Les Solutions fondées sur la Nature pour répondre conjointement aux défis de l’alimentation et de la biodiversité

A l’occasion du Salon International de l’agriculture, le Comité français de l’UICN publie une étude intitulée « Solutions fondées sur la Nature pour la sécurité alimentaire en France ». Elle démontre que des projets, à l’échelle d’une exploitation ou d’un territoire, peuvent concilier à la fois des objectifs de production alimentaire et de préservation de la biodiversité. Que cela soit dans les domaines de l’agriculture, l’aquaculture ou la pêche, les Solutions fondées sur la Nature contribuent à renforcer la durabilité et la résilience des systèmes de production alimentaire. Plus de 20 retours d’expériences sont présentés et analysés selon le standard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature, montrant des réussites variées et adaptées à différents contextes. Sécurité alimentaire versus dégradation de l’environnement La sécurité alimentaire repose sur la disponibilité, l’accessibilité et la stabilité des systèmes alimentaires afin de garantir à tous une nourriture suffisante, saine et nutritive. Elle a conduit à une augmentation importante de la productivité à travers l’utilisation croissante d’intrants (engrais et produits phytosanitaires) pour maximiser les rendements, l’intensification des méthodes et outils de production, ainsi que la spécialisation et la simplification des productions à l’échelle des exploitations agricoles et des territoires. Elle a parallèlement provoqué une disparition massive de la biodiversité et d’autres impacts environnementaux et sanitaires. La crise écologique et celle du climat, combinées à un contexte géopolitique et commercial instable, se posent comme un défi majeur pour les systèmes de production alimentaire : épuisement et pollutions des sols, impacts des sécheresses et inondations, diminution de la pollinisation et de la régulation naturelle des bioagresseurs… La transition écologique de notre production alimentaire est un impératif vital. Le rôle clé des écosystèmes pour une alimentation durable L’amélioration de la diversité, de la fonctionnalité et de la résilience des milieux agricoles, aquacoles et halieutiques constitue un levier primordial pour assurer une alimentation durable sur le long terme. En reconnaissant ce rôle essentiel, les Solutions fondées sur la Nature permettent de répondre au défi de la sécurité alimentaire tout en apportant des bénéfices pour la biodiversité. Ces solutions s’inscrivent pleinement dans la recherche de modes et de pratiques d’exploitation conciliant production alimentaire et préservation de la nature. Des exemples démonstratifs conjuguant production alimentaire et préservation de la biodiversité 23 retours d’expériences correspondant à des Solutions fondées sur la Nature sont présentés et témoignent le plus souvent d’une combinaison de pratiques, menées à différentes échelles, de l’exploitation individuelle au territoire. Elles reposent sur une approche où chaque projet vise à soutenir l’intégrité des écosystèmes locaux pour répondre à des objectifs de sécurité alimentaire. La restauration et la gestion durable d’une mosaïque d’agroécosystèmes : des pratiques comme la diversification des cultures ou la mise en place d’infrastructures agroécologiques, telles que les haies et les réseaux bocagers, contribuent à la résilience des systèmes agricoles tout en améliorant leur productivité. En intégrant différentes espèces végétales sur une même parcelle, notamment des légumineuses fixatrices d’azote, il est possible d’optimiser la productivité tout en réduisant le recours aux produits chimiques et en améliorant la fertilité des sols. L’agroforesterie et les rotations de cultures permettent de restaurer des dynamiques écosystémiques et d’assurer la stabilité des rendements agricoles, même en cas de perturbations climatiques. La gestion durable des systèmes aquacoles : des démarches innovantes sont mises en avant dans le secteur aquacole, à l’image de l’aquaculture multitrophique intégrée qui s’appuie sur les synergies trouvées entre les espèces élevées et leur milieu naturel, pour optimiser les productions, améliorer la qualité de l’eau, et soutenir le fonctionnement général de l’écosystème. La gestion durable des ressources halieutiques : des zones marines protégées ont été créées permettant d’augmenter l’abondance et la taille des poissons pêchés, tout en apportant des bénéfices pour d’autres espèces et habitats naturels marins. L’analyse de ces projets met en évidence que le soutien politique et financier, la mise en place d’une gouvernance participative, l’accompagnement technique, et une communication ciblée pour renforcer l’adhésion et la diffusion des connaissances sont des leviers importants pour la mise en place de ces projets. Le Comité français de l’UICN appelle ainsi les décideurs publics nationaux et locaux, les exploitants et secteurs professionnels, et les acteurs de la société civile, à s’inspirer de ces retours d’expériences pour déployer les Solutions fondées sur la Nature. Consulter la publication. Lire le communiqué de presse. Qu’est-ce qu’une Solution fondée sur la Nature ? Les Solutions fondées sur la Nature sont définies par l’UICN comme « les actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ». L’UICN a identifié 6 grands défis sociétaux (changement climatique, risques naturels, sécurité alimentaire, approvisionnement en eau, santé, développement socio-économique) auxquelles peuvent répondre les Solutions fondées sur la Nature à travers 3 grands types d’actions : La préservation d’écosystèmes fonctionnels et en bon état écologique L’amélioration de la gestion d’écosystèmes pour une utilisation durable par les activités humaines La restauration d’écosystèmes dégradés ou la création d’écosystèmes Cette définition des Solutions fondées sur la Nature a été reprise par l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement. Le Comité français de l’UICN Le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature est le réseau des organismes et des expert/es de l’UICN en France. Regroupant au sein d’un partenariat original 2 ministères, 7 organismes publics, 8 collectivités et 61 organisations non gouvernementales, il joue un rôle de plateforme d’expertise, de concertation et d’action pour répondre aux enjeux de la biodiversité. Il rassemble également un réseau de 300 expert/es répartis en six commissions thématiques, dont la Commission de gestion des écosystèmes. Cette publication a été réalisée grâce au soutien du Ministère de la Transition écologique, de l’Office français de la biodiversité, de Veolia et de Primagaz. Photo © Nicolas Bertrand – Inrae
