Liste rouge nationale : le déclin des oiseaux nicheurs se poursuit en France

Huit ans après le précédent état des lieux, la mise à jour de la Liste rouge des oiseaux nicheurs fait apparaître une situation qui s’est aggravée sur le territoire métropolitain : un tiers des espèces est désormais menacé, contre un quart en 2008. La réévaluation du niveau de menace pesant sur les 284 espèces d’oiseaux nicheurs recensées en France métropolitaine montre que la situation s’est détériorée pour 48 espèces entre 2008 et 2016, tandis que 15 seulement ont vu leur état s’améliorer durant cette période. Au total, 92 espèces sont classées menacées dans l’Hexagone. L’analyse des informations les plus récentes et l’évaluation de la situation de chaque espèce ont été conduites durant un an par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Société d’études ornithologiques de France (SEOF) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (septembre 2016)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Synthèse des changements de catégories entre 2008 et 2016• Rapport d’évaluation sur les oiseaux nicheurs• Publication : UICN France, MNHN, LPO, SEOF & ONCFS (2016). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Oiseaux de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Tarier des prés © Frédéric Jiguet
Le braconnage est à l’origine du pire déclin subi par l’Eléphant d’Afrique depuis 25 ans
L’ensemble de la population de l’Éléphant d’Afrique a connu son pire déclin depuis 25 ans, principalement en raison d’un braconnage accru ces 10 dernières années, selon le Rapport sur le statut de l’Éléphant d’Afrique présenté aujourd’hui par l’UICN, lors de la 17e session de la Conférence des Parties à la CITES, qui se tient à Johannesburg, Afrique du Sud. Ce rapport est la source de référence concernant les effectifs et la répartition des populations d’éléphants d’Afrique dans les 37 États de leur aire de répartition en Afrique sub-saharienne. Il comporte plus de 275 estimations nouvelles ou mises à jour pour des populations d’éléphants dans tout le continent africain, dont plus de 180 sont issues de relevés systématiques. Pour la première fois depuis près d’une décennie, le rapport présente le nombre total d’éléphants sur le plan continental, régional et national, et examine l’évolution des estimations des effectifs au niveau des sites. Sur la base d’estimations provenant d’un large éventail de sources – relevés aériens et comptage des crottins d’éléphant – le nombre d’éléphants estimé en 2015 est inférieur de 93 000 à celui de 2006. Cependant, ce chiffre inclue 18 000 individus de populations qui n’avait pas été comptées auparavant, ce qui signifie que le vrai déclin à partir des estimations se rapprocherait plus de 111 000. L’effectif total du continent est maintenant estimé à 415 000 éléphants, mais il peut y avoir entre 117 000 et 135 000 éléphants de plus dans des zones n’ayant pas été systématiquement recensées. La montée du braconnage pour l’ivoire, qui a commencé il y a environ une décennie – l’épisode le plus grave de ce genre connu en Afrique depuis les années 1970 et 1980 – a été la cause principale de ce déclin, tandis que la destruction des habitats représente une menace croissante pour la survie de l’espèce sur le long terme, d’après le rapport. « Ces nouveaux chiffres révèlent le sort vraiment alarmant de cette espèce majestueuse – l’un des animaux les plus intelligents du monde et le plus grand mammifère terrestre vivant actuellement, », affirme Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. «Il est choquant mais pas surprenant que le braconnage ait des effets si dramatiques sur cette espèce emblématique. Ce rapport fournit de nouvelles preuves scientifiques de la nécessité d’intensifier les efforts pour la lutte contre le trafic illégal d’espèces sauvages. Entre-temps, les efforts entrepris pour combattre le braconnage ne doivent pas nous faire oublier d’autres menaces de plus en plus dévastatrices, comme la destruction des habitats. » Sur le plan régional, avec plus de 70% des effectifs totaux estimés, la population d’éléphants d’Afrique australe est de loin la plus nombreuse du continent : 293 000 éléphants environ dans les zones faisant l’objet de relevés systématiques. L’Afrique de l’Est possède environ 86 000 éléphants (20%), tandis que l’Afrique centrale en a environ 24 000 (6%). La population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest reste la moins nombreuse au niveau régional, avec environ 11 000 éléphants (moins de 3%). L’Afrique de l’Est – la région la plus touchée par le braconnage – a connu une réduction de la population d’éléphants de près de 50%, attribuable en grande partie à un déclin de plus de 60% des effectifs de Tanzanie. Malgré des baisses constatées sur certains sites, depuis 2006, les effectifs de l’espèce restent stables ou sont en augmentation en Ouganda, au Kenya et au Rwanda, et une extension de l’aire de répartition a été observée au Kenya. La population d’éléphants de forêt d’Afrique centrale a aussi été fortement touchée par le braconnage pour l’ivoire, depuis les années 1990. Autrefois, la République Démocratique du Congo détenait l’une des populations d’éléphants de forêt les plus importantes d’Afrique, qui a depuis été réduite à de petites populations résiduelles. Maintenant, le Gabon et le Congo abritent les populations d’éléphants de forêt les plus importantes du continent africain, mais les deux pays ont été affectés par un fort braconnage au cours des dernières années, tout comme les populations de forêt et de savane du Cameroun. Les populations de savane du Tchad ont enregistré de lourdes pertes et celles de la République centrafricaine ont presque entièrement disparu. Les populations d’éléphants d’Afrique de l’Ouest sont pour la plupart petites, fragmentées et isolées. Depuis 2006, 12 populations ont disparu, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée Bissau, au Sierra Leone, au Togo, en Guinée et au