TRIBUNE « Appel pour la nature »

A l’occasion du Congrès Mondial de la nature de l’UICN (3 au 11 septembre, Marseille), les membres du Comité français de l’UICN ont publié une tribune parue dans le Journal du Dimanche. « Projetons-nous en 2030 : alors que depuis des décennies l’état de la biodiversité ne cessait de se dégrader dans le monde, les décisions fortes et historiques prises lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, du 3 au 11 septembre 2021 à Marseille, ont permis de stopper l’érosion de la biodiversité et même commencer à rétablir son état. Nous n’avons plus déploré d’extinction d’espèces et les effectifs de celles qui étaient menacées se reconstituent progressivement. C’est le cas des mammifères marins, dont 1 espèce sur 4 était menacée en 2021, selon la liste rouge de l’UICN et alors que plus de 2 300 dauphins et phoques s’échouaient chaque année sur les côtes françaises. Nous avons investi dans la protection et la restauration des écosystèmes en reconnaissant le rôle indispensable qu’ils jouent pour le maintien de la vie sur Terre et tous les services qu’ils apportent à nos sociétés. Nos vieilles forêts d’Europe, qui ne représentaient que 1% de la superficie forestière européenne, ont été strictement protégées. Et alors que plus de la moitié des mangroves avaient disparu dans le monde, de nombreuses initiatives ont commencé à les restaurer. La planète est maintenant couverte par plus de 30% d’aires protégées sur terre et en mer contre respectivement 15,7% et 7,7% en 2021. Nous en avons créé de nouvelles sur des sites importants pour la biodiversité et pour le patrimoine géologique, et nous avons renforcé le niveau de protection pour s’assurer que nos activités n’y dégradent pas la nature. Nous les gérons quasiment toutes maintenant de façon efficace selon le standard mondial de la Liste verte de l’UICN. La nature, notre alliée pour le climat En déployant les solutions fondées sur la nature proposées par l’UICN, nous avons efficacement contribué à limiter les effets du changement climatique. Grâce à la nature, notre alliée pour le climat, nous progressons bien vers la neutralité carbone et nous avons réduit les risques naturels comme les inondations, les sécheresses, l’érosion côtière en protégeant et restaurant nos zones humides, nos prairies et forêts, ainsi que nos littoraux. Le nombre d’incendies que nous constations en 2021, dans le sud de la France, tout comme en Grèce ou en Californie, a largement diminué. Tant pour le climat que pour la biodiversité, nous avons lutté contre la déforestation importée et nous n’importons plus que du soja, de l’huile de palme, du cacao, de l’hévéa et du bois dont la production n’a pas entraîné de déforestation. Cela a permis aussi de protéger les grands singes qui étaient tous menacés. Nous avons aussi maîtrisé l’artificialisation des sols, qui détruisait en France plus de 20.000 hectares chaque année notamment à cause de l’urbanisation, et, en mer, nous avons adopté une planification rigoureuse de nos activités et de leurs impacts cumulés. Nous avons aussi considérablement réduit les impacts de l’industrie extractive comme l’exploitation des minéraux et du sable. Nous sommes en passe de mettre fin à la surpêche, notamment en encadrant rigoureusement des dispositifs de concentration des poissons, et à la pollution plastique dans l’océan grâce à des mesures urgentes prises en 2021 et à un nouvel accord international contraignant qui a été adopté. La criminalité organisée sur l’environnement, comme le trafic illégal d’espèces menacées, a été considérée comme un crime grave. Nous avons réussi à généraliser les techniques alternatives aux pesticides de synthèse dans les espaces urbains et agricoles, notamment grâce à l’agroécologie. Et nous en voyons le résultat sur les pollinisateurs, les sols, et notre propre santé. Il faut agir et promouvoir une vision éthique de nos relations à la nature À la suite de la pandémie de Covid-19, nous avons aussi décidé d’investir dans la protection de la biodiversité comme dans une assurance santé, car nous avons compris que nos atteintes multiples à la nature favorisaient l’émergence de nouvelles maladies infectieuses. Pour obtenir ces résultats, nous avons augmenté les financements disponibles. Nous ne consacrons ainsi plus 0,2% du PIB mondial à la biodiversité, comme en 2021, mais 1%, soit 800 milliards de dollars par an. C’est une juste reconnaissance car plus de la moitié de nos activités économiques dépendent d’une nature en bonne santé. Mais pour que tout cela devienne bien la réalité de demain, il faut agir et promouvoir une vision éthique résolument nouvelle de nos relations à la nature. Donnons une impulsion forte et décisive à la protection de la biodiversité à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN !