Schéma minier de Guyane : fin de la consultation publique

Le schéma minier de Guyane, que les ONG appelaient de leurs vœux, est en cours de finalisation. Le Comité français de l’UICN, France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot et le WWF rendent publiques les recommandations, présentées dans le cadre de la consultation publique ouverte en Guyane sur ce dossier. France Nature Environnement, le Comité français de l’UICN et le Gepog sont à l’origine d’une étude intitulée « Or vert contre Or jaune » publiée en février 2007, qui a posé les bases d’un document de planification de l’exploitation minière en Guyane. Les tables rondes du Grenelle de l’environnement, et notamment le groupe « activités extractives » du Comité opérationnel outre-mer, ont arrêté en janvier 2008 la réalisation d’un schéma de zonage et de planification des activités extractives en Guyane. Le préfet Yves Mansillon a été nommé, par le Président de la République, Commissaire de la réalisation du schéma départemental de Guyane, lequel devait être adopté dans le courant de l’année 2008. Le Comité français de l’UICN, France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot, le WWF France, la LPO et les ONG guyanaises, se sont mobilisés en fin d’année 2009, pour rappeler au gouvernement ses engagements concernant l’encadrement de l’orpaillage en Guyane. Les ONG se mobilisent à nouveau à l’occasion de la consultation publique pour que le schéma minier intègre trois fondamentaux qui restent à clarifier.   Les incontournables du SDOM Trois points sont déterminants pour un schéma départemental d’orientation minière cohérent. 1. Le respect de toutes les zones disposant d’un statut de protection réglementaire ou faisant l’objet d’inventaires d’intérêts écologiques (telles que les ZNIEFF de type 1 et les séries d’intérêt écologique définies par l’ONF) ; Afin d’être compatible avec les préconisations du Grenelle, les activités minières devront respecter les secteurs riches en biodiversité. Il est ainsi nécessaire d’interdire la conduite d’activités minières dans des zones disposant d’un statut de protection réglementaire quel qu’il soit ou ayant fait l’objet d’inventaires d’intérêt écologique (ZNIEFF de type 1 et les séries d’intérêt écologique définies par l’ONF). 2. L’encadrement de l’orpaillage alluvionnaire ; Même si les effluents sont contenus et traités, l’orpaillage alluvionnaire engendre des perturbations importantes pour les milieux naturels et les espèces comme les poissons et les batraciens. La concertation menée dans le cadre de la préparation du SDOM ayant défini les conditions d’un compromis jugé acceptable entre activité socioéconomique et impacts environnementaux, il importe de renforcer la réglementation afin de limiter les effets des exploitations alluvionnaires sur le régime et la qualité des eaux. Les dispositions relatives aux exploitations en lit mineur et majeur des cours d’eau, ainsi que les normes de rejet, devront être définies par un arrêté préfectoral et respecter les prescriptions du SDAGE. 3. L’adoption d’une gouvernance adaptée pour la commission départementale des mines (avec un droit de vote attribué au PAG). Le Grenelle de l’environnement a, pour la première fois, adopté une gouvernance intégrant toutes les parties prenantes. Cette logique de décision a été recommandée par le Président de la République. La Commission départementale des mines devra respecter le mode de gouvernance grenellien et intégrer, avec les mêmes droits de vote, toutes les parties prenantes de la question de l’orpaillage en Guyane. En conséquence, et du fait de leur expertise ou des contraintes que l’activité pourrait leur faire subir, un siège et un droit de vote devrait a minima être accordé au conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN), au Parc amazonien de Guyane, et aux communautés indigènes.   Documents à télécharger : Communiqué de presse Or vert contre or jaune – Quel avenir pour la Guyane ?   Document joint CP SDOM Guyane 2010

