Retour sur la Cérémonie nationale de la Liste Verte des aires protégées de l’UICN 2018

Le Comité français de l’UICN a organisé le 11 décembre 2018 la Cérémonie nationale de remise des diplômes aux lauréats français de la Liste Verte des aires protégées de l’UICN, annoncés lors de  la 14ème Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique (COP14). Cet évènement avait pour objectif de récompenser les dix sites naturels labellisés cette année par cette distinction internationale récompensant l’efficacité et la qualité de la gestion des espaces protégés. La France est aujourd’hui le pays comptant le plus grand nombre d’aires protégées inscrites sur la Liste verte. La cérémonie de remise des certificats s’est déroulée au sein du Musée de l’Homme, en présence des gestionnaires des espaces naturels naturels lauréats, à savoir : l’Espace naturel sensible du Marais d’Episy (Département de Seine-et-Marne), le Parc national de Guadeloupe, le Parc national des Pyrénées, le Parc naturel marin d’Iroise, la Réserve naturelle nationale de Cerbères-Banyuls, la Réserve Biologique Intégrale Bois du Loc’h, le Parc marin de la Côte bleue, la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage d’Orlu, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Le Président du Comité français de l’UICN, Bernard Cressens, a introduit la cérémonie en indiquant que l’UICN France à travers son groupe national liste verte s’est investi dès l’année 2013 dans cette initiative : « L’UICN France a joué un rôle moteur dans son développement en France et à contribuer activement à l’augmentation du nombre de sites français labellisés à la Liste Verte de l’UICN. » Le secrétariat international de l’UICN, représenté par James Hardcastle a rappelé les objectifs de la liste verte des aires protégées, dont la philosophie est de valoriser les réussites en matière de conservation de la biodiversité et de les mutualiser au bénéfice de l’ensemble des gestionnaires d’aires protégées. Il a souligné la contribution importante des gestionnaires français, qui représentent un quart des sites lauréats dans le monde, et dont le succès permettra d’influencer positivement d’autres pays. La Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen, a adressé un message dans lequel elle souligne que « les sites français que nous célébrons […] sur la liste verte de l’UICN sont des modèles d’excellence qui peuvent inspirer les habitants des pays du monde entier à obtenir de meilleurs résultats pour la nature et pour les êtres humains grâce à la conservation in situ. » Jean-Philippe Siblet, Président du groupe national liste verte, a complété la session introductive de la cérémonie en rappelant que les membres français défendent une approche démocratique de la liste verte, qui doit pouvoir s’appliquer à tous les statuts d’aires protégées dès lors qu’ils démontrent des résultats de conservation réussie. L’approche française est donc soucieuse de promouvoir la diversité des candidatures, qui sont représentatives à la fois de la richesse des espaces naturels et de la pluralité des outils de protection : « les sites labellisés sont en effet le reflet de cette stratégie. Ils ont des diversités de taille, de statut de protection, de répartition géographique et de gestionnaires. Enfin, ce label doit être un encouragement pour les espaces labellisés et un outil positif pour attirer d’autres sites vers cette certification mondiale. » Les certificats ont ensuite été remis individuellement à chaque gestionnaire ou représentant de site lauréat, qui ont exprimé leur satisfaction d’être reconnus à l’échelle internationale à travers ce dispositif, qui ne constitue pas une fin en soi mais un engagement à long terme pour maintenir et partager l’excellence de la gestion des aires protégées. Le nouvel Ambassadeur délégué à l’environnement, Yann Wehrling, a prononcé le discours de clôture en exprimant sa fierté de participer à cette célébration : « Je suis ravi de découvrir la labellisation 10 sites naturels français dans la Liste Verte de l’UICN. Le Comité français de l’UICN a joué un rôle de moteur dans cette certification internationale. C’est une valorisation des territoires qui peuvent être fiers de leur patrimoine naturel. »   Revivez la Cérémonie en vidéo :   PLUS D’INFORMATIONS – Le communiqué de presse annonçant les lauréats 2018 – La liste complète des sites labellisés dans La Liste Verte de l’UICN – Le Programme Aires protégées de l’UICN France