Nigéria. La population d’éléphants du Complexe transfrontalier du « WAP », à cheval sur la frontière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, reste le bastion de la population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest. S’il est vrai que le braconnage n’a pas eu le même impact en Afrique australe que dans d’autres secteurs du continent, la région est maintenant confrontée à une menace croissante liée au braconnage. Des baisses des effectifs ont été observées au Mozambique et dans certaines régions du Zimbabwe, tandis que les grandes populations de Namibie, d’Afrique du Sud et du Zimbabwe sont stables ou en augmentation. Au Botswana, on constate une extension de l’aire de répartition. Il y a encore de l’incertitude quant à la taille exacte de la population d’éléphants dans la zone transfrontalière de conservation de « KAZA », qui détient la plus grande population du continent, et il reste primordial d’entreprendre une enquête coordonnée sur cette population. « C’est la première fois depuis 2006 que nous avons élaboré un rapport sur le statut de l’Éléphant d’Afrique comportant la mise à jour et l’analyse des effectifs d’éléphants et de leur répartition à l’échelle de l’ensemble du continent, » déclare Holly Dublin, Présidente du Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique (GSEAf) de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN, qui a dirigé la préparation du rapport. « Ce rapport souligne à quel point il est important de surveiller, d’évaluer et d’analyser régulièrement la situation de l’Éléphant d’Afrique. Il est essentiel de connaître les effectifs et leur répartition afin de reconnaître les menaces qui pèsent sur l’espèce, de bien cibler les actions de conservation et d’évaluer leur efficacité. Cela a été possible grâce à
Le congrès mondial de la nature définit les nouvelles directions à suivre
Honolulu, Hawaii, le 10 Septembre 2016 (UICN) – Le Congrès mondial de la nature, qui s’est terminé aujourd’hui à Hawai’i, a établi l’agenda mondial de la conservation de la nature pour les quatre prochaines années et définit une feuille de route pour la mise en œuvre des accords historiques adoptées en 2015 sur le développement durable et le climat. Le Congrès de l’UICN a conclu ses travaux avec la présentation des engagements Hawai’i. Ce document, intitulé « Navigating Earth Island », a été rédigé grâce aux débats et délibérations qui ont eu lieu pendant 10 jours, et soumis pour commentaires à quelques 10000 participants de 192 pays. Il souligne les opportunités pour aborder certains des plus grands défis auxquels est confrontée la conservation de la nature et appelle à un engagement à les mettre en œuvre. Il intègre l’engagement collectif de tous ceux qui ont participé au Congrès d’entreprendre de profondes transformations dans la façon dont les sociétés humaines vivent sur la Terre, avec une attention particulière à rendre nos modes de production et de consommation plus durables. « Ce Congrès de l’UICN est venu à un moment crucial dans l’histoire de notre planète car nous nous trouvons à la croisée des chemins, face à des défis d’une ampleur sans précédent » dit Inger Andersen, la Directrice générale de l’UICN. «Aujourd’hui, nous quittons Hawai’i équipés d’une feuille de route beaucoup plus claire pour faire avancer l’ordre du jour post-2015 du développement durable, confiants d’avoir fait nos premiers pas sur la voie d’un avenir durable où la nature et le progrès humain se soutiennent mutuellement. » Avec plus de 10000 participants inscrits, l’événement a réuni des dirigeants des gouvernements, de la société civile, des peuples autochtones, des organisations basées sur la foi et la spiritualité, du secteur privé et des universités, afin de décider collectivement des actions à entreprendre pour relever les défis de la conservation et du développement durable les plus pressants. Plus de 100 résolutions et recommandations ont été adoptées par les membres de l’UICN – un parlement environnemental unique réunissant des gouvernements et des ONG – appelant à agir sur un large éventail de questions urgentes de conservation de la nature. Les décisions clés concernaient la fermeture des marchés intérieurs pour l’ivoire d’éléphant, l’urgence de protéger la haute mer, la nécessité de protéger les forêts primaires, l’adoption de zones interdites pour les activités industrielles (no go areas) et une politique officielle de l’UICN sur les compensations de la biodiversité. « Des décideurs internationaux se sont mis d’accord sur les actions de conservation les plus urgentes à engager» , affirme Zhang Xinsheng, le Président de l’ UICN. « Les plus de 1300 membres de l’UICN qui sont derrière ces décisions leur donnent du poids pour conduire les changements réels nécessaires afin de répondre à certains des plus grands défis auxquels notre planète fait face aujourd’hui. » Les membres de l’UICN ont également approuvé le nouveau programme de l’UICN pour les quatre prochaines années et ont élu le nouveau Conseil d’administration de l’organisation. Le Congrès de l’UICN a mis en avant de nouvelles questions, notamment l’importance de lier la spiritualité, la religion, la culture et la conservation, et la nécessité de mettre en œuvre des solutions fondées sur la nature qui sont des actions qui permettent de protéger et de gérer les écosystèmes, tout en répondant efficacement aux défis sociétaux, tels que la sécurité alimentaire et hydrique, les changements climatiques, la réduction des risques de catastrophes, la santé humaine et le bien-être économique. L’annonce du Président Obama d’étendre le Monument National Marin « Papahānaumokuākea » – maintenant la plus grande zone protégée dans le monde – a posé les bases du Congrès de l’UICN. D’autres annonces incluent l’engagement du gouverneur d’Hawaii à protéger 30% des forêts prioritaires des bassins versants d’Hawaii en 2030, à gérer efficacement 30% des eaux côtières d’Hawai’i en 2030, à doubler la production alimentaire