L’UICN France signe la convention pour une hydroélectricité durable

Ce mercredi 23 juin 2010, l’UICN France et plusieurs associations nationales de protection de l’environnement se sont engagées aux côtés de l’Etat, des représentants des collectivités locales et de l’ensemble des hydro-électriciens, à entrer dans une nouvelle gouvernance basée sur la concertation pour tenter de construire l’hydroélectricité de demain. Comment concilier production d’hydroélectricité et protection de la biodiversité ? Comment harmoniser la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l’Eau, qui nous oblige à aller vers le « bon état écologique » des milieux aquatiques avec la volonté, par exemple, de mettre en oeuvre le règlement anguille, d’une part, et d’atteindre 23% d’énergies renouvelables dans la consommation française d’énergie à l’horizon 2020, d’autre part ? Comment effacer, dans le consensus, les ouvrages les plus dommageables pour les poissons migrateurs ? Comment gérer au mieux l’héritage des 60 000 ouvrages construits sur les 500 000 kilomètres de rivières françaises ? Comment installer dans les meilleures conditions possibles de nouvelles capacités de production et sortir de la très grande conflictualité qui accompagne tout projet d’aménagement hydroélectrique dans notre pays ? Comment renouveler des concessions dans un parc vieillissant ? Comment préserver les ultimes « rivières sauvages », joyaux d’un capital naturel en sursis ? Bref, comment passer à une hydroélectricité plus durable ? En effet, si les barrages produisent un courant parfaitement renouvelable, l’électricité mise sur le marché est loin d’être « verte par nature ». Son impact sur les milieux aquatiques reste significatif, depuis la disparition des populations de poissons migrateurs dont le saumon atlantique jusqu’à l’érosion des fleuves et du littoral, suite à la rétention des sédiments dans les retenues en passant par la dégradation de la qualité de l’eau. Depuis septembre 2008, tous les acteurs concernés (élus, EDF, GDF Suez, Union Française de l’Electricité, France Hydro, Electricité Autonome de France et les ONG) se sont réunis pour élaborer un projet de « Convention d’engagements pour le développement d’une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux aquatiques suite au Grenelle de l’environnement ». Au cœur de ce projet d’accords, à la gouvernance inspirée du Grenelle de l’environnement, se trouvait, notamment, l’engagement Grenelle, d’aménager les obstacles les plus problématiques pour la migration des poissons dans l’objectif d’atteindre ou de conserver, d’ici à 2015, le bon état écologique ou le bon potentiel pour les masses d’eau superficielles. Une autre contrainte forte était la fixation de l’objectif chiffré du nombre de TWH supplémentaires provenant de l’hydro-électricité. En juillet 2008, le Ministre d’Etat à l’Energie et à l’Ecologie donnait un cap d’augmentation nette de 7 TWH d’ici 2020, pour le secteur de l’hydro-électricité. Cet objectif a été réduit à 3 TWH en décembre 2009 au cours de la négociation. En novembre 2009, un autre pas très important avait été franchi avec l’annonce, par Mme. la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, d’effacer les deux barrages de Vezins et La Roche qui Boit sur la Sélune, dans la Manche, dans le cadre du « Plan de renaturation de la continuité écologique des cours d’eau ». Un autre pas devrait être fait avec l’effacement et le remplacement du barrage de Poutès, sur le haut Allier, une des dernières « rivières sauvages » d’Europe. Aujourd’hui, pour mettre en œuvre des solutions et restaurer les écosystèmes aquatiques sans pour autant augmenter les émissions de gaz à effet de serre, la grande majorité des ONG s’engage aux côtés des représentants des collectivités locales, de la totalité des hydro-électriciens et des services de l’Etat pour tenter de construire l’hydroélectricité de demain. Le chantier est immense, et la situation ne va pas changer du jour au lendemain. En effet, le fossé entre aménageurs et écologues est encore très large, comme en témoigne le chantier en cours du barrage du Rizzanese, sur la plus belle rivière de Corse. Les ONG signataires saluent, sans réserve, une avancée majeure et font le pari que la coopération qui commence sera riche d’engagements tenus, pour le bénéfice de tous.   Document joint Communiqué de presse Convention pour une hydroélectricité durable

