Contribution de l’UICN France au débat politique 2007

2007 : quels projets politiques pour la biodiversité ? Suite à l’élection du nouveau Président de la République et la nomination du nouveau ministre en charge de l’environnement, le Comité français de l’UICN leur a adressé sa contribution sur la biodiversité, adoptée lors du dernier congrès français de la nature, afin de préparer le prochain « Grenelle de l’environnement ». Cette contribution avait été réalisée en collaboration avec ses organismes membres qui ont pris des initiatives publiques importantes pour nourrir le débat préalable aux élections nationales du printemps 2007. C’est en particulier le cas de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme et de son « pacte écologique », du WWF France et de l’« Alliance pour la Planète », de la Ligue ROC avec « Ensemble pour la biodiversité », de France Nature Environnement avec le « Manifeste FNE », et de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, avec le « Manifeste LPO ». Ces initiatives, fortes et originales, sont fondées sur des analyses largement partagées, et conduisent à des propositions convergentes ou complémentaires. Le Président du Comité français de l’UICN a participé à la rencontre organisée le 21 mai 2007 entre le Président de la République et le Ministre d’Etat chargé de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables avec les experts de l’environnement. Le Comité français de l’UICN, qui sera associé aux travaux du groupe sur la biodiversité et les ressources naturelles pour le « Grenelle de l’environnement », valorisera cette contribution sur la biodiversité et l’ensemble des travaux conduits dans ses commissions et groupes de travail.   Document joint Contribution_UICN_France_2007

1er Colloque national sur les aires marines protégées

Dans la lignée des Sommets de Geelong (Australie, 2005) et de Washington (Etats-Unis, 2007), le Comité français de l’UICN organise les 20, 21 et 22 novembre 2007 le premier colloque national sur les aires marines protégées sur le thème  » Les aires marines protégées : Quelle stratégie pour quels objectifs ? ». Cet évènement s’inscrit dans la continuité des travaux du Comité français et de son Groupe « Mer et Littoral » pour une stratégie nationale « Aires marines protégées ». Il répond également à une importante actualité : la création de la nouvelle Agence des aires marines protégées. L’objet du colloque est de poser les jalons d’une véritable politique française à la hauteur des enjeux et responsabilités que représente le domaine marin français. Deuxième domaine au niveau mondial, réparti au sein des trois océans de la planète, le domaine marin français ne bénéficie d’une protection que sur 0,1% de son étendue. Alors que les objectifs internationaux visent, à l’échéance 2012, une couverture en aires marines protégées de 10% minimum, la création d’un réseau français d’aires marines protégées, cohérent et représentatif, constitue aujourd’hui un réel challenge national et international. Le Colloque se tiendra à Boulogne sur Mer à l’Université de la Côte d’Opale et au Centre de la mer Nausicaa.   Documents joints Formulaire d’inscription au 1er Colloque national sur les aires marines protégées 20-22 novembre 2007 Plaquette d’information sur le 1er Colloque national sur les aires marines protégées 20-22 Novembre 2007

Succès pour la première Fête de la nature !

Pour la première fois, le 19 et 20 mai 2007, l’ensemble des réseaux Français liés à la conservation de la nature rassemblés au sein de l’UICN France (France Nature Environnement, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, le Conservatoire du Littoral, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, etc.) ont proposé à l’ensemble des français de fêter la nature. Plus de 150 000 personnes ont participé à un millier de sorties et activités ludiques, familiales et gratuites partout en France, en métropole comme en outre mer. Le public a pu ainsi s’amuser dans la nature, reprendre contact avec elle, découvrir ou redécouvrir les richesses de la biodiversité en France, et sans doute l’envie d’y retourner et de la protéger !   Retrouvez le dossier de presse complet et l’ensemble des activités qui ont été proposées régions par régions sur le site Internet : http://www.fetedelanature.com   Notez dès à présent le prochain rendez-vous les 24 et 25 mai 2008 !   Document joint Dossier_de_presse_Fete_de_la_nature

Avis sur la candidature des récifs de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial

Le Comité français de l’UICN, membre du Comité national des biens français du Patrimoine mondial, a examiné le dossier de candidature de la Nouvelle-Calédonie pour le classement au Patrimoine mondial d’une partie de ses récifs coralliens. A l’instar de l’UICN International, le Comité français constitue en effet l’organisme d’expertise des biens naturels français candidats ou classés au Patrimoine mondial. Aprés analyse du dossier, le Comité français a rendu un avis favorable au classement des récifs de Nouvelle-Calédonie. Le dossier sera examiné par le Comité mondial du Patrimoine mondial, lors de la 31ème session qui se tiendra du 24 juin au 2 juillet 2007 à Christchurch en Nouvelle-Zélande (lien vers la page du Comité mondial).   Document joint Avis UICN France sur le dossier de candidature au Patrimoine mondial des récifs de Nouvelle-Calédonie

Position sur le projet minier IamGold/Cambior en Guyane

Position sur le projet minier IamGold/Cambior en Guyane Contribution à l’enquête publique – 29 mars 2007 Dans le cadre de l’enquête publique relative aux demandes d’autorisation déposées par la société CBJ Caïman, filiale de la société IamGold/Cambior, pour l’exploitation à ciel ouvert d’un gisement d’or primaire sur la montagne de Kaw en Guyane, au lieu dit « Camp Caïman », le Comité français de l’Union mondiale pour la nature (UICN) adresse ce jour sa contribution à la Commission d’enquête. Le Comité français de l’UICN rappelle que la précédente demande d’autorisation déposée par la société CBJ Caïman, sur laquelle il s’était positionné défavorablement, avait été rejetée en octobre 2006. Ce rejet avait été décidé sur la base de réserves émises par la mission d’inspection complémentaire mandatée sur place par les deux ministères de l’Industrie et de l’Ecologie. Des insuffisances importantes avaient en effet été montrées par le projet concernant la prise en compte des milieux naturels, l’impact des rejets de cyanure et les mesures compensatoires proposées. Le projet avait également suscité de très fortes préoccupations exprimées par les élus, la population locale et les associations de protection de l’environnement, tant locales que nationales. Après avoir analysé le nouveau dossier en lien avec ses organisations membres, locales et nationales, le Comité français de l’UICN fait part des observations suivantes : Le site proposé à l’exploitation est l’un des sites majeurs de Guyane en termes de richesse écologique. Couvrant 30 km² de forêt tropicale primaire, il abrite 700 espèces de végétaux, dont 18 endémiques, près de 100 espèces de mammifères et 254 espèces d’oiseaux, sans compter des milliers d’insectes. Le site empiète à la fois sur le domaine du Parc naturel régional de Guyane et sur une ZNIEFF d’importance majeure (de type 1). Il se situe à proximité directe de deux réserves naturelles, dont l’une est une zone humide d’importance mondiale reconnue par la Convention de Ramsar. Or, le dossier soumis à l’enquête publique révèle toujours d’importantes lacunes concernant la description de l’état écologique initial du site, l’évaluation et le suivi des impacts du projet, et les mesures de limitation et de compensation de ces impacts pour les milieux naturels. Le procédé industriel de traitement des effluents cyanurés, présenté comme innovant par la société, n’apporte pas les garanties suffisantes sur les risques de pollution sur le milieu naturel. L’analyse du dossier montre des incertitudes techniques nombreuses (un grand nombre de tests complémentaires sont indispensables), des choix peu précautionneux (comme l’absence de géomembrane au fond des parcs à résidus), et de sérieuses lacunes rendant quasiment impossible la garantie du respect des normes sur le rejet des cyanures (insuffisante évaluation de la perméabilité des sols, évaluation très sommaire de l’érosion des résidus épaissis, aucune quantification du phénomène d’atténuation naturelle des cyanures, etc.). Concernant l’hydrologie de la zone proposée à l’exploitation, le dossier montre des incohérences manifestes avec les éléments connus issus d’observations directes de terrain et de photographies aériennes. En particulier, les limites indiquées des bassins versants sont contestables et les affirmations concernant le sens d’écoulement des eaux apparaissent insuffisamment étayées. En l’état actuel des études menées et des informations connues, rien ne permet d’assurer qu’il n’y aura pas de connexions entre les effluents de l’exploitation minière et la zone de la réserve naturelle des marais de Kaw.   En conséquence de ces observations, le Comité français de l’UICN fait part de son avis défavorable à l’autorisation en l’état du projet d’exploitation minière de la société CBJ Caïman sur la montagne de Kaw.

