La disparition des zones humides menace les libellules dans le monde entier selon la Liste rouge de l’UICN

Gland, Suisse, 9 décembre 2021 (UICN) – La destruction des zones humides provoque un déclin des libellules dans le monde entier, selon la première évaluation mondiale de ces espèces publiée aujourd’hui dans l’actualisation de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. Leur déclin est symptomatique d’une perte généralisée des marais, marécages et rivières sauvages dans lesquels elles se reproduisent, principalement en raison de l’expansion d’une agriculture et d’une urbanisation non durables dans le monde. Avec l’actualisation d’aujourd’hui, le nombre d’espèces menacées figurant sur la Liste rouge dépasse pour la première fois les 40 000. La Liste rouge de l’UICN comprend désormais 142 577 espèces, dont 40 084 menacées d’extinction. « En révélant la perte mondiale de libellules, la présente actualisation de la Liste rouge souligne le besoin urgent de protéger les zones humides mondiales et la riche mosaïque de vie qu’elles abritent. À l’échelle mondiale, ces écosystèmes disparaissent trois fois plus vite que les forêts. Les marais et autres zones humides peuvent sembler improductifs et inhospitaliers pour l’homme. Ils nous fournissent cependant des services essentiels. Ils stockent le carbone, nous fournissent de l’eau potable et de la nourriture, nous protègent des inondations et offrent des habitats à une espèce connue sur dix dans le monde. » Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN L’évaluation mondiale des libellules et demoiselles révèle que 16% des 6.016 espèces sont en danger d’extinction, du fait de la dégradation croissante de leurs sites d’eau douce de reproduction. En Asie du Sud et du Sud-Est, plus d’un quart de toutes les espèces sont menacées, principalement en raison du défrichement des zones humides et de la forêt tropicale pour faire place à des cultures telles que l’huile de palme. En Amérique centrale et du Sud, la principale cause du déclin des libellules est le défrichement des forêts pour la construction résidentielle et commerciale. Les pesticides et autres polluants, ainsi que les changements climatiques, représentent des menaces croissantes pour les espèces dans toutes les régions du monde, et constituent les menaces les plus importantes pour les libellules en Amérique du Nord et en Europe. « Les libellules sont des indicateurs très sensibles de l’état des écosystèmes d’eau douce, et cette première évaluation mondiale révèle enfin l’ampleur de leur déclin. Elle fournit également une base de référence essentielle que nous pourrons utiliser pour mesurer l’impact des efforts de conservation. Afin de conserver ces magnifiques insectes, il est essentiel que les gouvernements, l’agriculture et l’industrie prennent en compte la protection des écosystèmes de zones humides lors de projets de développement, par exemple en protégeant les habitats clés et en consacrant un espace aux zones humides urbaines. » Dr Viola Clausnitzer, coprésidente du Groupe de spécialistes des libellules de la CSE-UICN. Le desman des Pyrénées (Galemys pyrenaicus), un mammifère semi-aquatique présent dans les rivières d’Andorre, d’Espagne, de France et du Portugal, est passé de la catégorie « Vulnérable » à « En danger ». © Dr Lorenzo Quaglietta Cette espèce singulière est apparentée aux taupes, et possède un long nez sensible et de grandes pattes palmées. Il est l’un des derniers de sa lignée évolutive et l’une des deux seules espèces de desman encore présentes dans le monde. La population de desman des Pyrénées a diminué de jusqu’à 50% dans toute son aire de répartition depuis 2011, en grande partie en raison des impacts humains sur son habitat. La perturbation du débit des rivières et la réduction des niveaux d’eau résultant de la construction de centrales hydroélectriques, de barrages et de réservoirs, ainsi que l’extraction d’eau pour l’agriculture font que de nombreux endroits ne soient plus favorables au desman, isolent les populations, et réduisent considérablement les proies et les abris disponibles pour l’espèce. Les espèces exotiques envahissantes, les pratiques de pêche illégales utilisant du poison, des filets ou des explosifs, l’augmentation des sécheresses liée aux changements climatiques, l’excavation des lits des cours d’eau et la pollution de l’eau s’ajoutent aux menaces pesant sur le desman. La préservation et la restauration du débit naturel des rivières et de la végétation environnante, le contrôle des espèces exotiques envahissantes et la lutte contre les changements climatiques sont essentiels au rétablissement de cette espèce. Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN– Contacts : Harriet Brooker, Relations médias UICN, +44 7960241862, press@iucn.orgMatthias Fiechter, Relations médias UICN, +41 795360117, press@iucn.org– La Liste rouge mondiale des espèces menacées– La Liste rouge nationale des espèces menacées Photo bandeau : Franciscobasis franciscoi (femelle) © Diogo Vilela
