Conférence de Cancún : dépasser la crise et restaurer rapidement la confiance dans la lutte contre le changement climatique

A l’occasion du Sommet sur le climat des Nations Unies qui se tiendra à Cancun, l’UICN appelle les décideurs à restaurer la confiance dans le processus de négociation, à accroître les fonds alloués à la lutte contre le changement climatique et à veiller à ce que les alternatives naturelles soient intégrées à l’après-2012. L’adaptation au changement climatique, le financement et la réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD) sont quelques-uns des principaux thèmes auxquels réfléchiront les 194 pays réunis au Mexique du 29 novembre au 10 décembre 2010.   Réaliser aujourd’hui des avancées significatives afin de conclure très rapidement un accord légalement contraignant « Dans le monde entier, on peut voir de nombreux pays et communautés faire des progrès sur le terrain pour s’adapter aux impacts du changement climatique et réduire leurs émissions » affirme le Directeur de l’environnement et du développement de l’UICN, Stewart Maginnis. « Cependant, seul un accord équitable, complet et légalement contraignant offrira l’engagement international indispensable pour gérer la crise climatique. À Cancun, il faut que les gouvernements restaurent la confiance ébranlée dans le processus de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, ce qui nous rapprochera de la finalisation d’un accord pour sauver la planète ». Restaurer la confiance perdue par des plans de financement accélérés et à long terme « Nous devons mettre derrière nous la paralysie de l’après-Copenhague » analyse Claire Parker, Consultante Senior sur les politiques de lutte contre le changement climatique. « Il nous faut trouver des nouveaux financements pour limiter les impacts du changement climatique et réduire les émissions. Pour les pays en développement, il doit s’agir d’un financement additionnel à l’Aide publique au développement, qui leur permette de s’adapter aux impacts déjà perceptibles aujourd’hui et de réduire leurs émissions ». Trouver un accord sur le REDD+ (réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts) pour maintenir les forêts durables et en bonne santé « Réduire les émissions de gaz à effet de serre permet non seulement de conserver les ressources naturelles forestières dont dépendent des millions de personnes vulnérables, mais c’est aussi une solution gagnante pour les deux parties : les hommes et la nature » souligne Carole Saint-Laurent, Conseillère Senior sur les politiques forestières à l’UICN.« C’est pour l’instant l’une des évolutions les plus prometteuses dans les négociations, et il est temps que les gouvernements insistent davantage pour intégrer définitivement le REDD+ dans le futur accord sur le climat ». S’accorder sur un cadre d’adaptation pour faire avancer les négociations « Les pays vulnérables en développement en particulier luttent déjà pour faire face aux impacts du changement climatique » rappelle Ninni Ikkala, Coordinatrice à l’UICN pour le changement climatique.« Un cadre mondial d’adaptation est indispensable pour soutenir internationalement les actions urgentes et nécessaires sur le terrain, notamment une meilleure gestion des ressources naturelles et l’assurance que les communautés locales en bénéficient ».   La position de l’UICN pour la conférence est téléchargeable ci-dessous. Des photos et du matériel audio et vidéo sont disponibles à l’adresse suivante : http://www.iucn.org/unfccc/events/2010_cancun/ Relations avec les médias : Brian Thomson, Responsable des relations avec les médias , tel. portable : +41 79 721 8326, courriel : brian.thomson@iucn.org Borjana Pervan, Chargée des relations avec les médias, tel. portable : +41798574072, courriel : borjana.pervan@iucn.org   Documents joints Position de l’UICN – Conférence de Cancún