« Les signataires : Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN et déléguée générale des Ecomaires Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN Allain Bougrain-Dubourg, Président de la Ligue pour la protection des oiseaux Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement Bruno David, Président du Muséum National d’Histoire Naturelle Véronique Andrieu, Directrice Générale du WWF France Pierre Dubreuil, Directeur Général de l’Office Français de la Biodiversité Stéphanie Clément-Grandcourt, Directrice Générale de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme Philippe Mauguin, Président Directeur Général d’INRAE (Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement) Valérie Verdier, Présidente Directrice Générale de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) Élisabeth Claverie de Saint Martin, Présidente Directrice Générale du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) Michaël Weber, Président de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux Christophe Lépine, Président de la Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels Charlotte Meunier, Présidente de Réserves Naturelles de France Louis Villaret, Président du Réseau des Grands Sites de France Agnès Vince, Directrice du Conservatoire du Littoral Gilles Kleitz, Directeur du Département des transitions écologiques de l’Agence Française de Développement et Président de la commission des aires protégées du Comité français de l’UICN Jean Jalbert, Directeur Général de la Tour du Valat Arnaud Greth, Président de Noé Emmanuel Delannoy, Secrétaire Général d’Humanité & Biodiversité David Sève, Directeur des engagements et de la Fondation de Nature &
Calend’Art 2021 : l’appel à contribution est ouvert!

Le Pôle relais zones humides tropicales co-piloté par le Comité français de l’UICN lance pour 2021 la 4ème édition de son « CalendArt ». Ce grand concours dessin sur le thème des zones humides invite tous les enfants du primaire et du secondaire (6-16 ans) des territoires de l’Outre-mer français (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Guyane, Mayotte, Réunion, Polynésie française, Wallis et Futuna, Nouvelle Calédonie) à participer à celui-ci en nous envoyant par courrier postal leur(s) plus beau(x) dessin(s). Et pour la toute première fois, les enfants métropolitains sont aussi invités à y participer pour connaître leurs visions sur les zones humides ultramarines. Un seul objectif : soyez créatif ! Parlez-nous des mares, des étangs, des lacs, des mangroves, des tourbières… Les zones humides sont des écosystèmes riches et diversifiés. Mettez cette diversité à l’honneur ! Ce calendrier servira à sensibiliser le grand public, jeune et moins jeune, à la conservation et protection des zones humides de l’Outre-mer français. Outre les dessins des grands gagnants, il contiendra des informations et anecdotes sur les zones humides ainsi que les dates importantes à retenir sur les événements liés à ces milieux. Ce concours représente par ailleurs une formidable opportunité pour ces jeunes générations de s’intéresser et de découvrir le rôle vital que jouent les zones humides dans leur quotidien et de s’impliquer dans une action de sensibilisation à grande échelle tout en leur permettant d’explorer leur imagination. Les gagnants sélectionnés seront publiés dans le calendrier 2021 qui sera distribué (par voie virtuelle et papier) à l’échelle internationale. La Situation actuelle amène le Pôle relais zones humides tropicales a proposé deux options de participation, soit faire participer les élèves (enfants/jeunes) en leur demandant de réaliser de nouveaux dessins, soit valoriser de l’existant. Les dessins des enfants métropolitains seront mis en avant dans un encart / une page (ou plusieurs). En aucun cas, ce calendrier ne sera édité à des fins commerciales. CONSIGNES A RESPECTER POUR PARTICIPER AU CONCOURS Type de dessin Nous aimerions un travail coloré, pas de noir et blanc ! La peinture, les crayons de couleur, l’encre, le collage, le pastel…etc. sont tous acceptés. Dimensions Papier A4 (21 x 29,7cm) en format paysage afin de correspondre à la page d’un calendrier (tous les dessins en format portrait seront malheureusement jugés hors concours). Identification de l’artiste IMPORTANT : À l’arrière de chaque