Des nominés au Prix COAL de Vivant!

Le Comité français de l’UICN accompagne le festival Vivant, une manifestation nationale culturelle exceptionnelle se déroulant de mars à octobre 2020, qui a pour but de pour mobiliser l’opinion et la sphère publique sur les enjeux de biodiversité.  Dans le contexte sanitaire international actuel et malgré le report du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 du 7 au 15 janvier 2021 à Marseille, la Saison VIVANT continue grâce à sa plateforme en ligne car elle offre un panorama passionnant des diverses manières dont la création se mobilise aujourd’hui sur les enjeux majeurs de biodiversité.   10 artistes nommés pour le prix COAL 2020 Ces artistes témoignent, imaginent, expérimentent et oeuvrent pour un monde plus respectueux du vivant et de l’équilibre écologique. Ils ont été sélectionnés parmi plusieurs centaines de projets issus du monde entier. Par leurs créations, les artistes peuvent inciter les décideurs et les citoyens à prendre la mesure de l’urgence, celle d’un vivant menacé et pourtant riche d’une diversité infinie ; mettre en lumière l’extrême fragilité et l’immense force du vivant ; et contribuer activement à enrayer son extinction massive. Les artistes nommés sont : Minerva Cuevas (Mexique), Monarch, the butterfly that could tell the history of the world Anthony Duchêne (France), J’enherbe le monde Paul Duncombe (France), Manicouagan Lia Giraud (France), Écoumène Louis Guillaume (France), Saisons et espèces, structures du vivant Hypercomf (Grèce), Center for studies of Ocean Floor as Ceiling Spela Petric (Solvanie), PL’AI Victor Remere (France), Les indemnes de l’art Éléonore Saintagnan (Belgique), Le projet Moineaux Linda Sanchez (France), Colonie   4 projets étudiants nommés pour la première édition du prix COAL – culture & diversité Le Prix étudiant COAL – Culture & Diversité est porté par la Fondation Culture & Diversité et l’association COAL. Son objectif est d’accompagner et soutenir les étudiants des Écoles du champ artistique et culturel qui imaginent, expérimentent et proposent des solutions concrètes et créatives pour contribuer à la transition écologique. Dans une volonté de lier la thématique du vivant aux territoires, le Prix étudiant COAL – Culture & Diversité 2020 s’associe aux Réserves naturelles de France par le biais d’un programme de résidence. Les quatre projets finalistes de ce Prix sont : L’envers d’un monde de Erwan Tarlet, Maria-Jesus Penjean Puig, Marin Garnier, Tia Balacey, Giuseppe Germini (Centre national des arts du cirque), Renouée de Maude Bayle (École nationale supérieure d’art et de design de Nancy) Projet Cairn de Alix Lalucaa, Lisa Faure (École supérieure d’art et de design de Reims), Moi Vivant.e de Thomas Cany, Clara Hubert (Ecole supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Strasbourg)   Remise de prix Malgré le report du Congrès en janvier 2021, le Prix COAL 2020 ainsi que le Prix étudiant COAL – Culture & Diversité seront décernés en juin. Une exposition leur sera consacrée au sein des Espaces Générations Nature du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille en janvier prochain.   Plus d’informations – Site internet du Festival Vivant! – La présentation détaillée du Prix COAL 2020 et des dix projets nommés – La présentation du Prix étudiant COAL – Culture & Diversité et des quatre projets nommés – Découvrir l’interview “Composer un nouveau pacte avec le vivant” de Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN

L’UICN se félicite de la stratégie de l’Union Européenne pour la biodiversité à l’horizon 2030 et recommande aux États membres de faire également preuve d’une ambition élevée

