Premiers résultats de la Liste rouge nationale pour la flore de Martinique
Au terme d’un état des lieux établi avec les compétences d’une douzaine de botanistes, les analyses réalisées permettent de connaître le risque de disparition de 162 espèces de la flore de Martinique. Ces résultats constituent une première étape vers l’évaluation de l’ensemble des plantes supérieures de l’île. Parmi les espèces menacées, la Liane à canots (Tanaecium crucigerum) et le Banga (Acrocomia karukerana) sont classés « En danger critique ». Le Bois chandelle (Zanthoxylum spinifex) et l’orchidée Oncidium altissimumsont en catégorie « Vulnérable ». Le Caca-ravet (Cybianthus dussii) et le Bois-moussara (Drypetes dussii), tous deux endémiques de l’île, ont été classés « En danger ». Ces évaluations ont été menées par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec le Conservatoire botanique de Martinique (CBMQ) et la Fédération des conservatoires botaniques nationaux (FCBN). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale Documents et liens • Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf) • Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN) Photo bandeau : Banga (Acrocomia karukerana) © CBIG
Liste rouge mondiale 2013 : les plus anciennes et les plus grandes espèces du monde sont en déclin
La dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™ fait état du déclin inquiétant des conifères – les organismes les plus anciens et les plus grands du monde –, des crevettes d’eau douce, des cônes ou coquillages du genre Conus, et du marsouin aptère du Yang Tsé. Le scinque géant du Cap-Vert, le Cyprinodon de Santa Cruz et une espèce de crevette d’eau douce sont déclarés éteints. Cette mise à jour porte à 4807 le nombre d’espèces qui ont été ajoutées à la Liste rouge de l’UICN et à 70294 le nombre total d’espèces évaluées, dont 20934 sont menacées d’extinction. « Grâce à la Liste rouge de l’UICN, nous disposons d’un niveau de connaissance sur l’état de la biodiversité dans le monde jamais atteint auparavant », explique Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Mais le tableau d’ensemble est alarmant. Nous devons exploiter pleinement ces connaissances, en déployant des efforts de conservation ciblés et efficaces, si nous voulons vraiment juguler la crise de l’extinction qui continue à menacer la vie sur Terre. » Cette mise à jour comprend la première réévaluation mondiale des conifères. D’après les résultats de celle-ci, 34% des cèdres, cyprès, sapins et autres conifères sont actuellement menacés d’extinction, soit une augmentation de 4% depuis la dernière évaluation complète en 1998. Le statut de conservation de 33 espèces de conifères s’est dégradé, notamment celui du pin de Monterey (Pinus radiata), le pin le plus communément planté au monde, apprécié pour sa croissance rapide et pour les qualités de sa pulpe. Cet arbre est passé du statut « Préoccupation mineure », une catégorie utilisée pour les espèces ne courant qu’un risque d’extinction relativement faible, à « En danger », menacé principalement par des chèvres sauvages et par les attaques d’un agent pathogène invasif. Une autre espèce de conifère auparavant classée dans la catégorie « Préoccupation mineure », le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), originaire de l’Atlas algérien et marocain, est actuellement « En danger » en raison de sa surexploitation. Et sa population réduite est menacée par différents parasites. D’un autre côté, des mesures de conservation ont permis d’améliorer le statut du cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana). Cet arbre, qui a fait l’objet d’un commerce important à un moment donné, est actuellement classé espèce « Quasi menacée », grâce à l’amélioration des pratiques de gestion en Californie et dans l’Oregon, avec entre autres la plantation d’individus résistants aux maladies. Si les mesures de conservation se poursuivent, ce conifère pourrait être classé dans la catégorie « Préoccupation mineure » d’ici 10 ans. « Les efforts de conservation portent leurs fruits et les résultats obtenus pour le cyprès de Lawson sont rassurants », précise Aljos Farjon, président du Groupe de spécialistes des conifères au sein de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) à l’UICN. « Néanmoins, il est clair que cela ne suffit pas. Nous devons d’urgence effectuer des recherches plus poussées sur le statut et la distribution de nombreuses espèces. Nous supposons qu’il y a encore de nombreuses nouvelles