Colloque « L’UICN et les collectivités territoriales se mobilisent ensemble pour la biodiversité » Mardi 11 juin 2013
Le Comité français de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – organise un colloque intitulé « L’UICN et les collectivités territoriales se mobilisent ensemble pour la biodiversité » Le Colloque se tiendra le mardi 11 juin 2013 dans l’Hémicycle du Conseil régional d’Île-de-France (57, rue de Babylone – Paris 7ème). Il a pour but de renforcer les collaborations entre l’UICN France et les collectivités territoriales pour mieux répondre aux enjeux de biodiversité. Si vous souhaitez participer, nous vous remercions de faire une demande d’inscription avant le 31 mai 2013 par e-mail à l’adresse suivante : colloqueCT@uicn.fr. Votre inscription sera ensuite confirmée par e-mail dans la limite des places disponibles. Ce colloque est organisé avec le soutien du Conseil régional d’Ile-de-France. Document joint programme colloque UICN & collectivités 11 juin
Une nouvelle étude montre l’importance de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN
Une nouvelle norme mondiale dans l’évaluation des risques pour l’environnement, la Liste rouge de l’UICN des écosystèmes, a été testée sur 20 écosystèmes dans les six continents et dans trois océans. « En sachant quels écosystèmes sont en bonne santé et quels sont ceux qui sont perturbés, les gouvernements, les collectivités locales et les entreprises pourront prendre les bonnes décisions d’investissement pour la gestion durable de l’environnement », explique David Keith, responsable d’une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique, PLoS ONE. Le développement de cette nouvelle méthode d’évaluation est considéré comme une percée scientifique majeure pour connaître l’état de l’environnement. Calquée sur l’influente Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, la Liste rouge de l’UICN des écosystèmes permettra de déterminer si un écosystème est vulnérable, en danger ou en danger critique. « Pour la première fois, nous avons une méthode d’évaluation des risques qui est applicable dans le monde entier pour les écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins », explique l’une des co-auteurs de l’étude, Emily Nicholson de l’Université de Melbourne. « Notre objectif est d’évaluer tous les écosystèmes du monde d’ici 2025 et l’UICN poursuivra son travail pour évaluer de grandes zones géographiques, comme les continents et les bassins océaniques. Mais notre base de données est conçue pour accueillir également des études réalisées au niveau d’une municipalité, d’un pays ou par type d’écosystème, comme le montrent les études de cas de l’article publié dans la revue PLoS ONE « , explique Jon Paul Rodriguez, chef de projet de la Liste rouge de l’UICN des Écosystèmes. Les écosystèmes reculés de montagne du Tepui vénézuélien sont parmi ceux les moins à risque d’effondrement, selon l’étude. À l’autre extrême, la mer d’Aral, en Asie centrale, s’est effondrée au cours des années 1980 et 1990. « Les leçons tirées de l’évaluation de la mer d’Aral font réfléchir », dit Richard Kingsford, directeur du Centre des zones humides (Wetlands Centre) et autre co-auteur de l’étude.« Non seulement une multitude d’espèces a été perdue à jamais, mais l’effondrement de l’écosystème a conduit à un désastre socio-économique. « Les pêcheries de la mer d’Aral et l’industrie maritime se sont effondrées, et parallèlement les maladies respiratoires et digestives ont augmenté et l’espérance de vie a diminué, en raison des tempêtes de poussière générées par la désertification du fond de la mer. Huit écosystèmes australiens évalués dans l’étude se situent entre ces deux extrêmes. Certains d’entre eux sont déjà en rapide déclin, tandis que pour d’autres, les menaces en sont aux premiers stades et pourraient être plus facilement traitées par des décisions politiques et de gestion pour maintenir la diversité et les fonctions des écosystèmes. « Une gestion avisée de l’environnement