Liste rouge de l’UICN : Les activités humaines dévastent les espèces marines, des mammifères aux coraux

La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ met en lumière le grand nombre de menaces affectant les espèces marines, dont la pêche illégale et non durable, la pollution, les changements climatiques et les maladies. Les populations de dugongs, de grands mammifères marins herbivores, et 44% de tous les ormeaux rejoignent les espèces menacées d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN, et le statut du Corail de pilaires s’est détérioré à « En danger critique » en raison de pressions accumulées. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 150 388 espèces, dont 42 108 menacées d’extinction. Plus de 1 550 des 17 903 espèces d’animaux et végétaux marins évaluées sont menacées d’extinction, les changements climatiques ayant un impact sur au moins 41% des espèces marines menacées. « La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle une combinaison parfaite d’activités humaines non durables décimant la vie marine dans le monde entier. Au moment où le monde se tourne vers la conférence des Nations Unies sur la biodiversité pour tracer la voie du rétablissement de la nature, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’échouer », a déclaré le Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN. « Nous devons d’urgence nous attaquer aux crises interconnectées du climat et de la biodiversité par des changements profonds dans nos systèmes économiques, ou nous risquons de perdre les avantages cruciaux que les océans nous procurent. » Les différentes espèces d’ormeaux sont récoltées pour être vendues parmi les fruits de mer les plus chers du monde, la récolte et le braconnage non durables constituant des menaces primaires aggravées par les changements climatiques, les maladies et la pollution. Vingt des 54 espèces mondiales d’ormeaux sont aujourd’hui menacées d’extinction, selon la première évaluation mondiale de ces espèces sur la Liste rouge. En Afrique du Sud, le braconnage par des réseaux criminels, dont beaucoup sont liés au commerce international de la drogue, a ravagé les populations d’Ormeau de Mida (Haliotis midae), considéré comme « En danger ». Des vagues de chaleur marines de plus en plus fréquentes et sévères ont causé des phénomènes de mortalité massive, tuant 99% des ormeaux de Roe (H. roei) dans la partie la plus septentrionale de son aire de répartition en Australie-Occidentale, en 2011. Les vagues de chaleur marines ont exacerbé les maladies affectant les ormeaux dans le monde entier, dont l’Ormeau noir (H. cracherodii), « En danger critique », en Californie et au Mexique, et l’Ormeau tuberculeux (H. tuberculata), « Vulnérable », présent de la Manche à l’Afrique du Nord-Ouest et à la Méditerranée. Les vagues de chaleur marines tuent également les algues dont les ormeaux dépendent pour leur nourriture. La pollution causée par le ruissellement agricole et industriel cause des proliférations d’algues nuisibles, qui ont par exemple éliminé l’Ormeau d’Oman (H. mariae), une espèce commerciale présente dans la péninsule arabique, de la moitié de son aire de répartition. Des toxines telles que la peinture antisalissure des bateaux affaiblissent encore plus les populations. « Les ormeaux reflètent l’intendance désastreuse de nos océans par l’humanité dans un microcosme : surpêche, pollution, maladies, perte d’habitats, proliférations d’algues, réchauffement et acidification, pour ne nommer que quelques menaces. Ils sont comme les canaris des mines de charbon », a déclaré Dr Howard Peters, membre du Groupe de spécialistes des mollusques de la CSE-UICN et associée en recherche à l’Université de York, Royaume Uni, qui a dirigé l’évaluation des ormeaux. « La mesure la plus immédiate que nous pouvons tous prendre est de ne manger que des ormeaux d’élevage ou d’origine durable. L’application des quotas de pêche et des mesures de lutte contre le braconnage est également essentielle. Cependant, nous devons également stopper les changements dans la chimie et la température des océans pour préserver la vie marine, y compris les espèces d’ormeaux, à long terme. » Les populations de dugongs d’Afrique de l’Est et de Nouvelle-Calédonie ont été respectivement ajoutées à la Liste rouge de l’UICN dans les catégories « En danger critique » et « En danger ». L’espèce reste « Vulnérable » à l’échelle mondiale. Il reste aujourd’hui moins de 250 individus matures en Afrique de l’Est et moins de 900 en Nouvelle-Calédonie. Les principales menaces sont les captures involontaires dans les engins de pêche en Afrique de l’Est et le braconnage en Nouvelle-Calédonie, ainsi que les blessures causées par des bateaux dans les deux localités. En Afrique de l’Est, l’exploration et la production de pétrole et de gaz, le chalutage, la pollution chimique et les développements côtiers non autorisés endommagent et détruisent les herbiers marins dont dépendent les dugongs pour se nourrir. La dégradation et la perte des herbiers marins en Nouvelle-Calédonie sont le résultat du ruissellement agricole, d’une pollution due à l’extraction de nickel et au développement côtier, ainsi que des dommages causés par les ancres des bateaux. Les impacts des changements climatiques représentent une menace sur toute l’aire de répartition des dugongs. « Le renforcement de la gouvernance de la pêche communautaire et l’élargissement des opportunités d’emploi au-delà de la pêche sont essentiels en Afrique de l’Est, où les écosystèmes marins sont fondamentaux pour la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations », a déclaré Evan Trotzuk, qui a dirigé l’évaluation de la Liste rouge en Afrique de l’Est. « En outre, la création d’aires de conservation supplémentaires dans les zones où vivent les dugongs, en particulier autour du parc national de l’archipel de Bazaruto, permettrait également aux communautés locales et autres parties prenantes de trouver, mettre en œuvre et bénéficier des solutions qui mettent fin au déclin à long terme des dugongs et de l’étendue et de la qualité des herbiers marins. » Le Corail de pilaires (Dendrogyra cylindrus), présent partout dans les Caraïbes, de la péninsule du Yucatan et de la Floride à Trinité-et-Tobago, est passé de la catégorie « Vulnérable » à « En danger critique » sur la Liste rouge de l’UICN, après que ses populations aient diminué de plus de 80% sur la majeure partie de son aire de répartition depuis 1990. La menace la plus urgente est la maladie de la perte de tissu des coraux, apparue au cours des quatre dernières années et très contagieuse, qui infecte