COP24 Climat : Les messages clés de l’UICN

Le rapport spécial sur un réchauffement climatique de 1,5°C publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en octobre 2018 souligne la gravité de la menace que le changement climatique fait peser sur les systèmes naturels et humains. Pourtant, comme le révèle le Rapport 2018 du PNUE sur les écarts d’émissions, une différence très importante subsiste entre les engagements actuels exprimés par les Parties dans leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) au titre de l’Accord de Paris, et ce qui serait nécessaire pour maintenir le réchauffement de la planète à un niveau bien inférieur à 2°C et 1,5°C. La nécessité d’une action mondiale urgente et ambitieuse visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) est plus évidente que jamais. Alors que les Parties se réunissent à Katowice pour finaliser les règles, procédures et lignes directrices nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord de Paris, c’est-à-dire le Programme de travail de l’Accord de Paris (PTAP), l’UICN tient à souligner le rôle crucial des écosystèmes mondiaux en tant que fournisseurs de solutions pratiques et efficaces, fondées sur la nature, tant pour l’atténuation du changement climatique comme pour l’adaptation à celui-ci. Ces solutions sont également directement pertinentes dans le cadre de la phase politique du Dialogue de Talanoa pendant la COP24, qui dressera un bilan des efforts collectifs des Parties vers les objectifs à long terme de l’Accord de Paris et informera la préparation des futures CDN.   Les recommandations spécifiques de l’UICN concernant le PTAP sont les suivantes : I. Atténuation / Contributions déterminées à l’échelle nationale – Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à la préparation et communication futures de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) devraient encourager et permettre une plus grande reconnaissance et intégration des solutions au changement climatique fondées sur la nature, en plus des mesures ambitieuses d’atténuation dans d’autres secteurs. – Ceci tient compte des principaux bénéfices en matière d’atténuation du changement climatique que la conservation, la restauration et la gestion durable des écosystèmes terrestres, côtiers et marins offrent en tant que puits et réservoirs pratiques et rentables de gaz à effet de serre, comme le reconnaît clairement l’Accord de Paris. Une analyse publiée dans les Actes de l’Académie nationale des sciences (PNAS) en 2017 estimait que les solutions climatiques naturelles peuvent fournir plus d’un tiers des mesures rentables d’atténuation climatique nécessaires d’ici 2030 pour stabiliser le réchauffement à moins de 2°C. Le Rapport 2017 du PNUE sur les écarts d’émissions estime que les options terrestres d’élimination du carbone, y compris les forêts, les zones humides et les sols, offrent un potentiel annuel total de réduction d’émissions de 4 à 12 GTCO2e. Ces options aident également à atteindre d’autres objectifs mondiaux en matière de durabilité, tels que l’amélioration de la qualité de l’eau, la conservation de la biodiversité et le renforcement de la sécurité alimentaire.   II. Communications en matière d’adaptation – Les directives supplémentaires fournies aux Parties quant à leurs Communications relatives à l’adaptation, que ce soit dans le cadre de leurs Plans nationaux d’adaptation (PNA), de leurs Communications nationales (CN) ou de leurs Contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN), devraient également encourager et permettre une plus grande reconnaissance et inclusion du rôle essentiel que jouent les écosystèmes sains (forêts, mangroves, océans), au travers de l’adaptation basée sur les écosystèmes, en aidant les pays et les communautés vulnérables à mieux s’adapter aux effets néfastes du changement climatique. Une étude récente estime que les zones humides ont permit d’éviter 625 millions de dollars de dommages directs causés par les inondations lors de l’ouragan Sandy, en 2012. De façon plus générale, on estime que les zones humides côtières des États-Unis fournissent des services de protection contre les tempêtes d’une valeur annuelle de 23 milliards de dollars. – Ces directives devraient également encourager les Parties à évaluer systématiquement les risques que représente le changement climatique pour les communautés et les écosystèmes vulnérables, comme souligné dans le Rapport spécial du GIEC sur un réchauffement climatique de 1,5°C, et à en faire une priorité dans la planification et les mesures nationales d’adaptation, afin de renforcer la résilience des personnes comme des écosystèmes.   III. Bilan mondial – Les modalités du Bilan mondial (BM), prévu pour 2023 et par la suite, tous les cinq ans, devraient explicitement tenir compte de la contribution des solutions fondées sur la nature à la lutte contre le changement climatique, et évaluer et rapporter systématiquement le degré d’incorporation par les pays de mesures d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN. – Elles devraient également encourager les Parties à inclure des mesures plus ambitieuses d’atténuation et d’adaptation fondées sur les écosystèmes dans leurs CDN ultérieurs.   Plus d’informations – Télécharger les messages clés de l’UICN pour la COP24 Climat – Les Solutions fondées sur la Nature – Pour tout renseignement, veuillez contacter : Stewart Maginnis, Directeur mondial, Solutions basées sur la nature au siège de l’UICN stewart.maginnis@iucn.org / Cyrie Sendashonga, Directrice mondiale, Politiques et Programme au siège de l’UICN cyriaque.sendashonga@iucn.org / Sandeep Sengupta Coordonnateur mondial, Portefeuille Changement climatique au siège de l’UICN sandeep.sengupta@iucn.org – Le site internet dédié à la COP24 Climat Photo © Mariusz Prusaczyk on Unsplash

