La libre évolution : une approche en développement pour la protection et la restauration de la nature

Suite aux Journées de la libre évolution organisées les 20 et 21 janvier derniers par le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), en partenariat avec la Commission nationale française pour l’UNESCO, la libre évolution se confirme comme une stratégie pertinente pour la conservation et de restauration de la nature en France et en Europe. De nombreux gestionnaires d’aires protégées, d’associations nationales et internationales, d’établissements publics et de scientifiques se mobilisent pour l’adopter et la développer. Comment définir la libre évolution ? La libre évolution est définie par le Comité français de l’UICN comme « un lieu où la nature s’exprime de façon spontanée sans activité humaine extractive ou intrusive » (La libre évolution, une trajectoire de gestion des espaces naturels). Les Journées de la libre évolution, une rencontre clé L’édition 2025 des Journées de la libre évolution a été co-organisée par le Comité français de l’UICN, dans le cadre de son groupe de travail wilderness et nature férale, et par la Commission nationale française pour l’UNESCO (CNFU), en partenariat avec l’Office national des forêts (ONF), la Fédération des Parcs naturels régionaux de France, Réserves naturelles de France (RNF), la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels (CEN) et le Conservatoire du littoral. Cet événement, ouvert par Lidia Brito, sous-directrice générale de l’UNESCO pour les sciences exactes et naturelles, Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN, et Michèle Ramis, présidente de la CNFU, avait pour objectif de discuter des avancées et des enjeux relatifs à la mise en œuvre et à la reconnaissance des stratégies de libre évolution. Plus de deux cent personnes (scientifiques, décideurs et décideuses, gestionnaires, associations…) sur place et en ligne, se sont réunies pendant ces deux jours, confirmant le succès de la première édition en 2024 et constituant ainsi l’un des principaux espaces de mise en relation des acteurs de la libre évolution. Un état des lieux de la libre évolution en France Le Comité français de l’UICN a présenté ses activités sur le sujet, en évoquant notamment le développement d’un outil de cartographie des gradients de naturalité potentielle en France, CartNat, déjà publié pour les milieux terrestres et en cours de réalisation pour les milieux côtiers et marins. Il a également coordonné la rédaction d’une motion internationale sur la libre évolution, qui sera débattue au Congrès mondial de la nature en octobre 2025 en vue d’être adoptée par les membres de l’UICN. La Commission nationale française pour l’UNESCO travaille pour sa part à la reconnaissance de la libre évolution comme pratique de gestion à l’échelle nationale et internationale, et encadre un projet de cartographie des espaces en libre évolution en France. L’intérêt croissant dans les sphères de réflexions et de décisions nationales, mais aussi européennes et internationales, pour les actions en faveur des dynamiques naturelles dans les écosystèmes, a été évoqué. Il a notamment été souligné le moment fort que peut constituer pour la libre évolution l’adoption du Règlement européen sur la restauration de la nature. Pierre-Edouard Guillain, directeur-adjoint de la Direction de l’eau et de la biodiversité au ministère de la transition écologique, a présenté les orientations nationales en matière de libre évolution en France et Didier Babin, président du réseau MAB (Man and the Biosphere), un réseau de réserves créé par l’UNESCO, en France a exposé les axes de travail possibles pour renforcer cette dynamique. La philosophe au CNRS, Virginie Maris et le philosophe Rémi Beau ont rendu hommage à Raphaël Larrère, fervent défenseur de la libre évolution et du sauvage. Virginie Maris a ensuite présenté, les dimensions éthiques rattachées au concept connexe de rewilding (réensauvagement), principalement mobilisé en Europe. Les retours d’expériences ont été mis à l’honneur : Lou Beben et Lydie Doisy ont ainsi présenté ceux du réseau PRELE (Programme régional d’espace en libre évolution) du Conservatoire d’espaces naturels (CEN) de Normandie, et plus spécifiquement les moyens disponibles pour les collectivités afin de mettre en œuvre des stratégies de libre évolution. D’autres outils de développement ont été mis en lumière, comme la mobilisation citoyenne, via le recours au financement participatif, avec le cas de la ville de Brest présenté par Vincent Toison, habitant et initiateur du projet. La communication autour des enjeux de la libre évolution auprès de publics variés (collectivités territoriales, décideurs et décideuses, grand public, jeunes), a été développée, en s’appuyant sur les retours de Lou Beben et Lydie Doisy, ainsi que de Noame Hatimi et Damien Saraceni de l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire. Il s’agit de créer de nouveaux récits afin de permettre à un public plus large de se saisir des questions de libre évolution et d’être en mesure de développer des actions. Les ateliers de la libre évolution Ces deux journées ont été ponctuées par plusieurs ateliers. Un premier atelier a invité les participants à réfléchir à la définition de la « libre évolution », à partager leur positionnement vis-à-vis de cette dernière et au regard de la diversité des concepts qui existent concernant le retour de dynamiques sauvages dans les écosystèmes (rewilding, wilderness), en Europe et à l’échelle internationale. Cet atelier visait également à présenter le travail de typologie d’espaces en libre évolution développé par le Comité français de l’UICN et de le soumettre aux débats afin de l’améliorer pour mieux répondre aux besoins opérationnels. Le deuxième atelier avait pour objectif d’identifier les outils existants à disposition des collectivités territoriales et de proposer des pistes d’amélioration. Un engagement en faveur de la libre évolution Le Comité français de l’UICN et la Commission nationale française pour l’UNESCO ont réitéré leur engament en faveur de la libre évolution, à l’occasion des discours de clôture de Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN, et d’Alexandre Navarro, secrétaire général de la Commission nationale française pour l’UNESCO, pour promouvoir et accompagner le développement de la libre évolution dans leurs organisations internationales respectives. Toutes les informations relatives à la libre évolution et aux travaux du groupe de travail « wilderness et nature férale » sont disponibles sur le site Internet du Comité français de l’UICN sur la page dédiée. Le Comité français de l’UICN poursuivra ses travaux sur la

