Vers un renforcement de la prévention et de la gestion des espèces exotiques envahissantes dans l’océan Indien

Du 23 au 26 janvier 2012, soixante experts et acteurs sont réunis à Mayotte, à l’invitation du Comité français de l’UICN, pour répondre à l’enjeu des espèces exotiques envahissantes. Durant quatre jours, ces participants provenant de Mayotte, de La Réunion et de pays voisins (Madagascar, Comores, Seychelles, Maurice), ainsi que de tout l’outre-mer (Antilles françaises, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française…) échangent et confrontent leurs expériences sur ce sujet majeur pour la conservation de la biodiversité. Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale, en particulier dans les îles. Elles engendrent des dégâts écologiques importants, pouvant s’accompagner d’impacts négatifs pour les activités économiques et la santé humaine. Les collectivités françaises d’outre-mer sont particulièrement concernées : 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde y sont déjà présentes. Les îles du sud-ouest de l’océan Indien ne sont pas épargnées. De nombreuses espèces introduites par l’homme, volontairement ou accidentellement, représentent aujourd’hui une menace pour la flore et la faune indigènes. On recense ainsi plus de 70 plantes introduites envahissantes à Mayotte, au moins 16 aux Comores, 100 à Madagascar et plus de 190 à La Réunion. Parmi celles-ci figurent la vigne marronne ou l’arbuste lantana, dont l’expansion menace les milieux naturels. Parmi les animaux, l’escargot achatine s’attaque aux cultures vivrières, tandis que les rats et les mainates exercent une forte pression sur plusieurs espèces d’oiseaux indigènes. Face à ces menaces, des actions de lutte sont engagées, comme celle menée contre la fougère aquatique salvinia, dont l’envahissement menaçait une retenue collinaire d’eau douce à Mayotte, et qui s’est soldée au bout de 6 mois par le contrôle réussi de la plante. Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des déplacements et des échanges commerciaux, et par l’attrait grandissant pour des plantes et des animaux exotiques, le risque de voir arriver de nouvelles espèces envahissantes est permanent. Face à la menace des invasions biologiques, la coopération régionale est un enjeu déterminant : la circulation, l’échange et la mutualisation des informations permettent une prévention plus efficace, une détection plus rapide et l’amélioration des méthodes de lutte. C’est pour répondre au défi des invasions biologiques que soixante experts et acteurs sont réunis à Mayotte pendant quatre jours, pour échanger et mettre en commun leurs compétences. Ils se penchent tout particulièrement sur les thèmes de la biosécurité, des stratégies locales de lutte, de la coopération régionale et des liens entre activités agricoles et espèces envahissantes. Leur objectif est d’identifier des priorités d’action et d’élaborer des recommandations pour renforcer la sensibilisation, la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes. L’atelier permettra également de définir les bases d’un futur réseau de coopération régionale « Océan Indien » sur les invasions biologiques. Organisé par le Comité français de l’UICN, cet atelier a été conçu en collaboration avec la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) de Mayotte et le Conseil général de Mayotte, et en partenariat avec le Conseil régional de La Réunion. Il bénéficie de l’appui technique de la DEAL de La Réunion et du Conservatoire botanique national de Mascarin.   Pour consulter tous les documents de l’atelier (programme, liste des participants, présentations…), rendez-vous sur le site Internet dédié : www.especes-envahissantes-outremer.fr   Documents joints Communiqué Atelier espèces exotiques envahissantes océan Indien Motion pour la création d’un réseau de coopération régionale sur les espèces exotiques envahissantes dans l’océan Indien

La Liste rouge des oiseaux de Guadeloupe

Première étape d’une série de chapitres à paraître sur la faune et la flore de Guadeloupe, l’étude réalisée porte sur l’ensemble des oiseaux nicheurs et migrateurs présents dans l’archipel guadeloupéen. Le risque de disparition de chacune des espèces a été analysé. Parmi les oiseaux menacés, la Grive à pieds jaunes et l’Organiste louis-d’or sont classés « Vulnérables », le Dendrocygne des Antilles est « En danger » et le Martin-pêcheur à ventre roux « En danger critique ». Le Pic de la Guadeloupe, endémique de l’archipel, est quant à lui classé « Quasi menacé ». Ce chapitre de la Liste rouge des espèces menacées en France a été réalisé par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec les associations guadeloupéennes AMAZONA, AEVA et ASFA, et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale Documents et liens • Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf) • Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN) Photo bandeau : Pic de la Guadeloupe © Anthony Levesque

