Le congrès mondial des parcs de l’UICN place la nature au coeur d’un avenir durable
Près de 5000 délégués de plus de 160 pays, dont des chefs d’État, des gardiens de parcs, des chefs d’entreprise et des dirigeants autochtones, se sont rassemblés à Sydney afin de définir l’avenir des aires protégées et de les placer au cœur des solutions aux grands défis auxquels est confrontée la planète. Le Congrès mondial des parcs de l’UICN, qui se tient tous les dix ans depuis 1962, est le seul forum mondial consacré aux aires protégées – parcs nationaux, réserves naturelles, aires de conservation communautaire – créées en vue de sauvegarder la nature ainsi que les bienfaits et avantages qu’elle nous apporte. Organisée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et ayant pour hôtes le gouvernement australien et celui de la Nouvelle-Galles du Sud, le Congrès a pour thème « Les parcs, la planète et nous : des solutions sources d’inspiration ». Il fera un bilan des progrès réalisés en vue d’atteindre les objectifs fixés sur le plan mondial, il abordera les difficultés et menaces rencontrées actuellement par les aires protégées et encouragera la mise en place de solutions naturelles aux enjeux liés à la durabilité. L’ouverture du Congrès a eu lieu aujourd’hui, avec l’arrivée à Sydney de quatre pirogues traditionnelles vaka, parties de la Nouvelle-Zélande et de Fidji avec des dirigeants du Pacifique à bord afin de lancer un appel mondial à la protection des océans face aux effets dévastateurs du changement climatique. « Du Parc National Royal à Sydney, la première aire protégée créée dans le pays, jusqu’au Parc de la Grande Barrière, l’un des plus emblématiques, nos extraordinaires espaces naturels ont été le cœur et l’âme de l’Australie depuis 1879 », dit M. Greg Hunt, Ministre australien de l’Environnement. « Nous sommes fiers d’être les hôtes de cet événement, qui établira le programme des actions internationales visant à gérer ces sites uniques et précieux en vue de l’avenir. » Les délégués présents à Sydney élaboreront une feuille de route visant à atteindre l’objectif mondial de protection d’au moins 17% des espaces terrestres et 10% des océans d’ici 2020, issu lui-même des débats de la session précédente du Congrès mondial des parcs de l’UICN, qui s’est tenue à Durban (Afrique du Sud). Ils examineront également les difficultés et les menaces auxquelles sont confrontées actuellement les aires protégées, dont le changement climatique, le braconnage et le commerce illicite des espèces sauvages, ainsi que des activités destructrices telles que l’exploitation forestière et minière illégales. L’UICN présentera certains de ses produits les plus novateurs lors du Congrès, notamment la Liste verte des espèces protégées, qui est la première norme internationale reconnaissant les aires protégées bien gérées, et l’Horizon du Patrimoine mondial, première évaluation des sites naturels du Patrimoine mondial à l’échelle de la planète. Les délégués seront aussi présents lors du lancement de l’imagerie Google « Street View » la plus étendue en date, comprenant les aperçus les plus complets du récif de la Grande Barrière et un premier grand ensemble d’images du Sydney sous-marin. « Nous savons que les aires protégées fonctionnent, tant pour préserver la nature que pour assurer notre bien-être », dit Mme Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « à Sydney, nous voulons les placer au cœur de nos économies et nos sociétés. Face aux défis croissants de notre époque, dont le changement climatique, les catastrophes naturelles, la sécurité alimentaire et de l’eau, l’instabilité économique et la montée des maladies infectieuses, il est grand temps de nous servir des solutions que la nature met à notre disposition. » À l’heure actuelle, plus de 200 000 aires protégées couvrent près de 15% des terres et 3% des océans de la planète. Tout en protégeant certaines des espèces les plus menacées, les aires protégées assurent des moyens de subsistance aux populations humaines et contribuent d’une façon importante à l’économie des différents pays. Malgré l’augmentation du nombre d’aires protégées ces dernières années, il y a de nombreuses