Renforcer la protection de l’Océan : le Comité français de l’UICN lance un appel à l’action

A l’occasion de la conférence « Le printemps de l’Océan », organisée aujourd’hui à la Maison de l’Océan à Paris, le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lance un appel à l’action pour renforcer la protection et de la restauration de l’Océan. Par cette initiative, le Comité français de l’UICN demande à la France et aux autres pays à faire des annonces ambitieuses et intensifier leurs efforts à l’occasion de la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3), qui se déroulera à Nice du 9 au 13 juin 2025. A mi-chemin de la décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques, cet événement doit accélérer la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 14 « vie aquatique », pour assurer la conservation et l’exploitation durable des écosystèmes marins et côtiers. Cet appel à l’action a été signé par une trentaine d’organisations de protection de la biodiversité afin de présenter des recommandations concrètes pour lutter contre les différentes pressions et restaurer la santé de l’Océan. En effet, 2/3 des milieux marins sont sévèrement altérés par les activités humaines alors qu’ils abritent une biodiversité unique et jouent un rôle capital pour le bien être humain et la régulation du climat. Il est structuré en 4 thématiques : RENFORCER LES AIRES MARINES PROTÉGÉES Pour atteindre l’objectif mondial de protéger efficacement 30 % de l’Océan en 2030, il est nécessaire d’augmenter la superficie du réseau des aires marines protégées, spécialement en haute mer, les niveaux de protection des aires marines protégées, et d’en garantir une gestion efficace, avec les moyens humains, techniques et financiers nécessaires. RENFORCER LA PROTECTION ET LA RESTAURATION DES ÉCOSYSTÈMES MARINS Face à leur dégradation, la restauration des écosystèmes marins et littoraux s’impose, notamment dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature. L’Accord de Paris sur le climat doit être pleinement respecté et le recours aux Solutions fondées sur la Nature doit s’amplifier. La protection des écosystèmes marins profonds et mésophotiques (entre 30 et 200 mètres de profondeur) doit être renforcée, ainsi que la lutte contre la pollution marine de toute origine, tant celle résultant des activités terrestres, que maritimes. RENFORCER LA PROTECTION DES ESPÈCES MARINES Avec des chiffres alarmants montrant le déclin des espèces marines (un tiers des requins, raies, et mammifères marins menacés d’extinction ; un tiers des stocks de poissons marins surexploités…), il faut agir davantage pour leur protection, ce qui passe par la réduction de l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine et une protection efficace des zones-clés pour la survie des espèces. ASSURER UN AVENIR DURABLE POUR L’OCÉAN Il est nécessaire de promouvoir une économie bleue régénérative, d’accroître la coopération scientifique et de développer l’éducation aux enjeux de l’Océan, ainsi que de mobiliser des financements pour les actions en faveur de l’Océan tout en réformant les subventions néfastes. Consultez l’ensemble du programme de la conférence « Le printemps de l’Océan ». Cet événement a bénéficié du soutien de l’Institut océanographique de Monaco – Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, de la Blue Nature Alliance et de la Fondation Pew Bertarelli Ocean Legacy. Consulter l’appel à l’action. Lire le communiqué de presse et le programme Photo bandeau : © Damocean © Dalia Dahmani
Natura 2000, quel bilan après 30 ans de service pour la nature ?

