Ils vont de l’interdiction des déblais de dragage dans la Grande Barrière et un accord historique avec la Chine pour interdire l’exploitation minière en Antarctique, à de nouvelles initiatives pour la restauration des forêts humides de la région Asie – Pacifique et l’arrêt de la perte d’espèces dans nos parcs nationaux. Ce Congrès a été une source d’inspiration majeure ; il s’agit maintenant de mettre en œuvre les solutions novatrices aux grands enjeux qui touchent notre planète. » La Promesse de Sydney trace une voie permettant d’atteindre l’objectif mondial de protection de 17% des espaces terrestres et 10% des océans d’ici 2020. Le rapport « Planète protégée », présenté à Sydney par l’UICN et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), montre que, tout en étant en bonne voie pour atteindre cet objectif, davantage d’efforts sont nécessaires afin d’assurer une gestion bonne et équitable des aires importantes pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques. La Promesse de Sydney appelle également à une amélioration urgente de la protection des océans, y compris dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Le Congrès a souligné le besoin d’accroître les investissements et d’améliorer la qualité de la gouvernance et de la gestion des aires protégées. La diversité, la qualité et la vitalité de la gouvernance sont en effet une condition nécessaire pour assurer l’efficacité et le succès des aires protégées sur le long terme. Les délégués ont appelé à une meilleure reconnaissance des droits des peuples autochtones dans le cadre des politiques et des méthodes de gestion des aires protégées. Ils ont reconnu l’importance cruciale que revêtent les systèmes de gestion et les savoirs traditionnels pour les résultats de conservation à long terme et le bien-être des populations. Des exemples de meilleures pratiques de gouvernance équitable ont été mis en lumière grâce à la Liste verte des aires protégées, élaborée par l’UICN et présentée lors du Congrès. Cette liste est la première norme mondiale visant à définir l’excellence en matière de gestion des aires protégées. Elle comprend 23 sites situés en Australie, Chine, Colombie, Corée du Sud, Espagne, France, Italie et au Kenya, dont un certain nombre d’aires protégées autochtones. La Croatie, l’Équateur, le Mexique, le Népal, le Pérou et la Russie ont exprimé leur souhait de faire l’objet d’une évaluation pour la Liste verte lors de la phase suivante de cette initiative. Le Congrès a également souligné que les aires protégées doivent être établies là où il faut pour éviter des extinctions futures d’espèces. Le perce-oreille géant, le plus grand de la planète, a été déclaré éteint, d’après les données les plus récentes de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™ ; le Thon rouge du Pacifique, le Fugu de Chine et l’Anguille d’Amérique sont menacés en raison de la demande croissante dont ils font l’objet. L’accent a été mis sur les avantages économiques et la rentabilité de la préservation des espaces naturels de la planète, y compris en raison de leur contribution à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation de ses effets. De nouveaux modes de financement associant des fonds privés et publics s’avèrent nécessaires. La technologie moderne devient un nouvel acteur de la conservation de la nature : un outil de traçage de la pêche illégale et les vues sous-marines du Street View de Google ont été présentés lors du Congrès. La NASA a mis à disposition une imagerie satellitaire de pointe pour améliorer la surveillance continue des aires protégées. Vous pouvez consultez la Promesse de Sydney ici. La base de données Panorama, lancée lors du Congrès, recueille des études de cas mettant
Liste rouge de l’UICN : l’appétit mondial pour les ressources pousse de nouvelles espèces vers l’extinction