espèces qui n’ont pas été décrites à ce jour, mais elles ne seront probablement jamais découvertes vu le rythme auquel la déforestation progresse et auquel leur habitat est converti en plantations destinées à la production d’huile de palme. » Les conifères sont les plus anciennes et les plus grandes espèces de notre planète. Le pin Bristlecone (Pinus longaeva), par exemple, peut vivre près de 5000 ans, et le séquoia (Sequoia sempervirens) atteint une hauteur de 110 mètres. A l’exception des zones humides, les forêts de conifères capturent plus de carbone que tout autre biome – trois fois plus que les forêts tempérées et tropicales. Leur valeur économique est immense : les résineux sont utilisés pour la production de bois et de papier, et l’agent anti-cancéreux Taxol® est dérivé de l’écorce de nombreuses espèces d’ifs. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN fournit les résultats de la toute première évaluation mondiale des crevettes d’eau douce, dont 28% des espèces sont menacées d’extinction. Dix pour cent sont utilisées pour la consommation humaine, notamment la chevrette, ou crevette géante d’eau douce (Macrobrachium rosenbergii), et elles jouent un rôle important dans les réseaux trophiques d’eau douce. La pollution, la modification de leur habitat et le commerce aquariophile sont quelques-unes des grandes menaces auxquelles l’espèce est confrontée. Les conidés, présents dans les milieux marins tropicaux, ont eux aussi fait l’objet d’une évaluation pour la première fois, et 8% sont menacés d’extinction. En tant que prédateurs, ils constituent un élément important des écosystèmes marins. De plus, leurs toxines mortelles sont très précieuses, car elles servent à l’élaboration de nouveaux médicaments destinés au traitement de la douleur irréductible. Enfin, les belles coquilles de ces animaux sont prisées par les collectionneurs depuis des siècles, certains spécimens rares ayant été vendus pour des milliers de dollars. La perte de leur habitat et la pollution représentent les plus grandes menaces qui pèsent sur ces espèces. « Cette évaluation marque un tournant rendu possible par la collaboration innovante entre les négociants en coquillages et les experts scientifiques », explique Howard Peters de l’Université de York, membre du Groupe de spécialistes des mollusques au sein de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) à l’UICN. « Leur travail conjoint a permis de mieux connaître la distribution, le commerce et les menaces qui pèsent sur chaque espèce. Ces informations seront capitales pour nos futurs efforts de conservation. » Le marsouin aptère du Yang Tsé (Neophocaena asiaeorientalis asiaeorientalis), une sous-espèce du marsouin aptère et l’un des derniers cétacés d’eau douce au monde, qui vit dans le fleuve Yang Tsé en Chine et dans deux lacs adjacents, les lacs Poyang et Donting, a également été évalué. Sa population, estimée à environ 1800 individus en 2006, baisse de plus de 5% par an depuis les années 1980 et est considérée comme « En danger critique d’extinction ». Ces marsouins sont de plus en plus menacés, entre autres par la pêche clandestine, la circulation de nombreux navires, l’exploitation du sable et la pollution. Le pécari à lèvres blanches (Tayassu pecari), un membre de la famille du
Liste rouge mondiale : près d’un reptile sur cinq lutte pour survivre
On estime que 19% des reptiles de la planète sont menacés d’extinction, d’après un document publié aujourd’hui par la Société zoologique de Londres (ZSL) en collaboration avec des experts de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. L’étude, publiée dans la revue Biological Conservation, est la première en son genre à présenter l’état de conservation des reptiles dans le monde. Plus de 200 experts de renommée mondiale ont évalué le risque d’extinction de 1500 reptiles de toutes les régions du monde sélectionnés aléatoirement. Sur les 19% de reptiles menacés d’extinction, 12% sont classés dans la catégorie « En danger critique d’extinction », 41% « En danger » et 47% « Vulnérable ». « Il s’agit d’une avancée très importante pour évaluer le statut de conservation des reptiles dans le monde entier », indique Philip Bowles, Coordinateur de l’Autorité de la Liste rouge pour les sauriens et les ophidiens de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. « Les résultats de l’étude sonnent l’alarme sur l’état de ces espèces et les menaces croissantes auxquelles elles sont confrontées. Il est essentiel de répondre en priorité