COP15 Biodiversité – la nature n’attendra pas 2030

Alors que la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité va être discutée à Montréal, les membres du Comité français de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – lancent un appel dans une tribune pour que cette COP se traduise par des résultats concrets, ambitieux et efficaces avant 2030. À un moment où les pressions qui s’exercent sur le vivant n’ont jamais été aussi fortes, de grandes attentes reposent sur la COP15 Biodiversité. Sur fond de double crise du climat et de la biodiversité, les 196 États Parties à la Convention de la Diversité Biologique doivent adopter le nouveau cadre mondial pour la biodiversité. Si la pandémie a retardé l’agenda international, la nature n’attend pas. Notre planète est en crise et la situation va empirer si nous n’agissons pas davantage dès maintenant. Une action décisive face à une crise sans précédent Comme pour l’Accord de Paris sur le Climat, nous avons besoin d’une haute ambition politique des États pour enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2030 et en assurer sa restauration d’ici 2050. Œuvrons pour un monde positif envers la nature tout comme nous œuvrons pour un monde neutre en carbone car les crises du climat et de la biodiversité sont intimement liées et doivent être résolues ensemble. Évitons de répéter les erreurs Les négociations finales de Montréal seront cruciales pour la sauvegarde de la planète. Alors qu’aucun des précédents objectifs fixés à horizon 2020 n’a été atteint et que la pression sur les milieux naturels ne cesse de s’accroître, nous demandons un cadre d’action robuste avec des objectifs chiffrés et précis tels que : L’objectif 30×30 de conservation d’au moins 30% des écosystèmes terrestres, d’eau douce, marins et souterrains d’ici 2030 à l’échelle mondiale, et l’amélioration de l’efficacité de gestion des aires protégées ; L’arrêt de la perte de superficie et d’intégrité des écosystèmes et la restauration d’au moins 2 milliards d’hectares de milieux naturels dégradés ; Un renforcement de la conservation des espèces pour empêcher toute nouvelle extinction, améliorer le statut de celles qui sont menacées et rétablir l’abondance des espèces ; Le déploiement des Solutions fondées sur la Nature pour lutter et s’adapter au changement climatique et répondre à d’autres défis comme l’alimentation et l’approvisionnement en eau ; Nous avons en outre besoin d’une stratégie mondiale qui fasse l’objet d’un meilleur suivi avec des évaluations régulières et obligatoires des actions mises en oeuvre par les Etats, à chaque COP Biodiversité, tous les 2 ans, pour vérifier que l’atteinte des objectifs est en bonne voie. Ce système de rapportage régulier des États devra être basé sur des indicateurs fiables. Il est urgent de repenser notre rapport au reste de la nature Un enjeu crucial du cadre mondial concerne la réduction des menaces qui pèsent sur la biodiversité et la préservation des 70 % de zones non protégées. Pour relever ce défi, des changements importants sont nécessaires dans nos modes de production et de consommation. D’autant que la pandémie nous a rappelé que plus nous détruisons les environnements, plus les risques d’émergence de nouvelles maladies sont grands. Nous devons nous engager sur des modifications profondes et, pour y parvenir, renouveler nos relations au reste de la nature pour mieux vivre ensemble et interagir autrement avec le vivant, comme nous l’avons rappelé dans notre rapport, en 2021[1]. [1] Comité français de l’UICN (2021). L’avenir du vivant – nos valeurs pour l’action. Investir financièrement dans de nouvelles solidarités Alors que la moitié du PIB mondial dépend de la nature, le budget actuel de financement pour préserver la biodiversité affiche toujours un déficit de l’ordre de 700 milliards de dollars (663 milliards d’euros) par an d’ici à 2030[1]. Nous appelons à une mobilisation beaucoup plus forte de financements pour la biodiversité, afin d’atteindre au moins 200 milliards de dollars par an (contre seulement 130 milliards annuels aujourd’hui). Nous réclamons également la baisse des subventions néfastes à la nature et la réallocation d’au moins 500 milliards de dollars par an (476 milliards d’euros). Nous voulons enfin que la COP15 soit le démarrage d’une plus grande mobilisation de l’ensemble des acteurs, et en particulier les scientifiques, les ONG, les collectivités locales, les peuples autochtones et communautés locales, les citoyens, les jeunes et les femmes. Et nous demandons aux entreprises publiques et privées d’évaluer, de rendre compte et de réduire leurs impacts négatifs – de moitié au moins – pour enrayer la crise de la biodiversité. [1] Deutz et al. (2020). Financing Nature: Closing the Global Biodiversity Financing Gap VOIR LA TRIBUNE SUR LE SITE DU MONDE Liste des signataires Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN Bruno David, Président du Muséum national d’Histoire naturelle Jean Jalbert, Directeur général de la Fondation