Pour satisfaire notre appétit insatiable de ressources, la pêche, l’exploitation du bois, les activités minières et l’agriculture, entre autres, menacent la survie du thon rouge du Pacifique, du fugu chinois, de l’anguille d’Amérique et du cobra chinois. Alors que la destruction des habitats naturels a déjà causé l’extinction d’un mollusque malaisien et du plus grand perce-oreille connu au monde, elle menace toujours la survie de beaucoup d’autres espèces, selon la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ qui vient d’être mise à jour et qui a été présentée aujourd’hui au Congrès mondial des parcs de l’UICN, à Sydney, en Australie. La Liste rouge de l’UICN, qui célèbre cette année son 50ème anniversaire, comprend maintenant 76199 espèces évaluées, dont 22413 sont menacées d’extinction. Comme près de la moitié des nouvelles espèces évaluées se trouvent dans des aires protégées, l’UICN appelle à une meilleure gestion de ces sites pour empêcher tout nouveau déclin de la biodiversité. « A chaque mise à jour de la Liste rouge de l’UICN, force est de constater que notre planète continue de perdre la diversité incroyable de la vie qu’elle porte, essentiellement à cause de nos actions destructrices pour satisfaire notre appétit insatiable pour les ressources » déclare Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN.« Mais nous avons des preuves scientifiques attestant que les aires protégées peuvent jouer un rôle vital dans le renversement de cette tendance. Les experts affirment que les espèces menacées mal représentées dans les aires protégées déclinent deux fois plus vite que celles qui y sont bien représentées. Nous avons le devoir d’augmenter le nombre d’aires protégées et de veiller à leur gestion efficace pour qu’elles puissent aider à sauver la biodiversité de notre planète. » Dans la nouvelle liste, le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) est passé de la catégorie « Préoccupation mineure » à « Vulnérable », ce qui signifie qu’il est désormais menacé d’extinction. L’espèce fait l’objet d’une pêche intensive pour le marché des sushis et des sashimis, surtout en Asie. La plupart des poissons capturés sont des juvéniles qui n’ont pas encore eu le temps de se reproduire et l’on estime que la population a subit un déclin de 19 à 33% depuis 22 ans. Les aires marines protégées n’assurent pas une protection suffisante à l’espèce. Les experts de l’UICN estiment que des aires marines protégées dans les 200 milles à partir du littoral et intégrant les zones de reproduction pourraient contribuer à la conservation de l’espèce. « La valeur marchande du thon rouge du Pacifique ne cesse d’augmenter » déclare Bruce Collette, Président du Groupe de spécialistes des thonidés et istiophoridés de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN.« Tant que les pêcheries n’appliqueront pas les mesures de conservation et de gestion élaborées pour l’océan Pacifique occidental et central, notamment la réduction des captures de juvéniles, nous ne pourrons nous attendre à ce que l’état de ce poisson s’améliore à court terme. » Le fugu (Takifugu chinensis), un poisson-globe chinois, a fait son entrée sur la Liste rouge de l’UICN, dans la catégorie « En danger critique ». On estime que sa population mondiale a diminué de 99,99% depuis 40 ans en raison de la surexploitation. Mets populaire au Japon, il fait partie des quatre principales espèces de fugu consommées en sashimis. Le fugu est un des poissons les plus toxiques du monde et doit être préparé de façon experte avant d’être consommé. Le fugu chinois est présent dans plusieurs aires marines protégées le long du littoral de la Chine. Des mesures de conservation, telles que la création d’aires marines protégées soumises à une fermeture annuelle de la pêche au chalut, ont été mises en œuvre. Toutefois, selon les experts de l’UICN, le prélèvement doit être contrôlé de toute urgence pour empêcher l’extinction de l’espèce. L’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata), inscrite dans la catégorie « En danger », est menacée par les obstacles à sa migration, le changement climatique, des parasites, la pollution, la perte de l’habitat et le prélèvement à des fins commerciales. Compte tenu du déclin de l’anguille du Japon (Anguilla japonica), également inscrite dans la catégorie « En danger », les élevages industriels intensifs d’anguilles, en Asie de l’Est, tentent de reconstituer les stocks d’ensemencement avec d’autres espèces, telles que l’anguille d’Amérique. En conséquence, les rapports sur le braconnage de l’anguille d’Amérique aux Etats-Unis se sont multipliés. Toutes ces menaces se conjuguent pour exercer des pressions sur l’espèce mais des mesures de conservation dynamiques pourraient améliorer son état. Le cobra chinois (Naja atra) vient d’être évalué et placé dans la catégorie « Vulnérable ». Sa population a décliné de 30 à 50% depuis 20 ans. On trouve le cobra chinois dans le sud-est de la Chine, à Taiwan, dans le nord du Viet Nam et en RDP Lao, et il figure parmi les principales espèces animales exportées de Chine continentale vers Hong Kong pour le marché alimentaire. Le cobra chinois est présent dans des aires protégées telles que la Réserve naturelle d’Ailaoshan, la Réserve naturelle de Daweishan (Yunnan) et le Parc national Kenting (Taiwan). Bien que le commerce international de l’espèce soit réglementé, il est urgent de renforcer les initiatives nationales de conservation pour garantir sa survie. « Le marché alimentaire en pleine expansion exerce des pressions non durables sur cette espèce, parmi d’autres » déclare Jane Smart, Directrice du Groupe mondial pour la biodiversité de l’UICN.