Exploitation aurifère en Guyane : l’UICN France demande l’annulation du permis Rexma

Le Comité français de l’UICN a demandé au Premier ministre d’annuler le permis d’exploitation aurifère accordé par le Ministre du Redressement productif à la société REXMA sur le territoire de la commune de Saül, situé dans un secteur du Parc amazonien de Guyane et dans une zone interdite à l’exploitation dans le schéma départemental d’orientation minière. Un arrêté ministériel du 26 octobre 2012, paru au JORF n°0288 du 11 décembre 2012 et signé par le Ministre du Redressement productif, accorde un permis d’exploitation de mines d’or et substances connexes, dénommé « Permis Limonade », à la société REXMA sur le territoire de la commune de Saül en Guyane. Ce permis concerne une zone interdite à l’exploitation minière du Schéma Départemental d’Orientation Minière de la Guyane qui est entré en vigueur depuis le 1er janvier 2012 et qui avait l’objet d’une large concertation à laquelle le Comité français de l’UICN avait participé. Ce secteur est également inclus dans la zone d’adhésion du Parc amazonien de Guyane et aura des impacts dans la zone cœur de ce parc national, puisque l’exploitation sera réalisée en amont et à proximité immédiate du bassin versant de la Crique Limonade qui en est partie intégrante (pollution au mercure, perturbation des cours d’eaux par les sédiments, etc…). Cette décision a suscité des oppositions parmi les élus guyanais et les habitants de la commune de Saül, située tout près de l’exploitation, qui se sont engagés dans une politique de développement durable du territoire basée notamment sur la valorisation touristique du patrimoine naturel. Cette décision est enfin en contradiction avec les objectifs des concertations actuellement menées sur la réforme du Code minier et la charte du Parc amazonien de Guyane. Le Président du Comité français de l’UICN a ainsi demandé au Premier Ministre, par un courrier en date du 19 décembre 2012, l’annulation de ce permis.

Déclaration de l’UICN France sur les parcs nationaux

Déclaration relative aux parcs nationaux La Commission des aires protégées de l’UICN a manifesté à plusieurs reprises à l’occasion des Congrès français de la Nature son attachement à préserver la grande valeur naturelle qui caractérise les parcs nationaux et à placer les enjeux de protection de la diversité biologique au-dessus de tout autre intérêt plus immédiat pouvant leur porter atteinte. Les parcs nationaux ont fait l’objet de deux recommandations appelant à « consolider et pérenniser la stratégie de création des aires protégées terrestres » (2012) et engageant l’Etat à réaffirmer « une politique volontariste » en leur faveur (2011). L’UICN France insiste sur la double nécessité simultanée De continuer à garantir la protection forte des cœurs de parcs nationaux, dans le respect des principes de gestion de la catégorie II de l’UICN, en accord avec les objectifs du Grenelle de l’environnement et avec les engagements internationaux de la France (objectif n°11 d’Aichi), De mobiliser tous les acteurs pour un développement durable des aires d’adhésion des parcs nationaux, en prenant en compte la solidarité écologique et les autres interactions entre le cœur du parc national et les territoires environnants. Réunie au lendemain de l’ouverture de l’enquête publique sur la charte du Parc national de la Vanoise, la Commission des aires protégées de l’UICN France rappelle l’importance de ce parc, premier créé en France il y a presque cinquante ans. Le Parc national de la Vanoise, avec les autres parcs nationaux dont les zones cœur couvrent au total environ 1% du territoire métropolitain, est un élément essentiel du réseau français d’aires protégées. Parmi les engagements pris par notre pays au titre de la Convention sur la diversité biologique, la France s’est engagée à gérer efficacement et à développer ce réseau. Elle s’est fixée l’objectif de doubler la superficie fortement préservée de notre territoire terrestre métropolitain. La Commission s’est tenue informée des travaux de préparation de la charte, qui ont largement associé l’ensemble des parties prenantes, et particulièrement les collectivités locales. Elle souhaite donc vivement que cette charte soit rapidement adoptée et largement ratifiée, même si elle estime qu’elle aurait pu être plus ambitieuse, au service d’un développement économique durable de l’aire d’adhésion plus profondément enraciné dans un patrimoine naturel et culturel soigneusement préservé et restauré. Les déclarations faites, à cette étape de la procédure, par un certain nombre de collectivités locales sont préoccupantes. La Commission estime qu’il serait très regrettable que les possibilités nouvelles, ouvertes par la loi du 14 avril 2006, de développer les interrelations entre la zone cœur et l’aire d’adhésion, ne soient pas pleinement utilisées au bénéfice des populations locales et de leurs hôtes. Elle appelle à surmonter les méfiances historiques et à se tourner résolument vers l’avenir. Elle souhaiterait donc vivement que les communes de l’aire d’adhésion adhèrent nombreuses à la charte. La Commission estime que les difficultés que traverse le Parc national de la Vanoise doivent conduire l’établissement public à se mobiliser pour poursuivre et moderniser son intervention en faveur de la biodiversité et de l’accès à la nature, en poursuivant le dialogue avec les habitants de l’aire d’adhésion et leurs représentants, et avec toutes les autres parties prenantes. Ceci suppose qu’il soit soutenu efficacement, et notamment doté de moyens humains et techniques à la hauteur des enjeux et des difficultés rencontrées. La Commission se félicite du climat globalement positif dans lequel se mettent en place les chartes des autres parcs nationaux. Elle est consciente que l’application de la loi de 2006 va faire évoluer les missions des personnels des parcs, et que des efforts doivent être faits pour les soutenir et les aider dans cette évolution, qui parait difficilement compatible avec une réduction annoncée des moyens humains et financiers affectés à leurs missions. En ce qui concerne le Parc Amazonien de Guyane, créé en 2007, où l’enquête publique va être ouverte dans les prochaines semaines, la Commission des aires protégées de l’UICN France se félicite que la lutte contre l’orpaillage illégal soit une des priorités fortes du projet de charte. Elle estime que cette lutte est essentielle à la fois pour les conditions de vie des populations locales, et pour la préservation de la zone cœur du Parc national. Elle soutient la position prise à cet égard par les instances du Parc, réclamant une action déterminée et soutenue, concentrée en priorité au bénéfice des aires protégées et des bassins de vie.