Bilan annuel de la Stratégie nationale pour la biodiversité

Bilan annuel de la Stratégie nationale pour la biodiversité Stopper l’extinction de la biodiversité en France en 2010 : réalités ou illusions ?   Le gouvernement publie aujourd’hui le premier bilan global de son action pour la biodiversité. Le Comité français de l’UICN a évalué la stratégie nationale pour la biodiversité et ses 10 plans d’action. Même si des avancées intéressantes sont constatées en ce qui concerne les ministères de l’Ecologie et des Affaires Etrangères, le bilan demeure globalement insuffisant. La France prend du retard, et seuls une très forte impulsion politique et des moyens largement accrus nous rapprocherons de l’objectif de stopper l’extinction de la biodiversité d’ici 2010. Adoptée en février 2004, la stratégie nationale pour la biodiversité est le principal dispositif d’action du gouvernement sur ce thème majeur pour l’avenir des territoires et du patrimoine naturel français. Il mobilise à travers 10 plans d’action les ministères de l’écologie, des affaires étrangères, de l’agriculture, de l’équipement, de l’outre-mer et de la recherche, ainsi que le secrétariat général de la mer et la Délégation interministérielle à l’aménagement et la compétitivité des terrioires (DIACT). Malgré ce cadre interministériel prometteur, peu d’actions annoncées dans les plans ont pu être concrétisées à l’exception des plans « patrimoine naturel » et « action internationale ». Si la biodiversité constitue bien un axe stratégique d’intervention pour les ministères de l’Ecologie et des Affaires Etrangères, les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous pour les autres ministères. La biodiversité n’a pas été réellement appropriée ni intégrée dans leurs politiques, où elle n’est souvent vécue que comme une contrainte imposée, en particulier pour les politiques de l’urbanisme ou des infrastructures de transport. Pour les plans « agriculture « et « mer » où la biodiversité constitue une ressource, les mesures prises en faveur de sa protection ne sont pas assez significatives pour limiter les impacts importants engendrés par des pratiques encore très productivistes. Alors qu’un des objectifs premiers fixés par la stratégie était de mobiliser tous les acteurs de la société civile, le processus de mise en oeuvre d’une stratégie et de plans d’action est resté confiné au domaine des services de l’Etat. Les entreprises, les collectivités, les associations et le grand public n’ont pas été suffisamment associés à la démarche, malgré l’importance des enjeux en termes d’alimentation, de qualité de l’eau, des sols, etc. En publiant son évaluation de la stratégie nationale pour la biodiversité (voir l’analyse détaillée ci-joint), le Comité français de l’UICN recommande une action politique renforcée avec des moyens financiers nouveaux et clairement identifiés au sein de chaque ministère. L’appropriation des enjeux de la biodiversité au sein de la société civile doit également devenir une priorité pour mobiliser tous les acteurs à agir pour sa préservation.   Le Comité français de l’UICN a identifié les 5 avancées significatives et les 5 obstacles importants suivants : 5 avancées significatives à retenir de ce bilan : • Création des deux parcs nationaux de la Guyane et de la Réunion, et des parcs naturels marins • Désignation des sites du Réseau Natura 2000 (1703 sites couvrant 12% du territoire terrestre métropolitain) • Renouvellement du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (70 M€) et de son programme pour les petites ONG des pays du Sud. • Mise en place d’outils de sensibilisation : campagne de communication nationale et publication d’un guide pour les gestionnaires de sites industriels. • Mise en place d’un financement pérenne du Conservatoire du Littoral (30 M€) et création de nouvelles mesures fiscales intéressantes pour le patrimoine naturel.   5 obstacles importants à résoudre : • Aucune avancée sur le plan « territoires » visant l’intégration de la biodiversité dans la gestion des territoires. • Quasiment aucune avancée sur les plans « urbanisme » et « infrastructures » montrant la difficulté de prise en compte des enjeux de la biodiversité dans les politiques liées à l’équipement. • Quelques progrès sur les plans « agriculture » et « mer » mais pas d’avancées importantes sur les principaux défis : diminution de la consommation des pesticides, développement de l’agriculture biologique, OGM, gestion durable des pêches. • Pas encore de mise en oeuvre des trois derniers plans d’action (« forêts », « recherche » et « outremer ») adoptés en septembre 2006. • Appropriation insuffisante de la stratégie et des plans d’action par les associations de protection de l’environnement et de la société civile au sens large, dont les collectivités locales et les entreprises.   Documents joints Bilan UICN SNB 2006  Communiqué de presse – bilan UICN SNB 2006