Tour du Valat Véronique Andrieux, Directrice Générale du WWF France Bernard Cressens, Président d’honneur du Comité français de l’UICN Élisabeth Claverie de Saint Martin, Présidente Directrice Générale du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) Rodolphe Delord, Président de Beauval Nature Valérie Verdier, Présidente Directrice Générale de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) Allain Bougrain-Dubourg, Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux Philippe Mauguin, Président-Directeur général d’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement Charlotte Meunier, Présidente de Réserves Naturelles de France Marie-Hélène Aubert, Présidente du Partenariat Français pour l’Eau Patrick Blandin, Attaché honoraire du Muséum National d’Histoire Naturelle et Président d’honneur du Comité français de l’UICN Bernard Chevassus-au-Louis, Président d’Humanité & Biodiversité Erik Orsenna, Président d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF) Guillaume Réveilhac, Président de l’Alliance pour la Préservation des Forêts Valérie Collin, Secrétaire Générale de Noé Jérôme Fromageau, Président de la Société Française pour le Droit de l’Environnement Patricia Ricard, Présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard Christophe Lépine, Président de la Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels Gilles Kleitz, Président de la commission des aires protégées du Comité français de l’UICN et Directeur Exécutif Développement Durable de l’Agence Française de Développement Agnès Vince, Directrice du Conservatoire du Littoral Jean-Pierre Bouquet, Président délégué des Eco Maires Michaël
Objectif 30×30 : Renforcer la coopération pour appuyer les efforts des acteurs du sud

Alors que l’objectif qui vise à protéger au moins 30 % de la planète d’ici à 2030 doit être discuté prochainement à l’occasion de la COP 15 Biodiversité, le Comité français de l’UICN formule une série de recommandations à destination des acteurs français pour renforcer la coopération en faveur de l’objectif « 30×30 » dans les pays du Sud La base mondiale des aires protégées dénombre aujourd’hui plus de 270 000 aires protégées et conservées terrestres et marines couvrant 16,8 % des terres et 8% des mers. Pourtant, si la communauté internationale a fait des progrès importants vers l’objectif mondial du plan stratégique d’Aichi (objectif de 17% des zones terrestres et 10% des zones marines), elle est loin d’avoir respecté ses engagements concernant la qualité de gestion de ces espaces ainsi que leur connectivité. Dans les pays du Sud, les défis liés à la gestion des espaces protégés et conservés sont majeurs car ils sont globalement sous financés et généralement en déficit de moyens humains. Pour participer aux efforts de préservation de la biodiversité à l’international, la France compte sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs (les Organisations de la Société Civile (OSC), les organismes de recherche, les gestionnaires d’espaces naturels, les entreprises et les bailleurs de fonds) dont les actions combinées devront contribuer à l’atteinte des nouveaux objectifs fixés à l’issue de la COP 15 de la Convention pour la Diversité Biologique (CDB). Dans ce contexte, le Comité français de l’UICN a organisé un colloque en avril 2022 pour débattre autour de la diversité des modèles de gestion des espaces protégés et conservés et afin de questionner plus particulièrement la contribution de la France et des acteurs français dans l’atteinte de l’objectif 30 x 30 à l’international et en particulier dans les pays en développement. Plusieurs recommandations ont été émises à cette occasion : Favoriser le partage d’expériences afin d’enclencher un processus d’amélioration de la gestion et de la gouvernance des aires protégées et conservées à travers le réseau francophone de la Liste Verte, la mobilisation des gestionnaires français d’aires protégées dans les projets de coopération internationale ou le partage des savoirs en faveur d’autres modèles de conservation davantage développés aux Suds comme les AMCEZ (Autres Mesures de Conservation Efficaces par Zones) ou les APAC (Aire ou Territoire du Patrimoine Autochtone ou Communautaire) ; Soutenir les processus de bonne gouvernance et d’inclusion des acteurs dans la gestion des aires protégées et conservées à travers la facilitation de démarches de concertation multi-acteurs et la promotion d’une diversité de systèmes de gouvernance ; S’assurer du respect de la légalité et de la légitimité des acteurs et adapter les approches aux contextes locaux en se positionnant comme facilitateur et en favorisant les démarches ascendantes et les solutions innovantes ; Mobiliser davantage de financements vers les PED pour enrayer la perte de biodiversité en accroissant leur volume, en diversifiant les sources de revenus possibles et en favorisant l’accès des acteurs du Sud aux financements existants. TÉLÉCHARGER LA PUBLICATION VISIONNER LE REPLAY DU COLLOQUE POUR ALLER PLUS LOIN Groupe de Travail Pays en développement & Biodiversité Programme Aires protégées
Trafic d’espèces sauvages : 25 recommandations pour lutter contre le commerce illégal en France