Journée internationale des femmes et des filles de science

Le 11 février, c’est la Journée internationale des femmes et des filles de science ! Une décennie après l’instauration de cette journée mondiale par l’ONU, les femmes demeurent sous-représentées dans les sciences. Aussi, à cette occasion, le Comité français de l’UICN et la Commission Nationale Française pour l’UNESCO ont souhaité présenter deux scientifiques exerçant dans le domaine de la protection de la nature, Diane Sorel et Elodie Magnanou, respectivement conservatrice et gestionnaire de la Réserve Naturelle Nationale de la Forêt de la Massane. Ces dernières sont des expertes de la libre évolution, concept défini par le Comité français de l’UICN comme « un lieu où la nature s’exprime de façon spontanée sans activité humaine extractive ou intrusive ». Les 20 et 21 janvier derniers, les deux structures ont organisé la 2ème édition des Journées de la libre évolution à l’UNESCO sur cette thématique. > Retrouvez ces portraits d’expertes en suivant ce lien !> Plus d’informations sur la libre évolution. Photographie © Diane Sorel, Réserve Naturelle Nationale de la Forêt de la Massane. Merci à Laure Germain-Thomas, Camille Aspar, Julie Thuillier et Alexandra Locquet.

Le Comité français de l’UICN appelle à prendre en compte le patrimoine naturel et la biodiversité dans la reconstruction de Mayotte