locale et obtenir 100% de l’énergie renouvelable dans le secteur de l’électricité d’ici 2045. La Colombie a annoncé le quadruplement de la taille du Sanctuaire de la faune et de flore de Malpelo, le portant à une superficie de 27.000 km2. Le Congrès de l’UICN a également vu de nouveaux engagements pris pour l’initiative du Défi de Bonn afin de restaurer 150 millions d’hectares de terres dégradées en 2050. Avec les dernières promesses du Malawi et du Guatemala, le total des engagements pris par 36 gouvernements, organisations et entreprises a maintenant dépassé les 113 millions d’hectares. Le prochain Congrès mondial de la nature aura lieu en 2020. Résolutions clés et recommandations adoptées par le Congrès de l’UICN Le commerce illégal de la faune Après d’intenses délibérations, les membres de l’UICN ont exhorté tous les gouvernements à fermer les marchés intérieurs de l’ivoire d’éléphant, compte-tenu des opportunités qu’ils créent pour le blanchiment de l’ivoire illégal. Les éléphants sont tués pour leurs défenses à travers l’Afrique, menaçant à la fois la survie des deux espèces de savane et de forêt, et les gardes des parcs et réserves. La lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages a également été au cœur d’une décision de l’UICN face à l’augmentation alarmante du braconnage de vigogne pour sa laine. Les membres de l’UICN ont demandé que des mesures soient mises en place pour promouvoir l’utilisation durable de la laine, et éliminer le commerce illégal, comprenant une plus grande traçabilité de la laine et une meilleure collaboration transfrontalière. Océans Les membres ont identifié la nécessité d’une législation internationale contraignante pour préserver la haute mer, et ont fixé un objectif ambitieux de 30% des zones marines à protéger pour 2030. Près des deux tiers de l’océan du monde se trouve au-delà de la juridiction des pays. Peuples autochtones Les membres ont également convenu de créer une nouvelle catégorie de membres de l’UICN pour les organisations des peuples autochtones, renforçant ainsi la prise en compte des droits des peuples autochtones sur la scène internationale. Un grand nombre de résolutions adoptées par les membres de l’UICN ont également soutenu le renforcement de leurs droits. Protection des forêts primaires Les membres
Définition des premières priorités mondiales de la conservation
Congrès mondial de la nature de l’UICN Honolulu, Hawai’i, 6 septembre (UICN) – Limiter le commerce illégal d’espèces menacées, promouvoir les solutions fondées sur la nature pour faire face aux changements climatiques, et prendre en compte la conservation de la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables : telles sont les premières priorités mondiales de la conservation définies aujourd’hui au Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule actuellement à Hawai’i. Les 85 motions adoptées par les 1300 Membres de l’UICN – gouvernements et société civile –, suite au premier vote électronique jamais organisé en août 2016, incluent notamment 8 premières motions présentées par les membres français de l’UICN sur la promotion des solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques, les financements pour la biodiversité de l’outre-mer européen, la coopération des aires protégées du plateau des Guyanes, l’engagement des entreprises pour la biodiversité, la prise en compte de la diversité génétique des forêts dans leur protection et gestion, l’intégration des enjeux de biodiversité dans le développement des énergies marines renouvelables, la protection des récifs coralliens et le renforcement du droit pénal de l’environnement. Par ailleurs, 14 questions mondiales de conservation seront débattues et votées au cours des prochains jours au Congrès de l’UICN, sur l’amélioration de la conservation de la haute mer, l’atténuation des effets du développement de l’huile de palme sur la biodiversité, la protection des forêts primaires et la fermeture des marchés intérieurs pour toutes les ventes d’ivoire, entre autres. Les Membres ont demandé de toute urgence des restrictions sauf cas exceptionnel sur le commerce de toutes les espèces de pangolins menacées, suivant en cela les recommandations de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Malgré les mesures de protection actuelle au niveau mondial et local, la survie de l’espèce est menacée par la surexploitation, le commerce illégal et la dégradation de son habitat. La pêche non-durable a été le sujet d’une autre décision, notamment la menace d’extinction imminente auquel fait face, au Mexique, le marsouin du golfe de Californie, En danger critique. Les gouvernements et ONG Membres de l’UICN ont appelé de toute urgence à une interdiction permanence de la pêche à filet maillant dans toute l’aire de répartition du marsouin dans l’océan Pacifique. Le marsouin est une prise accessoire de la pêche au totoaba. Les Membres de l’UICN ont également désigné les solutions fondées sur la nature comme des mesures de protection et de gestion des écosystèmes qui offrent des opportunités concrètes pour des problèmes sociétaux comme la sécurité hydrique et alimentaire, les changements climatiques, la réduction des risques de catastrophes, la santé humaine et le bien-être économique. Le concept de solutions fondées sur la nature est particulièrement pertinent pour atteindre les Objectifs de développement durable. Les Membres de l’UICN ont également recommandé la prudence quant à l’utilisation croissante de la « biologie synthétique », dont les conséquences sur la biodiversité et le bien-être humain sont encore floues. Selon cette décision, la communauté internationale de la conservation doit évaluer ce domaine émergent et ses impacts. Les motions sont proposées par les Membres de l’UICN tous les quatre ans pour définir des priorités de travail pour l’UICN – une union unique de Membres rassemblant 217 États et organismes gouvernementaux, 1066 ONG et des réseaux de plus de 16000 experts dans le monde.
