Nos podcasts avec « La Terre au Carré »

En amont du Congrès mondial de la nature de l’UICN, une série d’émissions mensuelles décryptant les enjeux de biodiversité et les solutions pour renforcer sa conservation, en partenariat avec le Comité français de l’UICN, est diffusée sur France Inter dans l’émission “La Terre au Carré” de Mathieu Vidard. Le premier numéro a été diffusée le 15 décembre 2020.
Des nouvelles dates pour le Congrès mondial de la nature de l’UICN

Les nouvelles dates du Congrès mondial de la nature de l’UICN ont été officiellement annoncées par la France et l’UICN. Il se tiendra à Marseille au Parc Chanot, du 3 au 11 septembre 2021. L’événement, initialement prévu pour juin 2020, a été reporté en raison de la pandémie de COVID-19. Les différentes composantes du Congrès auront lieu les jours suivants :– Le Forum aura lieu du 4 au 7 septembre– L’Exposition se tiendra du 4 au 9 septembre– L’Assemblée des Membres de l’UICN se réunira du 8 au 10 septembre– Les Espaces Générations Nature seront ouverts du 4 au 11 septembre Une partie des décisions prévues à l’ordre du jour de l’Assemblée générale, comme l’adoption du nouveau programme et le plan financier 2021-2024 de l’UICN, les motions de gouvernance et les mandats des commissions, seront votées électroniquement début 2021. Le Comité français de l’UICN reste mobilisé pour faire de cet événement un succès pour la préservation de la biodiversité. Grâce à son réseau d’organisations membres et d’experts, le 2ème dans le monde, une intense préparation a été mise en place pour être au rendez-vous et être force de propositions : plus de 100 évènements préparés, des recommandations politiques rédigées, un pavillon organisé avec toute une programmation valorisant l’expertise des membres français, une mobilisation des différents acteurs engagée, des actions de sensibilisation lancées sur les enjeux de la biodiversité. Des décisions fortes sont attendues pour renverser la tendance de l’érosion de la biodiversité. Au total 128 recommandations proposant des solutions concrètes pour renforcer la protection de la biodiversité ont été retenues pour le Congrès mondial. 109 d’entre elles ont été votées octobre 2020. Les 19 recommandations restantes seront soumises à débat lors du Congrès à Marseille en septembre 2021. Le Comité français de l’UICN a coordonné l’élaboration de 18 recommandations sur les 128, dont 14 ont été votées (voir document ci-dessous) et 4 feront partie du débat des 19 recommandations restantes (motions n°021, 067,118 et 125). Par ailleurs, le gouvernement français avait soumis directement 6 recommandations dont 4 (n°008, 017, 068 et 127) ont été adoptées et 2 seront débattues à Marseille (n°034 et 084), et le Centre International de Droit Comparé de l’Environnement, membre du Comité français de l’UICN, a été le sponsor principal de 2 autres recommandations qui ont été votées (n°011 et 060). Le Congrès de l’UICN sera une étape clé pour la conservation de la nature et le développement d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité qui sera adopté par la COP15 Biodiversité de l’ONU. Le Comité français de l’UICN, avec ses 62 organismes et 250 experts, appelle à poursuivre la mobilisation mondiale et nationale pour la biodiversité. Plus d’informations – Communiqué de presse officiel– Questions/Réponses sur le Congrès mondial de la nature de l’UICN– Site internet du Congrès mondial de l’UICN– Le document synthétique sur les 14 recommandations des membres du Comité français de l’UICN – Les recommandations du Congrès mondial de l’UICN – La mobilisation du Comité français de l’UICN pour le Congrès
Liste rouge de l’UICN : Le bison d’Europe en bonne voie de rétablissement et 31 espèces déclarées éteintes

Gland, Suisse, 10 décembre 2020 (UICN) – Le bison d’Europe (Bison bonasus), le plus grand mammifère terrestre d’Europe, est passé de la catégorie d’espèce « Vulnérable » à celle de « Quasi menacée » grâce aux efforts continus de conservation, selon la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ publiée aujourd’hui. Avec cette mise à jour, 31 espèces entrent également dans la catégorie d’espèce « Éteinte », et toutes les espèces de dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui menacées d’extinction. La Liste rouge de l’UICN compte aujourd’hui 128 918 espèces, dont 35 765 sont menacées d’extinction. « Les rétablissements du bison d’Europe et de vingt-cinq autres espèces documentées aujourd’hui dans la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN démontrent le pouvoir de la conservation. Pourtant, la liste croissante d’espèces disparues est un rappel brutal que les efforts