à ces menaces, notamment la destruction des habitats et la surexploitation, pour réussir à inverser le déclin de ces espèces ». Trois espèces classées « En danger critique d’extinction » pourraient être déjà éteintes. L’une d’entre elles, le lézard coureur Ameiva vittata, n’a été observée que dans une région de la Bolivie. La menace est particulièrement forte dans les régions tropicales, surtout en raison de la conversion d’habitats naturels à des usages agricoles et de l’exploitation forestière. L’habitat du lézard est pratiquement détruit et deux missions récentes de recherche de l’espèce n’ont pas eu de succès. « On associe souvent les reptiles à des habitats extrêmes et à des conditions environnementales très dures, et on suppose qu’ils s’en sortiront malgré les changements de la planète », indique Monika Böhm, auteur principale de l’étude. « Or, de nombreuses espèces sont très spécialisées quant à l’usage de leurs habitats et aux conditions climatiques dont elles ont besoin pour leur vie quotidienne. Elles sont donc particulièrement sensibles aux modifications de l’environnement ». Le risque d’extinction n’est pas également réparti dans ce groupe très divers : les tortues d’eau douce sont particulièrement en danger, à l’instar de l’ensemble de la biodiversité d’eau douce partout dans le monde. Dans l’ensemble, l’étude estime que 30% des reptiles d’eau douce sont proches de l’extinction ; ce pourcentage atteint 50% pour les tortues, car elles sont aussi touchées par le commerce national et international. Bien que les menaces soient moins graves pour les reptiles terrestres, leurs aires de répartition souvent restreintes, leur faible mobilité et les conditions biologiques et environnementales spécifiques dont ils ont besoin, les rendent particulièrement vulnérables à la pression anthropique. En Haïti, six des neuf espèces étudiées du lézard Anolis sont confrontées à un risque élevé d’extinction, en raison de la déforestation intensive du pays. Regroupés sous le nom de « reptiles », les serpents, les lézards, les amphisbéniens (parfois appelés lézards-vers), les crocodiliens, les tortues terrestres et marines et les tuataras ou sphénodons (reptiles semblables aux lézards, endémiques de la Nouvelle-Zélande) ont une histoire longue et complexe, depuis leur apparition sur la planète il y a près de 300 millions d’années. Ils remplissent un certain nombre de fonctions importantes dans les écosystèmes mondiaux, que ce soit comme prédateurs ou comme proies. « Il faut remédier aux lacunes des connaissances et aux insuffisances des mesures de conservation, pour que celles-ci soient efficaces et que les reptiles survivent et prospèrent partout dans le monde », indique Ben Collen, directeur de l’Unité indicateurs et évaluations de la Société zoologique de Londres.« Les résultats de cette étude facilitent et accélèrent la prise de décisions importantes pour la conservation et situent clairement les reptiles sur la carte de la conservation ». Les informations tirées de cette étude feront partie de l’évaluation mondiale des reptiles entreprise par l’UICN et actuellement en cours. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site mondial de l’UICN >> ici Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées >> voir ici
Liste rouge 2012 des espèces menacées de l’UICN : la France en première ligne au niveau mondial
Rendue publique le 19 mai, à la veille de la Conférence des Nations Unies de Rio sur le développement durable, la nouvelle mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées montre que 19 817 espèces sont menacées d’extinction sur les 63 837 étudiées à ce jour. Avec le déclin rapide des espèces animales et végétales, nos sources de nourriture, de médicaments et d’eau salubre, tout comme la pollinisation des cultures ou la régénération de la fertilité des sols, risquent de se trouver en danger. Pour lire le communiqué de presse consacré à la Liste rouge mondiale 2012 >> cliquez ici (en français). Avec cette nouvelle édition, le Comité français de l’UICN souligne la responsabilité majeure de la France dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité mondiale : d’après cet état des lieux, la France est en première ligne, figurant parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. Pour lire le communiqué de presse faisant le point sur la situation de la France d’après la Liste rouge mondiale >> cliquez ici. Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées >> voir ici (en français). Toutes les informations sur la Liste rouge 2012 sont disponibles sur le site de l’UICN International >> ici (en anglais). Document joint Communiqué UICN France Liste rouge mondiale 2012
