Les pays doivent davantage recourir à la nature dans leurs décisions politiques sur le climat

Selon un rapport publié par l’UICN et l’Université d’Oxford, les pays ne tiennent pas pleinement compte du potentiel considérable qu’offrent les écosystèmes tels que les mangroves et les tourbières pour s’attaquer au changement climatique dans le cadre de leurs engagements au titre de l’Accord de Paris. Bien que les deux tiers des signataires de l’Accord de Paris incluent des solutions fondées sur la nature – des actions visant à protéger, restaurer et gérer de manière durable les écosystèmes mondiaux – dans leurs objectifs climatiques nationaux, appelés « contributions déterminées au niveau national » (CDN) en vertu de l’Accord de Paris, ces mesures ne sont pas suffisamment importantes ou rigoureuses, constate le rapport. « Les milieux naturels comme les forêts, les mangroves et les tourbières pourraient nous aider à renforcer considérablement l’ambition climatique mondiale d’ici 2020, tout en protégeant les communautés vulnérables des pires effets du changement climatique et en préservant la forte diversité de la vie sur cette planète », a déclaré la Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « Cette analyse montre clairement que tous les pays peuvent renforcer leurs objectifs climatiques en incorporant de façon notable les solutions fondées sur la nature. Lors du prochain Sommet de l’ONU sur l’action climatique, les pays ne peuvent se permettre d’ignorer le potentiel de la nature pour aider le monde à atténuer les changements climatiques et à s’y adapter. » Pour que les engagements se traduisent par des changements réels sur le terrain, les pays doivent inclure des objectifs plus concrets et quantifiables sur les solutions fondées sur la nature dans leurs futurs CDN.  Par exemple, à l’heure actuelle, seulement environ 17% des CDN incluant des solutions fondées sur la nature pour l’adaptation au climat, fixent des objectifs quantifiables. De même, plus de 70 % des CDN font référence à la restauration ou à la conservation des forêts, mais seulement 20 % d’entre eux incluent des objectifs quantifiables et seulement 8 % incluent des objectifs exprimés en tonnes d’équivalent CO2.  « Trop souvent, les gens ne pensent qu’aux forêts lorsqu’ils réfléchissent à la façon dont la nature peut aider à faire face au changement climatique. Ce rapport montre que les pays n’intègrent pas encore l’ensemble des solutions fondées sur la nature – mangroves, tourbières, zones arides en plus des forêts – qui pourraient fournir environ un tiers des mesures d’atténuation climatique nécessaires d’ici 2030 pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris », a déclaré le Dr Sandeep Sengupta, Coordinateur mondial sur le changement climatique au siège de l’UICN et co-auteur du rapport. « Il est urgent d’obtenir un financement accru pour les solutions fondées sur la nature. Alors que la crise climatique s’aggrave, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’ignorer l’apport essentiel de la nature. » La plupart des engagements visant à atténuer les changements climatiques par le biais de la nature se concentrent sur les forêts, et le potentiel d’autres écosystèmes tels que les mangroves, les tourbières ou les zones arides est largement sous estimé, a constaté le rapport. Par exemple, seulement 19 % des pays ayant des écosystèmes côtiers reconnaissent le potentiel de ces habitats pour atténuer les changements climatiques dans leurs CDN. « La restauration, la gestion durable et équitable et la conservation des écosystèmes représentent une opportunité majeure pour permettre d’accroître l’ambition climatique de tous les pays », a déclaré Nathalie Seddon, Professeure spécialiste de la biodiversité à l’Université d’Oxford et principal auteur du rapport. « Non seulement la gestion des écosystèmes nous aide à agir sur les causes du changement climatique, mais elle nous aide également à en gérer les conséquences. Cependant, nous avons besoin d’engagements concrets et quantifiables qui mobilisent pleinement les solutions fondées sur la nature, tout en réduisant les émissions dans d’autres secteurs, si nous voulons faire face à l’ampleur du défi climatique auquel nous sommes confrontés. » Le rapport « Les Solutions fondées sur la nature dans les contributions déterminées au niveau national : Synthèse et recommandations pour renforcer l’ambition et l’action climatiques d’ici 2020″ a été publié une semaine avant le Sommet de l’ONU sur l’action climatique à New York. Il fait la synthèse de plusieurs évaluations comparatives majeures sur l’importance de la nature dans les CDN et propose des recommandations pour renforcer l’ambition et l’action d’ici 2020 en  intégrant de manière significative les solutions fondées sur la nature. Les solutions fondées sur la nature ont un rôle important à jouer pour lutter contre les causes et les conséquences du changement climatique. À l’échelle mondiale, les écosystèmes contribuent à ralentir le réchauffement climatique en capturant et en stockant d’importantes quantités de carbone. Des estimations récentes suggèrent que les solutions climatiques naturelles peuvent fournir environ un tiers de l’atténuation climatique nécessaire d’ici 2030 pour stabiliser le réchauffement à moins de 2°C. Elles fournissent également une défense puissante contre les impacts et les dangers à long terme du changement climatique.   Plus d’informations – Le rapport (en anglais) – Les Solutions fondées sur la Nature – Contacts : Matthias Fiechter, IUCN Media Relations, Tel: +41229990392, Email: matthias.fiechter@iucn.org Goska Bonnaveira, IUCN Media Relations, Tel: +41792760185, Email: goska.bonnaveira@iucn.org