Un nouvel élan mondial pour la biodiversité lancé à Nagoya

Les 193 Etats Parties à la Convention sur la diversité biologique, réunis à Nagoya du 18 au 29 octobre 2010, ont pris de nouveaux engagements pour la sauvegarde de la biodiversité, à l’issue de longues négociations. Un « paquet biodiversité » a été adopté comprenant un plan stratégique d’action avec 20 objectifs à atteindre d’ici 2020, un protocole sur l’accès et le partage des avantages liés à l’exploitation des ressources génétiques, et une stratégie de financement pour augmenter l’aide publique internationale consacrée à la biodiversité. Point d’orgue de l’année internationale de la biodiversité, la 10ème Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique, qui a rassemblé près de 18000 participants à Nagoya au Japon pendant 10 jours, a réussi à adopter plusieurs décisions importantes pour enrayer la disparition de la biodiversité et tenter d’inverser la tendance. Après avoir échoué à atteindre leur objectif de réduire significativement l’érosion de la biodiversité d’ici 2010 et, face à la crainte d’un nouvel échec des négociations suite au Sommet de Copenhague sur le climat, les Etats ont su réagir et donner une nouvelle et forte impulsion pour relancer les efforts de préservation et de valorisation de la biodiversité. En premier lieu, les Etats ont adopté le plan d’action stratégique 2011-2020 de la Convention sur la diversité biologique qui comporte 20 objectifs à atteindre d’ici 2020 dont : la mise en place d’un réseau d’aires protégées couvant 17% des milieux terrestres et d’eau douce et 10% des milieux côtiers et marins (contre respectivement 13% et 5% actuellement) ; la diminution, de moitié au moins, du taux de perte de tous les habitats naturels, y compris les forêts, et lorsque cela est possible ce taux est porté à près de zéro ; la restauration d’au moins 15% des écosystèmes dégradés pour lutter contre les impacts du changement climatique (stockage du carbone) et la désertification ; la suppression ou la réforme des incitations financières et des subventions néfastes à la biodiversité, et la mise en place d’incitations positives pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité ; la gestion durable de tous les stocks de pêche, évitant ainsi la surexploitation, ainsi que la restauration des stocks dégradés ; la sauvegarde des espèces menacées, empêchant l’extinction des espèces identifiées comme menacées et améliorant le statut de conservation des espèces les plus en déclin ; la gestion durable des espaces dédiés à l’agriculture, l’aquaculture et la foresterie, intégrant la conservation de la biodiversité ; la réduction des pollutions à des niveaux non dommageables pour les écosystèmes ; la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Ce plan d’action constitue un cadre international commun d’action et les Etats se sont engagés à le décliner dans leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité d’ici deux ans. La nouvelle stratégie française pour la biodiversité, en cours de révision, devra donc en tenir compte. En discussion depuis plus de 8 ans, les Etats ont finalement adopté le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Cet accord va permettre d’encadrer l’exploitation des ressources génétiques (molécules naturelles ou gènes) entre les pays détenteurs de ces ressources, principalement basés au Sud, et les industries, principalement localisées au Nord, et d’assurer qu’une partie des bénéfices reviennent aux pays détenteurs. Les secteurs particulièrement concernés sont ceux de la pharmacie et de la cosmétique. Les communautés locales qui possèdent des connaissances et des savoir-faire traditionnels devront également être prises en compte. L’adoption de ce protocole répond à une forte demande des pays du Sud pour mettre fin à la bio-piraterie et recevoir des avantages liées à l’utilisation de leurs ressources. Le Protocole de Nagoya devrait entrer en vigueur d’ici 2012, avec un soutien du Fonds pour l’environnement mondial d’un million de dollars (USD) afin de faciliter une entrée en vigueur rapide, et d’un million d’euros de la France. Un plan de financement, ou stratégie de mobilisation des ressources, a également été adopté demandant une augmentation substantielle des financements pour la biodiversité, mais le montant et les modalités n’ont pas été clairement définis. Plusieurs pays ont néanmoins fait des annonces importantes, notamment le Japon, qui consacrera deux milliards de dollars (USD) dans les trois prochaines années pour aider les pays en développement à élaborer et mettre en place leurs stratégies nationales pour la biodiversité. La Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a annoncé que la France allait doubler ses financements dans le cadre de l’aide publique au développement d’ici 2012, soit une enveloppe de plus de 200 millions d’euros, et qu’à compter de 2014, ce montant sera porté à 500 millions d’euros par an, un montant équivalent à celui annoncé par l’Allemagne. Le Comité français de l’UICN se félicite de cette annonce qui va contribuer à remplir l’engagement du Grenelle de l’Environnement demandant de consacrer 10% de l’aide publique au développement à la biodiversité. Plus de 120 millions de dollars seront également consacrés à l’initiative « Life web » de la Convention pour le renforcement des aires protégées. Plusieurs autres décisions ont été prises par la conférence, notamment l’approbation du Plan d’action sur les villes, les autorités locales et la biodiversité, qui a été adopté par le Sommet sur les villes et les autorités locales qui s’est tenu les 25 et 26 octobre, et un soutien à la création de l’IPBES, la future plate-forme scientifique internationale sur la biodiversité et les services écosystémiques. Pour consulter l’ensemble des décisions prises : http://www.cbd.int/nagoya/outcomes/ La prochaine conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique se tiendra à New Delhi, Inde, en 2012.