La libre évolution : une approche en développement pour la protection et la restauration de la nature

Suite aux Journées de la libre évolution organisées les 20 et 21 janvier derniers par le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), en partenariat avec la Commission nationale française pour l’UNESCO, la libre évolution se confirme comme une stratégie pertinente pour la conservation et de restauration de la nature en France et en Europe. De nombreux gestionnaires d’aires protégées, d’associations nationales et internationales, d’établissements publics et de scientifiques se mobilisent pour l’adopter et la développer. Comment définir la libre évolution ? La libre évolution est définie par le Comité français de l’UICN comme « un lieu où la nature s’exprime de façon spontanée sans activité humaine extractive ou intrusive » (La libre évolution, une trajectoire de gestion des espaces naturels). Les Journées de la libre évolution, une rencontre clé L’édition 2025 des Journées de la libre évolution a été co-organisée par le Comité français de l’UICN, dans le cadre de son groupe de travail wilderness et nature férale, et par la Commission nationale française pour l’UNESCO (CNFU), en partenariat avec l’Office national des forêts (ONF), la Fédération des Parcs naturels régionaux de France, Réserves naturelles de France (RNF), la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels (CEN) et le Conservatoire du littoral. Cet événement, ouvert par Lidia Brito, sous-directrice générale de l’UNESCO pour les sciences exactes et naturelles, Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN, et Michèle Ramis, présidente de la CNFU, avait pour objectif de discuter des avancées et des enjeux relatifs à la mise en œuvre et à la reconnaissance des stratégies de libre évolution. Plus de deux cent personnes (scientifiques, décideurs et décideuses, gestionnaires, associations…) sur place et en ligne, se sont réunies pendant ces deux jours, confirmant le succès de la première édition en 2024 et constituant ainsi l’un des principaux espaces de mise en relation des acteurs de la libre évolution. Un état des lieux de la libre évolution en France Le Comité français de l’UICN a présenté ses activités sur le sujet, en évoquant notamment le développement d’un outil de cartographie des gradients de naturalité potentielle en France, CartNat, déjà publié pour les milieux terrestres et en cours de réalisation pour les milieux côtiers et marins. Il a également coordonné la rédaction d’une motion internationale sur la libre évolution, qui sera débattue au Congrès mondial de la nature en octobre 2025 en vue d’être adoptée par les membres de l’UICN. La Commission nationale française pour l’UNESCO travaille pour sa part à la reconnaissance de la libre évolution comme pratique de gestion à l’échelle nationale et internationale, et encadre un projet de cartographie des espaces en libre évolution en France. L’intérêt croissant dans les sphères de réflexions et de décisions nationales, mais aussi européennes et internationales, pour les actions en faveur des dynamiques naturelles dans les écosystèmes, a été évoqué. Il a notamment été souligné le moment fort que peut constituer pour la libre évolution l’adoption du Règlement européen sur la restauration de la nature. Pierre-Edouard Guillain, directeur-adjoint de la Direction de l’eau et de la biodiversité au ministère de la transition écologique, a présenté les orientations nationales en matière de libre évolution en France et Didier Babin, président du réseau MAB (Man and the Biosphere), un réseau de réserves créé par l’UNESCO, en France a exposé les axes de travail possibles pour renforcer cette dynamique. La philosophe au CNRS, Virginie Maris et le philosophe Rémi Beau ont rendu hommage à Raphaël Larrère, fervent défenseur de la libre évolution et du sauvage. Virginie Maris a ensuite présenté, les dimensions éthiques rattachées au concept connexe de rewilding (réensauvagement), principalement mobilisé en Europe. Les retours d’expériences ont été mis à l’honneur : Lou Beben et Lydie Doisy ont ainsi présenté ceux du réseau PRELE (Programme régional d’espace en libre évolution) du Conservatoire d’espaces naturels (CEN) de Normandie, et plus spécifiquement les moyens disponibles pour les collectivités afin de mettre en œuvre des stratégies de libre évolution. D’autres outils de développement ont été mis en lumière, comme la mobilisation citoyenne, via le recours au financement participatif, avec le cas de la ville de Brest présenté par Vincent Toison, habitant et initiateur du projet. La communication autour des enjeux de la libre évolution auprès de publics variés (collectivités territoriales, décideurs et décideuses, grand public, jeunes), a été développée, en s’appuyant sur les retours de Lou Beben et Lydie Doisy, ainsi que de Noame Hatimi et Damien Saraceni de l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire. Il s’agit de créer de nouveaux récits afin de permettre à un public plus large de se saisir des questions de libre évolution et d’être en mesure de développer des actions. Les ateliers de la libre évolution Ces deux journées ont été ponctuées par plusieurs ateliers. Un premier atelier a invité les participants à réfléchir à la définition de la « libre évolution », à partager leur positionnement vis-à-vis de cette dernière et au regard de la diversité des concepts qui existent concernant le retour de dynamiques sauvages dans les écosystèmes (rewilding, wilderness), en Europe et à l’échelle internationale. Cet atelier visait également à présenter le travail de typologie d’espaces en libre évolution développé par le Comité français de l’UICN et de le soumettre aux débats afin de l’améliorer pour mieux répondre aux besoins opérationnels. Le deuxième atelier avait pour objectif d’identifier les outils existants à disposition des collectivités territoriales et de proposer des pistes d’amélioration. Un engagement en faveur de la libre évolution Le Comité français de l’UICN et la Commission nationale française pour l’UNESCO ont réitéré leur engament en faveur de la libre évolution, à l’occasion des discours de clôture de Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN, et d’Alexandre Navarro, secrétaire général de la Commission nationale française pour l’UNESCO, pour promouvoir et accompagner le développement de la libre évolution dans leurs organisations internationales respectives. Toutes les informations relatives à la libre évolution et aux travaux du groupe de travail « wilderness et nature férale » sont disponibles sur le site Internet du Comité français
Congrès mondial de la nature 2025 : 45 recommandations de la France pour répondre aux enjeux mondiaux de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a coordonné la rédaction de 32 motions françaises, portées par ses organisations membres (principalement des établissements publics et des associations de protection de la nature). Ces motions sont le fruit d’un travail collectif, entamé au printemps 2024, qui a également mobilisé plus de 300 expert/es du Comité français de l’UICN et a donné lieu à des échanges riches avec ses partenaires internationaux. Elles seront proposées pour adoption au prochain Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tiendra à Abu Dhabi en octobre 2025, avec pour objectif d’enrayer l’effondrement de la biodiversité. Le Congrès mondial de la nature : un rendez-vous majeur en matière de négociations internationales Les motions débattues lors des Congrès mondiaux de la nature ont pour but de façonner le programme et les actions de l’UICN – la plus grande organisation internationale de conservation de la nature et la seule organisation environnementale à disposer d’un statut d’observateur à l’ONU – et d’émettre des recommandations afin d’influer sur les politiques internationales et nationales. Par le passé, les Congrès mondiaux de la nature ont permis des avancées considérables : – Définition des bases de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES), règlementant le trafic des espèces menacés (1960), – Rédaction des fondements de la Convention du Patrimoine mondial de l’UNESCO, permettant le classement de sites naturels au Patrimoine mondial de l’humanité (1966), – Soutien décisif à la Convention de Ramsar sur les zones humides d’importance internationale, qui constitue un réseau mondial de sites pour les protéger (1972), – Rédaction des principes de la Convention pour la Diversité Biologique, concernant la conservation de la biodiversité, son utilisation durable et à son partage juste et équitable entre tous les pays (1981). Le Congrès mondial de la nature de l’UICN a lieu tous les 4 ans. Il s’agit d’un événement majeur où les 1.400 organisations membres de l’UICN, présentes dans plus de 160 pays, définissent les priorités d’action de l’Union pour les 4 prochaines années et influencent la législation et les décisions politiques des différents pays. La prochaine édition se tiendra du 9 au 15 octobre 2025 aux Emirats Arabes Unis et interviendra dans un riche agenda international, après la COP16 Biodiversité de novembre 2024 en Colombie et la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan qui se tiendra à Nice en juin 2025 (UNOC 3). Le précédent Congrès mondial s’est tenu à Marseille en 2021. A cette occasion, 148 recommandations avaient été adoptées, dont 18 avaient été portées par le Comité français de l’UICN avec ses membres. Ces dernières portaient notamment sur la protection des mammifères marins et des vieilles forêts d’Europe, la lutte contre la déforestation importée, la planification des activités en mer, la lutte contre la pollution plastique et l’exploitation minière dans les grands fonds marins, avec la demande d’un moratoire. A titre d’exemple, la résolution visant à mettre fin à la crise de la pollution plastique dans les milieux marins a été suivie par l’ouverture de négociations pour la mise en place d’un traité mondial dont la dernière session de négociations a eu lieu en décembre à Busan en Corée du Sud. Le règlement européen sur la déforestation importée a été finalisé en 2022 puis promulgué en 2023 afin d’interdire la mise sur le marché ou l’exportation depuis l’Union européenne des produits ayant contribué à la déforestation ou à la dégradation des forêts. Suite à l’adoption de la résolution demandant un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, la France s’est prononcée en 2022 en faveur de son interdiction dans ses eaux et dans les eaux internationales. Le Comité français de l’UICN a également fait adopter une motion créant une nouvelle catégorie de membre pour les collectivités locales, qui peuvent désormais adhérer à l’UICN. Avec 45 motions françaises, la France est l’un des principaux pays contributeurs à l’échelle internationale o 32 motions portées par le Comité français de l’UICN et ses organisations membres Elles sont portées par le Comité français de l’UICN grâce aux travaux de ses organisations membres (établissements publics et associations) et ses 300 expert/es des commissions et groupes de travail, sur des thématiques diverses. « Après le succès du Congrès mondial de l’UICN à Marseille, ces motions montrent une nouvelle fois la forte contribution de notre communauté française de la