Colloque international « Défendre la nature – De 1923 à aujourd’hui »

Le Comité français de l’UICN est partenaire du Colloque international « Défendre la Nature. De 1923 à aujourd’hui » qui a lieu du 27 au 29 septembre 2023 prochain au Muséum national d’Histoire naturelle ! À l’occasion du centenaire du 1er Congrès international pour la protection de la nature qui s’est tenu à Paris en 1923, la Société nationale de protection de la nature, l’AHPNE et leurs nombreux partenaires académiques, institutionnels et associatifs organisent un Colloque exceptionnel réunissant près de 70 intervenants sur plus de 30 conférences et table ronde. Son ambition : replacer dans une perspective historique les dynamiques de protection de la nature et questionner l’évolution des discours, figures, récits et pratiques durant plus d’un siècle de combats et de mobilisations. Et pour quels résultats ? Retrouvez notamment notre Présidente, Maud Lelièvre, le 27 septembre à la table-ronde « Sciences et protection de la nature : Quelles histoires communes ? » de 18h00 à 20h00, et notre Président d’honneur, Patrick Blandin, le 29 septembre pour la table-ronde « Le multilatéralisme dans la protection internationale de la nature, depuis 1923 » de 11h00 à 12h30. Plusieurs membres et experts du Comité français de l’UICN interviendront aussi au cours de ces 3 journées. Pour en savoir plus 👉 https://lnkd.in/eFtjpnmv Pour s’inscrire 👉 https://lnkd.in/e-YaqW8K

20% des espèces de la planète se trouvent dans les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO

Plus de 20 % de la richesse mondiale cartographiée se trouve dans des sites du patrimoine mondial, bien que ces zones représentent seulement 1 % de la surface de la Terre, selon une évaluation conjointe de l’UICN et de l’UNESCO. On estime que les sites du patrimoine mondial (englobant les sites d’importance culturelle et naturelle) abritent 75 000 espèces de plantes et plus de 30 000 espèces de mammifères, d’oiseaux, de poissons, de reptiles et d’amphibiens. Cela comprend notamment 20 000 espèces menacées, avec des populations importantes de nombreuses espèces emblématiques, comme un tiers de tous les éléphants, tigres et pandas, et au moins un dixième des grands singes, girafes, lions et rhinocéros. L’analyse de l’évaluation utilise les données de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. La Convention du patrimoine mondial – dont l’UICN est le conseiller officiel pour la nature – permet de protéger des sites qui, comme le montre cette étude, sont parmi les plus importants au monde pour la conservation de la biodiversité . Elle joue un rôle unique en veillant à ce que les efforts nécessaire soient consacrés au maintien de la valeur naturelle de ces zones. « Ce rôle doit être plus largement reconnu et soutenu, car la préservation de la nature est essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux en matière de biodiversité et de climat », a déclaré M. Tim Badman, responsable du patrimoine et de la culture de l’UICN. Pour certaines espèces en voie d’extinction, les sites du patrimoine mondial sont devenus la dernière ligne de défense. Ces zones abritent tous les rhinocéros, vaquitas et iguanes roses restants de Java, ainsi que plus de la moitié de tous les rhinocéros de Sumatra, orangs-outans de Sumatra et gorilles de montagne. Les sites naturels du patrimoine mondial englobent la plupart des principaux types d’écosystèmes s’étendant sur plus de 3 500 000 km² (une superficie plus grande que l’Inde) et comprennent 15 % de tous les récifs coralliens. Les bénéfices apportés par la biodiversité sont innombrables et constituent le fondement de la relation de l’humanité avec la nature. La biodiversité et la diversité culturelle sont liées, et les sites du patrimoine mondial offrent d’importants services environnementaux aux peuples autochtones et aux communautés locales, tels que la protection des ressources naturelles, et des lieux d’importance religieuse et culturelle, ainsi que la fourniture d’emplois et de revenus grâce à des activités durables. Ces zones jouent également un rôle déterminant dans le renforcement du lien entre nature et culture, dans la mesure où de nombreux sites culturels, y compris ceux situés dans les zones urbaines, peuvent également abriter des écosystèmes importants et constituent un allié inexploité dans les efforts visant à mettre fin à la perte de nature. La conservation de ces sites présente de multiples avantages pour l’homme, tels que la prévention de la transmission de maladies entre la faune sauvage, le bétail et les humains, et la possibilité pour des écosystèmes tels que les forêts et les prairies d’agir comme des puits de carbone, réduisant ainsi les gaz à effet de serre. Les zones naturelles offrent également une protection contre les effets négatifs liés au climat, comme les événements météorologiques extrêmes. Malgré les efforts de protection, ces sites sont de plus en plus menacés par le changement climatique et les pressions humaines ; l’expansion agricole, le développement des infrastructures, le braconnage, la surexploitation des ressources, la pollution et l’introduction d’espèces envahissantes. Ces défis se manifestent dans les sites du patrimoine mondial : l’Horizon du patrimoine mondial 2020 de l’UICN montre qu’un tiers des sites n’ont pas de perspectives sûres, et aujourd’hui 16 sites naturels du patrimoine mondial sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial en péril. L’UICN se joint à l’UNESCO pour encourager les pays à inclure les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO dans leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB), car ceux-ci sont essentiels à la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal (GBF). Cette étude est un outil supplémentaire permettant aux pays de travailler à la réalisation de ces objectifs. L’étude complète est disponible ici .