Alors que s’ouvre aujourd’hui au Panama la 19ème Conférence des Parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES COP19), le Comité français de l’UICN formule 25 recommandations concrètes pour enrayer le trafic de ces espèces sur notre territoire. A la fois pays d’origine, pays de destination et pays de transit de ce commerce, la France a une forte responsabilité pour lutter contre cette criminalité environnementale. La surexploitation d’espèces sauvages figure parmi les principales menaces pour la biodiversité, touchant des milliers d’espèces animales et végétales classées dans la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN. Leur trafic constitue aujourd’hui l’une des activités criminelles transnationales les plus lucratives au monde, représentant jusqu’à 23 milliards d’euros par an. Il apparaît souvent associé à d’autres activités illicites (comme le blanchiment d’argent ou la corruption) et alimente parfois des groupes armés et des réseaux terroristes. Pour faire face à cette menace, la 19ème COP de la CITES rassemble durant onze jours les représentants des Etats parties à la convention et des ONG du monde entier, du 14 au 25 novembre à Panama City. Des décisions importantes sont attendues pour renforcer la régulation du commerce international de nombreuses espèces victimes de la surexploitation et des trafics. Parmi les points à l’agenda cette année, figurent notamment des enjeux portant sur les éléphants d’Afrique et le commerce de l’ivoire, les hippopotames, les rhinocéros blancs, différentes espèces de crocodiles et de tortues, de requins requiem et de raies guitare, une grenouille lémur arboricole, ou encore différentes essences de bois tropicaux. Des sujets concernant le renforcement des contrôles et la lutte contre les fraudes seront particulièrement discutés. Le Comité français de l’UICN attend également des avancées pour les petits requins-marteau et les concombres de mer exploités commercialement, dont la protection est proposée par l’Union européenne. Au-delà du caractère international de ces enjeux, l’action de chaque pays sur son territoire est essentielle. Dans la géographie des trafics d’espèces sauvages, la France est à la fois un pays source, un pays de destination et une plaque tournante de flux internationaux illicites. Nous avons un engagement moral à agir car ce sont chaque jour des centaines de kilos d’espèces sauvages qui sont saisies à l’arrivée des vols internationaux (pangolins, primates, chauves-souris, antilopes, poissons, agoutis, insectes…) : pour le seul terminal T2 de l’aéroport de Roissy, plus de 36 tonnes de denrées périssables illégales ont été saisies en 2021, dont plus de 10 tonnes de viande de brousse Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN Dans ce terminal pourtant, seuls 20 agents des douanes officient pour un flux de 24 000 passagers / jour, estimant saisir environ 10% des denrées illégales. Au-delà des atteintes aux espèces menacées, les risques sanitaires sont élevés, avec l’importation possible de zoonoses (maladies portées par des animaux et transmissibles aux humains) via ces trafics. Les primates et les chauves-souris sont par exemple les principaux vecteurs d’Ebola. Et de nombreuses autres espèces sont connues pour porter des agents pathogènes pouvant former chez l’humain des maladies infectieuses potentiellement graves. Face à l’ampleur des enjeux, le Comité français de l’UICN plaide pour une action plus forte et plus déterminée et formule 25 recommandations. Parmi celles-ci, Sébastien Mabile, avocat et Vice-Président du Comité français de l’UICN, souligne que : Il est essentiel de renforcer les cadres réglementaires et appliquer des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives à l’encontre des auteurs de ces crimes environnementaux, en réhaussant par exemple les sanctions des délits concernant les espèces au même niveau que les autres trafics Sébastien Mabile, avocat et Vice-Président du Comité français de l’UICN De son côté, Jean-Philippe Rivaud, cofondateur et vice-président de l’association du réseau des procureurs européens pour l’environnement, expert du Comité français, insiste sur « la sensibilisation des magistrats des parquets sur la possibilité actuelle de retenir des qualifications pénales assorties de la circonstance aggravante de bande organisée ». Plus largement, il est nécessaire de renforcer la formation et la spécialisation des magistrats. D’autre part, le rapport demande également de : Améliorer le soutien financier aux structures d’accueil des animaux saisis ou confisqués, une proposition particulièrement soutenue par l’Association française des parcs zoologiques ; Améliorer la coordination entre les organes de gestion et les différentes autorités de contrôle à l’échelle locale avec, par exemple, la création de cellules d’enquêtes opérationnelles communes « douanes-OFB-DREAL » aux échelons départementaux ou régionaux ; Renforcer les moyens et les capacités des services de contrôle, notamment par l’augmentation du budget affecté aux missions des services douaniers aéroportuaires et par la formation de chiens de la brigade cynotechnique des aéroports à détecter les principales espèces sauvages transportées (ou leurs produits) ; Accroître la responsabilité et l’engagement du secteur de la logistique et du transport, en particulier aérien ; Sensibiliser et responsabiliser les voyageurs en lançant des campagnes d’information massives, notamment sur les réseaux sociaux et dans les lieux de départ et arrivée ; Uniformiser le poids des bagages en soute à 23 kilos maximum en classe économique pour tous les vols commerciaux, y compris en provenance d’Afrique, afin de réduire Pour renforcer son implication, le Comité français de l’UICN décide aujourd’hui de se doter d’un inter-groupe d’experts réunissant parmi son réseau de spécialistes des compétences juridiques et scientifiques. Pour appuyer la mise en œuvre des recommandations du rapport, tous les acteurs concernés seront impliqués, en particulier les pouvoirs publics et les autorités judiciaires (juges et magistrats), les agents de contrôle déployés sur le terrain (douanes), les transporteurs aériens et les aéroports, pour obtenir des avancées concrètes dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages. TÉLÉCHARGER LA PUBLICATION
Les zones humides sont notre « assurance-vie » face aux crises combinées du climat et de la biodiversité