conservation de la nature à identifier les enjeux et proposer des solutions d’actions pour la biodiversité mondiale », souligne Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN. « Ce nombre record de motions déposées est une réussite collective pour notre comité national, plateforme de dialogue et de négociation française entre les différents acteurs et actrices de la protection de la nature en France, directement connectée à l’international », ajoute quant à elle Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN. Ces motions ont été au total soutenues par 111 organismes de 43 pays différents et portent sur les 8 thématiques suivantes :– conservation et restauration des écosystèmes terrestres,– conservation et restauration des écosystèmes marins,– conservation et restauration des écosystèmes d’eau douce,– conservation des espèces,– aires protégées,– amélioration des cadres politiques, juridiques et règlementaires,– économie et financements pour la nature,– éducation et engagement de la société civile. → Retrouvez les 32 motions déposées par le Comité français de l’UICN o 13 motions complémentaires portées directement par des organisations membres du Comité français de l’UICN 5 motions ont été également déposées par le ministère français des affaires étrangères (criminalité environnementale, genre, rangers, haies, bioéconomie circulaire et durable) et 8 autres motions par des membres français sur des sujets variés : l’océan, le surtourisme, l’implication de la jeunesse, la biologie de synthèse, la taxonomie, les aires protégées régionales, la plantation d’arbres ou le pacte international sur les droits environnementaux. Le Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN est le réseau des organismes et des expert/es de l’UICN en France. Regroupant au sein d’un partenariat original 2 ministères, 7 organismes publics, 8 collectivités et 61 organisations non gouvernementales, il joue
Violences contre les défenseurs de l’environnement : le Comité français de l’UICN appelle le Gouvernement à agir

Au cours des mois de novembre et de décembre 2024, ce sont plusieurs locaux d’associations membres de France Nature Environnement (FNE) et de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qui ont été attaqués, dégradés ou emmurés. Dans le même temps, des bâtiments de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont été vandalisés, des documents volés et des fonctionnaires menacés. Depuis le début de l’année, une cinquantaine d’attaques ont visé les agents et locaux de l’OFB, tandis que l’enquête ouverte à la suite de l’incendie de son siège à Brest le 30 mars 2023, consécutive au tir de plus de 300 fusées de détresse, a été classée sans suite le 1er octobre dernier. Ces violences inacceptables interviennent dans un contexte particulièrement inquiétant pour les défenseurs de l’environnement, stigmatisés et parfois injustement qualifiés « d’éco terroristes ». Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l’environnement a dénoncé à de nombreuses reprises ces rhétoriques sémantiques qui justifient le recours à des techniques policières réservées à la lutte anti-terroriste et une répression accrue des militants et des associations de protection de l’environnement, notamment lors des manifestations pour la sauvegarde de l’eau ou de contestation du projet d’autoroute A69. L’année 2024 marque un nouveau palier : la violence à l’égard des défenseurs de l’environnement s’exerce désormais au grand jour, tant à l’égard de militants, de journalistes, d’agents de la police de l’environnement, de fonctionnaires d’établissements publics ou de services déconcentrés et même récemment d’institutions scientifiques, les sièges parisiens de l’INRAE et de l’ANSES ayant été emmurés par des agriculteurs le 27 novembre dernier. Ces actes de violence et d’intimidation s’amplifient de façon extrêmement inquiétante. Ces attaques sont dirigées contre celles et ceux qui documentent et constatent la dégradation de l’environnement et l’effondrement de la biodiversité ou qui s’engagent pour l’enrayer. Ces « lanceurs d’alerte » que certains veulent réduire au silence avertissent pourtant sur le coût considérable de la perte de services écosystémiques, tant pour les productions agricoles que pour la qualité de l’eau ou la protection des populations contre les évènements climatiques extrêmes. Le Comité français de l’UICN réaffirme sa solidarité à l’égard de l’ensemble de ses membres, et particulièrement de France Nature Environnement, de l’Office français de la biodiversité, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et de la LPO, cibles d’attaques récentes. Le Comité français de l’UICN rappelle que la cible 22 du « cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal » adopté en décembre 2022 et engageant la France, impose au Gouvernement d’« assurer la pleine protection des défenseurs des droits de l’Homme en matière d’environnement ». Le Comité français de l’UICN rappelle que la Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, signée le 25 juin 1998 et ratifiée par la France le 8 juillet 2002 appelle chaque État partie à veiller « à ce que les personnes qui exercent leurs droits conformément aux dispositions de la présente Convention ne soient en aucune façon pénalisées, persécutées ou soumises à des mesures vexatoires en raison de leur action.». Le Comité français de l’UICN appelle le gouvernement à condamner avec la plus grande fermeté toute forme de violence, qu’elle soit verbale, psychologique ou physique dirigée contre celles et de ceux qui défendent l’intégrité du patrimoine commun de la Nation et ses intérêts fondamentaux. Le Comité français de l’UICN appelle les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur l’ensemble des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale afin que leurs auteurs soient identifiés pour être jugés par un tribunal, et que les victimes puissent obtenir réparation des préjudices considérables qu’elles subissent. Le Comité français de l’UICN rappelle enfin son attachement profond au dialogue dans un cadre démocratique avec l’ensemble des composantes de la société pour gérer les questions environnementales, ainsi que son rejet de toute forme de violence. © iStock / elisalocci