Parution du kit pédagogique « Connaître, comprendre, agir pour la biodiversité ! »

Dans le contexte actuel d’une érosion accélérée de la biodiversité, les enjeux de sa préservation doivent être mieux connus pour mobiliser plus largement la société, en particulier auprès des enfants. L’Adphile, association qui a pour objet de promouvoir le loisir philatélique auprès du plus large public possible, a souhaité apporter sa contribution sur ce sujet majeur, sous la forme d’un kit scolaire, élaboré en partenariat avec le Comité français de l’UICN, le Conservatoire du littoral et d’autres organisations. Pour la rentrée 2019, 2 000 kits « Connaître, comprendre et agir pour la biodiversité ! » ont été édités et diffusés auprès des écoles qui en ont fait la demande. Destiné  aux classes de CP à la 6ème, son objectif est double : Reconnecter les enfants à la nature et les sensibiliser à la protection de la biodiversité Les thèmes suivants y sont traités : – Qu’est-ce que la biodiversité ? – Quels liens les hommes entretiennent-ils avec la nature ? – Comment fonctionnent les écosystèmes ? – Quelles sont les causes de l’érosion de la biodiversité ? Chaque activité pédagogique de ce kit permet d’engager des échanges et des débats. L’objectif est de conduire les élèves à s’interroger sur la complexité des relations entre l’être humain et la nature, d’appréhender les interrelations entre les questions environnementales, économiques et culturelles, et d’identifier les actions citoyennes à mettre en oeuvre.   Un plaidoyer sur la biodiversité construit avec les élèves Ce kit propose également d’inviter les classes à l’écriture d’un plaidoyer sur la biodiversité, où elles pourront exposer dans un texte, illustré par le timbre, les actions identifiées comme prioritaires par les élèves. Les textes seront remis de manière collective aux instances représentatives (Etat et associations partenaires) et présentés lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN en juin 2020 à Marseille.   Plus d’informations – Télécharger le kit – Site internet de l’Adphile – Adphile email : philcom.adphile@laposte.net / tél. : 01 41 87 42 21 – Le programme Education et communication du Comité français de l’UICN photo bandeau © Wojtek Meczynsk – Coral Reef Image Bank

Retour sur la COP18 sur le commerce des espèces sauvages (CITES)