A l’occasion des COP Climat et Ramsar qui se tiennent en Egypte et en Suisse, il est urgent de donner une nouvelle impulsion à la protection des zones humides qui sont de véritables solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. 2022 est en passe de battre tous les records – températures, vagues de chaleur, sécheresses – en Europe, révélant la vulnérabilité de notre agriculture, de notre gestion forestière, de notre mix énergétique et de nos économies face à ces phénomènes annoncés depuis longtemps par les scientifiques mais mal anticipés. Rhin, Loire, Pô, mais également Yangtsé ou Parana… autant de fleuves jusque-là puissants qui cet été n’étaient que des fantômes se faufilant dans un lit de sédiments craquelés par le soleil. Dans le même temps, les rapports s’accumulent attestant l’accélération de l’effondrement de la biodiversité, tissu vivant de la planète. Les effectifs des populations de vertébrés sur la planète ont diminué de 69% depuis 1970, et cet effondrement atteint 83% pour les espèces d’eau douce[1], signe de la destruction massive des zones humides. Ces deux crises, climat et biodiversité, sont intimement liées et s’alimentent l’une l’autre. Elles sont les deux facettes d’une crise systémique qui puise ses racines dans notre relation erronée au monde du vivant. Une relation “contre Nature”, contre ces millions d’espèces dont nous sommes partie intégrante, dépendante et solidaire. C’est dans ce contexte de tensions inégalées que se déploie en l’espace de seulement quelques semaines une série inédite d’évènements internationaux dédiés à la nature et au climat : les Conférences des parties (COP) des traités intergouvernementaux portant sur les zones humides[2], le climat[3], le commerce des espèces[4] et enfin la biodiversité[5]. Cette séquence est une occasion unique de faire un arrêt sur image, interroger les engagements, les ambitions et les articulations entre ces traités… et donner une nouvelle impulsion. Une transition urgente, mais entravée par de trop nombreuses résistances Les motifs d’inquiétude ne manquent pas à l’approche de ces rendez-vous internationaux : Le rythme de disparition des zones humides sur la planète ne faiblit pas malgré les engagements répétés des Etats ; un récent rapport du PNUE[6] sur le climat montre que les progrès de la communauté internationale sont « terriblement insuffisants » pour tracer un chemin crédible vers l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris ; côté biodiversité, après l’échec patent des objectifs d’Aïchi qui devaient engager la reconquête de la biodiversité au cours de la période 2011-2020, le nouveau cadre qui se dessine pour la décennie en cours s’annonce trop peu ambitieux et manque toujours cruellement d’un mécanisme de redevabilité des Etats. Inventer un nouveau partage de l’eau en plaçant le vivant au centre Accaparement de l’eau en plaine dans des méga-bassines ou en montagne pour produire de la neige de culture, « chant du cygne » d’acteurs agricoles ou touristiques qui refusent de s’adapter face à l’inéluctable. Arbitrages impossibles entre irrigation des cultures, production hydroélectrique, refroidissement des centrales nucléaires, usages domestiques ou industriels face à une eau trop rare pour satisfaire les divers besoins auxquels nos modèles de production et de consommation nous ont habitués. Il est urgent d’accepter l’évidence, de reconsidérer notre rapport à l’eau et au vivant, de changer nos comportements qui affectent profondément le grand cycle de l’eau. Face à des besoins grandissants et à une disponibilité en eau de moins en moins prévisible et pilotable, nous devons réinventer ses usages et son partage, en laissant sa juste part à la nature. Cette nature que nous ne devons plus considérer comme une variable d’ajustement de nos systèmes de production, mais bien comme leur socle, comme le fondement de nos vies et de nos économies. Les zones humides, pourvoyeuses de solutions face aux défis sociétaux croissants Les zones humides[7], longtemps perçues comme insalubres, constituent l’écosystème le plus détruit de la planète, connaissant un déclin trois fois plus rapide que la forêt. Mais au fil de leur disparition, elles se révèlent être l’écosystème qui contribue le plus à l’humanité. Plus d’un milliard de personnes en dépendent directement pour leur existence et bien plus encore bénéficient de leurs pouvoirs extraordinaires. Elles sont les « reins de la nature », purifiant l’eau que nous polluons. Gigantesques éponges, elles captent les précipitations de plus en plus irrégulières et souvent massives, atténuent les pics de crue, rechargent les nappes phréatiques et soutiennent les débits des rivières lors des sécheresses plus longues et intenses. Les hydrologues l’attestent : la façon la plus efficace et durable de stocker l’eau et de la rendre disponible pour divers usages est de s’assurer que les nappes phréatiques et les zones humides soient pleinement fonctionnelles et interconnectées. Alors que les défis sociétaux – sécurité alimentaire, changement climatique, approvisionnement en eau, santé humaine… – n’ont jamais été aussi intenses, il est urgent de protéger et restaurer massivement les zones humides. Ce sont des solutions très efficaces, peu coûteuses et offrant de multiples bénéfices collatéraux. Des Solutions fondées sur la Nature. Notre assurance-vie. Ce texte est soutenu par Francis Hallé, Botaniste Erik Orsenna, écrivain, membre de l’Académie frnçaise, Président de l’Initiative pour l’Avenir des Grands fleuves Françoise Nyssen, Editrice et ancienne ministre Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO Jean-Paul Capitani, Editeur Vincent Munier, Photographe Charlélie Couture, Artiste Emma Haziza, Hydrologue Jérôme Bignon, Président de RAMSAR France Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature André Hoffmann, Président de la Fondation Tour du Valat Maja Hoffmann, Fondation LUMA Arles Vera Michalski-Hoffmann, Fondation Tour du Valat Frédérique Tuffnell, Vice-Présidente de RAMSAR France Wolfgang Cramer, Biologiste CNRS, Institut Méditerranéen Patrick Duncan, Biologiste CNRS Marc-André Selosse, Biologiste Rémi Luglia, Président de la Société Nationale de Protection de la Nature Véronique Andrieux, Directrice Générale, WWF France Charlotte Meunier, Présidente des Réserves Naturelles de France Didier Babin, Président du comité français du programme Man and Biosphere Didier Réault, Président de Rivages de France Jean Jalbert, Directeur général de la Tour du Valat Jean-Marie Gilardeau, Président du Forum des Marais Atlantiques Luc Barbier, Vice-Président du CEN Hauts de France Laurent Godé, Secrétaire de Ramsar
