Nous n’avons qu’une seule Terre

Le 5 juin 2022, ce sera la journée Mondiale de l’Environnement avec pour thématique « Une seule Terre ». Une thématique faisant écho à celle du 1er Sommet de la Terre de Stockholm qui s’ouvrait il y a 50 ans, le 5 juin 1972, et dont l’événement anniversaire s’est déroulé du 2 au 3 juin 2022 à Stockholm. A cette occasion, le Comité français de l’UICN vous propose de revenir sur quelques dates clés qui ont fait avancer la cause de la protection de l’environnement au niveau mondial. 1972 : Sommet de la terre de stockholm Les questions écologiques sont pour la première fois au premier rang des préoccupations mondiales. La même année, l’UICN a œuvré pour la signature de la convention du patrimoine mondial de l’UNESCO qui protège les sites naturels et culturels les plus remarquables de la planète. Le Comité français de l’UICN appuie depuis plusieurs années l’inscription de nouveaux sites naturels en France et la bonne gestion des sites déjà inscrits. 1971 : signature de la convention ramsar Un an auparavant, en 1971, l’UICN a soutenu la signature de la première grande convention internationale sur la biodiversité : la convention sur la protection des zones humides de Ramsar. Le Comité français de l’UICN est engagé pour leur préservation en pilotant le Pôle Relais des Zones humides Tropicales. 1973 : signature de la cites Un après, en 1973, l’UICN est à l’initiative de la signature de la Convention sur le Commerce international des espèces menacées (CITES). Un sujet toujours d’actualité : en 2022, à l’occasion de la 74ème du comité de la CITES à Lyon, le Comité français de l’UICN a publié 10 recommandations pour lutter contre le trafic d’espèces. 1980 : Publication de la stratégie mondiale de la conservation Publication de La stratégie mondiale de la conservation par l’UICN, en collaboration avec le WWF et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, dans laquelle y est fait mention pour la première fois le concept de « développement durable ». 1992 : Sommet de la terre de rio Le développement durable y est entériné et la Convention sur la diversité biologique adoptée, ainsi que la convention de lutte contre les changements climatiques et celle de lutte contre la désertification. En préparation de ce sommet, l’UICN publie la Stratégie mondiale de la biodiversité qui a permis de structurer et l’élaborer cette convention. C’est grâce à cette convention, que la France s’est engagée en 2004 en lançant sa première stratégie nationale de la biodiversité. Comme au niveau mondial, le Comité français de l’UICN a élaboré en 2003 une proposition de stratégie qui a été reprise par le Ministère de l’Environnement. Aujourd’hui, la convention prépare sa nouvelle stratégie mondiale avec des objectifs à 2030, un enjeu qui mobilise le Comité français de l’UICN pour avoir des actions ambitieuses et opérationnelles. 2002 : Sommet de la terre à johannesburg La communauté internationale réaffirme son engagement pour le développement durable et le Comité français de l’UICN, présent sur place, rappelle que la conservation de la biodiversité en est une condition essentielle. 2021 : congrès mondial de la nature de l’uicn à marseille Le Manifeste de Marseille affirme que les crises du climat et de la biodiversité sont intrinsèquement liées et doivent être traitées conjointement. Il faut réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre pour diminuer les impacts sur la nature et investir dans les solutions fondées sur la nature, un sujet que le Comité français de l’UICN a introduit et développé en France à l’occasion de la COP 21 à Paris en 2015. Et pour la suite ? Pour répondre à l’urgence climatique et celle de l’érosion de la biodiversité, il est nécessaire de mettre en place des changements transformateurs dans nos modes de production et de consommation et de déployer largement des actions efficaces et concrètes. Depuis la crise COVID, le Comité français de l’UICN demande à mettre en place l’approche « Une seule santé » pour prévenir les risques de pandémies. Le prochain grand-rendez international : la COP 15 Biodiversité qui doit se tenir en Chine pour stopper l’érosion de la biodiversité et remettre la nature sur la voie du rétablissement. Nous n’avons qu’une seule Terre, protégeons là !
Journee mondiale pour la biodiversite 2022 – batissons un avenir collectif pour toute vie sur terre !

