Les mangroves célébrées en outre-mer ce 26 juillet 2019
Le 26 Juillet de chaque année a lieu la Journée Internationale des Mangroves : l’occasion pour les communautés côtières du monde entier de célébrer ces écosystèmes extraordinaires, qui fournissent des bénéfices importants aux populations en termes de sécurité alimentaire, de stockage de carbone et de réduction des risques naturels dus aux impacts du changement climatique (intensification des cyclones, montée du niveau des eaux, augmentation de la houle). Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT), co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral, encourage les associations et acteurs des outre-mer à célébrer cette journée, proposée depuis 1998 par l’association Mangrove Action Project et soutenue depuis 2015 par l’UNESCO. Cette année, le PRZHT organise directement des événements en Guadeloupe et à Mayotte ! Au programme : En Guadeloupe : pour la quatrième édition de cette journée sur le territoire, défi nature sous forme parcours sportif et ludique sur le site de la plage de Babin en partenariat avec la commune de Morne-à-l’Eau. RDV à 7h30 sur le site de Babin, inscriptions au 0690 20 18 75 ou 0590 81 81 28 A Mayotte : session de conférences-débats autour de la conservation et de la gestion des mangroves en mairie de Chirongui (RDV 9h), et animations sur le terrain avec camion pédagogique, nettoyage de déchets dans les mangroves de Tsimkoura, Bandrélé et autour du parc écologique de Mpweka Dinga, en partenariat avec la DEAL de Mayotte et la Communauté de Communes du Sud. Une belle occasion de sensibiliser aux enjeux qui existent sur la protection des mangroves, encore fortement menacées dans les outre-mer par l’urbanisation, les remblais, les dépôts sauvages de déchets, et les occupations illégales. Vous célébrez la journée internationale des mangroves chez vous ? Faites nous le savoir ! Ecrivez à Gaëlle Vandersarren, coordinatrice du PRZHT afin que votre événement soit relayé aux niveaux national et international ! Plus d’informations – La page dédiée au Pôle relais zones humides tropicales (PRZHT) – Le site internet du PRZHT – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Guadeloupe – Grand cul de sac marin © Laurent Juhel
Conclusions des Assises de l’eau : les Solutions fondées sur la Nature à l’honneur
Lancée par le Président de la République, portée par le Ministère de la transition écologique et solidaire et le Ministère de l’agriculture et pilotée Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, la seconde séquence des assises de l’eau vient de rendre ses conclusions. Cette large concertation a permis de faire émerger 23 mesures de gestion de l’eau dans le contexte du dérèglement climatique. Le Ministre de la transition écologique et solidaire a insisté sur l’importance de « lutter contre les causes du dérèglement climatique, mais aussi lutter contre ses conséquences déjà visibles et travailler dès maintenant à l’adaptation de notre pays à ces nouvelles contraintes ». Il a également souligné que « ce changement de modèle demande de s’orienter sur des Solutions fondées sur la Nature, qui s’appuient sur les écosystèmes pour relever les défis globaux de la lutte contre les changements climatiques ». Les échanges et débats qui ont eu lieu à l’occasion de ces assises ont été menés au sein de 4 groupes de travail dont un dédié aux Solutions fondées sur la Nature, présidé par le Comité français de l’UICN, représenté par Pauline Teillac-Deschamps. Les conclusions de ce groupe de travail ont souligné la nécessaire concertation et gouvernance partagée pour la mise en œuvre de telles solutions, le besoin d’une ingénierie financière innovante et d’une approche foncière intégrée, l’appui sur des réglementations existantes ou à créer, ainsi que le besoin de communication et de renforcement des connaissances au service de l’action. Le pacte issu de cette seconde phase des assises distingue trois objectifs principaux : protéger les captages d’eau potable pour permettre garantir une eau de qualité à la source, économiser l’eau pour préserver cette ressource vitale et préserver nos rivières et nos milieux humides. Le troisième objectif met la préservation des écosystèmes à l’honneur autour de 4 actions suivantes : Action 9 : Restaurer 25 000 km de cours d’eau d’ici 2022 grâce à un plan national de revitalisation des rivières et au soutien financier des Agences de l’eau. Les cours d’eau les plus sensibles seront préservés de toute artificialisation. Action 10 : Doubler la superficie des aires protégées contenant des milieux humides d’ici 2030. Action 11 : Renforcer l’utilisation des solutions fondées sur la nature, c’est-à-dire les solutions qui s’appuient sur la préservation et la restauration d’écosystèmes en bon état pour répondre à un enjeu de société. Pour atteindre cet objectif, un pôle d’animation sera créé dès 2021 autour du futur Office français de la biodiversité et les organismes publics de recherche développeront des programmes de recherche et développement sur