Propositions pour la mise en œuvre d’une compensation écologique acceptable

L’UICN France publie aujourd’hui une étude sur la compensation écologique, réalisée avec le concours de ses membres, experts et partenaires entreprises. Elle comporte plusieurs recommandations pour inscrire, de façon plus encadrée et plus efficace, ce mécanisme dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité. L’UICN France rappelle en premier lieu que la compensation est un mécanisme qui ne doit intervenir qu’après la mise en place de mesures d’évitement et de réduction des impacts initialement identifiés (respect de la séquence Éviter / Réduire / Compenser). Son principal fondement est, à minima, la non-perte nette de biodiversité mais doit plutôt viser un gain net de biodiversité. L’UICN France rappelle également que la compensation doit correspondre à des actions de terrain, au plus près des sites impactés, avec une obligation de résultats, et non à un dédommagement financier. Les financements dédiés à la compensation doivent servir à la réalisation d’actions qui doivent être proportionnées aux atteintes causées par le projet et aux enjeux écologiques des sites, et additionnelles pour répondre à des objectifs nouveaux de conservation, si des mesures de protection ou de gestion sont déjà en place. Au niveau international, les actions de compensation écologique sont en plein essor mais très variables d’un pays à l’autre : le principe de compensation étant, dans certains cas, intégré dans les cadres juridiques nationaux et, dans d’autres, issu d’engagements volontaires. En France, la réflexion concernant le principe de compensation, bien qu’il soit mentionné dans la loi de 1976 sur la protection de la nature, est relativement récente. A l’heure actuelle, il n’existe pas de cadre national commun (guides méthodologiques ou lignes directrices) relatif à la compensation, mais le Ministère de l’Ecologie y travaille, et cette étude a aussi pour objectif d’apporter une contribution à ces travaux. Qu’il s’agisse de banques de compensations, de fonds de compensation ou de compensations uniques, tous ces systèmes présentent des avantages mais aussi un certain nombre de limites. L’UICN France propose des réponses à ces limites pour une mise en œuvre complète et efficace du système de compensation, en intégrant par exemple la biodiversité ordinaire et les services écologiques dans l’établissement des mesures compensatoires ou encore de créer un observatoire de la compensation. Téléchargez l’étude : La compensation écologique : État des lieux et recommandations. UICN France (2011). Paris, France. Téléchargez le communiqué de presse : L’UICN France livre ses propositions pour la mise en œuvre d’une compensation écologique acceptable Contacts Florence Clap, Chargée de Programme « Politiques de la biodiversité » ; tél : 01 47 07 78 58 Marie Aurenche, Chargée de mission « Entreprises et biodiversité » ; tél : 01 40 79 57 75 Documents joints CP_Etude-Compensation-UICN_France