A l’occasion de la journée mondiale pour la biodiversité du 22 mai 2022, le Comité français de l’UICN s’associe à la campagne de la Convention sur la Diversité Biologique qui cette année a pour thème « Bâtir un avenir collectif pour toute vie sur Terre ». Alors que la communauté internationale est appelée à adopter cette année la nouvelle stratégie mondiale pour la biodiversité lors de la COP15 Biodiversité, l’humanité réexamine sa relation avec la nature. Et le constat est unanime, l’action de l’homme sur terre diminue la biodiversité et son appauvrissement impacte le fonctionnement des écosystèmes et les services qu’ils nous rendent (santé, sécurité alimentaire, régulation du climat…). Poursuivant la dynamique impulsée par le Congrès mondial de l’UICN de Marseille en septembre, le Comité français de l’UICN encourage tous les acteurs à mettre en œuvre les solutions proposées dans le Manifeste de Marseille et les motions adoptées au Congrès pour bâtir ce nouvel avenir collectif et répondre à la double crise du climat et de la biodiversité. « La nature doit être au cœur de la reconstruction pour un monde résilient et durable » déclare Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN Pour y répondre, le Comité français de l’UICN appelle à stopper la dégradation actuelle de la diversité biologique et à la placer sur la voie du rétablissement d’ici à 2030, en inscrivant cet objectif dans la prochaine stratégie mondiale de la biodiversité. Ce rétablissement passe par un soutien plus fort à la restauration des écosystèmes, aux Solutions fondées sur la Nature, telles que définies et encadrées par l’UICN, et à l’approche globale Une seule santé / One health pour garantir une sécurité sanitaire mondiale et durable en s’attaquant aux causes de la perte de la biodiversité. Cet élan s’inscrit dans la Vision 2050 « Vivre en harmonie avec la Nature », pour laquelle il est nécessaire de redéfinir nos valeurs communes et de s’engager sur des modifications plus profondes pour habiter autrement la Terre et s’engager vers un « mieux-vivre ensemble » avec toutes les autres espèces, tel que le Comité français de l’UICN l’a proposé dans son Manifeste éthique.
7 collectivités locales adhèrent à l’UICN

Le Comité français de l’UICN se félicite de l’adhésion des premières collectivités suite à l’adoption,le 10 septembre 2021, par l’Assemblée des membres de l’UICN réunie au Congrès mondial de la nature à Marseille, de la motion (A) visant à inclure les autorités locales dans la gouvernance de l’UICN, comme membres à part entière. Désormais 7 collectivités territoriales rejoignent cette nouvelle catégorie de membres : Le Gouvernement Basque Le Gouvernement de la Catalogne Le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie Le Conseil Régional Sud-PACA Le Conseil Régional d’Île-de-France La Ville de Paris La Ville de Curridabat L’UICN, dont le rôle est d’être l’union de tous les acteurs impliqués dans la conservation de la nature dans le monde, inclut désormais de façon claire les collectivités territoriales, volontaires et actives sur la biodiversité, dans sa gouvernance. Avec 4 collectivités locales françaises admises sur 7, ces adhésions montrent la mobilisation mise en place avec les collectivités par le Comité français de l’UICN, à l’initiative de la motion adoptée au congrès mondial. Ces premières adhésions de collectivités démontrent qu’elles font partie des acteurs majeurs pour répondre de manière concrète aux enjeux internationaux sur la préservation de la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques dans les territoires. En effet, « le rôle des collectivités territoriales est majeur dans le monde sur les questions environnementales. C’est une remarquable avancée qui permettra de renforcer la gouvernance de la nature avec des actions locales aussi bien dans les villes qu’à l’échelle de grandes régions et territoires » déclare Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN. Les collectivités sont directement concernées par la mise en œuvre de nombreuses résolutions du Congrès mondial de l’UICN de Marseille comme la lutte contre l’artificialisation des sols, les solutions fondées sur la nature, la planification des espaces maritimes, la pollution plastique marine et lumineuse, ou encore les alternatives aux pesticides. Elles ne seront pas les seules, puisque l’adhésion de la Ville de Fontainebleau, lieu de la création de l’UICN, est en cours, tout comme celle du Département des Bouches-du-Rhône qui prépare son dossier de candidature. Cela est le fruit d’un travail que le Comité français de l’UICN porte depuis plus de 15 ans, et qui a progressé grâce à la mobilisation collective de ses membres et des participants de son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité » présidée par Stéphane Woynaroski, Conseiller régional délégué à la biodiversité et à l’eau du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Ces adhésions ouvrent la voie à un renforcement des actions des collectivités en faveur de la biodiversité à la veille de l’adoption de la prochaine stratégie mondiale de la biodiversité à la COP15 Biodiversité cette année. G
La Fête de la Nature démarre !

