Tribune « Pour une politique forestière qui s’appuie sur le fonctionnement des écosystèmes »

Nos forêts souffrent des effets du dérèglement climatique et pourtant nous n’avons peut-être jamais eu autant besoin d’elles. Fixation et stockage de carbone, production de bois, genèse et stabilisation des sols, régulation des cycles de l’eau, habitats pour la flore et la faune : les forêts offrent de nombreux services, le plus souvent gratuitement. Pourtant, comme le montrent les dernières statistiques de l’Institut National de l’Information Géographique et Forestière – et pour la première fois depuis le milieu du XIXe siècle – la progression du volume de bois en forêt ralentit sous l’effet d’une triple pression : baisse de la croissance, hausse des prélèvements de bois, aggravation de la mortalité de certaines espèces d’arbres. Cette crise n’est pas passagère, elle constitue une nouvelle donne qui déstabilise et interroge les pratiques de gestion forestière. Dans un contexte d’incertitude croissante, sur quelles bases fonder une nouvelle politique forestière ? L’Europe a ouvert la réflexion en adoptant une stratégie pour les forêts proposant une vision forte : s’appuyer sur la biodiversité pour renforcer la résilience des forêts. Une vision qui ne signifie pas une sanctuarisation des forêts, mais qui acte que les forêts sont des écosystèmes dont le bon état de fonctionnement écologique doit être maintenu ou restauré car il représente la seule véritable garantie de résilience et de résistance face aux aléas annoncés. Or, malgré l’engagement international de l’Europe dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique, les politiques publiques mises en œuvre n’ont pas réussi à enrayer l’érosion de la biodiversité ou à restaurer la qualité de nos écosystèmes. Si cette érosion est particulièrement forte dans les milieux agricoles, la forêt ne fait pas exception : d’après la dernière évaluation effectuée dans le cadre de la directive habitats-faune-flore, plus de trois habitats forestiers suivis sur quatre sont dans un état de conservation défavorable. Les pratiques permettant de concilier exploitation forestière et biodiversité sont connues, et les débats lors des Assises nationales de la forêt et du bois ont permis de constater qu’elles étaient assez consensuelles : maintien de l’ambiance forestière, mélange d’espèces, conservation et restauration des mécanismes permettant d’avoir une diversité génétique, présence de très gros bois dans les peuplements et, plus généralement, diversité de diamètres, trames de bois mort, debout et au sol. Tout l’enjeu est désormais de les placer au cœur d’une nouvelle politique forestière en conditionnant mieux les aides publiques, en modernisant la fiscalité forestière ou encore en renforçant le volet biodiversité et climat des documents de gestion, en forêt publique comme en forêt privée. Des premières leçons peuvent être tirées de l’expérience du plan de renouvellement et d’adaptation des forêts au changement climatique lancé par le gouvernement à l’automne 2020. Critères de diversification très insuffisants, introduction d’essences exotiques sans une évaluation scientifique rigoureuse, délais d’exécution trop rapides rendant impossible l’approvisionnement en plants adaptés mais surtout confusion sur l’objectif : une stratégie d’adaptation ne peut se résumer à un programme massif de plantations pour remplacer les forêts existantes. Nous pensons qu’une stratégie d’adaptation prometteuse et efficace est d’abord d’essayer d’accompagner et d’améliorer les peuplements en place à chaque fois que cela est possible. Cette approche, certes plus technique, propose entre autres de maintenir au maximum le couvert forestier et son sous-bois, d’enrichir et de diversifier les peuplements considérés pauvres d’un point de vue productif mais qui fournissent d’autres services, ceux qui sont homogènes ou monospécifiques, et d’accentuer les mesures de protection des sols qui sont indispensables à la durabilité de l’écosystème forestier. Malheureusement, ce type de sylviculture est proportionnellement très peu soutenu par les pouvoirs publics. Il ne s’agit pourtant pas d’un choix idéologique mais pragmatique : avec des sécheresses estivales de plus en plus fréquentes, les coupes rases de grandes surfaces suivies de plantations sont un pari de plus en plus risqué, comme le montrent les taux records de mortalité dans les jeunes plantations ces dernières années. L’intérêt climatique de cette pratique interroge surtout lorsqu’elle est associée à un travail du sol et une valorisation uniquement énergétique du bois, ce qui augmente les émissions immédiates de carbone et est donc contre-productif. Lorsque des plantations en plein sont indispensables, la priorité doit également être d’essayer de restaurer le plus rapidement possible une dynamique naturelle avec un mélange d’essences adaptées aux évolutions climatiques et réduisant l’exposition aux risques, notamment incendie. Préserver la biodiversité et le fonctionnement écologique des forêts ne signifie pas renoncer à la production de bois. C’est, au contraire, la garantir sur le long terme, sans exclure les autres services offerts par les forêts. Alors que le gouvernement s’apprête à prendre des arbitrages suite aux Assises nationales de la forêt et du bois, nous, scientifiques, associatifs, acteurs de la filière forêt-bois, l’appelons à faire des choix forts pour enfin concilier une politique de production de bois et politique de conservation de la biodiversité dans une seule et même politique forestière. Premiers signataires, représentants de structures : Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux Daisy Copeaux, présidente du collectif Ensemble, sauvons la forêt de Chantilly Elisabeth Dodinet, présidente de la Société botanique de France Maud Lelièvre, présidente du comité français de l’UICN Emmanuel Michau, vice-président de Réserves Naturelles de France Xavier Morin, président de Canopée et directeur de recherche au CNRS Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement Evrard de Turckheim, expert forestier, président de Pro Silva France Michaël Weber, président de la Fédération des Parcs naturels régionaux de France Premiers signataires, signataires individuels : Isabelle Chuine, directrice de recherche au CNRS et membre de l’Académie d’Agriculture de France Guillaume Decocq, professeur à l’Université de Picardie Jules Verne Alexis Ducousso, Ingénieur de Recherches à l’INRAE Hervé Jactel, directeur de recherche à l’INRAE et membre de l’Académie d’Agriculture de France Nicolas Luigi, expert forestier Nicolas Martin-Saint Paul, chargé de recherche à INRAE Serge Muller, professeur émérite au Muséum National d’Histoire Naturelle Didier Paillereau, expert forestier Yoan Paillet, Ingénieur de Recherche à INRAE Marc-André Selosse, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle > Cliquez ici pour la

