Conférence de Carthagène : la région Caraïbe au chevet des océans

La France accueille  cette semaine  la 14ème Conférence des Parties (COP) de la Convention de Carthagène, qui regroupe 25 Etats riverains de la Grande Caraïbe autour de la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région. Les travaux ont débuté ce lundi 13 mars à Cayenne en Guyane : le Comité français de l’UICN participe aux travaux et négociations.  Les délégués des 25 Etats signataires de la convention de Carthagène pour  la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (signée en Colombie en 1983) se sont retrouvés à Cayenne, en Guyane, lundi 13 mars. L’objectif principal est de s’accorder sur une nouvelle feuille de route autour des 3 protocoles de la convention: le protocole SPAW (Specially Protected Areas and Wildlife) qui liste des espèces et aires marines à protéger ; le protocole LBS (Land-Based Sources and Activities) qui vise à lutter contre les pollutions d’origine terrestre déversées dans les océans ; et le protocole Oil Spill pour renforcer les mesures de prévention des risques de marées noires par le biais d’une coopération régionale (consulter les documents de la conférence). La Convention de Carthagène et ses protocoles, placés sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), sont contraignants pour ses Parties : les décisions prises engagent véritablement les Etats de la région qui s’étend a Guyane à la Floride, et du Belize à la Barbade. Une première décision prise dès le début de la conférence est l’inscription de 8 espèces de requins dans le protocole SPAW, qui seront dorénavant protégés. Compte-tenu de ses enjeux pour la biodiversité d’outre-mer, le Comité français de l’UICN est présent durant toute la conférence à Cayenne, représenté par son Président, Bernard Cressens, et par sa coordinatrice du Pôle-relais zones humides tropicales, Gaëlle Vandersarren. Les enjeux de protection de la biodiversité des territoires ultra-marins français que sont la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane française, d’une exceptionnelle richesse,  sont très élevés : le capital naturel de ses territoires est indispensable à leur économie, qui repose notamment sur le tourisme, sujet sur lequel l’UICN France anime un atelier ce jeudi 16 mars. La Ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, préside vendredi 17 mars le segment ministériel de la Conférence, dans le but d’aboutir à une déclaration commune : l’appel de Guyane. Le document proposé appelle à une « reconquête de la biodiversité exceptionnelle de la Grande Région Caraïbe », notamment grâce aux aires marines protégées, à la mise en place de mesures de lutte contre les espèces exotiques envahissantes (notamment par la gestion des eaux de ballast), et des mesures chiffrées de protection des récifs coralliens, mangroves et herbiers dans le cadre de l’Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens (ICRI – actuellement présidée par la France) à l’horizon 2020. Le Comité français de l’UICN se félicite ainsi des décisions annoncées cette semaine par Ségolène Royal pour l’affectation de 658 hectares de mangroves en Martinique au Conservatoire du littoral, notre partenaire dans l’animation du Pôle-relais sur les zones humides tropicales, la création imminente du nouveau parc naturel marin de Martinique, et l’avancement du projet d’inscription des « volcans et forêts du nord de la Martinique » au patrimoine mondial de l’Unesco qui sera présenté en février 2018. S’il existe déjà de nombreux parcs, réserves et sanctuaires contribuant à protéger la biodiversité exceptionnelle de la Caraïbe, il est important que des moyens plus importants, à la fois humains et financiers, soit alloués à leur gestion.  