est impérative pour maintenir des écosystèmes fonctionnels, leur diversité biologique et les services écosystémiques dont nos économies et notre bien-être social dépendent », dit Edmund Barrow, chef du Programme de gestion des écosystèmes de l’UICN. La Liste rouge de l’UICN des écosystèmes devrait devenir un outil précieux pour les autorités locales et nationales, les gestionnaires et d’autres acteurs qui pourront utiliser ces évaluations afin de mieux gérer les ressources limitées de notre planète. Le Comité français de l’UICN est partie prenante de l’élaboration de cette Liste rouge de l’UICN des écosystèmes. Il est membre du groupe de travail international de l’UICN et a assisté aux principaux ateliers de travail organisés aux USA, en France et au Sénégal. La méthodologie a été testée en 2012 sur les zones humides littorales de France métropolitaine et le sera en 2013 sur les forêts de métropole puis en 2014 sur les mangroves de Mayotte. Ces études vont fournir des résultats sur l’état des écosystèmes présents sur le territoire français et alimenter les études de cas réalisées ailleurs dans le monde, comme celles présentées dans l’article de la revue PLoS ONE. L’UICN cherche des soutiens pour compléter l’évaluation mondiale de l’état de conservation des écosystèmes terrestres, d’eau douce, marins et souterrains de la planète avant 2025. En savoir plus Liste rouge mondiale des écosystèmes Commission on Ecosystem Management de l’UICN international La liste rouge France des écosystèmes
Liste rouge mondiale : près d’un reptile sur cinq lutte pour survivre
On estime que 19% des reptiles de la planète sont menacés d’extinction, d’après un document publié aujourd’hui par la Société zoologique de Londres (ZSL) en collaboration avec des experts de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. L’étude, publiée dans la revue Biological Conservation, est la première en son genre à présenter l’état de conservation des reptiles dans le monde. Plus de 200 experts de renommée mondiale ont évalué le risque d’extinction de 1500 reptiles de toutes les régions du monde sélectionnés aléatoirement. Sur les 19% de reptiles menacés d’extinction, 12% sont classés dans la catégorie « En danger critique d’extinction », 41% « En danger » et 47% « Vulnérable ». « Il s’agit d’une avancée très importante pour évaluer le statut de conservation des reptiles dans le monde entier », indique Philip Bowles, Coordinateur de l’Autorité de la Liste rouge pour les sauriens et les ophidiens de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. « Les résultats de l’étude sonnent l’alarme sur l’état de ces espèces et les menaces croissantes auxquelles elles sont confrontées. Il est essentiel de répondre en priorité à ces menaces, notamment la destruction des habitats et la surexploitation, pour réussir à inverser le déclin de ces espèces ». Trois espèces classées « En danger critique d’extinction » pourraient être déjà éteintes. L’une d’entre elles, le lézard coureur Ameiva vittata, n’a été observée que dans une région de la Bolivie. La menace est particulièrement forte dans les régions tropicales, surtout en raison de la conversion d’habitats naturels à des usages agricoles et de l’exploitation forestière. L’habitat du lézard est pratiquement détruit et deux missions récentes de recherche de l’espèce n’ont pas eu de succès. « On associe souvent les reptiles à des habitats extrêmes et à des conditions environnementales très dures, et on suppose qu’ils s’en sortiront malgré les changements de la planète », indique Monika Böhm, auteur principale de l’étude. « Or, de nombreuses espèces sont très spécialisées quant à l’usage de leurs habitats et aux conditions climatiques dont elles ont besoin pour leur vie quotidienne. Elles sont donc particulièrement sensibles aux modifications de l’environnement ». Le risque d’extinction n’est pas également réparti dans ce groupe très divers : les tortues d’eau douce sont particulièrement en danger, à l’instar de l’ensemble de