Cri d’alarme sur les dégradations de la biodiversité à Mayotte

Les défrichements de la forêt de Mayotte provoquent une disparition de la biodiversité, une érosion des sols, une réduction de la ressource en eau et une sédimentation accrue d’un des plus beaux lagons du monde : ce sont l’ensemble de ces dégradations que pointent du doigt le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) et le Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel (CSPN) de Mayotte dans une motion conjointe publiée le 5 janvier 2O21. Ce cri d’alarme sur la destruction de la biodiversité et du patrimoine naturel de Mayotte est lancé six mois après celui du Comité français de l’UICN, qui alertait en juin dernier sur la déforestation galopante suite à la publication de nouvelles données sur le couvert forestier. Une lettre ouverte largement relayée dans les médias faisait alors état d’un défrichement forestier de 1500 ha au cours de la période 2011-2016, hissant Mayotte au triste rang du département le plus déforesté de France- à des niveaux similaires à ceux de l’Indonésie ou de l’Argentine ! La motion du CNPN souligne les conséquences catastrophiques de pratiques agricoles incontrôlées sur la forêt et d’autres milieux ou  espèces végétales et animales iconiques du territoire (crabier blanc, tortues marines, dugong, plantes endémiques), mais aussi sur les services rendus par les forêts en matière de ressource en eau et de rétention des sédiments.  « Ces profondes dégradations impactent directement la vie des mahorais et contribuent chaque jour à réduire la qualité des services rendus par la nature », souligne la motion. « Ces fragiles équilibres ne tiennent plus qu’à un fil ». Afin de renverser cette tendance dramatique, le CNPN propose une mobilisation forte de l’ensemble des acteurs pour arrêter le saccage de la biodiversité de Mayotte. Le Comité français de l’UICN avait proposé en juin dernier de créer rapidement la Réserve Naturelle Nationale des forêts de Mayotte, de réviser le code forestier et d’augmenter l’effort de surveillance des forêts publiques et privées. La protection des forêts au sein des documents d’urbanisme et d’aménagement du territoire, le développement de l’agroforesterie de manière adaptée au contexte de Mayotte, et la généralisation des actions de restauration des milieux naturels sont également nécessaires. Un projet a été proposé en ce sens par le Comité français en partenariat avec Mayotte Nature Environnement et le département de Mayotte, visant à sensibiliser les scolaires, échanger sur des pratique culturales innovantes, et restaurer la forêt au sein des zones agricoles et urbaines, en lien avec des associations locales. La Réserve Naturelle Nationale des forêts de Mayotte protégera 2 800 hectares, et la soumission récente de 1 500 ha supplémentaires en forêt publique est une avancée à concrétiser au plus vite.  Le territoire français de Mayotte, situé au sein d’un point chaud de la biodiversité associant Madagascar et des îles alentour, abrite sur 370 km² seulement de surface terrestre plus de 700 espèces indigènes, dont 59 qu’on ne trouve qu’à Mayotte. Au vu de la destruction dramatique des écosystèmes des autres îles de l’archipel des Comores, il est particulièrement important de préserver ce patrimoine naturel exceptionnel.   Plus d’informations – La motion conjointe du CNPN et du CSPN (janvier 2021)– Retour l’article « Alerte sur la déforestation à Mayotte »– La lettre ouverte du Comité français de l’UICN alertant sur la déforestation à Mayotte (juin 2020) – Nos actions à Mayotte Photos  © CD976/SRF 