Pour assurer une gestion efficace des aires protégées, des mesures de financement innovantes pourraient être mises en place au niveau régional, s’appuyant sur des sources de financement qui n’ont pas encore été assez exploitées : une contribution des croisiéristes, évoqué dans l’appel de Guyane, semble s’imposer. On peut aussi penser à d’autres pistes comme les taxes aéroportuaires, des charges d’entrée dans les parcs…il serait en effet logique que ceux qui viennent profiter des richesses écologiques de la région participent au financement de sa préservation. Des financements solides, pérennes, allant aux acteurs de terrain et consolidant les réseaux régionaux en place tels que Caribea initiative, CariWet et le Pôle-Relais pour les zones humides tropicales ou CaMPAM pour les aires marines protégées permettraient que de véritables actions soient prises pour protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes dont la bonne santé nous permet de relever directement d’autres défis de société comme le changement climatique, la santé ou la sécurité alimentaire – ce que nous appelons les Solutions Fondées sur la Nature. Le Comité français de l’UICN souhaite ainsi que cette conférence soit celle de l’action et que l’engagement des Etats, à travers l’appel de la Guyane, soit renforcé et opérationnel sur la biodiversité. Le Comité français soutient des propositions additionnelles pour améliorer le texte de l’appel avec des actions sur 1/ la restauration des populations de poissons-perroquets par des stratégies de conservation et gestion des pêches, qui correspond à une recommandation adoptée par l’Assemblée générale de l’ICRI en 2013, 2/ l’intégration des enjeux de biodiversité dans le développement de la transition énergétique, par une planification adéquate des projets d’ENR et en évitant, réduisant et compensant les impacts (application du triptyque ERC inscrit dans la loi biodiversité), 3/ le lancement et renforcement de plans d’actions sur les espèces les plus menacées, 4/ la restauration de 15% des écosystèmes dégradés d’ici 2020 et 5/ la lutte contres les pollutions d’origine terrestre (nitrates, phosphates, pesticides). CONTACT Anne Caillaud, Chargée de programme Outre-Mer

L’Outre-mer à l’honneur aux Journées mondiales des zones humides

Les zones humides seront particulièrement mises à l’honneur cette année dans les territoires ultramarins à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides (JMZH). Le thème de cette édition 2017, intitulée « les zones humides pour la prévention des risques de catastrophes », touche en effet particulièrement les territoires d’Outre-mer. Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-animé par l’UICN France, coordonne les animations dans les différents territoires.  DES ANIMATIONS EN OUTRE-MER ET PARTOUT DANS LE MONDE, PENDANT 1 MOIS! Si le 2 février est la date officielle de la journée mondiale des zones humides, des animations sont proposées tout au long du mois de février pour célébrer ces milieux exceptionnels. C’est l’occasion pour l’ensemble des acteurs des zones humides, en Outre-mer et partout dans le monde,  de se mobiliser pour faire découvrir au grand public leur richesse, leur importance et leur rôle pour l’humanité. En effet, les zones humides protègent les populations humaines d’une grande variété de catastrophes naturelles (inondations, submersions marines, tempêtes et cyclones, sécheresses…), aggravées par le changement climatique. Sur les littoraux, la végétation des zones humides tropicales telles que les vasières ou les mangroves forme une barrière naturelle et atténue les effets des vagues et du vent, stabilise les sédiments, permettant ainsi de lutter contre l’érosion et les risques de rupture du cordon littoral. Les récifs coralliens, considérés eux aussi comme des zones humides par la convention de Ramsar, jouent également un rôle prépondérant dans la protection des côtes lors de cyclones et tsunamis.   LE PROGRAMME EN OUTRE-MER Les acteurs des territoires ultramarins se sont mobilisés cette année pour mettre en place un programme d’animations riches et variées. Coordonnées par le Pôle Relais Zones Humides Tropicales (anciennement nommé « pôle relais mangroves & zones humides d’Outre-mer »,  co-animé par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du littoral depuis janvier 2017), ce sont plus d’une soixantaine d’activités qui seront ouvertes aux scolaires et grand public. Sorties nature, activités culturelles, expositions, conférences débat, projections…mettrons en lumière les atouts et les enjeux des zones humides tropicales. Retrouvez le Programme des animations ici: Tous les détails (dates, horaires, lieux, contacts…etc) de chaque animation sont accessibles ci-dessous : POUR PLUS D’INFORMATIONS Page du Pôle-relais zones humides tropicales  Contact: Gaëlle Vandersarren, coordinatrice du Pôle