A la suite du passage du cyclone Chido qui a dévasté Mayotte, le Comité français de l’UICN appelle le Gouvernement, les collectivités du territoire et le futur établissement public chargé de la coordination de la reconstruction, à élaborer un projet respectant la biodiversité unique de Mayotte. Ce projet doit identifier et mettre en œuvre des solutions adaptées, en évitant les actions aux conséquences écologiques négatives, grâce à l’expertise scientifique et à la mobilisation des acteurs environnementaux locaux. Un fort impact environnemental du cyclone Chido Le cyclone Chido a dévasté en grande partie les milieux naturels de Mayotte, tant au niveau terrestre que marin et côtier. Les conséquences indirectes du cyclone sont diverses et nombreuses : accumulation de déchets et polluants sur terre et arrivant jusqu’au lagon, forte dynamique d’installation de cultures illégales dans les espaces forestiers protégés conduisant à des incendies aujourd’hui encore en cours, développement des espèces exotiques envahissantes…  Le cyclone s’est abattu sur un territoire déjà très fragilisé et aux capacités d’agir limitées malgré un tissu d’acteurs mobilisés et aux compétences affirmées en matière de gestion des espaces naturels, d’accompagnement scientifique des problématiques post-cyclone et de mobilisation de la société civile. Des enjeux forts de biodiversité à préserver ou restaurer L’archipel de Mayotte fait partie d’un des 36 « points chauds » de la planète en matière de biodiversité et présente à cet égard un endémisme particulièrement original et fragile. Côté terrestre, Mayotte possède des écosystèmes forestiers très menacés, qui rendent des services écologiques essentiels pour réguler la ressource en eau et empêcher l’envasement du lagon. Le Comité français de l’UICN avait précédemment alerté sur le taux de déforestation élevé et demandé à prendre les mesures nécessaires pour assurer un avenir pérenne à ces espaces naturels. Également, 43 % des plantes à fleurs étaient considérées comme menacées selon les critères de l’UICN. Côté marin, Mayotte possède également un lagon unique avec une double barrière récifale abritant une faune très riche dont le célèbre Dugong, dont il ne subsiste que quelques individus, ainsi qu’une diversité de poissons contribuant significativement aux besoins alimentaires locaux. Face à cette situation exceptionnelle, le Comité français de l’UICN : Souligne l’importance de la mobilisation générale du Gouvernement pour rétablir l’accès aux besoins essentiels des Mahorais/es et son ambition d’une reconstruction du territoire ; S’inquiète de la tentation de reconstruire en s’éloignant des standards et des règlementations en matière d’urbanisme et d’environnement et de la non prise en compte des enjeux de biodiversité ; Alerte les pouvoirs publics face à des propositions qui peuvent s’avérer être de « fausses bonnes solutions » et avoir des conséquences écologiques très négatives comme les reboisements avec des essences exotiques, car seuls des plants d’espèces indigènes du territoire et provenant de semences locales devraient venir en appui des mécanismes naturels de restauration;  Appelle le Gouvernement, et particulièrement le ministre des Outre-mer en charge du dossier, mais aussi les collectivités et les acteurs socio-économiques de Mayotte à élaborer un projet de restauration qui s’appuie sur les atouts et respecte les enjeux de biodiversité, en s’appuyant notamment sur les Solutions fondées sur la Nature et sur les dynamiques naturelles ; Demande à associer la riche expertise scientifique locale et nationale existante en matière de restauration d’espaces naturels insulaires à ce projet ; Invite le futur établissement public chargé de la coordination de la reconstruction à s’appuyer sur les compétences des acteurs locaux et nationaux, et à consulter le public, pour accompagner les initiatives de reconstruction en cohérence avec les nécessités de conservation de la biodiversité unique de Mayotte. Une opportunité inédite est donnée aujourd’hui à la puissance publique de mobiliser les expertises scientifiques pour accompagner les meilleurs choix politiques et techniques en matière de planification et de prise en compte des enjeux de biodiversité dans cette reconstruction. Le Comité français de l’UICN, par l’intermédiaire de son antenne à Mayotte et avec ses organisations membres et ses experts, prendra toute sa part dans cette recherche des meilleures solutions pour rendre Mayotte et son extraordinaire biodiversité plus résilientes. Photo bandeau : Kelly064 —  CC BY-SA 4.0

La moitié des forêts de montagne de l’Hexagone et de Corse menacée par le changement climatique, selon la Liste rouge des écosystèmes en France

La Liste rouge des écosystèmes en France évalue pour la première fois les forêts de montagne de l’Hexagone et de Corse. Parmi les 19 écosystèmes évalués selon les critères de l’UICN, 10 sont menacés et 6 apparaissent quasi-menacés, principalement par le changement climatique. Ces résultats sont le fruit d’analyses coordonnées par le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), fondées sur les connaissances existantes et l’expertise de nombreux écologues forestiers. Cette évaluation a également bénéficié de la collaboration avec plusieurs Conservatoires botaniques nationaux (CBN) et l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Cette étude porte sur les écosystèmes forestiers rencontrés aux étages montagnard (zone des forêts mixtes) et subalpin (étage le plus élevé avec des forêts) des différents massifs montagneux de l’Hexagone (Alpes, Jura, Massif central, Pyrénées, Vosges) et de Corse. Parmi les 19 écosystèmes forestiers de montagne qui ont été évalués, 8 relèvent des forêts mixtes (mélanges de Hêtres et de Sapins blancs) qui caractérisent l’étage montagnard, 6 relèvent de forêts de Sapins blancs ou d’Épicéas communs qui marquent la transition entre l’étage montagnard et l’étage subalpin, et 5 d’écosystèmes de forêts de pins (Pin sylvestre, Pin cembro, Pin à crochets), typiques des espaces les plus écologiquement contraints, par la sécheresse ou le froid. Au sein de chacun de ces écosystèmes, les essences forestières dominantes sont accompagnées de tout un cortège d’espèces végétales et fongiques (arbres, arbustes, plantes herbacées, mousses, lichens et champignons) et d’une faune forestières spécifiques. Des bouleversements inédits marqués par le changement climatique Malgré une augmentation de la surface des forêts depuis le milieu du XIXème siècle, les forêts de montagne de l’Hexagone et de Corse connaissent aujourd’hui des bouleversements liés à de multiples pressions d’origine anthropique, locales ou globales : épisodes de dépérissement ou diminution du renouvellement forestier, modification des communautés d’espèces (ensemble des populations d’espèces qui interagissent ensemble dans un espace donné), etc. En particulier, elles sont exposées à des conditions climatiques qui diffèrent de plus en plus de celles qui ont permis leur développement. C’est notamment le cas des hêtraies et des cembraies-mélézins (forêts de Pins cembros et de Mélèzes) de l’étage subalpin qui sont 2 écosystèmes de forêts de montagne classés « En danger » montrant des mutations de leurs végétations. 8 autres écosystèmes de l’étage montagnard sont classés « Vulnérable » et 6 sont « Quasi menacé ». Le changement climatique est un facteur déterminant des résultats de cette évaluation. Des incertitudes sur l’avenir des forêts de montagne C’est l’un des autres constats de cette étude : malgré une abondance de recherches sur les forêts, il reste difficile de prédire les trajectoires futures des forêts de montagne de l’Hexagone et de Corse face au cocktail de pressions qu’elles subissent. Les forêts actuelles sont l’héritage de la sylviculture et de déprises d’activités agricoles et pastorales : anciens alpages reconquis par de jeunes forêts, forêts plantées ou semées, futaies de sapins pour le bois d’œuvre, taillis de hêtres pour le bois de chauffage, ou encore forêts anciennes et matures à préserver… Un même type d’écosystème forestier peut être différent d’un endroit à un autre, et, selon les contextes, les pressions sont indépendantes ou constituent un ensemble dont il est difficile de prédire les effets sur le fonctionnement des écosystèmes des forêts de montagne et leur risque de disparition. Agir pour la résilience des forêts de montagne et le renforcement des connaissances Les montagnes hébergent une biodiversité unique, héritée des dernières ères glaciaires avec des populations d’espèces « reliques » adaptées à des conditions extrêmes. Les caractéristiques écologiques, géographiques et historiques des montagnes en font des territoires à enjeux pour la protection du patrimoine naturel. Face aux menaces actuelles et aux défis à venir, il est donc nécessaire d’agir afin d’assurer l’avenir des forêts de montagne et des services écosystémiques qu’elles rendent en : – favorisant la naturalité des forêts de montagne en privilégiant la restauration et la préservation de la biodiversité forestière et des processus propres à ces écosystèmes, – assurant la pérennité des programmes de surveillance des forêts, qui constituent une source d’information essentielle pour mettre en place des actions efficaces et les adapter aux évolutions. Consulter la publication La Liste rouge des écosystèmes en France – les forêts de montagne, Hexagone et Corse Les résultats détaillés sont disponibles sur : la page de la Liste rouge des écosystèmes du Comité français de l’UICN et sur la page dédiée sur le site de l’INPN Le communiqué de presse  Photo bandeau : Hêtraie-sapinière sur granit, sols podzoliques, forêt de Cornimont (Vosges) ; © T. Gauquelin