La colonne vertébrale de la nature est en péril

L’étude la plus complète jamais réalisée sur les vertébrés mondiaux confirme une crise de l’extinction : un cinquième des espèces sont menacées. Toutefois, selon l’étude publiée aujourd’hui à l’occasion de la 10e réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) à Nagoya, au Japon, la situation serait encore pire si des efforts de conservation n’avaient pas été déployés dans le monde entier. Pour enquêter sur l’état des vertébrés de la planète (mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons) et l’évolution de cet état avec le temps, l’étude, publiée dans le journal international Science, s’est appuyée sur les données relatives à 25 000 espèces de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. Les résultats montrent qu’en moyenne, chaque année, 50 espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens sont poussées un peu plus vers l’extinction sous l’effet de l’expansion agricole, de l’exploitation des forêts, de la surexploitation et des espèces exotiques envahissantes. Selon les termes de l’éminent écologiste et écrivain américain Edward O. Wilson, de l’Université d’Harvard, «  la colonne vertébrale ’ de la biodiversité est en voie d’érosion. Une petite marche gravie sur l’échelle de la Liste rouge est un bond de géant vers l’extinction. Ce n’est qu’un aperçu des pertes en cours au niveau mondial. » C’est l’Asie du Sud Est qui a connu les pertes récentes les plus graves, essentiellement causées par la plantation de cultures d’exportation comme les palmiers à l’huile, par les opérations commerciales d’exploitation des forêts de feuillus, par la transformation des terres en rizières et par une chasse non durable. Certaines régions d’Amérique centrale, les Andes tropicales d’Amérique du Sud et même l’Australie ont connu des pertes également marquées, dues en particulier à l’impact du chytridiomycète, un champignon mortel pour les amphibiens. L’étude confirme des rapports précédents qui faisaient état de pertes constantes de la biodiversité mais elle est la première à présenter des preuves indiscutables des effets positifs des efforts de conservation dans le monde entier. Les résultats montrent que si des mesures de conservation n’avaient pas été prises, la biodiversité aurait subi un déclin supplémentaire de presque 20 %. « L’histoire a montré que la conservation peut faire l’impossible, comme le savent bien ceux qui connaissent le cas du rhinocéros blanc d’Afrique du Sud » fait remarquer Simon Stuart, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN et auteur de l’étude. « Mais pour la première fois nous pouvons démontrer les effets conjugués et positifs de ces succès sur l’état de l’environnement. » L’étude met en évidence 64 mammifères, oiseaux et amphibiens dont l’état s’est amélioré grâce à des mesures de conservation qui ont réussi. Ce groupe comprend trois espèces qui étaient éteintes à l’état sauvage et qui ont été réintroduites dans la nature : le condor de Californie Gymnogyps californianus et le putois à pieds noirs Mustela nigripes, aux États-Unis, et le cheval de Przewalski Equus feru, en Mongolie. Les efforts de conservation ont été particulièrement efficaces dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes sur les îles. La population mondiale du shama des Seychelles Copsychus sechellarum est passée de moins de 15 oiseaux en 1965 à 180 en 2006 grâce aux mesures de lutte contre les prédateurs introduits tels que le surmulot Rattus norvegicus, et à des programmes d’élevage en captivité et de réintroduction. Sur Maurice, l’état de six espèces d’oiseaux s’est amélioré, notamment celui de la crécerelle de Maurice Falco punctatus, dont la population est passée de quatre oiseaux en 1974 à près de 1000. En Amérique du Sud, les aires protégées et l’action conjuguée de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et de la Convention sur la vigogne ont permis la reconstitution des populations de vigognes Vicugna vicugna. De même, la législation adoptée pour interdire la chasse commerciale à la baleine a permis de faire passer le mégaptère Megaptera novaeangliae de la catégorie Vulnérable à Préoccupation mineure. Malheureusement, très peu d’amphibiens ont à ce jour montré des signes de reconstitution mais les efforts internationaux s’intensifient et l’on peut citer, à ce titre, le programme de réintroduction dans la nature du crapaud Nectophrynoides asperginis en Tanzanie. Les auteurs indiquent que cette étude ne représente qu’une estimation minimale de l’effet réel des mesures de conservation, soulignant que les populations de quelque 9% des espèces menacées ont augmenté. Les résultats prouvent qu’avec les ressources et l’engagement voulus, la conservation est efficace. Ils montrent également que les mesures prises au plan mondial devront être considérablement renforcées parce qu’elles sont, actuellement, largement compensées par l’ampleur des menaces. Dans ce contexte, les décideurs qui assistent à la réunion de la CDB à Nagoya ont demandé une augmentation très substantielle des ressources – par rapport aux niveaux actuels qui sont extrêmement bas – pour que les objectifs de la Convention soient réalisables. « Cela démontre, à l’évidence, que nous devons absolument partir de Nagoya avec un plan d’action stratégique pour guider nos efforts en faveur de la biodiversité dans la décennie à venir » déclare Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « C’est un appel pour nous tous – les gouvernements, les entreprises, les citoyens – à mobiliser les ressources pour les actions requises. La conservation est payante – mais elle a besoin de notre appui et vite ! » Récemment, une étude parrainée par l’Organisation des Nations Unies et intitulée « The Economics of Ecosystems and Biodiversity (TEEB) » a évalué le coût de la perte de la nature entre 2 à 5 mille milliards USD par an, surtout dans les régions les plus pauvres du monde. Une autre étude récente a déterminé qu’un cinquième des plus de 5000 espèces d’eau douce d’Afrique est menacé, ce qui met en péril les moyens d’existence des millions de personnes dépendant de ces ressources vitales. Comme le démontre l’étude, n’avoir pas réussi à remplir l’objectif de 2010 de réduction de la perte de biodiversité, qui avait été adopté au plan international, ne signifie pas que les efforts de conservation ont été déployés en vain. Toutefois, l’érosion de la biodiversité a atteint des niveaux si