Dix sites français reconnus internationalement pour la qualité de leur gestion

A l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP14) qui a lieu actuellement en Égypte, l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature – a annoncé l’inscription de dix sites naturels français sur sa Liste verte des aires protégées. La France est aujourd’hui le pays qui compte le plus de sites naturels protégés avec cette certification mondiale, récompensant une gestion efficace. Avec au total 10 lauréats répartis sur l’ensemble de son territoire, la France est le pays abritant le plus de sites naturels sur la Liste verte mondiale de l’UICN, certains protégeant de petits espaces et d’autres de vastes superficies : l’Espace naturel sensible du Marais d’Episy (Département de Seine-et-Marne), le Parc national de Guadeloupe, le Parc national des Pyrénées, le Parc naturel marin d’Iroise, la Réserve naturelle nationale de Cerbères-Banyuls, la Réserve Biologique Intégrale Bois du Loc’h, le Parc marin de la Côte bleue, la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage d’Orlu, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Grâce à l’action du Comité français de l’UICN, les espaces protégés français ont pris une part active dans le développement de la Liste verte depuis son lancement en 2014. Un groupe d’experts présidé par Jean-Philippe Siblet, Directeur de l’expertise au Muséum national d’Histoire naturelle, a été mis en place pour promouvoir la Liste verte en France, assurer l’accompagnement de candidatures et contribuer à leur évaluation. L’approche française de la Liste verte a toujours été soucieuse de promouvoir la diversité des candidatures, qui sont représentatives à la fois de la richesse des espaces naturels et de la pluralité des outils de protection. Une attention particulière a été portée à l’équilibre entre les écosystèmes terrestres et marins, de plaine et de montagne, en métropole comme en outre-mer. Le classement de ces sites constitue une reconnaissance internationale de la qualité de la gestion et de la gouvernance de ces aires protégées françaises. Le label a également été attribué à des aires protégées en Italie, Espagne, Australie, Chine, Corée du Sud, Kenya, Égypte, Jordanie, Liban, Mexique, Pérou, Colombie et aux Emirats arabes unis. La Liste verte de l’UICN comporte actuellement 39 sites. Pour les prochaines années, environ 250 sites se sont engagés à atteindre le niveau des standards de la Liste verte. La Californie a par exemple engagé l’évaluation de 124 aires marines protégées et la Commission Européenne appuie un projet pour adapter la liste verte aux spécificités du réseau Natura 2000 dans 21 pays pilotes, dont la France. En plus de constituer une reconnaissance internationale, la liste verte rassemble une communauté d’experts et de gestionnaires soucieux d’améliorer les performances de l’ensemble des aires protégées. Les sites lauréats partagent une responsabilité de premier plan pour guider les autres sites dans la voie de l’excellence. C’est pourquoi le Comité français de l’UICN, avec l’appui du Ministère des affaires étrangères, a mis en place cette année un réseau francophone de la Liste verte, dont le lancement officiel est intervenu à l’occasion de la célébration des lauréats 2018. Ce réseau accompagnera le développement de la liste verte dans les pays francophones. Il compte aujourd’hui 72 membres répartis dans 17 pays. La Liste verte des aires protégées est à la fois une méthodologie et un label volontaire développé par l’UICN qui vise à accompagner et à reconnaître, à travers le monde, des aires protégées équitables et efficaces qui offrent aux populations et à la nature des résultats durables de conservation, et à en augmenter le nombre. Elle repose sur des standards qui permettent d’apprécier la bonne gouvernance, la planification, l’efficacité de la gestion et les réussites obtenues. La Liste verte de l’UICN permet également de mesurer et d’accélérer les avancées vers la réalisation de l’Objectif 11 d’Aichi pour la biodiversité des Nations Unies. Ce dernier comporte un engagement des Etats en termes de superficie d’aires protégées (17% des zones terrestres et 10% des zones marines) et un engagement pour qu’elles soient efficacement conservées et équitablement gérées d’ici à 2020.   Plus d’informations – Découvrir les 10 sites français labellisés dans la Liste Verte de l’UICN – Le communiqué de presse – La liste complète des sites labellisés dans La Liste Verte de l’UICN – Le programme Aire protégées de l’UICN France – Contact : Thierry Lefebvre, Chargé de Programme Aires protégées,  thierry.lefebvre@uicn.fr / 01 43 31 02 79 Photo bandeau : Parc naturel marin d’Iroise © F. le Mouillour