Plus d’une espèce d’arbre sur trois dans le monde est menacée d’extinction – Liste rouge de l’UICN

Cali, Colombie, 28 octobre 2024 (UICN) – Trente-huit pour cent des arbres du monde sont menacés d’extinction selon la première Évaluation mondiale des arbres publiée dans la mise à jour d’aujourd’hui de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. Également dans la mise à jour d’aujourd’hui, l’état de conservation du hérisson d’Europe s’est détérioré et l’espèce est désormais considérée comme Quasi menacée. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 166 061 espèces, dont 46 337 sont menacées d’extinction. « Nous publions aujourd’hui l’évaluation mondiale des arbres figurant sur la Liste rouge de l’UICN, qui montre que plus d’une espèce d’arbre sur trois est menacée d’extinction. Les arbres sont essentiels au maintien de la vie sur Terre du fait de leur rôle vital dans les écosystèmes, et la vie et les moyens d’existence de millions de personnes en dépendent. Alors que la Liste rouge de l’UICN célèbre 60 ans d’impact, la présente évaluation souligne son importance en tant que baromètre de la vie, mais aussi, de manière cruciale, en tant qu’outil unique guidant les actions visant à inverser le déclin de la nature », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice Générale de l’UICN. Pour la première fois, la majorité des arbres du monde ont été ajoutés à la Liste rouge de l’UICN, révélant qu’au moins 16 425 des 47 282 espèces évaluées sont en danger d’extinction. Les arbres représentent désormais plus d’un quart des espèces présentes sur la Liste rouge de l’UICN, et le nombre d’arbres menacés est plus de deux fois supérieur au nombre total d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens menacés combinés. Des espèces d’arbres sont menacées d’extinction dans 192 pays à travers le monde. « Cette évaluation intégrale présente la première image globale de l’état de conservation des arbres, ce qui nous permettra de prendre des décisions de conservation mieux éclairées et des mesures visant à protéger les arbres là où cela est nécessaire de toute urgence », a déclaré le Dr Malin Rivers, responsable de l’Évaluation mondiale des arbres chez Botanic Gardens Conservation International, un Partenaire de la Liste rouge. « Ce travail représente un effort mondial, impliquant plus de 1 000 experts des arbres. Nous devons continuer à travailler ensemble pour intensifier les actions locales, nationales et internationales de conservation des arbres afin de soutenir les personnes et la planète ». La plus forte proportion d’arbres menacés se trouve sur les îles. Les arbres insulaires sont particulièrement à risque en raison de la déforestation pour le développement urbain et l’agriculture à toutes les échelles, ainsi que des espèces envahissantes, des ravageurs et des maladies. Les changements climatiques menacent de plus en plus les arbres, en particulier sous les tropiques, en raison de l’élévation du niveau des mers et des tempêtes plus fortes et plus fréquentes. La lutte contre les menaces auxquelles les arbres sont confrontés, la protection et la restauration des habitats, ainsi que la conservation ex situ par le biais de banques de semences et de collections dans les jardins botaniques sont essentielles pour prévenir les extinctions sur les îles et dans le reste du monde. Une action communautaire a déjà abouti à des résultats positifs des îles Juan Fernández à Cuba et de Madagascar à Fidji. En Amérique du Sud, où se trouve la plus grande diversité d’arbres au monde, 3 356 des 13 668 espèces évaluées sont menacées d’extinction. Des approches novatrices sont nécessaires pour protéger le nombre élevé d’espèces d’arbres dans la région, où le déboisement pour l’agriculture et l’élevage constituent les menaces les plus importantes. En Colombie, les évaluations de la Liste rouge ont guidé la planification nationale des actions de conservation. Sept espèces de Magnolia considérées En danger et En danger critique ont été utilisées pour la désignation de cinq nouvelles Zones clés pour la biodiversité, qui seront utilisées par les gouvernements locaux et nationaux pour éclairer la planification spatiale. La Liste rouge de l’UICN montre également que la perte d’arbres constitue une menace majeure pour des milliers d’autres plantes, champignons et animaux. En tant que composante déterminante de nombreux écosystèmes, les arbres sont fondamentaux à toute vie sur Terre en raison de leur rôle dans les cycles du carbone, de l’eau et des nutriments, la formation des sols et la régulation du climat. Les personnes dépendent également des arbres, plus de 5 000 espèces sur la Liste rouge de l’UICN étant utilisées comme source de bois pour la construction, et plus de 2 000 comme source de médicaments, de nourriture et de combustibles respectivement. Le hérisson d’Europe Quasi menacé Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) est passé de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé sur la Liste rouge de l’UICN. On estime que les effectifs de l’espèce ont diminué dans plus de la moitié des pays où elle est présente, y compris au Royaume-Uni, en Norvège, en Suède, au Danemark, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche. À l’échelle nationale, les populations ont diminué d’environ 16 à 33% au cours des dix dernières années, des études locales signalant également des diminutions allant jusqu’à 50% en Bavière (Allemagne) et en Flandre (Belgique). Les pressions humaines croissantes, en particulier la dégradation des habitats ruraux par l’intensification agricole, les routes et le développement urbain entraînent le déclin du hérisson d’Europe. « Une action régionale et nationale est essentielle pour soutenir les populations de hérissons, grâce à des initiatives telles que ‘Hedgehog Street’ au Royaume-Uni et ‘Danmarks Pindsvin’ au Danemark », a déclaré le Dr Abi Gazzard, Responsable de programme du Groupe de spécialistes des petits mammifères de la CSE-UICN. « L’évaluation de la Liste rouge révèle également des lacunes dans les connaissances, par exemple en ce qui concerne les limites de la répartition de l’espèce. Un suivi accru dans toute l’Europe sera essentiel pour en savoir plus sur les populations moins étudiées ». Rauvolfia nukuhivensis (En danger critique) © Jean-François Butaud POUR ALLER PLUS LOIN : L’article original sur le site de l’UICN La Liste rouge mondiale des espèces menacées La Liste rouge des espèces menacées en France