Adoption de la loi européenne sur la restauration de la nature !

Le Comité français de l’UICN salue l’adoption de la loi sur la restauration de la nature par le parlement européen. Aujourd’hui le Parlement Européen a adopté le Règlement pour la restauration de la nature dont l’UICN soutenait fermement l’adoption. Cette loi représente une avancée majeure pour la biodiversité́ en Europe avec des dispositions juridiquement contraignantes. Les Etats devront ainsi s’engager à travers des plans nationaux à mettre en place des actions pour restaurer l’état de conservation des écosystèmes et des espèces. L’objectif est d’engager des actions de restauration en couvrant au moins 20 % des zones terrestres et marines de l’Union Européenne d’ici à 2030 puis, d’ici à 2050, d’étendre ces mesures à tous les écosystèmes dégradés. La priorité sera donnée aux écosystèmes qui présentent le plus grand potentiel de stockage du carbone, comme les tourbières, ainsi que le plus grand potentiel de prévention ou de réduction des effets des catastrophes naturelles telles que les les zones humides pour les inondations. Cela comprend les milieux terrestres comme marins, urbains comme ruraux. Les objectifs visent aussi à inverser le déclin des populations de pollinisateurs d’ici à 2030 puis accroître leurs populations ou encore garantir un minimum de 10% de couvert arboré dans les villes européennes. Ils concernent également la restauration d’au moins 25 000 km de cours d’eau à courant libre d’ici à 2030, celle des prairies sous-marines et les fonds marins, et l’amélioration l’état de la biodiversité dans les forêts et les espaces agricoles. Le Comité français de l’UICN salue l’adoption de ce règlement par le Parlement européen qui doit permettre d’apporter une réponse forte de l’Europe pour la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité adopté à la COP 15 Biodiversité. C’est la principale évolution réglementaire de l’Europe sur la biodiversité depuis l’adoption des Directives Oiseaux et Habitats-Faune-Flore, et un texte clé du Pacte vert européen. Le vote favorable du Parlement européen va permettre de poursuivre les négociations. Un « trilogue » va maintenant s’ouvrir entre la Commission européenne, le Conseil de l’UE réunissant les Etats membres, et le Parlement européen en vue de son adoption définitive à la fin de l’année, sachant que ces deux dernières instances ont apporté des modifications sur le projet initial de la Commission. Le Comité français de l’UICN restera mobilisé pour cette phase de négociation finale afin d’obtenir un Réglement à la hauteur des enjeux de biodiversité en Europe et pour le respect des engagements internationaux de l’UE. Retrouvez la déclaration de l’UICN publiée avant le vote du Parlement européen.

Déclaration de l’UICN sur la loi européenne pour la restauration de la nature

L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) est profondément préoccupée par les récents développements relatifs à la loi européenne sur la restauration de la nature. L’UICN soutient fermement l’adoption d’une réglementation européenne ambitieuse sur la restauration de la nature pour les citoyens, la nature et l’économie de l’Union Européenne (UE). La loi sur la restauration de la nature est une occasion unique de faire un pas audacieux vers un avenir meilleur pour les citoyens européens et le marché intérieur de l’UE. Le financement de la restauration de la nature est fondamental pour notre économie, car chaque euro investi rapporte entre 8 et 38 euros de bénéfices. De plus, la restauration de la nature est cruciale pour notre résilience alors que nous assistons à une multiplication des sécheresses, des incendies de forêt et des inondations en Europe. La non-adoption de la loi sur la restauration de la nature aura des conséquences négatives à long terme sur l’économie et les populations humaines, tout en affaiblissant le leadership mondial de l’UE en matière d’élaboration de politiques environnementales. À l’inverse, une réglementation européenne sur la restauration de la nature constituerait un pilier pour la mise en œuvre des engagements internationaux et servirait de référence pour toute réglementation similaire adoptée ailleurs dans le monde. Des écosystèmes sains sont essentiels pour atteindre les objectifs en matière de climat et de biodiversité que l’UE s’est engagée à atteindre dans le cadre de l’Accord de Paris, du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal et de son propre projet phare, le « Pacte Vert » européen. L’UE a déclaré qu’elle visait à être un « leader mondial » dans l’élaboration de politiques environnementales multilatérales et, par conséquent, ce qui se passe au niveau de l’UE a nécessairement un impact sur d’autres contextes politiques. Cette nouvelle législation européenne constituerait une étape essentielle vers la réalisation de cet objectif. Dans ce contexte, il est important de rappeler la résolution du Parlement européen de janvier 2020, appelant à « […] inscrire dans le cadre post-2020 un objectif mondial clair de conservation d’au moins 30 % des espaces naturels et l’objectif de restauration d’au moins 30 % des écosystèmes dégradés qui peuvent être restaurés, et à ce que l’UE fixe des objectifs similaires sur son territoire ». Les engagements de l’UE résonnent encore plus fortement après l’adoption du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal lors de la COP15 de la CDB, au cours de laquelle l’UE a clairement démontré la force de son leadership mondial. Les États membres de l’UE se sont déjà engagés à faire avancer cette proposition. Des scientifiques, des entreprises, des agriculteurs, des chasseurs, des pêcheurs, le secteur des énergies renouvelables, des villes, des ONG et des jeunes se sont exprimés en faveur de la proposition de règlement. L’UICN s’est jointe à ces voix pour envoyer trois lettres aux principales institutions de l’UE (Commission européenne, Parlement européen et Présidence du Conseil de l’UE). Par cette déclaration, l’UICN réitère son soutien ferme au règlement. Protéger la nature tout en assurant le développement durable et le bien-être des populations est au cœur de la mission de l’UICN. Au cours des 75 dernières années, l’UICN a été l’un des plus ardents défenseurs de la nature, rassemblant des acteurs de tous les secteurs. À ce stade critique, le règlement de l’UE sur la restauration de la nature est une loi essentielle qui ne doit pas être retardée.