La 16e édition de la Fête de la Nature se tient du 18 au 22 mai 2022, partout en France métropolitaine et en Outre-mer. Créée en 2006 par le Comité Français de l’UICN et le magazine Terre Sauvage, elle est désormais installée et identifiée dans l’ensemble du territoire français, et même au-delà puisqu’elle s’est implantée dans 7 pays. Découvrez les animations près de chez vous : Cette 16ème édition met l’accent sur plusieurs thématiques qui permettront notamment de fêter avec les gestionnaires des Réserves naturelles les 40 ans de leur réseau ou, dans un cadre plus intimiste, de rencontrer des propriétaires de jardin qui ouvrent exceptionnellement les portes de leur écrin de verdure. Les villes seront aussi au rendez-vous ! Et certaines en profiteront pour présenter leur Atlas de la Biodiversité Communale. Une façon de mieux connaître et de préserver la nature tout près de chez soi. Diverses animations seront l’occasion de laisser parler la nature et apprendre à l’écouter, de se laisser émerveiller par la richesse du monde nocturne et de poser un regard sur la nature sauvage présente en ville. En autonomie, de nombreux jeux de piste numérique avec l’application Explorama ou contribuer à un inventaire des espèces en utilisant les programmes de sciences participatives et participer au Grand observatoire de la nature mené par Science & Vie. Les personnes accompagnées par le Secours Populaire et certaines personnes placées sous main de justice pourront, elles aussi, bénéficier de sorties exceptionnelles pour renouer avec la nature et le vivant, Et enfin parce que la Fête de la Nature n’a pas de frontières, les citoyens et citoyennes de 7 pays se joignent à la célébration pour prendre part à cette grande fête ! Pour tout savoir, rendez-vous sur le site de la Fête de la Nature. Plus d’informations Site de la Fête de la Nature Page dédiée à la Fête de la Nature Programme Éducation Communication du Comité français
Liste rouge des espèces menacées : 1 reptile sur 5 menacé d’extinction

Pour la première fois, l’évaluation de la Liste rouge mondiale sur l’ensemble des reptiles a été publiée le 27 avril dernier par l’UICN. 1 espèce sur 5 est en voie d’extinction. « Maintenant que les reptiles du monde sont évalués de manière exhaustive dans la Liste rouge de l’UICN, nous comprenons plus finement leur état de conservation et à quelles menaces ils doivent faire face » explique Craig Hilton-Taylor, directeur du programme Liste rouge de l’UICN. « Bien que ces résultats soient particulièrement préoccupants, cette étape nous donne des raisons d’espérer car elle pourrait nous permettre d’identifier là où les actions de conservation sont les plus urgentes ». Plus de 10 000 espèces de reptiles ont été évaluées, révélant que 21% de la totalité de ces espèces sont en voie d’extinction. La perte d’habitat due à l’agriculture intensive, la déforestation ou l’urbanisation croissante sont les plus grandes menaces qui pèsent sur les reptiles dans le monde, notamment en Asie du Sud et du Sud-Est qui sont des centres de diversité pour les reptiles où ces menaces dominent. Parmi les autres menaces touchant significativement ces espèces, on retrouve les espèces exotiques envahissantes, en particulier la pression exercée par les prédateurs, la chasse non encadrée et le braconnage. Près de 900 experts du monde entier ont contribué aux évaluations du risque d’extinction des reptiles et à cartographier leur aire de répartition à travers le monde. Ce projet a été piloté conjointement par NatureServe, Conservation International et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. « La Liste rouge de l’UICN est un outil parfait pour évaluer le risque d’extinction des espèces de façon standardisée. Nous avons pu comparer nos résultats à ceux de la Liste rouge pour les autres vertébrés dans une étude séparée, et démontrer que le groupe des reptiles est plus menacé que celui des oiseaux, mais moins que les mammifères ou les amphibiens » explique le Dr Bruce Young, zoologiste et scientifique pour NatureServe. La moitié des crocodiles (11 espèces sur 23) est considérée comme menacée sur la Liste rouge mondiale. La destruction de leur habitat et les conflits directs avec les humains sont les deux principales menaces auxquelles ils doivent faire face. À titre d’exemple, le gavial du Gange est en danger critique d’extinction à cause des barrages et de l’urbanisation qui ont fragmenté les rivières où il vit, tandis que le pompage de l’eau pour l’irrigation a réduit leur débit et diminué la qualité de son habitat. Cette espèce est dépendante de la poursuite des programmes de conservation en Inde et au Népal, qui ont permis d’augmenter le nombre