La Liste rouge des crustacés d’eau douce de France métropolitaine

Un quart des espèces de crustacés d’eau douce sont menacées en France métropolitaine. Ce chapitre de la Liste rouge nationale porte sur des espèces pour la plupart méconnues, qui jouent un rôle essentiel dans les milieux d’eau douce. Au terme de l’étude menée durant trois ans sur les 576 espèces de crustacés d’eau douce de l’Hexagone, près de 28% des espèces apparaissent menacées. Ce résultat est le fruit d’un travail conduit par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, avec la contribution d’une vingtaine de spécialistes. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (juin 2012)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN France & MNHN (2014). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Crustacés d’eau douce de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Ecrevisse à pattes blanches © Mickaël Béjean
La Liste rouge des papillons de jour de France métropolitaine

Seize espèces de papillons de jour sont menacées de disparition en France métropolitaine et dix-huit autres quasi menacées. C’est ce que révèle ce chapitre de la Liste rouge des espèces menacées en France, consacrée pour la première fois en métropole à un groupe d’insectes. Le risque de disparition des 253 espèces de papillons de jour, ou « Rhopalocères », a été étudié par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en collaboration avec l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) et la Société entomologique de France (SEF).Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (mars 2012)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN France, MNHN, OPIE & SEF (2014). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Papillons de jour de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Damier du frêne © Daniel Morel
La France rejoint l’initiative « Save Our Species » de l’UICN
L’effort de protection des espèces menacées à l’échelle mondiale fait aujourd’hui un grand bond en avant avec l’annonce du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), qui s’engage à verser un don d’un million d’euros à SOS (Sauvons nos espèces). « SOS », une alliance mondiale lancée à l’initiative de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et la Banque Mondiale, utilisera ces fonds pour protéger la diversité de la vie sur la planète au travers de projets de conservation sur le terrain. « Si nous ne faisons rien pour enrayer le déclin des espèces, non seulement nous perdrons pour toujours de nombreux animaux et plantes, mais la trame même de notre société sera fortement compromise », indique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial des espèces de l’UICN et Directeur de SOS. « Nous remercions le FFEM de son intérêt pour SOS et du soutien qu’il est prêt à apporter à nos efforts de préservation du monde naturel que nous partageons ». A travers leurs actions, l’UICN et le FFEM poursuivent un objectif partagé : protéger la biodiversité de la planète quand et où il le faut en priorité, en privilégiant les espèces des pays en développement. Avec une mission consistant à « encourager la protection de l’environnement local dans les pays en développement », le FFEM associe la protection environnementale au développement durable et place la protection de la diversité biologique au coeur de ses activités. Les efforts ciblés de SOS en matière de conservation des espèces ont été un élément central dans la décision du FFEM d’établir un partenariat avec l’organisation et de lui apporter son soutien financier. « C’est avec confiance que nous établissons ce partenariat avec l’UICN pour sauver la planète », dit François-Xavier Duporge, Secrétaire général du FFEM.