Conférence de Nagoya : le « grand plan » pour la nature nécessite un engagement fort

Les dirigeants mondiaux devront avoir une vision et une volonté politique pour que l’humanité puisse vivre en harmonie avec la nature, dit l’UICN. Cet appel est lancé à la veille de négociations destinées à arrêter la perte exponentielle de biodiversité, qui menace, en dernière instance, l’existence de l’ensemble de la vie sur la planète. Des milliers de décideurs se réuniront à Nagoya, Japon, du 18 au 29 octobre, afin de débattre d’un « grand plan » pour les dix années à venir, en vue de réduire la pression que subit la biodiversité mondiale à l’heure actuelle. La 10e session de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 10 CDB) examinera 20 objectifs conçus afin de répondre à la crise d’extinction des espèces et de restaurer le capital naturel de la planète. « Au Japon, nous avons une occasion unique pour rassembler tout le monde – les Etats, le secteur privé et le public – afin de répondre à la crise qui menace la vie sur la Terre », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Nous demandons instamment aux gouvernements, à tous les ministères et départements gouvernementaux, d’investir dans notre capital naturel et d’arrêter le déclin de la biodiversité une fois pour toutes, en adoptant un solide plan stratégique doté d’objectifs mesurables et réalistes. » Les objectifs de réduction de la perte de biodiversité prévus pour 2010 n’ont pas été atteints ; il n’y a aucun signe de ralentissement du taux de déclin des espèces, qui disparaissent actuellement à un rythme mille fois supérieur à la normale. Les mesures de conservation sont effectives, mais elles ne sont tout simplement pas suffisantes. Après de grands bouleversements de la biodiversité, le rétablissement est difficile, coûteux, et trop souvent impossible. Dans le cadre du « grand plan » pour enrayer le déclin de la biodiversité, l’UICN appelle à assurer un financement efficace pour sauver le monde naturel et signale qu’il peut être mis en place en évoluant vers une économie écologique. Elle lance aussi un appel aux gouvernements pour qu’ils lèvent les obstacles empêchant un accord sur un nouveau régime international permettant l’accès aux ressources génétiques de la planète tout en assurant un partage approprié des avantages qui en découlent. « Nous en sommes au point de non retour dans bien des domaines du monde naturel ; nous avons perdu d’innombrables espèces et les services essentiels de l’environnement naturel dans lequel nous vivons », dit Jane Smart, directrice du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « La conférence de Nagoya peut être notre dernière chance de mettre en place un plan qui marche ; il n’y aura pas de plan B et, bien évidemment pas de planète de rechange non plus. » L’UICN appelle les Parties présentes à Nagoya à prendre des mesures effectives et immédiates pour arrêter la perte de la biodiversité, de façon à ce qu’en 2020 toutes les politiques et les actions nécessaires soient établies et mises en œuvre. D’ici 2050, la biodiversité doit être valorisée et conservée, restaurée et utilisée de façon rationnelle, rendant ainsi possible la vie sur une planète saine et apportant des services et des bienfaits essentiels à tous les êtres humains. La situation économique mondiale et le besoin de réduire les dépenses publiques ne peuvent être ignorés. Cependant, la réunion de Nagoya permet aux gouvernements de prendre acte du lien existant entre la biodiversité et leurs économies respectives et de définir un nouveau « grand plan » ouvrant la voie à une économie mondiale écologique. Pour consulter les différentes positions de l’UICN, en français, sur les enjeux de Nagoya, cliquez ici   Pour plus d’informations ou pour des entretiens, veuillez contacter : • Nicki Chadwick, Relations médias UICN, tél. +4122 999 0229, mobile +41 79 528 3486, nicki.chadwick@iucn.org • Brian Thomson, Directeur relations médias, mobile +41 79 721 8326, brian.thomson@iucn.org