de gavials depuis les années 1970. « Cette étude ne laisse aucun doute sur les menaces auxquelles les reptiles sont confrontés. Si nous les laissons disparaître, nous perdrons des milliards d’années d’histoire évolutive cumulée » déplore Neil Cox, manager au sein du programme d’Étude internationale pour la conservation de la biodiversité à l’UICN. « La communauté mondiale a une opportunité sans précédent d’inverser la crise d’extinction dès maintenant en établissant un cadre mondial de la biodiversité post-2020 solide et en mettant en œuvre des objectifs de conservation ambitieux et atteignables ». PLUS D’INFORMATIONS : L’article original sur le site de l’UICN (en anglais) Etude comparative entre les reptiles et le reste des tétrapodes – Nature (en anglais) La Liste rouge nationale des reptiles et amphibiens de France métropolitaine La Liste rouge des reptiles et amphibiens de Mayotte La Liste rouge des espèces menacées en France Crédit photo : Claudine Delmas – Lézard d’Aurelio, classé « En danger » sur la Liste rouge nationale des espèces menacées
Un webinaire pour mieux comprendre les Solutions Fondées sur la Nature et leur déploiement dans le monde francophone

Lors du dernier Congrès Mondial de la Nature, l’UICN a appelé à déployer les Solutions Fondées sur la Nature dans les territoires. Précieuses alliées pour lutter et s’adapter aux effets des changements climatiques, elles nécessitent cependant d’être déployées selon des critères précis. Lors d’un webinaire sur les Solutions Fondées sur la Nature au sein du monde francophone, le Comité français de l’UICN a rappelé l’origine de ce concept forgé par l’UICN et les différents critères nécessaires à leur mise en place qui sont décrits en détails dans le standard mondial de l’UICN et présentés de façon synthétique dans un guide d’accompagnement publié par le Comité français de l’UICN. Des experts de l’UICN, du Centre béninois d’action pour l’environnement et le développement durable (ACED) et du Conservatoire du Littoral ont ensuite présenté des exemples concrets de Solution Fondées sur la Nature déployées en Afrique occidentale et en Méditerranée. Envie d’en savoir plus ? Retrouvez l’intégralité du webinaire et les présentations dans le lien ci-dessous : Le déploiement des SFN est essentiel pour assurer la résilience des territoires face aux changements climatiques tout en protégeant et restaurant la biodiversité. L’accompagnement et la formation des acteurs et des porteurs de projets est nécessaire pour permettre une mise en œuvre efficace de ces solutions. Pour aller plus loin : Les Solutions fondées sur la Nature8 questions à se poser pour mettre en oeuvre les Solutions fondées sur la NatureStandard mondial de l’UICN pour les Solutions fondées sur la Nature : première édition
Les Solutions Fondées Sur La Nature à la Monaco Ocean Week

Après le One Ocean Summit de février 2022 à Brest, le Comité français de l’UICN était présent à Monaco lors de la 5ème édition de la Monaco Ocean Week. Ce rendez-vous annuel a accueilli durant la semaine les acteurs clés du monde de la mer (pouvoirs publics, monde associatif, communauté scientifique…) engagés à l’échelle locale et internationale. Notre participation a été l’occasion de présenter les Solutions fondées sur la nature pour répondre aux changements climatiques dans le bassin Méditerranéen. Inondations, montée des eaux, incendies, sécheresses, canicules…la Méditerranée est particulièrement touchée par les changements climatiques et le sera encore davantage à l’avenir. Pour y faire face, l’UICN a recommandé d’y développer les Solutions fondées sur la Nature lors de son dernier Congrès mondial de la nature à Marseille (motion 036 ) afin de limiter le changement climatique et les risques naturels associés, et protéger la biodiversité. Avec le Centre de coopération pour la Méditerranée de l’UICN, la Tour du Valat et la Plateforme Océan et Climat, le Comité français de l’UICN a organisé une conférence à ce sujet le 25 mars 2022 pour présenter les Solutions fondées sur la nature et des retours d’expériences réussies et d’échanger sur l’appropriation du concept dans un contexte méditerranéen. De la gestion adaptative des étangs et marais des Salins de Camargue comme solutions face à l’élévation du niveau de la mer à la protection du lido de Sète, l’auditoire a pu faire un tour d’horizon des initiatives pour renforcer la résilience climatique de la Méditerranée. Il est crucial d’investir aujourd’hui dans les Solutions fondées sur la nature qui offrent des réponses concrètes et durables dans la lutte contre les crises interconnectées du changement climatique et de la biodiversité. Elles doivent être un élément clé des contributions des États à l’Accord de Paris pour le climat et de la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité qui sera adoptée prochainement par la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique. Envie d’en savoir plus ? Téléchargez les présentations de cette conférence : Que sont les solutions fondées sur la Nature ? – Comité Français de l’UICNEtat des lieux des initiatives pour renforcer la résilience climatique de la Méditerranée – Centre de coopération pour la Méditerranée de l’UICNSolutions d’adaptation pour les villes côtières exposées à l’élévation du niveau de la mer – Plateforme Océans & Climat