La Roche-Sur-Yon : Capitale française de la Biodiversité 2021

La ville vendéenne de la Roche-sur-Yon devient aujourd’hui la dixième « Capitale française de la Biodiversité », sur le thème « Eau & Biodiversité ». Le Comité français de l’UICN, associé depuis de nombreuses années à ce concours national qui distingue les collectivités locales s’engageant de manière remarquable dans la préservation de la biodiversité, salue les démarches entreprises par les territoires récompensés. Avec les 6 autres collectivités lauréates, la Roche-sur-Yon offre un exemple marquant de restauration et de protection des cours d’eau et zones humides, essentiels à la biodiversité. Une des principales ambitions d’une SRB est de développer un langage commun autour de la biodiversité, de ce qu’elle représente et de ses liens avec le territoire – ses activités, ses habitants – pour faire connaitre et comprendre les enjeux, globaux et locaux, de sa préservation et de sa reconquête, et susciter ainsi un engagement collectif dans l’action. Une bonne communication autour d’une SRB est donc un des principaux gages de sa réussite. La Roche-sur-Yon (53 600 habitants, Vendée) se situe en tête de bassin versant avec des enjeux importants sur la qualité des masses d’eau et une grande diversité de zones humides. Consciente des enjeux et de la fragilisation des continuités écologiques aquatiques par l’urbanisation et l’activité agricole, la commune a fait le choix de les restaurer en développant la connaissance de la trame humide et bleue de son territoire : l’effacement d’ouvrages sur la rivière Yon a ainsi permis de rendre 6 km d’écoulement libre. Outre les changements de physionomie du cours d’eau, les bénéfices pour la biodiversité sont d’ores et déjà visibles avec une diminution de la pression des espèces exotiques envahissantes (flore et faune piscicole tels que poisson-chat et perche-soleil) et une meilleure qualité de l’eau. En plus de ces indicateurs, la présence de la Loutre en centre-ville est un signal fort de la qualité de l’environnement urbain. Dotée d’une solide expertise interne, la commune s’appuie sur un diagnostic de terrain très fin associant de nombreux acteurs techniques et scientifiques (associations naturalistes, établissements d’enseignement supérieur et technique…). La modélisation de ses réseaux écologiques offre un outil opérationnel pour différentes politiques publiques (biodiversité, gestion des milieux aquatique et prévention du risque d’inondation, ressource en eau, urbanisme et aménagement du territoire…), et les travaux de gestion et de restauration des milieux naturels, souvent réalisés en régie, sont conséquents et variés. Éducation à la nature, désimperméabilisation et requalification du milieu urbain complètent ce travail, à l’image de la place Napoléon, autrefois parvis minéral et transformée en lieu d’eau et de vie. La ville de la Roche-sur-Yon recevra son trophée « Capitale française de la Biodiversité 2021 » durant le Salon des Maires et des Collectivités locales, le 17 novembre 2021. Elle devient la 10e Capitale française de la Biodiversité, elle succède à la Métropole de Lyon (2019), Besançon (2018), Muttersholtz (2017), Rennes (2016), Strasbourg (2014), Niort (2013), Lille (2012), Montpellier (2011) et Grande-Synthe (2010). Pour en savoir plus sur les six autres collectivités récompensées (Val-de-Vesle, Ungersheim, La Motte-Servolex, Lille, La communauté de communes Saône-Beaujolais et La Celle), cliquez ici. Plus d’informations – Consulter le rapport de la visite de terrain à La Roche-Sur-Yon– Le site internet de « Capitale française de la biodiversité »– Le site internet thématique « Collectivités et biodiversité »– Le programme « Politiques de la biodiversité » Photo bandeau : La-Roche-sur-Yon / Sur le site d’Alluchon, la rivière a retrouvé un écoulement naturel. © Myriam Bou
L’UICN se félicite de la reconnaissance du rôle de la nature à la COP26 et appelle à plus d’ambition

L’UICN salue les progrès réalisés à Glasgow, notamment en ce qui concerne la nature. Cependant, elle souligne que ces progrès ne seront pas suffisants pour atteindre l’objectif de 1,5°C et appelle à un changement d’étape significatif à la COP27. Nous sommes à court de temps et d’options.