L’UICN salue la nouvelle stratégie de l’UE pour la biodiversité jusqu’en 2030. Compte tenu de la situation mondiale post COVID-19, il est essentiel que les États membres de l’UE s’emparent de cette stratégie et adoptent toutes les mesures nécessaires pour garantir l’atteinte de ses objectifs. Nous devons également définir de nouvelles actions spécifiques en consultation avec les parties prenantes, afin de garantir le rôle central de la nature, qui conduira à une reprise efficace et durable et à une société future résiliente. En plus de l’urgence environnementale, nous sommes maintenant confrontés à l’une des plus grandes crises sanitaires du siècle dernier : l’épidémie de COVID-19. Dans ce contexte, la stratégie de l’UE pour la biodiversité à l’horizon 2030 doit être une pierre angulaire de la feuille de route européenne vers la reprise, car elle est un outil fondamental pour restaurer une relation homme-nature saine et mutuellement bénéfique. Cette stratégie est une première étape pour un leadership européen fort lors des négociations de la Convention sur la diversité biologique l’année prochaine : c’est l’occasion pour l’Europe de s’affirmer comme un chef de file ambitieux sur la scène mondiale, lors des préparatifs en cours sur le futur cadre mondial de labiodiversité. En ce sens, il est également essentiel que les États membres fassent preuve d’ambition au niveau national. À cet effet, le Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille en janvier 2021 offre une excellente plateforme. L’UICN appelle à la définition de nouvelles actions concrètes qui définiront la manière dont la stratégie sera mise en œuvre dans l’UE et dans les États membres. Cela fournirait également l’occasion d’une importante consultation avec les parties prenantes. Grâce à l’allocation des ressources nécessaires – en particulier grâce à une PAC renouvelée et respectueuse de l’environnement – et en faisant de la biodiversité une priorité dans l’agenda politique, l’Europe pourra mettre la nature au cœur de la reprise et montrer l’exemple au niveau mondial. L’UICN attend avec intérêt le soutien du Parlement européen et du Conseil européen pour la stratégie et sa mise en œuvre. Selon la Liste rouge européenne des abeilles de l’UICN, ces espèces sont soumises à de fortes pressions dans toute l’Europe. Les abeilles ne sont que l’un des nombreux pollinisateurs, fournissant un service fondamental pour la survie de notre écosystème. Leur déclin n’est pas seulement une perte pour la nature, il menace les écosystèmes dont nous dépendons, y compris notre production alimentaire. Par conséquent, la publication aujourd’hui de la stratégie de la « Ferme à la Fourchette » est un signe positif : nous devons trouver des moyens de réfléchir ensemble à la conservation de la nature et à l’agriculture durable. « Ces deux stratégies doivent être fortement interconnectées : cela représente une excellente occasion de rassembler tous les efforts et d’assurer une transition vers une utilisation durable des terres européennes à l’avenir. Pour une mise en œuvre réussie des objectifs liés à l’agriculture, il est essentiel que la PAC et la stratégie de l’UE en matière de biodiversité soient alignées de manière cohérente », a déclaré Luc Bas, directeur du Bureau régional européen de l’UICN.   Plus d’informations – Article original (anglais) – La stratégie biodiversité de l’UE – La réaction de l’UICN sur cette stratégie Photo bandeau ©  Markus Spiskeon Unsplash

Journée internationale de la biodiversité : « Nos solutions sont dans la Nature »

A l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité 2020, vendredi 22 mai, qui a cette année pour thème « Nos solutions sont dans la nature », le Comité français de l’UICN encourage le développement des Solutions fondées sur la Nature pour répondre à des défis sociétaux tels que le changement climatique, les risques naturels, l’accès à l’eau, la santé, la sécurité alimentaire et le développement socio‑économique tout en préservant la biodiversité. Les chiffres indiquent que les dommages moyens causés par les inondations en France sont évalués entre 650 et 800 millions d’euros et que près de 1 Français sur 4 et 1 emploi sur 3 sont aujourd’hui potentiellement exposés aux inondations. Concernant l’érosion côtière, environ 20 % du trait de côte est en recul et une surface d’environ 30 km² été perdue en 50 ans. « Les dégradations que nous faisons subir à la nature vont engendrer d’autres crises avec des coûts économiques, sociaux et environnementaux importants. C’est le cas des catastrophes naturelles liées au changement climatique, comme les inondations, les sécheresses ou l’érosion de nos côtes. Il faut agir davantage et, pour cela, les solutions sont dans la nature » souligne Sébastien Moncorps, directeur du Comité français de l’UICN. La Nature est pourtant un allié puissant face aux changements climatiques et aux risques naturels. Érosion côtière, inondations, glissements de terrain, canicules en ville… toutes ces catastrophes naturelles amplifiées par le changement climatique peuvent être atténuées par les Solutions fondées sur la Nature (SfN). C’est en effet en restaurant les zones humides que nous limiterons les inondations ou les sécheresses, c’est en reconstituant les dunes que nous maintiendrons la côte sableuse, c’est en créant des espaces verts en ville que nous atténuerons l’effet des canicules, c’est en protégeant les forêts en montagne que nous réduirons les glissements de terrain et c’est en préservant les mangroves et les récifs coralliens que nous lutterons contre les submersions marines. Des écosystèmes préservés continueront en même de temps de jouer leur rôle naturel d’amortisseur climatique en absorbant le CO2 que nous émettons. Ces Solutions Fondées sur la Nature ( SfN) sont à double bénéfice pour le climat et la biodiversité et ont déjà prouvé leur efficacité. > Retrouvez des exemples de projets dans notre communiqué de presse   Plus d’informations – Notre communiqué de presse – La journée mondiale de la diversité biologique 2020 – Les Solutions fondées sur la Nature crédit photo bandeau © SIAVB