de conservation doivent s’intensifier de toute urgence. Afin de faire face aux menaces mondiales telles que la pêche non durable, le défrichement des terres pour l’agriculture et les espèces envahissantes, la conservation doit être mise en œuvre dans le monde entier et intégrée à tous les secteurs de l’économie. » Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN « Les succès de la conservation reflétés dans la mise à jour de la Liste rouge publiée aujourd’hui fournissent une preuve tangible que le monde peut se fixer et atteindre des objectifs ambitieux en matière de biodiversité. Ils soulignent également la nécessité d’engagements réels et mesurables, à l’heure où nous formulons et mettons en œuvre le cadre mondial pour la biodiversité pour l’après 2020 » Dr Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN La conservation favorise le rétablissement du bison d’Europe Grâce à une gestion à long terme pour la conservation, les populations sauvages de bisons d’Europe (Bison bonasus) ont augmenté d’environ 1 800 individus en 2003 à plus de 6 200 en 2019, ce qui justifie le passage de l’espèce de la catégorie « Vulnérable » à celle de « Quasi menacée ». L’espèce ne survivait plus qu’en captivité au début du XXe siècle et a été réintroduite à l’état sauvage dans les années 1950. Les plus grandes sous-populations se trouvent aujourd’hui en Pologne, en Biélorussie et en Russie. Il existe actuellement 47 troupeaux de bisons d’Europe en liberté. Cependant, ces troupeaux sont en grande partie isolés les uns des autres et confinés dans des habitats forestiers non optimaux, et seulement huit d’entre eux sont assez grands pour être génétiquement viables à long terme. L’espèce reste tributaire des mesures de conservation en cours, telles que le déplacement de bisons vers des habitats ouverts plus optimaux et la réduction des conflits humains-bisons. « Historiquement, les bisons d’Europe ont été réintroduits principalement dans des habitats forestiers, où ils ne trouvent pas assez de nourriture en hiver. Cependant, lorsqu’ils quittent la forêt pour des zones agricoles, ils se retrouvent souvent en conflit avec les humains. Afin de réduire le risque de conflits et la dépendance des bisons à l’égard de l’alimentation complémentaire, il sera important de créer des aires protégées incluant des prairies ouvertes où ils puissent paître » Dr Rafał Kowalczyk, co-auteur de la nouvelle évaluation et membre du Groupe de spécialistes des bisons de la CSE-UICN Tous les dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui menacés Avec le passage du tuxuci ou sotalie de l’Amazone (Sotalia fluviatilis) de la catégorie « Données insuffisantes » à celle de « En danger », toutes les espèces de dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui considérées comme menacées, selon la Liste rouge de l’UICN. Cette petite espèce de dauphin gris du système fluvial amazonien a été gravement affectée par une mortalité accidentelle due aux engins de pêche, à l’endiguement des cours d’eau et à la pollution. L’interdiction d’utilisation de filets maillants (des « rideaux » de filets de pêche qui pendent dans l’eau) et la réduction du nombre de barrages dans l’habitat des tucuxis sont des priorités pour permettre aux populations de se rétablir. Il est également essentiel de faire respecter l’interdiction d’abattage délibéré de tucuxis. Extinctions Le requin perdu (Carcharhinus obsoletus), qui n’a été officiellement décrit que l’an dernier, entre dans la Liste rouge dans la catégorie « En danger critique (Probablement éteint) ». L’espèce a été observée pour la dernière fois en 1934. Son habitat, dans la mer de Chine Méridionale, a subi une pêche importante pendant plus d’un siècle et reste l’une des régions marines les plus surexploitées au monde. Il est peu probable que l’espèce ait pu résister à cette forte pression, et le requin perdu est peut-être déjà éteint. L’ensemble des 17 espèces de poissons d’eau douce endémiques du Lac Lanao et de son déversoir, aux Philippines, sont aujourd’hui « Éteintes » (15 espèces) ou « En danger critique (Probablement éteintes) » (deux espèces). Ces extinctions ont été causées par des espèces prédatrices introduites, et aggravées par la surexploitation et des méthodes de pêche destructrices. Trois espèces de grenouilles d’Amérique centrale ont récemment été déclarées « Éteintes ». En outre, vingt-deux espèces de grenouilles ont été répertoriées comme « En danger critique (Probablement éteintes) » en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Le principal facteur de ces diminutions drastiques est la chytridiomycose. Les efforts de conservation visant à