« L’UICN dispose des meilleures connaissances et compétences sur le plan mondial en matière de conservation des espèces. Nous avons décidé de lui apporter un soutien financier afin de mobiliser tous les acteurs de la conservation et les encourager à agir, en espérant que d’autres gouvernements, des fondations, des mécènes et le secteur privé se joindront à nous pour sauver les merveilles de notre planète. » La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN fait état de la disparition de la riche diversité de la planète à un rythme accéléré et alarmant : un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois, un corail sur trois, un oiseau sur huit sont en danger d’extinction. SOS vise à ralentir les effets de cette crise d’extinction en rassemblant tous les secteurs de la société autour de la préservation de la vie sur la Terre, y compris des entreprises novatrices appartenant à tous les domaines d’activité, telles que Nokia, première société commerciale à avoir rejoint SOS. Récemment, 3,3 millions de dollars ont été affectés à 23 nouveaux projets de SOS dans différentes régions du monde afin de promouvoir des actions de conservation. « Nous sommes confrontés à la plus grande crise d’extinction naturelle de toute l’histoire de l’humanité », indique Alessandro Badalotti, coordinateur pour le projet SOS.« Ne rien faire, c’est rester inactif alors même que les bases de notre sécurité économique et de notre mode de vie sont en danger. Le soutien d’organisations telles que le FFEM nous aide à aborder ces enjeux et à obtenir des résultats. » La présente décennie a été déclarée Décennie de la Diversité Biologique par les Nations Unies. Les questions liées à la sauvegarde des espèces seront examinées lors du Congrès mondial de la nature, qui se tiendra à Jeju (République de Corée), du 6 au 15 septembre 2012. Pour plus d’informations ou pour des interviews Elke Blodau, Marketing & Communication Officer SOS, tel. +41 22 999 0372 Maggie Roth, Relations médias UICN, tel. +41 22 999 0115 Pour en savoir plus sur SOS : www.SOSpecies.org Pour en savoir plus sur le FFEM: www.ffem.fr/site/ffem
La Liste rouge des oiseaux de Guadeloupe
Première étape d’une série de chapitres à paraître sur la faune et la flore de Guadeloupe, l’étude réalisée porte sur l’ensemble des oiseaux nicheurs et migrateurs présents dans l’archipel guadeloupéen. Le risque de disparition de chacune des espèces a été analysé. Parmi les oiseaux menacés, la Grive à pieds jaunes et l’Organiste louis-d’or sont classés « Vulnérables », le Dendrocygne des Antilles est « En danger » et le Martin-pêcheur à ventre roux « En danger critique ». Le Pic de la Guadeloupe, endémique de l’archipel, est quant à lui classé « Quasi menacé ». Ce chapitre de la Liste rouge des espèces menacées en France a été réalisé par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec les associations guadeloupéennes AMAZONA, AEVA et ASFA, et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale Documents et liens • Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf) • Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN) Photo bandeau : Pic de la Guadeloupe © Anthony Levesque
Liste rouge européenne : un déclin alarmant des plantes, des mollusques et des poissons d’eau douce
Selon de nouvelles recherches publiées le 21 novembre 2011, le patrimoine naturel européen montre un déclin alarmant. La Liste rouge européenne, qui fait partie de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, a évalué une part importante de la faune et de la flore indigènes d’Europe et découvert qu’une grande proportion des mollusques, des poissons d’eau douce et des plantes vasculaires se classent désormais dans l’une des catégories menacées. L’évaluation de quelque 6000 espèces révèle que 44% de tous les mollusques d’eau douce, 37% des poissons d’eau douce, 23% des amphibiens, 20% d’une sélection de mollusques terrestres, 19% des reptiles, 15% des mammifères et des libellules, 13% des oiseaux, 11% des coléoptères saproxyliques, 9% des papillons et 467 espèces de plantes vasculaires sont maintenant menacées. Janez Potočnik, Commissaire européen à l’Environnement, indique : « Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n’agissons pas d’urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. » Les mollusques d’eau douce sont le groupe le plus menacé de ceux qui ont été étudiés jusqu’à présent. La grande mulette (Margaritifera auricularia), qui était jadis assez répandue, se limite désormais à quelques rivières de France et d’Espagne. Actuellement classée En danger critique d’extinction, elle était considérée comme quasi éteinte dans les années 1980. Cette espèce est l’une des deux pour lesquelles un Plan d’action a été conçu à l’échelle européenne, et des programmes de conservation en cours permettent d’espérer en son avenir. « Ces résultats confirment l’état inquiétant des mollusques européens » indique Annabelle Cuttelod, Coordinatrice de la Liste rouge européenne à l’UICN. « Lorsqu’on les combine au niveau élevé des menaces qui pèsent sur les poissons et les amphibiens d’eau douce, nous