Comment réussir sa communication autour de sa stratégie régionale pour la biodiversité ?

Comment réussir sa communication autour de sa stratégie régionale pour la biodiversité ? Quels publics cibler ? Quelles sont les étapes clés et les questions à se poser ? Quels sont les outils mobilisables ? Autant de questions auxquelles la fiche « Communication & SRB », que publie le Comité français de l’UICN en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique, répond pour accompagner au mieux les régions de France métropolitaine et d’outre-mer dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies régionales pour la biodiversité (SRB). Une des principales ambitions d’une SRB est de développer un langage commun autour de la biodiversité, de ce qu’elle représente et de ses liens avec le territoire – ses activités, ses habitants – pour faire connaitre et comprendre les enjeux, globaux et locaux, de sa préservation et de sa reconquête, et susciter ainsi un engagement collectif dans l’action. Une bonne communication autour d’une SRB est donc un des principaux gages de sa réussite. Pour y contribuer, cette fiche : – rappelle les fondamentaux et prérequis nécessaires pour une communication SRB réussie (ex : responsabilité de la Région au titre de son chef de filât Biodiversité ; élaboration en amont d’une stratégie et d’un plan de communication opérationnels ; étapes clés à respecter ; etc.) ; – valorise les bonnes pratiques mises en œuvre en région (ex : les supports de communication produits dans le cadre de la SRB Occitanie ; le résumé d’Ecobiose pour les décideurs néo-aquitains ; etc.) ; – et propose un outil utilisable et adaptable par chaque territoire : un « pense-bête » organisationnel et méthodologique. Il se présente sous la forme d’un schéma qui synthétise – les différentes étapes, les temps forts et les principaux éléments structurants de la communication à mettre en place pour accompagner une SRB. Ce schéma est également mis à disposition sous un format PDF renseignable afin de pouvoir l’adapter à chaque contexte territorial. Cette fiche est la première d’une série d’une dizaine de fiches thématiques qui constitueront, une fois publiées, la « Boite à outils SRB ». Cette boite à outils, élaborée par le Comité français de l’UICN avec son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » – et en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique – est un outil opérationnel pour accompagner les territoires de France métropolitaine et d’outre-mer, et en premier lieu les Régions, dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs stratégies en faveur de la biodiversité. Chaque fiche propose des pistes méthodologiques, illustrées par des retours d’expériences territoriales, sur des thèmes identifiés par le groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » comme étant prioritaires pour « réussir » sa stratégie. Si ce guide technique s’adresse en premier lieu aux Régions, il peut être également utilisé par toutes les collectivités engagées dans une stratégie “biodiversité” (département, intercommunalité, ville). A paraitre prochainement, les fiches n.2 et n.3 sur l’identification des enjeux SRB, et la démarche prospective. Ce projet s’inscrit dans les travaux que mène le Comité français de l’UICN depuis plus d’une dizaine d’années pour soutenir le développement et le renforcement des SRB. Plus d’information ici. Plus d’informations – Télécharger la fiche SRB n°1 : communication et SRB et télécharger son schéma sous un format PDF interactif et renseignable– Le site internet thématique « Collectivités et biodiversité »– Le programme « Politiques de la biodiversité »– Contact : Valérie Moral, chargée de mission “Collectivités & Biodiversité”
COP26 : Les positions de l’UICN pour la nature et le climat