œuvre, veuillez inscrire : le nom complet et l’âge de l’artiste, le nom de l’école dans laquelle il est scolarisé ou de l’association qu’il souhaite représenter (sauf s’il participe en son nom uniquement), son adresse postale et le titre de l’œuvre. Ainsi qu’une adresse mail sur laquelle le joindre lui ou ses parents. Les participants accepteront que toutes les créations qui ressortiront de ce concours, soient ré-utilisées par le Pôle-Relais dans le cadre de ses missions. Remarque : il n’y a pas de nombre limite de dessin par enfant. Âge Le concours est ouvert aux enfants et adolescents de 6 à 16 ans. Sujet « Pourquoi les zones humides sont-elles si importantes pour ma communauté et moi même ? ». S’il le souhaite, l’artiste peut ajouter une légende à l’arrière de son dessin (ou en annexe) afin d’expliquer plus clairement la signification de celui-ci. Les plus beaux messages seront inclus dans le calendrier avec le nom de l’auteur. Prix 13 gagnants seront sélectionnés afin de représenter les 12 mois de l’année + le dessin de couverture. Chaque gagnant aura l’honneur de voir son dessin et son nom figurer dans un calendrier qui sera distribué à l’échelle des Outre-mers français (dans les 3 bassins : Atlantique, Pacifique, Indien) et recevra une version papier de celui-ci. Coordonnées Le contact et l’adresse postale auxquels envoyer les dessins sont les suivants : Gaëlle Vandersarren Conservatoire du littoral A l’attention du Pôle-Relais Zones humides tropicales Cité administrative de Circonvallation Rue Alexandre Buffon 97100 Basse-Terre, Guadeloupe Vous pouvez aussi envoyer vos dessins en haute définition par mail : gaelle.vandersarren@uicn.fr Attention, la date limite de réception des dessins (par mail ou voie postale) est fixée au 1er novembre 2020 Plus d’informations – Contact : Gaëlle Vandersarren, Coordinatrice du pôle, gaelle.vandersarren@uicn.fr / (0590) 590 81 81 29 – Le site internet du Pôle relais zones humides tropicales – Découvrez les éditions 2020 et 2019 du Calend’Art – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN
Les entreprises doivent davantage préserver le capital naturel

La crise sanitaire actuelle nous impose d’agir dès à présent en investissant dans la transition écologique au bénéfice simultané de l’économie, de la nature, du climat et de la société. Les entreprises ont une forte responsabilité pour engager cette transition et le Comité français de l’UICN les appelle à s’y engager résolument, en soulignant le rôle crucial de la biodiversité. RESILIENCE DE LA BIODIVERSITÉ ET DES ECOSYSTEMES POUR UNE SANTE PLANETAIRE La biodiversité et les écosystèmes sont la base de notre économie et de notre bien-être. Leur dégradation causée par nos modes de consommation et de production est, à l’inverse, source d’instabilité économique et sociale. « L’érosion mondiale de la biodiversité et le changement climatique qui se poursuivent vont continuer de favoriser l’émergence de nouvelles crises, des pandémies comme celle que nous connaissons actuellement, mais aussi des sécheresses, inondations, tempêtes, si nous n’agissons pas davantage pour la protection de la planète » déclare Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN. Il est ainsi urgent de réduire nos pressions sur la nature (artificialisation des sols et dégradation des habitats naturels, surexploitation des ressources naturelles, commerce des espèces menacées, pollutions…) et d’agir résolument pour préserver et restaurer les écosystèmes afin de bénéficier de leurs services (stockage du carbone, quantité et qualité de l’eau, pollinisation, nourriture, médicaments, tourisme et loisirs etc). LE NECESSAIRE ENGAGEMENT DES ENTREPRISES : L’ACTION DU COMITE FRANÇAIS DE L’UICN Le Comité français de l’UICN accompagne depuis plus de 10 ans des entreprises en les accompagnant pour intégrer la préservation du capital naturel dans leurs stratégies et à y consacrer des ressources suffisantes pour déployer des plans d’actions pertinents et opérationnels. « Les entreprises doivent poursuivre leurs efforts pour répondre à la crise actuelle et prendre des mesures fortes pour inverser la courbe de dégradation de la biodiversité et construire une économie plus durable » souligne Florence Clap, responsable du programme Politiques de la biodiversité du Comité français de l’UICN. Avec ses 8 partenaires « entreprises » qui sont : EDF, VEOLIA, ENGIE, Storengy (Groupe ENGIE), HeidelbergCement France, EQIOM (Groupe CRH), PRIMAGAZ et L’OCCITANE, le Comité français de l’UICN a : – rédigé des recommandations pour réaliser un reporting