Besançon : Capitale française de la biodiversité 2018

La ville de Besançon, commune de 120 472 habitants de la région Bourgogne-Franche-Comté, est la nouvelle « Capitale française de la biodiversité » pour 2018 dont le thème était «Conception et gestion écologique des espaces de nature ». Le Comité français de l’UICN s’est une nouvelle fois associé à ce concours national qui récompense depuis 2010 les collectivités locales qui s’engagent dans la préservation de la biodiversité. L’édition 2018 a permis de mettre en avant les actions de communes et intercommunalités françaises en matière de conception écologique des espaces de nature (depuis la trame verte et bleue en passant par les plans paysages intégrant les fonctionnalités écologiques jusqu’à la restauration écologique et la création de nouveaux espaces de nature) et de gestion écologique, qu’il s’agisse d’espaces de nature ordinaire ou plus spécifique, espaces verts urbains tout autant que réserves naturelles. Besançon bénéficie de la proximité d’espace de nature, exceptionnels, aux portes de la ville historique qu’elle contribue à entretenir et à protéger mais aussi à connaitre. Grâce à une connaissance scientifique solide, elle peut orienter ses actions et aborder des questions émergentes en matière d’écologie urbaine (plan pour les pollinisateurs sauvages, gestion des espèces exotiques envahissantes, protection des espèces protégées ou menacées – Apron du Rhône, Lynx). Ces équipes gèrent 200 ha de parcs et espaces verts urbains, dont 12 sites labellisés Ecojardin. Elles développent notamment le semis et la plantation de végétaux locaux, des chantiers participatifs ainsi qu’un programme d’animation et d’éducation à la nature. La ville de Besançon recherche également à concilier préservation de la biodiversité et usages des espaces natures (production économique, déplacements, aménagement, prévention des risques, activités sportives ou culturelles…). Pour en savoir plus   Sept autres collectivités récompensées : Saint-Privat-de-Vallongue (230 habitants, Lozère), est désignée « Meilleur village pour la biodiversité 2018 ». Nouvelle catégorie de cette édition, ce village s’est distingué pour sa transition rapide vers le zéro pesticide et sa gestion écologique. Il fournit une illustration des bons résultats obtenus sur des territoires ruraux où se coordonnent les acteurs au travers de projet (atlas de la biodiversité associant habitants, écoles et partenaire ; dépollution lumineuse avec la réserve de ciel étoilé des Cévennes ; projet de voie verte sur l’ancienne voie ferrée). Pour en savoir plus Morne-à-l’Eau (17 407 habitants, Guadeloupe) est désignée « Meilleure petite ville pour la biodiversité 2018 ». Dotée d’un important patrimoine naturel, la commune a largement investi dans la connaissance de la biodiversité locale (inventaires, suivis, participation à des travaux de recherche) et a été pilote dans la mise en place d’une Zone humide éducative en partenariat avec le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales. Ce socle de connaissances ainsi qu’une tradition d’écoute et de participation des habitants et des agriculteurs ont permis la mise en place de travaux exemplaires de restauration écologique des milieux dégradés (plage verte de Babin, ancienne décharge de Gédéon Bambou). Pour en savoir plus Grande-Synthe (23 634 habitants, Nord), est désignée « Meilleure ville moyenne pour la biodiversité 2018 ». Première Capitale de la Biodiversité en 2010, la ville a poursuivi et renforcé ses actions de végétalisation et de gestion écologique de son territoire, marqué par la présence de l’industrie. Le site du Prédembourg a été classé Réserve naturelle régionale grâce au partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels du Nord-Pas-de-Calais. Atlas de la biodiversité communal et suivi participatif de la biodiversité par les agents communaux via les programmes de sciences participatives Propage, Spipoll et Sauvages de ma rue viennent compléter un important travail d’élévation du niveau de connaissance réalisé depuis 2010.  Pour en savoir plus La Métropole Rouen Normandie (489 428 habitants, Seine-Maritime) est désignée « Meilleure intercommunalité pour la biodiversité 2018 ». Distinguée en 2016 autour du thème « Sols et biodiversité », elle mène de nombreuses actions en matière de préservation, gestion et restauration écologique. Et ce en milieu agricole, forestier et en zones humides qu’en milieu urbain (parc linéaire Quai Rive Gauche et presqu’île Rollet, accompagnement des acteurs du territoire dans la démarche zéro pesticide et la gestion différenciée…). Des actions exemplaires qui sont organisées au sein d’un plan d’actions Biodiversité 2016-2020 qui inclut un plan pluriannuel de financement. Pour en savoir plus   Cette année, un prix coup de cœur a été attribué : Saint-Rémy (en Comté) (600 habitants, Bourgogne-Franche-Comté) s’est vue attribuer un prix« Coup de cœur » par le comité scientifique et technique 2018 qui a apprécié la grande quantité d’actions mise en œuvre au regard de la taille de la commune, avec le concours de jeunes en service civique : atlas de la biodiversité communale, création de haies, de vergers conservatoires, aménagement d’un réseau de mares. Pour en savoir plus Un prix régional en Ile-de-France a été décerné : Bonnelles (1 979 habitants, Yvelines) est distinguée par le « Prix régional Île-de-France 2018 » décerné par l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB îdF), pour sa politique de longue date de préservation de son patrimoine naturel dont la création de la Réserve naturelle régionale des Étangs de Bonnelles est emblématique. La commune a su s’appuyer sur des acteurs locaux (PNR Haute Vallée, associations) pour mettre en place un plan de gestion communal, un plan d’éclairage nocturne adapté, passer au zéro pesticide, végétaliser les trottoirs avec les habitants, assurer une gestion intégrée de l’eau. Pour en savoir plus Un prix régional en Sud-PACA a été décerné : Avignon (92 130 habitants, Vaucluse) reçoit le trophée de « Capitale régionale de la biodiversité 2018 » décerné par l’Agence régionale pour l’Environnement et l’écodéveloppement Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARPE). La commune anime un atlas de la biodiversité communale, n’utilise plus aucun produit phytosanitaire dangereux pour l’environnement et consacre une part importante de son budget aux initiatives citoyennes, dont les actions de végétalisation de la ville. La désimperméablisation et la végétalisation des anciens parkings au pied des remparts sont un exemple réussi de transformation et d’amélioration paysagère en site historique classé. Pour en savoir plus Plus d’informations – Gilles Lecuir, Agence régionale de la Biodiversité en Île-de-France – gilles.lecuir@iau-idf.fr –  tél. 06 09 69 00 61 – Aurore Micand, Plante & Cité –  aurore.micand@plante-et-cite.fr  –  tél. 02 22 06 41 27 – Anne Lambert, Agence française pour la biodiversité  –  anne.lambert@afbiodiversite.fr  –  tél. 04 67 10 76 68 – Les travaux de l’UICN France sur les collectivités et la biodiversité

