Biodiversité et territoires : vers un renforcement des stratégies régionales pour la biodiversité ?
A quelques mois du lancement de la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité, comment les collectivités territoriales se mobiliseront-elles ? Les récents engagements pris au niveau national (Grenelle de l’environnement) et international (10ème Conférence des nations unies sur la diversité biologique de Nagoya – CDB) encouragent fortement les autorités locales à renforcer leur implication pour la préservation de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature, recommande, sur la base d’un état des lieux publié aujourd’hui en partenariat avec la Fédération des Parcs naturels régionaux, le renforcement des stratégies régionales pour la biodiversité. A ce jour, les stratégies régionales pour la biodiversité concernent près de la moitié des Régions françaises : depuis 2004, 6 Régions s’en sont dotées et 4 sont en préparation. Elles sont élaborées dans le cadre de démarches volontaires et participatives associant les acteurs du territoire et traduisent un engagement fort des territoires concernés, notamment des Conseils régionaux qui ont initié et porté ces dispositifs, en faveur de la préservation de la biodiversité. Elles sont porteuses d’une véritable valeur ajoutée, car elles définissent des orientations d’intervention communes et partagées pour préserver la biodiversité du territoire régional. Elles favorisent également une convergence d’objectifs et de moyens pour une action publique solidaire et cohérente. Cet outil mérite toutefois d’être développé et amélioré, en favorisant en particulier, une mobilisation et un portage politique local plus fort, l’organisation d’une gouvernance plus collégiale et pérenne associant tous les acteurs régionaux (notamment les associations), une prise en compte plus ambitieuse de la biodiversité dans tous les secteurs d’activités du territoire, et une meilleure articulation et mise en cohérence entre les différentes politiques locales (trame verte et bleue, aires protégées, agriculture, climat, transports…). Face à l’échec de l’objectif 2010, et à la dégradation toujours croissante de la biodiversité sur notre territoire, le Comité français de l’UICN encourage fortement l’ensemble des régions françaises à renforcer leurs actions et à innover à travers les stratégies régionales pour la biodiversité, cadre de référence régional pour l’intégration de la biodiversité dans les autres politiques du territoire. Elles assureront ainsi une contribution cohérente aux engagements promus par le nouveau plan stratégique mondial (CDB) et la nouvelle stratégie française pour la biodiversité (SNB). > Communiqué de presse disponible en téléchargement. > Rapport de l’étude des stratégies régionales pour la biodiversité, disponible en téléchargement > Monographies des 6 stratégies régionales pour la biodiversité, disponible en téléchargement. Pour en savoir plus sur nos travaux concernant les collectivités territoriales et la biodiversité, cliquez >> ici. Contacts Pour toute information, merci de contacter : Florence Clap – Chargée de programme « Politiques de la biodiversité ». Valérie Moral – Chargée de mission « Collectivités territoriales et biodiversité ». Documents joints CP SRB UICN France
L’ONU donne un feu vert à la création de l’IPBES
Lors de sa session pleinière du 21 décembre 2010, l’Assemblée Générale de l’ONU a approuvé la création de la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, en anglais). L’UICN salue cette décision attendue qui permet de clore l’année internationale de la biodiversité sur une avancée importante et de confirmer le nouvel élan mondial lancé à Nagoya. La plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a pour but d’améliorer l’interface entre les connaissances scientifiques et les décisions politiques sur les enjeux de la biodiversité. Elle devrait jouer un rôle comparable à celui du Groupe intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC) qui a permis de renforcer la compréhension et l’action mondiale sur le réchauffement climatique. L’IPBES fournira des expertises collectives sur l’état et les évolutions de la biodiversité, basées sur les travaux de recherche réalisées dans le