ces thématiques. Action 12 : Simplifier les procédures administratives pour les projets de restauration des cours d’eau afin de faciliter ces opérations favorables à la préservation de notre biodiversité. Le Comité français de l’UICN salue l’exercice de concertation d’écoute de ces Assises de l’eau et reste mobilisé pour le suivi de la mise en œuvre à la fois des actions prévues, et notamment la question des financements et de la stratégie foncière intégrée, indispensables au déploiement à large échelle des Solutions fondées sur la Nature. Plus d’informations – Le Dossier de presse sur la seconde séquence des Assises de l’Eau avec les 23 mesures – Les Solutions fondées sur la Nature – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France Photo bandeau © Jeanne Menjoulet on Foter.com / CC BY-ND
Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées
Liste rouge des espèces menacées de l’UICN : la pêche non durable et la chasse pour la viande de brousse entraînent l’extinction d’espèces emblématiques. La surpêche a poussé deux familles de raies au bord de l’extinction, tandis que la chasse de viande de brousse et la perte d’habitats ont conduit au déclin de sept espèces de primates, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Cette mise à jour révèle également d’autres preuves de l’état critique des poissons d’eau douce dans le monde, comme le montre le grand nombre d’espèces menacées en raison de la disparition de rivières aux cours d’eau non perturbés, de la dégradation de leurs habitats, de la pollution et des espèces envahissantes au Japon et au Mexique. Avec cette mise à jour, la liste rouge des espèces menacées de l’UICN a franchi la barrière des 100 000 espèces évaluées. Sur les 105 732 espèces précisément étudiées, 28 338 sont classées menacées. « Avec plus de 100 000 espèces désormais évaluées dans la Liste rouge de l’UICN, cette mise à jour montre clairement à quel point les humains surexploitent la vie sauvage », a déclaré la Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « Nous devons nous rendre compte que la préservation de la diversité de la nature est dans notre intérêt et qu’elle est absolument fondamentale pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Les États, les entreprises et la société civile doivent agir d’urgence pour mettre un terme à la surexploitation de la nature et doivent respecter et appuyer les communautés locales et les peuples autochtones pour le renforcement de moyens de subsistance durables. » Chiffres mondiaux pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN 2019-2 : ESPÈCES TOTALES ÉVALUÉES = 105 732 (Total des espèces menacées = 28 338) Eteintes = 873 Eteintes à l’état sauvage = 73 En danger critique = 6 127 En danger = 9 754 Vulnérables = 12 457 Quasi menacées = 6 435 Faible risque/dépendant de mesures de conservation = 205 (cette ancienne catégorie est progressivement éliminée de la Liste rouge de l’UICN) Préoccupation mineure = 54 039 Données insuffisantes = 15 769 Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées – Contacts : Goska Bonnaveira, IUCN Media Relations, +41 792760185, goska.bonnaveira@iucn.org Harriet Brooker, IUCN Media Relations, +44 7960241862, harriet.brooker@iucn.org – Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées en France Photo bandeau : Cercopithecus roloway © Hans Hillewaert / CC BY-SA 4.0 / Wikipédia
Une espèce de poissons d’eau douce sur cinq menacée en France métropolitaine

Neuf ans après le premier état des lieux, la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées montre une situation toujours préoccupante pour les poissons d’eau douce dans l’Hexagone : sur les 80 espèces de notre territoire, 15 apparaissent menacées de disparition. Le bilan s’aggrave même, puisque 39 % des espèces sont désormais menacées ou quasi menacées contre 30 % en 2010. Menées dans le cadre de la Liste rouge nationale, les évaluations ont été conduites par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française d’ichtyologie (SFI) et l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (juillet 2019)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Synthèse des changements de catégories entre 2010 et 2019• Publication : UICN Comité français, MNHN, SFI & AFB (2019). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Poissons d’eau douce de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Brochet commun © Denis Poracchia
Patrimoine mondial de l’Unesco : inscription des Terres et mers australes françaises