Biodiversité des sols : un guide pratique pour aider les agriculteurs à la préserver !

Le Comité français de l’UICN, l’association AGIR NC (AGroforestiers pour des Initiatives de Résilience) et la Direction de l’agriculture de Polynésie française publient un guide pratique intitulé « Boostez vos cultures », à l’attention des agriculteurs, dans le cadre du programme PROTEGE. Ce guide explique comment recourir aux mycorhizes et micro-organismes du sol pour améliorer la fertilité des sols et protéger les cultures sans recourir à des produits de synthèses. En écho à la note de synthèse publiée par l’UICN sur la santé des sols, qui souligne l’importance de la biodiversité des sols pour les cycles du carbone, de l’azote et de l’eau dont dépend la vie sur terre, le Comité français de l’UICN travaille depuis plusieurs années à la promotion de pratiques culturales vertueuses, permettant de regénérer la biodiversité des sols – notamment à Mayotte et en Polynésie française. En effet, la dégradation des terres, due en grande partie à la production agricole intensive alimentée par des produits chimiques, entraîne une perte de biodiversité dans les sols et compromet les services qu’ils fournissent lorsqu’ils sont en bonne santé. Les sols stockent par exemple les deux tiers de l’eau douce dans le monde, or cette fonction de stockage dépend du niveau de matière organique présente dans ces sols. Des sols dépourvus de biodiversité n’ont pas la même capacité d’infiltration et donc de stockage d’eau, ne permettant pas une production agricole soutenable et accélérant les impacts des sécheresses. Dans le cadre de ses travaux en Polynésie française, le Comité français de l’UICN a travaillé avec l’association AGIR NC de Nouvelle-Calédonie, et la Direction de l’Agriculture de Polynésie française pour documenter les meilleures pratiques en la matière, utilisées notamment en agroforesterie syntropique. Ces travaux ont donné naissance au guide pratique « Boostez vos cultures ! »  à l’attention des agriculteurs. Conçu pour être facilement pris en main, ce guide pratique explique les étapes à suivre pour produire des mycorhizes, qui sont des champignons symbiotiques des racines – mais aussi alliés essentiels d’une agriculture à la fois productive, restauratrice des sols, économe en ressources et respectueuse de l’environnement et de la santé. Le guide déroule également un procédé simple de multiplication de micro-organismes, qui permettent de lutter contre les ravageurs. Ces protocoles ont été pensés, conçus et testés par l’agriculteur Mickaël Sansoni, agroforestier calédonien qui a pu mettre son expérience d’ingénieur en biotechnologie au profit de l’agroécologie. L’agroforesterie peut s’intégrer dans des projets des Solutions fondées sur la Nature pour renforcer la résilience au changement climatique et contribuer à l’alimentation locale des territoires insulaires. Le Comité français de l’UICN accompagne les agriculteurs pour la mise en place de parcelles agroforestières dans les outre-mer et plus récemment aux îles Fidji, dans un contexte coopération régionale et avec le soutien du Fonds Pacifique. Téléchargez le guide pratique BOOSTEZ VOS CULTURES – Produire ses mycorhizes et micro-organismes du sol  Cette publication a été produite avec le soutien financier de l’Union européenne (11ème Fonds Européen de Développement régional) au travers du Projet Régional Océanien des Territoires pour une Gestion durable des Ecosystèmes (PROTEGE) mis en œuvre par la Communauté du Pacifique en Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et à Wallis et Futuna. Photo bandeau : © Marilyn Deas