Du côté des réseaux : Alliance GSAC

En novembre 2019, l’Alliance GSAC a organisé le 4ème atelier stratégique suivi de l’assemblée générale du réseau, en République du Congo. C’était au tour de l’ONG membre, ESI CONGO, de recevoir ses pairs. Chaque année depuis sa création, l’Alliance GSAC tient à organiser cette réunion annuelle stratégique permettant aux ONG membres de se retrouver pour faire le bilan de l’année et définir ensemble les orientations stratégiques futures, soutenue par son partenaire historique, le Programme des Petites Initiatives mis en œuvre par l’UICN. Cette réunion s’est déroulée sous le signe du renforcement de la légitimité politique et de la promotion de l’engagement de la société civile africaine en matière de conservation. A ce titre, les autorités congolaises ont été mobilisées pour l’évènement. Le discours d’ouverture de l’atelier stratégique a ainsi été prononcé par M. Désiré NDONGO, Secrétaire Général de la Préfecture du Kouilou, zone de projet de l’ONG hôte, qui a rappelé l’importance de soutenir ces initiatives locales de conservation de la biodiversité portées par la société civile. Pendant deux jours, les membres se sont réunis, dans un premier temps, à Pointe-Noire, afin de réfléchir à la stratégie du réseau et élaborer son plan stratégique pour 2020-2023, accompagnés par WELL GROUNDED. Ce travail est le fruit d’une intense réflexion, où chacune des ONG s’est investie afin que l’Alliance GSAC puisse avoir l’impact escompté en matière de conservation des grands singes en Afrique Centrale. Après un travail acharné pour recevoir ses paires dans les meilleures conditions, sur son site d’intervention, ESI CONGO les a accueillis, durant trois jours, à l’occasion de l’Assemblée Générale, à Magne, dans la forêt du Mayombe. Un voyage de 4h en pirogue, pour y parvenir, a permis aux membres de découvrir la magnifique forêt équatoriale du Mayombe, dans une ambiance conviviale. Pour la première fois, à l’issue de cette assemblée, l’Alliance GSAC s’est agrandit et accueille un nouveau membre, l’ONG SEKAKOH au Cameroun, fondée par Osiris DOUMBE. Pour clôturer cette importante réunion, l’Alliance GSAC a eu l’honneur d’être reçue par la Ministre de l’Economie Forestière de la république du Congo, Madame Rosalie MATONDO. Cette rencontre a été l’occasion de plaider pour une implication plus grande des organisations de la société civile africaine dans les décisions politiques en matière de conservation de la biodiversité au Congo mais plus largement, en Afrique centrale.