lacunes dans leur couverture sur le plan mondial et un grand nombre d’entre elles sont insuffisamment financées et mal gérées. Rob Stokes, Ministre de l’Environnement et du Patrimoine en Nouvelle-Galles du Sud, a mentionné que sa région est la terre d’accueil idéale du Parc Mondial des Congrès, en raison de sa précieuse renommée et expertise en gestion des espaces protégés. « La Nouvelle-Galles du Sud a vu son nombre de parcs augmenter considérablement au fil des années, allant de 1% en 1967, année de la première implantation d’un service des Parcs, à 9% aujourd’hui soit plus de sept millions d’hectares » indiquait Mr Stokes. « Nous sommes très fiers du fait qu’un quart de notre domaine en Nouvelle-Galles du Sud soit couvert par des accords de gestion conjointe avec les propriétaires traditionnels. » « La Nouvelle-Galles du Sud abrite également le second Parc National le plus ancien au monde, soit le premier pour notre Nation, prouvant notre engagement de longue date envers la protection de nos atouts environnementaux et culturels. » À l’occasion de cet événement, des gouvernements devraient annoncer des engagements et des plans d’action d’urgence en faveur des aires protégées, notamment pour combattre l’escalade du braconnage en Afrique. Les résultats du Congrès seront recueillis dans la Promesse de Sydney, qui contribuera à définir des approches novatrices pour aborder les objectifs de la conservation et du développement dans les années à venir. Pour en savoir plus : http://worldparkscongress.org/
Le sixième congrès mondial des parcs de l’UICN approche !
La sixième édition du Congrès mondial des parcs de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature aura lieu du 12 au 19 novembre 2014 en Australie à Sydney. C’est un événement majeur où plus de 4000 participants du monde entier sont attendus. L’agenda international des aires protégées pour la prochaine décennie sera débattu lors de ce congrès autour du thème « les parcs, la planète et nous : des solutions sources d’inspiration ». Pour la première fois, le Congrès rassemblera et communiquera les solutions les plus convaincantes et inspirantes offertes par les aires protégées en réponse aux défis mondiaux. Il contribuera à créer de nouveaux engagements durables pour les aires protégées dans les secteurs de la conservation, du développement et de la finance. Ce sera la promesse de Sydney. La France joue un rôle crucial dans l’atteinte des objectifs mondiaux de conservation : les aires protégées en France couvrent aujourd’hui près de 20% de l’espace terrestre. La France est le seul pays présent dans 5 des 34 « points chauds » de la biodiversité mondiale ; elle possède le second domaine maritime au monde avec 10% des récifs coralliens et lagons. Plus de 80 délégués français seront présents à Sydney. Ils défendront les ambitions, l’expérience, les solutions françaises apportées au défis de la conservation et soutiendront la place de la francophonie au sixième congrès mondial des parcs. Pour préparer cet événement, le Comité français de l’UICN a lancé, avec l’ATEN, une plateforme collaborative afin de partager l’information sur le congrès, mobiliser les acteurs français en métropole et en outre-mer, et coordonner les initiatives françaises. Un stand France permettra aussi de faciliter les échanges et les présentations lors du congrès, grâce au soutien apporté par l’Agence Française de Développement. Toutes les informations sur la présence française au congrès sont disponibles sur http://congres.airesprotegees.fr/ et celles sur le congrès mondial sur http://worldparkscongress.org/
Liste rouge mondiale 2013 : les plus anciennes et les plus grandes espèces du monde sont en déclin
La dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™ fait état du déclin inquiétant des conifères – les organismes les plus anciens et les plus grands du monde –, des crevettes d’eau douce, des cônes ou coquillages du genre Conus, et du marsouin aptère du Yang Tsé. Le scinque géant du Cap-Vert, le Cyprinodon de Santa Cruz et une espèce de crevette d’eau douce sont déclarés éteints. Cette mise à jour porte à 4807 le nombre d’espèces qui ont été ajoutées à la Liste rouge de l’UICN et à 70294 le nombre total d’espèces évaluées, dont 20934 sont menacées d’extinction. « Grâce à la Liste rouge de l’UICN, nous disposons d’un niveau de connaissance sur l’état de la biodiversité dans le monde jamais atteint auparavant », explique Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Mais le tableau d’ensemble est alarmant. Nous devons exploiter pleinement ces connaissances, en déployant des efforts de conservation ciblés et efficaces, si nous voulons vraiment juguler la crise de l’extinction qui continue à menacer la vie sur Terre. » Cette mise à jour comprend la première réévaluation mondiale des conifères. D’après les résultats de celle-ci, 34% des cèdres, cyprès, sapins et autres conifères sont actuellement menacés d’extinction, soit une augmentation de 4% depuis la dernière évaluation complète en 1998. Le statut de conservation de 33 espèces de conifères s’est dégradé, notamment celui du pin de Monterey (Pinus radiata), le pin le plus communément planté au monde, apprécié pour sa croissance rapide et pour les qualités de sa pulpe. Cet arbre est passé du statut « Préoccupation mineure », une catégorie utilisée pour les espèces ne courant qu’un risque d’extinction relativement faible, à « En danger », menacé principalement par des chèvres sauvages et par les attaques d’un agent pathogène invasif. Une autre espèce de conifère auparavant classée dans la catégorie « Préoccupation mineure », le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), originaire de l’Atlas algérien et marocain, est actuellement « En danger » en raison de sa surexploitation. Et sa population réduite est menacée par différents parasites. D’un autre côté, des mesures de conservation ont permis d’améliorer le statut du cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana). Cet arbre, qui a fait l’objet d’un commerce important à un moment donné, est actuellement classé espèce « Quasi menacée », grâce à l’amélioration des pratiques de gestion en Californie et dans l’Oregon, avec entre autres la plantation d’individus résistants aux maladies. Si les mesures de conservation se poursuivent, ce conifère pourrait être classé dans la catégorie « Préoccupation mineure » d’ici 10 ans. « Les efforts de conservation portent leurs fruits et les résultats obtenus pour le cyprès de Lawson sont rassurants », précise Aljos Farjon, président du Groupe de spécialistes des conifères au sein de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) à l’UICN. « Néanmoins, il est clair que cela ne suffit pas. Nous devons d’urgence effectuer des recherches plus poussées sur le statut et la distribution de nombreuses espèces. Nous supposons qu’il y a encore de nombreuses nouvelles espèces qui n’ont pas été décrites à ce jour, mais elles ne seront probablement jamais découvertes vu le rythme auquel la déforestation progresse et auquel leur habitat est converti en plantations destinées à la production d’huile de palme. » Les conifères sont les plus anciennes et les plus grandes espèces de notre planète. Le pin Bristlecone (Pinus longaeva), par exemple, peut vivre près de 5000 ans, et le séquoia (Sequoia sempervirens) atteint une hauteur de 110 mètres. A l’exception des zones humides, les forêts de conifères capturent plus de carbone que tout autre biome – trois fois plus que les forêts tempérées et tropicales. Leur valeur économique est immense : les résineux sont utilisés pour la production de bois et de papier, et l’agent anti-cancéreux Taxol® est dérivé de l’écorce de nombreuses espèces d’ifs. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN fournit les résultats de la toute première évaluation mondiale des crevettes d’eau douce, dont 28% des espèces sont menacées d’extinction. Dix pour cent sont utilisées pour la consommation humaine, notamment la chevrette, ou crevette géante d’eau douce (Macrobrachium rosenbergii), et elles jouent un rôle important dans les réseaux trophiques d’eau douce. La pollution, la modification de leur habitat et le commerce aquariophile sont quelques-unes des grandes menaces auxquelles l’espèce est confrontée. Les conidés, présents dans les milieux marins tropicaux, ont eux aussi fait l’objet d’une