La COP26 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tient du 31 octobre au 12 novembre 2021 à Glasgow dans un contexte de crises climatique et de la biodiversité. Les évènements météorologiques extrêmes de 2021, dont des inondations catastrophiques, des vagues de chaleur et des incendies de forêts, nous rappellent l’urgence d’agir sur le changement climatique qui genère des boulversements aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. La COP 26 sur le Climat doit prendre des décisions fortes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et s’appuyer davantage sur les solutions fondées sur la nature. « Nous savons qu’une partie de la réponse face au réchauffement climatique réside dans la régénération des écosystèmes. Notre message pour la Cop26 est le suivant : la nature est la solution à la majorité de nos problèmes » Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN – le 8 septembre 2021 au Congrès mondial de l’UICN à Marseille Pour cette COP26, l’UICN met l’accent sur les points suivants en s’appuyant sur les messages clés du Congrès mondial de l’UICN : 1. L’urgence du climat et de la biodiversité sont deux manifestations d’une même crise. L’UICN appelle les Etats à réduire d’urgence les émissions de GES dans tous les secteurs afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5° et à promouvoir les synergies avec les processus internationaux visant à lutter contre le changement climatique et la perte de la biodiversité. Le rapport du GIEC de 2018 indique que pour maintenir un réchauffement planétaire à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, il faut que les émissions anthropiques nettes mondiales de CO2 diminuent d’environ 45% par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030. Or les contributions actuelles des Etats entraineraient des émissions mondiales de GES d’environ 16% en 2030 par rapport aux niveaux de 2010. 2. Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) peuvent apporter une contribution essentielle à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique, tout en contribuant à la conservation de la biodiversité. L’UICN demande à toutes les Parties de reconnaître et de soutenir clairement la mise en œuvre renforcée des SfN, y compris par le biais d’un texte de décision officiel lors de la COP26, en se référant au standard mondial de l’UICN. Une étude scientifique récente parue dans Nature (Girardin et al. 2021) estime que les Solutions fondées sur la nature pourraient permettre d’économiser 10 gigatonnes de CO2e par an, soit plus que les émissions de l’ensemble du secteur mondial des transports. 3. L’UICN exhorte les Parties à renforcer l’ambition de leurs contributions nationalement déterminées (CND), de leurs plans d’adaptation nationaux (PNA) et de leurs stratégies à long terme de développement à faible émission (LT-LEDS) dans le cadre de l’Accord de Paris, notamment en y intégrant des solutions fondées sur la nature plus ambitieuses et plus concrètes. 4. L’UICN appelle les Parties à mobiliser des financements accrus, y compris par le biais de mécanismes innovants, afin de permettre la mise en œuvre réussie de solutions fondées sur la nature à grande échelle. 5. L’UICN souligne l’importance de garantir l’intégrité environnementale ainsi que des mesures de protection environnementales et sociales adéquates lors de la définition des règles, modalités, procédures et orientations de l’article 6 de l’Accord de Paris, y compris celles qui pourraient régir l’utilisation future de solutions fondées sur la nature pour atteindre les résultats d’atténuation prévus par cet article. 6. L’UICN se félicite des progrès réalisés dans la préparation du premier inventaire mondial au titre de l’article 14 de l’Accord de Paris et appelle à une prise en compte systématique des solutions fondées sur la nature dans le cadre de ce processus. 7. L’UICN se félicite des progrès réalisés à ce jour dans l’opérationnalisation de la Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones (LCIP) de la CCNUCC et souligne la nécessité de convenir d’un nouveau plan de travail triennal lors de la COP26. 8. L’UICN réaffirme son engagement à l’égard du Programme de travail de Lima relatif au genre (LWPG) et de son Plan d’action pour l’égalité entre les sexes (GAP), en notant leur rôle essentiel de facilitateur dans la politique de changement climatique tenant compte du genre, y compris pour l’apprentissage continu et le renforcement des approches du changement climatique tenant compte du genre et du respect des droits. Plus d’informations – Le document de position de l’UICN pour la COP26 détaillé– La COP26 de la CCNUCC– Les Solutions fondées sur la Nature
COP15 Biodiversité : Des engagements a confirmer pour une stratégie mondiale ambitieuse