L’UICN France devient co-coordinateur du Pôle-relais Zones humides tropicales

Le Pôle-relais Zones humides tropicales (auparavant « Pôle-relais mangroves et zones humides d’outre-mer »), qui œuvre à la protection des zones humides dans les territoires ultramarins tropicaux, se dote d’une nouvelle coordination. Une convention vient d’être signée entre le Conservatoire du Littoral, qui pilotait jusqu’ici le Pôle, et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN France), pour assurer conjointement la mise en œuvre de cette initiative qui célèbre ses 4 années d’existence.  LE PÔLE, C’EST QUOI ? Les Pôles-relais zones humides ont été créés en 2001 dans la lignée du Plan national d’actions en faveur des milieux humides pour accompagner les initiatives locales en faveur d’une gestion durable de ces milieux naturels. Ce réseau des 5 Pôles-relais est animé depuis 2008 par l’ONEMA (maintenant Agence Française pour la Biodiversité) qui apporte un appui au Ministère en charge de l’environnement pour soutenir la politique nationale en ce domaine. Ne concernant au départ que la métropole, un dernier-né a vu le jour en 2012 : le Pôle-relais mangroves et zones humides d’Outre-mer, animé par l’antenne de Guadeloupe du Conservatoire du Littoral. Pour renforcer et développer l’action de ce Pôle-relais, le Conservatoire a sollicité l’UICN France, très impliquée sur les questions de biodiversité ultramarine, pour co-animer ses activités. Les deux partenaires ont en effet des compétences géographiques et techniques complémentaires sur les zones humides ultramarines, et une légitimité reconnue pour animer un réseau en faveur de la conservation de ces milieux.   MIEUX PROTEGER LES ZONES HUMIDES DANS LES TROIS GRANDES REGIONS TROPICALES FRANÇAISES Les zones humides des Outre-mer tropicaux français (qui incluent mangroves, forêts marécageuses, mares intérieures, vasières, tourbières et marais littoraux) sont particulièrement menacées par les pressions humaines (développement d’infrastructures et d’aménagements littoraux, urbanisation, pollution, espèces exotiques envahissantes…), ces facteurs étant plus ou moins importants en fonction des territoires. Le Pôle-relais zones humides tropicales a pour mission d’accompagner et de promouvoir des initiatives locales exemplaires sur ces milieux, afin d’encourager in fine une meilleure protection des zones humides par tous les acteurs dans les territoires tropicaux français : Antilles françaises, Guyane, Mayotte, Iles éparses, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, et Polynésie française. Les quatre premières années de mise en place du Pôle ont permis de poser les bases nécessaires pour le développement institutionnel et structurel du Pôle, de constituer une base documentaire de référence, de lancer des actions de communication et de sensibilisation, et de faciliter les échanges et conseils auprès des différents acteurs. L’implication de l’UICN France va permettre d’étendre son périmètre d’action, en particulier dans les régions Océan Indien et Pacifique, et de développer son action en s’appuyant sur le réseau national et mondial de l’UICN. Le Pôle, dont la coordination se fera toujours depuis la Guadeloupe, souhaite également engager une démarche proactive pour encourager l’adoption de mesures de protection efficaces sur le terrain, et pour apporter un appui aux porteurs de projets ayant un impact sur les milieux humides.   