Les Terres et mers australes françaises sont désormais inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Ces territoires incluent l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam et couvrent une superficie totale de 672 969 km2 dont environ 7 700 km2 de domaine terrestre. Ils abritent de très loin la plus vaste réserve naturelle française et comptent parmi les plus grandes aires marines protégées (AMP) au monde. La France compte désormais 45 sites classés à l’Unesco, dont six sites classés au titre du patrimoine naturel, après le golfe de Porto en Corse, les lagons de Nouvelle-Calédonie ainsi que les pitons, cirques et remparts de l’Ile de La Réunion, ou encore la chaîne des Puys, en Auvergne, et le site du mont Perdu, dans les Pyrénées (également classé site culturel). Plusieurs autres sites ont été labellisés lors de la réunion le 5 juillet 2019 du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, dont le parc national du Vatnajökull (Islande), le patrimoine naturel et culturel de la région d’Ohrid (Macédoine du Nord), le sanctuaire d’oiseaux migrateurs du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai (Chine), les forêts hyrcaniennes en Iran, les sites de métallurgie ancienne du fer au Burkina Faso ou la ville de Babylone (Irak). Les Terres et mers australes Les Terres et mers australes françaises englobent les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien : l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam ainsi que 60 petits îlots situés dans la zone subantarctique. Cette « oasis » au cœur de l’océan Austral, qui couvre une superficie de plus de 67 millions d’hectares, abrite l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins au monde. On y trouve notamment la plus grande population de manchots royaux et d’albatros à bec jaune au monde. Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, ces îles sont des vitrines de l’évolution biologique extrêmement préservées et constituent un territoire unique pour la recherche scientifique. Leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Humanité constitue non seulement une reconnaissance de la richesse patrimoniale exceptionnelle de ces îles australes (Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) mais celle des actions de conservation conduites depuis plus de 10 ans par la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises sur ce territoire. Le Groupe de travail Patrimoine mondial du Comité français de l’UICN Le patrimoine mondial constitue un domaine privilégié d’action et d’expertise de l’UICN, qui a été à l’origine de la convention en 1972. L’UICN est un organisme consultatif référent auprès du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO et joue de ce fait un rôle important dans le processus d’inscription et l’évaluation des biens naturels et mixtes sur la liste du patrimoine mondial. Il faut distinguer deux niveaux d’intervention, à l’échelle internationale et nationale. En France, le Comité français de l’UICN, à travers son groupe de travail patrimoine mondial, apporte son expertise sur les biens naturels français candidats ou classés au Patrimoine mondial. Il peut évaluer en amont le potentiel d’inscription d’un site et recommander son inscription sur la liste indicative de la France. Afin de mieux asseoir ses actions sur le Patrimoine mondial, le gouvernement français a crée en juillet 2004 le Comité national français du patrimoine mondial. Conformément au rôle dévolu à l’UICN d’organisation consultative auprès de l’UNESCO, le Comité français de l’UICN fait partie des membres de droit du comité national. Il contribue dans ce cadre à l’évaluation périodique des biens naturels français déjà inscrits et à l’examen des candidatures pouvant être portées par l’Etat français. En complément de cette mission, le Comité français de l’UICN peut intervenir en appui aux porteurs de projets, en mettant à disposition les outils méthodologiques et les lignes directrices réalisés par le Secrétariat international de l’UICN, et en analysant le potentiel d’inscription d’un site naturel ou mixte. Cependant, le Comité français de l’UICN ne pilote pas l’élaboration des dossiers de demande d’inscription. Le Comité français de l’UICN a fournit un accompagnement technique et scientifique à la la candidature des Terres et mers australes françaises pour leur inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dont la Réserve Naturelle a récemment rejoint la Liste verte des aires protégées de l’UICN qui récompense les sites efficacement gérés dans le monde. Plus d’informations – L’annonce officielle du Comité du patrimoine mondial – Le livret « Les Terres et mers australes françaises, candidature 2019 à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco » – Le site internet des Terres Australes et Antarctiques françaises (TAAF) – La chaîne YouTube des TAAF – Le Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Kerguelen © Lucia Simion
Parution du livret « Rencontr’Eau cœur des zones humides »
Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) co-animé par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du littoral, est heureux de vous annoncer la sortie de son livret « Rencontr’Eau cœur des zones humides » ! Ce travail consistait à concevoir un projet à vocation à la fois pédagogique, culturelle et environnementale à destination des élèves scolarisés en cycle élémentaire et secondaire en Outre-mer (du CP/CM au collège – 6ème et 5ème). Le but fut d’associer pour chaque territoire une classe dans la création d’un livret ludique visant à expliquer ce qu’est une zone humide. Pour résumer simplement la démarche, Rencontr’Eau cœur des zones humides est un livret fait par la jeune génération pour la jeune génération dont l’objectif majeur est de faire émerger une prise de conscience collective de l’intérêt de la préservation de ces milieux humides au vu des nombreux services écosystémiques qu’ils fournissent. Et c’est au travers des générations futures, de leur implication et de leurs actions, que nous pourrons faire changer les mentalités et apporter une meilleure protection à notre environnement. L’équipe du PRZHT adresse donc un grand merci à tous ceux qui ont pris part à ce projet, en particulier à l’illustratrice Manusch BADARACCO ainsi qu’aux enseignants et leurs élèves pour l’immense travail fourni : ° MARTINIQUE : Mme LAURENT Christel, classe de CM2, École du morne vert ° NOUVELLE CALEDONIE : M. DUTRIAUX Philippe, classe de 5ème Dö mwâ , Collège Protestant de Canala ° MAYOTTE : Mme Gwénaële MAANDHUI, classe de 5ème, Collège de Bouéni M’titi ° LA REUNION : M. Frédéric SEVELINGE, classe de 6ème, collège des Mille Roches, Saint André ° GUADELOUPE : Mme Joséphine LADINE, association J’ose la Nature, professeur-documentaliste collège des Abymes Le PRZHT remercie également les financeurs de ce livret, sans lesquels ce livret n’aurait pu voir le jour : – La Fondation Nature & Découvertes – La Fondation Léa Nature – L’Agence Française pour la Biodiversité – Le Parc National de la Guadeloupe Plus d’informations – Consulter le livret « Rencontr’Eau cœur des zones humides » – La page dédiée au Pôle-Relais zones humides tropicales – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN
Interview of Josué Kambasu, FECOPEILE
Josué, Hello. You are the secretary general of the FECOPEILE. Can you tell us a word about this organization and its very specific history? FECOPEILE means « Federation of Individual Fishermen’s Committees of Lake Edward ». This fishing union has an atypical history and works on the issue of the sustainable management of Lake Edward, a lake of 215 000 ha, located in the heart of the Virunga National Park (780 000 ha), which is a World Heritage Site, and the first African park created in 1925. This lake, straddling the DRC and Uganda, is of remarkable ecological richness and is home to many species of fish but also migratory or resident birds. A large number of people are directly dependent on the many ecosystem services provided by the lake, particularly the fishing communities, and the lake has always been, because of its history and issues, a conflicting territory between stakeholders. FECOPEILE was officially created in March 2012 with the overall objective of defending the rights and interests of fishermen and, more generally, riparian communities dependent on the fishery resources of Lake Edward. The organization currently gathers all the individual fishermen of Lake Edward in its Congolese part, about 5 600 people from 3 fisheries (Vitshumbi, Kiavinyonge and Nyakakoma) in which there are fishermen’s committees. Women’s organizations involved in the processing and trade of fish from the lake are also part of the organization. To achieve its objectives, FECOPEILE is working on setting up a consultation framework aimed at joint and concerted planning of the actions carried out by the various Lake Edward stakeholders. The organization also carries out advocacy actions to extol responsible fishing to ensure the livelihoods of local communities. The purpose of this lobbying is to fight against illegal activities and pollution of the waters of Lake Edward, the surrounding rivers and the watershed. What are the main constraints, th emain problems faced by Lake Edouard fishermen? What does the collective organization proposed by the FECOPEILE contribute to resolve in part? The constraints encountered by the fishermen of Lake Edward are multiple, the context of the province of North Kivu being extremely complex. We can at this point mention the problems of insecurity. The fishermen are indeed threatened by the Maï Maï rebel groups in the southwestern part of the lake (in the areas of Ndwali, Chanika, Ngazi, Muuma, Kakindo and Marestaurant, …). For example, in November 2018, 5 canoes, 2 engines and 15 fishermen were kidnapped and taken into the bush by the latter. It took a long negotiation to free the victims. Each canoe was returned for a ransom of 100 000 Congolese francs (about 55€), the same for the engines. Also in November 2018, a group of armed bandits attempted to capture residents of the Vitshumbi fishery. One fisherman was killed, an other seriously injured, during the clashes. These two cases are just examples of many. Illegal fishing is also a major problem on the lake. This is supported by the armed groups, who earn substantial income from it, as well as sometimes by some state services and the military present in the area, which makes the problem particularly complex to solve. Still related to these aspects of legality, the multiplication of the fisheries is also a problem, as they went