protéger les habitats essentiels aident les populations de plusieurs autres espèces d’amphibiens à se rétablir. Parmi elles, la grenouille arboricole de Oaxaca (Sarcohyla celata), qui est passée du statut d’espèce « En danger critique » à celui de « Quasi menacée » grâce aux actions de communautés locales au Mexique. Plantes : les protéas et les chênes sous pression La famille des protéas a été évaluée de façon exhaustive dans cette mise à jour, révélant que 45% (637 des 1 464 espèces) de ces étonnantes plantes à fleurs, présentes principalement dans l’hémisphère sud, sont « Vulnérables », « En danger » ou « En danger critique ». La plupart de ces espèces ont une aire de répartition très restreinte, ce qui les rend plus vulnérables à la propagation d’espèces exotiques envahissantes, aux changements dans les cycles naturels d’incendies causés par l’homme ou liés aux changements climatiques, ainsi qu’à la perte d’habitats pour l’agriculture. La famille des protéas comprend trois espèces de Macadamia, les mêmes espèces qui produisent les
Relever le défi du changement climatique avec les Solutions fondées sur la Nature

A l’occasion de la Journée mondiale du Climat, le 8 décembre, le Comité français de l’UICN rappelle que la nature est une alliée puissante face au changement climatique et soutient la mise en place de Solutions fondées sur la Nature. Le lien climat et biodiversité n’a jamais été aussi fort. LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE : DES RÉPONSES ESSENTIELLES FACE AU DÉFI DU CHANGEMENT CLIMATIQUE Les actions de protection, de gestion durable et de restauration des écosystèmes sont des solutions concrètes pour lutter contre le changement climatique. Ce sont les Solutions fondées sur la Nature. C’est en effet en préservant et en restaurant nos milieux naturels que nous continuerons à capter et stocker le carbone de la planète et contribuerons à réduire l’impact des risques naturels tels que les inondations, les submersions marines, les avalanches ou l’érosion côtière. Protégeons davantage nos zones humides, nos mers et littoraux, nos forêts, nos mangroves et nos récifs coralliens ! C’est aussi en créant des espaces verts en ville que nous atténuerons l’effet des canicules qui permettent de refroidir l’air tout en captant les polluants et offrant des zones d’ombrage. « Les Solutions fondées sur la Nature représentent une alternative économique viable et durable souvent moins coûteuse à long terme que des investissements technologiques ou la construction et l’entretien d’infrastructures. » Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN. Solutions fondées sur la nature : les actions du Comité français de l’UICN Depuis la COP21, le Comité français de l’UICN soutient l’importance des SfN. Il s’appuie sur son réseau pour intégrer les SfN dans les stratégies de lutte contre les changements climatiques. Le Plan Climat, le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique et le Plan Biodiversité promeuvent aujourd’hui l’utilisation des Solutions fondées sur la Nature. Le Comité français de l’UICN accompagne également leur mise en œuvre auprès des acteurs. Il produit des publications avec des exemples concrets et intervient dans de nombreux colloques pour faire connaître les bénéfices des SfN afin de faciliter leur appropriation. Plus d’informations – Le communiqué de presse complet– Les Solutions fondées sur la Nature (publications, recommandations, etc.)– Le programme « Ecosystèmes » du Comité français de l’UICN
Le Comité français de l’UICN participe à la journée de la générosité, le Giving Tuesday

Le 1er décembre aura lieu la Journée mondiale de la générosité, le Giving Tuesday. Le Comité français de l’UICN s’y associe et vous propose de soutenir ses actions pour la biodiversité. L’urgence d’agir n’a jamais été aussi forte Aujourd’hui, la sixième extinction est en cours et, contrairement aux crises précédentes, elle est due aux activités humaines. La biodiversité disparait à un rythme alarmant dans le monde et la France n’est pas épargnée. Si un oiseau sur huit est menacé au niveau mondial, en France, c’est un oiseau sur trois. Si des espèces emblématiques sont concernées comme l’ours brun, en danger critique d’extinction, de plus en plus d’espèces communes le sont également comme le chardonneret, la vipère péliade ou le brochet. La faune et la flore disparaissent du territoire hexagonal mais aussi en Outre-mer où la situation est critique pour les tortues marines et nombre d’espèces. Ainsi, plus de 2 300 espèces ont été évaluées comme menacées sur la Liste rouge des espèces menacées en France. Depuis 28 