Plus d’une espèce d’éphémères sur cinq menacée en France métropolitaine

Pour étendre progressivement la Liste rouge nationale à de nouvelles espèces, le risque de disparition de tous les éphémères recensés sur le territoire métropolitain a été évalué. Après l’analyse des informations compilées pour chacune des 142 espèces, les résultats montrent que 22 % sont menacées et mettent en évidence les pressions qui pèsent sur ces insectes et leurs habitats. Les résultats de cet état des lieux appellent à améliorer la qualité des cours d’eau et à restaurer leur naturalité, pour préserver ces espèces au rôle clé dans les écosystèmes et essentielles comme indicatrices de l’état de santé des milieux aquatiques. L’évaluation de la situation des éphémères a été conduite par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (juillet 2018)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Publication : UICN France, MNHN & Opie (2018). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Ephémères de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Rhithrogena germanica © Jean Kardacz

Dire « non » à l’huile de palme ne ferait que déplacer la perte des espèces, sans y mettre un terme, selon l’UICN

Interdire l’huile de palme augmenterait très certainement la production d’autres cultures oléagineuses pour répondre à la demande d’huile, et ne ferait ainsi que déplacer, sans arrêter, l’appauvrissement significatif de la biodiversité à l’échelle mondiale causé par l’huile de palme, met en garde un rapport de l’UICN.  Le rapport de l’UICN, intitulé Huile de palme et biodiversité, est une analyse objective des impacts de l’huile de palme sur la biodiversité mondiale et les solutions possibles. Sachant que les autres cultures oléagineuses requièrent jusqu’à neuf fois plus de terres que l’huile de palme pour la même production, le remplacement de cette dernière par d’autres cultures augmenterait significativement la surface terrestre totale utilisée pour la production d’huiles végétales afin de satisfaire la demande mondiale. Selon le rapport, c’est en évitant davantage de déforestation liée à l’huile de palme que l’on obtiendrait, de loin, les plus gros gains pour la biodiversité.  Selon le rapport, l’huile de palme nuit à la biodiversité mondiale : 193 espèces considérées comme menacées par la Liste rouge de l’UICN sont concernées – les orangs-outans, les gibbons et les tigres étant parmi les espèces les plus affectées. Toujours selon le rapport, les impacts de l’huile de palme sur la biodiversité convergent en Malaisie et en Indonésie, mais ils pourraient s’étendre à l’Afrique tropicale et à l’Amérique si la production se développait pour répondre à la demande. L’huile de palme est cultivée dans les régions tropicales riches en espèces, c’est pourquoi son développement peut avoir des effets catastrophiques sur la biodiversité mondiale. Les zones où la culture de l’huile de palme pourrait potentiellement s’étendre abritent plus de la moitié (54%) des mammifères menacés dans le monde, et presque les deux tiers (64%) de tous les oiseaux menacés, selon le rapport. Si d’autres cultures oléagineuses remplaçaient l’huile de palme, les dommages pourraient se déplacer vers des écosystèmes comme les forêts tropicales d’Amérique du Sud ou la savane. Les palmiers à huile produisent 35% de toute l’huile végétale produite dans le monde, sur moins de 10% des terres affectées aux cultures oléagineuses – la plus grande partie de cette huile de palme étant consommée en Inde, en Chine et en Indonésie. Les trois quarts de toute l’huile de palme sont utilisés pour l’alimentation, l’huile de cuisson et dans les aliments transformés. Le reste est utilisé dans les cosmétiques, les produits de nettoyage et les biocarburants. Les auteurs de l’étude ont utilisé des données satellites pour estimer la zone totale plantée, qui est de 18,7 millions d’hectares uniquement pour l’huile de palme industrielle, soit au moins 25 millions d’hectares en incluant les petites plantations. C’est plus que la zone rapportée par les pays producteurs – 21 millions d’hectares pour toute l’huile de palme. « L’huile de palme décime la riche diversité d’espèces de l’Asie du Sud-Est, car elle dévore des pans entiers de forêt tropicale. Cependant, si elle était remplacée par des zones bien plus vastes de champs de colza, de soja ou de tournesol, d’autres écosystèmes et d’autres espèces en subiraient les conséquences. Pour mettre un terme à la destruction, nous devons chercher à avoir une huile de palme exempte de déforestation, et veiller à ce que toutes les tentatives pour limiter l’utilisation de l’huile de palme soient renseignées par une compréhension scientifique solide des conséquences » déclare le principal auteur du rapport et Président du Groupe d’études sur l’huile de palme de l’UICN, Erik Meijaard. Les solutions doivent se focaliser sur l’amélioration de la planification des nouvelles plantations de palmiers à huile, afin d’éviter le déboisement des forêts tropicales ou des zones de tourbières, et sur l’amélioration de la gestion des pans de forêts encore intacts dans les plantations, que l’on appelle « zones mises en réserve ». Au final, l’huile de palme certifiée s’est avérée, jusqu’à présent, à peine plus efficace pour empêcher la déforestation que son équivalente non-certifiée, mais l’approche est encore relativement nouvelle et possède un potentiel pour améliorer la durabilité. Il convient d’accentuer les efforts pour garantir que les engagements en faveur de la durabilité soient respectés et que leur signalement soit transparent, et qu’il reste une demande pour l’huile de palme certifiée. Les auteurs recommandent que les politiques gouvernementales protègent les forêts dans les pays produisant de l’huile de palme et d’autres huiles, et limitent la demande pour les utilisations non-alimentaires d’huile de palme, comme les biocarburants. Enfin, une plus grande sensibilisation des consommateurs dans les principaux pays consommateurs – Inde, Chine et Indonésie – pourrait fortement accroître la demande en huile de palme certifiée.  Écrit par le Groupe d’études sur l’huile de palme de l’UICN, en réponse à une résolution de 2016 adoptée par les Membres gouvernementaux et non-gouvernementaux de l’UICN, le rapport vise à fournir une solution constructive pour améliorer la durabilité dans l’industrie de l’huile de palme. Ce rapport ne s’intéresse qu’aux impacts de l’huile de palme sur la biodiversité, et ne prend pas en compte les impacts socio-économiques, que le Groupe d’études étudiera en 2019. Vous pouvez lire le rapport en entier ici.   Plus d’informations – Goska Bonnaveira, Relations avec les médias UICN, tél.: +41 79 276 01 85, goska.bonnaveira@iucn.org ; – Ewa Magiera, Relations avec les médias UICN, tél.: +41 76 505 33 78, ewa.magiera@iucn.org 