from 3 to 12, without any control being at the moment observed. The number of pirogues has thus increased from 700 to more than 3 000 and the use of prohibited techniques is also being observed more and more frequently. All of these problems are interconnected and it should be noted that they all relate to the issue of the lack of law enforcement and of regulations. Combined with the demographic explosion in the fishing enclaves inside the PNVi (and because of the growing insecurity around the PA), these phenomena lead to a reduction in the productive capacity of the lake, which is extremely problematic. This situation is causing many of the Congolese fishermen to fish in the transboundary area where they are subject to threats and arrests by the Ugandan marine force. At present, at least 97 Congolese fishermen are arrested and sentenced in Uganda to MUBUKU Prison. This phenomenon has a negative final impact on both poverty and food insecurity, two major issues in this region. All of these elements give you an overview of the issue related to the sustainable and parsimonious management of the Lake Edward ecosystem. How does the creation of the FECOPEILE contribute to resolve in part these problems? Through its actions, FECOPEILE seeks to combat the phenomena listed above, particularly by training and sensitizing the various stakeholders in the fisheries sector on the importance of the sustainable management of Lake Edward’s resources, recalling in particular that their well-being and their livelihoods strongly depends on them. Advocacy and lobbying actions are regularly carried out by our federation in order to mobilize the inhabitants of the area against potential projects that may cause environmental pollution and / or massive destruction of natural resources without respecting national laws and international conventions and commitments signed by our country. We are thinking here for example of potential oil projects within the ViNP. To lead our advocacy, we conduct a permanent monitoring on the destruction of fisheries resources and the insecurity caused by the Mai-Mai in order to obtain reliable data that can direct our actions towards the competent institutions. So we are currently in possession of a lot of information about the Lake Edward ecosystem. We also want to undertake, in the future, agro-pastoral projects around the PA in order to fight against the demographic explosion in the fisheries of the Lake Edward and inside the park itself. Tell us a word about your PPI project. The lake is under severe pressure due in particular to the lack of a scientific monitoring policy for the fish population and the granting of titles creating the fisheries on Lake Edward without respecting the procedure laid down in this regard. Added to this
Interview of Alexis Kaboré, Natudev
Alexis, with some colleagues, you set up NATUDEV of which you are the president. Can you briefly introduce your organization, the missions it pursues and your main achievements? NATUDEV was set up in 2004 in Ouagadougou. Peripheral territories of protected areas complex encompassing WAP (W-Arly-Pendjari parks in the eastern part of Burkina Faso) and PONASI (PO National Park-NAzinga Game Ranch-SIssili Forest Reserve in the south-central part of the country) constitute our focus areas where we support communities to enforce natural resources management effectiveness. With regards to our achievements, I am happy to point out that the process that should lead to securing and gazetting the wildlife corridor N°1 (located between Kaboré Tambi National Park and Nazinga Game Ranch) was initiated and is in progress; the generation of data and knowledge upon inventories and surveys undertaken on various thematic areas; the set-up and operationalization of local associations in charge of natural resource management at the village level; the facilitation of local communities’ participation in the corridor governance body; the support to communities for the development of green ventures as well as the dissemination of farming best practices. NATUDEV is active mainly within ecological corridors linking national important protected areas. Can you tell us what the driving forces of such situation are and also the related challenges? The fact that NATUDEV concentrates its efforts on the corridor N°1 covering 4,500 hectares follows concerns expressed by certain stakeholders involved in the governance of this conservation area which pointed out the absence of a legal status for this corridor notwithstanding its ecological importance in terms of connectivity, but not only! Thus, in 2016 when we position on the site, the threats are diverse and intense: encroachment for agricultural purposes, illegal logging and carbonization, illegal grazing, contamination by pesticides and chemical fertilizers massively applied in surrounding farmlands, etc. The above-cited practices endangered both the corridor integrity and as a result the integrity of the PONASI ecological continuum itself, and the provision of