Second colloque national sur les aires marines protégées

L’Agence des aires marines protégées et le Comité français de l’UICN organisent en partenariat le deuxième colloque national sur les aires marines protégées du 15 au 17 novembre 2010 à La Rochelle. A la suite du succès du premier colloque sur les aires marines protégées qui s’est tenu à Boulogne-sur-mer du 20 au 22 novembre 2007, le Comité français de l’UICN et l’Agence des aires marines protégées s’associent de nouveau pour organiser la 2ème édition de cet événement national. Ce deuxième colloque a pour objectifs : d’évaluer l’état des connaissances sur le patrimoine naturel marin dans l’ensemble des écorégions où la France est présente ; de faire le point sur le cadre politique actuel (international, européen et national) ; d’échanger sur les thématiques clefs pour les aires marines protégées ; de contribuer à la révision de la stratégie nationale pour les aires marines protégées. Cet évènement concerne les collectivités et les décideurs politiques, les services de l’Etat, les gestionnaires d’espaces protégés, les représentants des organisations professionnelles de la pêche et du tourisme, les associations de protection de la nature, les organismes scientifiques, et plus globalement toutes les personnes et organisations intéressées par la conservation de la biodiversité marine. L’outre-mer sera l’enjeu central de cette conférence, compte tenu de la place fondamentale qu’occupent nos collectivités ultra-marines dans la stratégie de développement des aires marines protégées.   Pour en savoir plus Brochure à télécharger ci-dessous Contact : Marie-Aude Sévin (AAMP) et Thierry Lefebvre (UICN France) Inscriptions en ligne sur le site Internet du colloque : www.colloque2010-aires-marines.com   Document joint Programme du 2nd colloque national AMP