Conclusions des assises de la forêt et du bois : entre satisfactions et attentes

Les Assises de la forêt et du bois ont mis en évidence le large consensus sur les enjeux : mieux prendre en compte les attentes de la société, renforcer la résilience des forêts face au changement climatique et préserver leur biodiversité. Nous saluons l’annonce d’avancées concrètes comme les lancements d’un plan national d’action en faveur des vieilles forêts et des vieux bois, si importants pour la biodiversité ; d’un appel à manifestation d’intérêt «Territoires forestiers résilients» pour expérimenter des démarches de concertation ; l’élargissement des acteurs du Conseil Supérieur de la Forêt et du Bois et son pilotage devenant interministériel. Pour autant, des sujets importants restent en suspens : encadrement des coupes rases de grande dimension ; enjeux spécifiques des forêts ultramarines ; sortie des produits chimiques de synthèse. Nous appelons le futur gouvernement, les collectivités, parlementaires et tous les acteurs de la filière à poursuivre un dialogue constructif et la mobilisation de tous pour définir les principes et modalités d’une gestion soutenable des forêts. Les assises de la forêt et du bois ont ouvert un dialogue inédit et indispensable Lancées le 19 octobre 2021, les Assises de la Forêt du Bois ont été saluées par nos organisations, tant pour la qualité des débats que par le choix de leurs quatre thèmes de travail : résilience de la forêt face au changement climatique, préservation de la biodiversité, valorisation économique, renforcement du dialogue avec la société. Nous avons contribué activement aux réflexions des groupes de travail, et avons résumé nos propositions dans un document final de synthèse portant sur les forêts métropolitaines et ultramarines. Ce document, diffusé en janvier 2021, appelait à s’appuyer sur 3 dispositifs pour poursuivre le dialogue, à ouvrir 4 chantiers de moyen terme et à prendre 5 décisions immédiates et marquantes à court terme. Les premières avancées concrètes étaient attendues Nous saluons l’annonce du lancement d’un plan de protection des sols forestiers et d’un plan national d’action en faveur des vieilles forêts et des vieux bois attendu depuis 2004, deux sujets si importants pour la biodiversité et la résilience. Dans ce cadre, nous appelons à la mise en place d’un véritable réseau de forêts en libre évolution à l’échelle nationale, s’inspirant de démarches existantes dans plusieurs régions. Nous constatons avec soulagement l’intention de mieux encadrer les soutiens financiers accordés pour l’adaptation des forêts au changement climatique, en prévoyant notamment une obligation de diversification des plantations au-dessus de 4 ha et l’annonce de la création d’une commission scientifique sur les arbres exotiques. C’est un premier pas encourageant. Nous saluons également le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt «Territoires forestiers résilients» expérimenter des démarches de concertation autour de l’adaptation de la gestion des forêts au changement climatique. Enfin, nous partageons l’objectif de renforcer les moyens consacrés à la résilience des forêts face aux crises, notamment climatique et de biodiversité, par l’intermédiaire de moyens pérennes. Nous restons vigilants concernant leur utilisation à bon escient, en particulier dans les espaces protégés. Des sujets urgents restent en suspens Cela étant, nous regrettons que l’occasion n’ait pas été saisie de supprimer clairement l’utilisation en forêt des produits chimiques de synthèse, et de promouvoir leurs alternatives. En outre, nous demandions qu’un nouveau cap soit donné sur l’encadrement des coupes rases de grande dimension, ces perturbations de l’écosystème et du paysage étant particulièrement rejetées par nos concitoyens. Cette réflexion devra se poursuivre pour promouvoir des pratiques d’exploitation moins impactantes. Enfin, nous regrettons vivement à nouveau que la grande diversité et richesse des contextes et enjeux des forêts ultramarines ne donnent pas lieu à des décisions concrètes significatives pour répondre aux attentes des acteurs de ces territoires. Voies d’avenir Face au changement climatique, les forêts ont un rôle essentiel à jouer. Celui-ci est d’ores et déjà fragilisé par les difficultés de la gestion des forêts à s’adapter. Découlant d’une crise climatique durable, ces enjeux plaident pour une révision en profondeur de la politique forestière. Une gouvernance plus ouverte à tous les enjeux et des choix politiques fixant un cap partagé restent à concrétiser dans les années à venir. Nos organisations œuvrent ensemble depuis la remise du rapport “Forêts françaises en crise” en mai 2020 à la députée Anne-Laure Cattelot. Nous portons des propositions communes visant à inscrire les enjeux environnementaux à leur juste place dans la multifonctionnalité des forêts. Nos organisations sont déterminées à poursuivre et renforcer le dialogue sur ces enjeux d’importance. Le Comité français de l’UICN, France Nature Environnement, Humanité et Biodiversité, la LPO, Réserves naturelles de France et le WWF France