A l’initiative de la Présidence française de l’Union Européenne, les États membres se réunissent les 24 et 25 février 2022, à Strasbourg, pour célébrer les 30 ans du réseau Natura 2000, plus vaste réseau d’espaces naturels terrestres et marins protégés et gérés du monde. A l’origine centré sur les sites terrestres, en application des directives européennes Oiseaux (1979, révisée en 2009) et Habitats faune flore (1992), le réseau a été déployé en mer à partir de 2008, avec un double objectif de préserver la diversité biologique et de valoriser le patrimoine naturel des territoires, tout en tenant compte des activités économiques, sociales et culturelles, ainsi que des particularités régionales. En Europe, les sites Natura 2000 couvrent actuellement 18,15 % de la surface terrestre et 9,8% des eaux marines. Sur le territoire français, il s’agit de 13% de la surface terrestre (7 millions d’hectares) et 35,7% de la surface marine de la ZEE. La France a une responsabilité importante dans ce réseau tant par la diversité de ses paysages que par la richesse de la faune et de la flore qu’ils abritent. A ce jour, ce sont 132 types d’habitats naturels d’intérêt communautaire (57 % des habitats naturels européens), 102 espèces animales identifiées à l’annexe II de la directive Habitats faune flore (20 % des espèces annexe II), 63 espèces végétales identifiées à l’annexe II de la directive Habitats faune flore (10 %) et 123 espèces d’oiseaux identifiées à l’annexe I de la directive Oiseaux (62 %). Natura 2000 est une avancée majeure pour la conservation de la nature en Europe mais reste confrontée à de nombreux défis car la biodiversité terrestre et marine continue de subir de fortes pressions liées aux activités humaines. Or son objectif est d’assurer un bon état de conservation pour tous les habitats et espèces d’intérêt communautaire. Selon le Centre d’expertise et de données sur le patrimoine naturel (PatriNat), environ 70% des espèces et plus de 90% des habitats des écosystèmes humides et aquatiques sont dans un état défavorable-mauvais ou défavorable-inadéquat de conservation. L’intensification agricole est identifiée comme étant le principal facteur de pression sur ce milieu ainsi que l’urbanisation et l’industrialisation. Elles menacent également nos écosystèmes littoraux, dont moins de 10% des habitats et environ 20% des espèces sont dans un état de conservation favorable. Quant au milieu marin, 40% de la mer territoriale est aujourd’hui couverte par le réseau Natura 2000, auquel il faut ajouter le réseau Natura 2000 au large. Cette évolution surfacique récente demande de renforcer les moyens humains et financiers pour améliorer la conservation de la biodiversité marine, comme le suggère le rapport de la cour des comptes européenne qui conclue que les aires marines protégées en Europe, qui sont en grande partie des sites Natura 2000, offrent peu de protection. Les sites Natura 2000 constituent par ailleurs une opportunité pour la mise en œuvre de l’objectif des 10% de zones de protection stricte, adoptée par la stratégie européenne pour la biodiversité d’ici 2030, en y adossant progressivement des réglementations. Plus d’informations – Le site internet de Nature 2000– La conférence ministérielle 30 ans du réseau Natura 2000– Le programme « Aires protégées » du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Bassin du Drugeon, site Natura 2000 labellisé sur la Liste Verte des aires protégées © Varot (4VENTS,2008)
7 nouveaux sites français sur la Liste verte des aires protégées et conservées !

La Liste verte des aires protégées et conservées de l’UICN avait, depuis octobre 2019, 10 nouveaux sites français candidats. Lors d’un premier examen de ces sites par le Comité international de la Liste verte le 18 septembre 2020, la réserve naturelle nationale de l’Ile du Grand Connétable en Guyane avait été inscrite sur la Liste verte. Ayant délibéré une nouvelle fois le 4 mars dernier, le Comité international de la Liste verte a décidé d’inscrire 7 nouvelles aires protégées et conservées françaises ! Ce sont ainsi désormais 22 sites français qui figurent sur cette liste et sont donc reconnus au niveau international pour leur bonne gouvernance, leur planification solide, leur gestion efficace et leurs résultats obtenus pour la conservation de la nature. La France compte aujourd’hui le plus grand nombre de sites inscrits sur la Liste verte avec 22 sites sur 59 dans le monde. Nous nous félicitons de cette reconnaissance de la gestion efficace et du bon état de conservation de ces 7 aires protégées françaises, qui seront, je n’en doute pas, des sources d’inspiration et autant de références pour de futurs candidats à la Liste