Act4nature international : 17 nouveaux engagements d’entreprises pour la biodiversité

Ce sont aujourd’hui 17 nouvelles entreprises françaises, présentes au niveau international, qui ont rendu publics leurs engagements pour la biodiversité, et parmi elles, ENGIE, entreprise partenaire du Comité français de l’UICN. Elles rejoignent trois autres de ses entreprises partenaires : EDF, Ciments Calcia – GSM et Veolia qui avaient dévoilé leurs engagements en 2020. Ce dispositif, destiné aux groupes français présents à international est la poursuite de act4nature lancé en 2018 qui compte aujourd’hui 44 entreprises françaises engagées. Il est animé et coordonné par l’association française “Entreprises pour l’Environnement (EpE) » dans le cadre d’un comité de pilotage dont le Comité français de l’UICN est membre. Ce dernier évalue le caractère SMART (« spécifique, mesurable, additionnel, réaliste et temporellement encadré ») des engagements proposés par les entreprises avant leur publication. Ainsi, lors de cette nouvelle session, ENGIE, entreprise partenaire du Comité français de l’UICN a déposé des engagements individuels reconnus SMART par le comité de pilotage : ENGIE, engagé dans la Stratégie Nationale pour la Biodiversité française depuis 2011 et dans act4nature dès son lancement, renouvelle et élargit son engagement en définissant une nouvelle feuille de route 2020-2030, basée sur les engagements communs, les pressions définies par l’IPBES et les enjeux propres aux activités du Groupe. Depuis plus de 10 ans, la démarche biodiversité du Groupe est accompagnée par le Comité français de l’UICN. Les objectifs de ce nouvel engagement s’appliquent à l’ensemble des activités du Groupe en France et à l’international et seront mis en œuvre à travers de nouvelles actions concernant l’empreinte au sol et les continuités écologiques, le changement climatique et les solutions fondées sur la nature, la chaîne de valeur ainsi que la sensibilisation de ses salariés. © Engie Nous nous félicitons de ces nouveaux engagements adoptés par les entreprises et qui doivent maintenant être déclinés en actions concrètes pour démontrer des résultats tangibles en faveur de la biodiversité. Le Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tiendra du 3 au 11 septembre à Marseille sera une occasion pour elles de le démontrer. Florence Clap, Chargée de programme « Politiques de la biodiversité » au Comité français de l’UICN Résumé des engagements de Ciments Calcia – GSM, EDF, et Veolia reconnus SMART par le comité de pilotage en 2020 : Ciments Calcia et GSM, filiales françaises du Groupe HeidelbergCement, ont inscrit, dès les années 90, la biodiversité dans leur stratégie d’entreprise et ont été parmi les premières à s’engager dans des dispositifs nationaux (SNB, act4nature…). Le partenariat avec le Comité français de l’UICN signé en 2008 a accompagné leurs démarches, notamment avec la mise en place d’un Système de Management de la Biodiversité. Le SMBio, structure opérationnelle de la stratégie biodiversité de Ciments Calcia et GSM, permet d’intervenir à tous les stades du cycle de vie des carrières afin de limiter les pressions sur la biodiversité et de la favoriser. Dans une volonté de cohérence et de déploiement plus large des actions, la stratégie biodiversité se décline désormais au sein de deux autres filiales du Groupe en France, Unibeton et Tratel sur lesquelles portent ce nouvel engagement. Le groupe EDF, engagé en 2018 dans l’initiative, a renouvelé en 2020 son engagement avec de nouvelles actions à l’international. EDF a construit son programme d’action volontaire en faveur de la biodiversité en croisant trois enjeux : les 5 facteurs de pression identifiés par l’IPBES ; les impacts majeurs de l’entreprise sur les écosystèmes et le projet stratégique CAP 2030 du Groupe. Ce programme d’actions qui sera réalisé essentiellement d’ici 2022 implique toutes les activités du Groupe en cohérence avec sa raison d’être : « construire un avenir énergétique neutre en CO2 conciliant préservation de la planète, bien-être et développement grâce à l’électricité et à des solutions et services innovants ». En outre, la préservation de la biodiversité fait partie des 16 Engagements