COP15 : une étape décisive s’ouvre pour la future stratégie mondiale de la biodiversité

Alors que les négociations reprennent en présentiel à Genève, le Comité français de l’UICN appelle les États à confirmer leurs engagements pour adopter une stratégie mondiale de la biodiversité ambitieuse et efficace. Cette stratégie doit enrayer l’érosion de la biodiversité d’ici 2030 et engager les actions nécessaires pour sa restauration d’ici 2050, afin de vivre en harmonie avec la nature. L’ambition doit se traduire par des objectifs concrets et mesurables pour mettre fin à la perte de la biodiversité et la restaurer. L’efficacité doit se traduire par des stratégies nationales de la biodiversité déclinant ces objectifs dans les pays, de contributions financières à la hauteur des enjeux et par un mécanisme de suivi et d’évaluation régulier et rigoureux pour vérifier l’atteinte des objectifs. Le Comité français de l’UICN demande en particulier aux Etats de défendre : L’objectif 30×30 de conservation d’au moins 30% des écosystèmes terrestres, d’eau douce, marins et souterrains d’ici 2030 à l’échelle mondiale, fondé sur l’efficacité de gestion des aires protégées ; Un objectif de restauration des écosystèmes à 30% et tenant compte des priorités liées à leurs risques d’effondrement ; L’inclusion des Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre le changement climatique et s’adapter à ses effets : Des objectifs distincts et ambitieux pour les espèces, les écosystèmes et la diversité génétique couvrant les trois niveaux de diversité biologique ; La réduction forte des pressions sur la biodiversité (dégradation des milieux naturels, surexploitation, changement climatique, pollutions, espèces exotiques envahissantes) L’évaluation régulière et obligatoire des progrès réalisés par les États avec un bilan d’étape sur les actions mises en œuvre par les États à chaque COP Biodiversité, tous les 2 ans, pour vérifier que l’atteinte des objectifs est en bonne voie. Une mobilisation accrue des ressources financières pour la biodiversité, aujourd’hui seulement 100 milliards de dollars de dépenses publiques et privées sont mobilisées par an pour la biodiversité alors que 800 milliards sont nécessaires. Cette augmentation des financements doit obligatoirement aller de pair avec une réforme des subventions publiques dommageables à la biodiversité. La mobilisation de tous les acteurs et en particulier les ONG, les collectivités locales, les peuples autochtones et communautés locales, les entreprises, le secteur de la finance, les jeunes, et les femmes. La Déclaration de Kunming adoptée en octobre dernier avait donné le ton des ambitions politiques qui devront être confirmées dans les négociations de Genève, avant l’adoption définitive de la stratégie mondiale prévue cette année.