Appel à retours d’expérience de bonnes pratiques dans la réduction d’impacts sur la biodiversité des projets éoliens terrestres et marins

La transition énergétique est indispensable pour limiter le changement climatique, qui fait partie des principales causes de l’effondrement de la biodiversité derrière la destruction, l’artificialisation des milieux naturels et la surexploitation de leurs ressources. Ainsi, le développement des énergies renouvelables ne peut se faire au détriment des écosystèmes et la prise en compte de la biodiversité à toutes les étapes des projets est nécessaire. Après un travail sur la prise en compte des enjeux environnementaux dans la planification et la conception des projets d’énergies renouvelables terrestres, le Comité français de l’UICN lance un appel à retours d’expérience sur les mesures de réduction d’impacts dans les projets éoliens terrestres et en mer, afin d’identifier et valoriser de bonnes pratiques. Cette enquête sera valorisée sous la forme d’un recueil de retours d’expérience de porteurs de projets éoliens illustrant des mesures de réduction d’impacts qui, par leur conception, leur pertinence, leur suivi ou leur caractère innovant, font figure d’exemple. Si vous souhaitez valoriser votre projet et vos démarches en faveur de la biodiversité pour renforcer la réduction des impacts de l’éolien sur la biodiversité, nous vous invitons à compléter les questionnaires suivants : © Delpixart / iStock Remplir le questionnaire « Projets éoliens terrestres » Remplir le questionnaire « Projets éoliens en mer »
Plus de 1 389 734 € de subventions attribuées pour soutenir des actions de conservation de la biodiversité dans le Pacifique

Le programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne va octroyer 1,39 million d’euros de subventions pour des actions de conservation dans la région Pacifique. Au total 5,57 millions d’euros seront alloués pour 57 subventions couvrant les Régions ultrapériphériques et les Pays et Territoires d’Outre-mer, suite aux résultats du premier des quatre appels à projets prévus. « Le Comité français de l’UICN, qui a été à l’origine de l’Initiative BEST et toujours fortement impliqué dans sa mise en œuvre, est heureux de voir qu’elle continue à prendre de l’ampleur avec BESTLIFE2030 » déclare Sébastien Moncorps, son Directeur. « En charge de la coordination du hub régional Pacifique depuis 2014, ce programme a permis aux nombreuses organisations locales de monter en compétences et de mener de multiples actions sur le terrain pour la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles. Ces nouveaux financements permettent à nouveau de soutenir le dynamisme des acteurs locaux et de répondre aux enjeux de préservation de l’extraordinaire richesse de la biodiversité des outre-mer. » Les territoires impliqués dans BESTLIFE2030 dans le Pacifique incluent la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie. Ces territoires font face à des défis majeurs, notamment les impacts du changement climatique et des espèces envahissantes ainsi que la perte d’habitats, rendant ces initiatives essentielles pour la sauvegarde de leur riche patrimoine naturel. Quatorze projets innovants ont été sélectionnés pour bénéficier de financements, traduisant un engagement envers la biodiversité et le développement durable dans ces régions uniques. Parmi les projets sélectionnés, 36 % portent sur la conservation des espèces, 29 % sur la restauration des écosystèmes, et 21 % sur la gestion des espèces envahissantes. De plus, 7 % visent à promouvoir des pratiques de gestion durable, et 7 % sont consacrés à l’établissement et à la gestion de zones protégées. Le programme soutient une variété d’initiatives clés, notamment : La protection des vertébrés marins : sauvegarde des espèces comme les requins, baleines et tortues de mer, tout en développant des stratégies de conservation pour les écosystèmes marins. La conservation des espèces en danger critique d’extinction : efforts de protection de certaines espèces, telles que des oiseaux comme le pétrel de Gould ou le puffin fouquet. La restauration des écosystèmes : propositions de solutions innovantes pour lutter contre la pollution issue de la perliculture, par exemple. La restauration des écosystèmes impliquera aussi la réappropriation de techniques traditionnelles avec la réhabilitation de fosses à culture anciennes. La gestion des espèces exotiques envahissantes : mise en œuvre de stratégies pour atténuer les impacts des espèces envahissantes sur les populations d’oiseaux marins ou sur la couche herbacée, ainsi que la réduction des impacts des plantes envahissantes sur la flore indigène et endémique. Les projets financés sont menés par un groupe diversifié de candidats, comprenant 8 associations locales à but non lucratif telles que l’association Oceania, Te mana o te Moana, Bird Conservation New Caledonia ou CaledoClean, 4 petites et moyennes entreprises telles que Reef Pulse et Odewa, une municipalité (Commune de Païta) et un institut de recherche local (Institut Agronomique néo-Calédonien). Les subventions de BESTLIFE2030 permettent aux acteurs locaux de diriger des projets de conservation qui soutiennent directement les objectifs mondiaux en matière de biodiversité, y compris le défi ambitieux