La Liste verte … en français, s’il vous plaît !

Le Comité français de l’UICN et le Secrétariat international de l’UICN, avec le soutien du Département des Bouches-du-Rhône, ont organisé un atelier d’échanges techniques du réseau francophone de la Liste verte des aires protégées et conservées le 3 septembre dernier. Cet atelier a été accueilli par le conservateur et le Directeur de la Réserve naturelle géologique de la Sainte-Victoire au sein des locaux du Département des Bouches-du-Rhône, gestionnaire de ce site labellisé Liste verte en mars 2021. Au total, 54 participants sur place et en ligne ont contribué aux travaux préparatoires du réseau qui, rassemble aujourd’hui 200 membres provenant de plus de 15 pays. Les participants ont assisté à une présentation de la Réserve géologique de la Sainte-Victoire le matin. Ils ont ainsi pu se familiariser avec les caractéristiques singulières de cet espace protégé et bénéficier de retours d’expérience inspirants en matière de gestion et de planification de projets et d’actions envisagés depuis son engagement dans le Programme Liste verte. L’après-midi a permis de faire état des enjeux de conservation de la biodiversité dans l’espace francophone et de rendre compte de la place des pays et des experts francophones dans le programme de la Liste verte. Ces présentations ont mis l’accent sur les visions culturelles de la nature singulières que portent les pays francophones en plus de partager une langue commune, et qui viendront enrichir la communauté globale de la Liste verte. Elles ont été suivies de travaux en groupes pour identifier des pistes de travail prioritaires de développement du réseau, qui répondent aux attentes et aux besoins des acteurs de la Liste verte francophone : gestionnaires de sites candidats et lauréats, experts évaluateurs et accompagnateurs, partenaires du programme Liste verte dans les pays engagés. Des propositions concrètes ont émergé de ces discussions et poseront les jalons de la feuille de route du réseau, qui sera validée à l’occasion d’un prochain atelier technique. Elles concernent notamment le renforcement des capacités (formations, tutoriels, parrainages, guides, traduction de documents en français, plateforme en ligne, banque de données de l’expertise), l’établissement de groupes thématiques (enjeux biogéographiques communs, gouvernance, communication) ainsi que l’organisation d’échanges pour améliorer les procédures de la Liste verte (adaptation des indicateurs, échanges avec les têtes de réseaux d’aires protégées, relations avec les experts internationaux). Le réseau a été formellement lancé le 5 septembre 2021 à l’occasion du Congrès mondial de la Nature par la Présidente du Comité français de l’UICN, Maud Lelièvre, et le responsable du développement de la Liste verte au sein du Secrétariat international de l’UICN, Thierry Lefebvre, lors de la soirée « Pour sauver la biodiversité mondiale, parions sur la francophonie ». Plus d’informations – La Liste verte des aires protégées et conservées– La vidéo de la soirée francophone sur le Pavillon du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Réserve naturelle géologique de la Sainte-Victoire © T. Tortosa
Congrès UICN : Les espèces de thon se rétablissent malgré les pressions croissantes sur la vie marine selon la Liste rouge de l’UICN

Marseille, France, 4 septembre 2021 (UICN) – Quatre espèces de thons pêchés commercialement sont en bonne voie de rétablissement grâce à l’application de quotas de pêche régionaux au cours de la dernière décennie, selon l’actualisation de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ publiée à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille. Cependant, cette reconstitution intervient dans un contexte de pressions croissantes sur les espèces marines, avec 37% des requins et des raies étant désormais menacés d’extinction dans le monde, principalement en raison de la surpêche, aggravée par la perte ou la dégradation des habitats, ainsi que des changements climatiques. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 138 374 espèces dont 38 543 menacées d’extinction. « La mise à jour des de la Liste rouge de l’UICN est un signe fort que, malgré les pressions croissantes sur nos océans, les espèces peuvent se rétablir si les États s’engagent vraiment à adopter des pratiques durables. Les États et les autres actuellement réunis au Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille doivent saisir cette opportunité de renforcer leurs ambitions en matière de conservation de la biodiversité et travailler à atteindre des objectifs contraignants fondés sur des données scientifiques probantes. Ces évaluations de la Liste rouge démontrent à quel point nos vies et nos activités sont en symbiose avec notre biodiversité. » Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN Dans de la Liste rouge actuelle, les sept espèces de thon les plus pêchées commercialement ont été réévaluées. Quatre d’entre elles montrent des signes de récupération grâce à des quotas de pêche plus durables et une lutte plus efficace contre la pêche illégale mise en place par certains pays. Le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) est passé de la catégorie « En danger » à celle de « Préoccupation mineure », tandis que le thon rouge du Sud (Thunnus maccoyii) est passé de la catégorie « En danger critique » à celle de « En danger ». Le thon blanc (Thunnus alalunga) et le thon albacore (Thunnusalbacares) sont tous deux passés de « Quasi menacés » à la catégorie « Préoccupation mineure ». Malgré une amélioration globale à l’échelle des espèces, de nombreux stocks régionaux de thon restent gravement appauvris. Par exemple, alors que la plus grande population orientale de thon rouge de l’Atlantique, originaire de Méditerranée, a augmenté d’au moins 22% au cours des quatre dernières décennies, la plus petite population autochtone de cette espèce dans l’Atlantique Ouest, qui fraie dans le golfe du Mexique, a diminué de plus de moitié au cours de la même période. Le thon albacore continue quant à lui d’être surexploité dans l’océan Indien. « Ces évaluations de la Liste rouge sont la preuve que les approches de pêche durable fonctionnent, avec d’énormes avantages à long terme pour les moyens de subsistance et la biodiversité. Nous devons continuer à appliquer des quotas de pêche durables et à lutter contre la pêche illégale. Les espèces de thon migrent sur des milliers de kilomètres, et il est donc également essentiel de coordonner leur gestion à l’échelle mondiale. » Dr Bruce B. Collette, président du Groupe de spécialistes des thons et espadons de la CSE-UICN. Le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) est passé de « Vulnérable » à « Quasi menacé » dans cette actualisation, en raison de nouvelles données et de modèles d’évaluation des stocks plus récents. Cette espèce reste gravement appauvrie, à moins de 5% de sa biomasse d’origine. Parmi les autres espèces de thons réévaluées dans cette actualisation de la Liste rouge figurent le thon obèse (Thunnus obesus), qui reste « Vulnérable », et la bonite à ventre rayé (Katsuwonus pelamis) qui reste dans la catégorie « Préoccupation mineure ». La Liste rouge de l’UICN mise à jour comprend également une réévaluation complète des espèces de requins et de raies dans le monde, révélant que 37% d’entre elles sont désormais menacées d’extinction, et démontrant que des mesures de gestion efficaces font défaut dans la plupart des océans du monde. L’ensemble des espèces menacées de requins et de raies sont surexploitées, 31% étant en plus affectées par la perte et la dégradation des habitats et 10% par les changements climatiques. Le dragon de Komodo menacé par les futurs impacts des changements climatiques : Le plus grand lézard vivant du monde, le dragon de Komodo (Varanus komodoensis), est passé de « Vulnérable » à « En danger » sur la Liste rouge de l’UICN. L’espèce, endémique d’Indonésie et présente uniquement dans le parc national de Komodo, classé au Patrimoine mondial, et sur l’île voisine de Flores, est de plus en plus menacée par les impacts des changements climatiques. La hausse des températures mondiales, et donc du niveau de la mer, devrait réduire l’habitat favorable au dragon de Komodo d’au moins 30% au cours des 45 prochaines années. En outre, alors que la sous-population du parc national de Komodo est actuellement stable et bien protégée, les dragons de Komodo vivant en dehors des aires protégées, sur l’île de Flores, sont également menacés par une perte d’habitat importante en raison des activités humaines en cours. Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN– Contacts : Harriet Brooker, Relations médias UICN, +44 7960241862, congressmedia@iucn.orgMatthias Fiechter, Relations médias UICN, +33 6 73 48 65 13, congressmedia@iucn.org– La Liste rouge mondiale des espèces menacées– La Liste rouge nationale des espèces menacées Photo bandeau : Photo by James Thornton on Unsplash
Congrès de l’UICN : Un manifeste sur l’éthique de la biodiversité