Position sur les forages pétroliers offshore en Méditerranée

Après avoir pris position contre les forages pétroliers offshore en Guyane lors de son dernier congrès en juin 2011, le Comité français de l’UICN exprime également son opposition sur la réalisation d’un projet de forage exploratoire au large du parc national de Port-Cros et du futur parc national des Calanques.   Forages pétroliers offshore en Méditerranée RAPPELANT la fragilité écologique et l’importance socio-économique des milieux naturels marins et côtiers de la Méditerranée ; RAPPELANT PAR AILLEURS le rôle important que jouent les écosystèmes marins et côtiers en fournissant des biens et services tels que la régulation du climat, la fourniture d’eau, l’atténuation des effets des catastrophes naturelles et la sécurité alimentaire ; CONSIDÉRANT les importantes pressions dont font déjà l’objet les écosystèmes méditerranéens, RAPPELANT que la demande portée par la société Melrose de prolongation du permis de recherche exclusive d’hydrocarbures liquides et gazeux concerne un secteur situé à moins de 50 km du Parc National de Port Cros, du sanctuaire Pelagos et du futur Parc National des Calanques, appartenant aux plus hauts sites naturels marins et côtiers français ; CONSIDÉRANT que les travaux prévus par la société Melrose comprennent un forage exploratoire qui pourrait intervenir rapidement, alors que le rapport présente des lacunes importantes dans la rigueur des mesures de précaution mises en œuvre et la qualité scientifique des observations ; RAPPELANT que le parc national de Port Cros, en qualité d’établissement public et d’animateur de la partie française de Pelagos, s’appuyant sur un avis défavorable de son Conseil scientifique, a émis les plus vives réserves quant à une possibilité de forage exploratoire ; CONSIDÉRANT donc que les écosystèmes marins et côtiers sont susceptibles de subir un impact majeur en relation avec l’exploitation pétrolière ; CONSIDÉRANT EGALEMENT les conséquences non maîtrisables qu’aurait un tel accident sur les milieux naturels, les ressources marines et sur les populations littorales ; CONSIDÉRANT que le monde est confronté à des changements climatiques globaux qui entraînent une perte croissante de biodiversité et que l’exploitation non durable des ressources naturelles, au-delà de leur capacité de régénération, est une cause fondamentale des changements climatiques et exacerbe ses effets sur la biodiversité ; RAPPELANT que, pour répondre à la fois au défi du réchauffement climatique et à la raréfaction progressive des énergies fossiles, la France s’est engagée dans le développement des énergies renouvelables et que la poursuite de ces travaux menaçant de hauts lieux du patrimoine naturel français est contradictoire avec les annonces faites dans le cadre du Grenelle, du fait des concentrations élevées de dioxyde de carbone rejetées dans l’atmosphère par l’exploitation et l’utilisation du pétrole ;   Le Comité français de l’UICN demande au gouvernement français de REFUSER la demande de la société Melrose de prolongation du permis de recherche exclusive d’hydrocarbures liquides et gazeux ; RENFORCER la politique d’économie d’énergie et le soutien aux énergies renouvelables compatibles avec la sauvegarde de la biodiversité en France ; ENCADRER le développement des politiques et des projets énergétiques, en : • appliquant le principe de précaution pour les milieux naturels les plus sensibles, • renforçant le travail scientifique préalable à la prise de décision des projets d’aménagement ou d’exploitation des milieux ou ressources naturels, • exigeant une application exemplaire de la réglementation, avec des études d’impacts complètes sur la biodiversité et le respect du principe « éviter, réduire, compenser », RENFORCER sur ce thème la concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile, notamment avec les associations de protection de la nature et les gestionnaires d’espaces naturels.