Congrès mondial de l’UICN : les grandes conclusions

Marseille, France, le 10 septembre 2021  – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN s’est conclu aujourd’hui à Marseille et en ligne, fixant les priorités de la conservation de la nature pour la décennie à venir et au-delà. Le Congrès de l’UICN a instamment appelé les gouvernements à mettre en oeuvre une reprise post-pandémie fondée sur la nature, en investissant au moins 10% des fonds mondiaux pour la reprise dans des projets liés à la nature, et a adopté une série de résolutions et d’engagements visant à lutter de manière urgente contre les crises interconnectées de la biodiversité et du climat. “Le Congrès de l’UICN sert de parlement irremplaçable et inclusif  pour les questions environnementales mondiales, et c’est une instance où les gouvernements, les ONG et les Peuples autochtones ont tous une voix. Les décisions prises ici à Marseille vont orienter l’action contre les crises de la biodiversité et du climat pour la décennie à venir, qui sera cruciale. Collectivement, les Membres de l’UICN envoient un message puissant à Glasgow et à Kunming: l’heure du changement fondamental, c’est maintenant” Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN Au total, les plus de 1500 Membres de l’UICN ont adopté 148 résolutions et recommandations, 39 au terme de votes lors du Congrès à Marseille et 109 par vote électronique en ligne avant la manifestation. Parmi les décisions prises au Congrès figuraient, sur proposition des membres français de l’UICN, 4 recommandations sur la protection des mammifères marins, la protection des vieilles forêts d’Europe, la planification des activités en mer et la réduction des impacts de l’industrie minière. Les membres du Comité français de l’UICN ont aussi réussi à faire adopter une motion créant une nouvelle catégorie de membres de l’UICN pour les collectivités locales ainsi que la création d’une nouvelle Commission sur la crise climatique, pour compléter les six Commissions existantes de l’Union. L’UICN a également appelé à un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins et adopté une position de neutralité sur tous les aspects de la biologie de synthèse, s’appuyant sur le principe de précaution, jusqu’à l’adoption officielle d’une politique de l’UICN sur ce sujet. La participation active des organisations de peuples autochtones, membres de l’UICN, a conduit à ce que l’accent soit mis, dans de nombreuses résolutions, sur les droits des peuples autochtones et leur rôle dans la conservation. 9 motions nouvelles et urgentes ont été adoptées dont une proposée par les membres français de l’UICN sur les liens entre pandémies et biodiversité pour soutenir l’approche « Une seule santé ». D’autres soutiennent la protection de l’Amazonie en défendant le rôle des populations autochtones (Éviter le point de non-retour en Amazonie en protégeant 80% d’ici à 2025) et des positions pour éviter la dégradation de sites naturels emblématiques face à des grands projets (Appel au retrait d’un projet de permis d’exploration de combustibles fossiles dans la mer des Wadden, site inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO ; Protéger le bas-Congo de la construction de grands barrages hydroélectriques ; Protéger l’Okavango de l’exploitation pétrolière et gazière). L’actualisation de Liste rouge des espèces menacées de l’UICN a montré que l’érosion de la biodiversité se poursuivait. 37% des espèces de requins et de raies dans le monde sont désormais menacées d’extinction, démontrant que des mesures de gestion efficaces font défaut dans la plupart des océans du monde. Le dragon de Komodo, le plus grand lézard vivant du monde, est maintenant davantage menacé en raison des impacts à venir des changements climatiques. Cependant, la Liste rouge démontre aussi que les actions de conservation portent leurs fruits : quatre des sept espèces de thon les plus pêchées commercialement montrent des signes de récupération grâce à des quotas de pêche plus durables et une lutte plus efficace contre la pêche illégale mise en place par certains pays. Les Membres ont également approuvé le nouveau programme de l’UICN pour les quatre années à venir et élu le nouveau Conseil d’administration international de l’UICN, avec une nouvelle Présidente, Razan Al Mubarak, et Maud Lelièvre en tant que Conseillère régionale pour l’Europe de l’Ouest, également Présidente du Comité français de l’UICN. Avec près de 6,000 participants inscrits sur place et plus de 3,500 participants en ligne, la manifestation hybride a rassemblé de hauts responsables venus des Etats et des administrations publiques, de la société civile, des communautés autochtones, du secteur privé et de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour décider collectivement des mesures à prendre face aux défis les plus pressants en matière de conservation et de développement durable. Par ailleurs, plus de 25,000 personnes ont visité l’espace “Pavillons et Exposition” et les Espaces Générations Nature. Le Congrès de l’UICN a adopté sa déclaration finale, le Manifeste de Marseille, focalisée sur trois thèmes principaux: un cadre post 2020 pour la conservation de la biodiversité transformateur, efficace et ambitieux (qui sera adopté par les Etats à la COP 15 Biodiversité en mai 2022) ; l’importance de la nature dans la reprise mondiale post-pandémie et la nécessité de transformer le système financier mondial pour orienter l’investissement vers des projets positifs pour la nature ; la lutte contre le changement climatique pour réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre et développer les solutions fondées sur la nature. Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN– Les versions finales des résolutions et recommandations adoptées par le Congrès 2020 de l’UICN seront disponibles ultérieurement ici. Les résultats des votes sont disponibles ici– La mobilisation du Comité français de l’UICN pour ce Congrès Photo bandeau : Représentants de peuples autochtones d’Amazonie équatorienne soutenant l’adoption à l’unanimité de la motion « Éviter le point de non-retour en Amazonie en protégeant 80% d’ici à 2025″ © Comité français de l’UICN  