Congrès mondial de la nature de l’UICN – Suivez toutes les actualités
Le Congrès mondial de la nature de l’UICN offre la possibilité de suivre toutes ses dernières nouvelles sur son site internet : Les avancées et résultats du congrès sont disponibles sur : http://iucnworldconservationcongress.org/fr L’UICN France et le Congrès : Le Congrès mondial de la nature de l’UICN a été l’occasion pour l’équipe du Comité français présente sur place de créer et d’animer un blog relatant les principaux événements auxquels elle participe : http://wcc2016.blogspot.com/
Le réchauffement des océans affecte la nature et les humains
La dernière étude sur le réchauffement des océans révèle l’ampleur de ses impacts sur la nature et les humains Honolulu, Hawai’i, 5 septembre (UICN) – Le réchauffement des océans affecte les humains de façon directe, et les impacts se font déjà sentir, y compris sur les stocks de poissons et les rendements agricoles, la violence des événements climatiques, et l’augmentation de risques provenant de maladies transmises par l’eau, selon ce qui est présenté comme l’étude la plus complète disponible sur le sujet, lancée le 5 septembre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule actuellement à Hawai’i. Le rapport, intitulé Explaining ocean warming: Causes, scale, effects and consequences, étudie les effets du réchauffement des océans sur les espèces, les écosystèmes et les bénéfices que les océans offrent aux humains. Rédigé par 80 scientifiques originaires de 12 pays, il présente les preuves scientifiques détectables d’impacts sur la vie marine, des micro-organismes jusqu’aux mammifères, et qui sont susceptibles d’augmenter significativement même en cas de scénario à faibles émissions. « Le réchauffement des océans est l’un des problèmes cachés les plus importants de cette génération – et pour lequel nous sommes totalement mal-préparés » affirme la Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen. « La seule façon de préserver la riche diversité de la vie marine et de conserver la protection et les ressources que l’océan nous fournit est de diminuer rapidement et significativement les émissions de gaz à effet de serre. » Le réchauffement des océans affecte déjà tous les écosystèmes, des régions polaires jusqu’aux régions tropicales, et conduit des groupes entiers d’espèces comme les planctons, les méduses, les tortues et les oiseaux de mer à remonter de 10 degrés de latitude vers les pôles. Cela entraîne la perte des aires de reproduction pour les tortues et les oiseaux de mer, et affecte les chances de succès de la reproduction des mammifères marins, selon ce rapport. En détruisant l’habitat des poissons et en poussant les espèces de poissons à se déplacer vers des eaux plus froides, le réchauffement des océans affecte les stocks de poissons dans certaines zones, et devrait entraîner une réduction des prises dans les régions tropicales, toujours selon ce rapport. En Afrique de l’Est et dans l’océan Indien occidental, par exemple, le réchauffement des océans a réduit l’abondance de certaines espèces de poissons en tuant certaines parties de récifs coralliens dont ceux-ci dépendent, ajoutant aux pertes causées par la surpêche et les techniques de pêche destructives. En Asie du Sud-est, les prises des pêcheurs en mer devraient diminuer de 10 à 30% d’ici à 2050 par rapport aux niveaux de 1970-2000, car la répartition des espèces de poissons se modifiera dans le cas d’un scénario de maintien du statu quo pour les émissions de gaz à effet de serre. « Une grande partie de la chaleur issue du réchauffement anthropique depuis les années 1970 – un ahurissant 93% – a été absorbée par l’océan, qui agit comme tampon face aux changements climatiques, mais cela a un coût. Nous avons été profondément étonnés par l’échelle et l’ampleur des effets du réchauffement de l’océan sur des écosystèmes entiers, ce que ce rapport a très bien montré » affirme Dan Laffoley, Vice-président Milieu marin de la Commission mondiale des aires protégées de l’UICN, et l’un des principaux auteurs. Le rapport présente également les preuves que le réchauffement des océans entraîne une augmentation des maladies dans les populations végétales et animales, et a un impact sur la santé humaine, car les agents pathogènes (notamment la bactérie porteuse du choléra et certaines proliférations algales responsables de maladies neurologiques comme la ciguatera) se diffusent plus facilement dans des eaux plus chaudes. Le réchauffement des océans affecte également le climat, avec diverses répercussions sur les humains. Le nombre d’ouragans violents a augmenté à un taux d’environ 25-30% par degré de réchauffement mondial, selon le rapport. Le réchauffement des océans a conduit à une augmentation des précipitations dans les latitudes moyennes et les zones de moussons, et à une diminution des précipitations dans diverses régions sous-tropicales. Ces changements auront des effets sur les rendements des cultures dans d’importantes régions agricoles comme l’Amérique du Nord et l’Inde, selon ce rapport. La protection offerte par les océans et leurs écosystèmes contre les changements climatiques – comme l’absorption de grandes quantités de CO2 et la protection des orages et de l’érosion – est susceptible de se réduire parallèlement au réchauffement des océans, toujours selon ce rapport. Les recommandations du rapport incluent : la reconnaissance de la gravité des impacts du réchauffement des océans sur les écosystèmes océaniques et les avantages offerts aux humains, le développement des aires marines protégées, la mise en place d’une protection juridique pour la haute-mer, une meilleure évaluation des risques sociaux et économiques associés au réchauffement des océans, la réduction des lacunes dans les connaissances scientifiques, ainsi que la réduction rapide et significative des émissions de gaz à effet de serre. La conservation des océans est l’un des principaux thèmes abordés par le Congrès de l’UICN qui se déroule actuellement, où les Membres de l’UICN voteront sur des motions liées à la protection de la haute-mer et aux aires protégées en Antarctique, entre autres.