Les lauréats 2011 de la Palme IFRECOR sont…

Le 14 décembre, les résultats de la première édition du concours de la Palme IFRECOR à destination des élus ont été communiqués. Pierre Aliotti, vice-président de la collectivité de Saint-Martin et Ronald Tumahai, maire de la commune de Punaauia en Polynésie française, ont reçu la Palme IFRECOR sur l’île de la Réunion qui accueillait la 26ème Assemblée Générale de l’ICRI. L’appel à projets lancé le 27 juin auprès des territoires d’outre-mer du réseau IFRECOR (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, Polynésie française, ainsi que Saint-Barthélemy et Saint-Martin) a suscité l’intérêt des élus d’outre-mer. Le jury a délibéré et distingué deux lauréats auxquels le Président du Conseil Régional de la Réunion a remis la Palme IFRECOR.   Dans la catégorie « Éducation et sensibilisation », la Palme a été attribuée au projet « Création d’un sentier sous-marin éducatif audio-équipé dans la Réserve naturelle nationale de Saint Martin » Un sentier sous-marin ponctué de stations de découverte commentées ? C’est le projet réalisé sur l’îlet Pinel, au sein de la Réserve naturelle nationale de Saint-Martin. Grâce à un équipement FM installé sur les tubas, le visiteur peut tout au long de sa progression écouter des messages décrivant les herbiers de phanérogames, coraux et faune sous-marine visibles le long du sentier et expliquant les fonctionnalités écologiques. Pierre Aliotti, vice-président de la collectivité de Saint-Martin, a déclaré : « Je suis touché d’être récompensé par ce trophée qui valorise tout le travail réalisé depuis de nombreuses années : la création de la réserve, les arrêtés de protection forte pris pour tous les étangs, la publication de la loi de 1996 et l’intervention du Conservatoire du littoral, le suivi des projets d’acquisition foncière (Galion et Redrock)… autant de projets réalisés pour la qualité de vie de nos concitoyens, pour nos visiteurs touristes, poumons de l’économie. »   Dans la catégorie « Protection, valorisation et restauration », la Palme a été attribuée au projet  » Réhabilitation d’un espace lagonaire impacté par la prolifération du poisson jardinier Stegastes nigricans  » dans la commune de Punaauia en Polynésie française Le poisson jardinier Stegastes nigricans est une espèce indigène qui connaît un développement « explosif » depuis une quinzaine d’années, suite à la très forte réduction de ses compétiteurs (oursins, gastéropodes). Le Stegastes nigricans colonise certains pinacles du lagon et « interdit » alors l’accès aux autres espèces de poissons. Avec ce projet de restauration, la commune souhaite aboutir à la mise en place d’un PGEM qui assurera une gestion concertée du lagon. Ronald Tumahai, le maire de Punaauai, a déclaré : « Ce trophée vient récompenser les actions de réhabilitation écologique du lagon de Punaauia conduites avec Pae Tai Pae Uta, projet qui s’inscrit plus largement dans une démarche de développement durable pour notre commune avec l’objectif de faire aboutir rapidement le PGEM (Plan de Gestion de l’Espace Maritime) que nous conduisons en étroite collaboration avec les associations de protection de l’environnement »     Madame Sandrine Turquem, 3ème adjointe au Maire de Punaauia, représentait Monsieur le maire Ronald Tumahai pour la remise de la Palme IFRECOR.       Le trophée, une création de l’artiste réunionnais Claude Berlie-Caillat, symbolise la beauté et la fragilité des récifs coralliens. Il dirige l’association « Art Sud », Centre des Arts du feu, sur les pentes du Piton de la Fournaise. Spécialiste des techniques de fusion et d’émaillage autour du basalte, il a créé pour l’IFRECOR deux trophées originaux représentant chacun la beauté, l’équilibre et la fragilité des récifs coralliens à travers une gorgone éventail en porcelaine apposée sur un socle en basalte. ©Berlie-Caillat | www.artsud.org   Organisateurs et Partenaires Le concours était lancé dans le cadre de l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens) ; initiative portée par le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement (MEDDTL) et par le Ministère chargé de l’Outre-mer (MOM). Le Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la nature), pilote de la thématique « communication » de l’IFRECOR, état en charge de l’organisation de ce concours. La Palme IFRECOR 2011 a été réalisée grâce au soutien financier du Fonds Biome et au soutien média du magazine Terre Sauvage. > En savoir plus sur l’ ICRI (International Coral Reef Initiative) : www.icriforum.org > En savoir plus sur l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens) :www.ifrecor.com   Dossier de presse Télécharger ici le dossier de presse avec plus d’informations et le descriptif complet des projets inscrits à la Palme IFRECOR.   Contacts Presse Agence RendezVous RP Stéphanie Gentilhomme stephaniegentilhomme@rendezvous-rp.com +33 (0)1 45 41 19 37 +33(0)6 84 61 62 68 Contact pour l’IFRECOR Comité français de l’UICN Aurélie Bocquet 06.23.65.76.18 contact@ifrecor.org