Le rapport mondial de l’IPBES confirme le déclin alarmant de la nature

« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7ème session plénière de l’IPBES, qui s’est réunie la semaine dernière (du 29 Avril au 4 mai) à Paris. « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier » a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson. « Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial », a-t-il ajouté  « Grâce au « changement transformateur », la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable – ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs. Les États membres de la plénière de l’IPBES ont reconnu que, par sa nature même, un changement transformateur peut susciter une opposition de la part de ceux qui ont des intérêts attachés au statu quo, mais également que cette opposition peut être surmontée pour le bien de tous. Le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques est le document le plus exhaustif réalisé à ce jour. Il s’agit du premier rapport intergouvernemental de ce type. Il s’appuie sur l’évaluation historique des écosystèmes pour le millénaire (Millenium Ecosystem Assessment) de 2005 et introduit de nouveaux moyens pour d’évaluation des preuves. Élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec des contributions additionnelles apportées par 310 autres experts, le rapport évalue les changements au cours des cinq dernières décennies et fournit un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la nature. Le document propose également un éventail de scénarios possibles pour les décennies à venir. Basé sur une revue systématique d’environ 15 000 références scientifiques et sources gouvernementales, le rapport s’appuie aussi (et pour la première fois à une telle échelle) sur les savoirs autochtones et locaux, et aborde en particulier les questions concernant les peuples autochtones et les communautés locales. « Les contributions apportées par la biodiversité et la nature aux populations sont notre patrimoine commun et forment le plus important ’filet de sécurité’ pour la survie de l’humanité. Mais ce filet de sécurité a été étiré jusqu’à son point de rupture », a déclaré la professeure Sandra Díaz (Argentine), qui a co-présidé l’évaluation avec les professeurs Josef Settele (Allemagne) et  Eduardo S. Brondízio (Brésil et États-Unis). « La diversité au sein des espèces, entre les espèces et celles des écosystèmes, ainsi que de nombreuses contributions fondamentales qui proviennent de la nature se dégradent rapidement, même si nous avons encore les moyens d’assurer un avenir durable aux êtres humains et à la planète.» Le rapport estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité. Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d’au moins 20 % en moyenne. Plus de 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens et plus d’un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d’insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10 % d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16ème siècle et plus de 9 % de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1 000 races de plus sont menacées. « Les écosystèmes, les espèces, les populations sauvages, les variétés locales de plantes et les races locales d’animaux domestiques diminuent, se réduisent ou disparaissent. Le tissu vivant de la Terre, essentiel et interconnecté,  se réduit et s’effiloche de plus en plus », a déclaré le professeur Settele. « Cette perte est la conséquence directe de l’activité humaine et constitue une menace directe pour le bien-être de l’humanité dans toutes les régions du monde. » Pour accroître la pertinence politique du rapport, les auteurs de l’évaluation ont classé, pour la première fois à une telle échelle et sur la base d’une analyse approfondie des données disponibles, les cinq facteurs directs de changement qui affectent la nature et qui ont les plus forts impacts à l’échelle mondiale. Les facteurs responsables sont, par ordre décroissant : (1) les changements d’usage des terres et de la mer ; (2) l’exploitation directe de certains organismes ; (3) le changement climatique ; (4) la pollution et (5) les espèces exotiques envahissantes. Le rapport souligne que, depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d’au moins 0,7 degré Celsius. Le changement climatique a déjà un impact sur la nature, depuis le niveau des écosystèmes jusqu’à celui de la diversité génétique – impact qui devrait augmenter au cours des décennies à venir et, dans certains cas, surpasser l’impact dû au changement d’usage des terres et de la mer et des autres facteurs de pression. En dépit des progrès réalisés pour conserver la nature et mettre en œuvre des politiques en faveur de celle-ci, le rapport met aussi en évidence que les trajectoires actuelles ne permettent pas d’atteindre les objectifs mondiaux visant à conserver et exploiter durablement la nature. Les objectifs pour 2030 et au-delà ne pourront

Le braconnage est à l’origine du pire déclin subi par l’Eléphant d’Afrique depuis 25 ans