La 18e session de la Conférence des parties (CoP18) à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) s’est tenue du 17 au 28 août 2019 à Genève. La CITES est un accord international qui a pour objectif de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.  La France a été à l’origine ou a fortement encouragé plusieurs des mesures adoptées lors de cette conférence. Le commerce de plusieurs espèces sera encadré de façon plus stricte (en Annexe 2), notamment les girafes, holothuries (concombres de mer), requins-taupes, mygales et tortues étoilées et le prélèvement en milieu naturel des éléphanteaux sera désormais interdit, grâce à la position des 28 Etats membres de l’Union européenne. Les grands félins asiatiques et les geckos tokay ont également bénéficié d’un renforcement de leur protection. « La COP CITES a revêtu cette année une dimension toute particulière alors que les enjeux de biodiversité montent en puissance. Il est donc d’autant plus réjouissant de constater les résultats globalement positifs cette année. Citons notamment les quelques sujets sur lesquels l’Etat français s’est investi : l’inscription à l’annexe II de la girafe et de trois sous-espèces d’holothuries, et l’interdiction de la capture d’éléphants (notamment d’éléphanteaux) dans la nature pour les envoyer dans des zoos ou parcs » a déclaré Yann Wehrling, Ambassadeur à l’environnement.   Interdiction du commerce d’éléphanteaux Alors qu’il ne reste qu’environ 415.000 éléphants d’Afrique, la COP18 a voté plusieurs dispositions favorables à l’espèce après des négociations intenses. C’est en premier lieu le cas de l’interdiction du commerce des éléphanteaux vivants, capturés dans la nature pour les besoins des zoos et des cirques hors de leur habitat naturel. La conférence a également repoussé les propositions de plusieurs pays d’Afrique australe visant à autoriser un commerce limité d’ivoire. L’interdiction existante du commerce est maintenue. Régulation du commerce des girafes La COP18 a accepté une proposition présentée par plusieurs Etats africains de contrôler le commerce des girafes vivantes et des produits qui en sont issus. L’animal est ajouté à l’Annexe II de la convention, sans aller jusqu’à l’interdiction qui s’applique aux espèces inscrites à l’Annexe I. Une protection endurcie pour les requins Dix-huit espèces de requins et de raies, menacées par l’ampleur du commerce international de leurs ailerons et de leur chair, ont reçu la protection de l’Annexe II lors de la COP18 de la CITES. L’inscription concerne le requin-taupe bleu et le petit requin-taupe (ou requins makos), en voie de disparition, ainsi que six espèces de guitares de mer et dix espèces de raies. La décision est importante car elle va permettre de réguler le commerce de ces espèces. Désormais, leur exportation sera proscrite depuis chacun des 183 Etats Parties, à moins d’avoir été formellement autorisée, permis et certificats à l’appui, par le pays en question. Inscription à l’Annexe I pour deux espèces de loutres Les loutres cendrées et les loutres d’Asie, menacées d’extinction par le commerce illicite d’animaux de compagnie et la demande pour leurs peaux, se sont également vues accorder une plus forte protection (en Annexe I). Les populations sauvages de ces deux espèces répondaient aux critères d’inscription à l’Annexe I car elles ont connu un fort déclin à cause de la réduction de leur aire de répartition, de la perte de leur habitat ou de sa qualité, et de la forte exploitation dont elles sont victimes. Ces deux espèces sont classées sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN comme « vulnérables ». Entre 1980 et 2018, il y a eu plus de 250 saisies représentant au total 6 010 loutres, dont des loutres cendrées et d’Asie, selon les données de la CITES sur ces activités commerciales.   Les actions du Comité français de l’UICN pour la CITES Le Comité français de l’UICN est consulté par les autorités françaises avant chaque Conférence des Parties à la CITES. Il fournit des avis reposant sur les analyses de l’UICN et de TRAFFIC et sur la contribution des experts de la Commission de sauvegarde des espèces.   Plus d’informations – Site dédié à la COP18 de la CITES – Les informations et documents de la CITES – Retrouver toutes les analyses de l’IUCN et de TRAFFIC – Le Programme Espèces de l’UICN France – Le Programme Coopération internationale de l’UICN France