Recommandations du Comité français de l’UICN sur le projet de création par Réseau de Transport d’Electricité (RTE) d’une ligne électrique haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint Vincent

Le Comité français de l’UICN travaille depuis plusieurs années sur la conciliation de la transition énergétique et écologique pour ne pas opposer deux politiques : celle de la lutte contre les effets du changement climatique et celle de la protection de la biodiversité. Aussi, le Comité français de l’UICN est favorable à la décarbonation nécessaire de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Néanmoins, il demande à ce que les enjeux de biodiversité soient systématiquement pris en compte pour que cette transition énergétique soit en cohérence avec les enjeux écologiques mondiaux, et que pour chaque projet, la séquence « Eviter, Réduire, Compenser » soit mise en œuvre de façon à prioriser l’évitement et à n’appliquer la compensation qu’en dernier recours. Or, dans ce projet, l’évitement de zones primordiales pour la conservation de la biodiversité n’est pas respecté. Ainsi dans le cadre de la concertation publique sur ce projet lancée par RTE, le Comité français de l’UICN a recommandé : 1- Que la solution technique proposée soit revue, afin que l’approvisionnement en énergie se fasse en dehors des zones importantes pour la biodiversité, notamment les zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) et les aires protégées, de manière à être en cohérence avec les stratégies et lois de préservation de la biodiversité et de zéro artificialisation nette des sols (lois pour la reconquête de la biodiversité, climat résilience, SNB, stratégie nationale des aires protégées). L’implantation du projet doit être ainsi priorisée sur des zones déjà artificialisées et ne pas contribuer à la perte et la fragmentation d’espaces naturels. 2- Qu’en dehors de ces zones importantes pour la biodiversité qui auront été évitées, la séquence « Eviter, Réduire, Compenser » (Eviter les impacts d’un projet, les Réduire lorsqu’il en reste et en dernier recours, les Compenser dans un objectif d’absence de perte nette et si possible de gain net pour la biodiversité) soit rigoureusement appliquée et justifiée selon le principe d’interférence minimale avec la biodiversité, sur les nouvelles zones identifiées. 3- Qu’un véritable débat public, permettant la réalisation d’expertises indépendantes sur les besoins en électricité de la ZIP de Fos-sur-Mer et la faisabilité technico-économique de solutions alternatives de moindre impact pour la biodiversité et les paysages (notamment l’enfouissement sous la voirie routière existante) soit organisé. Au regard des forts enjeux socio-économiques et des impacts significatifs sur l’environnement du projet de liaison THT entre Jonquières et Fos-sur-Mer, l’organisation de ce débat public sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) s’impose. Consulter le document dans son intégralité :  Recommandations du Comité français de l’UICN sur le projet de création par Réseau de transport d’électricité (RTE) d’une ligne électrique haute tension entre Fos-sur-mer et Jonquières-Saint-Vincent Photo bandeau © Musat

Avis du Comité français de l’UICN sur la compatibilité des projets éoliens en mer avec les aires marines protégées