ans, le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) apporte des solutions pour protéger la biodiversité. – En évaluant l’état de santé des espèces au sein de la Liste rouge des espèces menacées, nous identifions celles à protéger en priorité– Pour lutter contre le changement climatique, nous appuyons la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature qui s’appuient sur des écosystèmes préservés– Avec la Liste verte des aires protégées, nous accompagnons une protection plus efficace de précieux milieux naturels LA CONSERVATION DE LA NATURE ÇA MARCHE MAIS IL FAUT AMPLIFIER LE MOUVEMENT ! Agissons ensemble pour stopper l’érosion de la biodiversité et inverser la courbe de sa dégradation. Grâce à votre don, nous renforcerons nos actions et défendrons un monde juste qui valorise et conserve la nature. Plus d’informations – Le Giving Tuesday– Faire un don– Nos membres– Nos 25 ans d’actions
Avis sur le projet de Stratégie nationale des aires protégées

Le Comité français de l’UICN a émis un avis sur le projet de Stratégie Nationale pour les Aires Protégées 2020-2030 (SAP), se félicitant de l’établissement, pour la première fois, d’un cadre commun aux contextes ultra-marin et métropolitain, terrestre et marin. Il a salué la volonté d’atteindre, en plus des objectifs d’extension des surfaces d’aires protégées visant à couvrir 30% du territoire dont 1/3 en protection forte d’ici à 2022, des objectifs d’efficacité de gestion du réseau, de priorisation des zones à haute valeur en matière de biodiversité, de connectivité entre les aires protégées et l’accent mis sur la protection et la restauration des écosystèmes tropicaux et subtropicaux présents dans les outre mer français. Cet avis propose une série de recommandations pour améliorer la version finale du projet de stratégie avant son adoption. La première vise la mise en cohérence des objectifs fixés par ce cadre national avec les cadres européen et mondial. La Stratégie en faveur de la biodiversité de l’Union Européenne pour 2030, approuvée par le Conseil de l’UE le 23 octobre 2020, distingue une couverture de 30% des terres et 30% des mers en aires protégées et conservées de l’Union, dont 10% en protection stricte (la stratégie parle de protection forte), déclinée en écorégions (régions biogéographiques et des bassins maritimes de l’Union). Pour atteindre l’objectif européen et probablement mondial de 30% d’aires protégées, qui sera une moyenne entre les pays, le Comité français de l’UICN encourage le gouvernement français à définir après 2022 un objectif plus ambitieux pour 2030 et à s’appuyer sur la Liste verte des aires protégées de l’UICN pour améliorer l’efficacité de leur gestion. Le Comité français de l’UICN a également tenu à souligner que la définition d’une aire protégée, telle qu’adoptée par la Convention sur la Diversité Biologique et l’UICN, détermine un objectif prioritaire de protection de la nature auquel des objectifs complémentaires, compatibles avec celui-ci, peuvent être associés, comme cela est décrit dans la classification en 6 catégories de gestion de l’UICN, reconnue par l’ONU. Les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone (AMCEZ) enconstituent le complément dans la mesure où elles concernent les zones au sein desquels la nature est effectivement préservée qui, pour autant, n’ont pas cet objectif prioritaire ou n’ont pas le statut d’aires protégées. Le Comité français recommande d’établir un bilan et un processus permettant d’évaluer l’ensemble des aires protégées et des AMCEZ par rapport aux définitions internationales et à ces catégories, pour assurer le rapportage international de la France sur son réseau et identifier les opportunités et marges de progrès pour améliorer le réseau existant. Le Comité français de l’UICN considère que le renforcement du niveau de protection de la biodiversité est un enjeu crucial de la stratégie, qui doit se traduire par la création de nouvelles aires protégées (dont la relance du projet de parc national de zones humides et du précédent dispositif de création de réserves naturelles volontaires) et la création de zones de protection forte au sein même du réseau existant. A cet effet, le Comité a proposé au travers de sa Commission Aires Protégées, de réunir ses experts autour du concept de protection forte afin de contribuer à une définition partagée. Le Comité français demande aussi d’intégrer un objectif de pleine naturalité, tel qu’il figurait dans l’engagement du Président de la République et en réponse à la Résolution du Parlement européen invitant les Etats membres à développer des réseaux de zones de nature vierge en Europe. Il a donc appelé à l’inscription d’une nouvelle mesure pour le soutien au développement et à la valorisation d’un réseau de sites naturels en libre évolution. Les travaux du Comité français en la matière seront très prochainement publiés sous la forme d’une cartographie de la naturalité en France métropolitaine. Enfin, le Comité français de l’UICN soutient les réseaux d’aires protégées françaises dans leur demande de mise en place d’un plan de financement adapté et suffisant, à la hauteur des objectifs fixés par cette stratégie. Plus d’informations – Lire l’avis complet– Le programme « Aires protégées » du Comité français de l’UICN