En 2018, l’UICN célèbre ses 70 ans et son Comité français ses 25 ans

L’UICN célèbre son 70ème anniversaire en 2018 et, dans un nouvel élan pour atteindre d’ambitieux objectifs globaux, le vent tourne enfin vers un développement plus durable. Mais il n’y a pas de temps à perdre. Les espèces s’éteignent à un rythme alarmant. Le changement climatique menace les communautés, les économies et les écosystèmes dont nous dépendons. Seul, aucun gouvernement ou organisation ne peut corriger le cours de l’humanité. Avec ses 70 ans d’expérience, de vision et d’impacts, le monde a besoin, plus que jamais, d’une UICN diversifiée et puissante.   Découvrez les 70 ans d’actions de l’UICN en image Une brochure sur les 70 ans de l’UICN est également disponible en téléchargement   Célébrez cet anniversaire… Les membres et les partenaires de l’UICN sont invités à fêter les 70 ans de l’organisation dans leur région. Suivez et participez à la célébration avec #IUCN70   …et celui des 25 ans du Comité français de l’UICN 2018 est également une année anniversaire pour le Comité français de l’UICN. Depuis 1992, il rassemble les membres et les experts français de l’UICN pour agir en faveur de la protection de la nature en France, tant en métropole que dans ses outre-mer, et au niveau international. Le Comité français est devenu l’un des deux plus grands comités nationaux de l’UICN dans le monde et la France est le 2ème pays qui a le plus grand nombre de membres de l’UICN. Ses 25 ans seront célébrés durant cette année 2018.   Plus d’informations Article de l’UICN retraçant ses 70 ans d’actions Site internet de l’UICN Brochure sur les 70 ans de l’UICN A propos du Comité français de l’UICN