la biodiversité d’eau douce partout dans le monde. Dans l’ensemble, l’étude estime que 30% des reptiles d’eau douce sont proches de l’extinction ; ce pourcentage atteint 50% pour les tortues, car elles sont aussi touchées par le commerce national et international. Bien que les menaces soient moins graves pour les reptiles terrestres, leurs aires de répartition souvent restreintes, leur faible mobilité et les conditions biologiques et environnementales spécifiques dont ils ont besoin, les rendent particulièrement vulnérables à la pression anthropique. En Haïti, six des neuf espèces étudiées du lézard Anolis sont confrontées à un risque élevé d’extinction, en raison de la déforestation intensive du pays. Regroupés sous le nom de « reptiles », les serpents, les lézards, les amphisbéniens (parfois appelés lézards-vers), les crocodiliens, les tortues terrestres et marines et les tuataras ou sphénodons (reptiles semblables aux lézards, endémiques de la Nouvelle-Zélande) ont une histoire longue et complexe, depuis leur apparition sur la planète il y a près de 300 millions d’années. Ils remplissent un certain nombre de fonctions importantes dans les écosystèmes mondiaux, que ce soit comme prédateurs ou comme proies. « Il faut remédier aux lacunes des connaissances et aux insuffisances des mesures de conservation, pour que celles-ci soient efficaces et que les reptiles survivent et prospèrent partout dans le monde », indique Ben Collen, directeur de l’Unité indicateurs et évaluations de la Société zoologique de Londres.« Les résultats de cette étude facilitent et accélèrent la prise de décisions importantes pour la conservation et situent clairement les reptiles sur la carte de la conservation ». Les informations tirées de cette étude feront partie de l’évaluation mondiale des reptiles entreprise par l’UICN et actuellement en cours. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site mondial de l’UICN >> ici Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées >> voir ici
Exploitation aurifère en Guyane : l’UICN France demande l’annulation du permis Rexma
Le Comité français de l’UICN a demandé au Premier ministre d’annuler le permis d’exploitation aurifère accordé par le Ministre du Redressement productif à la société REXMA sur le territoire de la commune de Saül, situé dans un secteur du Parc amazonien de Guyane et dans une zone interdite à l’exploitation dans le schéma départemental d’orientation minière. Un arrêté ministériel du 26 octobre 2012, paru au JORF n°0288 du 11 décembre 2012 et signé par le Ministre du Redressement productif, accorde un permis d’exploitation de mines d’or et substances connexes, dénommé « Permis Limonade », à la société REXMA sur le territoire de la commune de Saül en Guyane. Ce permis concerne une zone interdite à l’exploitation minière du Schéma Départemental d’Orientation Minière de la Guyane qui est entré en vigueur depuis le 1er janvier 2012 et qui avait l’objet d’une large concertation à laquelle le Comité français de l’UICN avait participé. Ce secteur est également inclus dans la zone d’adhésion du Parc amazonien de Guyane et aura des impacts dans la zone cœur de ce parc national, puisque l’exploitation sera réalisée en amont et à proximité immédiate du bassin versant de la Crique Limonade qui en est partie intégrante (pollution au mercure, perturbation des cours d’eaux par les sédiments, etc…). Cette décision a suscité des oppositions parmi les élus guyanais et les habitants de la commune de Saül, située tout près de l’exploitation, qui se sont engagés dans une politique de développement durable du territoire basée notamment sur la valorisation touristique du patrimoine naturel. Cette décision est enfin en contradiction avec les objectifs des concertations actuellement menées sur la réforme du Code minier et la charte du Parc amazonien de Guyane. Le Président du Comité français de l’UICN a ainsi demandé au Premier Ministre, par un courrier en date du 19 décembre 2012, l’annulation de ce permis.