extra-financier sur la biodiversité de qualité, sujet d’importance désormais majeur pour les agences de notations en France comme à l’international ; – sensibilisé et mobilisé les collaborateurs en entreprise pour déployer l’action en interne et progresser vers un changement des comportements ; – réalisé des plans de gestion écologique sur les sites d’activités et le foncier des entreprises ; – identifié les impacts et dépendances à la biodiversité sur les chaines de valeur des entreprises afin de prendre les mesures garantissant sa préservation ; – aidé à la construction d’engagements dans le cadre des initiatives « act4nature international » et « Entreprises engagées pour la nature – act4nature France ». LUNDI 15 JUIN 2020 : UN EVENEMENT MONDIAL INÉDIT POUR LES ENTREPRISES Co-organisé par la coalition Business for Nature dont fait partie l’UICN, le sommet Building business resilience : How collective leadership will reverse nature loss se déroulera en visioconférence lundi 15 juin. Plus de 2500 participants sont inscrits pour renforcer la place de la nature dans le monde de l’après crise sanitaire. Le Comité français de l’UICN compte sur l’engagement des entreprises françaises pour rejoindre cette mobilisation en faveur de la nature et montrer concrètement leurs innovations, réalisations et projets dans la perspective du Congrès mondial de la nature de l’UICN en janvier 2021 à Marseille qui va consacrer un événement spécial pour les chefs d’entreprises du monde entier. Plus d’informations – Le communiqué de presse sur notre appel – La page dédiée à nos actions avec les entreprises – S’inscrire à la conférence du 15 juin – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 – Contacts : Florence Clap, Chargée du programme Politiques de la biodiversité / Melina Gersberg, Chargée de mission “entreprises et biodiversité” – partenariats EDF, ENGIE, Veolia et L’Occitane / Fanny Brunstein, Chargée de mission “entreprises et biodiversité” – partenariats HeidelbergCement France, Eqiom et Primagaz
2020, année décisive pour stopper le déclin de la biodiversité

A moins de 3 mois du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 à Marseille, le Comité français de l’UICN appelle à la mobilisation pour la sauvegarde de la biodiversité, en danger en France comme dans le monde. Les chiffres sont éloquents et les constats scientifiques sont unanimes : la biodiversité disparaît à un rythme alarmant dans le monde. La France n’est pas épargnée. Si un oiseau sur 8 est menacé au niveau mondial c’est un oiseau sur 3 en France ! « La destruction et la fragmentation des milieux naturels est la principale cause de la disparition de la biodiversité avec la surpexploitation des espèces, le changement climatique, la pollution et les espèces envahissantes » indique Sébastien Moncorps, directeur du Comité Français de l’UICN. 2020 : L’ANNÉE DES SOLUTIONS ET DES DÉCISIONS L’année 2020 sera décisive et, espérons-le, historique pour mettre fin au déclin alarmant de la biodiversité. Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, le plus grand événement mondial jamais organisé sur la biodiversité se tiendra à Marseille du 11 au 19 juin, et il sera suivi par la COP15 Biodiversité de l’ONU en Chine, en octobre. Des décisions fortes sont attendues pour renverser la tendance et déployer massivement des solutions. Les 55 organismes et 250 experts du Comité français de l’UICN appellent à la mobilisation et à l’action sur huit enjeux d’importance mondiale et nationale : – Les espèces menacées – Les écosystèmes (Forêts, Océan et littoraux) – Les aires protégées – Les Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre le changement climatique – La biodiversité en outre-mer – La déforestation importée – L’artificialisation des sols – Les alternatives aux pesticides Grâce à son réseau d’organisations membres et d’experts, le 2eme dans le monde, une intense préparation a été mise en place pour être au rendez-vous et être force de propositions : plus de 100 évènements préparés, 18 recommandations politiques rédigées, un pavillon organisé avec toute une programmation, une mobilisation des différents acteurs engagée, des actions de sensibilisation lancées sur les enjeux de la biodiversité. La mobilisation est déjà en cours pour que cette année 2020 soit exceptionnelle ! Plus d’informations – Communiqué de presse – Dossier de presse – Page dédiée au congrès – Notre feuille de route pour 2020 – Nos programmes d’actions – Le site internet du congrès – Contact : Anne Pellier, Coordinatrice nationale pour le Congrès Mondial de l’UICN 2020