verte ! La diversité et la richesse des habitats et des espèces, des statuts de protection et des systèmes de gouvernance français de métropole et d’Outre-mer sont mis à l’honneur au travers de ces 22 sites labellisés qui participeront très prochainement à la création d’un réseau francophone de la Liste verte, et plus globalement, au rayonnement de la communauté de la Liste verte au niveau international. Jean-Philippe SIBLET, Président du Groupe d’experts Liste verte France du Comité français de l’UICN Cette nouvelle série de labellisations françaises illustre bien la diversité des systèmes de protection français, accueillant notamment pour la première fois une réserve naturelle nationale à vocation de préservation du patrimoine géologique : la réserve de la Montagne Sainte-Victoire. Qui, à l’issue de cette candidature à la Liste verte, a décidé de se donner également le mandat d’étudier et de protéger les valeurs naturelles « vivantes » de son territoire ainsi que ses fonctionnalités écologiques. Dans le département des Bouches-du-Rhône, c’est également le Domaine de la Tour du Valat, en plus de la Réserve de la Sainte-Victoire et du Parc marin de la Côte Bleue (labellisé lui en 2018), qui vient grossir les rangs de la Liste verte, faisant de ce département celui qui accueille le plus de sites Liste verte en France métropolitaine et ultra-marine. Il s’agit également, à travers la Tour du Valat, de la première candidature en tant qu’aire conservée (et potentielle Autre Mesure de Conservation Efficace par Zone – AMCEZ. Et enfin pour la première fois également, un site Natura 2000 français se voit attribuer le label, il s’agit du Bassin du Drugeon recouvrant en partie le Doubs et le Jura. Les sites de montagne ont par ailleurs été mis à l’honneur car 2 candidatures représentant 6 réserves naturelles nationales de Haute-Savoie (Contamines-Montjoie, Aiguilles Rouges, Passy, Sixt-Passy, Carlaveyron, Vallon de Bérard) ont été listées, rejoignant ainsi les Parcs nationaux des Ecrins, des Pyrénées et la réserve de chasse et de faune sauvage d’Orlu déjà inscrits respectivement depuis 2014, 2019 et 2018. Les territoires ultra-marins sont désormais également représentés par les deux Réserves Biologiques Dirigées, celle du littoral de Saint-Philippe et celle des Forêts de Bois de Couleur des Bas à La Réunion. Enfin, les Espaces Naturels Sensibles sont une fois de plus valorisés par l’inscription des Marais des Basses Vallées de l’Essonne et de la Juine dans le département de l’Essonne. Les sites Natura 2000 du Massif du Canigou et de la Baie de Seine Occidentale sont toujours dans la course pour un accompagnement vers une labellisation à venir. Toutes ces candidatures ont été accompagnées par le Comité français de l’UICN. Plus d’informations – Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN– La Liste verte des aires protégées de l’UICN Photo bandeau : Réserve Biologique Dirigée du littoral de Saint-Philippe, La Réunion © J.Triolo
Avis sur le projet de Stratégie nationale des aires protégées

Le Comité français de l’UICN a émis un avis sur le projet de Stratégie Nationale pour les Aires Protégées 2020-2030 (SAP), se félicitant de l’établissement, pour la première fois, d’un cadre commun aux contextes ultra-marin et métropolitain, terrestre et marin. Il a salué la volonté d’atteindre, en plus des objectifs d’extension des surfaces d’aires protégées visant à couvrir 30% du territoire dont 1/3 en protection forte d’ici à 2022, des objectifs d’efficacité de gestion du réseau, de priorisation des zones à haute valeur en matière de biodiversité, de connectivité entre les aires protégées et l’accent mis sur la protection et la restauration des écosystèmes tropicaux et subtropicaux présents dans les outre mer français. Cet avis propose une série de recommandations pour améliorer la version finale du projet de stratégie avant son adoption. La première vise la mise en cohérence des objectifs fixés par ce cadre national avec les cadres européen et mondial. La Stratégie en faveur de la biodiversité de l’Union Européenne pour 2030, approuvée par le Conseil de l’UE le 23 octobre 2020, distingue une couverture de 30% des terres et 30% des mers en aires protégées et conservées de l’Union, dont 10% en protection stricte (la stratégie parle de protection forte), déclinée en écorégions (régions biogéographiques et des bassins maritimes de l’Union). Pour atteindre l’objectif européen et probablement mondial de 30% d’aires protégées, qui sera une moyenne entre les pays, le Comité français de l’UICN encourage le gouvernement français à définir après 2022 un objectif plus ambitieux pour 2030 et à s’appuyer sur la Liste verte des aires protégées