Du côté des réseaux : RASTOMA

Une initiative du RASTOMA : La plateforme des acteurs de la conservation des tortues marines au Cameroun. Sous l’égide du RASTOMA (Réseau des Acteurs de la Sauvegarde des Tortues Marines en Afrique centrale), la plateforme tortue marine du Cameroun est née en 2018. Elle regroupe actuellement quatre organisations membres du RASTOMA menant des activités de protection des tortues marines le long de la côte Camerounaise. L’association camerounaise pour la promotion de la biologie marine (ACBM), l’organisation pour la conservation des mammifères marins en Afrique (AMMCO), Tube Awu et Kudu A Tube. Les activités quotidiennes menées par ces acteurs pour la conservation des tortues marines sont: Le suivi des populations de tortues marines ; La caractérisation des habitats marins et côtiers ; Les sensibilisations et l’éducation environnementale ; Le renforcement de capacité des étudiants et des communautés locales ; La promotion des activités génératrices de revenus …etc. Une des activités clé de la plateforme est la production du rapport national dont le tout premier vient de paraitre en Avril 2020. Le rapport national 2018-2019 est un document annuel qui illustre les activités liées aux tortues marines menées par quatre organisations de la société civile le long de la côte camerounaise précisément dans la zone de Limbé, de Kribi et de Campo. Il met aussi en avant les résultats du suivi des pontes; données capitales pour l’évaluation de la tendance des populations. Pour l’année 2018-2019, la saison des pontes a débuté en septembre et s’est achevée en mars et les résultats ont été les suivants : Dans la zone de Campo (côte sud) : 243 indices de présences (nids et traces) ont été enregistrés au cours de la saison sur les 28 km de plage patrouillés. Deux espèces ont été observées en ponte : la tortue olivâtre (186 nids et/ou traces) et la tortue luth (57 nids et/ou traces). Dans la zone de Kribi (côte sud) : 213 indices de présence des tortues marines ont été répertoriés, à savoir des nids, des traces, des femelles en ponte dont 166 pour la tortue olivâtre, 39 pour la tortue luth et 8 pour la tortue verte. Dans la zone de Limbé (côte nord): 04 nids dont 3 de tortues olivâtres et 1 de tortue luth ont été détectés et 1 transplanté pour un nombre de 50 bébés d’olivâtre relâchés. Dans cette zone, il y a eu une augmentation d’indices de présence de femelle en ponte par rapport à la saison précédente. Dans cette même dynamique les acteurs ont pu définir les axes prioritaires pour l’année en cours et à venir qui sont entre autres : La caractérisation des conditions d’incubation sur les plages La caractérisation des aires d’alimentation et de croissance tortues vertes et des tortues imbriquées juvéniles Le renforcement de l’effort de sensibilisation/éducation environnementale L’accroissement du développement communautaire à travers l’accompagnement des communautés locales dans les activités génératrices de revenus Ce rapport est un moyen de faire connaître les activités des ONG tortues marines au Cameroun et de communiquer vers les structures étatiques et publiques, les bailleurs de fond, le secteur privé et susciter d’éventuel partenariat. Ce rapport est une partie de la dynamique la plateforme qui vise plus largement au déploiement d’actions concertée entre les acteurs de la Conservation des Tortues Marines au Cameroun pour renforcer l’impact des actions et du plaidoyer en faveur de ces espèces menacées. Le  rapport est disponible en ligne sur le site du RASTOMA www.rastoma.org

