La COP28 Climat démarre aujourd’hui ! L’UICN défendra la nécessité de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre et d’agir à la fois sur la crise climatique et la perte de biodiversité

La COP28 Climat, ou 28ème session de la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, se déroule du 30 novembre au 12 décembre 2023 à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Elle réunit les 198 parties (197 Etats + l’Union européenne) et de nombreuses organisations. A cette occasion, l’UICN porte 10 messages-clés sur le climat. L’UICN souhaiterait que les décisions prises lors de la COP28 permettent de : supprimer rapidement et équitablement les combustibles fossiles (dont le pétrole et le gaz), renforcer la perception du lien entre la crise du climat et l’effondrement de la biodiversité, en reconnaissant clairement, en soutenant et en fournissant des voies pour la protection, la restauration et la gestion durable des écosystèmes mondiaux, renforcer le déploiement et la qualité des Solutions fondées sur la Nature, rendre la politique et l’action climatiques inclusives et équitables, augmenter le financement mondial pour la lutte contre le changement climatique, inviter les pays à accélérer la transition vers la production d’énergies renouvelables, en évitant les impacts négatifs sur les communautés locales, les écosystèmes et les espèces, augmenter le contrôle du recours à des technologies de géo-ingénierie non éprouvées, non testées et non réglementées pour atteindre les objectifs de réduction des émissions, évaluer les progrès collectifs accomplis à ce jour sur la base du premier Bilan mondial de l’Accord de Paris (2015) et en tirer les leçons, prendre en compte les besoins et les droits fondamentaux des plus vulnérables, et en particulier des peuples autochtones, des femmes et des enfants, encourager le secteur privé et la société civile à agir pour faire face à la crise du climat et à l’effondrement de la biodiversité, et à soutenir une transition écologique équitable et juste. L’UICN exhorte également tous les pays à se mettre d’accord sur des résultats clairs et solides du Bilan mondial 2023, et à les décliner dans les décisions de la COP28 et les contributions nationales des Etats, afin qu’elles soient déclinées par des mesures concrètes jusqu’au niveau local. Cette COP doit être l’occasion de mettre en place toutes les actions nécessaires pour limiter le réchauffement climatique.
Colloque biodiversité et développement