de l’UICN pour améliorer l’efficacité de leur gestion. Le Comité français de l’UICN a également tenu à souligner que la définition d’une aire protégée, telle qu’adoptée par la Convention sur la Diversité Biologique et l’UICN, détermine un objectif prioritaire de protection de la nature auquel des objectifs complémentaires, compatibles avec celui-ci, peuvent être associés, comme cela est décrit dans la classification en 6 catégories de gestion de l’UICN, reconnue par l’ONU. Les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone (AMCEZ) enconstituent le complément dans la mesure où elles concernent les zones au sein desquels la nature est effectivement préservée qui, pour autant, n’ont pas cet objectif prioritaire ou n’ont pas le statut d’aires protégées. Le Comité français recommande d’établir un bilan et un processus permettant d’évaluer l’ensemble des aires protégées et des AMCEZ par rapport aux définitions internationales et à ces catégories, pour assurer le rapportage international de la France sur son réseau et identifier les opportunités et marges de progrès pour améliorer le réseau existant. Le Comité français de l’UICN considère que le renforcement du niveau de protection de la biodiversité est un enjeu crucial de la stratégie, qui doit se traduire par la création de nouvelles aires protégées (dont la relance du projet de parc national de zones humides et du précédent dispositif de création de réserves naturelles volontaires) et la création de zones de protection forte au sein même du réseau existant. A cet effet, le Comité a proposé au travers de sa Commission Aires Protégées, de réunir ses experts autour du concept de protection forte afin de contribuer à une définition partagée. Le Comité français demande aussi d’intégrer un objectif de pleine naturalité, tel qu’il figurait dans l’engagement du Président de la République et en réponse à la Résolution du Parlement européen invitant les Etats membres à développer des réseaux de zones de nature vierge en Europe. Il a donc appelé à l’inscription d’une nouvelle mesure pour le soutien au développement et à la valorisation d’un réseau de sites naturels en libre évolution. Les travaux du Comité français en la matière seront très prochainement publiés sous la forme d’une cartographie de la naturalité en France métropolitaine. Enfin, le Comité français de l’UICN soutient les réseaux d’aires protégées françaises dans leur demande de mise en place d’un plan de financement adapté et suffisant, à la hauteur des objectifs fixés par cette stratégie. Plus d’informations – Lire l’avis complet– Le programme « Aires protégées » du Comité français de l’UICN
En dépit de la croissance des aires protégées, les Etats ne sont pas à la hauteur dans la conservation de la biodiversité

Selon une nouvelle analyse publiée dans Nature, les gouvernements nationaux n’ont pas tenu leurs engagements de conservation des aires protégées et conservées en vertu de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB), malgré l’expansion des aires protégées au cours de la dernière décennie. Dirigé par le Dr Sean Maxwell de l’Université du Queensland et co-écrit par des membres de la Commission mondiale sur les aires protégées de l’UICN, le document analyse si la croissance des aires protégées entre 2010 et 2019 a conduit à une meilleure protection des écosystèmes naturels, des espèces menacées et des services écosystémiques. Au cours de cette période, le pourcentage de la surface de la Terre couverte par des aires protégées est passé de 14,1 % à 15,3 % sur terre et de 2,9 % à 7,5 % dans le domaine marin. Les auteurs constatent que cette croissance a eu un succès limité dans la protection de la biodiversité et des services écosystémiques à l’échelle mondiale. Par exemple, seulement 21,7 % des espèces considérées comme menacées d’extinction sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN étaient suffisamment représentées dans les aires protégées en 2019, comparativement à 18,9% en 2010. Un tiers des zones clés de biodiversité et plus de la moitié de tous les écosystèmes terrestres et marins sont restés sans protection adéquate en 2019, selon le document. « Nous avons examiné les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs de conservation de la CDB en superposant les cartes des aires protégées sur les écosystèmes naturels, les espèces menacées, les services liés au carbone sur terre et en mer et la productivité des pêcheries dans les océans du monde. Nos résultats prouvent de façon concluante la nécessité de se concentrer non seulement sur ce que nous protégeons, où et comment nous le faisons, mais également sur la taille de la zone que nous protégeons », a déclaré le Dr