Zones de protection forte en mer : nos propositions pour la métropole

Poursuivant son engagement en faveur de la mise en œuvre de zones de protection forte en mer, le Comité français de l’UICN publie des propositions pour identifier les sites à enjeux et poursuivre les désignations afin de créer un réseau efficace dans les quatre grandes façades maritimes métropolitaines. Ces propositions s’inscrivent dans la mise en œuvre de la stratégie nationale 2020-2030 pour les aires protégées, qui est fondée sur l’ambition portée par le Président de la République de protéger, d’ici 2030, au moins 30 % des espaces nationaux sous juridiction dont un tiers sous protection forte. Lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN (Marseille, 2021), le Président de la République s’est par ailleurs engagé à protéger fortement 5 % de la façade méditerranéenne française d’ici 2027. Elles complètent la parution d’un premier rapport du Comité français de l’UICN qui formulait des recommandations sur la définition et la mise en œuvre des zones de protection forte en mer en accord avec les standards internationaux de l’UICN en matière d’aires marines protégées. Ce second rapport est une contribution aux travaux en cours pour l’identification et la création des zones de protection forte. Ainsi pour chacune des 4 quatre grandes façades maritimes métropolitaines, le rapport présente les enjeux de conservation décrits dans les documents stratégiques de façade (DSF), le réseau d’aires marines protégées en place, ainsi que les zones de protection forte, existantes et potentielles, qui ont été recensées. Sur la base de ce bilan et en s’appuyant sur l’expertise de son réseau, le Comité français de l’UICN émet des recommandations pour répondre efficacement aux enjeux de conservation de la biodiversité marine et progresser rapidement vers la mise en place d’un réseau cohérent et représentatif de zones de protection forte en mer. Il sera prochainement suivi de 2 autres rapports dédiés aux zones de protection forte dans les espaces maritimes français de l’océan Indien, des Antilles, et de la Guyane. Téléchargez la publication Pour aller plus loin Zones de protection forte en mer : état des lieux et recommandations (Publication) Programme Aires protégées
Vigilance pour les poissons récifaux de La Réunion

Dans les eaux récifales de La Réunion, la situation des poissons marins appelle à une vigilance renforcée. Pour la première fois, l’examen complet réalisé montre que 36 espèces sont menacées et 23 autres quasi menacées. L’état des lieux indique également que 42 % des espèces ne sont pas encore assez connues pour déterminer leur situation. Les analyses menées ont porté sur l’ensemble des 732 espèces de poissons récifaux vivant dans les eaux peu profondes de La Réunion, jusqu’à 50 m de profondeur, à l’exclusion des espèces de haute mer, des requins et des raies. Le bilan fait apparaître une série de menaces, parmi lesquelles la surpêche, l’urbanisation croissante du littoral, les pollutions issues des terres et le réchauffement climatique. Publiés dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, ces résultats sont issus d’analyses coordonnées par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), avec l’implication d’un groupe de spécialistes. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (octobre 2022)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN Comité français, OFB & MNHN (2022). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons récifaux de La Réunion. Paris, France. Photo bandeau :Poisson-clown de Maurice © Julien Wickel
Les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone

Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui un rapport sur les Autres mesures de conservation efficace par zone – appelées aussi “Aires conservées”. Ce rapport présente, pour la première fois en France, ce concept qui se développe dans le monde et propose des recommandations pour une possible déclinaison en France. Les AMCEZ (OECM pour Other Effective Conservation Measures en anglais) sont apparues pour la première fois à Nagoya lors de la Conférence de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) de 2010. Elles avaient alors été intégrées aux côtés des réseaux d’aires protégées pour concourir à l’atteinte de l’objectif 11 d’Aichi visant la conservation d’au moins 17% d’espaces terrestres et de 10% d’espaces côtiers et marins d’ici 2020. Ceci dans l’objectif de faire connaître et de valoriser les expériences de gestion qui ont pour résultat de conserver efficacement la nature, dans des sites qui ne sont pas des aires protégées. Les AMCEZ ont une définition officielle depuis 2014 au sein de la Convention sur la Diversité Biologique, et figureront vraisemblablement également dans les moyens d’atteindre la cible 2 du futur cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020. L’UICN a publié, en 2019 des lignes directrices pour les identifier et depuis, plusieurs pays dans le monde ont adapté le concept à