La France : candidat officiel pour le Congrès mondial de la nature de l’UICN

Dans le cadre du processus de sélection du pays hôte engagé pour accueillir le Congrès mondial de la nature de l’UICN en 2020, la France est maintenant le seul candidat officiel pour organiser ce principal événement mondial sur la biodiversité. Sous l’impulsion du Ministre Nicolas Hulot, la France a déposé son dossier de candidature le 25 septembre 2017 en sélectionnant la ville de Marseille pour l’accueil du congrès, dont la dernière édition en 2016 aux USA (Hawaii) a rassemblé environ 10 000 participants. Le Comité français de l’UICN et ses membres ont soutenu cette candidature et continueront de se mobiliser pour le congrès soit un succès.  A l’issue de sa réunion qui s’est tenue du 19 au 21 novembre 2017, le Conseil d’administration international de l’UICN s’est félicité la candidature de la France pour accueillir le congrès mondial de la nature et indiqué que sa décision finale sera prise en avril/mai après une analyse plus détaillée du dossier, une inspection du site et la négociation d’un pré-accord avec les autorités françaises. La France est le seul pays finaliste, alors que 9 autres pays avaient déclaré leur intention de candidater (Afrique du Sud, Australie, Azerbaïdjan, Canada, Chine, Emirats arabes unis, Equateur, Ethiopie et Royaume-Uni).   Une volonté forte du Ministre de la transition écologique et solidaire Lors de la dernière réunion du Conseil national de la biodiversité, le Ministre de la Transition écologique et solidaire a indiqué que la candidature de la France pour accueillir en 2020 le Congrès mondial de la nature de l’UICN était l’un de ses grands dossiers. Il a déclaré que « Cet événement doit être l’occasion d’une mobilisation forte de nos concitoyens autour de la reconquête de la biodiversité comme la COP21 l’a été en matière de changement climatique« . Le Ministre souhaite que cet événement soit co-construit avec la société civile et qu’il soit le point d’atterrissage d’une large mobilisation pour relancer les efforts nationaux et internationaux de préservation de la biodiversité. A l’image des « espaces générations climat » de la COP21, le gouvernement a proposé de mettre en place des « espaces générations nature » durant le congrès afin de favoriser une expression forte de la société civile, de façon librement accessible au grand public, et de lancer un « agenda des solutions pour la nature ». Le Ministre a pour objectif d’une part de faire émerger une conscience collective beaucoup plus forte sur la biodiversité et d’autre d’engager tous les acteurs dans une mobilisation tournée vers la reconquête de la biodiversité, pour, au final, créer une dynamique nationale et internationale similaire à celle du climat.   Une candidature encouragée et soutenue par le Comité français de l’UICN et ses membres Le Comité français de l’UICN et ses membres ont soutenu cette candidature en soulignant que le congrès est un événement international majeur sur la biodiversité et qu’il interviendra quelques mois avant la COP Biodiversité qui se tiendra en Chine et dont les enjeux sont considérables, puisqu’il s’agira de faire le bilan des objectifs d’Aichi et d’adopter le nouveau plan stratégique de la Convention sur la Diversité Biologique pour 2021-2030. Le congrès constituera ainsi une étape décisive de la mobilisation des gouvernements et de la société civile à la veille de cette échéance qui doit renouveler l’engagement de la communauté internationale pour enrayer l’érosion de la biodiversité. Le congrès de l’UICN est également une formidable opportunité pour rencontrer les différents acteurs de la conservation de la nature du monde entier, d’échanger sur les enjeux et les solutions à adopter, de connaître les dernières avancées, de présenter des projets et de nouer des partenariats. Le Comité français de l’UICN, avec ses membres et ses experts, a toujours fortement contribué aux débats et aux décisions prises lors du congrès mondial de la nature.   A propos du Congrès mondial de la nature Organisé tous les quatre ans, le Congrès mondial de la nature de l’UICN rassemble plusieurs milliers de représentants de gouvernements, des ONG, du monde scientifique, des collectivités locales et des entreprises dans le but de préserver l’environnement et d’utiliser les solutions que la nature apporte pour relever les défis actuels de notre planète. Le dernier Congrès a eu lieu du 1er au 10 Septembre 2016 au Centre des congrès d’Hawaiʻi à Honolulu, la capitale Hawaïenne. Si vous désirez voir la documentation complète (Procès-verbaux d’Assemblées des Membres, Résolutions, Motions, Statuts, etc.) des Congrès et Assemblées générales précédents, veuillez cliquer ici. Pour plus d’informations sur l’histoire du Congrès mondial de la nature de l’UICN, veuillez cliquer ici.

Près de deux fois plus de sites naturels du Patrimoine mondial menacés par le changement climatique