Le Comité français de l’UICN a organisé Mercredi 18 octobre 2023 un colloque sur la conciliation des enjeux de préservation de la biodiversité et de développement des populations dans le cadre des actions de coopération internationale des acteurs français, en particulier des organisations de la société civile. Si cette réflexion date des années 80-90, notamment avec l’émergence du concept de développement durable, il s’avère encore aujourd’hui difficile d’obtenir des synergies sur les terrains d’intervention. En effet, la conservation de la biodiversité et le développement socio-économique des populations humaines sont des objectifs qui peuvent être recherchés sur des mêmes territoires mais par des acteurs différents, avec des approches pas toujours compatibles. Organisé avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), ce colloque avait pour objectif de favoriser une compréhension commune des enjeux, de stimuler les échanges et de promouvoir les synergies grâce à des temps de débat, d’interconnaissance et d’acculturation à ces deux domaines pour envisager de futures collaborations. CONTEXTE Cet évènement s’inscrit dans la continuité des travaux menés par le Comité français de l’UICN depuis 2021, dans la mise en oeuvre du projet d’appui à la Structuration du réseau des Organisations de la Société Civile françaises actives dans les Pays en développement (SOBioDev) avec le soutien financier de l’AFD et de l’OFB. Il doit permettre de contribuer à l’amélioration des pratiques des acteurs de la conservation de la nature en faveur du développement des populations sur les territoires d’intervention et, inversement, de l’amélioration des pratiques des acteurs du développement en faveur d’une meilleure intégration des enjeux de biodiversité (cible 14 du cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité). Des discussions à ce sujet avait en effet déjà pris place lors d’un atelier mené conjointement par l’AFD, le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF) et le Comité français de l’UICN en 2018 sur les stratégies pour renforcer l’action internationale des ONG françaises en matière de biodiversité dont l’une des conclusions et pistes d’actions était la suivante : « Mettre en place un groupe de travail sur les articulations action biodiversité / action de développement, sur l’amélioration des approches territoriales, et sur la possibilité de lancer une initiative pour encourager la mobilisation à partir des géographies. Ce vaste domaine couvrirait notamment la mise en discussion : des théories d’action très variées des différents opérateurs ; des modes de diagnostics qui permettent d’adapter l’action au territoire ; des expériences réussies dans l’optique de leur montée en échelle ; des modalités d’évaluation des projets. L’échange d’idées et d’expériences serait au centre d’un tel groupe de réflexion et d’échange, avec une implication des ONG biodiversité, d’ONG de développement intéressées, des bailleurs, mais aussi de chercheurs ou de consultants. On attendrait d’un tel groupe de travail des éclairages pour améliorer le pilotage de l’action biodiversité avec la montée en puissance de celle- ci et des échanges favorisant la montée en échelle. L’organisation d’un colloque public serait par exemple envisageable dans ce cadre. » Par ce colloque, l’objectif est de lancer cette initiative pour organiser des rencontres géographiques en faveur de l’articulation biodiversité/développement dès 2024. Résumé de l’évènement Ce colloque a été structuré autour de 3 séquences : Comment renforcer les synergies entre les acteurs de solidarité internationale dans les territoires d’intervention ? Agir pour/avec/par les populations locales ? La crise socio-environnementale : comment réduire les inégalités sociales/sociétales pour contribuer à la lutte contre l’érosion de la biodiversité ? Après quelques mots d’ouverture de la part de Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN, Valérie Boisvert, Professeure d’économie écologique à l’Université de Lausanne, a introduit le colloque en dressant l’historique des tensions entre la conservation de la biodiversité et le développement. Si au départ, la conservation apparaissait à l’opposé de l’exploitation des ressources naturelles, l’émergence du concept de développement durable a contribué à voir la conservation comme un levier pour le développement et à écologiser les pratiques de développement. La séquence 1 a permis d’approfondir cette demande de synergies sur le terrain par l’échange entre des représentants d’organisations de la société civile de développement et de conservation de la biodiversité. Après une courte présentation du mode d’action de chacune des organisations, les échanges se sont focalisés sur les bénéfices à travailler ensemble (pool de compétences et d’expériences), des modalités et difficultés sur la construction d’un projet commun à partir d’une diversité de points de vue (chronophage, temporalité) ainsi que des options envisageables pour faciliter les synergies (cadre de concertation multi-acteurs, alliances). Ensuite, la séquence 2 a permis d’aller plus loin sur les questions de concertation multi-acteurs en questionnant la place et le rôle des populations locales dans les projets de solidarité internationale : en tant que bénéficiaires, parties prenantes ou acteurs principaux. Les différentes approches présentées par les intervenants ont donné lieu à une discussion dynamique et engagée entre les participants sur la nécessité d’associer les communautés locales dès l’élaboration des projets dans une logique de co-construction afin de favoriser leur appropriation et limiter les conflits. La séquence 3 a ouvert l’après-midi avec une prise de hauteur sur ces enjeux en évoquant la crise socio-environnementale et les liens entre les inégalités sociales et l’érosion de la biodiversité. Les différents scénarios ont été évoqués dont celui de la « demi-terre » (protéger 50% de la planète) ou celui de « partager la planète ». Les injonctions contradictoires actuelles comme le souhait de mettre en oeuvre des projets complexes avec des résultats rapides ont été évoquées comme les freins à surpasser, notamment concernant le CLIP (Consentement Libre, Informé et Préalable) mal mis en oeuvre et pas encore assez satisfaisant, le consentement étant à différencier de l’accord. Quelques solutions ont été évoquées comme la remontée de données sur la plateforme GBIF (Global Biodiversity Information Facility) ou l’interpellation de députés afin de se saisir de ces sujets et de porter des recommandations. Enfin, cette journée a été conclue par Christophe Le Page, chercheur au CIRAD, qui a présenté les principales conclusions et recommandations issues des échanges (voir ci-dessous) et a ouvert sur quelques perspectives dont les jeux sérieux. Ces derniers sont des outils pour
Destruction de 1,8 tonne d’ivoire : le Comité français de l’UICN partenaire de l’opération d’IFAW France