Appel à contribution : 4ème Colloque national des aires marines protégées

Le prochain colloque national des aires marines protégées se tiendra du 22 au 24 octobre 2019 à Biarritz et réunira environ 500 participants (gestionnaires, services de l’Etat, acteurs socioprofessionnels, associations ou représentants d’usagers de loisirs, scientifiques, etc.). Le colloque national des aires marines protégées est organisé conjointement par l’Agence Française pour la Biodiversité et le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, en appui au Ministère de la Transition écologique et solidaire.   Appel à contribution Tout comme pour les éditions précédentes, le programme du colloque sera construit de façon collaborative et s’appuiera sur des axes de travail destinés à orienter un appel à contribution. Cet appel à contribution vient d’être lancé. Vous êtes invités à proposer vos contributions pour le 4ème colloque des aires marines protégées qui contribuera à la future stratégie sur les AMP. > PROPOSEZ VOS CONTRIBUTIONS (jusqu’au 10 septembre) Le pré-programme du colloque sera disponible début septembre.   Contexte Conformément aux engagements pris à la suite du Comité interministériel de la mer et en application du plan biodiversité, le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) a engagé la révision de la stratégie nationale sur les aires marines protégées (SCGAMP) 2012-2020. Une nouvelle stratégie sera adoptée pour la période 2020-2030 et concernera les eaux françaises, métropolitaines et ultra-marines. Elle doit être présentée lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN en 2020 à Marseille. La nouvelle stratégie 2020-2030 participera également à définir la réponse de la France quant à ses engagements au titre de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) dont la COP15 aura lieu en Chine en décembre 2020. Elle sera construite par l’État, les collectivités et les acteurs environnementaux et économiques du monde maritime, en particulier mobilisés lors du 4ème colloque national des AMP.   La nouvelle stratégie s’organisera autour de 5 enjeux stratégiques pour le réseau d’AMP : 1. un réseau complet et cohérent 2. un réseau de qualité grâce à une gestion efficace et efficiente 3. un réseau contribuant à des usages durables 4. un réseau intégré dans les politiques et les territoires 5. un réseau mobilisateur et engageant   Plus d’informations – Le site internet du 4ème Colloque – Contact : jean-francois.sys@uicn.fr, chargé de mission Colloque national des aires marines protégées – Retour sur les Actes du 3ème Colloque – Le Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau © Dani Fuentes Ortiz on Unsplash