L’état de la biodiversité de 70 Etats et gouvernements passé à la loupe

A l’occasion de l’Année Internationale de la Biodiversité, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) publient, en français et anglais, une analyse synthétique de l’état de la biodiversité terrestre et marine des 70 Etats et gouvernements de la Francophonie. « C’est la première fois qu’une telle analyse est menée. L’Atlas met en lumière l’immense richesse en biodiversité présente à travers la Francophonie et les menaces auxquelles elle fait face. Nous espérons que cet Atlas continuera à évoluer avec l’aide de ses lecteurs » indique Jean-Claude Jacques de l’UICN. Ces pays, présents sur les cinq continents et dans toutes les mers du globe, couvrent 29 millions de km2 sur terre (près de 20% de la surface terrestre) et 25 millions de km2 en mer (7% de la surface des océans). Ils comprennent une douzaine de Points chauds de la biodiversité, plus de 250 écorégions terrestres et 70 écorégions marines. De ce fait, ils ont une responsabilité directe sur la gestion de près d’un tiers des zones humides, des récifs coralliens et des atolls de la planète ainsi que sur le dernier grand bloc forestier d’Afrique et une partie notable des forêts tropicales d’Asie et d’Amérique du Sud. Le caractère insulaire de nombreux Etats de la Francophonie se traduit par un taux d’endémisme élevé, dans des espaces fermés, très vulnérables aux pressions humaines, aux espèces envahissantes et au changement climatique. La conservation de ce patrimoine génétique irremplaçable posera un redoutable défi au cours de ce siècle. Cet atlas montre la biodiversité exceptionnelle abritée par la Francophonie avec des espèces emblématiques comme les gorilles, l’ours blanc, les lémuriens, l’okapi, les grandes tortues terrestres et marines, etc. Les communautés autochtones de certains de ces pays (Pygmées d’Afrique centrale et Amérindiens du Canada et de la Guyane française, par exemple) vivent encore en grande partie des services rendus par les écosystèmes. La conservation de la biodiversité est donc essentielle à leur survie. L’atlas propose aussi une série de pistes d’action pour le futur, adressées à la communauté internationale, à la Francophonie et aux Etats et gouvernements qui la composent. Les recommandations globales sont les suivantes : 1. Produire, à l’occasion du 20e anniversaire du Sommet de la Terre de Rio, un atlas mondial de la biodiversité ; 2. Rendre opérationnelle dans les meilleurs délais la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes (International Platform on Biodiversity and Ecosystem Services – IPBES) ; 3. Améliorer et harmoniser la définition et la délimitation des écorégions et écozones ; 4. Mettre à jour la base mondiale de données sur les aires protégées ; 5. Favoriser l’émergence de mécanismes de financement de la conservation de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes. Cet atlas sera officiellement présenté le 23 octobre 2010 au Sommet de la Francophonie à Montreux (Suisse) et le 27 octobre à la Conférence des Parties (COP10) de la Convention sur la Diversité Biologique à Nagoya (Japon). L’atlas est consultable et téléchargeable en cliquant sur le lien suivant. Cet atlas comprend une première série de fiches thématiques, rédigées par des scientifiques et des experts internationaux. Destinées à éclairer les grandes questions qui se posent autour du thème de la biodiversité, ces fiches abordent les problématiques liées à sa connaissance et sa gestion, à sa prise en compte dans l’aménagement du territoire et à la gestion intégrée des grands fleuves, aux services rendus par les écosystèmes, à la valeur économique attachée à ces services et aux mécanismes financiers à mettre en place pour une gestion durable des milieux naturels. La deuxième partie est constituée de 67 fiches présentant une vision synthétique de l’état de la biodiversité dans les pays de la Francophonie, auxquelles s’ajoutent 10 fiches sur le Nouveau-Brunswick et le Québec (Canada), la région de Bruxelles-Capitale et la Wallonie (Belgique) et l’Outre-mer français. Chaque fiche présente, en particulier : • Les écorégions ou régions biogéographiques terrestres et marines, dans lesquelles s’inscrit le pays concerné et leur degré de protection ; • Les Points chauds de la biodiversité ; • La couverture forestière et les zones humides ; • La diversité floristique et faunique et les menaces qui pèsent sur les espèces (espèces considérées comme menacées inscrites sur la Liste rouge de l’UICN, présence d’espèces exotiques envahissantes, impact du changement climatique et des activités humaines) ; • Les aires protégées terrestres et marines existantes ; • Une série d’autres informations liées à la biodiversité : sites du Patrimoine mondial, Réserves de la biosphère, zones humides Ramsar, Zone d’importance pour la conservation des oiseaux. Ces fiches permettent, également, de mettre en avant les actions exemplaires engagées par les gouvernements concernés et, le cas échéant, les difficultés rencontrées. Les fiches pays sont présentées en 10 ensembles régionaux, chacun étant introduit par une fiche régionale axée sur les problématiques transnationales, telles que la gestion des grands fleuves, la biodiversité marine, les aires protégées transfrontalières, les grands mammifères.   Pour plus d’informations – Bureau de Représentation de l’UICN auprès de l’Union européenne  : Laura Baroni, laura.baroni@iucn.org Jean-Claude Jacques, Jean-claude.jacques@iucn.org

« La biodiversité c’est ma nature » : la mobilisation continue !