Alerte sur la déforestation à Mayotte

Dans une lettre ouverte, le Comité français de l’UICN alerte sur la déforestation à Mayotte, département subissant le taux le plus élevé de perte du couvert forestier en France – perte qui s’est accentuée avec le confinement. Le département a subi entre 2011 et 2016, un défrichement de 6,7 % , 1400 hectares de terres boisées ont disparu, amenant Mayotte à un taux de déforestation annuel de 1,2%, similaire à ceux de l’Argentine ou de l’Indonésie. Cette déforestation, contre toutes attentes, se situe principalement sur des parcelles en dehors des forêts publiques. La forêt à Mayotte est pourtant d’une importance capitale, pour la ressource en eau, le maintien des sols, l’abaissement des températures au niveau local et planétaire. Ces chiffres font de Mayotte  le département subissant la plus forte déforestation en France et ils sont liés aux pratiques illégales de défrichage manuel, à la divagation des animaux domestiques, mais aussi et surtout aux brûlis à des fins agricoles. Ce phénomène, tout comme le braconnage des tortues marines, ne fait que s’aggraver depuis le confinement lié à la crise sanitaire du COVID-19, du fait de la diminution de la présence des agents sur le terrain. Des solutions restent néanmoins possibles comme l’augmentation de la surveillance, la clarification du code forestier ou encore la création de la « Réserve Naturelle Nationale des forêts de Mayotte » qui donne l’opportunité de construire une politique forestière robuste pour Mayotte, permettant de sensibiliser la population mahoraise à l’importance de la préservation des forêts notamment grâce au travail des associations mahoraises. Le rapport inter-ONG « Forêts en crise » souligne l’urgence de réaliser un bilan approfondi des pratiques de gestion dans les forêts d’outre-mer. Mayotte fait partie d’un hotspot de biodiversité au niveau mondial, et ses forêts représentent un « château d’eau » pour l’île dans un contexte de tension forte sur la ressource en eau, en quantité tout comme en qualité. La lutte contre la déforestation doit donc être mieux identifiée comme une des grandes priorités pour la protection de la nature à Mayotte.   Plus d’informations – Plus de détails dans notre lettre ouverte* – Les actions du programme outre-mer à Mayotte – Découvrir l’article sur « Forêts françaises en crise : 21 recommandations pour mieux les préserver » – Suivez le facebook de l’antenne Mayotte du Comité français de l’UICN *Destinataires : Mesdames, Messieurs les maires de communes, représentants des communautés de communes, directeurs des services du conseil départemental de Mayotte et l’ensemble de la population mahoraise En copie à Monsieur Edouard PHILIPPE, Premier Ministre Madame Elisabeth BORNE, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire Madame Annick GIRARDIN, Ministre des Outre-mer Monsieur Didier GUILLAUME, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Monsieur Jean-François COLOMBET, Préfet de Mayotte Monsieur Soibahadine Ibrahim RAMADANI, Président du Conseil départemental de Mayotte Madame Anne-Laure CATTELOT, Députée de la 12 ème circonscription du Nord et chargée de la mission parlementaire sur les enjeux liés à la forêt en France métropolitaine et en Outre-Mer Monsieur Paul DELDUC, Conseiller du président de la République Madame Ramlati ALI, Députée de la 1ère circonscription de Mayotte Monsieur Mansour KAMARDINE, Député de la 2ème circonscription de Mayotte Monsieur Abdallah HASSANI, Sénateur de Mayotte Monsieur Thani Mohamed SOIHILI, Sénateur de Mayotte Photo bandeau – La Vigie, Petite Terre © Grégoire Savourey