Congrès de l’UICN : Une recommandation pour généraliser les alternatives aux pesticides

Parmi les 109 recommandations votées au Congrès mondial de la nature de l’UICN, Noé a porté, avec les experts de la Commission droit et politiques environnementales du Comité français de l’UICN, une recommandation emblématique : « Généraliser les pratiques et techniques alternatives à l’utilisation des pesticides de synthèse ». Ce texte a notamment été travaillé en lien avec Joël Labbé, Sénateur du Morbihan. L’usage de produits phytosanitaires de synthèse, notamment en agriculture, est en effet reconnu comme l’une des causes principales du déclin de la biodiversité au niveau mondial. En Europe, de nombreux rapports ont pointé la responsabilité prépondérante des pesticides dans le déclin des insectes pollinisateurs, ou encore des vers de terre. L’utilisation abusive des pesticides chimiques a aussi un impact fort sur la qualité de l’eau, celle des sols et la santé. Ainsi, cette recommandation incite à l’adoption massive de pratiques issues de l’agroécologie et de l’agriculture biologique, ainsi qu’à un arrêt définitif d’utilisation de ces produits phytosanitaires dans la gestion des espaces verts publics et privés. Cette motion très largement plébiscitée par les membres de l’UICN, avec près de 90% de votes favorables, envoie un signal fort aux gouvernements nationaux et locaux, aux acteurs privés et aux citoyens, en leur demandant d’agir dès maintenant pour la généralisation des alternatives aux pesticides. Elle est aussi un message adressé aux États pour agir dans le cadre de la COP Biodiversité de l’ONU, qui aura lieu en Chine en 2021, et qui définira des objectifs de biodiversité pour 2030. « Mettre en place des pratiques écologiques comme alternatives aux pesticides de synthèse, c’est l’enjeu d’aujourd’hui ! Depuis 2017, date de la Loi Labbé, les collectivités et les particuliers doivent s’en passer… mais cela doit être généralisé aux autres acteurs et ailleurs dans le monde. Dans le cadre de notre travail avec les entreprises, nous encourageons nos partenaires à ne plus utiliser de pesticides de synthèse sur leurs sites. » Florence Clap, Chargée du programme Politiques de la Biodiversité au Comité français de l’UICN La Loi Labbé doit prochainement être étendue à tous les lieux de vie grâce à la publication d’un nouvel arrêté interministériel. Cette extension sera ainsi une première étape pour accélérer la transition vers un modèle respectueux de la santé et de la biodiversité, qui doit par ailleurs être soutenue fortement par les pouvoirs publics. PLUS D’INFORMATIONS – Communiqué de presse– L’association Noé– Programme Politiques de la biodiversité– Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020
Congrès mondial de l’UICN : 109 Recommandations adoptées

Une nouvelle étape décisive vient d’être franchie dans la préparation du Congrès mondial de la nature de l’UICN. Plus de 1 000 organisations membres de l’UICN, incluant des États et des agences gouvernementales, des ONG, des organisations de peuples autochtones ont été appelées à voter sur 109 recommandations, dont 14 proposées par les membres français de l’UICN. Toutes ces recommandations ont été adoptées et proposent des actions concrètes pour répondre aux enjeux de biodiversité. DES RECOMMANDATIONS AVEC DES SOLUTIONS CONCRÈTES POUR LA NATURE Ce vote est un succès et illustre la dynamique internationale en cours pour construire un monde plus durable, qui valorise et conserve la nature. Avec ces 109 recommandations, l’UICN continue de jouer son rôle d’alerte et de force de propositions pour protéger la biodiversité. A la différence des COP de l’ONU, ce vote est une codécision entre les Etats et les agences publiques, d’une part, et les ONG d’autre part, depuis des grandes organisations jusqu’à des petites associations. Les recommandations de l’UICN influencent et guident les décisions à prendre et les actions à engager. Elles sont notamment à l’origine de l’adoption de conventions importantes comme la Convention de Ramsar