pouvons constater que les écosystèmes d’eau douce européens sont vraiment soumis à de graves menaces qui exigent des mesures de conservation urgentes. » Les poissons d’eau douce sont aussi très menacés, spécialement à cause de la pollution, de la surpêche, de la perte d’habitats et de l’introduction d’espèces invasives. Les esturgeons courent un risque particulier : sept des huit espèces européennes sont aujourd’hui En danger critique d’extinction. Dans la catégorie des plantes vasculaires, nous trouvons toutes les parentes sauvages des plantes cultivées ; elles sont vitales pour la sécurité alimentaire et pourtant leur conservation est souvent négligée. L’espèce Beta patula est une proche parente sauvage des betteraves cultivées et une source génétique importante pour l’amélioration de la résistance aux virus. Parmi les autres plantes qui présentent des niveaux de menaces inquiétants citons, entre autres, les parentes sauvages de la betterave sucrière, du blé, de l’avoine et de la laitue qui sont des cultures économiquement importantes en Europe. Mais il y a aussi des nouvelles positives, et les évaluations mettent en évidence la réussite de mesures de conservation bien conçues. De nombreuses espèces protégées en vertu de la Directive Habitats de l’UE et incluses dans le réseau d’aires protégées Natura 2000 ont maintenant de meilleures chances de survie. Centranthus trinervis, une plante endémique de Corse, est passée de En danger critique d’extinction à En danger grâce à la protection stricte dont bénéficie son seul site connu. De plus, le contrôle, depuis une dizaine d’années, d’espèces envahissantes telles que certaines plantes, les chèvres et les rats, a été bénéfique pour la plupart des escargots terrestres de Madère. « Ce sont des signes encourageants qui montrent les bénéfices d’actions de conservation étayées par des politiques fermes » indique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial de l’UICN pour les espèces, « La poursuite de la mise en oeuvre de la législation européenne actuelle, combinée à de nouveaux programmes de conservation, est essentielle pour préserver ces importantes espèces indigènes et leurs habitats. »` Pour plus d’informations Liza Drius, responsable des communications, UICN Europe, tel +32 2 739 0318 Maggie Roth, relations avec les médias, UICN, tel +1 202 262 5313 Lynne Labanne, responsable des communications, Programme mondial de l’UICN pour les espèces, tel +41 22 999 0153 Pour en savoir plus sur ces résultats Le site mondial de l’UICN >> voir ici Le site de la Liste rouge de l’UICN >> ici
Liste rouge mondiale 2011 : un autre pas vers le baromètre de la vie
Rendue publique le 10 novembre 2011, la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées illustre les efforts entrepris par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et par ses partenaires pour accroître le nombre et la diversité des espèces évaluées, en améliorant la qualité des informations afin de dresser un meilleur tableau de l’état de la biodiversité. Avec plus de 61 900 espèces étudiées à ce jour, un autre pas de géant a été franchi pour faire de la Liste rouge un véritable « Baromètre de la Vie », que d’éminents experts appelaient de leurs vœux dans le magazine Science de 2010. « Cette mise à jour nous apporte de bonnes et de mauvaises nouvelles sur le statut de nombreuses espèces du monde entier » dit Jane Smart, Directrice du Programme mondial de l’UICN pour les espèces. « Nous savons que les efforts de conservation donnent des résultat s’ils sont mis en oeuvre à temps, mais sans un ferme soutien politique associé à des efforts ciblés et à des ressources suffisantes, les merveilles de la nature et les services qu’elle nous offre pourraient être perdus pour toujours. » Malgré les actions des programmes de conservation, 25% des mammifères sont menacés d’extinction. Par exemple, la réévaluation de plusieurs espèces de rhinocéros révèle que la sous-espèce de rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest (Diceros bicornis longipes) est désormais officiellement déclarée Eteinte. La sous-espèce de rhinocéros blanc d’Afrique centrale, le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni), est aujourd’hui à la limite de l’extinction et a été classée parmi les espèces Peut-être éteintes à l’état sauvage. Le rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus) livre lui aussi sa dernière bataille : la sous-espèce Rhinoceros sondaicus annasmiticus s’est probablement Eteinte au Vietnam, en 