évaluation pour la première fois, et 8% sont menacés d’extinction. En tant que prédateurs, ils constituent un élément important des écosystèmes marins. De plus, leurs toxines mortelles sont très précieuses, car elles servent à l’élaboration de nouveaux médicaments destinés au traitement de la douleur irréductible. Enfin, les belles coquilles de ces animaux sont prisées par les collectionneurs depuis des siècles, certains spécimens rares ayant été vendus pour des milliers de dollars. La perte de leur habitat et la pollution représentent les plus grandes menaces qui pèsent sur ces espèces. « Cette évaluation marque un tournant rendu possible par la collaboration innovante entre les négociants en coquillages et les experts scientifiques », explique Howard Peters de l’Université de York, membre du Groupe de spécialistes des mollusques au sein de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) à l’UICN. « Leur travail conjoint a permis de mieux connaître la distribution, le commerce et les menaces qui pèsent sur chaque espèce. Ces informations seront capitales pour nos futurs efforts de conservation. » Le marsouin aptère du Yang Tsé (Neophocaena asiaeorientalis asiaeorientalis), une sous-espèce du marsouin aptère et l’un des derniers cétacés d’eau douce au monde, qui vit dans le fleuve Yang Tsé en Chine et dans deux lacs adjacents, les lacs Poyang et Donting, a également été évalué. Sa population, estimée à environ 1800 individus en 2006, baisse de plus de 5% par an depuis les années 1980 et est considérée comme « En danger critique d’extinction ». Ces marsouins sont de plus en plus menacés, entre autres par la pêche clandestine, la circulation de nombreux navires, l’exploitation du sable et la pollution. Le pécari à lèvres blanches (Tayassu pecari), un membre de la famille du
Nature+ : Vers une nouvelle ère prônant la conservation, la durabilité et les solutions fondées sur la nature
A la fin de sa session, le 5ème Congrès mondial de la nature a adopté la déclaration de Jeju. 1. La conservation de la diversité biologique, à la base même de toute vie sur Terre, revêt une importance capitale pour la vie des êtres humains. Cependant, la diversité biologique, le climat et les autres limites de la planète sont menacés par les activités humaines et notamment notre croissance basée sur les énergies fossiles, gourmande en énergie, et non durable. Notre génération a la responsabilité morale et l’occasion d’empêcher une plus grande détérioration de la diversité biologique et de la biosphère de la Terre, et nous nous engageons à y contribuer activement. 2. Depuis sa création en 1948, l’UICN a participé à tous les principaux débats mondiaux sur l’environnement et le développement durable, occupant récemment un rôle de premier plan à la Conférence Rio+20. Le document final de la Conférence décrit « L’avenir que nous voulons » et préconise que les gouvernements du monde considèrent que « l’élimination de la pauvreté, l’abandon des modes de consommation et de production non viables en faveur de modes durables, ainsi que la protection et la gestion des ressources naturelles sur lesquelles repose le développement économique et social sont à la fois les objectifs premiers et les préalables indispensables du développement durable ». Ce document appelle également tous les pays à prendre des actions urgentes pour lutter contre « les effets néfastes des changements climatiques ». 3. L’UICN fournit des connaissances scientifiques et des conseils politiques afin de venir à bout des grands défis qui menacent l’ensemble de l’humanité. Lors des débats auxquels ont participé les gouvernements, les entreprises et la société civile au Forum mondial de la nature de l’UICN, organisé en septembre 2012 dans la Province autonome spéciale de Jeju, en République de Corée, les actions suivantes ont été identifiées pour conserver la diversité biologique de la Terre. Passer à l’échelle supérieure en matière de conservation 4. Tous les secteurs de la société doivent prendre des mesures fortes pour passer à l’échelle supérieure en matière de conservation de la diversité biologique et mettre un terme à son déclin rapide et continu. La perte de la diversité biologique (espèces, écosystèmes et gènes) a des conséquences néfastes pour l’humanité, ce qui ne peut être accepté. 