Un partenariat pour les Zones Clés pour la Biodiversité
Des acteurs clés de la conservation s’unissent pour cartographier, monitorer et préserver les sites vitaux pour le maintien de la vie sur Terre Hawaii, 3 septembre 2016 – 11 des principales organisations mondiales de la conservation de la nature annoncent un nouveau et ambitieux partenariat pour identifier, cartographier, monitorer et préserver les Zones Clés pour la Biodiversité (ZCB) – des sites qui abritent notamment des habitats vitaux pour les espèces menacées – en y engageant plus de 15 millions de dollars dans les cinq années à venir. Cette annonce a été effectuée pendant le Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tient actuellement à Hawaii, États-Unis d’Amérique. Le Partenariat pour les ZCB permettra de mobiliser des ressources et des compétences afin d’identifier et de cartographier les Zones Clés pour la Biodiversité dans le monde entier. Le suivi de ces sites permettra de détecter des menaces potentielles et de définir des mesures de conservation pertinentes. Le Partenariat apportera aussi des conseils aux gouvernements nationaux en vue de l’expansion de leur réseau d’aires protégées, et collaborera avec le secteur privé afin d’aider les entreprises à réduire et à atténuer l’impact de leurs activités sur la nature. « Il s’agit d’une initiative d’une importance vitale pour la biodiversité de notre planète, » dit Braulio Ferreira de Souza Dias, Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique. « Ce Partenariat renforcera les efforts de conservation sur le plan mondial en mettant en lumière des sites d’importance internationale qui nécessitent des mesures de conservation urgentes. Il contribuera aussi à atteindre les objectifs du Plan stratégique pour la biodiversité et permettra aux gouvernementaux nationaux et aux organisations environnementales de veiller à ce que les moyens limités dont on dispose soient affectés aux sites vitaux pour la nature. » L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a travaillé avec des centaines d’experts et de décideurs afin d’élaborer un Standard mondial pour l’identification des Zones Clés pour la Biodiversité. Ce Standard sera également présenté lors du Congrès mondial de la nature, lundi 5 septembre. « Notre planète est à la croisée des chemins et nous devons d’urgence prendre des mesures si nous voulons qu’elle soit en mesure de continuer à assurer notre existence, » dit Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Connaître l’emplacement et les raisons pour lesquelles un site est considéré comme vital pour la survie d’espèces menacées est un élément essentiel de tout développement durable et deviendra crucial pour la réalisation des Objectifs du développement durable. » Plus particulièrement, les informations relatives aux Zones Clés pour la Biodiversité contribueront à atteindre l’Objectif de développement durable 14, relatif à la conservation et l’utilisation durable des océans, et l’Objectif 15, sur la gestion des forêts, la lutte contre la désertification et l’arrêt du processus de dégradation des sols. Le Partenariat pour les ZCB peut tirer profit du solide bilan des partenaires en matière d’identification, suivi et préservation de sites. Depuis 40 ans, BirdLife International a identifié plus de 13 000 Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux et de la Biodiversité, terrestres et marines, dans toutes les régions du monde, par le biais de ses 120 partenaires nationaux et d’autres acteurs, tandis que le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques a apporté son appui à l’identification de 6000 Zones Clés pour la Biodiversité dans les « points chauds » de la biodiversité mondiale. Plus de 18 000 Zones Clés pour la Biodiversité, d’importance mondiale et régionale, ont été identifiées et cartographiées, dont le Parc national Ujung Kulon en Indonésie, qui abrite la dernière population connue du Rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus), classé En danger critiques d’extinction, et la zone marine protégée de Molokai à Hawaii, dont les eaux peu profondes sont le seul site connu du corail Porites pukoensis, En danger critique d’extinction. Le nouveau partenariat va fédérer tous ces efforts sous une bannière commune : les Zones Clés pour la Biodiversité. Le réseau de ZCB sera étendu à d’autres espèces et écosystèmes en utilisant le Standard mondial des ZCB. Ces données permettront d’orienter les décideurs pour reconnaître les zones nécessitant une sauvegarde et aideront un grand nombre d’utilisateurs à définir leurs priorités en matière de conservation, respecter les engagements pris au niveau international et mettre en œuvre leurs politiques environnementales. Les partenaires de cette initiative pour les ZCB sont les suivants : l’Amphibian Survival Alliance, BirdLife International, Conservation International, le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques, le Fonds pour l’environnement mondial, Global Wildlife Conservation, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), NatureServe, la RSPB, la Wildlife Conservation Society et le Fonds mondial pour la nature. « Promouvoir et mettre en œuvre des solutions de conservation efficaces nécessite d’avoir des stratégies globales clairement identifiées, » dit Naoko Ishii, directrice générale et présidente du FEM. « À cet égard, nous sommes fiers d’être l’un des membres fondateurs de ce nouveau partenariat pour aider à cartographier et à protéger certains aspects les plus précieux de la biodiversité de la planète. »
Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN
Quatre grands singes sur six sont à un pas de l’extinction, selon la Liste rouge de l’UICN Honolulu, Hawai’i, 4 septembre 2016 (UICN) – Le plus grand primate vivant, le Gorille de l’Est, est classé En danger critique d’extinction en raison de la chasse illégale, d’après la plus récente mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™, rendue publique à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tient en ce moment à Hawaï. Quatre espèces de grands singes sur six sont maintenant En danger critique d’extinction – donc à un pas de la disparition – et une forte menace d’extinction pèse également sur les deux autres espèces. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN fait aussi état du déclin du Zèbre des plaines suite à la chasse illégale, et du danger croissant d’extinction subi par la flore d’Hawai’i en raison des espèces envahissantes. Sur les 415 espèces végétales endémiques d’Hawai’i évaluées pour cette publication, 38 sont éteintes et quatre autres espèces sont classées dans la catégorie Éteint à l’état sauvage, c’est-à-dire qu’on ne les trouve qu’en culture. La Liste rouge comporte maintenant 82 954 espèces, dont 23 928 sont menacées d’extinction Mammifères menacés par la chasse illégale Le Gorille de l’Est (Gorilla beringei) passe de la catégorie En danger à En danger critique d’extinction, suite à un déclin catastrophique de sa population, réduite de plus de 70% en 20 ans. Elle est actuellement estimée à moins de 5000 individus. Le Gorille de Grauer ou Gorille des plaines orientales (G. b. graueri), l’une des deux sous-espèces du Gorille de l’Est, qui comptait 16 900 individus en 1994, a perdu 77% de sa population depuis ; elle était ramenée à 3800 individus en 2015. Il est illégal de tuer ou de capturer des grands singes ; cependant la chasse représente le danger le plus grave pour les gorilles des plaines orientales. La seconde sous-espèce du Gorille de l’Est, le Gorille de montagne (G. b. beringei) se porte mieux ; ses effectifs ont augmenté et comptent près de 880 individus. Quatre grands singes sur six (le Gorille de l’Est, le Gorille de l’Ouest, l’Orang-outan de Bornéo et l’Orang-outan de Sumatra) sont maintenant classés En danger critique d’extinction, tandis que le Chimpanzé et le Bonobo sont classés En danger. « Voir glisser vers l’extinction le Gorille de l’Est, qui nous est étroitement apparenté, est vraiment consternant », dit Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Nous vivons une époque de mutations extrêmes et chaque mise à jour de la Liste rouge de l’UICN nous montre que la crise mondiale de l’extinction avance très vite. Les mesures de conservation donnent des résultats, nous en avons chaque jour plus de preuves. Nous devons redoubler d’efforts pour inverser la tendance et sauvegarder l’avenir de notre planète. » Le Zèbre des plaines (Equus quagga), autrefois abondant et répandu, passe de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé. Réduite de 24% depuis 14 ans, sa population, qui comptait près de 660 000 individus, dépasse à peine les 500 000 selon les estimations actuelles. Dans de nombreux pays, l’espèce n’est présente que dans les aires protégées ; cependant, une réduction des effectifs a été constatée dans 10 des 17 pays de l’aire de répartition depuis 1992. Le Zèbre des plaines est menacé par la chasse, pour la viande de brousse et les peaux, en particulier quand les animaux sortent des aires protégées. Trois espèces d’antilopes d’Afrique, le Céphalophe à bande dorsale (Cephalophus dorsalis), le Céphalophe à ventre blanc (Cephalophus leucogaster) et le Céphalophe à dos jaune (Cephalophus silvicultor) passent de la catégorie Préoccupation mineure à Quasi menacé. Si les populations de ces espèces se trouvant à l’intérieur d’aires protégées sont relativement stables, ailleurs elles déclinent en raison de la persistance de la chasse illégale et de la destruction de leurs habitats. « La chasse illégale et la destruction des habitats restent des menaces majeures qui poussent vers l’extinction de nombreuses espèces de mammifères», dit Carlo Rondinini, chargé de la coordination de l’évaluation des mammifères à l’Université La Sapienza de Rome. « Nous avons maintenant réévalué la moitié de tous les mammifères. Quelques réussites sont certes à célébrer, mais ces nouvelles données doivent nous guider pour la conservation des espèces qui restent menacées. » La flore d’Hawai’i menacée par les espèces envahissantes Des espèces envahissantes (porcs, chèvres, limaces, goyaves…) sont en train de détruire la flore naturelle d’Hawai’i. Les données les plus récentes montrent que 87% des espèces de flore endémique d’Hawai’i évaluées jusqu’à présent pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN (sur près de 1093 espèces de plantes endémiques) sont menacées d’extinction, dont le magnifique ‘Ohe kiko’ola (Polyscias waimeae) (En danger), un arbre à fleurs présent uniquement sur l’île de Kauai. 