de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise. Le comité français de l’UICN accompagne la démarche biodiversité du Groupe depuis 2008. Les métiers de Veolia (eau, déchets, énergie) sont directement connectés aux milieux naturels et contribuent à préserver l’environnement dans les territoires, notamment en traitant les eaux usées ou en limitant la pollution des sols. En 2019, le Groupe, présent dans plus de 40 pays dans le monde, s’est doté d’une raison d’être dont l’ambition en matière d’environnement est de combattre les pollutions et d’accélérer la transformation écologique de ses activités et de celles de ses clients, selon quatre priorités : lutter contre le dérèglement climatique, favoriser l’économie circulaire, protéger les milieux et la biodiversité et préserver la ressource en eau. Le Comité français de l’UICN accompagne le groupe depuis son partenariat signé en 2008 et dans son engagement Act4Nature international. Plus d’informations – Site internet act4nature international – Communiqué de presse– Le programme Entreprises et Biodiversité du Comité français de l’UICN ENGIE : – Engagement Act4Nature international de ENGIE– Feuille de route 2020-2030 Ciments Calcia et GSM : – Engagement Act4Nature international de Ciments Calcia et GSM– Le partenariat avec le Comité français de l’UICN signé en 2008– La stratégie biodiversité de Ciments Calcia– La stratégie biodiversité de GSM EDF : – Engagement Act4Nature international de EDF– La raison d’être d’EDF– Engagements de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise d’EDF– La démarche biodiversité du Groupe VEOLIA : – Engagement Act4Nature international de Veolia– La raison d’être de Veolia CONTACT Florence CLAP, Chargée de Programme ‘Politiques de la Biodiversité‘ +33 (0)1 47 07 78 58 Photo bandeau © Engie
Les espèces d’éléphants d’Afrique sont désormais En danger et En danger critique d’extinction selon la Liste rouge de l’UICN

Gland, Suisse, 25 mars 2021 (UICN) – Suite au déclin de ses populations depuis plusieurs décennies, en raison du braconnage pour l’ivoire et de la perte d’habitats naturels, l’éléphant de forêt d’Afrique (Loxodonta cyclotis) est désormais classé « En danger critique d’extinction » et l’éléphant de savane d’Afrique (Loxodonta africana) « En danger » sur la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. Avant la présente mise à jour, les éléphants d’Afrique étaient considérés comme une seule espèce, classée comme « Vulnérable ». C’est la première fois que les deux espèces sont évaluées séparément pour la Liste rouge de l’UICN, suite à l’émergence de nouvelles preuves génétiques. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 134 425 espèces dont 37 480 sont menacées d’extinction. « Les éléphants d’Afrique jouent un rôle clé dans les écosystèmes et les économies, mais aussi dans notre imaginaire collectif, partout dans le monde. Les nouvelles évaluations publiées aujourd’hui par la Liste rouge de l’UICN des deux espèces d’éléphants d’Afrique soulignent les pressions persistantes auxquelles sont confrontés ces animaux emblématiques. Nous devons, de toute urgence, mettre un terme au braconnage et veiller à ce que suffisamment d’habitats convenables soient conservés pour les éléphants de forêt et de savane. Ces dernières années, plusieurs pays africains ont montré la voie à suivre, démontrant qu’inverser la tendance du déclin des éléphants est possible. Nous devons travailler ensemble pour que leur exemple puisse être suivi. » Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN Les dernières évaluations mettent en évidence une diminution importante du nombre d’éléphants d’Afrique sur l’ensemble du continent. Le nombre d’éléphants de forêt d’Afrique a chuté de plus de 86% sur une période de 31 ans, tandis que la population d’éléphants de savane d’Afrique a diminué d’au moins 60% au cours des 50 dernières années, selon les évaluations. Les deux espèces ont connu de fortes diminutions depuis 2008 en raison d’une augmentation significative du braconnage, qui a atteint un pic en 2011, mais continue de menacer les populations. La conversion continue de leurs habitats, principalement à des fins agricoles, entre autres utilisations des