monde. Elle sera chargée d’éclairer les gouvernements, en leur fournissant les meilleures connaissances disponibles et identifiant les scénarios possibles, pour prendre les décisions nécessaires. L’idée de la création de l’IPBES a été proposée par la France lors de la conférence internationale « Biodiversité, science et gouvernance » tenue à Paris en janvier 2005. Elle a été reprise par l’Union Européenne puis longuement débattue au sein des Nations Unies. L’UICN a soutenu fortement cette initiative et a joué un rôle important dans son processus de création, notamment à travers ses commissions d’experts. Pour en savoir plus sur l’IPBES, consultez le site www.ipbes.net
Un nouvel élan mondial pour la biodiversité lancé à Nagoya
Les 193 Etats Parties à la Convention sur la diversité biologique, réunis à Nagoya du 18 au 29 octobre 2010, ont pris de nouveaux engagements pour la sauvegarde de la biodiversité, à l’issue de longues négociations. Un « paquet biodiversité » a été adopté comprenant un plan stratégique d’action avec 20 objectifs à atteindre d’ici 2020, un protocole sur l’accès et le partage des avantages liés à l’exploitation des ressources génétiques, et une stratégie de financement pour augmenter l’aide publique internationale consacrée à la biodiversité. Point d’orgue de l’année internationale de la biodiversité, la 10ème Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique, qui a rassemblé près de 18000 participants à Nagoya au Japon pendant 10 jours, a réussi à adopter plusieurs décisions importantes pour enrayer la disparition de la biodiversité et tenter d’inverser la tendance. Après avoir échoué à atteindre leur objectif de réduire significativement l’érosion de la biodiversité d’ici 2010 et, face à la crainte d’un nouvel échec des négociations suite au Sommet de Copenhague sur le climat, les Etats ont su réagir et donner une nouvelle et forte impulsion pour relancer les efforts de préservation et de valorisation de la biodiversité. En premier lieu, les Etats ont adopté le plan d’action stratégique 2011-2020 de la Convention sur la diversité biologique qui comporte 20 objectifs à atteindre d’ici 2020 dont : la mise en place d’un réseau d’aires protégées couvant 17% des milieux terrestres et d’eau douce et 10% des milieux côtiers et marins (contre respectivement 13% et 5% actuellement) ; la diminution, de moitié au moins, du taux de perte de tous les habitats naturels, y compris les forêts, et lorsque cela est possible ce taux est porté à près de zéro ; la restauration d’au moins 15% des écosystèmes dégradés pour lutter contre les impacts du changement climatique (stockage du carbone) et la désertification ; la suppression ou la réforme des incitations financières et des subventions néfastes à la biodiversité, et la mise en place d’incitations positives pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité ; la gestion durable de tous les stocks de pêche, évitant ainsi la surexploitation, ainsi que la restauration des stocks dégradés ; la sauvegarde des espèces menacées, empêchant l’extinction des espèces identifiées comme menacées et améliorant le statut de conservation des espèces les plus en déclin ; la gestion durable des espaces dédiés à l’agriculture, l’aquaculture et la foresterie, intégrant la conservation de la biodiversité ; la réduction des pollutions à des niveaux non dommageables pour les écosystèmes ; la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Ce plan d’action constitue un cadre international commun d’action et les Etats se sont engagés à le décliner dans leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité d’ici deux ans. La nouvelle stratégie française pour la biodiversité, en cours de révision, devra donc en tenir compte. En discussion depuis plus de 8 ans, les Etats ont finalement adopté le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Cet accord va permettre d’encadrer l’exploitation des ressources génétiques (molécules naturelles ou gènes) entre les pays détenteurs de ces ressources, principalement basés au Sud, et les industries, principalement localisées au Nord, et d’assurer qu’une partie des bénéfices reviennent aux pays détenteurs. Les secteurs particulièrement concernés sont ceux de la pharmacie et de la