5. La conservation de la nature prouve chaque jour davantage son efficacité. En conséquence, nous devons amplifier nos actions sur terre et sur mer grâce à des efforts de conservation ciblés. En particulier, nous devons veiller à ce que les aires protégées soient bien gérées ; créer des programmes de repeuplement pour les espèces en péril ; adopter des mesures pour restaurer et réhabiliter les habitats ; renforcer les programmes de reproduction pour la conservation et réduire ou atténuer la surexploitation des ressources naturelles. 6. Nous savons que la connaissance est le moteur de l’action, et qu’une action efficace et des mesures correctives requièrent de meilleures connaissances sur les dangers qui menacent la diversité biologique. Nous devons intensifier nos efforts pour rassembler des informations sur les espèces, les habitats, les écosystèmes, la gouvernance et la dépendance humaine différenciée selon les sexes envers la nature, et offrir ainsi aux décideurs les outils dont ils ont besoin pour une gestion efficace des paysages terrestres et marins qui conserve la nature et soutienne les moyens de subsistance des populations. Des solutions fondées sur la nature 7. La diversité biologique ne doit pas être considérée comme un problème, mais au contraire comme une occasion d’atteindre des objectifs sociétaux plus vastes. La nature est une grande part de la solution à certains des défis les plus urgents de notre planète, comme le changement climatique, l’énergie durable, la sécurité alimentaire et le développement économique et social. Les solutions fondées sur la nature s’appuient sur la contribution prouvée d’écosystèmes divers et bien gérés pour accroître la résilience des humains, et offrir aux femmes et aux hommes des communautés pauvres des opportunités de développement supplémentaires. Ainsi, nous devons encourager la prise de conscience, les connaissances, la bonne gouvernance et des investissements durables pour montrer que la protection de l’environnement est l’affaire de tous et que l’humanité est fondamentalement dépendante de la nature. 8. Valoriser la nature et les services écosystémiques est une première étape cruciale pour offrir des avantages, des paiements et une reconnaissance aux gardiens de la nature. Les solutions fondées sur la nature offrent une vaste gamme d’avantages sociétaux et peuvent attirer l’investissement public et privé. L’UICN prendra la tête d’un mouvement de la conservation qui rapproche les communautés, la société civile, les gouvernements et les investissements afin de négocier et de mettre en oeuvre les solutions pratiques que nous offre la nature pour faire face aux multiples défis du développement, démontrant ainsi leur rentabilité et mesurant et vérifiant leurs effets. La durabilité en action 9. Les gouvernements, la société civile, les entreprises et les autres parties prenantes doivent renforcer leur engagement envers la durabilité en prenant en compte ses trois dimensions : la croissance économique soutenue, inclusive et équitable, le développement et l’intégration sociaux équitables, et la gestion intégrée et durable des ressources naturelles et des écosystèmes. 10. Nous devons intégrer la durabilité dans toutes les décisions sociétales, et soutenir la mise en oeuvre totale des accords multilatéraux environnementaux, notamment les Conventions de Rio et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), récemment créée. 11. Nous devons travailler avec les secteurs privé et public pour accroître le transfert des technologies vertes et partager les connaissances, expériences et compétences afin d’intégrer la diversité biologique et les valeurs des écosystèmes dans la production et la consommation mondiales. Nous encourageons les gouvernements et les entreprises à rechercher une croissance verte inclusive et respectant la parité hommes-femmes qui garantisse l’intégration sociale des groupes vulnérables, éradique la pauvreté et maintienne l’empreinte de l’humanité dans des limites écologiques raisonnables. 12. Nous devons mobiliser les communautés oeuvrant pour la conservation de la diversité biologique, le développement durable et la réduction de la pauvreté dans des efforts communs, afin de mettre un terme à la perte de la