Des nouvelles du terrain : BIOSFERA

Me frayer un chemin à travers les déchets pour creuser mon nid et pondre mes œufs ? Non merci ! C’est pourtant la triste réalité de nombreuses tortues caouanne (Caretta caretta) qui viennent pondre de juillet à octobre sur l’île déserte et protégée de Santa Luzia au Cap Vert. Si l’île n’est pas habitée, d’où viennent ses déchets me diriez-vous ? L’archipel du Cap Vert, chapelet d’iles volcaniques surgit de l’Océan, est sous l’influence des courants et vents dominants en provenance notamment du continent africain. La plage d’Achados, site de ponte privilégié des tortues n’est pas épargné et accumule chaque année des tonnes de déchets venant de l’Océan qui rendent difficile la montée des femelles sur la plage et réduisent la progression des petites tortues vers le rivage. Devant ce funeste constat, l’ONG Biosfera appuyée par de nombreux volontaires, organisera, cette année grâce au soutien du PPI, le nettoyage des sites avant la saison de ponte. D’autres aventures attendent ce projet jusque mai 2021. Biosfera née en 2006, s’est progressivement développée et s’engage depuis près de 15 ans à remplir une double mission : celle de préserver les espèces et les habitats vulnérables par des interventions concrètes de conservation sur le terrain. Plusieurs espèces de reptiles, de requins, d’oiseaux et de tortues de mer emblématiques et/ou endémiques sont ainsi surveillées et protégées tout au long de l’année. Le second défi de cette équipe, jeune et motivée, est celui d’inciter et de mobiliser la société capverdienne à jouer un rôle proactif et influent pour renforcer la protection de son patrimoine naturel.   Dans le cadre de ce projet, Biosfera assurera également le suivi et la surveillance des sites de pontes des tortues sur l’île habitée de Sao Vicente où le dérangement (phare des voitures, musique, campements, occupations des plages la nuit) ou le braconnage rendent difficile la nidification des tortues. Des patrouilles conjointes seront organisées avec les agents de la police maritime et/ou des gardes côtes pour répertorier les nids, informer le public de la vulnérabilité des tortues, rappeler les textes de lois qui régissent leur protection et dissuader tout acte malveillant via la présence des autorités locales. Les communautés locales de pêcheurs proches des sites de ponte seront-elles aussi impliquées dans ce projet citoyen. Actuellement et malgré le confinement, notre équipe se prépare pour la prochaine saison de ponte et nous espérons de tout cœur pouvoir renouer avec la vraie Nature et nous rendre sur nos sites dès le mois de mai. En attendant, pour garder notre positivisme et notre optimisme, l’organisation développe la campagne « Biosfera prend soin de la nature à la maison » que vous pouvez suivre sur notre page Facebook :  https://www.facebook.com/BiosferaCV/ Visitez notre site:  www.biosfera1.com