Sean Maxwell de l’Université du Queensland, principal auteur de l’étude. « Presque tous les pays sur Terre ont convenu qu’en 2020, les aires protégées et conservées doivent couvrir au moins 17% des terres et 10% des océans, et être situées dans des zones importantes pour la biodiversité et les services écosystémiques, conformément aux engagements de la CDB. Nos résultats montrent de façon concluante qu’une simple augmentation de superficie gérée et conservée ne suffit pas. Les aires protégées et conservées doivent protéger efficacement les milieux importants pour les espèces menacées ; et malgré une couverture terrestre de près de 17 %, ce n’est clairement pas le cas pour le moment », a déclaré le Dr Stephen Woodley, vice-président de la Commission mondiale sur les aires protégées pour la science et la biodiversité de l’UICN, l’un des co-auteurs de l’étude. Depuis que les objectifs environnementaux mondiaux ont été convenus dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique en 2010, des progrès encourageants ont été constatés avec l’expansion des aires protégées, en particulier dans le domaine marin, avec une protection accrue des coraux et de nombreuses autres espèces marines. Toutefois, l’étude a conclu que les sept régions pélagiques les plus productives pour les pêches ne disposaient pas de couverture officielle en aires protégées et a constaté des insuffisances significatives dans la « représentativité écologique » (protection des espèces menacées), l’efficacité de la gestion et l’atteinte de résultats mesurables pour la biodiversité dans les aires protégées et conservées à l’échelle mondiale. « La plupart des gouvernements reconnaissent le rôle essentiel des aires protégées et conservées dans la lutte contre la crise de la biodiversité », a déclaré le Dr Kathy MacKinnon, présidente de la Commission mondiale sur les aires protégées de l’UICN. « Cette étude globale montre que, malgré les efforts considérables déployés par les pays de la CDB pour atteindre les objectifs 2020 en matière d’ aires protégées et conservées, beaucoup reste à faire. C’est pourquoi nous demandons de nouveaux objectifs de conservation mondiaux ambitieux pour la biodiversité pour l’après 2020. Les aires protégées et conservées ont besoin d’investissements, de soutien juridique et d’être considérées comme des outils de développement durable généralisés grâce à la fourniture de services écosystémiques vitaux. Cela s’applique aux aires gérées par le gouvernement et par les communautés autochtones et locales, ainsi que celles gérées par le secteur privé. » Les auteurs recommandent qu’après 2020, la conservation des aires protégées et conservées devra contribuer plus efficacement à l’atteinte des objectifs mondiaux pour la biodiversité, ainsi qu’à une meilleure collaboration avec les peuples autochtones, les groupes communautaires et les initiatives privées. Plus d’informations – L’article original (en anglais) – Contact : IUCN Media Relations, Tel: +41229990392, Email: press@iucn.org – L’étude complète (en anglais) – La Commission mondiale sur les Aires protégées de l’UICN – Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Parc national de la Vanoise
1 nouveau site français inscrit sur la Liste Verte des Aires protégées !

L’UICN a admis 3 nouvelles aires protégées sur la Liste verte des aires protégées et conservées le 18 septembre dernier. Un site français est ainsi mis à l’honneur pour la qualité de sa gestion et de sa gouvernance aux côtés du Parc Naturel National Chingaza en Colombie et de la Réserve Naturelle de Van Long au Vietnam, il s’agit d’un site protégé français ultra-marin : la réserve naturelle nationale de l’Ile du Grand Connétable en Guyane française. Ceci porte le nombre total de sites inscrits sur la Liste verte à 49 dans le monde, dont 15 aires protégées situées en France métropolitaine et en Outre-mer. La réserve naturelle de l’Ile du Grand Connétable située à 18 kilomètres des côtes de la Guyane au large de l’embouchure du fleuve Approuague est en fait composée de deux structures rocheuses : le Grand Connétable et l’îlot du Petit-Connétable. Toutefois, la grande majorité du périmètre de la réserve naturelle se situe en mer (environ 7 800 ha). Plus ancienne réserve naturelle de Guyane, elle a été créée en 1992 pour assurer initialement la protection des colonies d’oiseaux marins fréquentant le site. En effet, l’Ile joue un rôle majeur pour la reproduction des oiseaux marins en Guyane et plus largement à l’échelle régionale et/ou mondiale pour certaines espèces. Elle accueille notamment la plus importante colonie caribéenne de Sternes royales, la plus importante colonie de reproduction d’une sous-espèce de Sterne