Ouverture du congrès mondial de l’UICN en Corée
Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, la plus grande et plus importante manifestation mondiale sur la conservation, commence ses travaux aujourd’hui sur l’île de Jeju, en Corée du Sud Plus de 8000 personnes venant de 170 pays vont participer au 5ème Congrès mondial de la nature en vue de discuter et de s’accorder sur les solutions à apporter aux problématiques les plus pressantes en matière d’environnement et de développement. Le Congrès mondial de l’UICN se tient tous les quatre ans. Ce 5ème Congrès, qui prendra fin le 15 septembre 2012, rassemble des organisations gouvernementales et non gouvernementales, des scientifiques et des représentants d’entreprises et de collectivités locales du monde entier qui examineront ensemble les solutions que la nature est en mesure d’apporter à un grand nombre de nos problèmes. « En soi, la nature est forte, mais nous devons améliorer son aptitude à s’adapter rapidement au changement », déclare Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Si nous parvenons à rendre la nature plus résistante, nous constaterons que les écosystèmes deviendront plus résilients, et que les personnes, les communautés et les économies humaines seront en meilleure santé ». Un large éventail de questions est prévu à l’ordre du jour. On abordera notamment la situation actuelle des espèces menacées et des espaces protégés, la menace grandissante pesant sur les populations de thons, l’état des récifs coralliens et la nécessité urgente pour les pays de ne plus émettre de déclarations erronées sur l’état de protection des océans. Le Congrès sera également marqué par l’annonce de plusieurs initiatives, partenariats, et nouveaux engagements financiers. On y parlera également de changement climatique, de sécurité alimentaire, de développement et de gouvernance. Alors que les thèmes relatifs à la conservation seront principalement abordés sous leur dimension planétaire, plusieurs enjeux locaux seront également examinés. Des spécialistes coréens et allemands débattront des meilleurs moyens de valoriser la zone démilitarisée, située entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui présente une nature étonnamment intacte, pour y promouvoir la paix, en se servant de l’expérience menée sur la zone de l’ancien Rideau de Fer en Europe. Il sera également question de replantation et de restauration des forêts qui ont été détruites en Corée du Nord, le long de la frontière. Les délégués auront l’occasion d’accueillir de nombreuses personnalités prestigieuses, et notamment le Président Sud-Coréen Lee Myung-bak, la militante des droits de l’homme Bianca Jagger, l’écrivaine et océanographe Sylvia Earle, la chanteuse/auteur-compositeur japonaise Iruka et le prince Carl Philip de Suède, ainsi que de nombreux dirigeants d’entreprises, des ministres et des responsables d’importantes ONG ou agences des Nations Unies. Suivez le Congrès mondial de la nature de l’UICN sur www.iucn.org/congress
11 motions des membres français seront débattues au Congrès mondial de l’UICN
Les membres français de l’UICN présenteront 11 motions lors du 5ème Congrès mondial de la nature sur des sujets cruciaux comme la réforme des aides financières néfastes à la biodiversité, l’exploitation des hydrocarbures, la protection des océans, l’outre-mer européen, la coopération avec les collectivités locales, les aires marines protégées et les énergies renouvelables. Suite au Congrès français de la nature qui s’est tenu en avril 2012, les membres français de l’UICN ont décidé de soumettre 11 motions sur des sujets d’importance internationale au prochain Congrès mondial de la nature (6-15 septembre 2012, Jeju, Corée du Sud). Les 11 motions ont été retenues par le Groupe de travail international sur les résolutions de l’UICN et seront donc soumises au vote de l’Assemblée générale de l’UICN. Ces motions sont les suivantes : MOTION 006 – Coopération avec les collectivités territoriales pour