Plus de la moitié des arbres endémiques d’Europe sont menacés d’extinction

La Liste rouge européenne des arbres a évalué le risque d’extinction des 454 espèces d’arbres indigènes recensées à l’échelle du continent européen. Les résultats de cette étude révèlent près de la moitié de ces espèces (42%) sont menacées d’extinction au niveau régional, et que les plus menacées sont les espèces endémiques (58 % d’entre elles)  c’est-à-dire celles uniquement présentes en Europe. Ce nouveau chapitre de la Liste rouge européenne identifie les espèces invasives et parasites comme la plus grande menace pour les arbres européens. En particulier, les ravageurs et pathogènes (insectes, nématodes, agents microbiens infectieux, bactéries, virus et champignons) causent des déclins majeurs chez certaines de nos espèces d’arbres les plus répandues. Ainsi, l’iconique Marronnier (Aesculus hippocastanum) est évalué Vulnérable (VU) en raison de son déclin causé par la Mineuse du Marronnier, petit papillon qui a envahi toute l’Europe au cours des 30 dernières années depuis sa région d’origine des Balkans. Cette information rejoint une des fortes préoccupations des experts Groupe de travail « Forêt » du Comité français de l’UICN, à l’origine d’une proposition de Motion pour le prochain Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 intitulée « Renforcer la prévention des risques associés aux pathogènes et ravageurs exotiques envahissants des forêts ». Cette motion demande notamment aux Etats d’intégrer ces espèces dans les stratégies de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, de renforcer les actions de prévention et les systèmes de détection précoce et de lutter contre les pratiques de gestion qui peuvent favoriser leur installation et dispersion. Enfin, si les changements climatiques sont identifiés comme une menace potentielle pour toutes les espèces d’arbres en Europe, leurs impacts sont encore souvent incertains et peuvent être fortement sous-estimés. Financée par la Commission européenne depuis 2006, plus de 15 000 espèces ont à ce jour été évaluées sur la liste rouge européenne, notamment l’ensemble des espèces de vertébrés (mammifères, amphibiens, reptiles, oiseaux et poissons), les mollusques d’eau douce, libellules, papillons, abeilles, mollusques terrestres, mollusques terrestres, coléoptères saproxyliques et une sélection d’espèces végétales comprenant fougères, mousses, plantes sauvages apparentées aux plantes cultivées, plantes médicinales et arbres.   Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – L’étude complète – Le programme Ecosystèmes du Comité français de l’UICN – La liste rouge des écosystèmes en France