Le Comité français de l’UICN porte un message clair : le trafic des espèces menacées doit cesser et la France a un rôle important à jouer pour y parvenir. Il est partenaire de l’une de ses organisations membres, IFAW France, pour cette destruction d’ampleur d’ivoire. Les nombreux dons réalisés par des particuliers sont à saluer, leur geste a une portée symbolique forte. Cette opération doit marquer l’intensification de la lutte contre le braconnage et le trafic des espèces sauvages. INTERPOL a évalué le marché noir des produits illégaux d’espèces sauvages à 20 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale. Placé sous le haut patronage de Sarah El Haïry, l’Office français de la biodiversité est également partenaire de l’événement. Très connu pour la menace qu’il fait peser sur les éléphants, le commerce d’ivoire est aussi un danger pour l’hippopotame, le morse, le narval, le cachalot ou encore le phacochère. Avec ses organismes membres, le Comité français de l’UICN continue d’agir pour intensifier la lutte contre le trafic des espèces et de leurs produits dérivés. Eu égard à l’importance du trafic et à son impact dramatique sur les espèces, le Comité français de l’UICN demande des décisions fortes en la matière au plus haut niveau. Retrouvez les recommandations du Comité français de l’UICN sur la thématique ICI.
Présentation de la Stratégie nationale biodiversité 2030 : le Comité français de l’UICN en demande un renforcement tous les ans d’ici 2030

Le Comité salue la présentation par le Gouvernement de la SNB2030 pour accélérer les actions en faveur de la biodiversité. La France est le 1er pays à renforcer l’application du nouveau cadre mondial de la biodiversité de l’ONU pour répondre à ses engagements internationaux d’inverser la perte de biodiversité d’ici 2030. Les résultats à atteindre demandent un engagement fort sur le long terme du Gouvernement piloté par la Première ministre, avec l’implication du Secrétariat général à la planification écologique. La réussite dépendra de la mobilisation de l’ensemble des acteurs du niveau national jusqu’au local, et des citoyens, en particulier de la jeunesse. Les moyens nouveaux alloués à la biodiversité pour la mise en œuvre de la stratégie, plus de 1 milliard pour 2024, sont à saluer mais il faut continuer à accroître les financements chaque année et lancer une réforme ambitieuse des financements néfastes à la biodiversité qui totalisent 10 milliards d’euros. L’exemplarité de l’Etat et la cohérence des politiques publiques sont indispensables, en particulier concernant l’agriculture : nouveau plan Ecophyto pour la réduction des pesticides, transition écologique de l’agriculture via l’agroécologie et l’agriculture biologique, restauration des haies en stoppant l’arrachage, protection des forêts… Le Comité attend une stratégie spécifique aux Outre-mer et se réjouit de l’ajout de 2 mesures qu’il a soutenues concernant la protection et la restauration des prairies naturelles, dont 50 000 ha disparaissent chaque année, et la prise en compte de la lutte contre la pollution sonore sous-marine qui est une menace importante pour les mammifères marins. Il attend aussi de rehausser l’ambition en matière de protection forte : l’objectif de 10% doit s’appliquer en métropole et dans les Outre-mer, pour les milieux terrestres et les milieux marins, et en accord avec la protection stricte européenne. L’ambition de restauration de 30% d’écosystèmes dégradés d’ici devra certainement aussi être renforcée. Le Comité est satisfait du soutien annoncé sur de précédentes initiatives comme la Fête de la nature, grande fête citoyenne qu’il a lancée en 2007, des Atlas de la biodiversité communale, ou encore sur les stratégies territoriales de la biodiversité. Il est ainsi primordial, comme l’a déclaré Maud Lelièvre, présidente du Comité français de l’UICN à la présentation de la stratégie ce matin, qu’une évaluation annuelle des résultats obtenus soit réalisée avec des indicateurs précis et fiables sur l’état de la biodiversité, comme la Liste rouge des espèces menacées. Cette évaluation annuelle permettra de rehausser régulièrement le niveau des actions pour atteindre les objectifs biodiversité de la France en 2030.
Cote d’alerte pour la flore de La Réunion