Une bande-dessinée sur la protection du Rhinocéros noir à découvrir

La bande-dessinée « Les adieux du Rhinocéros » vient de paraître aux éditions Glénat. Sa réalisation a fait l’objet d’une collaboration entre l’Association des parcs zoologiques français (Afdpz) et le Comité français de l’UICN. Une fable contemporaine sur la préservation des espèces menacées “Alors que le rhinocéros noir est au bord de l’extinction, des défenseurs de la nature mènent une opération de la dernière chance pour sauver l’espèce… mais n’est-il pas déjà trop tard ?”. Ce synopsis posé, suivez Gregory, Alexia, Julien, trois soigneurs animaliers en parc zoologique, dans leur opération de réintroduction de rhinocéros. Accompagnés par des membres de l’ONG « Protect RHINO », ils devront faire face à la brutale réalité du braconnage et du trafic de cornes de rhinocéros qui l’accompagne. Préfacée par Jane Goodall, éthologue, anthropologue et fondatrice de l’Institut Jane Goodall pour la protection de la diversité, « Les Adieux du Rhinocéros » adresse les problématiques de la conservation des espèces menacées. Comment œuvrer à la protection de la biodiversité efficacement en prenant en compte les situations parfois complexes du terrain ? La bande-dessinée a été réalisée par Pierre-Roland Saint-Dizier et Andrea Mutti qui nous alertent sur le risque d’extinction de cet animal majestueux causée par le trafic et, par extension, nous sensibilisent sur la préservation des espèces menacées. Le statut du rhinocéros noir dans le monde Selon la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN, au cours de la majeure partie du XXe siècle, le rhinocéros noir était l’espèce de rhinocéros la plus nombreuse, qui pouvait compter environ 850 000 individus. Entre 1960 et 1995, le braconnage à grande échelle a provoqué un effondrement dramatique de 98 % de sa population totale. Entre 1992 et 1995, les chiffres totaux sont restés relativement stables, les augmentations dans certains pays (ceux qui ont les populations les mieux protégées et les mieux gérées) ayant été annulées par des baisses dans d’autres. Aujourd’hui, des augmentations ont été enregistrées dans les pays où les investissements dans les programmes de conservation, y compris la surveillance et l’application des lois, ont été améliorés, et sa population actuelle est estimée à environ 5000 animaux. Néanmoins, le rhinocéros noir reste classé en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN.   Plus d’informations – Les Adieux du Rhinocéros – Editions Glénat – La Liste rouge mondiale des espèces menacées – La Liste rouge des espèces menacées en France – Site internet de l’Association des Parcs zoologiques français Photo bandeau ©  Lena Baraud – Comité français de l’UICN

Les mangroves célébrées en outre-mer ce 26 juillet 2019

Le 26 Juillet de chaque année a lieu la Journée Internationale des Mangroves : l’occasion pour les communautés côtières du monde entier de célébrer ces écosystèmes extraordinaires, qui fournissent des bénéfices importants aux populations en termes de sécurité alimentaire, de stockage de carbone et de réduction des risques naturels dus aux impacts du changement climatique (intensification des cyclones, montée du niveau des eaux, augmentation de la houle). Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT), co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, encourage les associations et acteurs des outre-mer à célébrer cette journée, proposée depuis 1998 par l’association Mangrove Action Project et soutenue depuis 2015 par l’UNESCO. Cette année, le PRZHT organise directement des événements en Guadeloupe et à Mayotte ! Au programme : En Guadeloupe : pour la quatrième édition de cette journée sur le territoire, défi nature sous forme parcours sportif et ludique sur le site de la plage de Babin en partenariat avec la commune de Morne-à-l’Eau. RDV à 7h30 sur le site de Babin, inscriptions au 0690 20 18 75 ou 0590 81 81 28 A Mayotte : session de conférences-débats autour de la conservation et de la gestion des mangroves en mairie de Chirongui (RDV 9h), et animations sur le terrain avec camion pédagogique, nettoyage de déchets dans les mangroves de Tsimkoura, Bandrélé et autour du parc écologique de Mpweka Dinga, en partenariat avec la DEAL de Mayotte et la Communauté de Communes du Sud. Une belle occasion de sensibiliser aux enjeux qui existent sur la protection des mangroves, encore fortement menacées dans les outre-mer par l’urbanisation, les remblais, les dépôts sauvages de déchets, et les occupations illégales. Vous célébrez la journée internationale des mangroves chez vous ? Faites nous le savoir ! Ecrivez à Gaëlle Vandersarren, coordinatrice du PRZHT afin que votre événement soit relayé aux niveaux national et international !       Plus d’informations – La page dédiée au Pôle relais zones humides tropicales (PRZHT) – Le site internet du PRZHT – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Guadeloupe – Grand cul de sac marin © Laurent Juhel

Conclusions des Assises de l’eau : les Solutions fondées sur la Nature à l’honneur