L’UICN a depuis longtemps engagé une réflexion éthique et promu des valeurs fortes, influençant, grâce à ses experts, des textes internationaux comme la Charte mondiale de la nature adoptée par l’ONU en 1982, la Charte de la Terre (2000) et l’Initiative pour une Éthique de la Biosphère (2010). Affirmer la prééminence des valeurs profondes de l’institution, concevoir des slogans qui les expriment : communiquer dans le domaine de l’éthique est art difficile. Le Comité français de l’UICN a confié à son groupe de travail « Ethique en action » la mission de rédiger un manifeste qui clarifie et affirme les valeurs qui fondent sa vision : « L’avenir du vivant, nos valeurs pour l’action » est le fruit de deux années de travail d’un groupe, composé d’experts venus d’horizons géographiques et thématiques très divers (juristes, écologues, philosophes, géographes, naturalistes…). Pourquoi un manifeste sur l’éthique, pourquoi maintenant ? Notre monde et la biosphère vivent une crise sans précédent. La COVID-19 nous invite à repenser de manière prégnante nos relations avec les autres espèces et les écosystèmes qui les hébergent. L’histoire humaine est marquée par la confrontation de systèmes de valeurs et d’intérêts contraires, par la compétition pour l’accès à des ressources, par des expansions territoriales, provoquant violences individuelles et collectives. Mais elle l’est aussi, à l’inverse, par la recherche d’intelligents compromis, par d’inlassables actions pour la paix, par des dynamiques altruistes, des engagements pour prendre soin des autres. Il faut une éthique commune, en entendant par là des valeurs et des principes d’action partagés. Une éthique qui non seulement permette de juguler les violences faites par les humains aux humains et à l’ensemble de la nature, mais qui, au-delà, ouvre la perspective d’un mieux-vivre ensemble. Présenté au Congrès mondial de la nature de l’UICN. Ce manifeste affirme non seulement les valeurs que défend le Comité français de l’UICN mais propose un horizon vers le mieux-vivre ensemble, la convivialité entre les vivants, les humains et tous les autres, de chaque lieu à la biosphère entière. Il désire partager cette vision avec de multiples partenaires, associations, entreprises, collectivités territoriales, services de l’État… et avec les citoyens, jeunes et moins jeunes, actuels et futurs : que ces valeurs inspirent nos choix, guident nos décisions et éclairent nos actions, car il s’agit d’interagir autrement, d’habiter autrement la Terre. Plus d’informations – Télécharger le Manifeste : Français, Anglais, Espagnol, Portugais Photo © Comité français de l’UICN
Solutions fondées sur la Nature, une réponse aux enjeux de biodiversité, climat et développement

Dans le cadre du Congrès Mondial de la Nature, le Comité français de l’UICN a rédigé une note sur les Solutions fondées sur la Nature (SfN) comme réponse aux enjeux de biodiversité, de climat et de développement dans les pays du Sud. Les Solutions fondées sur la Nature développés dès 2009 permettent à répondre à divers enjeux sociétaux comme l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques tout en répondant au bien-être humain et à la préservation de la biodiversité. Cette note revient sur l’émergence de ce concept et sa définition, en présentant le standard mondial des SfN publié en 2020, et analyse sa contribution aux enjeux de changements climatiques et de préservation de la biodiversité avec deux retours d’expériences dont celui de Planète Urgence. Etant donné la diversité́ des outils et des approches écologiques s’appliquant dans le champ des SfN et compte tenu de la popularité́ grandissante de ce concept, il apparait nécessaire de le préciser pour les organisations qui travaillent dans le secteur de la solidarité internationale et de la lutte contre les changements climatiques. En effet, l’articulation entre changement climatique et biodiversité est aujourd’hui une question essentielle, le changement climatique constituant l’une des principales menaces qui pèsent sur la biodiversité. Par ailleurs, dans les pays en développement plus qu’ailleurs, les défis liés à la protection de la biodiversité sont immenses et indissociables des enjeux de développement. C’est dans ce cadre que la Commission Climat & Développement et le groupe de travail Pays en développement & Biodiversité ont décidé de se rapprocher pour renforcer la collaboration des acteurs et imaginer des solutions communes. Cette note paraît juste avant l’ouverture du Congrès Mondial de la Nature de l’UICN, évènement majeur de mobilisation internationale avant la COP 26 sur le climat et la COP 15 sur la biodiversité organisées dans les prochains mois. PLUS D’INFORMATIONS Télécharger la note Contact : Nicolas Salaün, Chargée de programme “coopération internationale” et Magali Pausin, Chargée de mission ” Pays en développement & Biodiversité” Les Solutions fondées sur la Nature La Commission Climat & Développement Le groupe de travail Pays en développement & Biodiversité