du « 30×30 » fixé dans le Cadre mondial de la biodiversité (GBF) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui vise à conserver 30 % des terres, des eaux intérieures et des océans de la planète d’ici à 2030. À travers une approche de subventions ascendante, le programme BESTLIFE2030 renforce les efforts de conservation régionaux, en veillant à ce que les initiatives soient adaptées aux besoins spécifiques des régions et de leur biodiversité, tout en contribuant aux objectifs globaux. Le 30×30 Action Day, prévu le 29 octobre lors de la COP16, sera un événement central, mettant en avant les progrès réalisés, abordant les défis et offrant des recommandations concrètes pour atteindre l’objectif 3 du GBF. Avec cette approche collaborative, BESTLIFE2030 renforce l’engagement de l’UE envers la biodiversité et contribue à réduire l’écart entre l’action locale et les objectifs mondiaux de conservation. Évolution de l’initiative BEST pour la région Pacifique Depuis 2011, l’initiative Biodiversité et Services écosystémiques dans les Territoires d’Outre-mer de l’Union européenne (BEST) a renforcé la conservation de la biodiversité dans les Régions ultrapériphériques et Territoires d’Outre-mer de l’UE, avec plus de 17,73 millions d’euros alloués à 153 subventions. Dans le Pacifique, 42 projets ont été financés, et 5,08 M ont été alloués à la conservation des espèces, aux zones protégées, à la restauration des écosystèmes, au changement climatique, au développement durable et aux services écosystémiques. L’élan se poursuit avec 57 nouvelles subventions dans le cadre du programme BESTLIFE2030, couvrant les Caraïbes, l’Atlantique Nord, le Pacifique, l’Amazonie, la Macaronésie et l’océan Indien. Dans le Pacifique, 14 projets seront financés, et 1,39 M d’euros seront destinés aux zones protégées, à la gestion des espèces envahissantes, à la restauration des écosystèmes, à la conservation des espèces et à la gestion durable des espaces. Un second appel à projets est prévu pour le premier trimestre de 2025, renforçant encore l’implication locale dans les efforts mondiaux de biodiversité. Retrouvez ici le communiqué de presse. © Maridav / iStock
COP 16 : Position du Comité français de l’UICN sur les crédits et certificats biodiversité

A l’occasion de la journée « Finance & Biodiversity » qui se déroule le 28 octobre à la COP 16 Biodiversité (Cali – Colombie), le Comité français de l’UICN apporte sa vision sur les crédits et certificats biodiversité et présente une série de recommandations dans un document de position. Des crédits pour contribuer au financement de la biodiversité Fin 2022, le cadre mondial de Kunming-Montréal a été adopté lors de la 15ème COP de la Convention pour la Diversité Biologique (CDB). A travers sa cible 19, le cadre intègre que de nouveaux mécanismes de financement seront nécessaires pour atteindre la mobilisation de 200 Mds$ par an d’ici 2030 (dont au moins 30 milliards pour les pays en développement). Cette cible mentionne explicitement que les crédits biodiversité sont des systèmes innovants qui peuvent constituer une part des financements nécessaires pour mettre en œuvre les stratégies et plans d’action nationaux des États. L’idée repose ainsi sur une contribution plus forte des acteurs économiques et financiers pour combler le manque de financement à travers de nouveaux instruments financiers parmi lesquels les crédits biodiversité. Si l’idée d’une plus grande implication du secteur privé au financement de la nature semble indispensable, la création de mécanismes de crédits biodiversité est associée à des risques importants en matière de robustesse et d’intégrité. La plupart des écueils des crédits carbone concernent aussi la biodiversité. En particulier, il existe un risque important que l’achat de certificats biodiversité se substitue à l’évitement, la réduction et la compensation des impacts, pourtant prioritaires. Devant ces risques, le Comité français de l’UICN appelle à encadrer les mécanismes de financement qui pourraient émerger sur la base des crédits biodiversité et recommande de ne pas envisager les crédits biodiversité dans le cadre de mécanismes de compensation. Les mécanismes de certificats biodiversité devraient mesurer de manière robuste et transparente des gains biodiversité, démontrer leur potentiel de pérennisation et leur contribution positive aux objectifs du Cadre Mondial Biodiversité (GBF) et ne pas se substituer à d’autres mécanismes de financement. Les mécanismes de crédits biodiversité ne doivent pas être considérés comme la seule réponse à l’enjeu de financement de la biodiversité. Même au maximum de leur potentiel, ils ne pourraient fournir qu’une petite partie des financements nécessaires à la préservation de la nature et à l’atteinte des objectifs du cadre mondial. Des certificats biodiversité plutôt que des crédits biodiversité Le terme crédit suggère un débit et des équivalences entre des pertes et des gains de biodiversité. Pour cette raison, même si au plan international, le terme « crédit » est plus souvent employé, le Comité français de l’UICN estime plus approprié le terme de « certificat » qui permet davantage de traduire l’idée d’une contribution positive à la biodiversité plutôt qu’une annulation entre pertes et gains de biodiversité. Impliquer la société civile, les peuples autochtones et les communautés locales Le Comité français de l’UICN s’inquiète des dérives potentielles liées à l’utilisation des terres, au droit de propriété, et à une juste redistribution des revenus pour les populations locales. Les initiatives de certificats biodiversité doivent respecter, protéger et défendre les droits humains des populations directement ou indirectement affectés par les projets. Pour cela, le CF UICN demande d’assurer l’implication de toutes les parties prenantes, y compris des peuples autochtones et des communautés locales : À la définition et à la mise en œuvre des projets associés à des certificats biodiversité ainsi qu’à la juste répartition des revenus générés ; Dans une gouvernance multi-acteurs de projets ancrés dans les territoires qui veille en particulier à une séparation claire des rôles de développeur de projet, de certificateur et d’investisseur. Pour en savoir plus, consultez et téléchargez le document de position. En-tête : Mangroves au Sénégal © Andrei Popoviciu / PPI Mangroves au Sénégal © Andrei Popoviciu / PPI