Résoudre la crise du changement climatique naturellement

Avant le sommet de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Durban, l’UICN appelle les décideurs politiques à augmenter les financements consacrés à la lutte contre le changement climatique et à promouvoir des solutions basées sur la nature. L’UICN enverra une délégation d’experts à la 17ème Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui aura lieu à Durban, Afrique du Sud, du 28 Novembre au 9 Décembre 2011. Parmi les défis clés pour l’UICN lors de cette conférence figurent celui de l’adaptation basée sur les écosystèmes pour faire face aux impacts néfastes du changement climatique et celui de la mise en œuvre globale d’un mécanisme de réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD).   Les questions clés • La nature fournit une solution d’adaptation au changement climatique « L’adaptation basée sur les écosystèmes est une solution efficace que les gouvernements devraient incorporer de manière proactive dans les politiques nationales ; ils devraient prendre des mesures immédiates pour la mettre en œuvre sur le terrain », explique Stewart Maginnis, Directeur du programme Environnement et Développement de l’UICN. « Améliorer la gestion des systèmes fluviaux, les récifs coralliens, les mangroves et les forêts contribue directement à la résilience des communautés locales pour faire face aux conséquences, à la fois soudaines et à long terme, du changement climatique. »   • Une initiative majeure doit être prise pour promouvoir le développement et la mise en œuvre d’un mécanisme REDD+, écologique et équitable, au niveau national « Un outil qui, à la fois conserve et restaure les ressources forestières et réduit les émissions de gaz à effet de serre, est l’un des rares outils que nous avons d’immédiatement disponible pour diminuer les effets du changement climatique », explique Claire Parker, Conseillère principale de l’UICN des politiques sur les changements climatiques. « Toutefois, pour être efficace, la mise en œuvre doit avoir lieu au niveau national, inclure l’examen de questions telles que la répartition équitable des avantages, et permettre une participation égale de toutes les parties prenantes, y compris les femmes et les peuples autochtones. »   • Les gouvernements doivent reconnaître l’importance de la gestion des écosystèmes côtiers « Les gens ne réalisent souvent pas à quel point la nature peut être efficace dans la lutte contre les effets du changement climatique », dit Edmund Barrow, chef du Programme de gestion des écosystèmes de l’UICN.« Le défi est de trouver les moyens les plus appropriés et durables de le montrer. La gestion des écosystèmes côtiers offre un double avantage : non seulement elle permet de protéger les communautés de l’inévitable élévation du niveau de la mer, mais des systèmes côtiers en bonne santé permettent également de capturer et de stocker d’énormes quantités de carbone. »   • L’acidification des océans est un défi mondial « Le temps est venu d’agir », explique Dorothée Herr, Chargée du programme marin.« Les décideurs ont besoin de reconnaître et de traiter l’acidification des océans, comme il est maintenant clair que c’est un problème lié au changement climatique qui engendrera des conséquences dévastatrices si rien n’est fait. L’acidification des océans à l’échelle mondiale est causée uniquement par l’augmentation des concentrations de CO2 atmosphérique et représente une menace majeure non seulement pour la biodiversité marine, mais aussi pour la sécurité alimentaire mondiale. »   Pour en savoir plus : http://www.iucn.org/unfccc/

Liste rouge européenne : un déclin alarmant des plantes, des mollusques et des poissons d’eau douce