cosmétique. Les communautés locales qui possèdent des connaissances et des savoir-faire traditionnels devront également être prises en compte. L’adoption de ce protocole répond à une forte demande des pays du Sud pour mettre fin à la bio-piraterie et recevoir des avantages liées à l’utilisation de leurs ressources. Le Protocole de Nagoya devrait entrer en vigueur d’ici 2012, avec un soutien du Fonds pour l’environnement mondial d’un million de dollars (USD) afin de faciliter une entrée en vigueur rapide, et d’un million d’euros de la France. Un plan de financement, ou stratégie de mobilisation des ressources, a également été adopté demandant une augmentation substantielle des financements pour la biodiversité, mais le montant et les modalités n’ont pas été clairement définis. Plusieurs pays ont néanmoins fait des annonces importantes, notamment le Japon, qui consacrera deux milliards de dollars (USD) dans les trois prochaines années pour aider les pays en développement à élaborer et mettre en place leurs stratégies nationales pour la biodiversité. La Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a annoncé que la France allait doubler ses financements dans le cadre de l’aide publique au développement d’ici 2012, soit une enveloppe de plus de 200 millions d’euros, et qu’à compter de 2014, ce montant sera porté à 500 millions d’euros par an, un montant équivalent à celui annoncé par l’Allemagne. Le Comité français de l’UICN se félicite de cette annonce qui va contribuer à remplir l’engagement du Grenelle de l’Environnement demandant de consacrer 10% de l’aide publique au développement à la biodiversité. Plus de 120 millions de dollars seront également consacrés à l’initiative « Life web » de la Convention pour le renforcement des aires protégées. Plusieurs autres décisions ont été prises par la conférence, notamment l’approbation du Plan d’action sur les villes, les autorités locales et la biodiversité, qui a été adopté par le Sommet sur les villes et les autorités locales qui s’est tenu les 25 et 26 octobre, et un soutien à la création de l’IPBES, la future plate-forme scientifique internationale sur la biodiversité et les services écosystémiques. Pour consulter l’ensemble des décisions prises : http://www.cbd.int/nagoya/outcomes/ La prochaine conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique se tiendra à New Delhi, Inde, en 2012.
L’état de la biodiversité de 70 Etats et gouvernements passé à la loupe
A l’occasion de l’Année Internationale de la Biodiversité, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) publient, en français et anglais, une analyse synthétique de l’état de la biodiversité terrestre et marine des 70 Etats et gouvernements de la Francophonie. « C’est la première fois qu’une telle analyse est menée. L’Atlas met en lumière l’immense richesse en biodiversité présente à travers la Francophonie et les menaces auxquelles elle fait face. Nous espérons que cet Atlas continuera à évoluer avec l’aide de ses lecteurs » indique Jean-Claude Jacques de l’UICN. Ces pays, présents sur les cinq continents et dans toutes les mers du globe, couvrent 29 millions de km2 sur terre (près de 20% de la surface terrestre) et 25 millions de km2 en mer (7% de la surface des océans). Ils comprennent une douzaine de Points chauds de la biodiversité, plus de 250 écorégions terrestres et 70 écorégions marines. De ce fait, ils ont une responsabilité directe sur la gestion de près d’un tiers des zones humides, des récifs coralliens et des atolls de la planète ainsi que sur le dernier grand bloc forestier d’Afrique et une partie notable des forêts tropicales d’Asie et d’Amérique du Sud. Le caractère insulaire de nombreux Etats de la Francophonie se traduit par un taux d’endémisme élevé, dans des espaces fermés, très vulnérables aux pressions humaines, aux espèces envahissantes et au changement climatique. La conservation de ce patrimoine génétique irremplaçable posera un redoutable défi au cours de ce siècle. Cet atlas montre la biodiversité exceptionnelle abritée par la Francophonie avec des espèces emblématiques comme les gorilles, l’ours blanc, les lémuriens, l’okapi, les grandes tortues terrestres et marines, etc. Les communautés autochtones de certains de ces pays (Pygmées d’Afrique centrale et Amérindiens du Canada et de la Guyane française, par exemple) vivent encore en grande partie des services rendus par les écosystèmes. La conservation de la biodiversité est donc essentielle à leur survie. L’atlas propose aussi une série de pistes d’action pour le futur, adressées à la communauté internationale, à la Francophonie et aux Etats et gouvernements qui la composent. Les recommandations globales sont les suivantes : 1. Produire, à l’occasion du 20e anniversaire du Sommet de la Terre de Rio, un atlas mondial de la biodiversité ; 2. Rendre opérationnelle dans les meilleurs délais la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes (International Platform on Biodiversity and Ecosystem Services – IPBES) ; 3. Améliorer et harmoniser la définition et la délimitation des écorégions et écozones ; 4. Mettre à jour la base mondiale de données sur les aires protégées ; 5. Favoriser l’émergence de mécanismes de financement de la conservation de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes. Cet atlas sera officiellement présenté le 23 octobre 2010 au Sommet de la Francophonie à Montreux (Suisse) et le 27 octobre à la Conférence des Parties (COP10) de la Convention sur la Diversité Biologique à Nagoya (Japon). L’atlas est consultable et téléchargeable en cliquant sur le lien suivant. Cet atlas comprend une première série de fiches thématiques, rédigées par des scientifiques et des experts internationaux. Destinées à éclairer les grandes questions qui se posent autour du thème de la biodiversité, ces fiches abordent les problématiques liées à sa connaissance et sa gestion, à sa prise en compte dans l’aménagement du territoire et à la gestion intégrée des grands fleuves, aux services rendus par les écosystèmes, à la valeur économique attachée à ces services et aux mécanismes financiers à mettre en place pour une gestion durable des milieux naturels. La deuxième partie est constituée de 67 fiches présentant une vision synthétique de l’état de la biodiversité dans les pays de la Francophonie, auxquelles s’ajoutent 10 fiches sur le Nouveau-Brunswick et le Québec (Canada), la région de Bruxelles-Capitale et la Wallonie (Belgique) et l’Outre-mer français. Chaque fiche présente, en particulier : • Les écorégions ou régions biogéographiques terrestres et marines, dans lesquelles s’inscrit le pays concerné et leur degré de protection ; • Les Points chauds de la biodiversité ; • La couverture forestière et les zones humides ; • La diversité floristique et faunique et les menaces qui pèsent sur les espèces (espèces considérées comme menacées inscrites sur la Liste rouge de l’UICN, présence d’espèces exotiques envahissantes, impact du changement climatique et des activités humaines) ; • Les aires protégées terrestres et marines existantes ; • Une série d’autres informations liées à la biodiversité : sites du Patrimoine mondial, Réserves de la biosphère, zones humides Ramsar, Zone d’importance pour la conservation des oiseaux. Ces fiches permettent, également, de mettre en avant les actions exemplaires engagées par les gouvernements concernés et, le cas échéant, les difficultés rencontrées. Les fiches pays sont présentées en 10 ensembles régionaux, chacun étant introduit par une fiche régionale axée sur les problématiques transnationales, telles que la gestion des grands fleuves, la biodiversité marine, les aires protégées transfrontalières, les grands mammifères. Pour plus d’informations – Bureau de Représentation de l’UICN auprès de l’Union européenne : Laura Baroni, laura.baroni@iucn.org Jean-Claude Jacques, Jean-claude.jacques@iucn.org
Objectif biodiversité 2010 non atteint : l’UICN France demande une nouvelle stratégie