Le Comité français de l’UICN a participé en tant qu’observateur à la Convention sur la Diversité Biologique à la première session de la COP15 Biodiversité qui vient de se terminer. Après le Congrès mondial de l’UICN à Marseille, les États confirment aujourd’hui leur volonté d’adopter un nouveau cadre mondial de la biodiversité pour mettre fin au déclin de la nature et renverser la tendance d’ici 2030. Dans la déclaration de Kunming, la première session de la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique a donné le ton des ambitions politiques qui devront être confirmées dans les négociations finales qui se tiendront du 25 avril au 8 mai 2022. “Cette première session de la COP 15 Biodiversité confirme la mobilisation internationale relancée grâce au Congrès mondial de l’UICN à Marseille” Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN salue la dynamique impulsée et appelle à soutenir les 5 propositions suivantes d’ici l’adoption de cette nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité. 1/ INSCRIRE L’OBJECTIF 30X30 SUR LES AIRES PROTEGEES ET CONSERVEES Le Comité français de l’UICN appelle à ce qu’au moins 30% des zones terrestres et 30 % des zones marines soient protégées d’ici 2030. Il demande à ce que cet objectif soit inscrit dans la version finale de la stratégie. Il demande également à ce que l’efficacité de la gestion des aires protégées soit explicitement inclue dans la stratégie pour qu’elles puissent obtenir des résultats positifs pour la protection des milieux naturels. A ce titre, la Liste verte des aires protégées de l’UICN est un outil permettant d’aider les États à améliorer et évaluer l’efficacité de la gestion des aires protégées. 2/ RESTAURER 30% DE LA SUPERFICIE DES ECOSYSTEMES DEGRADES EN REPONSE AUX DEFIS DE LA BIODIVERSITE ET DU CLIMAT Le Comité français de l’UICN appelle à intensifier les efforts pour inverser la dégradation des écosystèmes en fixant un objectif de 30% de restauration des écosystèmes dégradés contre les 20% actuellement inscrits dans le projet de stratégie. Cet objectif serait une réponse directe à la décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. En Europe, le Comité français de l’UICN soutient également la proposition de la Commission européenne d’adopter des objectifs juridiquement contraignants de restauration de la nature dans l’Union Européenne d’ici la fin de l’année. Cet objectif est particulièrement important en France pour les zones humides, des milieux essentiels pour la biodiversité et pour le climat (stockage du carbone et atténuation des inondations et sécheresses), mais qui ont perdu 50% de leur superficie. 3/ PROTEGER LA BIODIVERSITE POUR LUTTER CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE Les crises du climat et de la biodiversité étant étroitement liées, le Comité français de l’UICN demande une plus grande prise en compte de la biodiversité dans l’action climatique. Il appelle les États à rehausser leurs engagements (NDC) au titre de l’Accord de Paris sur le climat lors de la COP 26 à Glasgow en novembre. D’une part, il faut réduire rapidement les émissions de CO2 pour limiter les impacts des changements climatiques sur la biodiversité et d’autre part considérer la nature comme une alliée en développant les Solutions fondées sur la nature. Ces projets de Solutions fondées sur la Nature doivent être conforme aux critères du standard mondial de l’UICN. Le Comité français de l’UICN demande également des avancées dans la lutte contre la déforestation qui présente un double bénéfice pour le climat et la biodiversité, en particulier en agissant sur la déforestation importée en France et en Europe. 4/ S’ENGAGER PLUS FORTEMENT POUR LA PROTECTION DE L’OCEAN A l’occasion du One Ocean Summit qui sera organisé par la France et les Nations Unies début 2022, le Comité français de l’UICN demande de nouveaux engagements pour la protection de l’océan. En réponse à la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques et des 30 recommandations concernant l’océan adoptées au Congrès mondial de l’UICN, le Comité français appelle les États à s’engager plus fortement pour la préservation de la biodiversité marine et notamment par l’adoption du traité international sur la haute mer (accord BBNJ). Celui-ci doit permettre la création d’aires marines protégées dans les eaux internationales et de mettre en place les réglementations environnementales nécessaires pour protéger ce bien commun de l’humanité. 