Le développement de l’éolien en mer figure parmi les priorités de la prochaine Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML), qui vise à « développer les énergies marines renouvelables pour contribuer à la neutralité carbone 2050 ». En réponse, les démarches sont aujourd’hui engagées sur les quatre façades maritimes françaises pour identifier des zones prioritaires pour des projets d’éolien dans les dix prochaines années et des zones de potentiel à horizon 2050. Ces zones sont actuellement soumises au débat public dans le cadre de la révision des documents stratégiques de façade maritime. Aujourd’hui, neuf zones pour les projets éoliens en mer sont positionnées totalement ou en partie au sein d’une aire marine protégée, et trois parcs éoliens sont déjà attribués (Dunkerque, Dieppe et Fécamp). L’impact environnemental des projets éoliens est pourtant potentiellement important, à la fois sur les espèces et sur les habitats naturels. Pour cette raison, la Directive européenne « Red III » prévoit que les zones désignées pour le déploiement de l’éolien en mer devraient exclure notamment les sites Natura 2000 et les aires marines protégées relevant des régimes nationaux (Parc nationaux, parcs naturels marins…) afin de garantir les objectifs de conservation de la nature, mais aussi des principales routes migratoires des oiseaux et des mammifères marins. Fort de ces constats, le Comité français de l’UICN soutient l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone en 2050 avec le développement des énergies marines renouvelables, mais de façon compatible avec la préservation des zones à enjeux pour la biodiversité, en particulier les aires marines protégées, dont l’objectif principal est la conservation de la nature. Télécharger l’avis complet © photo bandeau : zentilia

Position du Comité français de l’UICN sur la chasse aux trophées d’espèces menacées

A l’occasion de l’examen d’une proposition de loi visant à interdire l’importation et l’exportation de trophées de chasse d’espèces inscrites dans la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées (CITES), le Comité français de l’UICN exprime sa position sur ce sujet, qui fait l’objet d’une mobilisation d’associations françaises et européennes. La chasse aux trophées est une chasse sélective pratiquée à des fins récréatives et caractérisée par la volonté d’attester et de commémorer le succès de la chasse, grâce à l’exhibition d’un trophée de chasse pouvant être tout ou partie de l’animal tué. L’Union européenne est le 2ème importateur de trophées de chasse dans le monde, derrière les Etats-Unis, avec près de 15 000 trophées importés entre 2014 et 2018, issus de 73 espèces de mammifères inscrites à la CITES. La France est le 6ème importateur de trophées de chasse en Europe avec 752 trophées importés durant cette même période. En 2015, l’importation des trophées de lions a été interdite en France. En 2016, les Pays-Bas ont interdit l’importation de trophées de plus de 200 espèces, tout comme la Belgique le 25 janvier dernier. En Afrique, plusieurs pays ont revu ou fermé la chasse aux trophées, comme la Namibie, le Botswana et la Zambie pour le léopard, ou encore le Cameroun pour l’éléphant de forêt. La chasse aux trophées est un sujet très débattu au sein de l’UICN, certains mettant en avant des résultats pour la conservation des espèces et d’autres jugeant qu’elle est contraire à la mission et aux principes éthiques de l’UICN. En 2016, le congrès mondial de l’UICN a demandé à mettre fin à la pratique consistant à élever des lions en captivité aux fins de l’« abattage au fusil en enclos » et à interdire par voie légale la chasse au lion issu de l’élevage en captivité. En Afrique, un rapport de l’UICN sur les aires protégées publié en 2019 montre que la grande chasse est en déclin car elle ne réussit globalement plus à conserver les habitats naturels devant l’avancée du front agro-pastoral, ne finance que quelques pour cent des montants qui seraient nécessaires à la conservation, et ses retombées socioéconomiques sont trop faibles. Le Comité français de l’UICN estime que la chasse aux trophées d’espèces menacées n’est pas compatible avec ses valeurs éthiques, publiées dans son manifeste « L’avenir du vivant – nos valeurs pour l’action » et celles endossées par l’UICN (Charte mondiale de la Nature, Charte de la Terre, Initiative éthique pour la biosphère). Notre planète vit une crise sans précédent pour la biodiversité et nous devons repenser nos relations avec les autres espèces et les écosystèmes qui les hébergent. Le Comité français de l’UICN souhaite promouvoir d’autres modes de cohabitation et de préservation des espèces sauvages, basés sur le mieux-vivre ensemble et des politiques de coopération justes et équitables. Il ne souscrit pas au paradigme selon lequel chaque espèce devrait payer le prix de sa survie. Le Comité français de l’UICN constate que les résultats des chasses aux trophées pour la conservation et leurs incidences sur les espèces sont sujets à critique, ainsi que les conditions de gouvernance dans les lesquelles ces chasses sont organisées, tout comme celles de la redistribution des avantages financiers aux populations locales. Les aspects culturels et sociaux posent aussi question puisque ce type de chasse est issu de la colonisation, et parce qu’il véhicule un modèle d’inégalité sociale entre des chasseurs fortunés payant pour tuer des animaux et des populations locales pauvres dont les droits ou usages de la nature peuvent être limités. Enfin, au-delà de la question des trophées, le Comité français de l’UICN est fermement engagé dans la lutte contre le trafic des espèces sauvages et notamment la revente de parties d’animaux pouvant alimenter des marchés illégaux en France. Il propose ainsi que des stratégies alternatives de conservation de la nature et de développement communautaire soient soutenues par la France. En conclusion, le Comité français de l’UICN soutient la proposition de loi.