Fête de la nature 2013

C’est parti pour la 7e édition de la Fête de la Nature ! Le prochain rendez-vous annuel de tous les amis de la nature se déroulera du 22 au 26 mai 2013, avec un coup d’envoi le 22 mai, à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité. En 2013, la Fête de la Nature proposera de porter le regard sur les petites bêtes en tous genres avec le thème « Cherchons les petites bêtes ! ». Qu’elles sautent, rampent, volent, se cachent dans les maisons, dans les herbes, dans le sol, sous les algues, dans les fissures…, les loupes seront de rigueur pour partir à leur recherche et débusquer les plus petits des animaux ! Membres d’associations, représentants de collectivités territoriales, enseignants, personnels de maisons de retraites, salariés des entreprises, particuliers…, vous êtes tous invités à devenir acteurs de la Fête de la Nature en organisant une ou plusieurs manifestations et en accueillant votre public le temps d’une journée, du week-end ou pendant les 5 jours de fête ! La labellisation des manifestations est d’ores et déjà ouverte. Pour mémoire, une manifestation peut être labellisée si elle respecte les critères de la charte de la Fête de la Nature : gratuité, ouverture au plus grand nombre, contact direct avec la nature, progression des connaissances sur la biodiversité… Pour labelliser vos manifestations, connectez-vous ou créez votre compte Acteur de la Fête de la Nature. Et pour préparer vos événements, des supports pédagogiques et un kit de communication seront mis à votre disposition sur le site internet de la Fête de la Nature en janvier. Accéder au site de la Fête de la Nature

L’UICN France et ses partenaires du secteur privé : 4 engagements reconnus SNB

A l’issue du premier appel pour déposer des engagements volontaires répondant à la Stratégie nationale pour la biodiversité, 4 entreprises partenaires du Comité français de l’UICN, ainsi que 3 de ses organisations membres, ont obtenu la reconnaissance « engagement SNB » pour leurs projets. Le 19 mai 2011, le Ministère de l’Écologie a lancé une nouvelle Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) pour la période 2011-2020. Depuis, 290 acteurs ont adhéré à l’ambition de cette nouvelle SNB qui consiste à préserver, restaurer, renforcer, valoriser la biodiversité et en assurer l’usage durable et équitable par une mobilisation du plus grand nombre. Adhérant pleinement à cette nouvelle stratégie, l’UICN France avait salué le processus participatif qui a été mis en place pour réviser la stratégie, en soulignant toutefois que les clés de la réussite seraient la large mobilisation de tous les acteurs et l’intégration concrète et efficace de la biodiversité dans toutes les politiques à toutes les échelles du territoire. Tous les acteurs privés et publics ont été invités à adhérer à cette nouvelle SNB puis à proposer des engagements volontaires constitué d’actions significatives, cohérentes, proportionnées et additionnelles. En 2012, pour cette première phase, 33 acteurs ont déposé un dossier d’engagement volontaire. Ces dossiers ont fait l’objet d’une évaluation réalisée par des représentants du comité de suivi de la stratégie nationale pour la biodiversité. A l’issue de cet examen, le statut « d’engagement reconnu SNB » a été attribué aux projets portés par 22 acteurs (entreprises, associations, collectivités, syndicats,…). Les projets de quatre partenaires entreprises du Comité français de l’UICN, GSM, Ciments Calcia, GDF-Suez et Lafarge , ont bénéficié de la reconnaissance SNB, sur la base d’un engagement volontaire préparé en collaboration. Le détail des projets est consultable sur les pages dédiées à chacun de nos partenaires : Entreprises et biodiversité Les projets de trois organismes membres du Comité français de l’UICN ont également reçu la reconnaissance SNB : Humanité & Biodiversité, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et Réserves Naturelles de France. Le 17 décembre dernier, l’événement « le temps de l’engagement pour la biodiversité »organisé par le Ministère de l’Ecologie, au Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) a été l’occasion de présenter ces 22 engagements reconnus pour l’année 2012. Les prochains dossiers d’engagements volontaires devront être déposés avant la fin mai 2013 auprès du secrétariat de la SNB du Ministère de l’Ecologie.