5/ ASSURER UNE MISE EN ŒUVRE EFFICACE DE LA STRATEGIE Le Comité français de l’UICN souligne 3 conditions essentielles pour le succès de la stratégie mondiale : – L’évaluation régulière des progrès réalisés par les États : le Comité français de l’UICN plaide pour la mise en place d’un cadre de suivi solide et complet. Il propose que des états des lieux sur les actions mises en œuvre par les Etats soient réalisés à chaque COP Biodiversité, tous les 2 ans, pour vérifier que l’atteinte des objectifs est en bonne voie. – La mobilisation des ressources financières pour la biodiversité doit se poursuivre après les annonces faites à Kunming : aujourd’hui seulement 80 milliards de dollars de dépenses publiques et privées sont mobilisées par an pour la biodiversité face au 700 milliards nécessaires. Le Comité français soutient la réforme des subventions publiques dommageables à la biodiversité et leur réorientation pour la protection de la nature. – La mobilisation de tous les acteurs et en particulier les ONG, les collectivités locales, les peuples autochtones et communautés locales, les entreprises, le secteur de la finance, les jeunes, et les femmes. Pour répondre à la Vision proposée par la Convention sur la Diversité Biologique d’ici 2050 de « vivre en harmonie avec la nature », le Comité français de l’UICN appelle enfin à un renouvellement de nos relations à la nature. Il est pour cela nécessaire de redéfinir nos valeurs communes et de s’engager sur des modifications plus profondes pour habiter autrement la Terre et s’engager vers un mieux-vivre ensemble avec toutes les autres espèces. Plus d’informations – Télécharger le communiqué de presse– La COP15 de la Diversité Biologique de l’ONU– Les replays des sessions du premier segment de la COP15– Les conclusions du Congrès mondial de la nature de l’UICN (septembre 2021)
Entre art et science : parution de l’ouvrage « Faune fragile »

Alliant l’information scientifique et l’émotion, ce recueil est un outil d’engagement, une incitation au respect de la nature et une invitation à poser un œil nouveau sur les autres vivants qui nous entourent. Alors que nous prenons conscience que notre avenir est intimement lié à celui de la biodiversité, la vie sur Terre est désormais entrée dans la sixième crise d’extinction. L’ouvrage « Faune fragile » est une mise en lumière des espèces menacées en France, des défis qui les guettent et des acteurs qui se battent au quotidien pour les sauvegarder. Le regard sensible et contemplatif de l’artiste peintre Sandrot accompagne le propos scientifique du Comité français de l’UICN. Cet ouvrage est une invitation à la découverte de la beauté et de la fragilité de ces espèces qui nous entourent, avec lesquelles nous cohabitons en tant qu’autre espèce de la biosphère. Et une invitation à redoubler les efforts et la mobilisation de tous pour assurer leur préservation. Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN Au fil des textes, des croquis et des oeuvres originales de peintures, « Faune fragile » nous emmène à la rencontre de ces espèces, avec des témoignages d’experts impliqués dans leur préservation, pour sensibiliser sur les menaces, expliquer les enjeux et mettre en avant les actions déployées. Retrouvez « Faune fragile » dans toutes les librairies. Plus d’informations – Communiqué de presse– Dossier de presse– Le programme « Espèces » du Comité français de l’UICN Photo bandeau © Sandrot
Congrès UICN : Le Pôle-relais zones humides tropicales aux Espaces Générations Nature

Près de 200 événements et stands mettant les outre-mer à l’honneur, aussi bien dans l’espace Exposition du Congrès qu’aux Espaces Générations Nature (EGN) ont été proposés aux participants et grand public. Des moments forts qui ont su mettre en avant l’importance de cette biodiversité fragile et menacée. Les Espaces Génération Nature & le village des zones humides Les Espaces Générations Nature étaient accessibles au grand public gratuitement et sans inscription du 04 au 11 Septembre 2021. Ils proposaient aux visiteurs de vivre des expériences innovantes, créatives et ludiques : un véritable village de la biodiversité convivial et festif ! Interventions d’experts, terrarium géant, expositions artistiques, immersion découverte de la biodiversité aquatique, ateliers pratiques, projections-débats, jeux, œuvres collaboratives, escape game, volière à papillons grandeur nature ou encore des expériences de réalité virtuelle ont su ravir petits et grands. Ramsar France, en collaboration avec les Pôles-relais zones humides, a donc souhaité mettre à l’honneur les milieux humides de Métropole et d’outre-mer en proposant un « Village des zones humides » ouvert au public