Le nombre de sites naturels du Patrimoine mondial menacés par le changement climatique est passé de 35 à 62 en seulement trois ans et il est devenu la menace la plus préoccupante à laquelle ces sites sont confrontés, selon un rapport publié le 13 novembre par l’UICN à l’occasion de la COP23 , la conférence de l’ONU sur le changement climatique à Bonn, Allemagne. Pour la première fois, l’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN 2 – version actualisée du rapport sur l’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN de 2014 – évalue comment les perspectives de conservation des 241 sites naturels du patrimoine mondial changent au fil du temps. Il analyse les menaces, la protection et la gestion des sites ainsi que l’état de leurs valeurs, caractéristiques uniques qui justifient leur statut prestigieux de sites du patrimoine mondial. Selon cette évaluation, les conséquences du changement climatique, telles que le blanchissement des coraux et la fonte des glaciers, touchent un quart des sites, contre un sur sept en 2014, et situent les récifs coralliens et les glaciers parmi les écosystèmes les plus menacés. D’autres écosystèmes, comme les zones humides, les deltas à faible altitude, le pergélisol et les écosystèmes sensibles au feu sont également touchés. Le rapport signale que le nombre de sites naturels du patrimoine mondial affectés par le changement climatique risque d’augmenter davantage car le changement climatique reste la plus grande menace potentielle pour le patrimoine mondial naturel. « La protection des sites du patrimoine mondial est une responsabilité internationale qui incombe aux gouvernements signataires de l’Accord de Paris, » déclare Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Ce rapport de l’UICN adresse un message clair aux délégués réunis ici à Bonn : le changement climatique agit vite et n’épargne pas les trésors de notre planète. La rapidité et l’échelle à laquelle il dégrade notre patrimoine naturel met en évidence à quel point une implication urgente et ambitieuse des nations est indispensable pour mettre en œuvre l’Accord de Paris. » Au cours des trois dernières années, les récifs coralliens classés au patrimoine mondial, comme l’Atoll d’Aldabra dans l’océan Indien, deuxième plus grand atoll corallien au monde, le Récif de la barrière du Belize dans l’Atlantique, le plus grand récif-barrière de l’hémisphère nord, et la Grande barrière de corail, qui est le plus grand récif de la planète, ont été touchés par des épisodes dévastateurs de blanchissement massif des coraux suite à la hausse des températures marines. La Grande barrière de corail, par exemple, a subi un blanchissement qui a touché jusqu’à 85% des récifs observés en 2016. Le recul des glaciers, qui est également dû à la hausse des températures, menace des sites tels que le Parc national du Kilimandjaro, où se situe le plus haut sommet d’Afrique, et celui des Alpes suisses Jungfrau-Aletsch, qui abrite le plus grand glacier des Alpes. « Les sites naturels du patrimoine mondial jouent un rôle crucial pour soutenir les économies locales et apporter des moyens de subsistance », explique Tim Badman, Directeur du Programme du patrimoine mondial de l’UICN. « Leur destruction peut donc avoir des conséquences dévastatrices qui vont au-delà de leur beauté exceptionnelle et de leur valeur naturelle. Dans le Parc national de Huascarán au Pérou, par exemple, la fonte des glaciers perturbe l’approvisionnement en eau et les métaux lourds qui se trouvaient sous la glace contaminent l’eau et le sol. Cela accentue l’urgence du défi qu’il faut relever pour protéger ces lieux. » Outre ce constat, le rapport présente encore d’autres défis à relever pour le patrimoine mondial. Des menaces, telles que les espèces envahissantes, le tourisme non durable ou le développement d’infrastructures, sont également en augmentation. Elles affectent les processus écologiques et menacent la survie des espèces dans les sites. Les espèces exotiques envahissantes constituent la menace la plus répandue. Leur impact est souvent aggravé par le changement climatique qui facilite leur propagation et leur installation. Globalement, le rapport estime que 29 % des sites du patrimoine mondial sont confrontés à de graves préoccupations et que 7 % ont un avenir menacé. Cela est notamment le cas du Parc national des Everglades aux États-Unis et du Lac Turkana au Kenya. Il prévoit que deux tiers des sites, c’est-à-dire la même proportion qu’en 2014, ont de grandes chances d’être bien conservés dans un avenir proche. Le rapport révèle également que la qualité et l’efficacité de la gestion des sites naturels du patrimoine mondial ont chuté depuis 2014, notamment en raison de ressources financières insuffisantes. Moins de la moitié des sites ont un bon niveau de gestion. Toutefois, le rapport évoque aussi des exemples de réussite qui montrent l’impact positif et concret que peut donner une bonne gestion. Le Parc National de Comoé en Côte d’Ivoire, par exemple, a vu sa population d’éléphants et de chimpanzés se rétablir grâce à une gestion efficace et au soutien international, suite à la stabilisation politique du pays. Par conséquent, ses perspectives de conservation se sont sensiblement améliorées au cours des trois dernières années. Il s’agit de l’un des 14 sites dont le classement a progressé depuis le rapport sur L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN de 2014.   Plus d’informations Télécharger le rapport ici. Célia Zwahlen, Programme du Patrimoine mondial de l’UICN, Celia.Zwahlen@iucn.org, +41229990716 Ewa Magiera, Relations avec les médias, UICN, Ewa.Magiera@iucn.org, +41765053378 Page dédiée du programme Aires Protégées de l’UICN France

Une espèce de mammifère sur trois désormais menacée ou quasi menacée en France métropolitaine

Huit ans après le premier état des lieux, la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées montre une aggravation de la situation des mammifères dans l’Hexagone : 33 % des espèces terrestres et 32 % des espèces marines apparaissent menacées ou quasi menacées, contre respectivement 23 % et 25 % en 2009. Le bilan réalisé porte sur le risque de disparition de l’ensemble des mammifères terrestres et marins recensés sur le territoire métropolitain. Après une analyse de la situation de chacune des 125 espèces, les résultats montrent que 17 espèces sont menacées et 24 autres quasi menacées. Menées dans le cadre de la Liste rouge nationale, les évaluations ont été conduites par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale   DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (novembre 2017)• Infographie des résultats et infographie des évolutions• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Synthèse des changements de catégories entre 2009 et 2017• Rapport d’évaluation• Publication : UICN France, MNHN, SFEPM & ONCFS (2017). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Mammifères de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Vison d’Europe © Julien Steinmetz