L’appel de l’UICN pour stopper le déclin des espèces d’ici 2030

L’UICN a lancé un appel urgent pour accélérer massivement l’action de conservation des espèces en réponse à la crise de la biodiversité croissante. L’appel d’Abu Dhabi pour l’Action Mondiale de Conservation des Espèces demande aux gouvernements du monde, aux agences internationales et au secteur privé d’arrêter le déclin des espèces et de prévenir les extinctions induites par l’homme d’ici 2030. Ils demandent également d’améliorer les statuts de conservation des espèces menacées avec pour perspective d’entraîner un rétablissement généralisé d’ici 2050. L’Appel d’Abu Dhabi, lancé début octobre à la réunion des Dirigeants de la Commission de Sauvegarde des Espèces (SSC) de l’UICN, incite les gouvernements à prendre des mesures d’urgence pour sauver les espèces ayant le risque d’extinction le plus élevé et à s’attaquer aux principales menaces qui entraînent le déclin et l’extinction des populations. Cela inclut le manque d’incitation des propriétaires terriens et des gestionnaires à conserver les espèces sauvages et les habitats naturels ; les pratiques qui sont mauvaises ou abusives en agriculture, pêcherie ou foresterie ; la criminalité environnementale ; l’émergence des maladies infectieuses ; la perturbation des cours d’eau ; la gestion inadaptée des déchets et des rejets ; les espèces exotiques envahissantes ; et de plus en plus, le changement climatique et l’acidification des océans. « Avec l’année 2020 arrive l’opportunité de freiner la crise d’extinction croissante et d’investir dans un futur plus optimiste. Avec cet appel, l’UICN se tient prête à soutenir les gouvernements et la société civile, incluant les jeunes, afin de travailler pour un monde dans lequel les espèces sont préservées et estimées pour leur valeur intrinsèque autant que pour les avantages qu’elles offrent », a dit la directrice générale par intérim de l’UICN, Dr. Grethel Aguilar. « Le Congrès Mondial de l’UICN en 2020 va rassembler les états, la société civile et les peuples indigènes pour travailler à l’arrêt du déclin des espèces d’ici 2030. » Cet appel est le résultat de la mobilisation de 300 dirigeants de la SSC réunis à Abu Dhabi à l’aube de 2020, une année dans laquelle des décisions critiques pour le futur de la planète seront prises par les décideurs politiques. Les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies et l’Accord de Paris des Nations Unies sur le Climat vont être réexaminés, et la Convention sur la Diversité Biologique adoptera le Plan Mondial pour la Biodiversité Post-2020. Un nouvel accord contraignant des Nations Unies sur la biodiversité marine en haute mer est aussi en négociation. Le Congrès mondial de l’UICN va amplifier cet Appel, qui sera ensuite traité par le Sommet des Nations Unies sur la biodiversité. « La Commission de Sauvegarde des Espèces (SSC) est le réseau mondial le plus large de scientifiques spécialistes des espèces et un contributeur fondamental au rôle de l’UICN comme source de savoirs qui sont nécessaires à la conservation de la nature. Ces scientifiques consacrent leurs vies, généralement de manière entièrement bénévole, à sauver les espèces. La grande qualité du travail des Groupes de spécialistes de la commission fournit une solide base scientifique pour les actions de conservation. Nous appelons maintenant les gouvernements à répondre d’urgence à cet Appel en aidant à sauver les espèces de l’extinction », a dit le Dr. Jon Paul Rodrigez, président de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN. Un programme global de travail sur la conservation des espèces va être lancé au Congrès mondial de l’UICN en juin de l’année prochaine. L’UICN demande aux Parties de la Convention sur la Diversité Biologique et des autres conventions liées à la biodiversité de répondre en incluant ce Programme dans le cadre global de la biodiversité post-2020 et de le suivre avec des mises en œuvres urgentes. Au Congrès, les gouvernements, la société civile et les organisations des peuples indigènes vont se rassembler pour conduire l’effort de conservation pour un ‘‘monde juste qui valorise et conserve la nature ». « Les décisions prises en 2020 vont décider du futur de la planète », a dit le Dr. Jane Smart, directrice du Groupe de Biologie de la Conservation de l’UICN. « Nous faisons face à une situation urgente. Les espèces sont la première source de revenus et de ressources pour des centaines de millions de personnes à travers le globe ; leurs valeurs esthétiques et leur