terres, constitue une autre menace importante pour les éléphants. Le Rapport de situation de l’UICN sur l’éléphant d’Afrique de 2016 fournit l’estimation fiable la plus récente de la population continentale des deux espèces combinées, soit environ 415 000 individus. Malgré la tendance globale à la baisse des deux espèces d’éléphants d’Afrique, les évaluations mettent également en évidence l’impact positif des efforts de conservation. Les mesures de lutte contre le braconnage sur le terrain, associées à une législation plus favorable et à une planification de l’utilisation des terres visant à favoriser la coexistence entre l’homme et la faune, ont été essentielles aux succès de conservation des éléphants. En conséquence, certaines populations d’éléphants de forêt se sont stabilisées dans des aires de conservation adéquatement gérées, au Gabon et en République du Congo. Le nombre d’éléphants de savane est également stable ou augmente depuis des décennies, en particulier dans l’aire de conservation transfrontalière Kavango-Zambèze, qui abrite la plus grande sous-population de cette espèce sur le continent. « Bien que les résultats de l’évaluation placent la population continentale d’éléphants de savane dans la catégorie ‘En danger’, il est important de garder à l’esprit qu’à l’échelle de certains sites, certaines sous-populations sont en plein essor. Pour cette raison, une grande prudence et des connaissances locales sont nécessaires lors de la traduction de ces résultats en politiques » Dr Dave Balfour, évaluateur des éléphants d’Afrique et membre du Groupe de spécialistes de la CSE-UICN sur les éléphants d’Afrique La décision de considérer les éléphants de forêt et de savane africains comme deux espèces distinctes est le résultat d’un consensus ayant émergé parmi les experts, suite à de nouvelles recherches sur la génétique des populations d’éléphants. Les éléphants de forêt sont présents dans les forêts tropicales d’Afrique centrale et dans une série d’habitats en Afrique de l’Ouest. Leur aire de répartition ne chevauche que rarement celle de l’éléphant de savane, qui préfère les paysages ouverts et occupe une variété d’habitats en Afrique subsaharienne, y compris des prairies et des déserts. On estime que l’éléphant de forêt, dont la répartition naturelle est plus restreinte, n’occupe aujourd’hui qu’un quart de son aire de répartition historique, les populations restantes les plus importantes se trouvant au Gabon et en République du Congo. « Pour ces évaluations, une équipe de six évaluateurs a utilisé des séries de données remontant parfois jusqu’aux années 1960 et une approche de modélisation entièrement axée sur les données pour consolider, pour la première fois, les efforts déployés depuis des décennies par de nombreuses équipes de suivi. Les résultats montrent l’ampleur dramatique du déclin de ces animaux de grande importance écologique. L’inquiétude est grande pour les éléphants d’Afrique, du fait de la demande persistante d’ivoire et des pressions humaines croissantes sur les terres sauvages d’Afrique. La nécessité de conserver de manière créative et de gérer de manière judicieuse ces animaux et leurs habitats est plus pressante que jamais » Dr Kathleen Gobush, évaluatrice principale des éléphants d’Afrique et membre du Groupe de spécialistes de la CSE-UICN sur les éléphants d’Afrique Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN– Contacts : Harriet Brooker, Relations médias UICN, +44 7960241862, press@iucn.orgMatthias Fiechter, Relations médias UICN, +41 795360117, press@iucn.org– La Liste rouge mondiale des espèces menacées– La Liste rouge nationale des espèces menacées Photo bandeau : Eléphants de savane © PPI / Claire de Lune
Liste rouge de l’UICN : Le bison d’Europe en bonne voie de rétablissement et 31 espèces déclarées éteintes