Convention sur la Diversité Biologique : le grand plan pour la nature nécessite une action de grande ampleur et immédiate
Les gouvernements doivent passer à l’action et investir dans la nature afin de sauvegarder la diversité de la vie sur la terre et affronter les défis actuels du développement, a déclaré l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) devant la 11ème Conférence des parties à la Convention sur la biodiversité biologique (CDB COP11), qui s’ouvre aujourd’hui à Hyderabad, en Inde. Les représentants gouvernementaux réunis à Hyderabad discuteront de la mise en œuvre des décisions prises au sommet de la biodiversité de Nagoya en 2010, et en particulier des suites qui ont été données au Plan stratégique pour la biodiversité et aux Objectifs d’Aichi 2020 établis à l’occasion de ce sommet en matière de sauvegarde et de restauration de la nature. « À Nagoya, nous avons convenu d’un Plan de grande envergure assorti d’objectifs ambitieux mais réalistes pour protéger la biodiversité de notre planète », déclare Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Nous avons à préserver cet élan. Les pertes de biodiversité se poursuivent et ont franchi les limites planétaires pouvant être jugées comme sûres. Le moment est venu de sérieusement faire le point sur les progrès que nous avons réalisés en vue de transformer le Plan de grande envergure en Action de grande envergure ». D’après la Liste rouge des espèces menacées™ de l’UICN, sur les 63 837 espèces évaluées, 19 817 sont menacées d’extinction, dont 41 % des amphibiens, 33 % des récifs coralliens, 25 % des mammifères, 13 % des oiseaux et 30 % des conifères. « Ce qui est inquiétant, c’est que les pertes de biodiversité augmentent actuellement et que, selon les prévisions, ces pertes vont s’intensifier dans l’avenir », déclare Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Ce qui est plus réjouissant, toutefois, c’est que nous disposons d’un plan qui nous aidera à renverser cette tendance ». « Il faut que les pays entreprennent des actions efficaces au niveau national et qu’ils conçoivent la nature comme faisant partie intégrante de leurs plans de développement. Ce thème ne peut plus être réservé aux ministères de l’Environnement. Tous les ministères doivent être impliqués dans la conservation des atouts naturels de notre planète ». Le Congrès mondial de la nature de l’UICN tenu en septembre en Corée et le sommet Rio+20 de juin dernier ont démontré que l’œuvre de protection de la nature produit des avantages allant bien au-delà de la conservation de la diversité biologique et culturelle de notre planète. L’infrastructure naturelle que constituent les forêts, les rivières et les océans – avec leurs richesses naturelles et leur aptitude innée à appuyer notre adaptation au changement climatique et à en minimiser les impacts – offre des solutions viables à la plupart des défis pressants du développement, y compris ceux de caractère social et économique. « Nous ne parlons plus de sauver la nature dans le seul but de sauver celle-ci », ajoute Jane Smart. « Investir dans l’infrastructure naturelle constitue un moyen rentable de réagir aux besoins de l’être humain dans la durée, y compris la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’accès à des sources d’eau et d’énergie, l’instauration d’une économie stable et la création d’emplois. En notre période de crise économique mondiale, cet investissement ne peut qu’être fructueux et durable ». « La nature contient tous les ingrédients nécessaires à notre développement, que celui-ci soit économique, spirituel ou affectif », déclare Cyriaque N. Sendashonga, Directeur mondial du Groupe Programme et Politiques de l’UICN. « En faisant du tort à la nature, c’est à nous-mêmes, en définitive, que nous faisons du tort, car nous compromettons les fondements mêmes de notre développement et de notre bien-être ». « Les décideurs réunis à Hyderabad ont à reconnaître la nécessité urgente de passer à l’action et d’évoluer de la phase des négociations à une phase où nous commencerons à voir des changements sur le terrain ». Consultez toutes les positions de l’UICN pour la COP 11 de la CDB
Nature+ : Vers une nouvelle ère prônant la conservation, la durabilité et les solutions fondées sur la nature