Interview of Martial KOUDERIN, CREDI

Martial, you are back from New York, where you received the Equator prize in 2019 for the work done by CREDI. Congratulations … What does represent this award to you ?  It is a feeling of joy and satisfaction that animates me and drives the entire CREDI-NGO team at this memorable moment in our history. The Equator Prize represents for us, on one hand a very encouraging mark of international recognition of our efforts for the conservation and sustainable management of natural resources, our common heritage. And on the other hand this award highlights the effects and impacts of what our daily efforts – for already more than a decade – have generated on biodiversity and communities of the Sitatunga Valley Community Nature Park (PNCVS). Today more than ever we feel invested of a heavy responsibility in the eyes of the international community and have at heart to keep all our CREDI-bility to  » contribute to the emergence of generations of   ‘citizens of the world’ able to propose and implement local and sustainable solutions for a human development respectful of Nature ‘.      What do you keep in mind from  your stay in New York, including the meetings with the other winners of the prize in 2019 ? Did this stay change your vision of things and what are the lessons learned ? My stay in New York was an opportunity to realize the importance given to our work in our little area in Benin. The meeting and the exchanges with the other laureates allowed me to realize that we are not alone in this fight for the protection of the environment . Just like us, many actors around the world have opted for a community approach for managing natural resources. It is quite comforting and galvanizing to have the chance to find out as much and in so little time in the same place … I could not hide my desire to go around to go to discover, enjoy and enrich more these different realities and various field actions implemented throughout the world. The opportunity for me to see that the issues affecting the conservation of nature are everywhere the same but in varying degrees. Given this, it seems to me important to have a collective intelligence and – I am convinced – to feed our current solutions with Elders Wisdom and Knowledge. In terms of vision, this stay reinforces my beliefs with respect to the ability of indigenous people to develop a livelihood based  on the sustainable management of natural resources in their landscape. I am more concerned for urban people such as in New York – where I set foot for the first time – who almost live ‘off the ground’ and will in my opinion more difficulties to achieve this because of the lack of roots to water. This questions our own models of sustainable cities and territories in Benin and Africa. Today CREDI NGO has the feeling of belonging to a large family – one of the many winners of the Equator Prize. This filial belonging obliges us . We want to take an active part to boost collectively the change of practices and a more favorable global policy to indigenous peoples and local initiatives for the Conservation of Nature. What are the challenges for CREDI nowadays, the prospects and the priorities for the years to come ? Did your stay give you  new ideas to try out on the field ?                                    By refering to the vision developed in the Development and Management Plan (GAP) Valley Sitatunga , I quote « In 2030, the PNCVS is an interstate conservation model that ensures improving state of natural resources and the sustainability of ecosystem services for people’s happiness  » end quote . The major challenge for CREDI-ONG is to work for the institutional and operational empowerment of the PNCVS . Indeed, at the current stage of the  » Sitatunga Valley  » initiative, CREDI-ONG still remains very indispensable in the management system.  as this seems perfectly normal at this time in the light looking at our history, the desire for sustainability requires us at this moment to set up an institutional framework that gives more responsibility to local authorities and reinforces the legal status of the protected area. To this end, CREDI-ONG in the coming years will work to : Strengthen the management system and to provide it with the right tools Conserve biodiversity and habitats in a participatory way Improve knowledge about species, ecosystems and their functioning Value resources through tourism development and environmental education Sustainably improve the living conditions of vulnerable groups through the development of cultural and ecological activities.  This price just reward for individuals and their leadership. According to you,  what  is  being a good leader ?                    For me a good leader is the one who is the first to embody for himself the changes they wish to see happen around him. Thus, he ensures the coherence between his actions and his speech which gives him all his credibility. Humble, a good leader will remember always that what he harvest is often not the result of his only work but also the one from the rain, sun and this wonderful biodiversity which, in the shadows and often silently transformed a matter in other miles …  An advice to give in to young actors of the society civil African wishing to work on the environmental  issues in West Africa to  ?                        An adage says, « Do not be afraid of being slow, just be afraid of being stopped! « This is the main advice I would give to my younger brothers of the African civil society. In fact, I noticed that patience is an endangered species of virtue. However, the development of initiatives like ours – a bit against the current trajectory of our current African societies – requires deep and long changes regarding our territory, to its culture – always strongly devalued – and to its nature. Its changes must be sown today while knowing that they can remain dormant for a long time, to sprout a beautiful day, then to grow slowly when conditions are favorable … We are young and have time for us. So patiently, sow, sow relentlessly, a seed will eventually germinate!  » Many little people doing a lot of small steps in many small places can change a lot the world. » Let’s all be little people and the world would be a lot better.  