Treize ans après le premier bilan, l’actualisation de l’état de la flore vasculaire de La Réunion fait apparaître une situation très préoccupante marquée par une forte aggravation : 41 % des espèces sont aujourd’hui menacées contre 30 % en 2010. Reconnue pour la richesse et l’originalité de sa flore, l’île de La Réunion abrite de nombreuses espèces qui n’existent nulle part ailleurs au monde. En 13 ans, les connaissances sur le patrimoine végétal de l’île se sont significativement améliorées, mais les mesures de conservation déployées ne portent pas encore leurs fruits et demandent à être renforcées. Les analyses réalisées ont porté sur l’ensemble de la flore vasculaire réunionnaise (orchidées, arbres et autres plantes à fleurs, fougères et plantes alliées), soit au total 962 espèces indigènes. Les résultats montrent que 395 espèces sont menacées et 31 autres quasi menacées, tandis que 41 espèces ont déjà disparu. Le bilan dressé met en évidence les pressions croissantes qui pèsent sur la flore de l’île. Mené dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, cet état des lieux a été porté par le Comité français de l’UICN et l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), grâce à la coordination locale du Conservatoire botanique national de Mascarin (CBN-CPIE Mascarin) et à l’expertise de nombreux spécialistes professionnels et amateurs. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (novembre 2023)• Tableau synthétique avec catégories et critères (xlsx)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Synthèse des changements de catégories entre 2010 et 2023 (pdf)• Publication : UICN Comité français, OFB, MNHN & CBN-CPIE Mascarin (2023). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Flore vasculaire de La Réunion. Paris, France. Photo bandeau :Bois de senteur blanc (Ruizia cordata) © Sonia Françoise
Le Comité français de l’UICN dévoile ses recommandations pour le prochain Congrès mondial de la nature

Le Comité français de l’UICN, qui a réuni 200 représentants de ses organisations membres et experts au Congrès français de la nature 2023 à Fontaineableau, a célébré les 75 ans de l’UICN et lancé la mobilisation française pour le prochain Congrès mondial de la nature 2025. Il a proposé plusieurs projets de recommandations pour répondre à l’engagement d’inverser la perte de biodiversité avant 2030 et de mettre la nature sur la voie de la restauration.
75 ans d’histoire et d’action de l’Union internationale pour la conservation de la nature !

Le 14 novembre prochain sera l’occasion de célébrer les 75 ans de la naissance de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature – l’UICN – rassemblant le plus vaste réseau d’acteurs et de spécialistes engagés dans la protection de la nature. Son expertise et la légitimité accordée à ses travaux ont contribué à structurer et renforcer l’action internationale pour la sauvegarde de la biodiversité, un enjeu vital pour l’avenir de notre planète. Un événement de célébration a lieu le 14 novembre prochain à Fontainebleau et le Congrès français de la nature y lancera la mobilisation française pour préparer le prochain Congrès mondial de l’UICN, après le succès du précédent organisé à Marseille en 2021.
Energies renouvelables et biodiversité : des solutions concrètes de conciliation

Le Comité français de l’UICN publie un recueil de retours d’expériences permettant d’identifier des bonnes pratiques et formulant des recommandations afin d’améliorer la prise en compte de la biodiversité dans la planification et la conception des projets éoliens et photovoltaïques. L’objectif est d’accompagner les porteurs de projets d’énergie renouvelable (EnR), publics ou privés, pour faire évoluer les pratiques et concilier transition énergétique et préservation de la biodiversité, deux politiques indissociables d’une véritable transition écologique.