Protection de la haute mer : gardons le cap et adoptons un traité ambitieux en 2022

Alors que se terminait vendredi 18 mars la quatrième session de négociations sur la haute mer – dit “BBNJ” (Biodiversity Beyond National Jurisdictions) – à New-York, le Comité français de l’UICN salue la dynamique impulsée et exhorte les États à finaliser et adopter un traité sur la haute mer ambitieux et opérationnel, lors de la 5ème session prévue en août 2022. Ce nouveau rendez-vous décisif pour la gouvernance de l’océan fait suite au One Ocean Summit de Brest en février, qui voyait le lancement par l’Union Européenne et 13 autres pays d’une coalition de la haute ambition pour conclure un traité international destiné à protéger la haute mer. Représentant près de la moitié de la surface du globe, la haute mer est considérée comme une zone quasiment non réglementée, comprenant selon la Convention sur le droit de la mer (CNUDM, 1982) tout l’espace marin non soumis à la juridiction des États côtiers et où prévaut le principe de la liberté. Aujourd’hui moins de 1% de la haute mer est hautement protégé et il n’existe pas de critères uniformes pour la réalisation d’études d’impact environnemental pour ces espaces vulnérables. En effet, le changement climatique, l’acidification et la désoxygénation de l’océan, la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, l’exploitation minière en eaux profondes, la destruction des habitats, le bruit, ou encore la pollution chimique et plastique figurent parmi les nombreuses menaces pour la biodiversité marine. Pour répondre à ce manque de réglementation, et après dix années de préparation, la conférence BBNJ a rassemblé les représentants de 196 États du 7 au 18 mars à New-York, pour poursuivre les travaux repris en septembre 2020. Les négociations ont porté sur quatre sujets clés : les outils de gestion par zone, en particulier les Aires Marines Protégées, les études d’impact sur l’environnement, les ressources génétiques marines incluant les questions relatives au partage des avantages issus de leur exploitation, et le renforcement des capacités et le transfert de technologies. Si les discussions n’ont pas été conclusives, les pays ont entamé un réel processus de négociation que nous souhaitons voir aboutir cette année. Mais pour garder le cap de la protection de l’océan, le Comité français de l’UICN rappelle ses attentes et recommandations : Concernant les aires marines protégées (AMP), il est essentiel que le traité permette la mise en place d’un réseau écologiquement représentatif, bien connecté et bien géré d’Aires Marines Protégées, dont une part substantielle hautement et entièrement protégées. L’UICN se félicite à ce sujet de la reconnaissance par les négociateurs du rôle de la Conférence des Parties (COP) et demande à ce qu’elle puisse avoir un rôle actif pour les aires marines protégées et la conservation de la biodiversité marine, même lorsqu’il existe déjà d’autres organismes compétents. Pour les études d’impact environnemental, sujet qui a également fait débat, il apparaît essentiel que le traité prévoie un système commun, rigoureux, intégré, indépendant et fondé sur la science d’évaluation, de gestion et de suivi des effets individuels et cumulatifs des activités humaines et du changement climatique sur la biodiversité marine de la haute mer. Il est important que les activités affectant la biodiversité soient évaluées selon des normes communes et élevées, et que les États élaborent des évaluations environnementales stratégiques (EES) pour constituer une base de connaissances partagées et permettant de prendre les décisions nécessaires pour la préservation de la biodiversité marine. Enfin, nous soutenons la mise en place d’un organe scientifique et technique chargé de conseiller et évaluer de manière indépendante les processus relatifs à ces évaluations et aux AMP. En conclusion, nous appelons à l’adoption en 2022 de ce traité international sur la haute mer conformément à la recommandation du Congrès mondial de l’UICN de Marseille.