38 espèces sont classées Éteintes, dont l’arbuste ‘Oha Wai (Cyanea eleeleensis) et Hibiscadelphus woodii. Quatre espèces sont classées dans la catégorie Éteint à l’état sauvage, dont Cyanea superba, vue pour la dernière fois à l’état sauvage en 2003. Les espèces envahissantes représentent la menace principale pour toutes ces espèces ; il s’agit souvent de plus d’une espèce envahissante. Les espèces non encore évaluées seront probablement aussi très menacées. « Hawaiʻi est un échantillon de la nature sous son meilleur jour, avec des exemples spectaculaires d’évolution, mais son avenir est incertain en raison de l’impact des espèces envahissantes, ce qui montre comment des actions humaines peu judicieuses peuvent faire que la nature se tourne contre elle-même », explique Matt Keir, membre du Groupe de spécialistes de la flore d’ Hawaiʻi de la CSE de l’UICN. « Ce qui se passe à Hawaiʻi permet de prédire ce qui se passera dans d’autres îles ou systèmes écologiques confinés. Hawaiʻi et d’autres nations doivent prendre des mesures urgentes pour arrêter la propagation des espèces envahissantes et protéger les espèces ayant des populations peu nombreuses. » Cyanea remyi, une plante à fleurs appelée haha en hawaïen, est l’une des 105 espèces de plantes de Hawai’i extrêmement rares
Le monde protège désormais près de 15% de ses terres
Le monde protège désormais près de 15% de ses terres, mais des zones cruciales pour la biodiversité restent oubliées Près de 15% des terres de notre planète et 10% de ses eaux territoriales sont couvertes par des parcs nationaux et autres aires protégées. La couverture des aires marines protégées a augmenté de presque 300% au cours des dix dernières années. Cependant, dans le monde, huit zones clés pour la biodiversité sur dix ne bénéficient pas d’une protection complète. Avec 14,7% des terres et 10% des eaux territoriales protégées, le monde est en bonne voie pour réaliser un objectif majeur de la conservation mondiale, selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), lancé le 3 septembre au Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule actuellement à Hawai’i. Cependant, le rapport Planète protégée 2016 souligne également que des zones cruciales pour la biodiversité sont oubliées, des espèces et habitats essentiels sont sous-représentés, et l’efficacité des aires protégées est limitée par une gestion inadéquate. « Les avancées énormes que nous avons faites ces dix dernières années en termes de nombre et de taille des aires protégées doivent aller de pair avec des améliorations de leur qualité », souligne le Directeur du PNUE, Erik Solheim. « Le monde doit faire plus pour protéger efficacement nos espaces biologiques les plus divers. Les aires protégées doivent être mieux connectées, afin de permettre aux populations animales et végétales de se mélanger et s’épanouir. Il est également important de veiller à ce que les communautés locales soient impliquées dans les efforts de protection. Leur soutien est fondamental pour la conservation à long terme. » « Aujourd’hui, le monde fait face à des défis environnementaux et sociétaux de taille, comme les changements climatiques, la sécurité hydrique et alimentaire » affirme la Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen. « Les aires protégées jouent un rôle essentiel dans la conservation d’espèces et d’écosystèmes qui nous aident à lutter contre ces problèmes. Il est donc crucial de garantir leur cartographie soigneuse et leur gestion efficace si nous voulons continuer à prospérer sur notre planète. » Selon les scientifiques du Centre mondial de surveillance de la conservation de l’UICN et du PNUE, il existe aujourd’hui 202 467 aires protégées qui couvrent presque 20 millions de kilomètres carrés, soit 14,7% des terres du monde, Antarctique exclue. Nous sommes donc un peu en dessous de l’objectif de 17% établi pour 2020 par la Convention sur la diversité biologique dans le cadre des Objectifs d’Aichi pour la biodiversité. La couverture terrestre des aires protégées a diminué de 0,7% depuis le dernier rapport Planète protégée. Cependant, les scientifiques attribuent davantage ce déclin aux flux dans les données – modifications de frontières, suppression de certains grands sites de la Base de données mondiale sur les aires protégées, amélioration de la qualité des données – plutôt qu’à une diminution réelle dans la couverture sur le terrain. Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont ceux qui protègent la plus grande part de leurs terres, avec presque 5 millions de kilomètres carrés au total. Le Brésil compte pour environ la moitié, et peut s’enorgueillir de posséder le plus grand système d’aires protégées terrestres au monde, avec 2,47 millions de kms². Le Moyen-Orient a le taux de protection terrestre le moins élevé, à environ 3%, ce qui équivaut à environ 119 000 kilomètres carrés. La décennie passée a été témoin de progrès remarquables dans la protection des océans du monde. La taille des aires marines protégées a augmenté, passant d’un peu plus de 4 millions de kms² en 2006 à près de 15 millions de kms² aujourd’hui, soit 4% des océans de notre planète, une zone équivalente à la taille de la Russie. Mais malgré cette augmentation, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la qualité des aires protégées. Zones d’importance pour la biodiversité Actuellement, moins de 20% des Zones clés pour la biodiversité du monde sont entièrement couvertes par des aires protégées. Manque de gestion efficace Moins de 20% des pays ont rempli leurs engagements pour évaluer la gestion de leurs aires protégées, ce qui soulève des questions quant à la qualité et l’efficacité des mesures existantes en faveur de la conservation. Les aires protégées sont fondamentales pour le développement durable Le rapport recommande d’investir dans les aires protégées pour renforcer la gestion durable de la pêche, contrôler les espèces envahissantes, s’adapter aux changements climatiques et réduire les incitations préjudiciables, comme les subventions, qui menacent la biodiversité. L’adoption de ces recommandations aiderait à mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité, améliorerait la sécurité hydrique et alimentaire, permettrait aux communautés humaines vulnérables de mieux lutter contre les catastrophes naturelles et conserverait les connaissances traditionnelles. Consultez le rapport (en anglais)
Extension du Papahānaumokuākea Marine National Monument
Annonces lors de la Cérémonie d’ouverture du Congrès mondial de la nature Lors de la cérémonie d’ouverture, le gouverneur d’Hawaï David Ige a dévoilé de nouveaux projets à l’échelle de l’Etat pour redoubler d’effort sur l’usage des énergies renouvelables et la protection des océans, tout en respectant les droits des indigènes. Il s’agit de « gérer efficacement 30% des eaux côtières d’Hawaï d’ici à 2030 », y compris les précieux récifs de coraux, à la base de l’industrie touristique pesant près de 360 millions de dollars par an, a déclaré le gouverneur. Il s’est engagé à doubler la production de nourriture sur le territoire hawaïen d’ici à 2020. « Comme le canoë de voyage hawaïen, nous sommes un seul canoë, une seule île, une seule terre. Nous ne pouvons pas nous permettre de tout gâcher », a-t-il ajouté. LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET L’ATTÉNUATION DE LEURS EFFETS Le président américain Barack Obama s’est rendu à Hawaï durant le congrès, s’entretenant avec des responsables du Pacifique peu après son arrivée sur l’île. Barack Obama a appelé à l’unité dans le combat contre le réchauffement climatique, alors que les nations insulaires sont menacées par la montée des eaux. « Des pays comme les vôtres ressentent évidemment une urgence particulière à ce sujet », a-t-il affirmé. « Les plus gros émetteurs (de gaz polluants ndlr), comme mon pays ou la Chine, ont une responsabilité spéciale, de s’assurer que les pays qui sont volontaires pour jouer un rôle surmontent la phase difficile de développement, pour arriver vers une stratégie énergétique propre. » LA CONSERVATION DES OCÉANS Barack Obama a rappelé que les Etats-Unis, le Canada et le Mexique se sont engagés à tirer 50% de leur électricité à partir d’énergies propres d’ici à 2025. Plus tard dans la journée, Barack Obama s’est envolé vers les îles Midway, à l’extrême nord-ouest de l’archipel de Hawaï. L’atoll est au cœur de la réserve marine Papahanaumokuakea, dont M. Obama a annoncé le quadruplement de la surface protégée pour en faire la plus grande réserve marine au monde. LE TRAFIC D’ESPÈCES SAUVAGES Le congrès mondial de la nature rassemble des responsables de la protection de l’environnement, afin de débattre notamment de braconnage illégal, trafic d’ivoire et agriculture durable. Le forum fournira le 4 septembre une mise à jour de la Liste Rouge de l’IUCN, qui répertorie les espèces menacées ou en voie d’extinction, et évalue leur risque de disparition. La ministre américaine des Affaires intérieures et des Ressources naturelles, Sally Jewell, a appelé à la mobilisation contre le « fléau » du trafic animalier : « Les Etats-Unis font partie du problème. Nous devons faire partie de la solution. » Le congrès mondial de la nature est vu comme une occasion de trouver un terrain d’entente sur des décisions difficiles et pour jeter les bases des futures conférences, dont la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), qui doit se tenir mi-septembre à Johannesburg en Afrique du Sud. Lors du Congrès, environ 1300 organisations Membres de l’UICN – dont les organisations gouvernementales et de la société civile de 160 pays les plus influentes – décideront collectivement des mesures à prendre pour apporter une solution aux défis les plus pressants et souvent controversés de la conservation et du développement durable. Une centaine de motions devraient être adoptées par ce parlement environnemental mondial unique de gouvernements et d’ONG, lesquelles deviendront alors des Résolutions ou des Recommandations de l’UICN, appelant les tiers à agir.