Lancée par le Président de la République, portée par le Ministère de la transition écologique et solidaire et le Ministère de l’agriculture et pilotée Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, la seconde séquence des assises de l’eau vient de rendre ses conclusions. Cette large concertation a permis de faire émerger 23 mesures de gestion de l’eau dans le contexte du dérèglement climatique. Le Ministre de la transition écologique et solidaire a insisté sur l’importance de « lutter contre les causes du dérèglement climatique, mais aussi lutter contre ses conséquences déjà visibles et travailler dès maintenant à l’adaptation de notre pays à ces nouvelles contraintes ». Il a également souligné que « ce changement de modèle demande de s’orienter sur des Solutions fondées sur la Nature, qui s’appuient sur les écosystèmes pour relever les défis globaux de la lutte contre les changements climatiques ». Les échanges et débats qui ont eu lieu à l’occasion de ces assises ont été menés au sein de 4 groupes de travail dont un dédié aux Solutions fondées sur la Nature, présidé par le Comité français de l’UICN, représenté par Pauline Teillac-Deschamps. Les conclusions de ce groupe de travail ont souligné la nécessaire concertation et gouvernance partagée pour la mise en œuvre de telles solutions, le besoin d’une ingénierie financière innovante et d’une approche foncière intégrée, l’appui sur des réglementations existantes ou à créer, ainsi que le besoin de communication et de renforcement des connaissances au service de l’action. Le pacte issu de cette seconde phase des assises distingue trois objectifs principaux : protéger les captages d’eau potable pour permettre garantir une eau de qualité à la source, économiser l’eau pour préserver cette ressource vitale et préserver nos rivières et nos milieux humides. Le troisième objectif met la préservation des écosystèmes à l’honneur autour de 4 actions suivantes : Action 9 : Restaurer 25 000 km de cours d’eau d’ici 2022 grâce à un plan national de revitalisation des rivières et au soutien financier des Agences de l’eau. Les cours d’eau les plus sensibles seront préservés de toute artificialisation. Action 10 : Doubler la superficie des aires protégées contenant des milieux humides d’ici 2030. Action 11 : Renforcer l’utilisation des solutions fondées sur la nature, c’est-à-dire les solutions qui s’appuient sur la préservation et la restauration d’écosystèmes en bon état pour répondre à un enjeu de société. Pour atteindre cet objectif, un pôle d’animation sera créé dès 2021 autour du futur Office français de la biodiversité et les organismes publics de recherche développeront des programmes de recherche et développement sur ces thématiques. Action 12 : Simplifier les procédures administratives pour les projets de restauration des cours d’eau afin de faciliter ces opérations favorables à la préservation de notre biodiversité. Le Comité français de l’UICN salue l’exercice de concertation d’écoute de ces Assises de l’eau et reste mobilisé pour le suivi de la mise en œuvre à la fois des actions prévues, et notamment la question des financements et de la stratégie foncière intégrée, indispensables au déploiement à large échelle des Solutions fondées sur la Nature.   Plus d’informations – Le Dossier de presse sur la seconde séquence des Assises de l’Eau avec les 23 mesures – Les Solutions fondées sur la Nature – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France Photo bandeau © Jeanne Menjoulet on Foter.com / CC BY-ND

Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées

Liste rouge des espèces menacées de l’UICN : la pêche non durable et la chasse pour la viande de brousse entraînent l’extinction d’espèces emblématiques. La surpêche a poussé deux familles de raies au bord de l’extinction, tandis que la chasse de viande de brousse et la perte d’habitats ont conduit au déclin de sept espèces de primates, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Cette mise à jour révèle également d’autres preuves de l’état critique des poissons d’eau douce dans le monde, comme le montre le grand nombre d’espèces menacées en raison de la disparition de rivières aux cours d’eau non perturbés, de la dégradation de leurs habitats, de la pollution et des espèces envahissantes au Japon et au Mexique. Avec cette mise à jour, la liste rouge des espèces menacées de l’UICN a franchi la barrière des 100 000 espèces évaluées. Sur les 105 732 espèces précisément étudiées, 28 338 sont classées menacées. « Avec plus de 100 000 espèces désormais évaluées dans la Liste rouge de l’UICN, cette mise à jour montre clairement à quel point les humains surexploitent la vie sauvage », a déclaré la Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « Nous devons nous rendre compte que la préservation de la diversité de la nature est dans notre intérêt et qu’elle est absolument fondamentale pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Les États, les entreprises et la société civile doivent agir d’urgence pour mettre un terme à la surexploitation de la nature et doivent respecter et appuyer les communautés locales et les peuples autochtones pour le renforcement de moyens de subsistance durables. »   Chiffres mondiaux pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN 2019-2 : ESPÈCES TOTALES ÉVALUÉES = 105 732 (Total des espèces menacées = 28 338) Eteintes = 873 Eteintes à l’état sauvage = 73 En danger critique = 6 127 En danger = 9 754 Vulnérables = 12 457 Quasi menacées = 6 435 Faible risque/dépendant de mesures de conservation = 205 (cette ancienne catégorie est progressivement éliminée de la Liste rouge de l’UICN) Préoccupation mineure = 54 039 Données insuffisantes = 15 769   Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées – Contacts : Goska Bonnaveira, IUCN Media Relations, +41 792760185, goska.bonnaveira@iucn.org Harriet Brooker, IUCN Media Relations, +44 7960241862, harriet.brooker@iucn.org – Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées en France Photo bandeau : Cercopithecus roloway © Hans Hillewaert / CC BY-SA 4.0 / Wikipédia

Patrimoine mondial de l’Unesco : inscription des Terres et mers australes françaises

Les Terres et mers australes françaises sont désormais inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Ces territoires incluent l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam et couvrent une superficie totale de 672 969 km2 dont environ 7 700 km2 de domaine terrestre. Ils abritent de très loin la plus vaste réserve naturelle française et comptent parmi les plus grandes aires marines protégées (AMP) au monde. La France compte désormais 45 sites classés à l’Unesco, dont six sites classés au titre du patrimoine naturel, après le golfe de Porto en Corse, les lagons de Nouvelle-Calédonie ainsi que les pitons, cirques et remparts de l’Ile de La Réunion, ou encore la chaîne des Puys, en Auvergne, et le site du mont Perdu, dans les Pyrénées (également classé site culturel). Plusieurs autres sites ont été labellisés lors de la réunion le 5 juillet 2019 du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, dont le parc national du Vatnajökull (Islande), le patrimoine naturel et culturel de la région d’Ohrid (Macédoine du Nord), le sanctuaire d’oiseaux migrateurs du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai (Chine), les forêts hyrcaniennes en Iran, les sites de métallurgie ancienne du fer au Burkina Faso ou la ville de Babylone (Irak).   Les Terres et mers australes Les Terres et mers australes françaises englobent les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien : l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam ainsi que 60 petits îlots situés dans la zone subantarctique. Cette « oasis » au cœur de l’océan Austral, qui couvre une superficie de plus de 67 millions d’hectares, abrite l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins au monde. On y trouve notamment la plus grande population de manchots royaux et d’albatros à bec jaune au monde. Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, ces îles sont des vitrines de l’évolution biologique extrêmement préservées et constituent un territoire unique pour la recherche scientifique. Leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Humanité constitue non seulement une reconnaissance de la richesse patrimoniale exceptionnelle de ces îles australes (Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) mais celle des actions de conservation conduites depuis plus de 10 ans par la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises sur ce territoire.   Le Groupe de travail Patrimoine mondial du Comité français de l’UICN Le patrimoine mondial constitue un domaine privilégié d’action et d’expertise de l’UICN, qui a été à l’origine de la convention en 1972. L’UICN est un organisme consultatif référent auprès du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO et joue de ce fait un rôle important dans le processus d’inscription et l’évaluation des biens naturels et mixtes sur la liste du patrimoine mondial. Il faut distinguer deux niveaux d’intervention, à l’échelle internationale et nationale. En France, le Comité français de l’UICN, à travers son groupe de travail patrimoine mondial, apporte son expertise sur les biens naturels français candidats ou classés au Patrimoine mondial. Il peut évaluer en amont le potentiel d’inscription d’un site et recommander son inscription sur la liste indicative de la France. Afin de mieux asseoir ses actions sur le Patrimoine mondial, le gouvernement français a crée en juillet 2004 le Comité national français du patrimoine mondial. Conformément au rôle dévolu à l’UICN d’organisation consultative auprès de l’UNESCO, le Comité français de l’UICN fait partie des membres de droit du comité national. Il contribue dans ce cadre à l’évaluation périodique des biens naturels français déjà inscrits et à l’examen des candidatures pouvant être portées par l’Etat français. En complément de cette mission, le Comité français de l’UICN peut intervenir en appui aux porteurs de projets, en mettant à disposition les outils méthodologiques et les lignes directrices réalisés par le Secrétariat international de l’UICN, et en analysant le potentiel d’inscription d’un site naturel ou mixte. Cependant, le Comité français de l’UICN ne pilote pas l’élaboration des dossiers de demande d’inscription. Le Comité français de l’UICN a fournit un accompagnement technique et scientifique à la la candidature des Terres et mers australes françaises pour leur inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dont la Réserve Naturelle a récemment rejoint la Liste verte des aires protégées de l’UICN qui récompense les sites efficacement gérés dans le monde.   Plus d’informations – L’annonce officielle du Comité du patrimoine mondial – Le livret « Les Terres et mers australes françaises, candidature 2019 à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco » – Le site internet des Terres Australes et Antarctiques françaises (TAAF) – La chaîne YouTube des TAAF – Le Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Kerguelen © Lucia Simion