rôle spirituel procurent autant réconfort et inspiration, qu’elles sont une source de loisirs. En cet instant décisif, les gouvernements du monde doivent accepter la responsabilité de cette urgence et agir maintenant afin d’assurer que nous transmettions un héritage naturel riche aux futures générations. C’est une opportunité unique de mobiliser la société et de galvaniser l’action nécessaire pour résoudre la crise des espèces. » L’UICN rappelle également qu’il est peu probable que l’objectif mondial fixant le rétablissement des espèces menacées adopté à Nagoya, au Japon, en 2010 soit atteint, ce, malgré des efforts considérables des conservateurs de l’environnement à travers le monde. En prévision de cela, l’UICN met l’accent sur l’importance d’inclure des objectifs clairs et ambitieux pour la conservation des espèces dans le Plan Mondial pour la Biodiversité post-2020. « La conservation des espèces est un impératif majeur à l’avenir et je me réjouis du fait que les dirigeants de la SSC réunis à Abu Dhabi l’aient identifié comme tel et que ce soit l’un des points déterminants de cette réunion. Nous reconnaissons qu’il y a beaucoup d’autres problèmes majeurs impactant la biodiversité, toutefois nous devons travailler sans relâche pour assurer que la conservation des espèces reste au premier plan de n’importe quelle discussion de conservation » a dit Son Excellence Razan Khalifa Al Mubarak, le directeur général de l’Agence Environnementale d’Abu Dhabi (EAD). « Les Emirats ont assumé un rôle de chef de file dans la conservation de la biodiversité et notre partenariat avec l’UICN et la SSC en particulier le confirme. » « EAD et Abu Dhabi attachent une grande importance à la conservation des espèces. La conservation des espèces, localement comme globalement, est un héritage de notre père fondateur et la gouvernance à Abu Dhabi s’y implique entièrement. Les
Position de l’UICN sur la COP20 de la Convention sur les changements climatiques
L’UICN participe à la 20ème Conférence des Parties (COP20) de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à Lima, Pérou, du 1 au 12 Décembre 2014, et publie à cette occasion sa position. Dans le cadre de son engagement politique sur le changement climatique, l’UICN a préparé un document de position qui présente ses recommandations sur les négociations de la COP Climat à Lima (en téléchargement ci-dessous). Le message principal de l’UICN est de souligner que la nature offre de nombreuses solutions pratiques dans la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses impacts, qui, lorsqu’elles sont mises en œuvre correctement, peuvent procurer des avantages immédiats et tangibles. En particulier, l’UICN alerte les gouvernements à Lima pour que le projet de texte de négociation de l’accord 2015 reconnaisse la valeur des écosystèmes et permette la mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation basées sur les écosystèmes. L’UICN demande que ces actions doivent être réalisées d’une manière qui protège la biodiversité, qu’elles soient socialement équitable et respectueuses des questions de genre, et qu’elles prennent en compte les connaissances locales, traditionnelles et autochtones ainsi que les besoins des communautés les plus vulnérables. L’UICN appelle également les gouvernements à inclure des objectifs spécifiques et ambitieux sur l’atténuation et l’adaptation basées sur les écosystèmes et l’adaptation à la fois dans leurs engagements post-2020 et ceux pré-2020. Ceux-ci pourraient inclure, par exemple, les engagements suivants : – Rejoindre efforts internationaux lancés au titre de la Déclaration de New York sur les forêts pour réduire de moitié la perte globale des forêts naturelles d’ici 2020, et y mettre fin en 2030 – Contribuer à la restauration de 150 millions d’hectares de paysages et de terres forestières dégradés d’ici 2020 à travers le Défi de Bonn, et la restauration de 200 autres millions d’hectares d’ici 2030 – Étendre la couverture existante des aires protégées terrestres, côtières et marines en accord avec l’objectif 11 d’Aichi – Assurer la conservation des autres réservoirs naturels de carbone tels que les zones humides, même si elles ne sont pas comptabilisées dans les mécanismes existants Notant les récentes conclusions du 5ème rapport d’évaluation du GIEC, l’UICN appelle également les pays à réduire leur dépendance aux combustibles fossiles, à étendre leurs choix énergétiques vers les énergies renouvelables, et à élever leurs niveaux d’ambition pré-2020 et post-2020. Document joint Position UICN COP 20 Climat