En 2001, l’Union Européenne s’engageait à stopper l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2010. Pour répondre à cet engagement et à ceux de la convention sur la diversité biologique, la France a adopté sa Stratégie nationale pour la biodiversité et lancé 11 plans d’action. Aujourd’hui, force est de constater que l’objectif fixé n’a pas été atteint. En cette année internationale de la biodiversité, la France doit redéfinir une nouvelle stratégie à la hauteur des enjeux et de ses responsabilités. La biodiversité continue de se dégrader sur le territoire français comme le montrent les derniers chiffres de la Liste rouge des espèces menacées en France : 1 espèce d’oiseaux sur 4, 1 espèce d’amphibiens, de reptiles et de poissons d’eau douce sur 5, 1 espèce de mammifères sur 10, ou encore 1 espèce d’orchidées sur 6 risquent de disparaître en métropole. Outre-mer, 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde sont présentes et nos récifs coralliens sont endommagés de 10 à 80 % selon les territoires. La stratégie nationale pour la biodiversité a permis de commencer à intégrer les enjeux de biodiversité dans les grandes politiques publiques (agriculture, infrastructures de transport, mer, tourisme…). Des progrès ont été accomplis et la prise en compte de la biodiversité s’est améliorée. Sur les 10 dernières années, les espaces naturels protégés progressent en nombre (+32%) et en surface (+20%), ainsi que les financements dédiés à la protection de la biodiversité, notamment grâce à l’implication des collectivités locales et des entreprises. Pourtant, toutes ces actions restent encore nettement insuffisantes pour freiner les pressions qui s’exercent sur la biodiversité. Les tendances lourdes comme l’artificialisation du territoire, l’intensification agricole et l’exploitation excessive de la mer se poursuivent à un rythme important. Une simple révision de la stratégie nationale pour la biodiversité ne sera pas suffisante : elle doit être redéfinie et largement renforcée. Le portage politique devra être assuré aux plus hauts niveaux de l’Etat et ses résultats doivent être présentés chaque année devant le Parlement. Des moyens humains et financiers nouveaux devront être mobilisés pour répondre aux ambitions affichées. Le caractère « national » de cette stratégie doit être impérativement développé : elle doit être un cadre commun qui incite et mobilise tous les acteurs de la société (Etat, établissements publics, associations, collectivités locales, entreprises, citoyens…) à agir ensemble pour préserver la biodiversité. Elle doit influencer beaucoup plus efficacement les grandes politiques publiques, dont plusieurs prennent insuffisamment en compte la biodiversité. Enfin, la stratégie devra être complétée dans des domaines importants, non couverts actuellement, comme l’éducation et l’économie. En cette année internationale de la biodiversité, la France, pays particulièrement riche en biodiversité au niveau mondial grâce à l’outre-mer, doit soutenir des propositions à la hauteur des enjeux et de ses responsabilités, à travers le renforcement de sa stratégie nationale et d’autres initiatives proposées lors du dernier Congrès français de la nature (20 janvier 2010, Paris). Elle doit avoir une action exemplaire lors de la 10ième conférence des parties de la Convention sur la Diversité Biologique (Nagoya, octobre 2010), où un nouvel objectif et d’un nouveau cadre d’action international seront adoptés. Documents joints CP SNB 2010 UICN France Bilan SNB 2004 2010 UICN France Résolution AIB 2010 UICN France
Quelle implication des collectivités territoriales pour la biodiversité ?
A l’occasion de l’année internationale de la biodiversité 2010 et à quelques jours des élections régionales, les collectivités prendront-elles de nouveaux engagements en faveur de la biodiversité ? Une étude publiée aujourd’hui par le Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), en partenariat avec la Fédération des Parcs naturels régionaux, présente les actions que mettent en œuvre les collectivités dans ce domaine et ouvre des perspectives pour les renforcer et les diversifier davantage. Les collectivités territoriales (régions, départements, communes et leurs groupements) ont un rôle majeur à jouer pour contribuer à stopper l’érosion de la biodiversité. L’échelle locale est celle de l’action, indispensable pour mettre en œuvre les mesures de préservation nécessaires, adaptées aux enjeux et spécificités des territoires. Les collectivités se sont engagées pour la protection et la gestion du patrimoine naturel à travers la création de réserves naturelles régionales (160 dénombrées à ce jour) et de parcs naturels régionaux (44 parcs métropolitains couvrant 12% du territoire), ou encore la mise en œuvre d’une