la mise en œuvre du nouveau programme mondial de l’UICN MOTION 059 – Protection des canyons de la Méditerranée MOTION 097 – Renforcement de la politique de la mer et des océans MOTION 098 – Accélérer le rythme de création d’aires marines protégées à l’échelle mondiale et la certification de l’efficacité de leur gestion MOTION 100 – Renforcement des dispositifs européens pour la biodiversité en outre‐mer MOTION 105 – Protéger les écosystèmes et la diversité biologique des grands fonds marins des menaces provoquées par l’exploitation minière des fonds marins MOTION 116 – Développement des énergies renouvelables et conservation de la biodiversité MOTION 118 – Exploration et exploitation des hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels MOTION 119 – Forages pétroliers offshore en Guyane, Surinam et Guyana MOTION 120 – Forages pétroliers offshore en Méditerranée MOTION 143 – Réforme des aides financières dommageables à la biodiversité Au total, 173 motions seront examinées et votées par l’Assemblée générale de l’UICN. Les textes, édités dans les trois langues officielles de l’UICN (anglais, français, espagnol), sont consultables sur le site internet du congrès : http://portals.iucn.org/2012motions/ Vous trouverez ci-dessous un document récapitulatif avec la liste de toutes les motions en français. Deux motions ont été également soutenues par des membres français : la motion 004 « Création d’un mécanisme relatif à l’éthique à l’UICN » et la motion 164 « De l’importance de ne pas régresser dans le domaine du droit et de la politique de l’environnement ». Pour tout savoir sur le prochain Congrès mondial de l’UICN, visitez le site internet dédié à l’événement. Document joint Liste des motions UICN Jeju 2012
Congrès mondial de l’UICN 2012
L’île de Jeju en République de Corée accueillera, du 6 au 15 septembre 2012, le 5ème Congrès mondial de l’UICN, la plus grande conférence consacrée à la conservation de la nature. Environ 8 000 délégués sont attendus au Congrès mondial de la nature 2012 de l’UICN, qui aura lieu sur l’île de Jeju, en République de Corée, du 6 au 15 septembre. Ce Congrès est le plus grand et le plus important évènement mondial dans le domaine de la conservation de la nature. Organisé tous les quatre ans, il réunit des dirigeants des gouvernements, du secteur public, des organisations non gouvernementales, des entreprises, des agences des Nations Unies et des organisations sociales, pour débattre sur les problèmes environnementaux et de développement les plus pressants dans le monde et identifier les meilleures solutions. Les objectifs du congrès sont de : • Tirer profit de l’influence stratégique potentielle du Congrès dans les domaines de la conservation de la biodiversité, du changement climatique, des moyens de subsistance, de la sécurité alimentaire et d’une économie plus verte ; • Débattre de thèmes prioritaires et trouver un consensus entre la communauté de la conservation et les acteurs qu’elle cherche à influencer (p. ex., le secteur privé, les praticiens du développement, de l’économie politique internationale, les ministères nationaux autres que ceux de l’environnement, etc.) ; • Présenter de nouveaux concepts et faits établis sur le thème de la résilience du point de vue de ses liens avec une gamme de pratiques de conservation soutenant le bien-être humain ; • Présenter les succès et les résultats de la conservation obtenus par l’Union dans la période intersessions écoulée. Le thème du Congrès 2012 est Nature+, un slogan choisi pour traduire l’importance fondamentale de la nature et son lien inhérent à chaque aspect de nos vies. Le Congrès examinera depuis cette perspective comment une nature forte et résiliente est intrinsèquement liée à la solution des problèmes que rencontre la planète. Nature+climat, nature+sécurité alimentaire, nature+économie : voici quelques-unes des questions que traitera le Congrès de l’UICN. Nature+ pour dynamiser la résilience naturelle. « La nature est intrinsèquement forte, mais nous devons améliorer la rapidité avec laquelle la nature et les populations s’adaptent aux changements » affirme Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Si nous