Selon de nouvelles recherches publiées le 21 novembre 2011, le patrimoine naturel européen montre un déclin alarmant. La Liste rouge européenne, qui fait partie de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, a évalué une part importante de la faune et de la flore indigènes d’Europe et découvert qu’une grande proportion des mollusques, des poissons d’eau douce et des plantes vasculaires se classent désormais dans l’une des catégories menacées. L’évaluation de quelque 6000 espèces révèle que 44% de tous les mollusques d’eau douce, 37% des poissons d’eau douce, 23% des amphibiens, 20% d’une sélection de mollusques terrestres, 19% des reptiles, 15% des mammifères et des libellules, 13% des oiseaux, 11% des coléoptères saproxyliques, 9% des papillons et 467 espèces de plantes vasculaires sont maintenant menacées. Janez Potočnik, Commissaire européen à l’Environnement, indique : « Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n’agissons pas d’urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. » Les mollusques d’eau douce sont le groupe le plus menacé de ceux qui ont été étudiés jusqu’à présent. La grande mulette (Margaritifera auricularia), qui était jadis assez répandue, se limite désormais à quelques rivières de France et d’Espagne. Actuellement classée En danger critique d’extinction, elle était considérée comme quasi éteinte dans les années 1980. Cette espèce est l’une des deux pour lesquelles un Plan d’action a été conçu à l’échelle européenne, et des programmes de conservation en cours permettent d’espérer en son avenir. « Ces résultats confirment l’état inquiétant des mollusques européens » indique Annabelle Cuttelod, Coordinatrice de la Liste rouge européenne à l’UICN. « Lorsqu’on les combine au niveau élevé des menaces qui pèsent sur les poissons et les amphibiens d’eau douce, nous pouvons constater que les écosystèmes d’eau douce européens sont vraiment soumis à de graves menaces qui exigent des mesures de conservation urgentes. » Les poissons d’eau douce sont aussi très menacés, spécialement à cause de la pollution, de la surpêche, de la perte d’habitats et de l’introduction d’espèces invasives. Les esturgeons courent un risque particulier : sept des huit espèces européennes sont aujourd’hui En danger critique d’extinction. Dans la catégorie des plantes vasculaires, nous trouvons toutes les parentes sauvages des plantes cultivées ; elles sont vitales pour la sécurité alimentaire et pourtant leur conservation est souvent négligée. L’espèce Beta patula est une proche parente sauvage des betteraves cultivées et une source génétique importante pour l’amélioration de la résistance aux virus. Parmi les autres plantes qui présentent des niveaux de menaces inquiétants citons, entre autres, les parentes sauvages de la betterave sucrière, du blé, de l’avoine et de la laitue qui sont des cultures économiquement importantes en Europe. Mais il y a aussi des nouvelles positives, et les évaluations mettent en évidence la réussite de mesures de conservation bien conçues. De nombreuses espèces protégées en vertu de la Directive Habitats de l’UE et incluses dans le réseau d’aires protégées Natura 2000 ont maintenant de meilleures chances de survie. Centranthus trinervis, une plante endémique de Corse, est passée de En danger critique d’extinction à En danger grâce à la protection stricte dont bénéficie son seul site connu. De plus, le contrôle, depuis une dizaine d’années, d’espèces envahissantes telles que certaines plantes, les chèvres et les rats, a été bénéfique pour la plupart des escargots terrestres de Madère. « Ce sont des signes encourageants qui montrent les bénéfices d’actions de conservation étayées par des politiques fermes » indique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial de l’UICN pour les espèces, « La poursuite de la mise en oeuvre de la législation européenne actuelle, combinée à de nouveaux programmes de conservation, est essentielle pour préserver ces importantes espèces indigènes et leurs habitats. »`   Pour plus d’informations Liza Drius, responsable des communications, UICN Europe, tel +32 2 739 0318 Maggie Roth, relations avec les médias, UICN, tel +1 202 262 5313 Lynne Labanne, responsable des communications, Programme mondial de l’UICN pour les espèces, tel +41 22 999 0153 Pour en savoir plus sur ces résultats Le site mondial de l’UICN >> voir ici Le site de la Liste rouge de l’UICN >> ici

Inciter à l’action par une communication positive

De nouveaux modes de communication, un renouveau des messages, une communication sensible, positive et engageante sont aujourd’hui nécessaires pour mobiliser davantage en faveur de la préservation de la biodiversité. « Love.NotLoss », une vidéo produite par l’UICN, et une nouvelle étude, « Branding biodiversity », publiée par Futerra ont l’objectif d’y contribuer. Grâce aux experts de la Commission Éducation et Communication du Comité français de l’UICN, ces deux outils sont disponibles en français. « Imaginons que l’incroyable complexité de la vie sur Terre puisse être condensée et portée ainsi auprès du grand public ? Imaginons que le mot ‘biodiversité’ ne représente plus seulement un ensemble de concepts scientifiques, mais un sentiment d’émotion mêlé d’admiration et d’émerveillement ? Communiquer sur la biodiversité ne déclencherait-il pas alors des actions de protection dans le monde entier ? ». C’est sur cette nouvelle approche positive et émotionnelle que l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et le bureau d’étude anglais Futerra proposent de communiquer. Il est important de consacrer une plus grande part de nos messages sur la biodiversité à l’émerveillement et à l’action, afin de promouvoir une nouvelle « culture de la nature » et d’inspirer les changements de comportements en faveur de la biodiversité. Néanmoins, cette approche sensible et positive ne doit pas se substituer aux messages d’alerte sur l’érosion de la biodiversité. L’information via des données factuelles sur la perte d’espèces ou la dégradation des écosystèmes reste essentielle. Les communicants peuvent aider à changer les comportements en faveur de la biodiversité en portant en parallèle les messages d’émerveillement, d’alerte et d’action. Lire la vidéo « Love not loss » Anglais (VO) Vous pouvez également télécharger la vidéo en français. Télécharger l’étude « Branding biodiversity » Français (VF) Anglais (VO)   Pour toutes précisions Florence Clap, Chargée de Programme Tél : 01 47 07 71 78 Magali Evanno, Chargée de projet Tél : 01 43 31 02 79