L’appel citoyen pour la biodiversité s’affiche aux Eurockéennes 2010

Du 2 au 4 juillet 2010, les Eurockéennes seront le relais de la campagne « La biodiversité c’est ma nature », initiée par six ONG (Comité français de l’UICN, Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, Ligue ROC, LPO, WWF), afin que la biodiversité devienne une grande cause partagée. Avec Eurockéennes Solidaires, Territoire de musiques, association organisatrice du festival, réaffirme les valeurs de partage, de solidarité et de citoyenneté qui sont à l’origine du festival belfortain. Elle mobilise son public autour de trois grandes causes : ENVIRONNEMENT, HANDICAP, INSERTION DES JEUNES.   La biodiversité est « La grande cause 2010 » du festival. La campagne « La biodiversité c’est ma nature » sera présentée dans l’espace Environnement, aux côtés des actions de trois grands réseaux de la protection de la biodiversité en France : les Conservatoires d’espaces naturels, les Réserves naturelles de France et la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux). En devenant partenaire des Eurockéennes solidaires, le collectif d’ONG « La biodiversité c’est ma nature » compte sur le fort pouvoir de mobilisation du festival pour relayer la campagne et sensibiliser le grand public à la biodiversité, sur le terrain, dans un esprit festif et participatif. En pratique… Du 2 au 4 juillet, les festivaliers pourront découvrir sur le stand de « La biodiversité c’est ma nature », les différents volets de la campagne : lire et signer l’Appel Citoyen pour la biodiversité, s’informer sur des moyens d’agir, au quotidien, pour préserver la biodiversité, créer son portrait biodiversité en se faisant photographier sur le stand et connaître les liens qui unissent musique & biodiversité. Christophe Aubel (Directeur Ligue Roc, Vice-Président UICN France) et Bruno Genty (Président FNE), représentants du collectif « La biodiversité c’est ma nature », seront présents sur le stand le vendredi 2 juillet et participeront le même jour à la conférence de presse de lancement du programme Eurockéennes Solidaires à 11h45 sur le site du festival. www.LaBiodiversiteCestMaNature.org www.eurockeennes.fr Document joint Communiqué de presse Biodiversité & Eurockéennes

Objectif biodiversité 2010 non atteint : l’UICN France demande une nouvelle stratégie

En 2001, l’Union Européenne s’engageait à stopper l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2010. Pour répondre à cet engagement et à ceux de la convention sur la diversité biologique, la France a adopté sa Stratégie nationale pour la biodiversité et lancé 11 plans d’action. Aujourd’hui, force est de constater que l’objectif fixé n’a pas été atteint. En cette année internationale de la biodiversité, la France doit redéfinir une nouvelle stratégie à la hauteur des enjeux et de ses responsabilités. La biodiversité continue de se dégrader sur le territoire français comme le montrent les derniers chiffres de la Liste rouge des espèces menacées en France : 1 espèce d’oiseaux sur 4, 1 espèce d’amphibiens, de reptiles et de poissons d’eau douce sur 5, 1 espèce de mammifères sur 10, ou encore 1 espèce d’orchidées sur 6 risquent de disparaître en métropole. Outre-mer, 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde sont présentes et nos récifs coralliens sont endommagés de 10 à 80 % selon les territoires. La stratégie nationale pour la biodiversité a permis de commencer à intégrer les enjeux de biodiversité dans les grandes politiques publiques (agriculture, infrastructures de transport, mer, tourisme…). Des progrès ont été accomplis et la prise en compte de la biodiversité s’est améliorée. Sur les 10 dernières années, les espaces naturels protégés progressent en nombre (+32%) et en surface (+20%), ainsi que les financements dédiés à la protection de la biodiversité, notamment grâce à l’implication des collectivités locales et des entreprises. Pourtant, toutes ces actions restent encore nettement insuffisantes pour freiner les pressions qui s’exercent sur la biodiversité. Les tendances lourdes comme l’artificialisation du territoire, l’intensification agricole et l’exploitation excessive de la mer se poursuivent à un rythme important. Une simple révision de la stratégie nationale pour la biodiversité ne sera pas suffisante : elle doit être redéfinie et largement renforcée. Le portage politique devra être assuré aux plus hauts niveaux de l’Etat et ses résultats doivent être présentés chaque année devant le Parlement. Des moyens humains et financiers nouveaux devront être mobilisés pour répondre aux ambitions affichées. Le caractère « national » de cette stratégie doit être impérativement développé : elle doit être un cadre commun qui incite et mobilise tous les acteurs de la société (Etat, établissements publics, associations, collectivités locales, entreprises, citoyens…) à agir ensemble pour préserver la biodiversité. Elle doit influencer beaucoup plus efficacement les grandes politiques publiques, dont plusieurs prennent insuffisamment en compte la biodiversité. Enfin, la stratégie devra être complétée dans des domaines importants, non couverts actuellement, comme l’éducation et l’économie. En cette année internationale de la biodiversité, la France, pays particulièrement riche en biodiversité au niveau mondial grâce à l’outre-mer, doit soutenir des propositions à la hauteur des enjeux et de ses responsabilités, à travers le renforcement de sa stratégie nationale et d’autres initiatives proposées lors du dernier Congrès français de la nature (20 janvier 2010, Paris). Elle doit avoir une action exemplaire lors de la 10ième conférence des parties de la Convention sur la Diversité Biologique (Nagoya, octobre 2010), où un nouvel objectif et d’un nouveau cadre d’action international seront adoptés.   Documents joints CP SNB 2010 UICN France Bilan SNB 2004 2010 UICN France Résolution AIB 2010 UICN France