parvenons à améliorer la solidité de la nature, les écosystèmes seront plus résilients et les populations, les communautés et les économies se porteront mieux ». La conservation fonctionne. « La lenteur apparente des décisions mondiales sur les questions environnementales cache ce qui se passe réellement sur le terrain », souligne Enrique Lahmann, Directeur du Congrès de l’UICN. « De nombreux résultats à l’échelle locale montrent qu’investir dans la nature et restaurer des aires naturelles entraîne des bénéfices sociaux et économiques. Même si tous les succès ne peuvent pas toujours être reproduits dans tous les écosystèmes ou systèmes culturels ou politiques, ils indiquent malgré tout comment rendre la nature plus résiliente à l’échelle mondiale ». La nature offre des solutions pour s’adapter aux changements climatiques.« L’adaptation fondée sur les écosystèmes est une solution financièrement intéressante dont les gouvernements devraient se saisir de manière proactive dans les politiques nationales, et la mettre en œuvre immédiatement sur le terrain » déclare Chong-Chun Kim, Secrétaire général du Comité organisateur coréen. « Améliorer la gestion des systèmes fluviaux, des récifs coralliens, des mangroves et des forêts améliore de façon tangible la résilience des communautés voisines pour s’adapter aux conséquences immédiates et à long-terme des changements climatiques ». Durant plus de 10 jours, les membres et les experts de l’UICN, ainsi que de nombreuses autres organisations et personnalités s’engageront dans des débats, partageront leurs expériences, étendront leurs réseaux, enfin prendront des décisions sur notre façon de protéger et gérer l’environnement pour un développement humain, social et économique durable. L’événement débutera avec le Forum, un large espace de débat sur la conservation, comprenant des ateliers, des tables-rondes, des formations, des sessions de posters, et cinq « Dialogues de personnalités » avec des dirigeants mondiaux renommés. Le Forum laissera ensuite place à trois jours d’Assemblée générale des Membres, la plus haute autorité décisionnelle de l’UICN qui constitue un parlement environnemental unique de gouvernements et d’ONG. Toutes les informations (inscription, programme, hébergement…) sont disponibles sur le site internet du congrès mondial.
Congrès français de la nature 2012 : 14 nouvelles motions adoptées
Le Comité français de l’UICN a organisé son 11ème Congrès français de la nature le 12 avril 2012 à Paris, en préparation du prochain congrès mondial de la nature qui se tiendra du 6 au 15 septembre 2012 à Jeju en Corée du Sud. Au cours de ce 11ème congrès, le Comité français de l’UICN a présenté les objectifs et préparatifs du prochain congrès mondial de la nature que l’UICN organisera en septembre 2012 en Corée du Sud, les résultats de l’accord-cadre signé entre le gouvernement français et le siège mondial de l’UICN, ainsi que les négociations en cours pour Rio+20. Les organismes et experts français de l’UICN ont ensuite débattu et adopté 14 nouvelles motions sur les thèmes suivants : Politiques de la biodiversité Réforme des aides publiques dommageables à la biodiversité Coopération avec les collectivités territoriales pour la mise en œuvre du nouveau programme mondial de l’UICN Aires protégées Renforcer et certifier la gestion des aires marines protégées Consolider et pérenniser la stratégie de création des aires protégées terrestres Inscription de sites naturels d’outre-mer sur la liste du patrimoine mondial Espèces Réintroduction du Bouquetin ibérique dans les Pyrénées Renforcement des connaissances sur la situation de la Martre, de la Belette et du Putois Chasse au Bruant ortolan, Pinson des arbres et Pinson du Nord Conservation du Pétrel noir de Bourbon Outre-mer Renforcement des dispositifs européens pour la biodiversité en outre-mer Mer Renforcement de la politique de la mer et des océans Energie Développement des énergies renouvelables et conservation de la biodiversité Exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels Forages pétroliers offshore en Méditerranée Les textes des motions sont consultables dans la rubrique du Congrès français de la nature