politique sur les espaces naturels sensibles qui concerne 73% des départements. Elles ont également pris des initiatives volontaires comme la création d’observatoires de la biodiversité, la préservation de corridors écologiques, ou l’élaboration de stratégies régionales pour la biodiversité. Pour autant, ces nombreuses actions restent encore hétérogènes sur le territoire, tant dans les modes d’intervention que dans les moyens de mise en œuvre. Etant donné l’urgence de la situation, il est important que les collectivités se dotent de stratégies d’intervention sur le long terme, en dépassant les actions ponctuelles ou réalisées en fonction des opportunités. Il est également nécessaire d’améliorer l’intégration de la biodiversité dans tous les secteurs d’activités (agriculture, urbanisme, infrastructures, tourisme..) et dans les outils comme les agenda 21 locaux, les documents d’urbanisme…. La préservation de la biodiversité doit enfin s’appuyer sur l’implication active de tous les acteurs du territoire. L’année internationale de la biodiversité et les élections régionales représentent des opportunités uniques pour que les collectivités renforcent leur engagement et affirment le rôle clé qu’elles doivent jouer pour la biodiversité de leurs territoires. Communiqué de presse disponible en téléchargement >> ici. Etude complète en téléchargement >> ici. Pour en savoir plus sur nos travaux concernant les collectivités territoriales et la biodiversité, cliquez >> ici. Documents joints Biodiversité & Collectivités CP UICN France – collectivités & biodiversité
L’engagement de GSM pour la biodiversité
Le Comité français de l’UICN et GSM, du Groupe Italcementi, ont élaboré conjointement une plaquette présentant l’implication de l’entreprise en faveur de la biodiversité. Dans le cadre du partenariat signé fin 2007 entre GSM et le Comité français de l’UICN, GSM a adopté en 2009 une politique spécifique sur la biodiversité. Fort de cette collaboration réussie, une plaquette de sensibilisation, illustrant le partenariat et présentant la politique biodiversité de l’entreprise, est aujourd’hui publiée. Ce document présente les enjeux liés à la conservation de la nature, rappelle le lien existant entre les carrières et la biodiversité, et la politique d’entreprise de GSM pour la biodiversité, illustrée de plusieurs actions concrètes de terrain. Cette troisième année de collaboration sera consacrée à la mise en œuvre opérationnelle de cette politique, dont la déclinaison est organisée en plans d’action. Pour en savoir plus et pour télécharger la plaquette, cliquez >> ici.
Colloque « Biodiversité : les mots pour convaincre »
Le Comité français de l’UICN et Natureparif co-organisent un colloque intitulé « Biodiversité, les mots pour convaincre » qui se tiendra les 4 et 5 mai 2010, au Musée du quai Branly à Paris, dans le cadre de l’année internationale de la biodiversité. Comment expliquer l’importance de la préservation de la biodiversité ? Comment amener ses interlocuteurs à l’action, à la prise de décision ? Le colloque « Biodiversité, les mots pour convaincre » qui se tiendra les 4 et 5 mai 2010, au Musée du quai Branly à Paris, a pour but d’établir un argumentaire de conviction destiné aux personnes dont la responsabilité est la biodiversité au sein des collectivités comme des entreprises. Le programme de ces deux journées permettra d’une part, de rappeler les enjeux, l’historique du concept de la biodiversité, d’identifier les principaux écueils rencontrés, de réfléchir aux arguments à développer grâce à des duos organisés autour de personnalités fortes. Il permettra également de travailler à l’élaboration d’argumentaires précis pour les soumettre à tous ceux qui se battent pour emporter les décisions ! Un argumentaire de conviction sera réalisé et mis à disposition des responsables environnement des collectivités et des entreprises. Il est conçu pour aider les décideurs qui ne partagent pas nécessairement cet objectif à prendre les bonnes décisions, que ce soit au sein de leur structure ou dans le cadre de leurs activités. Pour en savoir plus, cliquez ici Ce colloque est co-organisé par le Comité français de l’UICN et Natureparif dans le cadre de l’année internationale de la biodiversité 2010.