Mayotte : création d’une réserve naturelle nationale des forêts publiques

Un projet de création d’une réserve naturelle nationale, visant à protéger 3.000 hectares dans 6 massifs forestiers, est en préparation à Mayotte avec le Conseil départemental de Mayotte. Ce projet, soutenu par le Comité français de l’UICN, a été officiellement annoncé par le Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et la Ministre des Outre-mer, Annick Girardin.  Situé sur un point chaud de la biodiversité terrestre, le projet de création de réserve naturelle est soutenu par le Comité français de l’UICN et a aussi reçu un avis favorable de la Commission « espaces protégés » du Conseil national de la Protection de la Nature. Cette réserve s’ajoute au plan de gestion des espaces naturels sensibles et au schéma de cohérence écologique mis en place par le Département de Mayotte. Les contours précis de ce projet de réserve naturelle vont être discutés dans les prochaines semaines avec l’ensemble des élus de Mayotte.   Les forêts de Mayotte, une biodiversité unique Les forêts hydrophiles de Mayotte ont un intérêt écologique exceptionnel. Elles ont un rôle de régulation essentiel pour ses ressources en eau. Reconnu au niveau mondial, ces forêts uniques abritant de nombreuses espèces endémiques et indigènes menacées sur l’île, justifie la mise en place d’une protection forte et pérenne.   Un devoir pour les générations futures Pour Nicolas Hulot, «la protection de la biodiversité correspond à la protection d’un patrimoine naturel reçu en héritage, que nous devons transmettre aux générations futures. Il ne s’agit pas seulement de freiner la destruction des écosystèmes mais de la stopper et, au-delà, d’entrer dans une démarche de réparation », ajoutant que « la création d’une réserve naturelle nationale des forêts publiques de Mayotte répond à ce devoir qui nous incombe ». Pour Annick Girardin, « ce type d’initiative contribue à faire des Outre-mer des territoires d’excellence, notamment en matière de développement durable », compte-tenu du rôle des forêts pour la protection des ressources en eau, la lutte contre le ravinement qui menace le lagon et la sauvegarde de la biodiversité.   Plus d’informations Communiqué de presse commun du MTES et du MOM Actions à Mayotte menées par l’UICN France Equipe de l’UICN France à Mayotte crédit photo : Massif de Benara © Aurélie Bocquet

Découvrez les services écologiques fournis par les forêts

Dans le cadre de ses travaux menés sur les services écologiques, le Comité français de l’UICN lance une série de brochures qui vont présenter les services fournis par 6 grands types d’écosystèmes présents sur le territoire français : voici la première consacrée aux écosystèmes forestiers. Après une première publication présentant les services écologiques (définition, contexte et enjeux – volume 1) en 2012, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui la première brochure d’une série (volume 2) sur les services écologiques fournis par les différents écosystèmes : elle concerne les écosystèmes forestiers français (métropole et outre-mer). Après une présentation de ces écosystèmes, l’ensemble des services sont détaillés selon la typologie définie dans le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) : support, approvisionnement, régulation, culturels et récréatifs. Cette publication met en avant la multiplicité des services produits par les forêts françaises qui, outre un approvisionnement en bois, contribuent plus largement à la régulation de la qualité des eaux, des phénomènes d’érosion et du climat. Ce dernier service est particulièrement important dans le contexte du changement climatique. Les services culturels et récréatifs, intégrant les loisirs et le tourisme, ainsi que les aspects esthétiques, patrimoniaux et spirituels que représentent les forêts sont également importants à prendre en compte car ils font l’objet d’une forte demande sociale. La forêt est également l’un des principaux réservoirs de biodiversité et accueille ainsi une faune et une flore diversifiées. Cette publication a pour objectif de mieux faire connaître les différents services fournis par les écosystèmes en France et à favoriser leur prise en compte par les différents acteurs, notamment les décideurs, pour améliorer la préservation de la biodiversité.   A suivre prochainement, les brochures sur les écosystèmes marins et côtiers et les écosystèmes urbains. Contact Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques »   Document joint UICN France – services écologiques forestiers