Parution du livret « Rencontr’Eau cœur des zones humides »

Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) co-animé par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du littoral, est heureux de vous annoncer la sortie de son livret « Rencontr’Eau cœur des zones humides » ! Ce travail consistait à concevoir un projet à vocation à la fois pédagogique, culturelle et environnementale à destination des élèves scolarisés en cycle élémentaire et secondaire en Outre-mer (du CP/CM au collège – 6ème et 5ème). Le but fut d’associer pour chaque territoire une classe dans la création d’un livret ludique visant à expliquer ce qu’est une zone humide. Pour résumer simplement la démarche, Rencontr’Eau cœur des zones humides est un livret fait par la jeune génération pour la jeune génération dont l’objectif majeur est de faire émerger une prise de conscience collective de l’intérêt de la préservation de ces milieux humides au vu des nombreux services écosystémiques qu’ils fournissent. Et c’est au travers des générations futures, de leur implication et de leurs actions, que nous pourrons faire changer les mentalités et apporter une meilleure protection à notre environnement. L’équipe du PRZHT adresse donc un grand merci à tous ceux qui ont pris part à ce projet, en particulier à l’illustratrice Manusch BADARACCO ainsi qu’aux enseignants et leurs élèves pour l’immense travail fourni : ° MARTINIQUE : Mme LAURENT Christel, classe de CM2, École du morne vert ° NOUVELLE CALEDONIE : M. DUTRIAUX Philippe, classe de 5ème Dö mwâ , Collège Protestant de Canala ° MAYOTTE : Mme Gwénaële MAANDHUI, classe de 5ème, Collège de Bouéni M’titi ° LA REUNION : M. Frédéric SEVELINGE, classe de 6ème, collège des Mille Roches, Saint André ° GUADELOUPE : Mme Joséphine LADINE, association J’ose la Nature, professeur-documentaliste collège des Abymes Le PRZHT remercie également les financeurs de ce livret, sans lesquels ce livret n’aurait pu voir le jour : – La Fondation Nature & Découvertes – La Fondation Léa Nature – L’Agence Française pour la Biodiversité – Le Parc National de la Guadeloupe   Plus d’informations – Consulter le livret « Rencontr’Eau cœur des zones humides » – La page dédiée au Pôle-Relais zones humides tropicales – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN