Le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une analyse et des recommandations sur la réduction des impacts des parcs éoliens terrestres et marins sur la biodiversité. L’objectif de cette publication est de faire évoluer les pratiques pour une meilleure conciliation entre transition énergétique et préservation de la nature, en accompagnant la filière éolienne et les pouvoirs publics, dans la réduction des impacts. Le Comité français de l’UICN poursuit ainsi ses travaux sur la séquence « Eviter-Réduire-Compenser », après sa publication sur l’amélioration de la prise en compte de la biodiversité dans la planification et la conception des projets éoliens et photovoltaïques*, correspondant au nécessaire évitement des impacts sur la biodiversité.
Dans sa stratégie de transition énergétique, la France prévoit la décarbonation du mix énergétique en réduisant les consommations, en électrifiant les usages et en développant les énergies bas-carbone. La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) prévoit entre autres de tenir un rythme de déploiement d’environ 1,3 GW de puissance éolienne terrestre chaque année, soit 35 à 40 GW d’ici 2035, et de viser 15 GW de puissance installée d’éolien offshore à ce même horizon. Le Comité français de l’UICN soutient le développement des énergies renouvelables comme un levier important d’atténuation du changement climatique et de sécurisation de l’approvisionnement énergétique français, mais appelle à ce que les enjeux de biodiversité soient systématiquement pris en compte dans la planification et la mise en œuvre de chaque projet.
En effet, le développement des énergies renouvelables, comme tout projet d’infrastructures, engendre des impacts potentiellement significatifs sur les habitats naturels et les espèces. Les parcs éoliens, à terre comme en mer, peuvent engendrer une dégradation des écosystèmes, une perte d’habitats naturels pour les espèces, des perturbations comportementales et des mortalités de la faune volante comme les oiseaux et les chauves-souris. Les incidences des parcs éoliens dépendent de leur localisation et de la nature des sites d’implantation, d’où l’importance, en premier lieu, de la planification spatiale et des mesures d’évitement. En phase de construction, d’exploitation et de démantèlement, des mesures de réduction visent à limiter les impacts n’ayant pas pu être évités. L’efficacité de certaines de ces mesures est démontrée par la science, comme par exemple l’arrêt des éoliennes dans les conditions d’activité des chauves-souris ou les rideaux de bulles pour limiter la propagation du bruit sous-marin. D’autres mesures, comme les Systèmes de Détection Automatique de l’Avifaune (SDA), font l’objet d’une évolution et d’une diffusion rapides, suivant les progrès des technologies sur lesquelles elles se reposent. L’efficacité de ces dernières doit cependant systématiquement être évaluée afin que leur intérêt pour la réduction des impacts de l’éolien sur la biodiversité soit prouvée de manière transparente.
Au fil de quatre grandes fiches thématiques, où des retours d’expérience de développeurs éoliens sont mis au regard des connaissances scientifiques, le Comité français de l’UICN montre que la prise en compte de la biodiversité est nécessaire et possible dans la réalisation et l’exploitation des projets éoliens, au travers de mesures de réduction pensées avec rigueur et pragmatisme. Cette publication conduit, en conclusion, à la formulation de recommandations pour améliorer les pratiques en matière de réduction d’impacts sur la biodiversité et poursuivre leur déploiement.
Le Comité français de l’UICN s’est appuyé sur l’expertise de son réseau de membres et d’expert(e)s et a pu compter sur la mobilisation de chercheurs/euses français.e.s et internationaux pour l’accompagner dans la réalisation de ce travail. Celui-ci s’inscrit dans une démarche de facilitation du dialogue et de partage de connaissances entre les différents acteurs de la transition énergétique et de la conservation de la nature.
Cette brochure a été réalisée avec le soutien de l’Ademe, du Ministère de la Transition écologique, du Fonds AXA pour le Progrès Humain, de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale et d’Engie Green France.
Consulter la brochure : La réduction des impacts sur la biodiversité des parcs éoliens terrestres et marins.
Visionner le Webinaire Réduction éolien terrestre et marin.
Lire la brochure précédente : Améliorer la prise en compte de la biodiversité dans la planification et la conception des projets éoliens et photovoltaïques.
Photo bandeau : © Paul Bonfils, Freepik, Aurélien Audevard.