associated ecosystem services. In such a situation, our priority at NATUDEV has been to work through a participatory and inclusive approach to endow the corridor with a legal status. The option, based as far as possible on consensus, consists to gazette the landscape as a municipal forest, involving municipalities located in the peripheral area of the corridor. However, this seems to be a quite long process that would require technical competencies that municipalities seem to not have fully vested yet. Again, an additional challenge would be to lead communities transform their practices into more sustainable natural resource utilization streams. PPI5 has recently granted your organization. What objectives the funded project pursue? The project PPI.5 is currently funding aims at supporting relevant stakeholders towards improvement of the management effectiveness of the corridor N°1 and to enforce the local governance process in place. In this perspective, the main actions to be implemented encompass the operationalization of the corridor gazetting process and the set-up of the local governance structures, the establishment of developments to improve the visibility and operationality of the corridor N°1, the revitalization of honey and Shea butter value chains within the 6 surrounding villages, etc. Actually, you perform actions aimed at reconciling conservation and revenue stream development within communities fringing conservation areas. From your view point, which are the most important levers to activate to ensure both economic viability and ecological sustainability of the business model? The business models we encourage are focused on community empowerment through generation of economic profitability while ensuring ecological sustainability of the value chains. To attend this, we enforce the skills of our project beneficiaries on best practices all along the process (from inputs collection to end-products). Also, we continually adapt our product range to the market’s needs and we are gradually embarking on high quality commodity processing through certification that would enables us targeting premium pricing. Allow me to inform you that the certification process of our honey value chain has already been initiated, and the certification of the Shea butter process shall follow soon. Alexis, you’re also a key player in the promotion of ICCAs in Burkina Faso and in Africa broadly. Can you tell us briefly the actions you undertake in this frame? I am actually the Coordinator of the ICCA Consortium for the Sahel. ICCAs, which stands for “Indigenous Peoples and Community Conserved Territories and Areas”, designate natural sites conserved on a voluntary basis by communities, as long as they meet the three following criteria: (i) the existence of a strong connection between the community and the site; (ii) a community-lead governance model in place and (iii) the effective contribution of the site to biodiversity conservation. Five groups of ICCAs could be distinguished in Burkina Faso: i) sacred grooves; ii) sacred watersheds; iii) community pastoral lands; iv) community forests; v) village game areas. About 50,000 sites have already been identified in the country as potential ICCAs and covering much more than one million hectares which are effectively managed by communities. Our support enabled to set-up ICCA association at the national level as well as management association at each ICCA level. Additionally, we promote the enforcement of stakeholders’ technical skills alongside the implementation of management operations in some ICCAs… More informations – the Natudev project presentation
Des nouvelles du terrain: COGEZOH
Périphérie du Parc du W: amélioration de la coexistence Homme-Faune Situé dans sud-ouest du Niger, le Parc W est le plus important site de concentration de la biodiversité du pays et sûrement parmi les plus riches d’Afrique de l’ouest. abritant des milliers d’espèces de mammifères, de reptiles, d’oiseaux ou d’insectes. La végétation y est également unique. Cette valeur unique lui a permis un classement en site du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, dès 1996. Mais cela ne va pas sans grande convoitise, en effet cette aire protégée fait l’objet de beaucoup de pressions anthropiques : braconnage, pâturage illégal, feux de brousse, avancée du front agricole et incursions quotidiennes, principalement de la population riveraine pour des activités de prélèvements (cueillette ou de coupe). Cela n’est pas sans conséquences directes sur leur vie dans les villages périphériques et celle de la faune dans l’aire protégée. Ainsi, on assiste à un phénomène inédit ces dernières années : les humains qui mettent une grande pression sur les ressources du parc, ces ressources combien nécessaires pour le maintien de la faune dans son milieu. Pour compenser le manque ainsi crée de son côté cette faune n’hésite pas à s’en prendre aux cultures et au bétail de ces riverains. Ce qui entraine inévitablement des représailles, par des empoisonnements, des