leurs contextes nationaux et ont reconnus des AMCEZ, rapportées au même titre que les aires protégées, au sein de la Base Mondiale des Aires Protégées. Que sont ces outils existants, autres que des aires protégées, qui pour autant contribuent à la conservation de la nature? Quels sont les intérêts de mettre en place ce système de reconnaissance en France et dans le monde ? Quelle procédure pourrait être mise en place pour formaliser cette reconnaissance ? Quels types de sites et de formes de gouvernance y correspondent potentiellement en métropole et dans les territoires ultra-marins ? C’est à ces questionnements, entre autres interrogations soulevées par ce nouveau concept, que le rapport du Comité français de l’UICN : Aires conservées françaises – Recommandations pour une future déclinaison du concept d’AMCEZ en France et sa brochure de synthèse apportent des éléments de compréhension et des recommandations pour y répondre. TÉLÉCHARGEZ LE RAPPORT C’est sur la base de retours d’expérience de 4 pays - Afrique du sud, Canada, Colombie et Malaisie – mais également d’ateliers de travail et d’échanges avec les experts internationaux dont certains sont à l’origine du concept, et d’experts du Comité français de l’UICN, que ces documents ont été élaborés, dans l’objectif de proposer des pistes pour leur déclinaison dans le contexte français. Ces travaux ont été soutenus financièrement par le Ministère de la transition écologique et l’Office français de la biodiversité. TÉLÉCHARGEZ LA BROCHURE POUR ALLER PLUS LOIN Programme « Aires protégées » Liste verte des aires protégées et conservées
Congrès français de la nature : le Comité français de l’UICN appelle à une plus grande mobilisation pour la sauvegarde de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN, qui a réuni 150 de ses membres et experts en Congrès les 10 et 11 octobre 2022 en présence de la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, demande de prendre des décisions fortes pour la protection de la biodiversité tant au niveau national que lors des prochaines conférences internationales qui vont se tenir d’ici la fin de l’année. Ce Congrès français de la nature, organisé au ZooParc de Beauval, s’inscrit à la suite des événements climatiques de cet été (incendies géants, sécheresse historique, canicules…), et de leurs conséquences graves sur les populations et la nature, ainsi que dans la crise énergétique en cours. Le Comité français de l’UICN renouvelle un message clair : il est urgent d’accélérer les efforts pour protéger conjointement la biodiversité et le climat, et éviter la “maladapatation”. Au-delà de l’indispensable sobriété énergétique – qui ne doit pas simplement être conjoncturelle, mais bien une politique volontariste de long terme -, il est nécessaire de mieux prendre en compte la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables et de favoriser la résilience et la diversité des écosystèmes, tant dans le renouvellement des forêts que dans la préservation des zones humides et des ressources en eau. Ce Congrès a aussi dressé le bilan un an après la tenue du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseilleen septembre 2021 où les 1500 membres de l’UICN ont adopté des résolutions sur les grands enjeux de la préservation de la nature. Le Comité français de l’UICN, 2ème plus grand comité national de l’UICN dans le monde par le nombre de ses membres, est depuis mobilisé pour leur mise en œuvre. Plusieurs avancées ont été présentées au congrès : La préparation d’un projet de loi “Une seule santé”pour conjuguer santé humaine, santé animale et santé environnementale, et éviter l’apparition de nouvelles maladies émergentes ; La protection des vieilles forêts inscrites comme une priorité aux niveaux national et européen et qui font l’objet d’un nouveau plan national d’action “vieux bois et forêts subnaturelles” suite aux Assises nationales de la forêt ; La proposition de 10 recommandations pour mieux lutter contre le trafic d’espèces sauvages et la criminalité organisée, diffusées auprès de tous les députés dont plusieurs soutiennent un projet de loi et ont formulé des questions écrites au gouvernement ; L’identification de solutions fondées sur la nature pour la réduction des risques littoraux en France et aider à leur déploiement dans les territoires ; Le moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds marins et l’adoption d’un traité sur la haute merambitieux et opérationnel, que le Président de la République a soutenu à la conférence de l’ONU sur les océans à Lisbonne. Le Comité français de l’UICN demande au gouvernement, aux parlementaires, aux collectivités territoriales, aux entreprises et aux ONG de poursuivre et amplifier les efforts engagés pour prendre des décisions fortes et obtenir des résultats concrets. Lors du congrès, la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Bérangère Couillard, a annoncé que 150 millions d’euros seront consacrés à la protection et la restauration de la biodiversité dans le cadre du fonds vert d’accélération de la transition écologique dans les territoires. Aussi, une séquence internationale importante va s’ouvrir d’ici la fin de l’année avec la COP14 Ramsar sur les zones humides, la COP27 Climat, la COP19 CITES sur le commerce des espèces menacées et se conclura avec la tant attendue COP15 Biodiversité, qui approuvera la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité. Cette séquence offre une occasion unique de prendre des décisions fortes pour stopper et inverser d’ici 2030 la courbe du déclin de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN appelle la France à jouer un rôle clé pour prendre des engagements ambitieux et les traduire rapidement par des actions concrètes, en particulier au sein de la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité. Parmi