« Il faut, sans délai, imposer des limites strictes sur le prélèvement et prendre les mesures appropriées pour protéger les habitats. » La mise à jour de la Liste rouge met également en vedette plusieurs espèces touchées par la destruction de leur habitat, notamment les 66 espèces de caméléons menacées, bien que certaines soient présentes dans des aires protégées. Le caméléon Kinyongia matschiei, endémique des monts Usambara orientaux de Tanzanie, est classé dans la catégorie « En danger ». Comme beaucoup d’autres caméléons, cette espèce utilise la couleur pour communiquer. Il s’obscurcit également lorsqu’il est stressé et enroule sa queue autour des branches pour se sécuriser. Présent dans la Réserve naturelle Amani, une aire protégée, ce reptile est menacé par le déboisement pour l’agriculture, la production de charbon de bois et l’exploitation de
Cinq espaces naturels français sont inscrits sur la liste verte des aires protégées de l’UICN
Sur les 23 aires protégées candidates à la liste verte des aires protégées de l’UICN, 5 sont des sites français. Les lauréats sont le parc national des Pyrénées, la réserve naturelle nationale de Cerbère Banyuls, le parc naturel marin d’Iroise, l’espace naturel sensible Marais d’Episy et le parc national de la Guadeloupe. L’Union internationale pour la conservation de la nature vient de lancer au cours du sixième congrès mondial des parcs qui se déroule du 12 au 19 novembre à Sydney, la liste verte des aires protégées. Il s’agit d’un nouveau système de certification permettant d’évaluer la qualité de gestion et de gouvernance des aires protégées et de valoriser celles qui répondent à l’ensemble des standards. La France est un pays pilote de l’initiative et participe activement à la promotion de ce nouveau système en lien avec ses réseaux d’aires protégées. Ainsi, le Comité français de l’UICN a établi en 2013 un groupe d’experts avec pour président, Jean-Philippe Siblet, directeur du Service du patrimoine naturel au Muséum national d’histoire naturelle. Ce groupe de référence permet de contribuer au développement de la liste verte à l’échelle nationale et de promouvoir la candidature de sites. Plusieurs partenaires financiers ont apporté leur appui à ses activités, notamment le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, le Conseil Régional d’Île-de-France, la Mairie de Marseille, l’Agence des aires marines protégées et Parcs nationaux de France. Sur les 23 aires protégées candidates à la liste verte des aires protégées de l’UICN, 5 sont des sites français. Les lauréats sont le parc national des Pyrénées, la réserve naturelle nationale de Cerbère Banyuls, le parc naturel marin d’Iroise, l’espace naturel sensible Marais d’Episy et le parc national de la Guadeloupe. Ce résultat constitue une reconnaissance internationale de la qualité de la gestion et de la gouvernance de ces cinq aires protégées. Les certificats ont été décernés à l’occasion d’une cérémonie qui s’est déroulée pendant le Congrès mondial des Parcs le 14 novembre, en présence du Président de l’UICN, Monsieur Zhang Xinsheng, et de sa nouvelle Directrice générale, Madame Inger Andersen. Le prochain Congrès mondial de la nature, qui se tiendra en 2016 à Hawaï, validera définitivement les critères et le système de gouvernance de la liste verte des aires protégées, sur la base des retours d’expériences de cette phase pilote. Au cours des deux prochaines années, le groupe de référence va poursuivre ses activités pour améliorer l’adaptation des indicateurs au contexte national, faciliter les procédures d’inscription et d’évaluation, et promouvoir de nouvelles candidatures françaises. Contacts Thierry Lefèbvre, chargé du programme aires protégées Sophie Coste, chargée de mission gestion des aires protégées Jean-François Sys, chargé de mission Méditerranée