A quatre semaines de la Conférence sur la Biodiversité de Nagoya au Japon du 18 au 29 octobre, le collectif « La biodiversité c’est ma nature » se mobilise plus que jamais. Pendant cette année internationale pour la biodiversité, les six ONG (Comité Français de l’UICN, FNH, FNE, Ligue ROC, LPO et WWF-France) organisatrices de « la biodiversité c’est ma nature » ont souhaité toucher le plus large public possible à travers cette campagne de sensibilisation résolument créative et participative . Les citoyens ont été nombreux à répondre à l’Appel et à créer leur portrait biodiversité : À ce jour l’Appel a rassemblé plus de 20 000 signataires. De nombreuses personnalités relayent la campagne : Claire Keim, Alain Bernard, Maud Fontenoy, Bixente Lizarazu, Pascal Obispo, … La mobilisation, sur le web comme sur le terrain, a été très importante comme en témoignent les opérations menées avec la Fête de la Nature, le Festival des Petits Débrouillards ou les Eurockéennes de Belfort. Lors de ce dernier festival, l’opération a rencontré un joli succès, plus de 700 signatures de l’Appel Citoyen et autant de portraits biodiversité ont été réalisés en 3 jours ! Cet été, un concours a été organisé avec Terre Sauvage où les internautes ont rivalisé d’audace et d’imagination pour réaliser leur plus beau portrait biodiversité. Les cinq portraits gagnants seront publiés dans le magazine Terre Sauvage du mois d’octobre. Vous les trouverez ci-dessous. À l’échelle internationale, l’Organisation des Nations Unies et leur centre régional d’information (UNRIC) sont partenaires de l’opération et lui apportent ainsi reconnaissance et visibilité internationale. L’Appel Citoyen est disponible en français, anglais et espagnol. La mobilisation continue ! Retrouvez le stand « La biodiversité c’est ma nature » pour la Fête de la Science du 21 au 24 octobre au Muséum national d’Histoire naturelle. Et rejoignez la campagne jusqu’en décembre dans toute la France sur l’exposition itinérante« Biodiversité, nos vies sont liées » de Noé Conservation. Toutes les informations et actualités sur « La biodiversité c’est ma nature » sur le site Internet de la campagne : www.LaBiodiversiteCestmaNature.org Contact Magali Evanno, Comité Français de l’UICN | magali.evanno[a]uicn.fr/ – 01 43 31 02 79 Télécharger le communiqué de presse >> ici. Voir les gagnants du concours organisé avec Terre Sauvage >> ici. Documents joints CPsept2010_labiodiversitecestmanature GagnantsTerreSauvage_Labiodiversitecestmanature

L’île de la Réunion entre au patrimoine mondial de l’humanité

L’UNESCO vient d’inscrire sur la liste du Patrimoine mondial les « pitons, cirques et remparts de l’île de la Réunion » en tant que bien naturel. Ce classement constitue une reconnaissance internationale de la beauté des paysages de l’île et de son exceptionnelle biodiversité. Le site couvre près de 40% de la superficie du département et coïncide avec les limites de la zone cœur du Parc National, en intégrant également le Piton d’Anchaing, le Piton de Sucre, de La Chapelle, la Grande Chaloupe et Mare Longue. La France compte désormais quatre sites naturels et mixtes sur la liste du patrimoine mondial, parmi lesquels les lagons de la Nouvelle Calédonie inscrits en 2008. Ce nouveau classement confirme la richesse de la diversité biologique ultramarine et rappelle la responsabilité mondiale de notre pays pour garantir sa conservation. Le Comité français de l’UICN se réjouit de ce classement et encourage l’Etat et les collectivités locales à poursuivre leurs efforts pour proposer l’inscription de nouveaux biens naturels dans les territoires d’outre mer.   Pour plus d’informations sur les caractéristiques des « pitons, cirques et remparts de l’île de la Réunion » : Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO

Un nouveau guide sur les financements en Outre Mer

Le Comité français de l’UICN a coordonné la réalisation du premier guide TE ME UM à destination des gestionnaires d’espaces naturels d’outre-mer. Le guide présente les différentes sources de financements existantes pour réaliser des projets de conservation de la biodiversité ultramarine, ainsi que les modalités de soumission des dossiers. Le réseau TEMEUM (Terres et Mers Ultramarines) a été créé en 2006 afin de renforcer les capacités des gestionnaires d’espaces naturels en outre-mer. Selon la collectivité dont ils dépendent, les gestionnaires ultramarins n’ont pas les mêmes possibilités d’accès aux financements pour la conservation de la biodiversité. Par exemple, au niveau européen, les gestionnaires issus de RUP (régions ultrapériphériques) peuvent prétendre à des financements LIFE+, ce qui n’est pas le cas des gestionnaires issus des PTOM (pays et territoires d’outre-mer). Cette synthèse présente les informations-clés des principaux financements à destination des gestionnaires : éligibilité, montants disponibles, calendrier de dépôt des dossiers, et principaux contacts. Le guide se décompose en quatre parties, selon les sources de financements : les financements européens, les financements nationaux, les financements régionaux et locaux, les financements privés. Une dernière partie présente quelques projets financés par ces différentes sources. Pour télécharger le guide (6 Mo), cliquez >>ici. Pour visiter le site TEMEUM, cliquez ici.   Document joint Guide des financements à destination des gestionnaires d’outre-mer