Gland, Suisse, 10 décembre 2020 (UICN) – Le bison d’Europe (Bison bonasus), le plus grand mammifère terrestre d’Europe, est passé de la catégorie d’espèce « Vulnérable » à celle de « Quasi menacée » grâce aux efforts continus de conservation, selon la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ publiée aujourd’hui. Avec cette mise à jour, 31 espèces entrent également dans la catégorie d’espèce « Éteinte », et toutes les espèces de dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui menacées d’extinction. La Liste rouge de l’UICN compte aujourd’hui 128 918 espèces, dont 35 765 sont menacées d’extinction. « Les rétablissements du bison d’Europe et de vingt-cinq autres espèces documentées aujourd’hui dans la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN démontrent le pouvoir de la conservation. Pourtant, la liste croissante d’espèces disparues est un rappel brutal que les efforts de conservation doivent s’intensifier de toute urgence. Afin de faire face aux menaces mondiales telles que la pêche non durable, le défrichement des terres pour l’agriculture et les espèces envahissantes, la conservation doit être mise en œuvre dans le monde entier et intégrée à tous les secteurs de l’économie. » Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN « Les succès de la conservation reflétés dans la mise à jour de la Liste rouge publiée aujourd’hui fournissent une preuve tangible que le monde peut se fixer et atteindre des objectifs ambitieux en matière de biodiversité. Ils soulignent également la nécessité d’engagements réels et mesurables, à l’heure où nous formulons et mettons en œuvre le cadre mondial pour la biodiversité pour l’après 2020 » Dr Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN La conservation favorise le rétablissement du bison d’Europe Grâce à une gestion à long terme pour la conservation, les populations sauvages de bisons d’Europe (Bison bonasus) ont augmenté d’environ 1 800 individus en 2003 à plus de 6 200 en 2019, ce qui justifie le passage de l’espèce de la catégorie « Vulnérable » à celle de « Quasi menacée ». L’espèce ne survivait plus qu’en captivité au début du XXe siècle et a été réintroduite à l’état sauvage dans les années 1950. Les plus grandes sous-populations se trouvent aujourd’hui en Pologne, en Biélorussie et en Russie. Il existe actuellement 47 troupeaux de bisons d’Europe en liberté. Cependant, ces troupeaux sont en grande partie isolés les uns des autres et confinés dans des habitats forestiers non optimaux, et seulement huit d’entre eux sont assez grands pour être génétiquement viables à long terme. L’espèce reste tributaire des mesures de conservation en cours, telles que le déplacement de bisons vers des habitats ouverts plus optimaux et la réduction des conflits humains-bisons. « Historiquement, les bisons d’Europe ont été réintroduits principalement dans des habitats forestiers, où ils ne trouvent pas assez de nourriture en hiver. Cependant, lorsqu’ils quittent la forêt pour des zones agricoles, ils se retrouvent souvent en conflit avec les humains. Afin de réduire le risque de conflits et la dépendance des bisons à l’égard de l’alimentation complémentaire, il sera important de créer des aires protégées incluant des prairies ouvertes où ils puissent paître » Dr Rafał Kowalczyk, co-auteur de la nouvelle évaluation et membre du Groupe de spécialistes des bisons de la CSE-UICN Tous les dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui menacés Avec le passage du tuxuci ou sotalie de l’Amazone (Sotalia fluviatilis) de la catégorie « Données insuffisantes » à celle de « En danger », toutes les espèces de dauphins d’eau douce du monde sont aujourd’hui considérées comme menacées, selon la Liste rouge de l’UICN. Cette petite espèce de dauphin gris du système fluvial amazonien a été gravement affectée par une mortalité accidentelle due aux engins de pêche, à l’endiguement des cours d’eau et à la pollution. L’interdiction d’utilisation de filets maillants (des « rideaux » de filets de pêche qui pendent dans l’eau) et la réduction du nombre de barrages dans l’habitat des tucuxis sont des priorités pour permettre aux populations de se rétablir. Il est également essentiel de faire respecter l’interdiction d’abattage délibéré de tucuxis. Extinctions Le requin perdu (Carcharhinus obsoletus), qui n’a été officiellement décrit que l’an dernier, entre dans la Liste rouge dans la catégorie « En danger critique (Probablement éteint) ». L’espèce a été observée pour la dernière fois en 1934. Son habitat, dans la mer de Chine Méridionale, a subi une pêche importante pendant plus d’un siècle et reste