The PPI team keeps renewing itself : goodbye Arsène and welcome Damien !

In recent weeks, the PPI organization has evolved! After spending more than 8 years working for the PPI, Arsène Sanon, coordinator in charge of capacity building for NGOs in West Africa, has just passed on the baton to Damien Martin.   Arsène is currently pursuing his mission within the IUCN Central and West Africa Program (PACO) as manager of the regional governance project for protected areas in West Africa. The entire PPI team would like to thank him warmly for his involvement during all these years spent at the PPI and for all the support work he has carried out alongside our partners. We wish him the best for the rest of his professional adventure and are confident that we will continue to work together in the coming years.     Damien has just started his mission and will therefore be in charge of supporting new beneficiaries on technical, financial, organizational and networking support components in West Africa (mainly in Benin, Ivory Coast, Ghana and Burkina Faso). Damien knows the PPI perfectly since he himself worked for almost 15 years as Technical Director of CREDI, which he co-founded in 2006 and long-time partner of the PPI in Benin. Damien is also a beekeeper in his spare time and produces one of the best honeys in all of West Africa! We wish him good luck in taking up his position and welcome to the team !

Des nouvelles du terrain : ACB-CI

Conservation communautaire et developpement économique local autour de la Forêt de Marais Tanoé Ehy en Côte d’Ivoire, Afrique de l’Ouest   La forêt de Tanoe Ehy (FTE, 12 000 ha) est située au sud-est de la Côte d’Ivoire, à la frontière avec le Ghana. Cet espace naturel n’est toujours pas reconnu officiellement comme zone protégée, néanmoins, depuis 2006, plusieurs efforts menés par des acteurs nationaux de la conservation comme le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS) et des ONG comme SOS Forêt et ACB-CI (Action pour la Conservation de la Biodiversité en Côte d’Ivoire) avec le soutien de partenaires en Europe et aux États-Unis, ont permis de lancer un processus de conservation communautaire afin d’engager les communautés locales en tant que gestionnaire principal de cet espace. La FTE, principalement entourée de plantations de palmiers à huile dont les produits sont vendus majoritairement à la PalmCI, reste épargnée par l’empiètement des plantations en raison de ses zones marécageuses et de la lutte contre la conversion des forêts – notamment depuis 2008, lorsque la population locale, avec l’appui de l’ACBCI et du CSRS, a bloqué l’expansion de PalmCI dans la zone forestière de Tanoé. Depuis cette période, certains projets ont été menés avec en partie le soutien du PPI. Ce soutien a permis de développer des initiatives de conservation en renforçant la capacité des communautés locales à conduire de bonnes pratiques agricole et la conservation de la forêt de Tanoé Ehy. Pour cela, des communautés locales ont été organisées dans chaque village, en «Association villageoise de conservation et de développement» (AVCD). Au niveau des sous-préfectures, les AVCD ont été regroupées en «Association Intervillageoises de Gestion (AIVG)». Depuis décembre 2017, les communautés locales ont été soutenues pour créer la fédération de l’AIVG qui est le contact principal pour les communautés lors des discussions avec les autorités, les donateurs, etc. ACB-CI a renforcé les capacités de ces organisations locales sur (i) les bonnes pratiques de gouvernance communautaire, (ii) la gestion des associations communautaires, (iii) les patrouilles et le suivi écologique communautaire, (iv) la collecte de fonds, et (v) la sensibilisation, etc. À ce jour, onze villages sont impliqués dans ce processus de conservation communautaire dans lequel les femmes et les jeunes jouent un rôle principal. Pour mieux combiner conservation et agriculture (leur activité principale avec le cacao, les plantations d’huile de palme), un projet de développement de filière verte a été développé en collaboration avec Man and Nature (sur financement CEPF). Le manioc et les produits forestiers non ligneux (PFNL) avec des espèces végétales comme Xylopia aethiopica, Irvingia gabonensis, Ricinodendron heudelotii, Beilschmedia mannii, Garcinia kola et Tieghemella heckelii ont été développés soit en plantation, mais aussi comme zone tampon autour de la forêt de Tanoe Ehy.   104 femmes, de 5 villages ont ainsi été formées aux bonnes pratiques et à la production de manioc à haut rendement en utilisant des pratiques durables. Elles ont produit, au cours d’un premier cycle, 59 tonnes de manioc et ont obtenu 15 850 kg de «Gari», un produit final local consommé en Côte d’Ivoire mais surtout au Ghana. La population s’est également engagée à augmenter le couvert forestier avec le développement de pratiques agroforestières, ainsi plus de 1200 arbres ont été plantés dans 67.5ha de plantations de cacao. Des patrouilles communautaires, composées de 22 jeunes (2 personnes par village) formés, sont organisées 2 fois par mois. De nombreux braconniers et exploitants forestiers ont été arrêtés en présence des autorités forestières de Côte d’Ivoire et du matériel de ces braconniers et du bois coupés illégalement ont été saisis. Des patrouilles transfrontalières ont également été organisées avec des communautés voisines du Ghana qui sont organisées en CREMA et qui par ailleurs sont impliquées dans ce projet. Pourtant, depuis quelques mois une nouvelle menace importante pèse sur la forêt et cette initiative de conservation communautaire : l’exploitation des mines d’or. Grâce aux actions initiées par les communautés locales soutenues par des partenaires dont notre ONG, CSRS, l’ONG SOS Forêt, des rencontres ont été organisées avec le ministre en charge de l’environnement, ce qui a permis la suspension de ces activités minières soient suspendues…pour le moment. La menace est toujours là alors les organisations locales et notre ONG suivent attentivement la situation.   En conclusion, avec le soutien du PPI, au moins quatre espèces de primates menacées dont deux en danger critique d’extinction (Cercopithecus roloway, Cercocebus lunulatus), parmi de nombreuses autres espèces fauniques importantes sont en bonne voie de protection. De plus, ce soutien à la conservation représente une réelle opportunité pour les communautés locales et les organisations communautaires afin d’améliorer les moyens de subsistance des membres de la communauté et leurs pratiques agricoles. La conversion de la forêt en terres agricoles extensives à faible productivité est empêchée et un large soutien de la population à la conservation des forêts est assuré.