sur les zones humides, la Convention du Patrimoine mondial de l’UNESCO, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et la Convention sur la diversité biologique (CDB). LA MOBILISATION FRANCAISE AU RENDEZ-VOUS DE LA MOBILISATION MONDIALE « Les membres du Comité français de l’UICN, les plus nombreux dans le monde après les membres des Etats-Unis, ont apporté des contributions importantes en proposant 14 de ces recommandations mondiales. » indique Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN. Il précise « Comme pour les autres recommandations, on peut les classer en 3 grands ensembles : celles demandant un renforcement d’actions sur des espèces et des écosystèmes particuliers, celles soutenant des politiques et des stratégies environnementales plus ambitieuses, et celles requérant une lutte plus importante contre des pressions pesant sur la biodiversité ». Parmi ces recommandations coordonnées par le Comité français de l’UICN figurent le renforcement de la protection des poissons des récifs coralliens, des mangroves et des grands singes, la reconnaissance des crimes environnementaux comme des crimes graves ou le déploiement des Solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique, ainsi que la lutte contre la pollution plastique dans l’océan, la déforestation importée ou l’artificialisation des sols (plus de détails ci-après). Ces recommandations, auxquelles s’ajoutent celles sur le développement des pratiques alternatives aux pesticides de synthèse et la réduction des incidences négatives des activités de pêche et d’extraction sur les espèces et les habitats marins, ont été intégrées dans la nouvelle stratégie européenne de la biodiversité adoptée par le Conseil de l’Union Européenne le 23 octobre dernier. Par ailleurs, les Etats parties à la Convention contre le crime transnational organisé (UNTOC) viennent d’inclure les crimes portant atteinte à l’environnement dans le champ d’application de cette convention. LES ETAPES FRANCHIES ET CELLES A VENIR Au total 128 recommandations ont été retenues en décembre 2019 pour le Congrès mondial. A l’issue d’un débat en ligne de décembre 2019 à mars 2020 entre tous les membres de l’UICN dans le monde, 109 d’entre elles ont été retenues pour être votées entre le 7 et le 21 octobre 2020. Les 19 recommandations restantes seront soumises à débat lors du Congrès mondial de l’UICN à Marseille en 2021. Le Comité français de l’UICN a coordonné l’élaboration de 18 recommandations sur les 128, dont 14 ont été votées en octobre 2020 et 4 feront partie du débat des 19 recommandations restantes. L’ensemble de ces recommandations contribueront à définir les prochains objectifs pour la protection de la biodiversité à 2030, qui seront établis à la COP15 Biodiversité de l’ONU après le Congrès mondial de la nature de l’UICN. Cette mobilisation est plus que jamais indispensable puisqu’à travers la 5ème édition des Perspectives mondiales de la biodiversité, le constat est maintenant établi par l’ONU que les 20 grands objectifs internationaux pour la biodiversité fixés en 2010 n’ont pas été atteints en 2020, malgré quelques progrès. Plus d’informations – Communiqué de presse du Comité français de l’UICN – Le document synthétique sur les 14 recommandations des membres du Comité français de l’UICN – La mobilisation du Comité français de l’UICN pour le Congrès – Les résultats par motions – Questions/Réponses sur le Congrès mondial de la nature de l’UICN – Site internet du Congrès
Un rapport clé de l’IPBES sur la biodiversité et les pandémies

IPBES, 29 octobre 2020. Des pandémies futures vont apparaître plus souvent, se propageront plus rapidement, causeront plus de dommages à l’économie mondiale et tueront plus de personnes que la COVID-19, à moins que l’approche globale de la lutte contre les maladies infectieuses ne soit modifiée, avertit un nouveau rapport clé sur la biodiversité et les pandémies rédigé par 22 experts de premier plan du monde entier. Au terme d’un atelier virtuel organisé par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES de son acronyme anglais) sur les liens entre la dégradation de la nature et l’augmentation des risques de pandémie, les experts conviennent qu’il est possible d’échapper à l’ère des pandémies, mais que cela nécessite un profond changement d’approche pour passer de la réaction à la prévention. La pandémie de COVID-19 est au moins la sixième pandémie mondiale depuis la pandémie grippale de 1918, et bien qu’elle trouve son origine dans des microbes portés par des animaux, comme toutes les pandémies, son émergence a été entièrement déterminée par les activités humaines, indique le rapport publié ce jeudi. On estime à 1,7 million le nombre de virus « non découverts » actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux, dont 827 000 pourraient avoir la capacité d’infecter les êtres humains. « Il n’y a pas de grand mystère sur la cause de la pandémie de COVID-19, ou de toute autre pandémie moderne. Ce sont les mêmes activités humaines qui sont à l’origine du changement climatique, de la perte de biodiversité et, de par leurs impacts sur notre environnement, du risque de pandémie. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l’expansion et l’intensification de l’agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains. C’est un chemin qui conduit droit aux pandémies. » Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l’atelier d’IPBES. Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines entraînant la perte de biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées et par des mesures réduisant l’exploitation non durable dans les régions riches en biodiversité. Cela permettra de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, et aidera à prévenir la propagation de nouvelles maladies, indique le rapport. « Les preuves scientifiques conduisent à une conclusion encourageante. Nous avons la capacité croissante de prévenir les pandémies, mais la manière dont nous les abordons actuellement ignore largement cette capacité. Notre approche actuelle des pandémies stagne et consiste encore à essayer de contenir et de contrôler les maladies aprèsqu’elles sont apparues, par le biais de vaccins et de thérapies. Pour nous échapper de l’ère des pandémies, nous devons, en plus de la réaction, nous concentrer sur la prévention. Le fait que l’activité humaine ait pu modifier aussi fondamentalement notre environnement naturel ne doit pas nécessairement être vu comme négatif, mais prouve, au contraire, notre capacité à opérer les changements nécessaires pour réduire le risque de futures pandémies, tout en protégeant la nature et en réduisant les changements climatiques. » Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l’atelier d’IPBES. Le rapport propose également un certain nombre d’options politiques qui permettraient de faire face et de réduire le risque de pandémie. En voici quelques-unes : Un Conseil intergouvernemental de haut niveau sur la prévention des pandémies pourrait être créé afin de fournir aux décideurs les meilleures données scientifiques sur les maladies émergentes ; de prévoir les zones à haut risque ; et d’évaluer l’impact économique des pandémies potentielles et de mettre en évidence les lacunes en matière de recherche. Un tel conseil pourrait également coordonner la conception d’un cadre mondial de suivi. Les pays pourraient se fixer des objectifs dans le cadre d’un accord ou d’une entente internationale, avec des avantages évidents pour les êtres humains, les animaux et l’environnement. L’approche « Une seule santé » pourrait être institutionalisée par les Gouvernements nationaux afin de renforcer la préparation aux pandémies, d’améliorer les programmes de prévention des pandémies et d’enquêter sur les épidémies et de les contrôler dans tous les secteurs. Des évaluations de l’impact sur la santé des risques de pandémies et de maladies émergentes pourraient être développées et intégrées dans les grands projets de développement et d’aménagement du territoire, tout en réformant l’aide financière à l’aménagement du territoire afin que les avantages et les risques pour la biodiversité et la santé soient reconnus et explicitement ciblés. Le coût économique des pandémies devrait être pris en compte dans la consommation, la production et les politiques et budgets gouvernementaux. Une réduction des formes de consommation, d’expansion agricole mondialisée et de commerce qui ont conduit à des pandémies devrait être rendue possible, par exemple au travers de taxes ou d’impôts sur la consommation de viande, la production de bétail et d’autres d’activités à haut risque de pandémie. Les risques de zoonoses dans le commerce international d’animaux sauvages pourraient être réduits grâce à un nouveau partenariat intergouvernemental « santé et commerce » ; les espèces à haut risque de maladie devraient être retirées partiellement ou totalement du commerce des espèces sauvages ; l’application de la loi dans tous les aspects du commerce illégal d’animaux sauvages devrait être renforcée et l’éducation des communautés sur les risques sanitaires du commerce d’animaux sauvages devrait être améliorée, particulièrement dans les zones à haut risque de propagation de maladies. L’engagement et les connaissances des populations autochtones et des communautés locales dans les programmes de prévention des pandémies devraient être valorisés afin d’atteindre une plus grande sécurité alimentaire et de réduire la consommation d’animaux sauvages. D’importantes lacunes dans les connaissances seraient à combler au sujet des principaux comportements à risque, de l’importance relative dans le risque de maladie du commerce illégal, non réglementé et légal d’animaux sauvages, et de la relation entre la dégradation et la restauration des écosystèmes, la structure des paysages et le risque d’émergence de maladies. Plus d’informations –