l’une des régions marines les plus surexploitées au monde. Il est peu probable que l’espèce ait pu résister à cette forte pression, et le requin perdu est peut-être déjà éteint. L’ensemble des 17 espèces de poissons d’eau douce endémiques du Lac Lanao et de son déversoir, aux Philippines, sont aujourd’hui « Éteintes » (15 espèces) ou « En danger critique (Probablement éteintes) » (deux espèces). Ces extinctions ont été causées par des espèces prédatrices introduites, et aggravées par la surexploitation et des méthodes de pêche destructrices. Trois espèces de grenouilles d’Amérique centrale ont récemment été déclarées « Éteintes ». En outre, vingt-deux espèces de grenouilles ont été répertoriées comme « En danger critique (Probablement éteintes) » en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Le principal facteur de ces diminutions drastiques est la chytridiomycose. Les efforts de conservation visant à protéger les habitats essentiels aident les populations de plusieurs autres espèces d’amphibiens à se rétablir. Parmi elles, la grenouille arboricole de Oaxaca (Sarcohyla celata), qui est passée du statut d’espèce « En danger critique » à celui de « Quasi menacée » grâce aux actions de communautés locales au Mexique. Plantes : les protéas et les chênes sous pression La famille des protéas a été évaluée de façon exhaustive dans cette mise à jour, révélant que 45% (637 des 1 464 espèces) de ces étonnantes plantes à fleurs, présentes principalement dans l’hémisphère sud, sont « Vulnérables », « En danger » ou « En danger critique ». La plupart de ces espèces ont une aire de répartition très restreinte, ce qui les rend plus vulnérables à la propagation d’espèces exotiques envahissantes, aux changements dans les cycles naturels d’incendies causés par l’homme ou liés aux changements climatiques, ainsi qu’à la perte d’habitats pour l’agriculture. La famille des protéas comprend trois espèces de Macadamia, les mêmes espèces qui produisent les
Un rapport clé de l’IPBES sur la biodiversité et les pandémies

IPBES, 29 octobre 2020. Des pandémies futures vont apparaître plus souvent, se propageront plus rapidement, causeront plus de dommages à l’économie mondiale et tueront plus de personnes que la COVID-19, à moins que l’approche globale de la lutte contre les maladies infectieuses ne soit modifiée, avertit un nouveau rapport clé sur la biodiversité et les pandémies rédigé par 22 experts de premier plan du monde entier. Au terme d’un atelier virtuel organisé par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES de son acronyme anglais) sur les liens entre la dégradation de la nature et l’augmentation des risques de pandémie, les experts conviennent qu’il est possible d’échapper à l’ère des pandémies, mais que cela nécessite un profond changement d’approche pour passer de la réaction à la prévention. La pandémie de COVID-19 est au moins la sixième pandémie mondiale depuis la pandémie grippale de 1918, et bien qu’elle trouve son origine dans des microbes portés par des animaux, comme toutes les pandémies, son émergence a été entièrement déterminée par les activités humaines, indique le rapport publié ce jeudi. On estime à 1,7 million le nombre de virus « non découverts » actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux, dont 827 000 pourraient avoir la capacité d’infecter les êtres humains. « Il n’y a pas de grand mystère sur la cause de la pandémie de COVID-19, ou de toute autre pandémie moderne. Ce sont les mêmes activités humaines qui sont à l’origine du changement climatique, de la perte de biodiversité et, de par leurs impacts sur notre environnement, du risque de pandémie. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l’expansion et l’intensification de l’agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains. C’est un chemin qui conduit droit aux pandémies. » Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l’atelier d’IPBES. Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines entraînant la perte de biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées et par des mesures réduisant l’exploitation non durable dans les régions riches en biodiversité. Cela permettra de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, et aidera à prévenir la propagation de nouvelles maladies, indique le rapport. « Les preuves scientifiques conduisent à une conclusion encourageante. Nous avons la capacité croissante de prévenir les pandémies, mais la manière dont nous les abordons actuellement ignore largement cette capacité. Notre approche actuelle des pandémies stagne et consiste encore à essayer de contenir et de contrôler les maladies aprèsqu’elles sont apparues, par le biais de vaccins et de thérapies. Pour nous échapper de l’ère des pandémies, nous devons, en plus de la réaction, nous concentrer sur la prévention. Le fait que l’activité humaine ait pu modifier aussi fondamentalement notre environnement naturel ne doit pas nécessairement être vu comme négatif, mais prouve, au contraire, notre capacité à opérer les changements nécessaires pour réduire le risque de futures pandémies, tout en protégeant la nature et en réduisant les changements climatiques. » Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l’atelier d’IPBES. Le rapport propose également un certain nombre d’options politiques qui permettraient de faire face et de réduire le risque de pandémie. En voici quelques-unes : Un Conseil intergouvernemental de haut niveau sur la prévention des pandémies pourrait être créé afin de fournir aux décideurs les meilleures données scientifiques sur les maladies émergentes ; de prévoir les zones à haut risque ; et d’évaluer l’impact économique des pandémies potentielles et de mettre en évidence les lacunes en matière de recherche. Un tel conseil pourrait également coordonner la conception d’un cadre mondial de suivi. Les pays pourraient se fixer des objectifs dans le cadre d’un accord ou d’une entente internationale, avec des avantages évidents pour les êtres humains, les animaux et l’environnement. L’approche « Une seule santé » pourrait être institutionalisée par les Gouvernements nationaux afin de renforcer la préparation aux pandémies, d’améliorer les programmes de prévention des pandémies et d’enquêter sur les épidémies et de les contrôler dans tous les secteurs. Des évaluations de l’impact sur la santé des risques de pandémies et de maladies émergentes pourraient être développées et intégrées dans les grands projets de développement et d’aménagement du territoire, tout en réformant l’aide financière à l’aménagement du territoire afin que les avantages et les risques pour la biodiversité et la santé soient reconnus et explicitement ciblés. Le coût économique des pandémies devrait être pris en compte dans la consommation, la production et les politiques et budgets gouvernementaux. Une réduction des formes de consommation, d’expansion agricole mondialisée et de commerce qui ont conduit à des pandémies devrait être rendue possible, par exemple au travers de taxes ou d’impôts sur la consommation de viande, la production de bétail et d’autres d’activités à haut risque de pandémie. Les risques de zoonoses dans le commerce international d’animaux sauvages pourraient être réduits grâce à un nouveau partenariat intergouvernemental « santé et commerce » ; les espèces à haut risque de maladie devraient être retirées partiellement ou totalement du commerce des espèces sauvages ; l’application de la loi dans tous les aspects du commerce illégal d’animaux sauvages devrait être renforcée et l’éducation des communautés sur les risques sanitaires du commerce d’animaux sauvages devrait être améliorée, particulièrement dans les zones à haut risque de propagation de maladies. L’engagement et les connaissances des populations autochtones et des communautés locales dans les programmes de prévention des pandémies devraient être valorisés afin d’atteindre une plus grande sécurité alimentaire et de réduire la consommation d’animaux sauvages. D’importantes lacunes dans les connaissances seraient à combler au sujet des principaux comportements à risque, de l’importance relative dans le risque de maladie du commerce illégal, non réglementé et légal d’animaux sauvages, et de la relation entre la dégradation et la restauration des écosystèmes, la structure des paysages et le risque d’émergence de maladies. Plus d’informations –
Act4nature international : 16 nouveaux engagements d’entreprises pour la biodiversité