A la fin de sa session, le 5ème Congrès mondial de la nature a adopté la déclaration de Jeju. 1. La conservation de la diversité biologique, à la base même de toute vie sur Terre, revêt une importance capitale pour la vie des êtres humains. Cependant, la diversité biologique, le climat et les autres limites de la planète sont menacés par les activités humaines et notamment notre croissance basée sur les énergies fossiles, gourmande en énergie, et non durable. Notre génération a la responsabilité morale et l’occasion d’empêcher une plus grande détérioration de la diversité biologique et de la biosphère de la Terre, et nous nous engageons à y contribuer activement. 2. Depuis sa création en 1948, l’UICN a participé à tous les principaux débats mondiaux sur l’environnement et le développement durable, occupant récemment un rôle de premier plan à la Conférence Rio+20. Le document final de la Conférence décrit « L’avenir que nous voulons » et préconise que les gouvernements du monde considèrent que « l’élimination de la pauvreté, l’abandon des modes de consommation et de production non viables en faveur de modes durables, ainsi que la protection et la gestion des ressources naturelles sur lesquelles repose le développement économique et social sont à la fois les objectifs premiers et les préalables indispensables du développement durable ». Ce document appelle également tous les pays à prendre des actions urgentes pour lutter contre « les effets néfastes des changements climatiques ». 3. L’UICN fournit des connaissances scientifiques et des conseils politiques afin de venir à bout des grands défis qui menacent l’ensemble de l’humanité. Lors des débats auxquels ont participé les gouvernements, les entreprises et la société civile au Forum mondial de la nature de l’UICN, organisé en septembre 2012 dans la Province autonome spéciale de Jeju, en République de Corée, les actions suivantes ont été identifiées pour conserver la diversité biologique de la Terre. Passer à l’échelle supérieure en matière de conservation 4. Tous les secteurs de la société doivent prendre des mesures fortes pour passer à l’échelle supérieure en matière de conservation de la diversité biologique et mettre un terme à son déclin rapide et continu. La perte de la diversité biologique (espèces, écosystèmes et gènes) a des conséquences néfastes pour l’humanité, ce qui ne peut être accepté. 5. La conservation de la nature prouve chaque jour davantage son efficacité. En conséquence, nous devons amplifier nos actions sur terre et sur mer grâce à des efforts de conservation ciblés. En particulier, nous devons veiller à ce que les aires protégées soient bien gérées ; créer des programmes de repeuplement pour les espèces en péril ; adopter des mesures pour restaurer et réhabiliter les habitats ; renforcer les programmes de reproduction pour la conservation et réduire ou atténuer la surexploitation des ressources naturelles. 6. Nous savons que la connaissance est le moteur de l’action, et qu’une action efficace et des mesures correctives requièrent de meilleures connaissances sur les dangers qui menacent la diversité biologique. Nous devons intensifier nos efforts pour rassembler des informations sur les espèces, les habitats, les écosystèmes, la gouvernance et la dépendance humaine différenciée selon les sexes envers la nature, et offrir ainsi aux décideurs les outils dont ils ont besoin pour une gestion efficace des paysages terrestres et marins qui conserve la nature et soutienne les moyens de subsistance des populations. Des solutions fondées sur la nature 7. La diversité biologique ne doit pas être considérée comme un problème, mais au contraire comme une occasion d’atteindre des objectifs sociétaux plus vastes. La nature est une grande part de la solution à certains des défis les plus urgents de notre planète, comme le changement climatique, l’énergie durable, la sécurité alimentaire et le développement économique et social. Les solutions fondées sur la nature s’appuient sur la contribution prouvée d’écosystèmes divers et bien gérés pour accroître la résilience des humains, et offrir aux femmes et aux hommes des communautés pauvres des opportunités de développement supplémentaires. Ainsi, nous devons encourager la prise de conscience, les connaissances, la bonne gouvernance et des investissements durables pour montrer que la protection de l’environnement est l’affaire de tous et que l’humanité est fondamentalement dépendante de la nature. 8. Valoriser la nature et les services écosystémiques est une première étape cruciale pour offrir des avantages, des paiements et une reconnaissance aux gardiens de la nature. Les solutions fondées sur la nature offrent une vaste gamme d’avantages sociétaux et peuvent attirer l’investissement public et privé. L’UICN prendra la tête d’un mouvement de la conservation qui rapproche les communautés, la société civile, les gouvernements et les investissements afin de négocier et de mettre en oeuvre les solutions pratiques que nous offre la nature pour faire face aux multiples défis du développement, démontrant ainsi leur rentabilité et mesurant et vérifiant leurs effets. La durabilité en action 9. Les gouvernements, la société civile, les entreprises et les autres parties prenantes doivent renforcer leur engagement envers la durabilité en prenant en compte ses trois dimensions : la croissance économique soutenue, inclusive et équitable, le développement et l’intégration sociaux équitables, et la gestion intégrée et durable des ressources naturelles et des écosystèmes. 