Liste rouge mondiale 2011 : un autre pas vers le baromètre de la vie

Rendue publique le 10 novembre 2011, la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées illustre les efforts entrepris par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et par ses partenaires pour accroître le nombre et la diversité des espèces évaluées, en améliorant la qualité des informations afin de dresser un meilleur tableau de l’état de la biodiversité. Avec plus de 61 900 espèces étudiées à ce jour, un autre pas de géant a été franchi pour faire de la Liste rouge un véritable « Baromètre de la Vie », que d’éminents experts appelaient de leurs vœux dans le magazine Science de 2010. « Cette mise à jour nous apporte de bonnes et de mauvaises nouvelles sur le statut de nombreuses espèces du monde entier » dit Jane Smart, Directrice du Programme mondial de l’UICN pour les espèces. « Nous savons que les efforts de conservation donnent des résultat s’ils sont mis en oeuvre à temps, mais sans un ferme soutien politique associé à des efforts ciblés et à des ressources suffisantes, les merveilles de la nature et les services qu’elle nous offre pourraient être perdus pour toujours. » Malgré les actions des programmes de conservation, 25% des mammifères sont menacés d’extinction. Par exemple, la réévaluation de plusieurs espèces de rhinocéros révèle que la sous-espèce de rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest (Diceros bicornis longipes) est désormais officiellement déclarée Eteinte. La sous-espèce de rhinocéros blanc d’Afrique centrale, le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni), est aujourd’hui à la limite de l’extinction et a été classée parmi les espèces Peut-être éteintes à l’état sauvage. Le rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus) livre lui aussi sa dernière bataille : la sous-espèce Rhinoceros sondaicus annasmiticus s’est probablement Eteinte au Vietnam, en 2010, suite au braconnage de ce que l’on pense avoir été le dernier spécimen. Même si cela ne signe pas la fin du rhinocéros de Java, cela réduit néanmoins l’espèce à une unique population minuscule et toujours en déclin sur l’île de Java. Les menaces majeures qui pèsent sur ces animaux sont le manque de volonté et de soutien politique en faveur des efforts de conservation dans de nombreux habitats de rhinocéros, les groupes criminels internationaux organisés qui les ciblent, la demande illégale sans cesse croissante de corne de rhinocéros et le braconnage. « Les hommes sont les gardiens de la terre, et nous sommes responsables de la protection des espèces qui partagent notre environnement » dit Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.« Dans les cas du rhino noir de l’Ouest et du rhino blanc du Nord, la situation aurait pu avoir des résultats très différents si les mesures de conservation suggérées avaient été mises en place. Il faut renforcer ces mesures maintenant, et particulièrement gérer les habitats de façon à améliorer les résultats de la reproduction, pour empêcher que d’autres, tel le rhinocéros de Java, disparaissent à leur tour. » La conservation a déjà connu plusieurs succès, comme celui de la sous-espèce de rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) dont on estime que la population sauvage est passée de moins de 100 individus à la fin du 19ème siècle à plus de 20 000 aujourd’hui. Le cheval de Prjevalski (Equus ferus) est aussi une belle réussite : il a vu passer son statut de En danger critique d’extinction à En danger. Au départ, en 1996, il était classé comme Eteint à l’état sauvage, mais grâce à un programme de reproduction en captivité et à un programme réussi de réintroduction, on estime que la population sauvage compte aujourd’hui plus de 300 individus. Les reptiles constituent une composante importante de la biodiversité, particulièrement dans les habitats arides et sur les îles un peu partout dans le monde. Ces dernières années, de nombreuses nouvelles espèces de reptiles ont été évaluées, notamment la plupart de ceux que l’on trouve à Madagascar. Les résultats, alarmants, révèlent que 40% des reptiles terrestres de Madagascar sont menacés. Les 22 espèces identifiées comme étant En danger critique d’extinction, une catégorie comprenant des caméléons, des geckos, des scinques et des serpents, sont aujourd’hui un vrai défi pour la conservation de la nature. Ces nouvelles informations aident à guider la planification de la préservation de la biodiversité et permettent de faire une évaluation de la protection que les réserves naturelles malgaches offrent aux reptiles. Il est encourageant de savoir que de nouvelles zones de conservation sont créées à Madagascar et qu’elles aideront à préserver une proportion significative des espèces En danger critique d’extinction, comme le caméléon Tarzan (Calumma tarzan), le caméléon au nez bizarre (Calumma hafahafa) et le scinque apode (Paracontias fasika). En raison de leur statut sur la Liste rouge, des espèces qui, de tout temps, ont été ignorées par les efforts de conservation, comme les geckos En dangerParoedura masobe et Uroplatus pietschmanni, figureront de façon plus voyante dans les nouveaux plans. Les plantes sont des ressources essentielles pour le bien-être des hommes ; elles sont des composantes critiques des habitats sauvages. Elles sont pourtant sous-représentées dans la Liste rouge de l’UICN. Le travail actuellement en cours pour améliorer leur connaissance inclut une évaluation de tous les conifères. A ce stade, les résultats révèlent certaines tendances troublantes. Le sapin d’eau chinois (Glyptostrobus pensilis), par exemple, qui était jadis très répandu en Chine et au Vietnam, est passé de En danger à En danger critique d’extinction. La principale cause de déclin est la perte d’habitat au profit de l’agriculture intensive, et il semble bien qu’en Chine, il ne subsiste aucun plant sauvage. La plus grande des populations récemment découverte au Laos a été détruite par l’inondation créée par la construction d’un projet hydraulique et très peu d’arbres sur le sol vietnamien, s’il en reste, produisent encore des semences viables, ce qui signifie que cette espèce se dirige rapidement vers le statut Eteint à l’état sauvage. Un autre exemple, le Taxus contorta, qui est utilisé pour la production de Taxol, un médicament utilisé en chimiothérapie, est passé de Vulnérable à En danger à cause de sa surexploitation à des fins médicinales