Ce sont aujourd’hui 16 entreprises internationales qui ont rendu publics leurs engagements pour lutter contre l’érosion de la biodiversité, parmi elles deux entreprises partenaires du Comité français de l’UICN : Ciments Calcia – GSM et Veolia. Elles rejoignent les 11 entreprises qui avaient dévoilé leurs engagements le 15 juin dernier, dont EDF, une autre de nos entreprises partenaires. Ce dispositif, destiné aux groupes internationaux est la poursuite de act4nature lancé en 2018. Il est animé et coordonné par l’association française Entreprises pour l’Environnement (EpE) dans le cadre d’un comité de pilotage dont le Comité français de l’UICN est membre. Ce dernier évalue le caractère SMART (« spécifique, mesurable, additionnel, réaliste et temporellement encadré ») des engagements proposés par les entreprises avant leur publication, avec une gouvernance qui garantit la transparence de la procédure en cas de désaccord. Ainsi, lors de cette nouvelle session, deux entreprises partenaires du Comité français de l’UICN ont déposé des engagements individuels reconnus SMART par le comité de pilotage : Ciments Calcia et GSM, filiales françaises du Groupe HeidelbergCement, ont inscrit, dès les années 90, la biodiversité dans leur stratégie d’entreprise et ont été parmi les premières à s’engager dans des dispositifs nationaux (SNB, act4nature…). Le partenariat avec le Comité français de l’UICN signé en 2008 a accompagné leurs démarches, notamment avec la mise en place d’un Système de Management de la Biodiversité. Le SMBio, structure opérationnelle de la stratégie biodiversité de Ciments Calcia et GSM, permet d’intervenir à tous les stades du cycle de vie des carrières afin de limiter les pressions sur la biodiversité et de la favoriser. Dans une volonté de cohérence et de déploiement plus large des actions, la stratégie biodiversité se décline désormais au sein de deux autres filiales du Groupe en France, Unibeton et Tratel sur lesquelles portent ce nouvel engagement. Documents disponibles plus bas Les métiers de Veolia (eau, déchets, énergie) sont directement connectés aux milieux naturels et contribuent à préserver l’environnement dans les territoires, notamment en traitant les eaux usées ou en limitant la pollution des sols. En 2019, le Groupe, présent dans plus de 40 pays dans le monde, s’est doté d’une raison d’être dont l’ambition en matière d’environnement est de combattre les pollutions et d’accélérer la transformation écologique de ses activités et de celles de ses clients, selon quatre priorités : lutter contre le dérèglement climatique, favoriser l’économie circulaire, protéger les milieux et la biodiversité et préserver la ressource en eau. Le Comité français de l’UICN accompagne le groupe depuis son partenariat signé en 2008 et dans son engagement Act4Nature international. Documents disponibles plus bas En cette rentrée également, à l’échelle mondiale plus de 560 entreprises (avec des revenus combinés de 4 billions US$) soutiennent un Appel à l’action pour exhorter les gouvernements à adopter dès maintenant des politiques pour inverser la perte de nature au cours de cette décennie. Cet Appel lancé en 2020 par la coalition Business for Nature a pour but d’enrayer l’érosion de la biodiversité et de restaurer les systèmes vitaux planétaires. Plus d’informations – Site internet act4nature international – More than 560 companies back global ‘Call to Action’ for nature –Le programme Entreprises et Biodiversité du Comité français de l’UICN Ciments Calcia et GSM : – Engagement Act4Nature international – Engagements biodiversité de Ciments Calcia – Engagement biodiversité de GSM – 10 ans de partenariat avec le Comité français de l’UICN VEOLIA : – Engagement Act4Nature international – Raison d’être de Veolia – Responsabilité sociétale de l’entreprise Veolia – Corporate social responsability of Veolia Contact : Florence CLAP, Chargée de Programme ‘Politiques de la Biodiversité‘ +33 (0)1 47 07 78 58
Retour sur la Cérémonie nationale de la Liste Verte des aires protégées de l’UICN 2018