Schéma minier de Guyane : fin de la consultation publique

Le schéma minier de Guyane, que les ONG appelaient de leurs vœux, est en cours de finalisation. Le Comité français de l’UICN, France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot et le WWF rendent publiques les recommandations, présentées dans le cadre de la consultation publique ouverte en Guyane sur ce dossier. France Nature Environnement, le Comité français de l’UICN et le Gepog sont à l’origine d’une étude intitulée « Or vert contre Or jaune » publiée en février 2007, qui a posé les bases d’un document de planification de l’exploitation minière en Guyane. Les tables rondes du Grenelle de l’environnement, et notamment le groupe « activités extractives » du Comité opérationnel outre-mer, ont arrêté en janvier 2008 la réalisation d’un schéma de zonage et de planification des activités extractives en Guyane. Le préfet Yves Mansillon a été nommé, par le Président de la République, Commissaire de la réalisation du schéma départemental de Guyane, lequel devait être adopté dans le courant de l’année 2008. Le Comité français de l’UICN, France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot, le WWF France, la LPO et les ONG guyanaises, se sont mobilisés en fin d’année 2009, pour rappeler au gouvernement ses engagements concernant l’encadrement de l’orpaillage en Guyane. Les ONG se mobilisent à nouveau à l’occasion de la consultation publique pour que le schéma minier intègre trois fondamentaux qui restent à clarifier.   Les incontournables du SDOM Trois points sont déterminants pour un schéma départemental d’orientation minière cohérent. 1. Le respect de toutes les zones disposant d’un statut de protection réglementaire ou faisant l’objet d’inventaires d’intérêts écologiques (telles que les ZNIEFF de type 1 et les séries d’intérêt écologique définies par l’ONF) ; Afin d’être compatible avec les préconisations du Grenelle, les activités minières devront respecter les secteurs riches en biodiversité. Il est ainsi nécessaire d’interdire la conduite d’activités minières dans des zones disposant d’un statut de protection réglementaire quel qu’il soit ou ayant fait l’objet d’inventaires d’intérêt écologique (ZNIEFF de type 1 et les séries d’intérêt écologique définies par l’ONF). 2. L’encadrement de l’orpaillage alluvionnaire ; Même si les effluents sont contenus et traités, l’orpaillage alluvionnaire engendre des perturbations importantes pour les milieux naturels et les espèces comme les poissons et les batraciens. La concertation menée dans le cadre de la préparation du SDOM ayant défini les conditions d’un compromis jugé acceptable entre activité socioéconomique et impacts environnementaux, il importe de renforcer la réglementation afin de limiter les effets des exploitations alluvionnaires sur le régime et la qualité des eaux. Les dispositions relatives aux exploitations en lit mineur et majeur des cours d’eau, ainsi que les normes de rejet, devront être définies par un arrêté préfectoral et respecter les prescriptions du SDAGE. 3. L’adoption d’une gouvernance adaptée pour la commission départementale des mines (avec un droit de vote attribué au PAG). Le Grenelle de l’environnement a, pour la première fois, adopté une gouvernance intégrant toutes les parties prenantes. Cette logique de décision a été recommandée par le Président de la République. La Commission départementale des mines devra respecter le mode de gouvernance grenellien et intégrer, avec les mêmes droits de vote, toutes les parties prenantes de la question de l’orpaillage en Guyane. En conséquence, et du fait de leur expertise ou des contraintes que l’activité pourrait leur faire subir, un siège et un droit de vote devrait a minima être accordé au conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN), au Parc amazonien de Guyane, et aux communautés indigènes.   Documents à télécharger : Communiqué de presse Or vert contre or jaune – Quel avenir pour la Guyane ?   Document joint CP SDOM Guyane 2010