Forum européen de la conservation : une étape importante dans la préparation du Congrès mondial de l’UICN 2025

Plus de 400 représentants des membres et experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ont participé au Forum européen de la Conservation qui s’est tenu à Bruges (Belgique) du 30 septembre au 3 octobre 2024. Il s’agit d’un des 9 forums régionaux organisés par l’UICN dans la perspective du Congrès mondial de la nature qui aura lieu en octobre 2025 à Abu Dhabi. Pour la première fois depuis que de tels forums sont organisés, le Forum européen rassemblait les membres et experts des pays situés dans deux régions statutaires de l’UICN : l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est et Asie centrale. Cet événement a été l’occasion pour les membres de l’UICN de présenter leurs travaux et priorités en matière de conservation de la nature et de participer à l’élaboration de la vision à 20 ans de l’UICN et de son programme 2026-2029, qui font l’objet d’une consultation jusqu’au 20 octobre. Le Comité français de l’UICN y a organisé trois ateliers de travail portant respectivement sur la Liste verte des aires protégées, les Solutions fondées sur la Nature pour l’agriculture et le trafic des espèces sauvages. Ces événements ont connu un large succès et attiré la participation de très nombreux membres et représentants de l’UICN, dont Grethel Aguilar, directrice générale de l’UICN, et Boris Erg, directeur du Bureau régional européen. Les représentants du Comité français de l’UICN y ont également présenté les 32 projets de motions portés par les membres français de l’UICN au cours des nombreuses sessions informelles. Ces échanges ont permis d’identifier des intérêts communs avec les autres Comités nationaux et membres européens de l’UICN ainsi que de potentiels soutiens aux motions. Les motions doivent en effet être soutenues par au moins cinq membres de l’UICN, issus d’au moins deux régions statutaires différentes, pour pouvoir être présentées. Ces échanges ont également permis de valoriser l’important travail effectué depuis avril 2024 par les membres et expert/es français de l’UICN dans la préparation de ces motions. Cet effort de mobilisation, unique en Europe, a culminé lors du récent Congrès français de la nature au cours duquel ces projets de motions ont été débattus. Plusieurs intervenants de haut niveau ont participé à cet événement majeur de la conservation de la nature en Europe, dont Grethel Aguilar (directrice générale de l’UICN), Musonda Mumba (secrétaire générale de la Convention Ramsar sur les zones humides), Mirela Kumbaro (ministre du tourisme et de l’environnement d’Albanie), Humberto Delgado Rosa (directeur pour le Capital naturel, Direction générale de l’environnement de la Commission européenne) ainsi que les présidents des Commissions de l’UICN, les responsables des bureaux « Europe de l’Ouest » et « Europe de l’Est et Asie Centrale » de l’UICN, ainsi que plusieurs présidents des Comités nationaux européens. Pour en savoir plus : Congrès français de la nature 2024 : 32 recommandations pour répondre aux enjeux mondiaux de la biodiversité – UICN France Europe, North and Central Asia RCF | 30 Sept – 3 Oct 2024 (iucn.org) Atelier « Solutions fondées sur la Nature pour l’agriculture » Atelier « Trafic des espèces sauvages » Atelier « Liste verte des aires protégées et conservées »
Congrès français de la nature 2024 : 32 recommandations pour répondre aux enjeux mondiaux de la biodiversité

Plus de 250 expert/es et représentant/es des organisations membres du Comité français de l’UICN – Union internationale pour la conservation de la nature – se sont réunis hier à l’occasion du Congrès français de la nature 2024. 32 projets de recommandations ont été débattus pour répondre à des priorités internationales de conservation de la biodiversité. Ces recommandations seront proposées au Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tiendra à Abu Dhabi en octobre 2025. Elles contribueront ainsi directement à façonner le programme, les positions et les actions de la plus grande organisation internationale de conservation de la nature, et à influer sur les politiques internationales de la biodiversité. L’excellence française en matière de gestion d’aires protégées récompensée à l’international Les gestionnaires de 9 espaces naturels français se sont également vus remettre leurs diplômes du label « Liste verte des aires protégées de l’UICN » célébrant leurs résultats en matière de conservation. Ce label international a pour but de récompenser les espaces naturels efficacement gérés. La France est le pays qui compte le plus grand nombre de sites labellisés dans la Liste verte internationale, avec 24 sites français au total. Pour poursuivre la dynamique, le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie a annoncé la candidature du Parc naturel de la Mer de Corail, l’une des plus grandes aires marines protégées du monde, à la Liste verte des aires protégées de l’UICN. Pour en savoir plus : Le communiqué de presse du Congrès français de la nature 2024, Le communiqué de presse sur la remise des prix de la Liste verte des aires protégées de l’UICN, en présence de la ministre Agnès Pannier-Runnacher notamment, Un diaporama présentant ces 9 sites naturels français récompensés à l’international pour l’atteinte de leurs objectifs de conservation de la biodiversité. Crédits photographiques © Fabien Kufel Plus de 250 expert/es et représentant/es des organisations membres du Comité français de l’UICN étaient présents lors du Congrès français de la nature. © Fabien Kufel