UNE NOUVELLE PHASE QUADRIENNALE POUR CONSOLIDER LES ACTIONS ET ENCOURAGER LES DYNAMIQUES RÉGIONALES Le Pôle-relais, maintenant doté d’un bureau et d’un comité de pilotage réunissant les principaux partenaires et bailleurs de fonds, va se doter d’un plan d’action stratégique pour sa nouvelle phase 2017-2020. La mi ssion principale – constituer un réseau d’échanges entre les acteurs de la conservation des zones humides tropicales – englobe quatre objectifs : (1) encourager une meilleure protection et restauration de la santé des écosystèmes humides et de leur biodiversité, (2) faire connaître et apprécier les zones humides tropicales et leur valeur écologique, économique et patrimoniale, (3) favoriser une utilisation durable de ces milieux afin qu’ils soient préservés pour les générations à venir, et réduire les impacts directs et indirects et (4) favoriser une coopération régionale des territoires ultramarins avec les pays voisins confrontés à des problématiques similaires. C’est donc fort de ce nouveau partenariat que commence cette nouvelle phase, dans le but de changer les tendances de destruction négatives affectant les zones humides dans les territoires ultramarins tropicaux. POUR EN SAVOIR PLUS Page UICN du Pôle-relais Site internet du Pôle-relais Le Pôle sur Twitter Le Pôle sur Facebook

Lancement de la journée mondiale des zones humides 2017

La Journée mondiale des zones humides sera lancée le 2 février 2017, sur le marais de Brouage en Charente-Maritime. Elle réunira les partenaires de la JMZH, la presse et les acteurs locaux engagés dans la préservation des milieux humides. En 2017, le thème choisi par le bureau de la convention de Ramsar est « Les zones humides pour la prévention des catastrophes ». En effet, ces milieux protègent les populations d’une grande variété de catastrophes naturelles, y compris celles aggravées par le changement climatique. Ces milieux humides renforcent ainsi la résilience des territoires, telles de véritables infrastructures naturelles gratuites. Cette nouvelle édition met également à l’honneur la francophonie, en offrant la possibilité aux pays francophones de saisir en ligne leurs animations, de bénéficier de l’application BaladOmarais etc. Le français étant l’une des trois langues officielles de la convention de Ramsar avec l’anglais et l’espagnol, cette ouverture pourrait faire naître de nouvelles collaborations entre pays francophones et entre sites Ramsar. Cette journée sera l’occasion d’échanger sur ces thèmes au travers de deux tables rondes rassemblant des experts, décideurs et gestionnaires. La première traitera du rôle des zones humides dans la prévention des catastrophes naturelles et la seconde sera dédiée à la francophonie au travers d’exemples de coopération entre territoires francophones autour de la gestion des milieux humides. L’après-midi sera l’occasion de découvrir le marais de Brouage et ses alentours. Il sera proposé plusieurs visites mêlant patrimoine historique, patrimoine naturel et prévention des catastrophes naturelles. Cet évènement est organisé par le collectif composé de l’association Ramsar France, le Forum des marais atlantiques, la communauté de communes Bassin de Marennes, la communauté d’agglomération de Rochefort Océan, le Conseil départemental de Charente-Maritime et l’Agence française avec le soutien de nombreux partenaires nationaux et locaux.   Cette journée sera également l’occasion du lancement régional 2017 de la JMZH sur la région Nouvelle Aquitaine. Les Conservatoires d’espaces naturels de cette région (Aquitaine, Limousin et Poitou Charentes) organiseront en fin de journée un ciné-conférence à destination du grand public à Rochefort (17).   L’UICN France, partenaire de cette journée depuis plusieurs années, invite ses membres et ses experts à participer et s’inscrire avant le 25 janvier 2017 en cliquant sur ce lien.   Pour plus d’informations Site : http://www.forum-zones-humides.org/JMZH-2017.aspx Contact : fthinzilal@forum-marais-atl.com