10. Nous devons intégrer la durabilité dans toutes les décisions sociétales, et soutenir la mise en oeuvre totale des accords multilatéraux environnementaux, notamment les Conventions de Rio et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), récemment créée. 11. Nous devons travailler avec les secteurs privé et public pour accroître le transfert des technologies vertes et partager les connaissances, expériences et compétences afin d’intégrer la diversité biologique et les valeurs des écosystèmes dans la production et la consommation mondiales. Nous encourageons les gouvernements et les entreprises à rechercher une croissance verte inclusive et respectant la parité hommes-femmes qui garantisse l’intégration sociale des groupes vulnérables, éradique la pauvreté et maintienne l’empreinte de l’humanité dans des limites écologiques raisonnables. 12. Nous devons mobiliser les communautés oeuvrant pour la conservation de la diversité biologique, le développement durable et la réduction de la pauvreté dans des efforts communs, afin de mettre un terme à la perte de la
Résoudre la crise du changement climatique naturellement
Avant le sommet de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Durban, l’UICN appelle les décideurs politiques à augmenter les financements consacrés à la lutte contre le changement climatique et à promouvoir des solutions basées sur la nature. L’UICN enverra une délégation d’experts à la 17ème Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui aura lieu à Durban, Afrique du Sud, du 28 Novembre au 9 Décembre 2011. Parmi les défis clés pour l’UICN lors de cette conférence figurent celui de l’adaptation basée sur les écosystèmes pour faire face aux impacts néfastes du changement climatique et celui de la mise en œuvre globale d’un mécanisme de réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD). Les questions clés • La nature fournit une solution d’adaptation au changement climatique « L’adaptation basée sur les écosystèmes est une solution efficace que les gouvernements devraient incorporer de manière proactive dans les politiques nationales ; ils devraient prendre des mesures immédiates pour la mettre en œuvre sur le terrain », explique Stewart Maginnis, Directeur du programme Environnement et Développement de l’UICN. « Améliorer la gestion des systèmes fluviaux, les récifs coralliens, les mangroves et les forêts contribue directement à la résilience des communautés locales pour faire face aux conséquences, à la fois soudaines et à long terme, du changement climatique. » • Une initiative majeure doit être prise pour promouvoir le développement et la mise en œuvre d’un mécanisme REDD+, écologique et équitable, au niveau national « Un outil qui, à la fois conserve et restaure les ressources forestières et réduit les émissions de gaz à effet de serre, est l’un des rares outils que nous avons d’immédiatement disponible pour diminuer les effets du changement climatique », explique Claire Parker, Conseillère principale de l’UICN des politiques sur les changements climatiques. « Toutefois, pour être efficace, la mise en œuvre doit avoir lieu au niveau national, inclure l’examen de questions telles que la répartition équitable des avantages, et permettre une participation égale de toutes les parties prenantes, y compris les femmes et les peuples autochtones. » • Les gouvernements doivent reconnaître l’importance de la gestion des écosystèmes côtiers « Les gens ne réalisent souvent pas à quel point la nature peut être efficace dans la lutte contre les effets du changement climatique », dit Edmund Barrow, chef du Programme de gestion des écosystèmes de l’UICN.« Le défi est de trouver les moyens les plus appropriés et durables de le montrer. La gestion des écosystèmes côtiers offre un double avantage : non seulement elle permet de protéger les communautés de l’inévitable élévation du niveau de la mer, mais des systèmes côtiers en bonne santé permettent également de capturer et de stocker d’énormes quantités de carbone. » • L’acidification des océans est un défi mondial « Le temps est venu d’agir », explique Dorothée Herr, Chargée du programme marin.« Les décideurs ont besoin de reconnaître et de traiter l’acidification des océans, comme il est maintenant clair que c’est un problème lié au changement climatique qui engendrera des conséquences dévastatrices si rien n’est fait. L’acidification des océans à l’échelle mondiale est causée uniquement par l’augmentation des concentrations de CO2 atmosphérique et représente une menace majeure non seulement pour la biodiversité marine, mais aussi pour la sécurité alimentaire mondiale. » Pour en savoir plus : http://www.iucn.org/unfccc/