Une déclaration signée entre la Commission nationale française pour l’UNESCO et le Comité français de l’UICN concernant la libre évolution des milieux naturels

Le séminaire sur la libre évolution organisé par le Comité français de l’UICN, en partenariat avec la Commission nationale française pour l’UNESCO, s’est tenu les 8 et 9 janvier 2024, avec une première journée de présentation et d’échanges, suivie d’une journée consacrée à des ateliers entre les gestionnaires d’espaces naturels. Ce colloque, rassemblant près de 480 personnes, avait pour objectif de faire davantage connaître la libre évolution, de favoriser son application, et de créer des synergies au sein du réseau des gestionnaires d’espaces naturels et auprès d’un public non professionnel. Les riches retours d’expériences ont été l’occasion d’une réflexion collective sur un système de reconnaissance de la libre évolution à l’échelle nationale et sur la mise en œuvre de la libre évolution dans les espaces agricoles. A cette occasion, la publication La libre évolution, une trajectoire de gestion des espaces naturels a été diffusée pour mieux en comprendre son importance et ses enjeux. Lors de ce séminaire, une déclaration finale a été signée afin d’entériner les engagements pris par le Comité français de l’UICN et la Commission nationale française pour l’UNESCO concernant la libre évolution. Les signataires s’engagent à promouvoir la libre évolution comme mode de « gestion » des milieux naturels, à unir les parties prenantes et à diffuser plus largement cette pratique. SEMINAIRE INTER-RESEAUX SUR LA LIBRE EVOLUTION Déclaration finale – 8 janvier 2024, UNESCO Face à la perte de biodiversité observée en France et aux menaces qui pèsent sur elle, les organisations signataires appellent à une augmentation significative du nombre de territoires en libre évolution et de leur surface, entendus comme territoires où la nature s’exprime de façon spontanée sans activité humaine extractive ou intrusive. De plus en plus de travaux scientifiques démontrent l’efficacité des espaces en libre évolution pour restaurer ou sauvegarder les dynamiques naturelles et la biodiversité. Ces espaces jouent également un rôle de sentinelle pour observer l’impact du dérèglement climatique sur les écosystèmes et la capacité de ces derniers à s’y adapter et à en atténuer les effets. De nombreux acteurs français sont engagés dans une dynamique positive en faveur de la libre évolution avec un foisonnement d’initiatives d’établissements publics, d’associations, de collectivités, d’acteurs locaux et de citoyens engagés. A l’issue du séminaire sur la libre évolution du 8 janvier 2024 à l’UNESCO organisé par le Comité français de l’UICN en collaboration avec la Commission nationale française pour l’UNESCO et les réseaux de gestionnaires d’espaces naturels, les signataires de la présente déclaration s’engagent sur les éléments suivants : Poursuivre nos actions sur la libre évolution et valoriser cette approche dans l’ensemble des instances où nos organisations sont engagées ; Poursuivre la convergence des acteurs français sur la libre évolution en respectant leur richesse et leur singularité. Il s’agit également de relier les dynamiques et en organisant a minima un séminaire conjoint tous les deux ans pour rendre compte et partager les initiatives en cours ; Au niveau international, engager un processus de réflexion sur la pertinence et la faisabilité des initiatives suivantes : la reconnaissance d’une chaire UNESCO spécifique sur la libre évolution, la reconnaissance par l’UNESCO de la libre évolution, la pertinence de la reconnaissance de territoires au Patrimoine Mondial au titre de la libre évolution, la proclamation d’une charte internationale de la libre évolution. Compte tenu de l’urgence climatique, de l’effondrement de la biodiversité et de la perte des fonctionnalités des milieux naturels, nous sommes convaincus que la libre évolution est une « notion clef » pour préserver les dynamiques garantes d’une partie de notre patrimoine naturel, renforcer la résilience des écosystèmes et pour développer progressivement un autre regard de l’humanité sur le vivant. Ce concept contribue ainsi à placer l’humanité comme acteur soucieux et responsable du cadre harmonieux partagé avec l’ensemble du vivant et de ses interrelations. Photo bandeau : Réserve Naturelle Nationale de la Forêt de la Massane © Diane Sorel

La libre évolution : une stratégie de gestion des milieux naturels à mieux connaître et développer en France