pendant toute la durée des Espaces Génération Nature. Situé sur l’Esplanade – espace extérieur des EGN – le village des zones humides comprenait un espace de visites virtuelles, une zone dédiée au expositions, un cabinet des curiosités et un espace d’animations où chaque jour se relayaient les équipes des pôles-relais afin de sensibiliser le grand public à la valeur de ces milieux encore trop souvent méconnus. Zoom sur les zones humides tropicales ! Le samedi 4 septembre, le village fut entièrement consacré à l’outre-mer avec tout un programme d’animations pour découvrir les zones humides des Antilles, de Guyane, de l’Océan indien et du Pacifique, le tout animé par l’équipe du Pôle-relais zones humides tropicales. Une belle journée qui a su attirer nombre de participants de tous âges venus découvrir (ou redécouvrir) ce patrimoine naturel fragile. Mais sur toute la période des EGN, le public a pu profiter de la beauté de ces milieux humides ultramarins au travers des animations suivantes : Exposition photographique « choc » sur la pollution aquatique visible et non visible : réalisée par des collégiens de Petit Bourg en Guadeloupe, cette exposition avait pour objectif de retenir l’attention du grand public par une mise en scène photographique pensée et réalisée par la jeune génération. Des photos qui ont su interpeller les visiteurs à la fois par leur côté « choquant » mais également par la « banalité de la situation » qui désormais ne choque presque plus. Une belle réussite pour ces élèves qui ont fait voyager leur projet au-delà de leur île ! Exposition sur la mangrove en LSF (Langue des Signes Française) : une autre belle réalisation de la part de jeunes guadeloupéens, de Baie Malhaut cette fois-ci, qui ont su tirer bénéfice de leurs cours de LSF pour créer cette exposition très esthétique mais également ludique. Les visiteurs étaient invités à retrouver le nom des espèces mises en lumière, aussi bien en français, qu’en anglais, espagnol ou créole guadeloupéen. Les élèves ont d’ailleurs proposer 2 nouveaux mots au registre LSF : palétuviers et mangle médaille ! Exposition sur la mangrove de Guyane de Koté forêt avec à sa tête Lucile DUDOIGNON : constituée de 9 roll-ups hauts en couleurs, cette expositions invite les jeunes et moins jeunes à partir à la découverte des mangroves guyanaises. La Mallette Pédag’Eau et sa maquette xxl: réalisée par le PRZHT pour le compte de l’Office de l’eau Guadeloupe, cette mallette sensibilise les enfants de 3 à 12 à la problématique de l’eau en général et des milieux humides en particulier. Les touts petits ont été captivés par les histoires du butaï, et les plus grands par la maquette du grand cycle de l’eau représentant les reliefs du territoire guadeloupéen. Les visites virtuelles : une partie du village était consacré à faire voyager les gens aux 4 coins de l’outre-mer pour partir à la rencontre des milieux humides. Au « menu » : mangrove de Guadeloupe & de Mayotte, étang du Gol à la Réunion, Baie de Génipa en Martinique, phénomène de mangrove rose en Martinique et mares de Guadeloupe & Martinique. Une page a été spécialement conçue pour regrouper ses différentes visites. Venez vous « immerger » dans les zones humides tropicales ici ! Plus d’informations – Plus d’informations sur le site du Pôle-Relais Zones Humides Tropicales– Les visites virtuelles– Le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales et le Comité français de l’UICN Photo bandeau © Autrevue – Laurent Juhel
Congrès de l’UICN : Succès pour l’adhésion des collectivités à l’UICN

Le 10 septembre, l’Assemblée des membres de l’UICN réunie au Congrès mondial de la nature à Marseille, a adopté la motion (A) visant à inclure les autorités locales dans la gouvernance de l’UICN comme membres à part entière. L’UICN, dont le rôle est d’être l’union de tous les acteurs impliqués dans la conservation de la nature dans le monde, inclut désormais de façon claire les collectivités territoriales, volontaires et actives sur la biodiversité, dans sa gouvernance. Cela est le fruit d’un travail que le Comité français de l’UICN porte depuis plus de 15 ans, et qui a progressé grâce à la mobilisation collective de ses membres et des participants de son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » pour aboutir à ce résultat qui fera date dans l’histoire de l’UICN. Le rôle des collectivités territoriales est majeur dans le monde sur les questions environnementales, c’est une remarquable avancée qui permettra de renforcer la gouvernance de la nature, et la démocratie au sein de l’UICN. Toutes les collectivités françaises intéressées par une adhésion à l’UICN sont invitées à une réunion d’information qui aura lieu le mardi 19 octobre de 10h à 12h au Conseil régional d’Île-de-France, et sera également accessible par visioconférence (format hybride). Plus d’informations – Le site internet du Comité français de l’UICN dédié aux collectivités Photos © Comité français de l’UICN