de Cayenne. Elle est également un lieu important de reproduction des Mouettes atricille et des Frégates superbes. Au niveau régional, le Noddi brun et la Sterne fuligineuse fréquentent le site. Considérant que le site héberge également des espèces marines emblématiques, le GEPOG (Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux de Guyane), gestionnaire du site s’est depuis plusieurs années penché sur l’étude et la conservation de la Sotalie ou dauphin de Guyane, du mérou géant, en danger critique d’extinction sur la liste rouge mondiale ou encore des tortues marines qui viennent bénéficier d’une zone d’alimentation aux abords des habitats rocheux de la réserve. Le bon état de conservation de ces espèces et de ces habitats bénéficiant de suivis depuis près de 30 ans et les succès notables en matière de lutte contre la pêche illégale grâce à une collaboration durable mise en place avec acteurs locaux de la pêche professionnelle et les Services de l’Etat sont autant de raisons pour lesquelles la réserve de l’Ile du Grand Connétable figure aujourd’hui sur la Liste verte des aires protégées et conservées. 9 aires protégées françaises sont toujours engagées dans le processus de candidature dont 8 d’entre elles verront leurs dossiers examinés par le Comité international prochainement. Plus d’informations – Site internet de la Réserve naturelle nationale de l’Ile du Grand Connétable – Le GEPOG – Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN – L’article international de l’UICN sur ce sujet (en anglais) – La Liste verte des aires protégées de l’UICN Photo bandeau : © ILe_Grand-Connetable_RNNC
Les Actes du 4e colloque national des aires marines protégées sont en ligne

L’OFB et le Comité français de l’UICN, organisateurs du 4ème colloque national des aires marines protégées qui s’est tenu à Biarritz en octobre dernier, sont heureux de vous informer de la mise en ligne des Actes du colloque. Plus de 400 acteurs de la mer venus d’horizons variés (État, gestionnaires d’aires marines protégées, socioprofessionnels, scientifiques, associations) ont travaillé intensément durant les trois jours du colloque afin de contribuer à la prochaine stratégie nationale aires marines protégées 2020-2030. Ces Actes reprennent toutes les interventions lors des plénières, dont celles sur : – la contribution des zones de protection forte au bon état du milieu, à la gestion des ressources, à la naturalité des sites – Outre-mer : Quelles ambitions pour 96 % de l’espace maritime français ? Les interventions des panélistes lors des plénières thématiques dédiées aux cinq enjeux de la nouvelle stratégie 2020-2030 : – Un réseau complet et cohérent – Un réseau de qualité grâce à une gestion efficace et efficiente – Un réseau contribuant à des usages durables – Un réseau intégré dans les politiques et les territoires – Un réseau mobilisateur et engageant Les synthèses des conclusions des ateliers stratégiques et des ateliers opérationnels sont présentées sous forme de tableau. Enfin, les résumés des conférences et des cafés des connaissances sont également disponibles (en annexe) Plus d’informations – Télécharger les Actes – Le site internet dédié au colloque – Le programme aires protégées du Comité français de l’UICN photo bandeau © Phoebe Henricks
10 nouveaux sites français candidats à la Liste Verte des aires protégées de l’UICN

La Liste Verte des aires protégées de l’UICN a accueilli dix nouveaux candidats français depuis octobre 2019. Il s’agit, dans les territoires ultramarins, des Réserves Biologiques Dirigées de la forêt de la Coloraie du Volcan à La Réunion et de la réserve naturelle nationale de l’Ile du Grand Connétable en Guyane. En métropole, deux sites Natura 2000 terrestres, le Bassin du Drugeon et le Massif du Canigou, ainsi que le site Natura 2000 en mer de la Baie de Seine Occidentale, sont également engagés dans le dispositif. Par ailleurs, un groupement de cinq réserves naturelles nationales de Haute-Savoie présentent également une candidature commune, ainsi que la réserve naturelle nationale des Contamines-Montjoie, toutes gérées par le Conservatoire d’Espaces Naturels de Haute-Savoie (Asters). Pour la première fois en France, une réserve géologique rejoint le programme, il s’agit de la réserve naturelle de la Montagne Sainte-Victoire. La totalité du Domaine de la Tour du Valat et du Petit Saint-Jean, incluant une grande diversité de statuts, se portent également candidats. Enfin, le Département de l’Essonne présente une portion des Espaces Naturels Sensibles des marais des Basses Vallées de l’Essonne et de la Juine. La diversité des outils de protection de la biodiversité française se trouve ainsi représentée dans le dispositif de la liste verte. Les dix gestionnaires entament désormais la phase cruciale d’auto-évaluation de leurs sites vis-à-vis des 50 indicateurs de la Liste Verte. Ils bénéficieront pour ce faire d’un accompagnement dédié par un gestionnaire ayant déjà obtenu le label Liste Verte, leur faisant bénéficier de leur connaissance du processus Liste Verte et des bonnes pratiques à mettre en valeur au cours de ce travail de mise en conformité avec les standards de la Liste Verte des Aires Protégées de l’UICN. A l’issue de cette étape, les dossiers de candidature complets seront évalués par les rapporteurs leur ayant été assignés, tous experts du Groupe de travail de la Liste Verte du Comité français de l’UICN. Les dossiers validés seront ensuite examinés au premier semestre 2020 par le Comité International de la Liste Verte qui décidera de leur inscription sur la Liste Verte des Aires Protégées. Les lauréats se verront attribuer leur label à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tiendra en juin 2020 à Marseille, mettant à l’honneur ces sites exemplaires en matière de gouvernance et de gestion. Ils rejoindront les quatorze sites français labellisés à ce jour pour ainsi enrichir et renforcer les réseaux d’aires protégées. Ils deviendront à leur tour des sites de référence, en mesure d’accompagner d’autres aires protégées pour atteindre des standards témoignant d’une gestion efficace, équitable et concertée. Plus d’informations – Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN – La Liste verte des aires protégées de l’UICN Photo bandeau : Réserve naturelle de Sixt-Passy © Asters-CEN74 – Photographie de J. Heuret
Patrimoine mondial de l’Unesco : inscription des Terres et mers australes françaises
Les Terres et mers australes françaises sont désormais inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Ces territoires incluent l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam et couvrent une superficie totale de 672 969 km2 dont environ 7 700 km2 de domaine terrestre. Ils abritent de très loin la plus vaste réserve naturelle française et comptent parmi les plus grandes aires marines protégées (AMP) au monde. La France compte désormais 45 sites classés à l’Unesco, dont six sites classés au titre du patrimoine naturel, après le golfe de Porto en Corse, les lagons de Nouvelle-Calédonie ainsi que les pitons, cirques et remparts de l’Ile de La Réunion, ou encore la chaîne des Puys, en Auvergne, et le site du mont Perdu, dans les Pyrénées (également classé site culturel). Plusieurs autres sites ont été labellisés lors de la réunion le 5 juillet 2019 du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, dont le parc national du Vatnajökull (Islande), le patrimoine naturel et culturel de la région d’Ohrid (Macédoine du Nord), le sanctuaire d’oiseaux migrateurs du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai (Chine), les forêts hyrcaniennes en Iran, les sites de métallurgie ancienne du fer au Burkina Faso ou la ville de Babylone (Irak). Les Terres et mers australes Les Terres et mers australes françaises englobent les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien : l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam ainsi que 60 petits îlots situés dans la zone subantarctique. Cette « oasis » au cœur de l’océan Austral, qui couvre une superficie de plus de 67 millions d’hectares, abrite l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins au monde. On y trouve notamment la plus grande population de manchots royaux et d’albatros à bec jaune au monde. Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, ces îles sont des vitrines de l’évolution biologique extrêmement préservées et constituent un territoire unique pour la recherche scientifique. Leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Humanité constitue non seulement une reconnaissance de la richesse patrimoniale exceptionnelle de ces îles australes (Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) mais celle des actions de conservation conduites depuis plus de 10 ans par la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises sur ce territoire. Le Groupe de travail Patrimoine mondial du Comité français de l’UICN Le patrimoine mondial constitue un domaine privilégié d’action et d’expertise de l’UICN, qui a été à l’origine de la convention en 1972. L’UICN est un organisme consultatif référent auprès du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO et joue de ce fait un rôle important dans le processus d’inscription et l’évaluation des biens naturels et mixtes sur la liste du patrimoine mondial. Il faut distinguer deux niveaux d’intervention, à l’échelle internationale et nationale. En