Le Comité français de l’UICN a organisé le 11 décembre 2018 la Cérémonie nationale de remise des diplômes aux lauréats français de la Liste Verte des aires protégées de l’UICN, annoncés lors de la 14ème Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique (COP14). Cet évènement avait pour objectif de récompenser les dix sites naturels labellisés cette année par cette distinction internationale récompensant l’efficacité et la qualité de la gestion des espaces protégés. La France est aujourd’hui le pays comptant le plus grand nombre d’aires protégées inscrites sur la Liste verte. La cérémonie de remise des certificats s’est déroulée au sein du Musée de l’Homme, en présence des gestionnaires des espaces naturels naturels lauréats, à savoir : l’Espace naturel sensible du Marais d’Episy (Département de Seine-et-Marne), le Parc national de Guadeloupe, le Parc national des Pyrénées, le Parc naturel marin d’Iroise, la Réserve naturelle nationale de Cerbères-Banyuls, la Réserve Biologique Intégrale Bois du Loc’h, le Parc marin de la Côte bleue, la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage d’Orlu, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Le Président du Comité français de l’UICN, Bernard Cressens, a introduit la cérémonie en indiquant que l’UICN France à travers son groupe national liste verte s’est investi dès l’année 2013 dans cette initiative : « L’UICN France a joué un rôle moteur dans son développement en France et à contribuer activement à l’augmentation du nombre de sites français labellisés à la Liste Verte de l’UICN. » Le secrétariat international de l’UICN, représenté par James Hardcastle a rappelé les objectifs de la liste verte des aires protégées, dont la philosophie est de valoriser les réussites en matière de conservation de la biodiversité et de les mutualiser au bénéfice de l’ensemble des gestionnaires d’aires protégées. Il a souligné la contribution importante des gestionnaires français, qui représentent un quart des sites lauréats dans le monde, et dont le succès permettra d’influencer positivement d’autres pays. La Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen, a adressé un message dans lequel elle souligne que « les sites français que nous célébrons […] sur la liste verte de l’UICN sont des modèles d’excellence qui peuvent inspirer les habitants des pays du monde entier à obtenir de meilleurs résultats pour la nature et pour les êtres humains grâce à la conservation in situ. » Jean-Philippe Siblet, Président du groupe national liste verte, a complété la session introductive de la cérémonie en rappelant que les membres français défendent une approche démocratique de la liste verte, qui doit pouvoir s’appliquer à tous les statuts d’aires protégées dès lors qu’ils démontrent des résultats de conservation réussie. L’approche française est donc soucieuse de promouvoir la diversité des candidatures, qui sont représentatives à la fois de la richesse des espaces naturels et de la pluralité des outils de protection : « les sites labellisés sont en effet le reflet de cette stratégie. Ils ont des diversités de taille, de statut de protection, de répartition géographique et de gestionnaires. Enfin, ce label doit être un encouragement pour les espaces labellisés et un outil positif pour attirer d’autres sites vers cette certification mondiale. » Les certificats ont ensuite été remis individuellement à chaque gestionnaire ou représentant de site lauréat, qui ont exprimé leur satisfaction d’être reconnus à l’échelle internationale à travers ce dispositif, qui ne constitue pas une fin en soi mais un engagement à long terme pour maintenir et partager l’excellence de la gestion des aires protégées. Le nouvel Ambassadeur délégué à l’environnement, Yann Wehrling, a prononcé le discours de clôture en exprimant sa fierté de participer à cette célébration : « Je suis ravi de découvrir la labellisation 10 sites naturels français dans la Liste Verte de l’UICN. Le Comité français de l’UICN a joué un rôle de moteur dans cette certification internationale. C’est une valorisation des territoires qui peuvent être fiers de leur patrimoine naturel. » Revivez la Cérémonie en vidéo : PLUS D’INFORMATIONS – Le communiqué de presse annonçant les lauréats 2018 – La liste complète des sites labellisés dans La Liste Verte de l’UICN – Le Programme Aires protégées de l’UICN France