Les forêts de la planète sont indispensables à la vie

L’UICN appelle à consacrer plus de ressources à la protection de l’extraordinaire richesse des forêts et à la restauration des milieux forestiers dégradés. À l’occasion de l’Année internationale des forêts, la plus grande union environnementale du monde veut sensibiliser la communauté internationale à l’importance des forêts. « L’air que nous respirons, la nourriture, l’eau et les médicaments dont nous avons besoin pour survivre, la diversité de la vie sur la planète, le climat qui façonne notre présent et notre avenir : tout cela dépend des forêts. En 2011, la communauté internationale doit prendre conscience de l’importance vitale des forêts et de leur remise en état pour le maintien de la vie sur la Terre ; elle doit aussi reconnaître le rôle des humains pour leur protection et leur utilisation durable », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. Les forêts contribuent à la stabilité du climat ; de ce fait, elles jouent un rôle central dans les réponses au changement climatique, explique l’UICN. « Les forêts représentent le moyen le plus rapide et le plus rentable, à l’échelle la plus large, pour réduire les émissions mondiales », dit Stewart Maginnis, Directeur de l’environnement et du développement à l’UICN.« Si nous réduisons de moitié les émissions émanant des forêts d’ici 2020, cela peut représenter déjà 40% des réductions de gaz à effet de serre requises pour la prochaine décennie. » Les forêts contribuent considérablement à la croissance économique, tant sur le plan national que mondial. Près de 25% des revenus des communautés dépendant des forêts proviennent des biens et des services fournis par ces dernières. D’après les données les plus récentes de l’UICN, la production des forêts gérées localement apporte chaque année 130 milliards de dollars aux populations pauvres. « Des populations du monde entier souffrent ou sont privées de moyens de subsistance et de bien-être à cause de la destruction et de la dégradation des forêts », rappelle Carole Saint-Laurent, conseillère principale pour les politiques des forêts à l’UICN. « Il s’agit de restaurer des milieux forestiers dégradés qui à l’heure actuelle n’apportent rien à personne, ou très peu, pour qu’ils retrouvent toute leur valeur », ajoute Mme Saint-Laurent, que le journal britannique The Observer a qualifiée de « gourou du reboisement 2011 ». L’Année internationale des forêts sera lancée officiellement lors de la 9e session du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF), qui se tiendra du 24 janvier au 4 février à New York. À cette occasion, l’UICN annoncera de nouvelles initiatives de restauration des forêts d’importance mondiale, ainsi que de nouveaux éléments sur la valeur économique des forêts.   Porte-paroles : Stewart Maginnis, Directeur de l’environnement et du développement, UICN, stewart.maginnis@iucn.org Stephen Kelleher, Directeur adjoint du Programme de conservation des forêts, UICN, stephen.kelleher@iucn.org Consuelo Espinosa, Responsable forêts et changement climatique, UICN, consuelo.espinosa@iucn.org Carole Saint-Laurent, Conseillère principale pour les politiques de la forêt, UICN, carsaintl@bellnet.ca   Pour plus d’informations ou pour des entretiens, veuillez contacter : Borjana Pervan, Relations médias UICN, tél +41 798574072, borjana.pervan@iucn.org Brian Thomson, Relations médias UICN, tél+41 797218326, brian.thomson@iucn.org Daniel Shaw, Communication Forêts UICN, tél+41229990168, daniel.shaw@iucn.org Nouvelles /Photos/ Matériel audio/vidéo :www.iucn.org/iyf