Mallette Pédag’Eau : un outil pédagogique sur la thématique de l’eau

Le Pôle Relais Zones Humides Tropicales co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du littoral a créé à la demande de l’Office de l’Eau Guadeloupe – partenaire technique et financier du projet – une mallette pédagogique sur la thématique de l’eau. Cet outil ludique et complet, mis gracieusement à disposition des établissements scolaires et des associations locales, est conçu pour des activités se réalisant aussi bien en extérieur qu’en intérieur. Les âges concernés vont de 3 à 12 ans, et la durée des animations varie de 30 minutes à la demi-journée (voire la journée). La flexibilité des activités proposées s’adapte donc à tout type d’emploi du temps et de météo. Réfléchie et élaborée en partenariat avec le Rectorat de Guadeloupe, cette « Mallette Pédag’Eau » répond aux exigences du programme scolaire, et plus précisément à celles du module “Questionner le monde” qui sont pour rappel : – d’une part de permettre aux élèves de développer des connaissances nécessaires pour décrire et comprendre le monde qui les entoure et développer leur capacité à raisonner et ; – d’autre part de contribuer à leur formation de citoyens. Rapide coup d’oeil au contenu de la mallette Théâtre Butaï / Histoire évolutive : travailler l’imaginair Quatre histoires et un mini théâtre avec des personnages sympathiques et symboliques qui sensibiliseront les enfants à la connaissance des milieux humides. Age concerné : 3-5 ans et 6-7 ans (histoire similaire mais avec un vocabulaire adapté à chaque niveau) Durée : 5-10 min par conte Où ? Classe/salle ou extérieur ombragé Plateau de jeu “Rés’Eau collectif” : développer la cohésion de groupe Un plateau de jeu xxl, un dé, des pions et des méninges qui chauffent pour un jeu amusant et collaboratif ! L’objectif : reconstituer un puzzle des zones humides tout en découvrant la Guadeloupe au fil de l’eau. Age concerné : 7-10 ans Durée : de 30 min à 1h00 Où ? En intérieur ou extérieur Jé 5 fanmi / Qui suis-je ? : approfondir la connaissance Déclinaison du très populaire jeu des 7 familles, ce jeu de cartes sollicite la mémoire et l’observation ! Le but ici est au choix, car vous avez 2 façons de jouer : soit en classant la biodiversité par famille, soit en faisant deviner un maximum de cartes à votre (vos) partenaire(s) ! Age concerné : 7-11 ans Durée : de 30 min à 1h00 Où ? Classe/salle ou extérieur abrité Malle terrain du jeune naturaliste : explorer et comprendre Une malle pleine d’outils pour apprendre à déchiffrer son environnement Age concerné : de 3 à 11 ans Durée : de quelques minutes à plusieurs heures Où ? Intérieur / Extérieur Que trouve-t-on dans cette malle ? – Les 5 sens des zones humides (dès 3 ans) : Accompagner l’enfant à se concentrer sur soi et sur ses sens – Les fiches d’identification (dès 6 ans) : Rendre accessible l’identification de la biodiversité – Du matériel d’observation et d’analyse (dès 6 ans : jumelles, microscopes, boussoles, cartes IGN, amplificateurs de sons…etc) : Comprendre son environnement par des procédés scientifiques Maquette sur le grand cycle de l’eau (et aléas anthropiques) : le parcours d’une goutte Une maquette xxl pour comprendre et identifier les zones humides de l’archipel Guadeloupéen auxquelles vient s’ajouter ensuite, l’influence de l’Homme sur ces différents milieux ainsi que sur l’eau en général. Age concerné : dès 6 ans Durée : de 30 min à 45min Où ? classe/salle Attention : la maquette est uniquement disponible sur demande et sous l’animation d’un agent de l’Office de l’Eau ou du Pôle-Relais Zones Humides Tropicales Plus d’informations – Découvrir le guide d’utilisation de la mallette – Site internet du Pôle-Relais Zones Humides Tropicales – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN Pour tout renseignement sur cet outil, et notamment sa mise à disposition et son animation, vous pouvez prendre contact avec la coordinatrice du Pôle-relais (gaelle.vandersarren@uicn.fr) ou l’animatrice des activités pédagogiques (angeline.lollia@uicn.fr).