L’ensemble de la population de l’Éléphant d’Afrique a connu son pire déclin depuis 25 ans, principalement en raison d’un braconnage accru ces 10 dernières années, selon le Rapport sur le statut de l’Éléphant d’Afrique présenté aujourd’hui par l’UICN, lors de la 17e session de la Conférence des Parties à la CITES, qui se tient à Johannesburg, Afrique du Sud. Ce rapport est la source de référence concernant les effectifs et la répartition des populations d’éléphants d’Afrique dans les 37 États de leur aire de répartition en Afrique sub-saharienne. Il comporte plus de 275 estimations nouvelles ou mises à jour pour des populations d’éléphants dans tout le continent africain, dont plus de 180 sont issues de relevés systématiques. Pour la première fois depuis près d’une décennie, le rapport présente le nombre total d’éléphants sur le plan continental, régional et national, et examine l’évolution des estimations des effectifs au niveau des sites. Sur la base d’estimations provenant d’un large éventail de sources – relevés aériens et comptage des crottins d’éléphant – le nombre d’éléphants estimé en 2015 est inférieur de 93 000 à celui de 2006. Cependant, ce chiffre inclue 18 000 individus de populations qui n’avait pas été comptées auparavant, ce qui signifie que le vrai déclin à partir des estimations se rapprocherait plus de 111 000. L’effectif total du continent est maintenant estimé à 415 000 éléphants, mais il peut y avoir entre 117 000 et 135 000 éléphants de plus dans des zones n’ayant pas été systématiquement recensées. La montée du braconnage pour l’ivoire, qui a commencé il y a environ une décennie – l’épisode le plus grave de ce genre connu en Afrique depuis les années 1970 et 1980 – a été la cause principale de ce déclin, tandis que la destruction des habitats représente une menace croissante pour la survie de l’espèce sur le long terme, d’après le rapport. « Ces nouveaux chiffres révèlent le sort vraiment alarmant de cette espèce majestueuse – l’un des animaux les plus intelligents du monde et le plus grand mammifère terrestre vivant actuellement, », affirme Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. «Il est choquant mais pas surprenant que le braconnage ait des effets si dramatiques sur cette espèce emblématique. Ce rapport fournit de nouvelles preuves scientifiques de la nécessité d’intensifier les efforts pour la lutte contre le trafic illégal d’espèces sauvages. Entre-temps, les efforts entrepris pour combattre le braconnage ne doivent pas nous faire oublier d’autres menaces de plus en plus dévastatrices, comme la destruction des habitats. » Sur le plan régional, avec plus de 70% des effectifs totaux estimés, la population d’éléphants d’Afrique australe est de loin la plus nombreuse du continent : 293 000 éléphants environ dans les zones faisant l’objet de relevés systématiques. L’Afrique de l’Est possède environ 86 000 éléphants (20%), tandis que l’Afrique centrale en a environ 24 000 (6%). La population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest reste la moins nombreuse au niveau régional, avec environ 11 000 éléphants (moins de 3%). L’Afrique de l’Est – la région la plus touchée par le braconnage – a connu une réduction de la population d’éléphants de près de 50%, attribuable en grande partie à un déclin de plus de 60% des effectifs de Tanzanie. Malgré des baisses constatées sur certains sites, depuis 2006, les effectifs de l’espèce restent stables ou sont en augmentation en Ouganda, au Kenya et au Rwanda, et une extension de l’aire de répartition a été observée au Kenya. La population d’éléphants de forêt d’Afrique centrale a aussi été fortement touchée par le braconnage pour l’ivoire, depuis les années 1990. Autrefois, la République Démocratique du Congo détenait l’une des populations d’éléphants de forêt les plus importantes d’Afrique, qui a depuis été réduite à de petites  populations résiduelles. Maintenant, le Gabon et le Congo abritent les populations d’éléphants de forêt les plus importantes du continent africain, mais les deux pays ont été affectés par un fort braconnage au cours des dernières années, tout comme les populations de forêt et de savane du Cameroun. Les populations de savane du Tchad ont enregistré de lourdes pertes et celles de la République centrafricaine ont presque entièrement disparu. Les populations d’éléphants d’Afrique de l’Ouest sont pour la plupart petites, fragmentées et isolées. Depuis 2006, 12 populations ont disparu, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée Bissau, au Sierra Leone, au Togo, en Guinée et au Nigéria. La population d’éléphants du Complexe transfrontalier du « WAP », à cheval sur la frontière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, reste le bastion de la population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest. S’il est vrai que le braconnage n’a pas eu le même impact en Afrique australe que dans d’autres secteurs du continent, la région est maintenant confrontée à une menace croissante liée au braconnage. Des baisses des effectifs ont été observées au Mozambique et dans certaines régions du Zimbabwe, tandis que les grandes populations de Namibie, d’Afrique du Sud et du Zimbabwe sont stables ou en augmentation. Au Botswana, on constate une extension de l’aire de répartition. Il y a encore de l’incertitude quant à la taille exacte de la population d’éléphants dans la zone transfrontalière de conservation de « KAZA », qui détient la plus grande population du continent, et il reste primordial d’entreprendre une enquête coordonnée sur cette population. « C’est la première fois depuis 2006 que nous avons élaboré un rapport sur le statut de l’Éléphant d’Afrique comportant la mise à jour et l’analyse des effectifs d’éléphants et de leur répartition à l’échelle de l’ensemble du continent, » déclare Holly Dublin, Présidente du Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique (GSEAf) de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN, qui a dirigé la préparation du rapport. « Ce rapport souligne à quel point il est important de surveiller, d’évaluer et d’analyser régulièrement la situation de l’Éléphant d’Afrique. Il est essentiel de connaître les effectifs et leur répartition afin de reconnaître les menaces qui pèsent sur l’espèce, de bien cibler les actions de conservation et d’évaluer leur efficacité. Cela a été possible grâce à