Rencontre avec le nouveau Président de l’UICN

Le nouveau Président de l’UICN, ZHANG Xinsheng, a rencontré les membres français de l’UICN pour échanger avec eux sur les enjeux de l’environnement et du développement, ainsi que l’action de l’UICN dans ce domaine. Plusieurs membres français de l’UICN ont pu rencontrer le nouveau Président de l’UICN, M. ZHANG, élu par l’Assemblée Générale lors du dernier Congrès mondial de la nature (Jeju, Corée du Sud, septembre 2012). Cette réunion a été organisée le 12 décembre 2012 par le Comité français de l’UICN et l’Agence Française de Développement. En introduction, M. François GAVE du Ministère des affaires Etrangères, M. TROUVILLIEZ du Ministère de l’Ecologie et M. KLEITZ de l’Agence Française de Développement ont rappelé leur attachement à la mission et aux objectifs poursuivis par l’UICN pour la conservation de la biodiversité au niveau mondial. Ils ont également manifesté leur volonté d’engager une nouvelle phase du partenariat existant entre le gouvernement français et le Secrétariat de l’UICN sur la base du nouveau programme mondial 2013-2016 de l’Union adopté à Jeju. Ce partenariat (Accord-Cadre) existe depuis 2005 et a permis de mettre en oeuvre de nombreuses actions. Le Président du Comité français de l’UICN, M. LEFEBVRE, a ensuite présenté les principales actions menées par le réseau des membres et experts français de l’UICN. La France est en effet le 2ème pays ayant le plus grand nombre d’organismes membres de l’UICN, après les USA, et le Comité français est le 2ème plus grand comité national de l’UICN. Après avoir présenté sa vision et son engagement, le Président ZHANG a échangé avec les membres sur plusieurs sujets (changement climatique, implication des collectivités locales, IPBES, ONUE, économie verte…)

Les lauréats de la Palme IFRECOR 2012 sont…

Pour la deuxième année, l’IFRECOR – Initiative française pour les récifs coralliens – a lancé le concours Palme IFRECOR à destination des élus des collectivités d’outre-mer, organisé par le Comité français de l’UICN. Ce concours a pour objectif de valoriser les actions et politiques exemplaires mises en œuvre pour la préservation et la gestion durable des récifs coralliens et leurs écosystèmes associés (herbiers et mangroves).   Huit candidatures étaient en compétition pour la seconde édition du concours dédié exclusivement aux élus d’outre-mer. Le jury, présidé par le Professeur Bernard Salvat (professeur émérite de l’EPHE – École Pratique des Hautes Études et spécialiste mondial des récifs coralliens), a choisi de récompenser pour la Palme IFRECOR 2012 : Dans la catégorie « Protection, valorisation, restauration » M. Daniel CHOMET, conseiller régional de la Martinique et Président du Parc Naturel régional pour le projet « Création de la Réserve naturelle régionale de la Baie de Génipa » La Baie de Genipa présente un patrimoine écologique d’exception (mangroves, herbiers à phanérogames, bancs coralliens) mais soumis à de nombreuses pressions, comme les pollutions, entraînant notamment une diminution des densités de poissons. Le projet de création d’une Réserve naturelle régionale, lancé en 2007, est en cours de finalisation pour protéger ces milieux naturels. La réserve et la gestion associée permettront de limiter les dégradations subies par les écosystèmes et de garantir leur bon état écologique à long terme.   Dans la catégorie « Éducation et sensibilisation » M. Abourahamane SOILIHI, Sénateur-maire de Mamoudzou (Mayotte) pour le projet « Connaître la mangrove de Tsoundzou pour mieux la protéger ensemble » Ce projet pluriannuel a pour objectif de sensibiliser les habitants du village de Tsoundzou I à la préservation de l’environnement, et en particulier à lutter contre le défrichement des mangroves. Il permet, grâce au partenariat avec l’antenne mahoraise du Conservatoire botanique national des Mascarins, de développer les connaissances et l’esprit critique des enfants sur la protection des mangroves et sur les problématiques liées à leur dégradation. Sept demi-journées d’animation sur le terrain sont en particulier dédiées aux enfants des classes de primaire de l’école municipale de Tsoundzou I.   Une remise des trophées au Ministère des Outre-mer Lundi 19 novembre, à l’occasion de la journée Outre-Mer du Congrès de l’Association des Maires de France (AMF) qui se tenait à l’Hôtel de Ville de Paris, une grande exposition photographique a présenté l’ensemble des projets candidats pour la Palme IFRECOR 2012.La cérémonie de remise des trophées s’est tenue au Ministère des Outre-Mer à l’issue de cette journée, en présence de la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Delphine Batho, du Ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, du Président de l’AMF, Jacques Pélissard et du Président du Comité français de l’UICN, Christophe Lefebvre, et de 500 élus ultramarins.   > Découvrez également le livret des projets candidats à la Palme IFRECOR 2012 > Site internet de l’IFRECOR