2010, suite au braconnage de ce que l’on pense avoir été le dernier spécimen. Même si cela ne signe pas la fin du rhinocéros de Java, cela réduit néanmoins l’espèce à une unique population minuscule et toujours en déclin sur l’île de Java. Les menaces majeures qui pèsent sur ces animaux sont le manque de volonté et de soutien politique en faveur des efforts de conservation dans de nombreux habitats de rhinocéros, les groupes criminels internationaux organisés qui les ciblent, la demande illégale sans cesse croissante de corne de rhinocéros et le braconnage. « Les hommes sont les gardiens de la terre, et nous sommes responsables de la protection des espèces qui partagent notre environnement » dit Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.« Dans les cas du rhino noir de l’Ouest et du rhino blanc du Nord, la situation aurait pu avoir des résultats très différents si les mesures de conservation suggérées avaient été mises en place. Il faut renforcer ces mesures maintenant, et particulièrement gérer les habitats de façon à améliorer les résultats de la reproduction, pour empêcher que d’autres, tel le rhinocéros de Java, disparaissent à leur tour. » La conservation a déjà connu plusieurs succès, comme celui de la sous-espèce de rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) dont on estime que la population sauvage est passée de moins de 100 individus à la fin du 19ème siècle à plus de 20 000 aujourd’hui. Le cheval de Prjevalski (Equus ferus) est aussi une belle réussite : il a vu passer son statut de En danger critique d’extinction à En danger. Au départ, en 1996, il était classé comme Eteint à l’état sauvage, mais grâce à un programme de reproduction en captivité et à un programme réussi de réintroduction, on estime que la population sauvage compte aujourd’hui plus de 300 individus. Les reptiles constituent une composante importante de la biodiversité, particulièrement dans les habitats arides et sur les îles un peu partout dans le monde. Ces dernières années, de nombreuses nouvelles espèces de reptiles ont été évaluées, notamment la plupart de ceux que l’on trouve à Madagascar. Les résultats, alarmants, révèlent que 40% des reptiles terrestres de Madagascar sont menacés. Les 22 espèces identifiées comme étant En danger critique d’extinction, une catégorie comprenant des caméléons, des geckos, des scinques et des serpents, sont aujourd’hui un vrai défi pour la conservation de la nature. Ces nouvelles informations aident à guider la planification de la préservation de la biodiversité et permettent de faire une évaluation de la protection que les réserves naturelles malgaches offrent aux reptiles. Il est encourageant de savoir que de nouvelles zones de conservation sont créées à Madagascar et qu’elles aideront à préserver une proportion significative des espèces En danger critique d’extinction, comme le caméléon Tarzan (Calumma tarzan), le caméléon au nez bizarre (Calumma hafahafa) et le scinque apode (Paracontias fasika). En raison de leur statut sur la Liste rouge, des espèces qui, de tout temps, ont été ignorées par les efforts de conservation, comme les geckos En dangerParoedura masobe et Uroplatus pietschmanni, figureront de façon plus voyante dans les nouveaux plans. Les plantes sont des ressources essentielles pour le bien-être des hommes ; elles sont des composantes critiques des habitats sauvages. Elles sont pourtant sous-représentées dans la Liste rouge de l’UICN. Le travail actuellement en cours pour améliorer leur connaissance inclut une évaluation de tous les conifères. A ce stade, les résultats révèlent certaines tendances troublantes. Le sapin d’eau chinois (Glyptostrobus pensilis), par exemple, qui était jadis très répandu en Chine et au Vietnam, est passé de En danger à En danger critique d’extinction. La principale cause de déclin est la perte d’habitat au profit de l’agriculture intensive, et il semble bien qu’en Chine, il ne subsiste aucun plant sauvage. La plus grande des populations récemment découverte au Laos a été détruite par l’inondation créée par la construction d’un projet hydraulique et très peu d’arbres sur le sol vietnamien, s’il en reste, produisent encore des semences viables, ce qui signifie que cette espèce se dirige rapidement vers le statut Eteint à l’état sauvage. Un autre exemple, le Taxus contorta, qui est utilisé pour la production de Taxol, un médicament utilisé en chimiothérapie, est passé de Vulnérable à En danger à cause de sa surexploitation à des fins médicinales