La Réunion : incendies dans le site du Patrimoine mondial

L’UICN et l’UNESCO suivent avec préoccupation la situation dans les Pitons, cirques et remparts de La Réunion, site inscrit sur la liste des biens naturels du Patrimoine mondial en 2010, où les incendies font rage depuis le 25 octobre avec de graves conséquences sur la biodiversité. Selon les premiers rapports du Parc national de la Réunion, presque 3.000 ha des 100 000 ha du site du Patrimoine mondial ont été détruits par les incendies. De nombreux milieux naturels ont été atteints. Vingt-six espèces de plantes rares sont déjà connues pour avoir été touchées par les incendies. Seize de ces espèces sont répertoriées comme menacées sur la Liste rouge de l’UICN. Les incendies ont également fortement affecté la faune, en premier lieu desquels les invertébrés, mais aussi les aires de nidification d’oiseaux tels que les Oiseaux verts (Zosterops olivaceus), Tec-Tec (Saxicola tectes), Papangues (Circus maillardi). Par ailleurs, il est à craindre pour la survie de la population réunionnaise de Lézard vert des Hauts (Phelsuma borbonica) récemment découverte dans la zone touchée par les incendies. Le site a été inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en 2010 pour sa biodiversité exceptionnelle et pour la beauté de son paysage de forêts subtropicales, de forêts de nuages et de landes, dominé par deux pics volcaniques et trois cirques bordés de falaises. Le Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO a demandé à l’Etat français de lui fournir un rapport détaillé afin d’évaluer les impacts des incendies sur les valeurs pour lesquelles le site est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial. L’UICN a également proposé son expertise scientifique pour évaluer les impacts de ces incendies sur la biodiversité réunionnaise.