Congrès UICN : Act4nature, l’heure du bilan

Le Comité français de l’UICN s’est associé en 2017 avec d’autres organisations à l’Association Française des Entreprises pour l’Environnement (EpE) pour concevoir et lancer l’initiative Act4Nature afin de mobiliser davantage les entreprises pour la biodiversité. A l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule à Marseille du 3 au 11 septembre 2021, EpE publie le bilan de la mise en œuvre d’act4nature entre 2018 et 2020. Act4nature a permis de créer une dynamique collective nationale grâce à l’implication de dirigeants d’entreprises de tous les secteurs, entraînant leurs collaborateurs et leurs parties prenantes. A travers un engagement volontaire collectif et des engagements individuels, 65 entreprises ont intégré la biodiversité dans leurs stratégies, leurs activités et leurs chaînes de valeur afin de contribuer aux objectifs fixés par la communauté internationale sur la biodiversité.Tandis que pour certaines, il s’agissait de leur premier engagement public concernant la biodiversité, cela a permis pour les autres de renforcer leurs stratégies biodiversité. 6 entreprises partenaires du Comité français de l’UICN – CIMENTS CALCIA GSM, EDF, ENGIE, PRIMAGAZ, STORENGY, VEOLIA – ont rejoint l’initiative et déposé un dossier individuel dès 2018. Deux d’entre elles – EQIOM et L’OCCITANE – ont signé les engagements communs avant de déposer directement leur dossier individuel dans le nouveau dispositif Entreprises engagées pour la nature – act4nature France. Le bilan de l’initiative, est encourageant. Parmi les 65 entreprises, 56 ont transmis leur état d’avancement dont les engagements se déclinent à travers des actions concrètes. Il en résulte que plus de la moitié (57%) des actions prévues a été menée à terme et près de 40% des actions sont toujours en cours, soit parce qu’elles ont été retardées, soit parce qu’elles ont été prorogées. En outre, 57% des engagements ont fait l’objet d’une vérification externe, que ce soit paær un organisme tiers indépendant, ou bien par des labels, certifications ou autres moyens de contrôle. « Reporter de manière précise et détaillée, auprès des parties prenantes, les actions prévues par les entreprises dans leurs engagements individuels act4nature est un exercice indispensable. Le reporting des entreprises sera d’autant plus efficace si l’entreprise a mis en place dès le départ des actions accompagnées d’objectifs et d’indicateurs SMART (significatif, mesurable, additionnel, réaliste et temporellement encadré) » rappelle Florence Clap, chargée de programme politique de la biodiversité. En 2020, EpE a lancé son nouveau dispositif Act4nature international à destination des entreprises françaises dont le périmètre d’action s’étend à l’international, et l’Office français de la biodiversité pilote le dispositif Entreprises Engagées pour la nature – act4nature France pour les entreprises françaises. Ces nouveaux dispositifs, aux exigences renforcées, requièrent des engagements SMART et des bilans réguliers. Le Comité français de l’UICN, membre des Comités de pilotage de ces deux dispositifs, invite l’ensemble des entreprises à se mobiliser et à rejoindre ces deux initiatives, en reportant sur les actions réalisées de façon précise et transparente et ce de manière régulière. Plus d’informations – Retrouvez le bilan sur le site d’act4nature– Le communiqué de presse du Comité français de l’UICN– Le bilan act4nature a été présenté au Congrès mondial de la nature de l’UICN sur le Pavillon du Comité français de l’UICN le jeudi 9 septembre à 14h à l’occasion de l’événement Quel bilan des engagements des entreprises dans Act4nature ?– Retrouvez les engagements de nos entreprises partenaires sur les sites d’Entreprises engagées pour la nature – act4nature France et d’act4nature International– Le groupe de travail « Entreprises & biodiversité » du Comité français de l’UICN