poses de pièges et des massacres collectifs, causant des pertes majeures pour la biodiversité. Ainsi, les femmes qui pénètrent illégalement à l’intérieur du Parc pour cueillir les feuilles fraiches ou les fruits de Baobab, en mutilant l’arbre doivent savoir qu’en retour les primates viendront compenser leur manque dans les champs de maïs ou de niébé. Ou encore l’homme qui y pénètre pour faucher de l’Echinochloa stagnina, « Burgu », combien vital aux hippopotames doit s’attendre à ce que ces derniers dévastent leurs cultures la nuit. Conscient de la nécessité d’engager des actions en faveur d’une coexistence Homme-Faune, l’ONG Contribution à la Gestion des Zones Humides (COGEZOH) a initié en 2017, avec le soutien, entre autres, du PPI, un projet dans cette zone développant des activités concrètes d’atténuation de la pauvreté et de réduction des conflits Homme-Faune.. En réponse aux besoins des populations riveraines à satisfaire leur besoins en feuilles de baobab, qui sont les feuilles le plus utilisées dans les sauces dans le pays, l’ONG COGEZOH a appuyé l’installation de pépinières de Baobab au sein desquelles les feuilles sont directement prélevées par 190 femmes dans 3 villages cibles du projet. Cette activité a permis aux femmes de ne plus parcourir des longues distances et de prendre des risques en s’introduisant à l’intérieur du Parc, tout en produisant elles même ce dont elles ont besoin pour leur consommation personnelle et elles en commercialisent même l’excédent, la production étant hebdomadaire et étalée sur toute l’année. Le projet a permis également accroître et d’améliorer la production de Miel dans les villages cibles du Projet. Ainsi, c’est 50 nouveaux apiculteurs qui ont été formés et équipés avec 100 nouvelles ruches et 15 000 bouteilles de conditionnement. Le miel est aujourd’hui de bien meilleure qualité et est sans doute le premier choix des citadins. La production a été doublée, comparée aux autres années, et la demande est encore loin d’être couverte. En outre le projet s’est beaucoup investi dans l’atténuation des conflits Homme-faune, à travers la formation, la mise en place et l’encadrement d’un réseau d’informateurs locaux de 40 membres équipés de moyens de communication et de déplacement (24 membres ont déjà reçu des téléphones portables dotés de caméra, du crédit de communication illimité et des vélos de déplacement, grâce à un apport de TreeAid). Ce réseau fourni des informations sur les incursions de la faune vers les villages riverains et les activités illégales (braconnage, pâturage illégal et autres prélèvements) opérées dans le Parc W. Le travail de ce réseau a été très apprécié par les gestionnaires de l’aire protégée qui ont pu arrêter et démanteler des réseaux braconniers et de trafiquants de la viande sauvage. Il a aussi permis d’intervenir à temps pour repousser certains animaux sauvages se dirigeant vers les villages. En plus, de nouveau types d’enclos ont été expérimentés avec succès pour parer aux attaques des hyènes et des lions sur le bétail. Douze ont été construits, avec du grillage et des boutures de Commiphora africana, qui est une plante qui tend à disparaître dans la majeure partie du Niger. Le projet permet donc en plus la restauration de cette espèce dans son milieu naturel. Cette activité a été accompagnée d’installation d’épouvantails et de plusieurs campagnes de sensibilisation et de formation dans les villages cibles. Cela a permis une prise de conscience collective du comportement à adopter quand on vit en périphérie d’une aire protégée. L’ONG a pour ambition d’étendre ses activités à d’autres villages périphériques du Parc W, afin de résoudre durablement cette situation de conflits Homme-Faune. Plus d’informations – Retrouvez un reportage réalisé par RFI en décembre 2018 sur le projet – La fiche de présentation du projet mené par COGEZOH
Interview d’Alexis Kaboré, Natudev
Alexis, avec quelques collègues, vous avez créé NATUDEV dont vous assurez la présidence. Pouvez-vous présenter brièvement votre organisation, les missions qu’elle poursuit et vos principales réalisations ? NATUDEV a été créée en 2014 à Ouagadougou. Les périphéries des complexes d’aires protégées dont celles du WAP (Parcs W-Arly-Pendjari à l’Est du Burkina Faso) et de PONASI (Parc National de PÔ- Ranch de Gibier de NAzinga-Forêt Classée de la SIssili au Centre-Sud du pays) constituent les zones de concentration de nos actions où nous accompagnons les communautés en vue d’une gestion plus efficace des ressources naturelles de leurs territoires. En termes de résultats atteints, il faut souligner la mise en route du processus de sécurisation et de reconnaissance officielle du corridor N°1 de déplacement de la faune, dont les éléphants, situé entre le Parc National Kaboré Tambi (PNKT, anciennement Parc National de Pô) et le Ranch de Gibier de Nazinga (RGN) ; la génération de connaissances sur les zones d’intervention à la suite d’inventaires et d’études réalisées sur diverses thématiques ; la mise en place d’associations