Interview d’Emmanuel WIRSIY, CAMGEW

Emma, ​​tu reviens de New York, où tu devais recevoir le Prix Equateur 2019 pour le travail avec CAMGEW. Félicitations … Que signifie cette récompense pour vous? CAMGEW remportant le prix Equateur 2019 est la reconnaissance du fait que CAMGEW est une organisation sérieuse, à laquelle on peut faire confiance. Cela rend notre équipe fière de son engagement et de son acceptation par la communauté et cela nous encourage à travailler plus fort. Ce succès ne serait pas possible sans l’engagement des communautés forestières de Kilum-Ijim. CAMGEW est fière de l’appropriation communautaire de son travail qui assure la durabilité. Ce prix vient renforcer la solidarité communautaire et montrer que les actions locales peuvent avoir des impacts dans la lutte contre le changement climatique au niveau mondial. Le prix est venu encourager l’équipe de CAMGEW et les communautés forestières à faire plus et à ne jamais relâcher les efforts. CAMGEW est fier de l’engagement citoyen dans la conservation de la forêt de Kilum-Ijim qui se traduit par la réduction des feux de brousse, une menace majeure pour la forêt, ceux-ci passant de 7 en 2012 à zéro en 2018 et 2019. Cela démontre que la solidarité communautaire peut être leur assurance pour s’attaquer aux défis que ces derniers rencontrent. Nos actions locales, en particulier dans la régénération des forêts et l’agroforesterie, ont également montré qu’elles ont un impact en matière d’adaptation au changement climatique, ce qui a simplement encouragé nos populations à continuer de travailler. Notre équipe peut désormais voir que son engagement a un lien fort avec la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. Que retenez-vous de votre séjour à New York, y compris les réunions avec les autres lauréats du prix? Ce voyage a-t-il changé votre vision et quelles sont les leçons apprises? New York est une ville différente. J’ai pu voir la diversité des personnes et la gestion de l’espace à travers les gratte-ciels par exemple. La première fois que j’ai dormi au 50ème étage, j’ai pu regarder le monde depuis une autre dimension et il m’a fallu moins d’une minute pour me rendre au 50e étage avec un ascenseur. C’était incroyable mais j’ai été attristé car j’y ai vu peu de nature et d’arbres. La nuit et le jour étaient éclairés de la même façon, avec la même lumière. La cérémonie de remise du prix Equateur du PNUD a eu lieu pendant la semaine de l’Assemblée Générale des Nations Unies qui a réuni des peuples autochtones et locaux ainsi que leurs représentants de tous les continents. C’étaient des gens de cultures, mode vestimentaire, langues, comportements, religions et solutions différentes, qui cherchent à faire du monde un endroit meilleur. C’était génial de voir chaque gagnant se déplacer dans la rue de New York avec son habillage et parler toutes ces langues. Les habitants de New York nous regardaient avec un grand étonnement, mais sans que cela soit si important pour nous. J’ai quitté New York profondément satisfait des efforts déployés par d’autres personnes pour résoudre les problèmes que rencontre actuellement la planète Terre. Les lauréats utilisent tous différentes méthodes pour résoudre les problèmes environnementaux, culturels, sociaux et économiques actuellement observés au niveau planétaire et sont passionnés par leur travail, confiants dans leur aptitude à mettre fin aux défis de la terre. J’avais confiance en ma propre méthodologie, mon engagement est clair mais ce rassemblement global, réunissant  gouvernement, acteurs économiques, populations autochtones et locales m’a montré que nous pouvons encore trouver une solution. Je suis parti convaincu que les solutions locales sont reconnues comme un moyen de s’attaquer aux problèmes globalement rencontrés, que la solution au changement climatique est entre nos mains et que la guerre peut être gagnée grâce à une action concertée. CAMGEW et 21 autres lauréats rejoindront un réseau de 223 communautés de 78 pays ayant reçu le prix Equateur depuis sa création en 2002 pour continuer à partager et à apprendre les uns des autres. En tant que lauréat, CAMGEW recevra 10.000 USD pour poursuivre les activités de conservation des forêts et d’amélioration des moyens de subsistance dans la zone forestière de Kilum-Ijim. Nous remercions les partenaires ayant permis de débloquer ces fonds. Quels sont les défis pour CAMGEW en ce moment, les perspectives et priorités pour les années à venir? Votre séjour vous a-t-il donné de nouvelles idées à expérimenter sur le terrain? L’un des plus grands défis est la crise socio-politique dans les régions anglophones qui rend le travail actuellement très difficile. Nous prions pour qu’une solution soit trouvée à ce problème. Malgré la crise, CAMGEW a continué de fonctionner mais son financement, qui provenait fortement du PPI-FFEM, a pris fin. CAMGEW doit à nouveau s’engager dans la collecte de fonds pour ses activités et a pour cela besoin d’un renforcement de ses capacités institutionnelles notamment en matière de gestion financière et de stratégie de communication. CAMGEW a besoin de plus de financement pour faciliter le développement de la chaîne de valeur du miel et a besoin de renforcer les capacités communautaires en matière d’apiculture, agroforesterie et régénération forestière. CAMGEW souhaite également promouvoir des activités de bonne gouvernance forestière. CAMGEW doit travailler en synergie avec d’autres organisations pour développer et exécuter des propositions collectives. Ce prix reconnaît les individus et leur leadership. Selon toi, être un bon leader, c’est quoi? Le leadership, c’est la prise de décision. Il s’agit d’être un modèle dans votre communauté que les autres peuvent imiter. Le leadership signifie diriger par l’exemple ou dans la pratique. Il s’agit d’écouter les autres, rendre compte, partager des informations et être prêt à répondre aux questions en cas de besoin. Le leadership consiste à promouvoir l’esprit d’équipe et à impliquer les bénéficiaires du projet dans la planification, la rédaction, l’exécution, le suivi et l’évaluation du projet. C’est un appel à servir et pas à être servi. Des conseils à donner aux jeunes acteurs de la société civile africaine souhaitant travailler sur les questions environnementales en Afrique centrale? Les jeunes acteurs doivent partir de petit et grandir progressivement.