Le congrès mondial de la nature définit les nouvelles directions à suivre

Honolulu, Hawaii, le 10 Septembre 2016 (UICN) – Le Congrès mondial de la nature, qui s’est terminé aujourd’hui à Hawai’i, a établi l’agenda mondial de la conservation de la nature pour les quatre prochaines années et définit une feuille de route pour la mise en œuvre des accords historiques adoptées en 2015 sur le développement durable et le climat. Le Congrès de l’UICN a conclu ses travaux avec la présentation des engagements Hawai’i. Ce document, intitulé « Navigating Earth Island », a été rédigé grâce aux débats et délibérations qui ont eu lieu pendant 10 jours, et soumis pour commentaires à quelques 10000 participants de 192 pays. Il souligne les opportunités pour aborder certains des plus grands défis auxquels est confrontée la conservation de la nature et appelle à un engagement à les mettre en œuvre. Il intègre l’engagement collectif de tous ceux qui ont participé au Congrès d’entreprendre de profondes transformations dans la façon dont les sociétés humaines vivent sur la Terre, avec une attention particulière à rendre nos modes de production et de consommation plus durables. « Ce Congrès de l’UICN est venu à un moment crucial dans l’histoire de notre planète car nous nous trouvons à la croisée des chemins, face à des défis d’une ampleur sans précédent » dit Inger Andersen, la Directrice générale de l’UICN. «Aujourd’hui, nous quittons Hawai’i équipés d’une feuille de route beaucoup plus claire pour faire avancer l’ordre du jour post-2015 du développement durable, confiants d’avoir fait nos premiers pas sur la voie d’un avenir durable où la nature et le progrès humain se soutiennent mutuellement. » Avec plus de 10000 participants inscrits, l’événement a réuni des dirigeants des gouvernements, de la société civile, des peuples autochtones, des organisations basées sur la foi et la spiritualité, du secteur privé et des universités, afin de décider collectivement des actions à entreprendre pour relever les défis de la conservation et du développement durable les plus pressants. Plus de 100 résolutions et recommandations ont été adoptées par les membres de l’UICN – un parlement environnemental unique réunissant des gouvernements et des ONG – appelant à agir sur un large éventail de questions urgentes de conservation de la nature. Les décisions clés concernaient la fermeture des marchés intérieurs pour l’ivoire d’éléphant, l’urgence de protéger la haute mer, la nécessité de protéger les forêts primaires,  l’adoption de zones interdites pour les activités industrielles (no go areas) et une politique officielle de l’UICN sur les compensations de la biodiversité. « Des décideurs internationaux se sont mis d’accord sur les actions de conservation les plus urgentes à engager» , affirme Zhang Xinsheng, le Président de l’ UICN. « Les plus de 1300 membres de l’UICN qui sont derrière ces décisions leur donnent du poids pour conduire les changements réels nécessaires afin de répondre à certains des plus grands défis auxquels notre planète fait face aujourd’hui. » Les membres de l’UICN ont également approuvé le nouveau programme de l’UICN pour les quatre prochaines années et ont élu le nouveau Conseil d’administration de l’organisation. Le Congrès de l’UICN a mis en avant de nouvelles questions, notamment l’importance de lier la spiritualité, la religion, la culture et la conservation, et la nécessité de mettre en œuvre des solutions fondées sur la nature qui sont des actions qui permettent de protéger et de gérer les écosystèmes, tout en répondant efficacement aux défis sociétaux, tels que la sécurité alimentaire et hydrique, les changements climatiques, la réduction des risques de catastrophes, la santé humaine et le bien-être économique. L’annonce du Président Obama d’étendre le Monument National Marin « Papahānaumokuākea »  – maintenant la plus grande zone protégée dans le monde – a posé les bases du Congrès de l’UICN. D’autres annonces incluent l’engagement du gouverneur d’Hawaii à protéger 30% des forêts prioritaires des bassins versants d’Hawaii en 2030, à gérer efficacement 30% des eaux côtières d’Hawai’i en 2030, à doubler la production alimentaire locale et obtenir 100% de l’énergie renouvelable dans le secteur de l’électricité d’ici 2045. La Colombie a annoncé le quadruplement de la taille du Sanctuaire de la faune et de flore de Malpelo, le portant à une superficie de 27.000 km2. Le Congrès de l’UICN a également vu de nouveaux engagements pris pour l’initiative du Défi de Bonn afin de restaurer 150 millions d’hectares de terres dégradées en 2050. Avec les dernières promesses du Malawi et du Guatemala, le total des engagements pris par 36 gouvernements, organisations et entreprises a maintenant dépassé les 113 millions d’hectares. Le prochain Congrès mondial de la nature aura lieu en 2020. Résolutions clés et recommandations adoptées par le Congrès de l’UICN Le commerce illégal de la faune Après d’intenses délibérations, les membres de l’UICN ont exhorté tous les gouvernements à fermer les marchés intérieurs de l’ivoire d’éléphant, compte-tenu des opportunités qu’ils créent pour le blanchiment de l’ivoire illégal. Les éléphants sont tués pour leurs défenses à travers l’Afrique, menaçant à la fois la survie des deux espèces de savane et de forêt, et les gardes des parcs et réserves. La lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages a également été au cœur d’une décision de l’UICN face à l’augmentation alarmante du braconnage de vigogne pour sa laine. Les membres de l’UICN ont demandé que des mesures soient mises en place pour promouvoir l’utilisation durable de la laine, et éliminer le commerce illégal, comprenant une plus grande traçabilité de la laine et une meilleure collaboration transfrontalière. Océans Les membres ont identifié la nécessité d’une législation internationale contraignante pour préserver la haute mer, et ont fixé un objectif ambitieux de 30% des zones marines à protéger pour 2030. Près des deux tiers de l’océan du monde se trouve au-delà de la juridiction des pays. Peuples autochtones Les membres ont également convenu de créer une nouvelle catégorie de membres de l’UICN pour les organisations des peuples autochtones, renforçant ainsi la prise en compte des droits des peuples autochtones sur la scène internationale. Un grand nombre de résolutions adoptées par les membres de l’UICN ont également soutenu le renforcement de leurs droits. Protection des forêts primaires Les membres