villageoises de gestion des ressources naturelles et leur opérationnalisation ; la facilitation de la participation des structures villageoises aux instances de gouvernance du corridor ; l’appui des communautés au développement des filières vertes ainsi qu’à la promotion des bonnes pratiques agricoles. NATUDEV intervient essentiellement au niveau de corridors écologiques reliant des aires protégées nationales d’importance. Pouvez-vous nous expliquer les raisons d’un tel positionnement et les défis qui y sont liés ? La focalisation des efforts de NATUDEV sur le corridor N°1 d’une superficie de 4 500 hectares entre le PNKT et le RGN fait suite à une préoccupation fortement exprimée par les acteurs impliqués dans la gouvernance de cette entité et relative à l’absence de statut juridique au profit du corridor en dépit de son importance écologique en termes de connectivité notamment. Ainsi, quand nous y arrivions en 2016, les menaces étaient multiples et pressantes : empiètement par le front agricole, coupe du bois et carbonisation, pâturage par le bétail, contamination par les pesticides et autres engrais de synthèse utilisés massivement dans les champs environnants, etc. Ces pratiques compromettaient à la fois l’intégrité du corridor et par conséquence celle du continuum écologique PONASI et les biens et services écosystémiques qui y sont associés. Dans un tel contexte, l’urgence pour NATUDEV a été de travailler avec la diversité de parties prenantes pour doter le corridor d’un statut juridique. L’option retenue consiste à classer la forêt au nom des collectivités décentralisées situées à sa périphérie. Du reste, il est important de souligner qu’il s’agit d’une démarche longue et nécessitant des capacités techniques que les collectivités n’ont pas encore acquises. Aussi, l’autre défi majeur sera d’amener les communautés à ancrer dans leurs pratiques, les formes de valorisation plus durables des ressources naturelles. Votre organisation bénéficie d’une subvention PPI.5. Quels sont les objectifs visés par ce projet ? Le soutien reçu du PPI.5 est destiné à accompagner les acteurs concernés pour améliorer l’efficacité de la gestion du corridor N°1 et à en renforcer la gouvernance locale. Pour cela, les actions comprennent l’opérationnalisation du processus de reconnaissance juridique du corridor et la mise en place de ses instances locales de gouvernance, la réalisation d’aménagements permettant d’améliorer la visibilité et la fonctionnalité du couloir des éléphants, la promotion des filières miel et karité dans les six villages attenants au corridor… Effectivement, vous initiez des actions importantes conciliant conservation et amélioration des conditions d’existence des communautés riveraines des ressources naturelles. Selon vous, quels sont les leviers à actionner pour assurer la viabilité économique et la durabilité écologique d’un tel modèle ? Les modèles économiques que nous promouvons visent l’autonomisation des bénéficiaires en assurant à la fois la rentabilité économique et la durabilité écologique des filières. Pour y arriver, nous renforçons des capacités des bénéficiaires sur les meilleures pratiques de collecte et de production, adaptons les produits aux marchés locaux et urbains, améliorons la commercialisation à travers une diversification des formats de vente afin d’atteindre une large clientèle, etc. Aussi, une attention est portée sur les possibilités de certification de nos produits, permettant d’accroître la plus-value à en tirer. Dans ce cadre, nous sommes heureux d’indiquer que le processus de certification du miel est entamé, en attendant celui du beurre de karité. Alexis, vous jouez également un rôle clef dans la promotion des APAC au Burkina Faso et en Afrique de manière générale. Pouvez-vous nous expliquer brièvement en quoi consistent les actions que vous menez dans ce cadre ? Je suis le coordinateur du Consortium mondial sur les APAC (Aires du Patrimoine Autochtone et Communautaire) pour le Sahel. Les APAC désignent des sites naturels conservés volontairement par les communautés locales, pour peu qu’ils répondent à trois critères fondamentaux : (i) l’existence d’un lien fort entre la communauté et le site ; (ii) le caractère communautaire du modèle de gouvernance en place et (iii) la contribution effective du site à la conservation de la biodiversité. Cinq types d’APAC sont distingués au Burkina Faso : i) les bois sacrés ; ii) les points d’eau sacrés ; iii) les espaces pastoraux communautaires ; iv) les forêts villageoises ; et v) les zones villageoises d’intérêt cynégétique. Environ 50.000 sites sont actuellement répertoriés comme de potentiels APAC et couvrant plus d’un million d’hectares gérés par les communautés. Notre action a permis la mise en place d’une association nationale des APAC mais également des associations à l’échelle des APAC, le renforcement des capacités opérationnelles des acteurs concernés, la réalisation d’aménagements au sein d’APAC… Plus d’informations – La fiche de présentation du projet mené par Natudev