Le Comité français de l’UICN organise les 8 et 9 janvier 2024, en partenariat avec la Commission nationale française pour l’UNESCO, un séminaire sur la libre évolution des milieux naturels au siège de l’UNESCO. Cet événement a pour objectif de promouvoir l’intérêt de ces territoires caractérisés par une absence de présence et d’intervention humaines, ou minimales, afin de favoriser la libre expression des processus naturels. Cette journée de travail a également pour but de faire connaître la libre évolution et ses enjeux (première journée) et d’identifier les axes de travail communs pour les réseaux de gestionnaires (ateliers de la deuxième journée). Les initiatives issues de ce séminaire permettront de valoriser ce concept à l’UNESCO et de créer des synergies au sein du réseau des gestionnaires et à un public non professionnel. Ces riches retours d’expériences ont pour but d’identifier les freins et leviers à la mise en œuvre de stratégies de libre évolution, locales et nationale, afin de favoriser ce type de gestion. Le Comité français de l’UICN organise dans le cadre du groupe de travail « wilderness et nature férale » ce séminaire, dont le programme a été conçu avec les différents réseaux d’espaces protégés : l’ONF (Office national des forêts), la Fédération des Parcs naturels régionaux de France, Réserves naturelles de France, la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels, le Conservatoire du littoral, et avec le soutien de l’Office français de la biodiversité et de la Fondation Famille Lemarchand. La libre évolution : définition et enjeux La libre évolution consiste à favoriser la libre expression des processus écologiques. Elle vise à encourager le retour de processus naturels dans les écosystèmes et laisser la nature se développer spontanément. Elle peut se pratiquer aussi bien dans des espaces à haute naturalité que dans des espaces ayant été transformés par les activités humaines. Cette approche, loin de sacraliser un idéal de nature, reconnaît l’influence passée des activités humaines dans la modification des milieux. Aujourd’hui, de nombreuses initiatives fleurissent au sein des différents réseaux de la conservation de la nature : programmes de forêts en libre évolution des Conservatoires d’espaces naturels de Normandie et d’Auvergne, réseau de réserves biologiques intégrales de l’Office national des forêts, implication de Réserves naturelles de France et du Conservatoire du littoral sur la libre évolution, mise en place des réserves de vie sauvage de l’ASPAS, organisation d’un atelier lors du congrès annuel des parcs naturels régionaux, création de la Coordination libre évolution… Les réflexions sur la libre évolution font partie d’un mouvement d’intérêt croissant en faveur de la nature sauvage depuis quelques années en Europe, qui se traduit par la mise en œuvre d’actions concrètes. L’objectif est de retrouver des dynamiques spontanées au sein des écosystèmes. De nombreuses expérimentations sont ainsi menées en France et en Europe, allant de la réintroduction d’espèces clés de voûte dans le cadre de stratégies de rewilding, aux approches plus passives visant à laisser évoluer les milieux sans intervention humaine. Retrouver des écosystèmes fonctionnels participe à assurer la résilience des milieux face au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité. Les institutions s’emparent aussi du sujet : en 2009, une résolution du Parlement européen incite les états membres à agir en faveur de la wilderness (« zone de nature vierge »), en identifiant et en protégeant ces espaces, et la Stratégie européenne de la biodiversité vise 10% d’espaces terrestres et marins sous protection stricte, c’est-à-dire avec des processus naturels majoritairement non perturbés par les activités humaines. La notion d’intégrité écologique des écosystèmes figure également dans le nouveau cadre mondial de la biodiversité, adoptée fin 2022 par les Etats parties à la Convention sur la Diversité biologique. En France, la Stratégie nationale pour les aires protégées 2030 vise à assurer la protection forte de 10% du territoire. Le Comité français de l’UICN porte également un travail de cartographie des espaces de haute naturalité potentielle en France (CartNat), publié pour les milieux terrestres et qui s’étend aujourd’hui aux milieux marins. La libre évolution revêt une dimension éthique et philosophique forte, mise en exergue par Baptiste Morizot dans son ouvrage Raviver les braises du vivant. Elle invite à « repenser les systèmes de valeurs attachés à la nature et la possibilité de lui laisser une plus grande autonomie », selon Rémi Beau et Virginie Maris, philosophes de l’environnement. Alors que la crise environnementale actuelle questionne notre capacité à cohabiter avec le vivant, la libre évolution interroge le rapport que nos sociétés entretiennent avec les non humains. Ainsi, « la libre évolution n’est pas non plus un lâcher-prise candide : c’est une pratique diplomatique », énonce Baptiste Morizot. Elle s’inscrit au sein des réflexions relatives à l’attention portée aux autres êtres vivants par l’intermédiaire d’actions concrètes sur le terrain, comme l’atteste l’ouvrage Convivialité. L’alliance avec la nature de Patrick Blandin, Frédéric Ducarme et Damien Marage, membres du groupe de travail « éthique en action » du Comité français de l’UICN.   Le programme du séminaire La page wilderness du Comité français de l’UICN Le communiqué de presse  Photo bandeau : Réserve Naturelle Nationale de la Forêt de la Massane © Diane Sorel