Position du Comité français de l’UICN sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Les zones humides abritent un très grand nombre d’espèces animales et végétales adaptées et caractéristiques de ces milieux. Elles rendent de nombreux services à notre société, tels que la production de nourriture et de matériaux divers, la régulation de la ressource en eau ou encore le contrôle des pollutions. Pourtant, près de 67% des zones humides métropolitaines ont disparu depuis le début du XXème siècle : leur conservation est donc un enjeu prioritaire et le lancement d’un nouveau plan national d’actions en 2014 a été annoncé par le gouvernement lors de la 2ème conférence environnementale. Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est né en 1967 et les associations de protection de l’environnement s’y sont montrées réticentes dès les premières phases, contestant ce choix d’aménagement du territoire et constatant les très forts impacts écologiques de ce projet. Il a récemment déclenché de vives réactions et manifestations citoyennes et associatives, dont l’ampleur est souvent comparée à la mobilisation contre l’extension du camp militaire sur le plateau du Larzac ou contre le projet d’implantation de la centrale nucléaire dans le Cap Sizun du début des années 1970 à 1981. Le site concerné, d’une superficie d’environ 1600 hectares, est en effet constitué à 98 % de zones humides. Il s’agit d’un espace bocager de landes et de prairies humides, ainsi que de prairies mésophiles et de forêts de feuillus. L’équilibre entre les activités agricoles extensives et une artificialisation très limitée des sols a permis le maintien d’un réseau hydrographique dense caractérisé par une eau de très bonne qualité, qui de fait, joue un rôle important vis-à-vis des bassins versants avals de la Loire et de la Vilaine. En raison de la déclaration en Zone d’Aménagement Différé de 1974, l’agriculture extensive de proximité s’est maintenue. Beaucoup de milieux similaires ont déjà été drainés ou modifiés en Loire-Atlantique, département classé comme l’un des plus artificialisés de France avec un taux supérieur à 16% de sa superficie. Ce site est d’une grande importance écologique, au sens large. En effet, il englobe deux ZNIEFF et accueille une quarantaine d’espèces d’intérêt national et/ou communautaire, pour certaines protégées par les Directives « Oiseaux » et « Habitats », au même titre que plusieurs communautés végétales. Mais surtout, de par la configuration topographique, leur situation géographique, et leurs conditions d’usages, ces zones humides jouent un rôle clé dans la régulation de la ressource en eau, dont l’écrêtement des crues. La destruction de cet écosystème, même accompagnée de mesures compensatoires adéquates, aura des impacts autant quantitatifs que qualitatifs sur les masses d’eaux de surface, souterraines et de transition à une échelle bien plus large que celle du site, sans oublier l’augmentation du risque d’inondation pour les habitants des villes alentours. Enfin, la mise en œuvre de ce projet créera en l’état un précédent dommageable pour de nombreux sites naturels en France. La mise en œuvre de la doctrine « Eviter-Réduire-Compenser » apparaît en effet insuffisante dans la méthodologie proposée par les maîtres d’ouvrages, de par la globalisation des fonctions à compenser, les ajustements réalisés en termes de surfaces de zones humides impactées et la conversion en « Unité de Compensation Globale » de l’évaluation des impacts résiduels sur ces zones humides. Le manque de justification de cette méthode a été avancé par de nombreux experts et par le Conseil National de la Protection de la Nature. Le Comité français de l’UICN estime donc qu’il est nécessaire, avant le lancement de tout travaux, de compléter les connaissances par la réalisation d’études permettant d’aboutir à une connaissance approfondie des impacts du projet sur les systèmes écologiques du site et de ses alentours. Il est notamment indispensable de disposer de données précises sur les fonctions liées à la gestion de la ressource en eau et sur les risques potentiels engendrés par la disparition d’une telle superficie de zones humides fonctionnelles. Ces études doivent être réalisées pour définir et mettre en oeuvre toutes les actions nécessaires pour éviter, réduire et compenser les impacts sur les services rendus par les zones humides et les espèces présentes dans une démarche d’exemplarité et d’excellence environnementale.