France, le Comité français de l’UICN, à travers son groupe de travail patrimoine mondial, apporte son expertise sur les biens naturels français candidats ou classés au Patrimoine mondial. Il peut évaluer en amont le potentiel d’inscription d’un site et recommander son inscription sur la liste indicative de la France. Afin de mieux asseoir ses actions sur le Patrimoine mondial, le gouvernement français a crée en juillet 2004 le Comité national français du patrimoine mondial. Conformément au rôle dévolu à l’UICN d’organisation consultative auprès de l’UNESCO, le Comité français de l’UICN fait partie des membres de droit du comité national. Il contribue dans ce cadre à l’évaluation périodique des biens naturels français déjà inscrits et à l’examen des candidatures pouvant être portées par l’Etat français. En complément de cette mission, le Comité français de l’UICN peut intervenir en appui aux porteurs de projets, en mettant à disposition les outils méthodologiques et les lignes directrices réalisés par le Secrétariat international de l’UICN, et en analysant le potentiel d’inscription d’un site naturel ou mixte. Cependant, le Comité français de l’UICN ne pilote pas l’élaboration des dossiers de demande d’inscription. Le Comité français de l’UICN a fournit un accompagnement technique et scientifique à la la candidature des Terres et mers australes françaises pour leur inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dont la Réserve Naturelle a récemment rejoint la Liste verte des aires protégées de l’UICN qui récompense les sites efficacement gérés dans le monde. Plus d’informations – L’annonce officielle du Comité du patrimoine mondial – Le livret « Les Terres et mers australes françaises, candidature 2019 à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco » – Le site internet des Terres Australes et Antarctiques françaises (TAAF) – La chaîne YouTube des TAAF – Le Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Kerguelen © Lucia Simion
5 nouveaux sites français sur la Liste verte des aires protégées de l’UICN
L’UICN a inscrit six nouveaux sites – dont cinq situés en France – sur sa liste verte des aires protégées. La France est à ce jour le pays qui compte le plus grand nombre de sites lauréats dans le monde. Lancée en 2014, la Liste verte des aires protégées de l’UICN est un label international qui vise à reconnaître à travers le monde, des aires protégées qui sont gérées équitablement et efficacement, avec des impacts positifs sur la nature et les sociétés. Ce standard fournit une référence mondiale en matière de gestion efficace et de gouvernance de qualité, qui incite à améliorer la performance et l’atteinte des objectifs de conservation. Pour être inscrit sur la Liste verte, un site doit en effet répondre à 17 critères d’excellence en matière de gouvernance, de gestion, de planification et de résultats de conservation. Au cours de sa dernière session en date du 20 mars 2019, le Comité international de la Liste verte a inscrit six nouveaux sites : la réserve de biosphère Isla San Pedro Mártir au Mexique et cinq sites français, à savoir le Parc national des Ecrins, la Réserve de chasse et de faune sauvage de Donzère-Mondragon, les réserves biologiques dirigées du Hochfeld et du Champ du feu, et le Parc naturel marin d’Iroise. La Liste verte compte à présent 46 sites labellisés dont 14 sont situés en France métropolitaine et d’outre-mer, faisant de notre pays celui qui rassemble le plus grand nombre de sites lauréats dans le monde. Depuis son lancement, le nombre de pays qui se sont engagés dans ce dispositif volontaire a quadruplé, passant de 8 à plus de 35, sur tous les continents. Ce sont près de 300 sites qui se sont portés volontaires pour s’engager à atteindre ce standard de qualité, parmi lesquels en France, les réserves naturelles nationales dans le Massif du Mont Blanc et un réseau d’espaces naturels sensibles dans le département de l’Essonne. D’ici 2020, l’objectif de l’UICN est d’engager au moins 1000 sites dans 50 pays, d’accroître leur performance et d’inscrire au moins 200 sites sur la Liste verte de l’UICN, démontrant des résultats de conservation réussie. Le Comité français de l’UICN poursuivra son implication dans le déploiement de la Liste verte en France en accompagnant les différents gestionnaires intéressés dans leurs candidatures à la Liste verte. Plus d’informations – L’article international de l’UICN sur ce sujet – Le programme Aires protégées du Comité français de l’UICN – Retour sur la Cérémonie nationale de la Liste verte des aires protégées de l’UICN 2018 Photo bandeau : 078856 Lagopède alpin en été – mâle face au Pelvoux © Telmon Jean-Philippe, Parc national des Ecrins