les attentes du Comité français de l’UICN figurent des objectifs chiffrés pour la conservation et la restauration des écosystèmes, incluant le renforcement des aires protégées (zones de protection forte, efficacité de gestion, connectivité) et des autres mesures de conservation efficace par zone – que le Comité français de l’UICN a commencé à identifier en France -, la réduction des pressions sur la biodiversité et l’augmentation des financements pour la biodiversité dans les pays du Nord et du Sud. A l’occasion de son Congrès français de la nature, le Comité français de l’UICN invite ainsi l’ensemble des acteurs de la société à repenser autrement nos façons d’interagir avec le monde vivant et mettre en œuvre une transition écologique ambitieuse. Précédent Suivant Crédits photos : Fabien Kufel le congrès français de la nature en ligne sur youtube Lire Lire Lire Précédent Suivant
Congrès français de la nature : le Comité français toujours mobilisé pour la protection de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN organise le Congrès français de la Nature les 10 et 11 octobre prochains au ZooParc de Beauval. Cet événement rassemblera les représentants des organismes membres, les experts du Comité français de l’UICN et ses partenaires. Cet événement constituera le dernier temps fort de mobilisation et de présentation des travaux et principaux messages du Comité français de l’UICN pour la biodiversité, avant la COP15 Biodiversité qui se tiendra à Montréal du 5 au 17 décembre. Il sera également l’occasion de dresser un bilan du Congrès Mondial de la nature à Marseille en septembre 2021, où les 1500 membres de l’UICN ont adopté des résolutions sur les grands enjeux de la préservation de la nature. 2 journées pour planifier la protection de la biodiversité La journée du 10 sera dédiée aux membres du Comité français et aux échanges informels entre les différents programmes. La journée du 11 octobre sera consacrée au Congrès en lui-même. Le Congrès français de la nature sera ouvert par Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN, suivi d’un message de Bruno Oberle, Directeur Général de l’UICN. Erik Orsenna, Membre de l’Académie Française et Président d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves fera une intervention. L’ouverture se clôturera par une allocution de Bérangère Couillard, Secrétaire d’Etat à l’Écologie. programme Partie 1 : COP15 biodiversité – qu’attendre de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité Qu’attendre de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité ? 9h45 – 9h55 – Les négociations internationales sur le nouveau cadre mondial pour l’après 2020 9h55 – 10h05 – La stratégie européenne de la biodiversité et le règlement européen sur la restauration de la nature 10h05 – 10h15 : Attentes et perspectives méditerranéennes sur la nouvelle stratégie mondiale 10h15 – 10h25 – La nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité pour la mise en oeuvre du cadre post 2020 Partie 2 : 1 an après le Congrès mondial de l’UICN à Marseille Quelle mise en oeuvre des résolutions et quelles perspectives ? 10h40-10h50 – Retour sur le bilan du Congrès mondial de l’UICN à Marseille et la mobilisation française Sessions parallèles 11h00-11h40 – Session « Droit et politiques de la biodiversité 11h00-11h05 – Introduction et animation 11h05-11h15 – Focus sur les avancées dans la généralisation des pratiques alternatives aux pesticides de synthèse 11h15-11h25 – Focus sur un projet de loi « Une seule santé » 11h25-11h40 – Questions/réponses avec la salle 11h00-11h40 – Session « Outre-mer » 11h00-11h05 – Introduction et animation 11h05-11h10 – Focus sur les enjeux de l’exploitation du sable 11h10 -11h15 – Focus sur la protection des zones humides d’outre mer 11h15-11h25 – Focus sur les enjeux miniers dont l’exploitation des grands fonds marins 11h25-11h40 – Questions/réponses avec la salle 11h45 – 12h25 – Session « Espèces » 11h45-11h50 – Introduction et animation 11h50-12h00 – Focus sur la lutte contre le trafic des espèces sauvages 12h00-12h10 – Focus sur la gestion des espèces exotiques envahissantes pour préserver la biodiversité exceptionnelle des outre mer 12h10-12h25 – Questions/réponses avec la salle 11h45 – 12h25 – Session « Aires Protégées » 11h45-11h50 – Introduction et animation 11h50-12h00 – Focus sur les zones de haute naturalité et les enjeux de leur gestion 12h00-12h10 – Focus sur les Autres mesures de conservation efficace par zone (AMCEZ) 12h10-12h25 – Questions/réponses avec la salle. 14h00-14h50 – Session « Écosystèmes » 14h00-14h05 – Introduction et animation 14h05-14h15 – Focus sur les océans : planification maritime, haute mer et pollution plastique 14h15-14h25 – Focus sur la protection des vieilles forêts 14h25-14h35 – Focus sur les Solutions fondées sur la nature 14h35-14h50 – Questions/réponses avec la salle 14h00-14h50 – Session « Coopération internationale » 14h00-14h10 – Introduction et animation Focus sur le financement de la conservation de la biodiversité dans les pays du Sud 14h10-14h20 – Focus sur la lutte contre la déforestation importée 14h20-14h30 – Focus sur le renforcement de la coopération internationale pour atteindre l’objectif mondial 30×30 14h30-14h40 – Focus sur la biodiversité et le changement climatique en Afrique 14h40-14h50 – Questions/réponses avec la salle Partie 3 : Après le congrès mondial de l’UICN et avant la COP15 Quelles attentes des acteurs pour la conservation de la nature ? 15h05-15h10 – Introduction et animation 15h10-15h20 – Le point de vue d’un établissement public 15h20-15h30 – Le point de vue d’une ONG 15h30-15h40 – Le point de vue d’une collectivité territoriale 15h40-15h50 – Le point de vue d’entreprises 15h50-15h55 – Conclusion Téléchargez le programme complet Lire Lire Lire Précédent Suivant