Forum mondial de l’eau 2012 : la nature sur le devant de la scène

Les « infrastructures » naturelles, telles que les bassins hydrographiques, les forêts, les lacs et les zones humides, jouent un rôle central pour répondre aux besoins actuels en eau et doivent faire partie du portefeuille de gestion de l’eau de chacun des pays, dit l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) au Forum mondial de l’eau qui se tient à Marseille. Avec un fort accroissement des populations, des économies en croissance et un climat en mutation, l’accès universel à l’eau et à l’assainissement est l’un des grands défis du 21e siècle. À Marseille, des politiciens, des gestionnaires de l’eau, des représentants du secteur privé, des ONG et des communautés locales seront rassemblés afin de débattre et d’échanger des solutions aux grands enjeux de l’eau. Pour l’UICN, la nature et les services qu’elle assure sont au coeur de ces solutions. « Il n’existe pas de solution universelle aux problèmes de l’eau », dit Rocio Cordoba, coordinatrice de l’Unité de l’eau de l’UICN en Méso-Amérique. « Des approches multiples sont nécessaires, mais une gestion plus démocratique de nos écosystèmes naturels, tels que les forêts, les lacs et les zones humides, à l’intérieur des bassins hydrographiques, peut et doit jouer un rôle central dans la construction d’un monde équitable et durable. » La nature assure de nombreux services indispensables à une gestion durable de l’eau. Les sols forestiers, les nappes aquifères, les lacs et les zones humides emmagasinent de l’eau. Les zones humides filtrent l’eau, les plaines d’inondation et les zones humides atténuent les pics d’inondation dans les villes situées en aval, tandis que les mangroves et les récifs coralliens protègent les côtes contre les tempêtes et les inondations. Cette « infrastructure » naturelle nous permet aussi de mieux répondre au changement climatique. « Un environnement sain est un élément essentiel de résilience face au changement climatique » dit Mark Smith, Directeur du Programme mondial de l’eau de l’UICN. « Il nous protège contre les inondations, la sécheresse, l’érosion et d’autres catastrophes et nous permet d’avoir accès à une eau salubre coulant du robinet. Aucun paquet de financement stratégique ne peut être complet sans des investissements dans les infrastructures naturelles, et aucun ministre prenant des décisions sur les infrastructures d’approvisionnement en eau ne peut avoir un aperçu complet de la situation si les options liées aux infrastructures naturelles sont absentes du débat. » Les « infrastructures » naturelles sont le pilier de l’économie verte et les bénéfices découlant des investissements dépassent souvent les coûts. Ainsi, la municipalité de Beijing a investi 1,9 milliards de dollars depuis 2001-2005 dans la protection des bassins versants, la ville de New York a dépensé 1,5 milliards de dollars pour la gestion des écosystèmes au lieu de 6 milliards pour une usine de filtration de l’eau et à Quito, en Équateur, des entreprises du secteur privé et des ONG sont en train de mettre en place un fonds en dépôt pour la gestion de bassin, dont la valeur actuelle est de 8 millions de dollars. « L’UICN a un message fort à transmettre depuis ce Forum à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable qui se tient à Rio en juin, et ensuite au Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se réunira à Jeju, en République de Corée, en septembre », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN.« Une gestion saine de l’eau est essentielle à la construction d’un avenir durable. Nos économies ne peuvent devenir « vertes » qu’avec un environnement naturel sain et durable ».   Porte-paroles Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN Mark Smith, Directeur du Programme mondial de l’eau de l’UICN Rocio Cordoba, Coordinatrice de l’Unité de l’eau de l’UICN pour la Méso-Amérique Photos Clips vidéo disponibles sur demande   Pour plus d’informations, ou pour des entretiens Ewa Magiera, Relations médias UICN, m +41 79 856 76 26, ewa.magiera@iucn.org À Marseille : Brian Thomson, Relations médias UICN, m +41 79 721 8326 Claire Warmenbol, Communication, Programme de l’eau, UICN : m +41 79 404 1973 Des interviews audio de qualité studio sont disponibles pour la radiodiffusion au moyen de notre ligne ISDN (APTX/G722). Veuillez appeler le +41 22 999 0346 pour réserver une tranche horaire d’interview