L’UICN France créer une plate-forme de réflexions et d’échanges sur l’agriculture et la biodiversité
Le Comité français de l’UICN a souhaité favoriser les échanges entre le monde agricole et les membres du réseau de l’UICN au niveau français autour de la thématique de la biodiversité. Dans une dynamique favorisée par le Grenelle, il est apparu essentiel pour le Comité français de l’UICN de créer une plate-forme de réflexions et d’échanges sur l’agriculture et la biodiversité. Un groupe de travail « Agriculture et biodiversité » a donc été créé en 2008 par le Comité français de l’UICN, à l’image des 7 groupes de travail « Ecosystèmes », Montagne, Méditerranée, Mer & littoral, Forêts, Collectivités territoriales, existants déjà au sein du Comité français. Les objectifs de ce groupe sont multiples : se réunir régulièrement autour de thématiques d’actualité, en lien avec la biodiversité et l’agriculture, choisies par les membres du groupe, participer à ou produire des rapports et publications, proposer des recommandations aux acteurs publics et privés, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale sur la Biodiversité pour le Plan d’Actions Agriculture, participer à ou organiser des manifestations en lien avec la thématique, apporter son soutien aux réflexions et travaux des membres et partenaires du Comité français de l’UICN, débattre, échanger, se rencontrer… En 2009, une étude a été menées sur Les signes de reconnaissance en matière de production agricole (AOC, agriculture bio, marque Parcs, “labels” locaux type “L’éleveur et l’Oiseau”,..) et la biodiversité. DOCUMENTS JOINTS Brochure Biodiversité & signes de reconnaissance agricoles Rapport Biodiversité & signes de reconnaissance agricoles
Congrès français de la nature 2010
Le Comité français de l’UICN organise aujourd’hui à Paris son Congrès français de la nature et lance un appel à une nouvelle mobilisation en faveur de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN – Union internationale pour la conservation de la nature – organise aujourd’hui, à Paris, son Congrès français de la nature, premier grand événement de l’Année internationale de la biodiversité en France. Un état des lieux sera établi sur l’érosion de la biodiversité qui se poursuit, alors que les pays européens s’étaient engagés à la stopper avant 2010. Le Comité français de l’UICN lancera un appel à une nouvelle mobilisation, à la fois au niveau national et au niveau international où la conférence de Nagoya sur la biodiversité succèdera à celle de Copenhague sur le climat. En 2001, l’Union Européenne et la France s’engageaient à stopper l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2010. Force est de constater aujourd’hui que l’objectif fixé n’a pas été atteint. La biodiversité continue de disparaître. Les derniers chiffres de la Liste rouge des espèces menacées en France le montrent : 1 espèce d’oiseaux sur 4, 1 espèce d’amphibiens et de reptiles sur 5, 1 espèce de mammifères sur 10 ou encore 1 espèce d’orchidées sur 6 risquent de disparaître de métropole. L’équivalent d’un département français est artificialisé tous les 10 ans, soit 60 000 ha/an. Outre-mer, 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde sont présentes et nos récifs coralliens sont endommagés de 10 à 80 % selon les territoires. Pour autant des progrès ont été accomplis et la prise en compte de la biodiversité s’est améliorée. La Stratégie nationale pour la biodiversité a permis de commencer à intégrer les enjeux de biodiversité dans les grandes politiques publiques : agriculture, infrastructures, mer, tourisme… Le Grenelle de l’Environnement et celui de la Mer ont permis de renforcer ces engagements, d’en prendre de nouveaux et d’associer l’ensemble des acteurs de la société à la définition et la mise en œuvre des actions. Les enjeux de la biodiversité sont également de plus en plus partagés : l’implication des collectivités locales et des entreprises est grandissante. Un nouvel objectif plus ambitieux et un nouveau cadre d’action, tant au niveau international qu’au niveau national, doivent être définis. Le Comité français de l’UICN présentera une résolution avec ses propositions et attentes pour 2010 en ce sens. L’année 2010 représente une opportunité unique de renforcer la mobilisation de tous les acteurs sur la biodiversité. C’est la première fois que les Nations Unies dédient une année à la biodiversité. En octobre 2010 à Nagoya, la conférence de la Convention sur la diversité biologique succèdera à celle sur le changement climatique de Copenhague. La France et l’ensemble des pays présents devront défendre une nouvelle ambition mondiale et un nouveau plan d’actions, précis et opérationnel, pour répondre à la crise de disparition de la biodiversité. Documents joints communiqué de presse programme